François Asselineau & Frédéric Robert au micro de D!CI TV - 10/11/2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 4:00OuverteRéponse directe
De quoi les gens ont-ils parlé spontanément avec vous ?
- 7:00OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est dans ce type de village qu'on retrouve la France du milieu ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Votre propos est souvent perçu comme souverainiste. Est-ce que ce terme vous convient ?
- 13:00OuverteRéponse directe
Un dernier mot sur votre score de 1% à la présidentielle ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:00François AsselineauFait
« M. Macron ne fait pas le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. Il fait le gouvernement des banques, des grands établissements financiers. »
- 8:00François AsselineauChiffre
« On estime qu'il y a au moins 60 à 80 milliards d'euros qui ne sont pas payés par ces sociétés. »
- 11:00François AsselineauFait
« La disparition des communes rurales, c'est imposé par le rapport des grandes orientations des politiques économiques (GOPÉ) demandé par la Commission européenne. »
- 14:00François AsselineauChiffre
« J'ai eu droit à 1% du temps de parole dans les grands médias, avec des journalistes dans les grands médias français qui m'ont traité de conspirationniste. »
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[Musique] Voilà pour les faits marquants dans l'actualité des Alpes du Sud, à retrouver en continu, bien sûr, sur le site « dici.fr ». Nous sommes à Monêtier-Allemont, au bord de la Durance, avec Frédéric Robert, le maire de cette commune.
Ce restaurant – on va d'abord parler de cela –, ce « Baresto » – c'est son nom – qui a été sauvé, qui a pu être relancé avec des efforts de tout le monde. De la population et de la commune. — C'est ça, voilà.
Ce sont les efforts conjoints entre la population qui joue le jeu, la commune, et puis des commerçants qui ont cru en la possibilité de pouvoir gagner leur vie et subvenir à leurs besoins en venant s'installer dans cette petite commune rurale des Hautes-Alpes. — Alors, on vous sait un maire un peu atypique, avec une espèce de parler cash, de parler vrai qui quelquefois secoue un petit peu Landerneau, si je puis dire. C'est le cas encore ce week-end, puisque vous avez décidé d'accueillir ici pour une conférence François Asselineau. — Oui, je suis très fier d'accueillir le personnage politique que j'ai soutenu à l'élection présidentielle dans sa candidature.
Et je suis content de pouvoir lui montrer un petit peu sur le terrain les réalisations qu'on a faites au niveau du conseil : la réouverture du commerce, la belle existence des commerces qui étaient déjà installés avant, la réouverture du Proxi. Là, je lui ai fait visiter un petit peu le village. On est allés voir du côté du château de la maison d'assistantes maternelles qui a ouvert, des entreprises que j'ai installées à la cave coopérative.
Et donc, c'est vrai que c'est un vrai plaisir d'avoir un personnage politique national qui vient s'intéresser. Qui tient surtout, lui, ses promesses. Puisque de toutes mes pérégrinations en terre politique, ça a été le seul que j'aie trouvé qui tient vraiment ses promesses. — Voilà.
Parce que, pour l'anecdote, Frédéric Robert, dès qu'il croise une personnalité politique, il lui propose d'abord de parler de Monêtier-Allemont en vidéo sur les réseaux sociaux. Ça a été le cas de nombreuses. Et de venir évidemment se rendre compte de la ruralité et de nos territoires.
Alors, on va rencontrer François Asselineau. Bonjour ! — Bonjour ! — Merci de prendre un instant. — Merci... — À l'image du maire qui vous accueille, votre programme est fait de différents moments, de visites.
Des moments plus formels, comme la conférence sur le sujet – évidemment – des élections européennes et de l'Europe et puis des moments conviviaux comme celui-ci. Absolument, Voilà. Donc je suis ici à Monêtier-Allemont avec mon ami Frédéric Robert qui est un maire très dynamique, qui redynamise la commune.
Et puis il y a beaucoup de monde qui est venu. Et d'ailleurs, maintenant, c'est une marque de fabrique, si j'ose dire. C'est que les réunions politiques que je fais drainent beaucoup de monde.
Hier soir, à Antibes, il y avait quand même 230 personnes. La salle était archi-comble alors que nous ne sommes pas en campagne électorale. Donc, je vois que l'instinct des Français est en train de se réveiller.
Beaucoup de Français comprennent que ça ne va plus du tout, que ça part dans tous les sens. En fait que le président de la République – excusez-moi – n'est pas à la hauteur. Et que les Français cherchent une solution politique.
Ils cherchent quelque chose de nouveau. Et je pense que c'est nous. En attendant, depuis maintenant quelques semaines, ça démarre très très fort pour les élections européennes pour l'UPR. — Par exemple, là, dans cet établissement, de quoi vous ont parlé les gens spontanément ?
Quels sont leurs propos ? — Sur le fait que le président de la République, c'est n'importe quoi. Qu'il fait n'importe quoi.
Qu'il n'est pas digne de ses fonctions. Que les gens ont de plus en plus de mal à boucler les fins de mois : le prix du diesel, le prix de l'essence. Que le président de la République, à l'évidence, quand il fait sa tournée des popotes, quand il parle à une dame qui a 75 ans et qui n'arrive pas à joindre les deux bouts parce qu'elle n'a que 500 euros par mois, en fait, il l'engueule quasiment.
En lui disant qu'elle n'a pas assez cotisé. Ce n'est pas son rôle. De la même façon que ce n'est pas le rôle du président de la République, lorsqu'il va à l'étranger, de commencer à critiquer les Français.
Je rappelle que le principe de la République, c'est l'Article 2 de la Constitution : c'est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. Or, M. Macron ne fait pas le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.
Il fait le gouvernement des banques, des grands établissements financiers, par les grands établissements financiers et pour l'oligarchie financière. — Est-ce que c'est dans ce type de village qu'on retrouve cette fameuse France du milieu dont on parle beaucoup, y compris le prix Goncourt ? Cette France qui va se mobiliser bientôt, d'ailleurs, en partie, le 17 novembre prochain ? — Alors, pour le 17 novembre, je comprends très bien que les gens aillent manifester.
Mais simplement, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que cette manifestation du 17 novembre me laisse un goût d'inachevé. Parce qu'on dénonce l'augmentation du prix de l'essence et du gazole mais on n'explique pas le pourquoi. Actuellement, on est en train de taxer tous les Français dans tous les domaines.
On est en train de prendre la richesse nationale. Alors qu'au même moment, on laisse une évasion fiscale énorme se produire à cause de l'existence des traités européens qui nous imposent la libre circulation des mouvements de capitaux. De telle sorte qu'on est un peu dans la situation d'avant 1789.
Les plus riches, en 1789, ne payaient pas les impôts. Et c'étaient les paysans – le tiers-état – qui payaient les impôts. Bah là, c'est la même chose.
Les plus grandes entreprises, les plus grands groupes financiers font ressortir leurs profits dans des pays comme le Luxembourg, où il n'y a pas d'impôt sur les sociétés. Et donc ne sont pas taxés. Et en France font ressortir par des jeux d'écriture comptable des déficits, échappant ainsi à l'impôt.
On estime qu'il y a au moins 60 à 80 milliards d'euros qui ne sont pas payés par ces sociétés. Et au même moment, on presse sur le peuple français. Donc il faut que les Français comprennent ce qui se passe et aillent au-delà de la manifestation.
Qu'ils comprennent bien que tout ceci vient du fait que nous ne sommes plus maîtres chez nous. Nous sommes dirigés par l'étranger, notamment par les traités européens. — Alors, on évoque et on parle un petit peu plus encore d'Europe avec vous dans un instant.
Mais pour l'heure, on va s'attarder sur cette mobilisation du 17 novembre. Dans nos territoires, par exemple, des blocages sont annoncés dans toutes les villes : à Manosque, à Dignes, à Sisteron, à Gap, à Briançon encore. Alors au cœur du sujet, même si on sent que ça dépasse ce sujet, c'est évidemment l'augmentation du prix du gazole.
Certaines grandes surfaces, évidemment, se sont engagées dans la brèche en proposant du carburant à prix coûtant. J'ai été rencontrer un des patrons de supermarchés importants dans la région : le patron du supermarché de Tallard. Prix coûtant tous les week-ends, vendredis, samedis, jusqu'à la fin de l'année.
Donc à partir de ce vendredi et jusqu'à la fin de l'année. Nous vendrons le carburant au prix auquel on l'a acheté. On a décidé ça parce que, d'abord, ça s'inscrit dans notre politique de prix au niveau du carburant, puisqu'on s'efforce d'être les moins chers sur le département tout au long de l'année.
Des opérations prix coûtant avec Intermarché, on n'en est pas à nos essais. On en fait régulièrement. Souvent au moment des grands départs en vacances.
Ça permet de rétrocéder...
D'aider un peu le pouvoir d'achat des citoyens. Je pense qu'actuellement, les gens sont sensibles à ces problèmes de prix de carburants. Si on peut aider à adoucir un peu la note, on le fait bien volontiers.
Et on va suivre la montée en puissance de cette mobilisation tout au long de la semaine. On est toujours à Monêtier-Allemont avec François Asselineau, tête de liste aux élections européennes du 26 mai prochain. Votre propos est souvent perçu comme – alors vous allez choisir mieux les termes que moi, évidemment – mais comme souverainiste ?
Est-ce que c'est un terme qui convient ? Moi, je parle d'un mouvement de libération nationale. Ce que nous voulons, c'est tout simplement rendre aux Français leur démocratie, leur choix, leur possibilité de choisir leur avenir collectif.
Vous savez, beaucoup de Français se posent la question : « Mais pourquoi ce monsieur veut absolument sortir de l'UE ? » Les gens qui se posent cette question sont des gens qui n'ont pas en réalité suffisamment écouté mes analyses et suffisamment réfléchi à ce que nous proposons. Je ne suis pas un monomaniaque.
Nous, si on propose de sortir de l'UE, ça n'est pas une fin en soi. C'est un moyen. C'est parce que c'est la seule possibilité que nous avons pour récupérer notre politique fixée...
Par exemple, la taxation des grandes entreprises comme je le disais tout à l'heure. Protéger nos collectivités locales. Vous savez, la disparition des communes rurales, c'est imposé par le rapport des grandes orientations des politiques économiques (GOPÉ) demandé par la Commission européenne.
D'ailleurs, la même chose se produit en ce moment en Italie comme dans d'autres pays d'Europe. Il faut bien comprendre que nos dirigeants ne sont pas les vrais dirigeants de la France. Les vrais dirigeants, ils sont au-dessus.
Ils sont à la Commission européenne à Bruxelles, la Banque centrale européenne à Francfort, à Washington par l'OTAN pour la diplomatie. — Je vous ai vu vous irriter un petit peu lorsqu'on considère vos propos et votre posture, votre proposition comme extrémiste. — Ça n'a rien d'extrémiste.
Ce qui est extrémiste, c'est de vouloir fusionner 27 ou 28 pays qui ont 1 000 ans ou 1 500 ans d'âge ensemble. Vous savez ce que disait Charles de Gaulle ? Il disait : « On ne fait pas une omelette avec des œufs durs. » Eh bien, ça veut dire que les États comme la France...
C'est un pays qui a 1 500 ans d'âge depuis le baptême de Clovis. Nous avons notre langue. Nous avons notre tradition politique, notre tradition syndicale, notre économie, notre agriculture, notre façon de concevoir l'État.
L'État, en France, doit être un État qui assure la justice sociale entre les Français, l'égalité sociale entre les Français, avec de forts services publics. Mais ça, ce n'est pas du tout la vision que peuvent avoir par exemple les Danois ou que peuvent avoir les Néerlandais. Pourquoi vouloir de force nous imposer un modèle qui n'est pas le nôtre ?
C'est pour ça que, de toute façon, l'UE va éclater. D'ailleurs, tous les Français commencent à comprendre que l'UE est en train d'éclater. Parce que les problèmes ne se posent pas seulement en France, mais en Italie, en Pologne, en République tchèque, en Allemagne, en Grèce, etc.
Le regard binaire qu'impose ou que propose le président de la République en disant : « Il y a deux façons de voir l'Europe », est-ce qu'il vous convient ? Est-ce que c'est celui-là ? C'est ce débat qui va avoir lieu ? — M.
Macron, vous savez, a dit que ça sentait les années 30. Et je suis finalement assez d'accord avec ce qu'il a dit. Parce que dans les années 30, il y avait la classe politique française qui se vautrait déjà devant la collaboration avec l'Allemagne.
C'est ce que fait M. Macron : il a donné le TGV aux Allemands. On a obtenu quoi ?
Rien. Il a cédé les turbines de Gec-Alsthom aux Américains. On a obtenu quoi en échange ?
Rien. Il a donné la gestion de l'aéroport de Toulouse à des Chinois, des escrocs chinois. On a obtenu quoi en échange ?
Rien. Maintenant, il se propose de donner le siège au Conseil de sécurité de la France à l'Allemagne, voire de partager notre force de frappe nucléaire avec les Allemands. On a obtenu quoi ?
Rien. En fait, M. Macron déteste la France et les Français.
D'ailleurs, dès qu'il va à l'étranger, il commence à critiquer la France et les Français. — Un dernier mot sur le souvenir de la campagne présidentielle, ce quasiment 1%. Quels souvenirs vous en avez ?
C'est toujours étonnant de parvenir à être candidat à la présidentielle – C'est déjà pas rien. Les signatures et évidemment toute l'organisation. – et pour autant, des scores qui restent relativement faibles.
Quel est votre souvenir de ce type de période ? — Le souvenir, c'est que j'ai eu droit à 1% du temps de parole dans les grands médias, avec des journalistes dans les grands médias français qui m'ont traité de conspirationniste, complotiste. Qui en fait ne m'ont pas laissé le temps de m'exprimer, alors que M.
Macron a eu droit à 28% du temps de parole selon le CSA ! Et avec des journalistes des grands médias qui disaient : « C'est le génie du siècle. » Imaginez l'inverse.
Imaginez que j'aie eu 28% du temps de parole et M. Macron 1%. Nous n'en serions pas là. — Ça reste une belle aventure ? — Oui, ça reste une belle aventure.
Mais je pense qu'en 2022, les Français, entretemps, auront compris comment ils ont été manipulés et comment on les a forcés à choisir un président de la République qui n'est pas à la hauteur de la fonction et qui, au lieu de défendre le peuple français, est en fait l'agent d'une oligarchie financière qui impose au peuple français une politique que, fondamentalement, il refuse. — Nous vous remercions. Nous vous laissons à vos invités, [Applaudissements des invités] qui, apparemment, adhèrent à vos propos, sans forcément beaucoup de surprises.
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François Asselineau