Les enjeux de l’eau en montagne et sur le littoral
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perte de temps qu'on démarre et puis les retardateurs nous nous rejoindront. De toute façon, normalement il ils interviennent dans dans l'ordre donc ils [grognement] pourront nous nous rejoindre. Donc nous poursuivons les les travaux de notre mission d'information par une ultime table ronde hein puisqu'on a on achève nos travaux avec cette table ronde qui fera donc l'objet d'une captation vidéo qui sera disponible sur le site du Sénat sur les enjeux de l'eau dans les territoires montagnards et littéraux.
Je rappelle que la réunion d'examen du rapport est prévue le mardi 7 juillet à 15h et nous avons donc le plaisir d'accueillir pour cette table ronde madame Erica Saintford hydrologue. Monsieur Olivier Herrard, ingénieur hydrologue praticien de la redirection écologique. Monsieur Christian Dodoli, directeur général du syndicat mix d'aménagement de la vallée de la Durance. membre de l'Association nationale des élus des bassins à NEB, monsieur Régisten, chef du département cycle de l'eau et Pierre Colditz, responsable droit et politique de l'eau et de la Fédération nationale des collectivités concédentes et régie FNCCR.
Mesdames, messieurs, comme vous le savez, notre mission d'information a été créée à l'initiative du groupe Union centriste avec pour objectif de dresser un bilan des lois montagne et littoral et de leur application dans les territoires, mais aussi d'examiner les enjeux auxquels sont actuellement confrontés les territoires montagnards et littoraux. Au cours de nos auditions, les problématiques liées à la gestion de l'eau ont été évoquées à plusieurs reprises, notamment pour les zones de montagne. Et notre mission d'information a par ailleurs organisé une consultation des élus locaux au début de ses travaux et le questionnaire comprenait plusieurs questions sur la question sur la gestion pardon de l'eau et les résultats sont intéressants.
Trois mesures sont plébiscitées. La protection des captages et des zones de non traitement 90 % d'avis favorables. les mesures de sobriété et de priorisation des besoins 89 % et les retenus collinaires 78 %.
En revanche, les bassines 33 % d'avis favorables et les pompages directs dans les nappes fréatiques, 25 % sont très impopulaires parmi les élus. Nous vous remercions donc madame messieurs de vous être rendu disponible pour nous faire partager vos diagnostics, vos analyses et vos éventuelles préconisations sur les enjeux de l'eau dans les territoires montagnards et litoraux. Mais je cède immédiatement la parole à notre rapporteur Jean-Michel Arnaud.
Bien merci cher Guillaume, monsieur le président, mes chers collègues, comme tu viens de le dire très justement, cette table ronde vient donc conclure un dense travail de près de 6 mois d'audition [grognement] que nous conduisons en abordant notamment les questions relatives aux enjeux de l'eau dans les territoires montagnards et littoraux. et vous aurez certainement pas échappé que notre mission d'information s'intéresse certes aux lois littorales et montagnes mais surtout à leur actualisation avec le prisme du principe de différenciation qui a conduit l'ensemble de nos travaux. J'aimerais vous inviter dans vos interventions et réflexions respectives à inclure cette notion qui nous paraît fondamentale pour proposer une réponse adaptée et surmesure sur autre couture, devrais-je même dire, à nos territoires.
J'aimerais vous entendre sur plusieurs facettes du sujet. D'abord en m'adressant à vous, monsieur Herard qui en tant qu'hydrologue, vous devriez pouvoir nous éclairer sur la gestion de cette ressource sensible. Pouvez-nous faire part de vos principats concernant la transformation de la ressource en eau dans les territoires de montagne et litoraux ?
J'entends par là bien sûr les évolutions de l'étiage, de la disponibilité de la ressource dans les années futures, des transformations hydrographiques déjà à l'œuvre. Pouvez-vous par ailleurs nous indiquer les effets déjà observables du changement climatique sur la ressource en eau et si les territoires sont tous exposés de la même manière et selon quels horizons temporels ? Par ailleurs et je m'adresse désormais à l'ensemble des intervenants, dans quelle mesure les besoins liés à l'alimentation non eau potable, à l'agriculture, à l'hydroélectricité, au tourisme sont-ils tous conciliables alors que la demande en eau est vouée à croître dans les années à venir ?
Selon vous, les dispositions actuelles des lois montagnes et littorales permettent-elles une gestion durable de la ressource en eau ? Sinon, quelle mesure vous paraissent incontournable pour améliorer cette gestion ? Enfin, j'aimerais vous entendre tout particulièrement sur la compétence GMAPI.
La justation actuelle est-elle selon vous adaptée aux spécificités des territoires littoraux et de montagne ? Considérerez-vous que les ressources financières disponibles sont suffisantes pour faire face aux enjeux ? À défaut, j'anticipe, quelle piste d'amélioration concernant le fonctionnement de cette compétence et les moyens de financement que l'on pourrait mobiliser préconisez-vous.
Je ne serai pas plus long et je vous remercie par avance de vos interventions et ensuite nous jouerons le jeu des questions-réponses avec les collègues qui sont membres de la mission et qui sont présents aujourd'hui. Merci. Je laisse la parole juste pour monsieur Ten et et Colditz.
On vient juste de démarrer hein. Enfin voilà, vous inquiétez pas, vous êtes Et peut-être madame Ericaford du coup hydrologue peut-être pour commencer non ? Oui.
Comme vous voilà. Oui. Alors, on va tout d'abord Ah.
Messieurs le président, mesdames, messieurs les sénateurs, je vous remercie de vous m'entendez pas ? Non, il faut que je Ah d'accord. Donc il faut que je me rapproche comme ça.
Là, c'est mieux ou c'est pas Non, j'ai pas une voix qui porte, c'est pour ça. Euh ben tout d'abord, je vous remercie de de m'a de m'avoir convié à cette table ronde. Donc je vais je vais vous parler.
Donc alors je suis donc Erica Santford, je suis hydrogéologue depuis plus de 20 ans. Je travaille essentiellement sur la protection des captage d'eau potable également de l'assainissement des eaux usées. Et je travaille également en fait sur des des dossiers en fait sur lesquels en fait les impacts sur les ressources en eau euh peuvent être peuvent être délicats.
Enfin voilà pour étudier en fait les impacts sur les ressources en eau de certains grands projets. Donc je vais alors attendez hop, je vais tout d'abord faire un petit focus en fait mondial en fait parce que voilà l'eau souterraine donc c'est un domaine qui à mon sens est insuffisamment connu. Ça représente quand même 30 % de l'eau douce qui souterraine soit 5000 fois plus en fait que les eaux des rivières qui circulent dans les rivières.
Donc ça c'est à l'échelle mondiale. À l'échelle de la France euh 70 % de l'eau potable provient des nappes d'eau souterraine. Et si je fais un focus en fait sur le la région ouvert une Ronalpe, il y a 8000 il y a environ 8000 captages et sur ces 8000 captages, 98 % sont des pluis forages ou sources d'eau souterraine.
Sachant que sur la région Auvergneur Ronalpe, cela représente 25 % des captages en France. cette ressource en eau souterraine, on souvent on parle des lacs, des rivières, des retenues, des glaciers, la neige et l'eau souterraine souvent elle est un petit peu cachée parce qu'en fait on la voit que à travers les sources qui qui sont en réalité la plupart du temps pas toujours, des sources de débordement des eaux souterraines et également à travers les forages. Donc cette eau qui pourtant représente une grande part de l'eau douce sur terre et à mon sens assez méconnu ces ces eaux souterraines.
Donc on les on les voit donc à travers plusieurs plusieurs résurgences et donc on a trois grands modes d'alimentation des ressources notamment en montagne donc avec des ressources très superficielles qui sont localisées dans les éboulis les formations moréniques qui alimentent des refuges des alpages ou des petits hameaux d'altitude. Leur renouvellement est rapide, dépend beaucoup de l'enneement et de la fonte nivale et des précipitations. À l'opposé, on a les ressources très profondees qui sont qui se trouvent au sein des nappes fissurées carstiques ou des formations géologiques plus étendues.
Celles-ci sont captées par des ouvrages tels que des galeries, parfois des galeries hydroélectriques ou des forages. Ces ces ressources profondes ont une plus grande inertie vis-à-vis des variations liées au changement climatique. À court terme.
À long terme, ça ça devient différent mais à court terme, elles sont un peu moins sensibles. Et ensuite, on a le cas probablement le plus fréquent en montagne qui alimente en eau les collectivités. ce sont les captages avec une avec un fonctionnement mixte, c'est-à-dire qu'ils ont une composante à la fois superficielle qui elle est réactive aux épisodes de pluie et à la fonte nivale et une composante plus profonde qui va être le soutien d'étillage et qui va permettre à ces sources de couler même en période de sécheresse plus importante.
Donc évidemment la part de cette composante superficielle et la part de cette composante profonde fait qu'on va avoir plus ou moins d'impact lié aux sécheresses. Donc certaines qui ont une composante plus profonde vont plus vont avoir encore du débit en fait alors que d'autres vont tari parce que la proportion va pas être la même. Donc bien sûr en fait étant donné qu'elles ont pas exactement les mêmes les mêmes natures, elles vont pas avoir la même vulnérabilité.
Donc les ressources plus superficielles vont avoir vont être très sensibles à l'évolution du climat tandis que celles qui sont plus profondes un peu moins et donc les ressources mixtes. Voilà un peu un peu dans de ces deux problématiques. Et ce qu'il faut savoir aussi c'est que voilà on parle beaucoup du réchauffement climatique mais on a aussi des grands projets, des galeries qui vont avoir un impact et non pas sur ces ressources très superficielles mais plus sur ces ressources plus profondes ou ces ressources mixtes.
Et donc, je vais donner quelques exemples en fait de cas concrets de modification du sous-sol. Euh donc quand on évoque les enjeux de l'eau en montagne, donc on pense voilà spontanément au réchauffement climatique. Pourtant, il y a d'autres facteurs qui peuvent également donc intervenir comme les galeries hydroélectriques qui sont créées depuis des décennies maintenant, les tunnels routiers ou ferroviaires et plus généralement les grands ouvrages souterrains.
Et l'impact en fait sur les ressources en eau souterraine, il se voit euh à travers le fait que euh les bassins versants de ces ressources vont être déviés. Donc si vous voyez sur le schéma, en fait, c'est le schéma d'une galerie, le petit rond blanc, c'est le schéma d'une galerie souterraine qui va en fait de fait capter euh les eaux qui circulent dans le massif montagneux et potentiellement peut euh dévier en fait les écoulements naturels. Et donc on a beaucoup d'exemples en fait dans les massifs montagneux européens.
Alors je passe à la à la diapo suivante. Je vais aller peut-être assez vite là-dessus. Je vais donner des exemples en fait.
Je vais vous donner deux exemples. Donc le Mont Blanc qui a été construit dans les années 60 lors du creusement, il a capté au total 1000 L par seconde. Aujourd'hui, on est dans ce qu'on appelle un régime stabilisé. de de ces fractures, fissures qui qui ont été captées à l'époque continuent à couler 200 L par seconde.
De même, euh le tunnel ferrovviaire de Bros dans les Alpes Maritimes a conduit en c'était déjà il y a un siècle, mais ça a conduit à l'asséchement en fait euh d'une source qui euh qui a bah qui a privé d'eau en fait 50 exploitations agricoles à l'époque. Aujourd'hui coule toujours 20 à 80 L par seconde. Donc en fait pourquoi il continue toujours à couler 20 à 80 L par seconde ? c'est parce que les fracturations dans le sol en surface rejoignent en fait ce tunnel et donc quand les pluies réalimentent ce massif montagneux, ça continue à s'écouler dans ces dans ces ce qu'on appelle les débits d'exor de ces tunnels.
Alors, on a des exemples dans les Alpes aussi. Alors, manière générale, sur 260 km de tunnel dans les Alpes, alors Alpes Suisse, Alpe italienne, Alpe française, on a en gros une moyenne en fait de 10 L par seconde par kilomètre. Donc soit au total ça fait 82 millions de mètres c par an qui sont déviés en fait de leur bassin versant historique.
Donc je vais pas voilà aujourd'hui en cours on a le tunnel de base du lion Turin. Les estimations d'eau d'exor c'est une fois que ce sera terminé entre 800 à 1000 L secondes. Mais on a aujourd'hui encore d'autres projets notamment le projet de le projet du CERNE qui qui va faire 80 où il y aura 90 km de galerie.
Donc là, c'est pareil, potentiellement, il va y avoir des des des eaux en fait qui vont être qui vont être capté de ces de ces massifs et déviés de leur bassin versant. Donc c'est vrai que euh voilà, je pense voilà qu'on a on a cet enjeu-là qui souvent est minimisé, qui aujourd'hui est très peu euh alors lorsqu'il y a lorsqu'il y a un projet, ce les dossiers en fait sur la ressource en eau sont étudiés. Mais c'est vrai qu'il y a une méconnaissance de de ses fonctionnements, une méconnaissance du fait que cette eau, elle est totalement déviée en fait de son bassin versant et ces ces eaux se sont constituées pendant des milliers d'années et en fait sont dévié de ce bassin versant quelque part à l'échelle humaine pour toujours.
Donc voilà et en fait je pense que il y a quelque chose d'important, c'est pour moi à mon sens la faible connaissance des eaux souterraines en montagne avec pourtant ce qu'on vient de voir une importance stratégique pour l'alimentation en eau potable. Les eaux souterraines restent encore voilà imparfaitement connues. Je dis pas qu'elles sont inconnues mais elles sont imparfaitement connues.
Euh le fonctionnement d'un acer en fait il est reconstitué à partir d'indice indirect contrairement à l'eau d'une rivière qui voilà où on va pouvoir étudier le débit de manière plus précise si on met en place des appareils. Pour un acifer, on va on va avoir des manifestations par les débits qui de la source qui vont sortir et on est obligé en fait de reconstituer le contexte géologique hydrologie, d'effectuer des traçages, des essais de pompage, des suivis de débit ou de paramètres physico-chimiques afin de d'estimer vraiment comment est cette ressource. On narrivera jamais à avoir une vision parfaite de cette ressource en eau, mais avec tous ces indices, on arrivera mieux à la connaître et mieux la protéger en fait.
Et aujourd'hui, je pense qu'effectivement, contrairement à des à des endroits en France comme le bassin parisien où on a une meilleure connaissance des nappes dans les milieux les milieux les territoires de montagne, cette connaissance, elle est partielle parce que on est en face de petits acifères, pas des grand c'est ce sont pas des grandes étendues mais des petits acifers et donc instrumenter en fait tous ces acifers, c'est compliqué. Je dis pas que c'est impossible, mais je pense que aujourd'hui voilà, il faut enfin ça fait partie des choses qui à mon sens en fait sont euh sont très importants et tout ça pour bah anticiper les effets du réchauffement climatique, sécuriser l'alimentation en eau potable des territoires de montagne et puis également mieux prendre en compte cette ressource en eau dans les aménagements futurs tels que des galeries hydroélectriques, des tunnels et cetera. Euh voilà, je voulais aussi rajouter que quand on perd une ressource en montagne, c'est très difficile de la compenser par une autre ressource.
Souvent on la solution, on va dire alors de à la fois de simplicité, mais aussi parce qu'il y aura pas une autre source. Parce que si dans un territoire une source vient à disparaître, c'est parce que soit il y a une galerie en dessous qui aura capté les eaux de cette source ou alors des ou alors en lien avec le réchauffement climatique également. Mais dans ces cas-là, en fait, l'ensemble des sources de ce petit secteur-là va également être impacté.
Donc souvent, ce qui peut souvent, il va être amené à prendre peut-être une ressource un peu plus superficielle comme une rivière qui va avoir une une moins bonne alors pas forcément une moins bonne qualité mais qui va être plus sujette et qui plus vulnérable queune source profonde. Donc voilà. Donc pour et donc voilà, je et donc oui, ce que je voulais finir par dire, c'est que la préservation de la ressource en eau conditionne non seulement l'alimentation en eau potable des habitants mais également l'activité économique, le tourisme, l'agriculture et plus largement la capacité de tous ces territoires à s'adapter aux évolutions à venir.
Et j'ai terminé. Merci. Merci.
Ben, on peut poursuivre avec Olivier Rare. Oui. Qui ?
Merci monsieur le président. Mesdames et messieurs les sénateurs, merci beaucoup pour votre invitation à m'exprimer sur ce sujet de des enjeux de la montagne. Euh donc la loi montagne a 40 ans. 40 ans, les montagnes ont changé.
Elles sont premières loges du changement climatique. Elles se réchauffent plus vite que le continent pour diverses raisons comme la perte de l'effet albedo notamment entre autres. Euh ce qui laisse euh imaginer ce que pourrait être une France à + 4° en montagne, on pourrait atteindre des + 6° euh ce qui dans l'histoire de la planète sur une période aussi réduite et inédit.
Euh donc le climat en montagne, il agit aussi comme un catalyseur des fragilités déjà existantes. Euh euh la montagne se caractérise par enfin dans le cycle de l'eau par la part solide, donc la glace et la neige. Et euh bah je vous apprends pas que les glaciers fondment de manière drastique depuis les années 80, donc depuis depuis la loi montagne finalement.
Donc vous avez là par exemple le suivi de de quatre glaciers euh alpin et puis la part la part solide sous forme de neige également a drastiquement baissé notamment en moyenne montagne aux alentours de 1500 1800 m euh ce qui fait que on a la montagne finalement a perdu son rôle je dirais d'amortisseur hydrologique euh donc en terme de soutien d'étiage au printemps et associé à à la variabilité de des précipitations puisque parce qu'on a des évolutions de régime de précipitation où il y a une tendance à avoir moins de pluie en été, parfois au printemps sur certains massif et plus de pluie en automne et l'hiver. Donc vous avez des décalages de phase, ce qui fait que vous avez une accentuation euh de phénomènes de phénomènes extrêmes et surtout ben cette absence ou cette quasi disparition de l'effet amortisseur, enfin peut-être pas disparition mais en tout cas une altération de l'effet amortisseur de de la neige et de la glace. Et on a déjà des ce qu'on peut appeler des points de bascule qui sont observés.
C'est-à-dire que l'évolution climatique c'est pas une c'est pas est pas linéaire en fait. Elle suit des sauts climatiques. Euh les moutonnières se souviennent des années 80, de la fin des années 80 ponctué par des hivers très chauds.
C'est un premier point de bascule. Là, on voit que par exemple euh en oisan, voilà, il y a une il y a eu un fléchissement de l'augmentation de la température. Euh il y a eu 2003 qui aussi joue joue comme saut climatique avec ben une fameuse canicule.
Et puis bah là on est sur un plateau 2020, la décennie 2020- 2030 qui est a priori est un plateau haut hein, où on cumule les record de chaleur et de de variabilité. Et quand la montagne subit euh subit ses effets de température, ben c'est en fait c'est tout le métabolisme montagnard qui joue. Donc effectivement bah les eaux souterraines.
Moi je vais regarder un peu plus l'interface végétation sol ou bah sur sur des sur la montagne ce qui est aussi important c'est toute la partie végétalisée. La montagne se caractérise par des limites de végétation mais faut imaginer que la montagne se remplit un peu par le bas. Donc si en bas vous n'avez plus de de retenu, donc notamment par les sols et la végétation, et bien en fait tout glisse.
Donc elle passe d'une fonction d'une idée du château d'eau à l'idée de parapluie. Et on tend la montagne tend à devenir un parapluie. Euh et dans le récit dans le récit commun, on utilise encore cette cette idée de la montagne Châteauudo mais ça tend à disparaître.
Et vous avez des points de bascule également sur cette interface sol végétation notamment le le dépirissement de la forêt. Alors d'abord sur les massifs de moyenne montagne Vauge Jura, on voit apparaître ça également dans les Alpes bien entendu. Euh donc voilà, ces points de bascule sont observés, c'est exalement observés sur des événements.
On est aujourd'hui dans je dirais que le climat a changé d'orbite. Euh là je prends deux exemples. sur la moyenne montagne jura où 2022 par exemple apparaît comme une année sèche exceptionnelle qui concurrence déjà des extrêmes inférieurs des modèles de de 2050.
Et puis un autre exemple, la tempête Alex qui si on utilise la loi de Gumball qui marche bien pour les événements connus et bien atterrit sur une occurrence de 480000 ans. Donc c'est impossible. C'est impossible mais c'est déjà là.
Donc en fait le futur est déjà là. vous me demandiez ce qui nous attend en fait. Ce qui nous attend c'est ce qu'on vit déjà depuis depuis quelques années de de manière encore plus encore plus accrue.
Euh parallèlement à ça, bah l'habitabilité de la montagne a changé également. les économies de montagne se sont complexifiées au fil au fil des années, que ce soit l'agriculture, l'industrie, le tourisme. Euh moi justement je travaille sur ces enjeux de redirection de de modèles économiques notamment montagnard qui sont liés et à la ressource en eau principalement donc l'agriculture, l'industrie liée liée à l'eau et et le tourisme.
J'ai j'ai géré pendant 12 ans une station de ski que j'ai accompagné vers la fin du ski. Donc j'ai créé aussi une retenue collinaire. Donc je suis assez euh familier de ces enjeux de de retenu et de et et d'utilisation de la neige.
Euh voilà, on est sur sur une un horizon qui s'est complexifié et parallèlement les manières d'habiter ont aussi évolué, se sont aussi euh sont devenus très hétérogènes en fonction des massifs. Vous avez pas les mêmes les mêmes densités, vous avez pas la même structuration, ce qui va poser aussi des des questions à la fois d'une limbérilité mais aussi de financement des services notamment du service de l'eau. Alors face à cela, il y a sans doute une nouveau paradigme à adopter.
Le premier, c'est celui de du ralentissement de l'eau. Des aménagements peut-être anecdotiqu et diffus qui paraissaient anodin dans un dans un climat stable aujourd'hui deviennent des facteurs d'accélération et et des vrais dangers. donc qui vont cumuler l'érosion, des glissements de terrain et cetera jusqu'à altérer des infrastructures.
Un autre changement de paradigme, on sait vivre avec le risque. Je reviens pas sur des catastrophes dramatiques, mais aussi des événements, des dégradations qui posent qui viennent à poser la question de l'assurabilité de certains territoires de montagne. Euh donc, on est dans une dans un paradigme où désormais il va peut-être falloir abandonner les choses, choisir, se questionner sur les investissements à venir.
Un autre paradigme, c'est de partager l'eau entre les usages humains, mais aussi entre les usages humains et les hydrosystèmes, donc des unités hydrologique. Donc effectivement, on a on a ce réflexe de dire bah s'il y a plus d'eau l'hiver, on va stocker pour nos besoins. Mais euh je dirais que ça c'est la solution une fois qu'on a on a on a réglé tout le reste.
C'est-à-dire qu'on s'est intéressé à la santé des hydrosystèmes. Parce qu'aujourd'hui, dans un contexte montagnard où euh les amortisseurs traditionnels que sont la glace et l'eau disparaissent. En fait, les amortisseurs naturels, on va dire que c'est le sol, la végétation, des éboulies de montagne, enfin des choses comme vous disiez un peu inconnues.
Euh et je dirais que c'est ça qu'il faut préserver absolument vu ce qui nous arrive, vu ce qu'on connaît déjà et vu ce qui nous arrive. Je ne dis pas qu'il faut pas faire de retenu, mais je dirais que c'est la c'est la dernière des solutions une fois qu'on a donc s intéressé à la santé des étrosystèmes euh parce que c'est ces usent de l'eau euh et puis aussi de de s'allier avec les fonctionnalités naturelles des hydrosystèmes. Là aussi prudent, je ne dis pas qu'il faut aller il faut vouer un culte aux solutions fondées sur la nature.
Néanmoins, elles ont montré leur efficacité. Donc c'est de trouver voilà une alliance entre de des aménagements existants qui préservent qui préservent des des enjeux humains, des enjeux matériels, mais aussi peut-être ce se ce souvenir que le pastoralisme avait inventé des solutions qui sont aujourd'hui intéressantes à la fois en terme de conservation de l'eau et de ralentissement de l'eau, donc des terrasses, des béales et cetera. Et puis enfin de se dire sur le changement de pariging de dire effectivement que les les économies de montagne traditionnelle que sont le pastoralisme et la gestion de la forêt peuvent être vraiment des des acteurs de préservation de de cet amortisseur climatique et de ces amortisseurs climatiques que sont les sols et la végétation.
Euh et donc de travailler sur des évolutions de modèles qui sont eux-mêmes soumis à à aux effets du changement climatique. Euh donc de trouver des alliances pour euh régénérer les sols, renforcer la captation des de l'eau dans les sols. On aura aussi euh euh une meilleure captation du carbone d'ailleurs et donc d'allier tous ces usages.
Ça ça demande effectivement des évolutions de modèles qui sont complexes que moi-même j'ai accompagné et ça effectivement on est plus alors ça c'est ma ma mon retour d'expérience de praticien c'està-dire que c'est d'aller vers des nouvelles méthodes et de notamment sur la réalité. Alors je j'ai pas mis cette image pour que vous regardiez enfin vous essayez de comprendre parce que c'est compli c'est compliqué. Elle est pas présentée comme ça brutalement d'habitude hein.
Je je pose un bloc, je mets des flèches et cetera mais en fait ça c'est le retour d'une d'un accompagnement sur le le pastoralisme sur la haut chaîne du Jura euh face au changement climatique où le premier réflexe c'était de construire des des goyas appellent ça des goyas des petites retenues collinaires et en faisant une approche systémique et en collant les les les données scientifiques mais aussi les les connaissances situées, c'est-à-dire les connaissances de terrain. C'est hyper précieux d'avoir ce d'avoir ce retour de terrain et de le mettre en perspective. et bien on aborde tous les sujets liés à l'eau et la conclusion de la démarche c'était il ne faut construire aucune retenue.
Par contre, on a des plans de gestion à développer où on doit mettre le sol au milieu, intégrer ces enjeux de points de bascule climatique et puis adapter nos pratiques. Et ça effectivement ça a des conséquences sur la rotation de pâturage, sur des aménagements dans les dans les estives et cetera. Donc c'est ce le point de départ du diagnostic un peu de prise en compte de la de du système de l'eau.
Voilà, une approche systémique. Le deuxème c'est ne pas changer les gouvernances parce que je pense qu'on a on a ce réflexe de dire un problème et une gouvernance adaptée, mais peut-être de travailler autrement dans ces gouvernances pour s'adapter à aux spécificités des territoires de montagne, à cette à cet inconnu qui qui est devant nous. Euh même si on a une part de connu, il y a quand même pas mal de de parts d'inconnus et peut-être de s'autoriser à aller dans des approches qui sont plus fines que le bassin versant sur des unités hydrologiques cohérentes.
Puisque ici, il s'agit de préserver tout ce qu'on peut comme qualité naturelle des des hydrosystèmes, et bien il faut avoir des approches vraiment très ciblées. Euh donc ce qui permettra de définir ce qu'on garde, ce qu'on ce qu'on réaménage et tout ça en essayant de le faire de manière concertée. Je dis pas avec les habitants, moi je suis assez prudent là-dessus, mais surtout avec les professionnels de la montagne, donc les agriculteurs, les forestiers, les gestionnaires de la ressource en eau, les gestionnaires de l'hydroélectricité.
Et puis dernier point euh où là je m'inventure un peu parce que c'est pas mon domaine d'expertise mais moi je requestionne un peu ce principe de l'eau pay l'eau notamment sur des territoires de montagne peu dense. Alors je sais bien qu'il y a d'autres financements comme la GMAPI mais sur la sur la ressource en tout cas de ce principe de que l'eau est finalement une ressource comme un kilw comme un kilow, on n plus là-dedans enfin on peut plus s'autoriser à considérer l'eau comme ça. Elle a été trop souvent négligée cette eau.
Le prix de l'eau est bien inférieur à ce qu'il devrait être. Mais mais voilà, même sortir de cette logique du mètre cube, je trouve que ça serait ça serait une évolution forte et de pouvoir imaginer même des expérimentations de de financement avec une notion de la valeur de l'eau qui soit une notion de valeur étendue, voilà, qui intègre vraiment la valeur écologique, sociale, économique et cetera. Voilà, mais je vous remercie pour pour votre attention.
Merci. Merci beaucoup. Très clair.
Et ben on va poursuivre avec Christian Dodoli du coup directeur général du syndicat mix d'aménagement de la Vallée de l'Adurance. Je laisse la parole. Merci monsieur le président, mesdames messieurs les sénateurs, mesdames messieurs.
Vous dire également, je suis très honoré que vous m'ayez invité à partager une expérience dure ancienne dans le cadre de cette commission sur la loi montagne et littorale. Donc rapidement, effectivement, moi je suis spécialisé dans le domaine des plutôt des risques et des torrents. J'ai je suis tombé dedans quand j'étais petit.
Il y a il y a 30 ans, je présentais à peu près jour pour jour un mémoire sur les crues méditerranéennes de la romaine et de et et en Corse. Voilà, donc je j'ai c'est une passion qui ne m'a jamais quitté. Donc aujourd'hui, je travaille sur le grand bassin de la Durance qui est à peu près la moitié de la région PAC.
Alors je sais pas s'il faut appuyer. Hop. Ah, ça y est.
Voilà. [grognement] Euh donc à peu près le voilà qui représente à peu près la moitié de la superficie de la région Provence Alcôte d'Azur puisquil faut pas dire Paka. [grognement] Euh c'est pas joli pareil.
Donc nous sommes à EPTB. Euh on a la particularité d'être à la fois sur le terrain. Donc on aménage beaucoup, on fait on est opérateur Natura 2000 sur quasiment toute la durance.
Donc on a une mission historique de préservation de la biodiversité. C'est même ça d'ailleurs qui a euh à l'origine de la création du SMAVD il y a 50 ans de ça. En fait, nos 50 ans cette année, c'était justement essayer de reconquérir une rivière qui était vue comme un énorme gisement pour des matériaux.
Euh donc ça date pas hier à la restauration, il y avait des élus visionnaires à l'époque. Donc cette mission évidemment elle est très forte. On la conjugue avec la une mission également forte de protéger les populations et les biens contre les inondations puisque la durance, vous le savez, a longtemps été. un des trois fléaux de la Provence qui était assez injuste he puisque c'est quand même celle qui permet la vie en Provence qui serait un énorme désert sans l'eau de la durance mais elle a effectivement des des crues qui sont qui sont assez fortes et qui ont créé par le passé beaucoup de dégâts.
On a également une mission qui est plus récente, qui date maintenant d'il y a 15 ans de bah d'essayer de travailler sur l'adaptation au changement climatique puisque vous savez nous les Provençaux, on a été longtemps les des grands privilégiés puisqu'on a eu de l'eau à ne pas savoir quoi en faire et évidemment le logiciel est en train de de changer et donc on a une mission là aussi j'en j'en dirai quelques mots sur comment est-ce que on voit ce futur de l'eau et comment est-ce qu'on essaie d'anticiper les actions à mener pour éviter de se retrouver dans des situations de pénurie qui mettrait à mal évidemment notre notre vie à tous. Et puis on est aussi concessionnaire du domaine public fluvial de la de la de la durance he donc depuis maintenant presque 25 ans. Plus que ça, je dis même un peu plus que ça.
Et donc à ce titre là, ben nous avons des opérations de valorisation de la durance. Mais là, on est un petit peu en dehors de de de ce pourquoi vous m'avez invité. Donc, j'en parlerai assez peu.
Euh moi, je vais vous parler donc essentiellement des risques et et et très essentiellement des territoires qui sont situés sur la durance, donc plutôt des territoires de montagne en haute durance dans UBA et dans le secteur du Haue. On est en train actuellement de finir une étude justement qui vise à déterminer quelles sont les réelles vulnérabilités, les insuffisances des modes de gestion des risques en montagne sur cette partie-là et quels sont les modes de gestion qu'on pourrait imaginer plus collectif pour être plus efficace. Donc on est sur un territoire de montagne qui est je pense comme beaucoup d'autres hein extrêmement soumis à des aléas nombreux. 2400 événements s'amusent à les compter depuis le 14e siècle. rien que sur cette partie de de la durance de la haute durance.
Euh on a euh des territoires qui sont très vulnérables. On a un petit peu donc croisé les cartes d'Aléa avec la vulnérabilité. Donc on a euh beaucoup de secteurs comme souvent hein qui sont situés sur des côes de déjection qui sont situés en vallée.
Les vallées sont étroites. Donc bien on retrouve toutes ces infrastructures, tous ces aménagements et toutes ces personnes sur des territoires qui sont évidemment vulnérables. On a également des axes de communication qui se retrouvent très souvent en bord de rivière. encore une fois très classique he sur les territoires de montagne, donc sensible à des aléas d'érosion et de et et d'événements torrentiels.
Et puis on a également tout un tas d'infrastructures de télécommunication euh de réseaux humides, donc d'eau potable, d'assainissement qui se retrouve évidemment souvent à proximité des routes et donc très vulnérable aussi par les crues de la durance. On en a fait les frais ces trois dernières années. Euh donc l'analyse du territoire montre qu'on a, voyez, c'est tous les petits triangle rouge, on a énormément de secteurs vulnérables avec des des agglomérations comme Brionçon et toute la vallée de la Guisane qui n'est rien d'autre que le site des J qui est extrêmement voilà ser chevalier pour ceux qui ne connaissent pas.
Voilà pour les Parisiens qui est qui est une vallée qui est très aménagée et qui est extrêmement sensible au risque. On a évidemment d'autres points de danger hein autour de de la Valouise. On a également la traversée d'embrin qui est très soumis à des à des risques d'inondation et puis on a des infrastructures majeures.
Je je les ramène forcément un peu au Jo, la RN94 c'est ce qui permet d'accéder au site de Servalier. la voie ferrée SNCF sur lesquels vous savez il y a un gros programme de de modernisation qui est aussi extrêmement vulnérable à tous ces risques là. Donc le constat clair, c'est que on est sur des sites et je pourrais dire la même chose sur l'UBA hein, j'ai fait un zoom sur sur la vallée de la durance.
On est sur des sites qui sont extrêmement exposés, extrêmement exposés et probablement beaucoup plus que ce qu'on pense. Les effets du changement climatique, je rejoins mes collègues, hein. Effectivement, on les ressent déjà.
On estime qu'on a déjà 1 degré et demi de de réchauffement depuis l'air pré-industrielle. On verra un petit peu après quel lien on peut faire entre réchauffement et augmentation de la capacité de l'air à monter en en taux d'humidité. Donc euh voilà, on empile les les événements ces dernières années.
La tempête Alex, on en a parlé hein, tout le secteur de la VZubie, la Roya, la Tinée, le Hovard, hein, donc euh essentiellement dans les appes maritimes qui ont été euh ravagées par euh par ces crues. On a eu toute une série d'événements entre 2018 et 2024 en UBA avec beaucoup de réactivation de torrent, de lave torrentiel. On a quasiment tous les ans des routes qui sont ensevelies par des matériaux, des secteurs de vie qui se retrouvent coupés du reste du monde.
On a eu également des cru dans la Valouise entre 2023 et 2025 avec des crues quasiment svenol à des périodes où normalement il ne pleut pas, il neige. Donc on a eu des choses vraiment extrêmement étonnantes ces dernières années avec des combinaisons en plus de neige de retour d'est donc de la du redou de la pluie qui tombe sur la neste et donc des apports d'eau qui se font de manière extrêmement extrêmement forte. On a eu les crues du guil en décembre 2023.
La station de Rizou a été coupée du monde pendant pendant plusieurs jours. Les eaux usées se sont déversées dans le guide et dans la durance pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois. Plus d'eau potable. euh un relais orange qui est parti, donc plus d'internet et ça ça pose aussi des questions sur la gestion de crise.
Plus d'internet, plus d'électricité, plus de téléphone non pas simplement que dans le secteur de du de du Kain ou du Guys S3 mais dans toute la vallée donc de la haute durance et donc y compris Servalier pour les Parisiens. Euh et puis la Berarde, vous le savez évidemment dans les Hautes Alpes, ce village qui a été quasiment dans le Ouais. de la la limite de l'ISER et des Hautes Alpes hein qui a été euh quasiment emporté et et rayé rayé de la carte.
Donc vous voyez tout ça, ce sont des choses qui se situent dans le dans ce secteur géographique. Donc ce changement climatique, alors vous l'avez vu, ça date pas d'hier, les alliés en montagne, tout n'est pas dû au changement climatique évidemment, mais on a un effet cocktail que l'on commence à expliquer par la relation de Clausus Clapon, je sais pas si vous on vous on vous en a déjà parlé où 1 degré en gros en plus, c'est à peu près 7 % de capacité d'humidité potentielle en plus dans l'air. Donc on a déjà 1 degré et demi et déjà à peu près à 12 %.
Imaginez, on parle effectivement de 4 vo 6 6 degrés de plus pour les territoires de montagne. Alors c'est des choses que la science doit explorer. J'en reparlerai.
On a du mal à approcher l'effet du changement climatique sur les événements intenses de courte durée, sur les événements plus longs comme la ressource en eau beaucoup plus. Il a le travail par exemple qui a été fait dans Explore 2 qui est qui donne une prospective assez intéressante sur les phénomènes extrêmes. C'est une des pistes que j'évoquerai en conclusion.
Il y a vraiment, je crois, à mobiliser le nos instituts de recherche pour avancer sur qu'est-ce que sera l'hydrologie de demain. Si on suit ce genre de choses, ça veut tout simplement dire que la crue centenale d'aujourd'hui ne sera même pas la crue décennale de demain. Voilà, sachant que pour la Crue Centenale, on est déjà extrêmement exposé et dans des situations d'incapacité à gérer ce type d'événement.
Je fais pas de catastrophisme, mais c'est pour montrer qu'on est sur quelque chose qui est extrêmement euh je dirais fort et euh vous allez le voir avec des moyens en face qui sont extrêmement, j'ai envie de dire, dérisoires. Donc l'effet cocktail du changement climatique, il est bien connu, mes collègues l'ont évoqué, plus de précipitation, moins de précipitation sous forme de neige, des successions de neige, de redout, donc de la pluie qui tombe sur la neige. Ça c'est maintenant un constat chez nous qui avons un climat avec des retours d'Est qui nous réchauffent le climat et fait alterner des événements de neige et de pluie.
Et puis on a aussi ce que l'on voit très bien, moi je le dis souvent, si vous voulez voir les effets du changement climatique, venez donc dans la clarée, venez dans la haute durance et vous allez voir ce que c'est que le dégel du pergol. Donc c'est la partie effectivement qui a été gelée, les la fonte des glaciers rocheux effectivement qu'on qu'on connaît pas bien mais on le voit, on a des versants qui deviennent totalement instables et on a des réactivations de torrent de lave torrentiel, des apports solides qui deviennent énormes. Et donc quand vous faites la somme de la l'augmentation des précipitations et de l'apport solide fort, et bien vous avez une situation qui est vraiment explosive.
Explosive. Aujourd'hui, un des problèmes des territoires de de montagne des des Hautes Alpes, je pense à la Clarée, je pense à la à la Durance et tous ces affluents, je pense aussi à l'UBA dans les Alpes de Haut Provence, c'est qu'on arrive plus, on est inondé par ces matériaux solides, on ne sait plus quoi en faire. Toutes les routes sont quasiment ensevelies tous les ans.
Donc c'est quelque chose et et qui ne fait que commencer. Donc on a un niveau de risque Oui. qui explose et qui est extrêmement je pense inquiétant.
Less du changement climatique, mes collègues en ont très bien parlé effectivement. Alors nous on a travaillé sur un modèle qui s'appelle C3PO qui nous permet d'avoir la cartographie du futur. C'est un modèle prédictif qui prospectif qui à partir des des travaux scientifiques qui ont été fait dans Explore 2, c'est-à-dire que on rentre le futur du climat dans un logiciel et ce logiciel nous permet de regarder ce que ça donne en terme de disponibilité de la ressource dans les nappes, dans les rivières, dans les barrages, dans les retenus, dans les canaux et cetera et pour voir si dans le climat de 20 ans, 30 ans, à la fin du siècle, est-ce qu'on aura toujours de l'eau pour les territoires de montagne mais aussi pour la Valle ? le la haute durance pour ceux qui ne le savent pas et l'UBA c'est on peut dire que c'est le château d'eau de toute la région Provence Alcôte d'Azur.
L'eau de la durance c'est les 3/4 d'alimentation en eau pour toute la région donc c'est 3 millions d'habitants pour un territoire qui en compte quelques dizaines de milliers. Et donc si cette ressource vient à baisser, c'est évidemment toute la vie dans la région qui devient compliquée. C'est aussi une chaîne hydroélectrique qui représente l'équivalent de deux centrales nucléaires.
Donc cette eau, elle est évidemment vitale pour la vie du territoire, bien au-delà d'ailleurs du territoire des Hautes Alpes. Euh on a donc regardé ça en détail. On voit qu'on a, je confirme ce que disait monsieur Herard tout à l'heure, euh on a des réchauffements et des abaissements de ressources plus forts qu'ailleurs.
On estime qu'on a - 10 % de la ressource en eau d'ici 2050 et on aura à peu près - 45 % à la fin du siècle pour cette partie de la haute durance. Euh, on va également avoir, puisqu'on a rejoué le game, en remodélisant des chroniques de de climat de ces 30 dernières années, on voit qu'on va avoir des successions de sécheresse, donc des années très dures où il va falloir gérer des crises. Donc ça va se multiplier et puis évidemment la fonte des glaciers qui soient de surface ou des gl des des glaciers rocheux vont amener, c'est ce qu'on voit en jaune, des situations très compliquées localement avec des points d'alimentation en eau potable qui risquent de disparaître.
Et puis enfin, on le voit apparaître. On avait pas de problème de qualité des eaux jusqu'à maintenant. Et bien ça commence, on a, on l'a dit tout à l'heure, on va avoir des étillages beaucoup plus important l'été puisqu'on va avoir moins de précipitation l'été, plus de précipitation à l'automne.
Et donc, on commence à avoir, ça a été le cas dans le guil il y a l'an dernier ou il y a 2 ans, des problèmes de qualité d'eau bactériologique. Donc évidemment quand vous avez une économie basée sur les sports de d'eau vif, c'est un peu compliqué. Ça a été le cas aussi sur Embrin.
Il y a eu des problèmes aussi de pollution. Et puis on a un héritage du passé industriel, mais pas que de d'anciens crassiers qui ont été laissés dans bord de rivière, parfois en bord de torrent. Ces crassiers aujourd'hui, ben comme on a une hydrologie qui redémarre fort, ils se sont en train de se faire éroder et donc on a là aussi un risque de dégradation de la qualité des eaux.
Sachant qu'aujourd'hui euh le la protection contre les éosions de ces crassiers évidemment serait à la charge de on ne sait pas trop qui et et les et les EPCI auraient de toute façon beaucoup de mal à gérer ces problématiques là. Donc si je résume des des risques effectivement de diminution de la quantité et de dégradation de la qualité. Je je parle aussi une minute de la biodiversité.
On est sur un territoire qui est un territoire très riche. On est sur le plus gros territoire français de rivière en les rivières enesses et ces rivières, vous savez un peu comme au Canada où vous avez des des plusieurs bras qui se croisent, des bandes galetis, euh à chaque rue le lit change de place. Et bien euh sur ces facièes là, vous avez des cortèges écologiques qui n'existent que là.
Et donc lorsque vous avez des ce type de rivière qui disparaît, ben vous avez évidemment tous les cortèges écologiques qui disparaissent. Et donc la le changement climatique évidemment est un enjeu majeur pour la la biodiversité de montagne. Euh j'en ai peu parlé là mais j'ai plutôt accès mon mon discours sur les risques.
Mais on pourrait également en parler euh longtemps. Je sais pas ce que j'ai fait. Hop.
Aïe aïe aïe. Là c'est la catastrophe. Comment sortir de cette situation ?
Je ne sais pas. Ah, ça y est. Ouais, finalement c'était c'était pas mal.
Euh ça, j'en ai déjà parlé. Hop, je redescends. [grognement] Les problèmes globalement euh encore une fois, j'essaie de pas faire de catastrophisme mais quand même euh on a un secteur comme vous l'avez vu, qui est naturellement très vulnérable.
On a des ouvrages de protection qui sont très nombreux. On en a compté quasiment 350 rien que sur la haute durance. 350.
C'est beaucoup plus que tout ce que que tous les ouvrages que l'on a sur la basse et la moyenne durance qui protègent des agglomérations comme la métropole, comme Avignon, comme Cavaillon. Donc on a une multitude d'ouvrages qui ont des niveaux de protection extrêmement faibles. C'est souvent pour une crue décennale ou vintale d'aujourd'hui.
Donc voyez un peu le niveau de protection. C'est le cas par exemple sur Brillonçon. Euh voilà.
Euh et ces ouvrages, ils sont souvent très vieux, pas entretenus, très fragiles, avec des risques de rupture en cas de cru qui sont majeur. Bon, je parle pas de l'obligation normalement de les déclarer en système d'endiguement puisque vous savez qu'il y a un décret qui normalement oblige le maître d'ouvrage, le géapien, à le déclarer en système d'endiguement. Il y en a 350 existants.
Je crois que depuis le décret qui est sorti, il y en a, je crois moins d'une dizaine qui ont été déclarés. Sachant que chaque dig déclaré, ça coûte à peu près 100000 € d'études diverses. Donc vous voyez bien qu'on est dans quelque chose qui est totalement irréalisable.
Euh les systèmes d'anticipation d'alerte de gestion des crises. Alors, elles sont fondamentales sur ce type de secteur. Vous l'avez vu, on est exposé, on a des risques forts, on a des boucliers qui sont assez fragiles.
Donc, on a l'obligation d'être très bon dans l'anticipation, l'alerte gestion de crise. Or là, évidemment, on est souvent sur des territoires où il n'y a pas de structuration forte. Paradoxalement, les GMAPiens ne se sont pas organisés. fonctionne chacun de leur côté, essae de faire des choses mais on est sur des niveaux de fiabilité qui restent quand même très en dessous de ce qu'il faudrait atteindre pour pouvoir gérer avec un minimum de sérénité des épisodes de ce type-là.
Euh la par exemple la les modalités de mise en œuvre de processus de gestion de crise sur certaines intracommunalités n'existent pas du tout. Voilà. Donc là aussi, c'est des situations qui peuvent être assez préoccupantes.
On connaît assez mal les infrastructures vitales. Qu'est-ce qui est nécessaire pour que le territoire survive ? Les routes principales, les réseaux, est-ce qu'on peut voilà, comment est-ce qu'on peut continuer à voir de de l'internet ou du téléphone sans fil ?
Et la capacité de résilience évidemment bien elle est comme on peut l'imaginer inquiétante puisqu'on pense que si on a un événement majeur, le territoire va avoir du probablement du mal à s'en remettre avec probablement des routes qui vont être mises à mal, donc une capacité d'intervenir et de repartir, de refonctionner qui va être compliqué, des réseaux aussi qui risquent d'être détruits. Voilà, on a quelque chose là aussi qui est je pense un risque fort. Alors, tout ça vient évidemment d'un manque flagrant de moyens.
Vous savez que on est sur un système de financement de la taxe GMAPI qui est un maximum de 40 € par habitant. Voilà, vous avez peu d'habitants, énormément de risques. Donc évidemment, il y a un effet la ciseau qui est qui est énorme.
Il y a un accès à l'ingénierie difficile. Il y a très peu de de structures privées ou publiques compétentes dans le domaine torrentiel. Donc là aussi, les maîtres droites ont souvent du mal à mobiliser de l'ingénierie sur ces questions-là.
Il y a pas vraiment d'organisation globale sur nos territoires, sur cette partie de de territoire là. Donc il n'y a pas vraiment de stratégie globale. On est sur des actions.
Il y a beaucoup de choses qui se font. Les gens sont très motivés. Il y a des services qui sont plein d'énergie, plein de volonté, mais on est plutôt mu par des politiques d'injonction, d'opportunité ou d'urgence.
Il manque vraiment une vision globale pour prioriser euh essayer de déterminer puisque je ne suis pas bien protégé, ben je vais mettre le paquet d'abord sur ça et puis on va essayer d'avancer sur des choses un peu un peu structurées. Ça c'est des choses qui manquent. Ce qui fait que ça intervient un peu de partout.
Euh il y a beaucoup d'activité encore une fois beaucoup d'énergie mais on peut s'interroger quand même sur l'efficacité de de tout ça. Concernant la ressource en eau. Assez de vision prospective sur la ressource [grognement] localement.
On ne sait pas bien à quoi, à quelle sauce on va être mangé. Nous, on a fait ces premières études là, c'était quelque chose de complètement nouveau. Je rejoins madame Sandford, elle a tout à fait raison.
On connaît très mal les NAPES qui pourrait d'ailleurs être une ressource de substitution qui pourrait qui pourrait venir en aide de dans un futur plus ou moins proche. Pour la biodiversité, nous aussi, on a fait des sondages. À chaque fois qu'on demande qu'est-ce que la biodiversité pour vous, messieurs les élus ? 100 % des réponses, c'est toujours une contrainte. parce que c'est toujours vécu comme des injonctions qui empêchent de faire, qui m'empêchent d'aller enlever les matériaux dans les torents, qui m'empêchent de faire mes projets, qui m'oblige à faire des espaces de bon fonctionnement alors que là j'ai je n'ai qu'une plaine toute petite pour pour me pour me développer.
Et donc là aussi, je pense qu'il y a vraiment à changer de paradigme de changer ces approches très descendantes qui présentent la biodiversité comme quelque chose de contraignant, mal compris, avec du coup un très faible consentement à faire. Et [grognement] puis enfin évidemment une réglementation, je vais pas vous l'apprendre messieurs, madame les les sénateurs, qui est très peu adapté au territoire de montagne, on l'a vu sur les systèmes d'endiguement, on a vu sur le financement, on pourrait en parler sur plein d'autres sujets. On est sur des territoires qui sont effectivement qui font souvent les frais d'une d'uneunune réglementation de d'un corpus de loi qui n'est pas pensé pour ce type de territoire.
Hop ! Alors, je redescends donc quelques pistes. Ben, ce qu'on ce qu'on voit évidemment, c'est que c'est là où le risque est le plus fort, que les moyens sont souvent les plus faibles, clairement.
Donc, les pistes, ben oui, c'est revoir ce système de financement. Ça peut être une solidarité de bassin, une solidarité plus large de en tout cas voilà, je pense qu'il y a une vraie solidarité à mettre en œuvre. On l'a vu cette eau de la durance en tout cas chez nous, c'est ce qui permet la richesse euh de de l'économie, de la vie de toute la région.
Donc, il nous paraît assez normal qu'il y ait un retour de solidarité. Alors, il y a des des choses qui qui sont qui sont réfléchies. Euh, on pourra en on pourra en parler un peu un peu plus tard si vous le si vous le souhaitez.
Adapter la réglementation sur le système d'endiguement, je pense que c'est quelque chose qui est vraiment important. Ça n'est pas réalisable. Ça crée une insécurité et pour les services de l'État et pour les exécutifs de la de des des EPCI he qui sont qui sont les GMAPiens.
Donc probablement là aussi adapté cette réglementation par rapport à des territoires qui qui ont des contextes très très particuliers et puis l'adaptation d'un certain nombre de dispositifs. J'en ai parlé. Une piste nous qui nous paraît aussi importante, c'est d'améliorer les connaissances sur les effets du changement climatique.
C'est vraiment important de savoir à quoi demain on va avoir à faire. Sinon, on est on peut être capable de mettre en œuvre des stratégies qui vont s'effondrer dans 10 ans, 20 ans parce que les événements seront beaucoup plus forts que ce qu'on avait imaginé. Il nous semble aussi indispensable de mutualiser les moyens.
On peut pas, je pense, continuer aujourd'hui à travailler chacun dans son coin avec encore une fois beaucoup de bonnes volontés mais des moyens très limités. des personnes qui sont évidemment généralistes. Donc on ça ne permet pas de de pouvoir s'équiper de d'experts dans les différents domaines.
Donc la mutualisation paraît être aujourd'hui quelque chose qui paraît indispensable. Euh et puis enfin euh encore une fois euh je crois qu'il faut une carte, une boussole, une stratégie globale intégrée et opérationnel qui intègre les risques, la ressource, la biodiversité et qui ne soit pas faite pour on va dire pour cocher des cases, mais qui soit faite pour résoudre des problèmes avec un choix politique, un positionnement et une priorisation des problèmes. Et aujourd'hui, encore une fois, on est trop sur des actions basées sur des injonctions, des opportunités de financement, des urgences et voilà, on est un petit peu loin de de l'élaboration de quelque chose qui permettrait de limiter le risque d'avoir des pertes humaines et des dégâts majeurs sur ces territoires.
Merci beaucoup pour votre attention. Merci. Et on va on va poursuivre avec donc messieurs de la FNCR.
Euh je pas peut-être effectivement après enfin vous voyez mais c'est vrai qu'on a pas du tout à bord enfin on est vraiment sur la sur la montagne ce qui est logique du coup alors je sais pas si vous vous avez aussi une orientation enfin sur des problématiques aussi littorales puisqueeffectivement il y a quand même les deux textes montagne et littoral mais voilà je vous laisse je vous laiss merci monsieur le président mesdames et messieurs les sénateur euh bon il y a déjà effectivement beaucoup de choses qui ont été dites en particulier sur le le volet montagne. Je me permets quand même de de rappeler deux trois deux trois points quand même. Évid hein, les le le dérèglement climatique va modifier énormément de choses en terme de bien sûr de climat proprement dit, mais donc les conséquences sur l'eau, les conséquences sur l'habitabilité des territoires et y compris de montagne, même si on peut espérer qu'il y fasse un peu plus frais.
Euh pour le moment, c'est pas ce qu'on voit. Cela dit, euh ce qui ce qui est important, c'est qu'il va falloir s'y adapter. Il va falloir apprendre à vivre dans ces territoires qui vont être très fortement modifiés par ce par ce dérèglement.
Euh et ces changements, ils vont et ils impactent déjà, si on parle de l'eau, euh [gémissement] déjà les habitats isolés. Ça c'est un point que qui remonte beaucoup hein euh des tas de d'anciennes fermes de alors dont certaines ont été converties en résidences secondaires donc à la limite c'est moins grave mais il y a des résidences principales. Il y a aussi euh de de l'élevage, il y a des abrevoirs, il y a des qui ont toujours été alimentés par des sources.
Euh et on voit petit à petit la sécheresse de 2022, ça a été un petit peu le plus qu'un gros signal d'alarme, hein, enfin, il faut le prendre comme étant un signal d'alarme euh où ben beaucoup d'habitations isolées, beaucoup de ces ces lieux d'usage de l'eau, pas simplement potable ou pas simplement usage consommation humaine ont été tari, on voit nous multiplier y compris dans le massif central hein, et on parlait tout à l'heure des d'éponges ou de montagnes, château d'eau, ben même dans des zones de l'allié du puit de dô le le considéré comme étant un château d'eau, même là, il y a des difficultés, hein. Donc, il va falloir s'y adapter. Euh [gémissement] et c'est vraiment des projets de territoire dont il faut qu'il faut envisager.
C'estàdire que l'aménagement, le développement économique, le tourisme, l'agriculture, l'élevage peuvent pas se concevoir chacun en silo. Sinon, d'abord ça va être la guerre euh pour se battre pour ce qu'il y a comme eau disponible et pour évacuer ce qu'il y a comme eau en trop eux parce qu'il y a les deux. Euh et donc ça fait vraiment partie euh des clés et qui au-delà de la question euh oui, il y a besoin d'ingénierie, il y a besoin de connaissance, il y a besoin d'apport des scientifiques, euh il y a aussi besoin de remettre du débat politique et au au vrai sens du terme hein, c'estàd qu'il y a des arbitrages qui vont devoir être rendus, il y a des compromis à passer, il y a des transitions à gérer, il y a des compensations à trouver pour ceux qui vont être entre guillemets les perdants.
Euh et ça c'est c'est extrêmement important. Euh la deuxième chose sur lequel je voulais insister là-dessus, c'est que et ça va jusqu'au littoral hein, cela dit, tout ce qui se passe en haut, en matière d'eau, ça a une incidence sur en dessous. que ce soit euh pas assez d'eau parce qu'on en a trop prélevé, parce qu'on n' pas favorisé le le stockage de l'eau déjà dans les sols, hein, et et éventuellement avec des retenus si c'est nécessaire, hein.
Euh c'est aussi le le trop d'eau, on l'a vu, hein. Et donc si on freine pas, si on ralentit pas le fonctionnement des hydrosystèmes, on va avoir des épisodes de cru torrentiel et puis en dessous qui vont se traduire par des crus et des inondations tout court, hein, de plus en plus important. [grognement] Et puis également, il y a des problèmes, le le ces enjeux, c'est aussi la qualité de l'eau, hein, et on l'a évoqué à la fois qualité microbiologique qui va être accentué par des températures plus élevées.
Euh c'est des problèmes qui peuvent être liés à l'assainissement. Bon, c'est pas forcément en montagne qu'il est le meilleur alors que c'est pourtant les zones les plus sensibles, hein, les têtes de bassin. Euh c'est l'élevage, c'est des activités industrielles, c'est effectivement des des stockages plus ou moins contrôlés de résidu miniers, de de choses comme ça qu'on peut qu'on peut trouver.
Euh et cette gestion là, elle repose effectivement beaucoup sur l'amont, hein. Euh et c'est c'est le le troisème point sur lequel sur les les financements qui me semblaient importants. Alors je veux pas dénigrer le terme de de le terme de de solidarité.
Euh je je m'en méfie un petit peu parce que ça a tendance à être un peu moralisateur et et il me semble qu'il vaudrait mieux parler d'interdépendance et de reprendre finalement les fondements de la loi de 64 qui y compris sur la question du financement, il y a le principe entre guillemets responsable payeur, un pollueur, un préleveur. Il était aussi qui a intérêt à la protection, qui a intérêt à l'ouvrage et c'est un équilibre entre les deux. Évidemment, les personnes qui sont responsables de dommage, on est fondé à leur demander des indemnisation ou de les compenser ou de les éviter euh enfin éviter réduire compenser quoi.
Mais c'est aussi ceux qui vont bénéficier d'avoir de l'eau jusqu'à Marseille, d'avoir d'être protégé des inondations, de d'avoir une eau qui est utilisable. le le partage de l'eau, c'est c'est là encore hein, c'est le partage du pas assez, on le voit tout là, on l'imagine bien. C'est aussi le partage du trop, comment on ralentit, ce qui suppose qu'effectivement il y a des zones qui vont servir un peu d'éponge à la montroit on pollue quelqu'un pollue l'eau, ceux d'en dessous ne peuvent plus l'utiliser.
Donc c'est une c'est une appropriation qui n'est pas physique finalement, mais c'est une appropriation qui par l'interdiction d'usage des autres. C'est un peu trivial mais cracher dans un dans la soupière, ça empêche tout le monde. La soupe est toujours là, mais ça empêche tout le monde de la manger ou de la boire.
Donc c'est c'est ce principe d'interdépendance et cette reconnaissance de l'interdépendance, il doit jouer aussi sur des questions de financement. Euh effectivement la les ramener à l'habitant hein ou ramener au mèt c de d'euros au mè c euh bah évidemment les coûts sont infiniment plus élevés à la mont où il y a beaucoup de travaux et peu de population et des activités économiques. Ça dépend.
Les stations de ski génèrent encore pour un certain nombre d'entre elles de gros revenus, mais enfin globalement c'est pas les territoires les plus riches et en plus c'est pas forcément durable justement s'il y a pas cette conversion d'activité. Euh donc c'est eux qui ont les charges les plus lourdes et les plus grosses difficultés de de de mobilisation de financement. Donc ça veut dire qu'il faut effectivement reconnaître cette indépendance.
C'estàd qui et qui va se traduire aussi entre guillemets on va gérer mieux là-haut et ceux d'en bas ont moins de problèmes et et ils vont y contribuer financièrement. Alors il faut peut-être pas monter des usines à gaz euh mais il y a il y a un enjeu clair sur cette question [grognement] euh sur la la question qui est plus en lien avec le littoral. Euh là encore, on va retomber.
Ben bon, j'allais dire la loi littorale, elle était beaucoup protection des paysages, protection de l'accès à la mer et cetera. Euh aujourd'hui, ben le dérèglement climatique, il est là aussi, hein. Et le le retrait du trait de côte, euh les submersions marines, euh c'était pas enfin, on aurait peut-être pu s'en soucier euh dès la loi littorale.
On a vu avec les la tempête de Xintia et cetera enfin que tout n'avait pas été bien mesuré à l'époque mais en tout cas ça devient aujourd'hui le j'allais dire un des points clés quand même à la fois et là pour le coup il y a quand même un enjeu de solidarité territoriale c'estàd qu'on peut pas faire reposer toute la gestion et le financement de relocalisations sur la bande de population qui habite à 5 kilomè de de la mer il y a un enjeu bien plus bien plus large en terme de financement mais ça veut dire également euh trouver les bons arbitrages entre le le le ce qu'on va entre guillemets abandonner à la mer et les écosystèmes qui vont se redévelopper là-dedans, hein. et puis et donc sur des zones sur le littoral qui va falloir protéger enfin quelque protéger non pas de la montée des eaux mais protéger au sens de l'urbanisation et protéger de sorte que ça serve aussi d'amortisseur pour les autres parties de territoire là où c'est possible, c'est pas partout hein. Donc ça c'est un point clé.
Et puis on avait souligné aussi bon le gouvernement a un petit peu tendance à dire maintenant euh la GMAPI c'était les inondations et les submersions marines. Euh il rajoute maintenant la GMAPI c'est aussi le retrait du trait de côte. Euh là justement ça commence à faire beaucoup simplement pour les 40 € par habitant. de taxe euh mais justement tout simplement parce que là c'est c'est l'autre extrême.
C'estàd qu'on a les zones de haute montagne sur lesquelles on a quasiment personne et beaucoup de travaux. C'est vrai qu'en milieu littoral, on a plus de monde, mais alors les coûts de de protection, de relocalisation euh là encore par habitant, ils sont absolument exorbitants. Donc, il va falloir avancer là-dessus et et probablement dans les orientations de la loi littorale, c'est aussi voilà comment on va réserver enfin va faire de la réserve foncière pour permettre finalement à la à la mère d'avancer là où on n pas de possibilité raisonnable à la fois au niveau technique et au niveau financier de de freiner l'avancée de la mer.
Je sais pas si Pierre tu veux. Merci. Merci.
Bah, merci pour l'ensemble de vos interventions qui étai en plus complémentaire. Euh, monsieur le rapporteur, est-ce que vous avez des questions ? Oui, rapidement, merci d'abord de vos contributions riche et dense.
Je je reviendrai peut-être sur deux trois euh contributions que que vous avez formulé à nos débats en vous demandant peut-être de les préciser dans tous les cas, autant que vous puissiez le faire parce que les sujets sont complexes et il faut s'habituer aussi à pas avoir une expression simple sur des sujets compliqués. Euh ce qui est un exercice en soi pour un politique. Euh [grognement] vous avez fait appel Christian, tu as fait appel finalement une notion un peu de d'une loi globale ou intégrale certains diraient parce que c'est un peu à la mode euh pour en faire un sujet de société partagé puisque euh l'un d'entre vous a également indiqué le fait que il devait y avoir un sujet politique au sens noble du terme sur les préoccupations que vous vous avez exposé cet après-midi dans cette dans cette loi intégrale, dans cette loi globale, euh vous vous voyez quoi d'essentiel qui vous permettent à la fois d'emmener et d'entraîner la population sur ces enjeux et d'être dans un dans une échelle temps opérationnelle quand même à court terme parce que on a besoin d'être y compris sur du court terme, ne serait-ce que pour préserver les populations, préserver les biens euh être actif.
Comment vous voyez ce sujet global ? Je je remercie votre contribution. La question est pas facile, mais je je serais curieux de de de recevoir votre votre éclairage.
Ensuite, sur des sujets beaucoup plus précis, notamment les questions de financement. vous avez abordé les uns les autres la nécessité, je suis assez d'accord avec vous euh de travailler sur l'interdépendance euh qui qui passe évidemment par des outils financiers. Euh euh comment selon vous euh concilier ces objectifs globaux à long terme qui nécessitent des moyens financiers qui tant qu'il n'y a pas la catastrophe ne sont pas perçus comme étant prioritaires par les populations concernées ?
Quels outils vous évoquez tout à l'heure sortir du de la logique l'eau finance l'eau, la base le mètre c des consommations et cetera et cetera. Quel outil voyez-vous financier pour pouvoir travailler sur ces sujets et avoir un plan pluriéannuel décenal qui permettent d'apporter des solutions notamment sur les secteurs les plus exposés. Euh tu as Christian notamment sur la veille et l'adurance mis quelques quelques points saillants euh pour pouvoir effectivement être en situation de de pouvoir apporter des réponses opérationnelles et puis plus d'un titre, vous avez les uns les autres évoquer les problématiques plus de coordination d'ailleurs que [grognement] que vraiment de moyens d'ingénierie qui existent sur le territoire mais qui serait un peu épart et et coordonné.
Est-ce que vous pensez que cette organisation passe par de nouvelles de nouvelles organisations territoriales ? Euh est-ce que vous pensez que parmi les acteurs déjà existants, un chef de fil naturel pourrait apparaître comme étant celui qui peut coordonner ou celle qui peut coordonner ou pensez-vous que il faut trouver des systèmes plus souples qui susciteraient peut-être davantage l'adhésion des populations dans leur diversité à à ces enjeux ? Voilà les quelques éléments de de réflexion et de questions complémentaires.
Puis peut-être une dernière. Notre travail c'est d'évaluer le bilan des lois montagnes et lois littorales dans la boîte au outil législative existante aussi bien sur la loi littorale pour le red de côte les submersions marines que sur les problématiques de montagne. Quels sont les éléments selon vous qui euh dont vous dont vous ne disposez pas, qu'il serait nécessaire euh de de mettre en œuvre pour euh faciliter euh voilà justement le travail que que je viens de récapituler à travers vos contributions et à travers euh nos engagements respectifs.
Je vous remercie. [raclement de gorge] Je sais pas est-ce qu'il y a ce que vous avez des questions pour prendre global et puis du coup les laisser répondre mais s'il y en a pas il y a pas Vas-y vas-y vas-y Oui. Merci merci beaucoup pour vos éclairages.
C'est bien pour la mission et c'est bien aussi pour les enseignements qu'on peut en tirer pour nos propres territoires. Et je viens d'un territoire qui est une toute petite montagne et c'est aussi une petite mer puisqu'il s'agit de la Bretagne. Et donc nous concentrons aussi chez nous, je dirais l'ensemble de ces problématiques.
D'abord, nous n'avons pas d'eau. Non, mais je je connais, j'accepte le sourire, mais nous n'avons que des autres surfaces. En tout cas, la grande dominante est celle-ci puisqu'il s'agit d'un massif granitique je ne développe pas.
Donc rareté de l'eau. Deuxème avantage que nous avons, nous avons été pauvres avant tout le monde. C'est un avantage puisqu'en 76 nous n'avions plus d'eau.
Donc il a fallu créer les conditions pour essayer surmon surmonter cette difficultélà. On a créé un syndicat départemental d'alimentation en eau potable. Nous l'avons fait au niveau départemental, pas parce qu'on est meilleur que les autres, mais parce qu'on était confronté réellement à un problème.
Les autres départements ne l'ont pas fait. Donc vous voyez, quand on aborde la question territoriale, c'est pas un sujet si simple que ça. Troisème remarque en terme de solidarité, il pleut à la campagne mais on fournit de l'eau à la ville.
C'est une réalité objective. Il s'agit pas de remettre en question l'endroit où il pleut. Mais par exemple chez nous, là où il pleut, c'est à la campagne et là où l'eau est la moins chère, c'est à la ville.
Donc les contraintes environnementales et autres qu'appelle finalement la fourniture en en eau potable, c'est la campagne et la ruralité qu'il assume pour le bénéfice de tout le monde. Mais voyez-vous, ça pose une question. Voilà.
Et enfin une dernière chose en matière de réserve d'eau aux conditions d'aujourd'hui selon les quelques petites évaluations qu'on a pu faire, il nous manquerait à peu près aux conditions d'aujourd'hui. Je ne parle pas des incidences du réchauffement climatique, de l'augmentation de la population et cetera. Il nous manquerait à peu près par an une réserve de 52 millions de m c d'eau, ce qui représente quand même une retenue relativement substantielle.
Vous voyez ? Et je ne suis pas sûr que nous abordions toujours la question de l'eau dans son universalité, vous voyez ? et je n'aborde pas le sujet du traitc qui évidemment nous affecte aussi un petit peu.
Donc on concentre les problèmes, on recherche les solutions, d'où l'importance de la mission qui est conduite puisque j'en attends beaucoup. Alors c'est plus, j'allais dire je vous interpelle beaucoup plus pour vos expertises que pour prétendre pouvoir dire comment il faudrait faire. Si vous avez des éclairages, j'en suis preneur évidemment.
Merci. Je je peux ajouter comme ça après vous vous répartirez le les réponses et le [grognement] Non, je trouve que dans ce qui ressort et dans ce qu'on voit en fait, c'est effectivement la la complexité en fait et la nécessité d'arriver à voir ça un petit peu de manière de manière globale. Et en fait ce que je m'aperçois dans le débat politique, enfin en tout cas c'est vrai qu'on a quand même tendance et là je parle collectivement en fait he voir un débat assez stérile pour ou contre des bassines pour ou contre des retenus collinaires.
Enfin voilà et que ça se résume à ça. Je veux preuve he on va avoir deux textes. Le le texte sur je sais pas comment on peut l'appeler mais en fait sur la loi montagne ou la modification le seul élément le seul article qu'il y a sur l'eau, c'est en gros comment on facilite les retenus collinaires.
Et je dis même pas si c'est bien ou pas bien, peu importe, mais je veux dire du coup voilà, c'est l'élément voilà, mais il y a pas de discussion plus globale sur bah la complexité que vous avez tous démontré en fait et comment justement on a une gestion la gestion publique aussi de l'eau, je pense parce qu'il y a un vrai sujet aussi autour de autour de ça. Et mais je on a fait un peu pareil dans dans le questionnaire qu'on avait envoyé aux communes. Bah en fait l'eau oui alors on a parlé quand même un peu de sobriété mais on se dit bah voilà les réponses c'est quoi ?
Et et en fait pas forcément de j'attends pas forcément de réponse mais en fait comment justement on peut mieux pourrait mieux réfléchir à une méthode de se dire bah oui dans ces territoires là je parle plutôt des territoires de de montagne parce que là on voit vraiment les les problématiques qu'on peut avoir avec la la multiactivité quoi à la fois à la fois le pastoralisme l'élevage bon bah le tourisme avec station de ski il peut y avoir de l'industrie aussi l'entreprise les les la consommation consommation humain et comment justement prenant ça de manière plus globale quelle solution on peut apporter euh je dirais entre guillemets intelligente en fait du coup qui et et qui permettent justement d'avoir un impact peut-être différent sur du moyen et sur du long terme. Ce que je trouve intéressant dans ce qui a été dit, c'est que sur par exemple le pastoralisme et les problématiques d'eau, c'est vrai que on parle beaucoup de bon sens dans notre dans notre Sénat et que c'est vrai que souvent des dispositifs assez peu coûteux en fait, assez faibles sur les sur les alpages et c permettent justement à la fois de pouvoir conserver l'eau, de mieux de mieux la gérer et qu'on est pas obligé de passer par des choses complèt enfin très très importantes. Et c'est ça en fait voilà comment on peut arriver à tisser ça pour pas qu'on on tombe en fait dans dans des discours très voilà pour ou contre tel ou tel équipement et que la réponse en fait soit toute faite et qu'on ait en gros le camp de ceux qui veulent réfléchir pour l'eau et ceux qui sont contre.
Comme j'ai encore entendu moi ce weekend en me disant le fait de comment dire de se poser des questions sur une retenue, c'est être contre l'eau et donc contre l'agriculture. Non, c'est c'est avoir une réflexion sur comment justement on gère cette eau parce qu'on voit que c'est très très complexe. Je sais pas qui veut commencer du coup dans les différentes Je vous laisse le temps que vous choisissez parce que j'ai j'ai un sachant sur Serponçon et sur la ville d'urance inégalé he la personne de Christian Dodoli. les les les 52 millions de mètres cub dont tu as besoin sur la Bretagne, c'est 2 m de hauteur du lac de Serpenson.
Voilà. Donc c'est voilà, il faut la transporter mais voilà c'est toujours c'est toujours avoir des des des points de repère pour relativiser les difficultés ou les les sujets et je trouve que c'est c'est bien de l'avoir à l'esprit. Allez, je il en faut un, je me lance et puis non.
Alors beaucoup de questions. Moi je bon un constat qui est certainement pas universel, je ne sais pas s'il est réplicable. Nous ce qu'on a pu voir enfin moi qui m'a beaucoup frappé lors depuis maintenant 2 ans qu'on travaille vraiment de manière assez importante sur ce territoire, c'est qu'en fait aujourd'hui on est dans une espèce de euh de schéma d'outil en fait.
Euh on a les défenseurs des SFN qui disent il faut faire des SFN. ça devient une fin en soi. On a effectivement les pour les bassines, les contre les bassines.
On a les il faut faire des espaces de bon fonctionnement à tout prix. Il faut faire de la restauration physique, faut réélargir la rivière et en fait on a il faut faire des primes, il faut faire ceci, il faut faire cela. Donc, on a un tas de dispositifs plus ou moins descendants avec les pour, les contres et qui finalement ne sont que des outils.
Moi, je je suis très frappé quand je pose la question au défenseur d'FN que je trouve effectivement être un outil très intéressant. Je je suis très souvent frappé dire "Mais pourquoi vous voulez faire des SFN En fait, j'ai envie de dire parce que c'est à la mode. Voilà, à l'époque, on nous parlait de ralentissement dynamique, on nous a parlé enf il y a eu plein de thèmes comme ça et je pense qu'il faut passer de il me semble he enfin c'est de cette espèce de d'affrontement au final des pour des contrees un certain nombre de de il faut faire ceci, il faut faire cela.
Mettons-nous autour d'une table et regardons. C'est ce qu'on a essayé de faire quels sont les problèmes du territoire, comment derrière des élus se positionnent. Moi je suis entièrement d'accord.
Il faut que les le débat il se repolitise aujourd'hui. Il est trop aux main de technicien, c'est pas possible. C'est un débat qui est technocratisé.
Les élus souvent voient passer les choses et se sentent pas de toute façon armé pour pouvoir prendre position. Il me semble qu'effectivement il faut qu'il y ait un positionnement politique. Il faut que les strates techniques de l'État de nous puissions éclairer les choix qu'il y a à faire.
Nous, c'est ce qu'on a essayé de faire. porter des choses assez pédagogiques que les élus puissent s'approprier et qu'ils décident entre les 1000 compétences qu'ils ont quelle est l'ambition politique qu'ils peuvent avoir sur ces différents aspects. Je pense que ça serait beaucoup plus euh efficace.
Ça nous permettrait ensuite de choisir quels sont les outils les plus adaptés. Il y a pas de d'outils qui sont des outils bons ou des mauvais. Il y a des outils adaptés ou des outils qui le sont pas.
Parfois les SFN c'est une très bonne idée et parfois je le dis c'est une très mauvaise idée. Parfois les bassines sont de très mauvaises idées. C'est de la maladaptation et parfois effectivement ça peut être une bonne idée.
Ça peut permettre du soutien des tirages lorsqu'elles sont fait intelligemment pour capter les eaux à l'automne. On peut faire des choses intelligentes. Donc arrêtons de se mettre les uns contre les autres sur chacun des choses que l'on que l'on veut défendre.
Mettons-nous plutôt ensemble. Il faut que le politique il soit remis au centre. Et ça on le dit mais dans les fêtes, c'est jamais fait.
Moi, j'ai des certains services de l'État qui nous ont reproché de donner trop la parole aux élus parce que les élus ne disent pas ce que voilà ce qu'il faudrait dire. Mais il faut repolitiser cette questionlà. Moi, il me semble et une fois qu'elle sera repolitisée, on pourra avoir un débat avec les citoyens et moi je suis sûr qu'on pourra faire ce qu'on arrive pas à faire aujourd'hui, c'est-à-dire si on prend la biodiversité de la protection de la biodiversité parce qu'il y aura un consentement à payer pour faire.
On verra pourquoi on le fait. Nous, on a commencé à le faire avec certains élus, on les a réunis la semaine dernière. On leur a expliqué pourquoi ça valait le coup d'investir sur la biodiversité, que ça n'était pas qu'une contrainte sur leur territoire parce que c'est aussi facteur d'attractivité parce que c'est un un patrimoine national dont ils sont détenteurs.
Et quand on aborde les choses comme ça, je vous garantis qu'on peut plus se projeter sur un programme où on ne met pas la biodiversité contre la protection des biens, contre la ressource. Voilà. Mais il me semble qu'il faut repartir sur du bon sens sur ce mettre alors je sais pas comment l'appeler un programme, une stratégie, un plan d'action euh avec des élus qui décident, qui choisissent et qui soient derrière priorisés en fonction des besoins du territoire et pas de la dernière doctrine qui est sortie ou de la dernière mode que l'on voit.
Ça me paraît fondamental surtout sur ces territoires là où les moyens ne sont pas très élevés. Donc il faut vraiment arriver à faire les bons investissements. Après sur l'organisation, on est condamné à travailler ensemble.
Aujourd'hui, je ne vois pas comment il est aujourd'hui possible de travailler les uns de leur côté. Ça me paraît complètement euh irréalisable. Exemple, l'anticipation, la gestion des crues.
On a aujourd'hui des outils qui sont complexes. On peut utiliser l'IA, on peut utiliser plein de choses. La science a fait beaucoup de progrès, les calculateurs aussi.
On est capable d'être très bon en anticipation et en gestion de crise, mais personne ne peut le faire dans son coin. Ça passe obligatoirement par un travail en commun. Et c'est vrai pour à peu près tout.
Travailler sur une vision de la vulnérabilité de votre territoire, travailler sur une priorisation globale des risques. Je vois pas comment on peut travailler chacun de son côté. On va de nouveau être amené, si on fait ça, à être dans un régime de l'action.
Encore une fois, je l'ai dit hein, par l'opportunité, par l'urgence parce que là, on a un bout de financement, il y a un peu de fond vert là tiens, il y a un programme feder, je vais le choper, je vais faire des choses. C'est comme ça aujourd'hui que ça marche. Donc je je moi je pense qu'il faut effectivement politiser, il faut avoir un schéma d'action qui soit ancré dans la réalité, qui soit pas descendant, qui soit plutôt ascendant, j'ai envie de dire, avec l'État partenaire mais pas forcément tout le temps prescripteur.
Et il faut effectivement un modèle financier. Alors là, moi je saurais pas le dire. Il y a il y a deux grands modèles qui sont discutés.
Il y a soit celui alors je sais pas si c'est la solidarité mais enfin une forme de de d'équité ou de bon je moi je l'appelle solidarité he mais on peut l'appeler comme on veut qui est que on élargit l'assiette. On le voit sur le bassin de la durance. Si on élargit on a une métropole ex-Marseille qui a la taxe GMAPI fixée à 10 €.
Ils ont plus de 20 millions d'euros par anche. Ils savent pas toujours comment les les dépenser et en amont certains territoires ont 40 € par habitant et ça leur paye même pas le les coûts de fonctionnement et les études. Donc il y a peut-être quand même des choses à à à imaginer de ce côté-là.
Et puis euh l'eau paye l'eau. Bon, nous on a fait une étude économique par le Crédoc sur l'utilisation de l'eau de la durance. L'eau de la durance, c'est 100 millions de valeurs ajoutées par an qu'elle permet de de générer à l'échelle de la région à travers l'industrie, à travers toute l'économie.
Bon, il nous faudrait un pouème de ça en remonté pour régler tous les problèmes du territoire. Donc est-ce qu'il y a pas à jouer peut-être sur les deux tableaux ? Un un élargissement de l'assiette de calcul de la taxe GMAPI, pourquoi pas ?
Associé éventuellement à un retour de la richesse qui pourrait être ramené sur la mont. Ça pourrait être des pistes qui qui pourraient être ma fois intéressantes pour commencer à faire des choses qui vont dans le bon sens. N'attendant pas la catastrophe, elle va arriver.
Je pense qu'on pourra pas dire qu'on savait pas. Euh je pense qu'il faut vraiment qu'on s'arme. Ce terme n'est peut-être pas très heureux.
Il faut qu'on s'outille pour arriver à faire face à des catastrophes qui vont arriver et qui risquent de créer vraiment des gros dégâts. Voilà, ça répond partiellement à tes questions à Michel. Qui souhaite poursuivre ?
Allez, je veux bien essayer de de répondre, j'ai l'impression en nous écoutant enf ça retenti avec ma pratique. C'est-à-dire que en fait, on est entre effectivement des des luttes de paradigme où vous évoquez voilà les solutions hydrauliques et les solutions fondées sur la nature et cetera. Enfin voilà le les débats, les postures et puis euh les règles, les règles, les modalités, les planifications.
Et moi, je suis entre les deux, c'est-à-dire j'agis sur ce qu'on appelle en système en dynamique des systèmes, la capacité d'autoorganisation des systèmes. Donc l'idée c'est c'est de se dire il faut pouvoir intervenir avec les gouvernances telles qu'elles sont à des échelles territoriales où on arrive à utiliser la connaissance située des gens, enfin les impliquer. C'est c'est pour ça que je parlais d'unité hydrologique cohérente en disant on doit mettre mettre pour mettre l'humain là-dedans en fait il faut qu'il soit se il faut qu'il voit il faut qu'il voit les changements.
Il faut qu'il les il faut qu'il les ait vécu. Moi quand j'interviens, je je je regarde d'abord le passé le passé assez récent, c'est-à-dire les cin dernières années et parce qu'en fait et on voit déjà des points de bascule et on prend conscience de chos si bien que voilà sur une démarche de pastoralisme, un agriculteur dit "Moi, je suis capable, OK de faire d'adapter mon estive avec des petits aménagements et j'ai compris que ça servait à rien d'avoir une un Goya parce que de toute façon, j'aurais pas de fourge et donc je montrai pas mes bêtes de toute façon." Donc voilà.
Donc en fait en en embarquant donc c'est c'est à la fois donc c'est un peu un un défi à la fois de réussir à descendre au plus près du terrain et on peut le faire avec des coordinations un peu plus larges. Ça nécessite quand même dans ces organisations et il y a il y a plor de gouvernance sans doute à travailler sur le les méthodes d'ingénierie. Euh alors on manque d'ingénierie technique mais on manque aussi cruellement de d'ingénierie de d'animation et et pas seulement mettre tous les gens autour de la table.
C'est sans doute une des une des solutions qui qui bloque assez vite dans les sujets complexes justement parce qu'on prépare pas le terrain. Euh donc voilà, cette loi globale, je dirais c'est c'est une loi étirée entre un terrain qu'on doit pouvoir chercher aller chercher parce que d'expérience en fait les gens sont là en fait quand on les quand on vient les chercher, ils sont là et on sort très très vite des des dogmes et des et des luttes idéologiques sur le financement. Bon, moi je j'évoqué l'assurabilité des laabilité des territoires et puis cette notion à un moment donné de savoir peut-être il y a des choses à lesquelles il faudra renoncer, peut-être il y a des choses qu'il faudra déconstruire.
Et la question c'est bon les les assurances se posent énormément de questions sur de la modalité de de financement des assurances, mais comment on valorise le renoncement en fait ? Comment on valorise la déconstruction ? Comment est-ce ça ça a une valeur ?
C'est-à-dire que quels sont les coûts évités et cetera. Donc c'est aussi penser coût évités. Moi, je pense qu'il y a il y a une vraie réflexion là-dessus et que je pas j'ai pas la solution, mais en tout cas, il y a une réflexion.
Puis euh 2e max axe de de financement qui existe partiellement hein pour les les euh les paiements pour services environnementaux, par exemple pour euh l'agriculture, peut-être étendre et pousser ça un peu plus mais là aussi sans sans dogmatisme en disant j'ai un dispositif sur lequel je vais aller cocher des cases Excel pour pouvoir y prétendre. Non, c'est pas ça en fait. C'est un peu le défaut de nos de nos dispositifs un peu descendants où finalement on a des effets d'opportunité qui sont pas toujours très bien situés dans le terrain sur le terrain.
Donc je crois qu'il y a des choses qui existent en fait. C'est pas tout réinventer mais c'est peut-être de les de les remettre un petit peu en en harmonisation avec toujours ce ce cet ancrage d'animation territoriale. Et justement vous parlez de la coordination locale euh qui doit être chef de fil et cetera.
Moi, j'observe que en fait tous les territoires sont inondés d'injonction entre des PPR, des schémas des recteurs d'alimentation, des leçage et cetera. Il y a plétor d'outils, je dis pas qu'ils sont pas utiles, mais j'ai c'est autant d'opportunités à ouvrir la à déplier la complexité vraiment. Et voilà, c'est pour ça moi je j'utilise cette image du cheval de 3 ou du pied dans la porte.
C'estàd il y a une problématique issue d'une planification qui vous est imposée en plus sur des cahiers décharges qui sont hyper cadrés. Vous sortez du truc, l'État vous vous tire les oreilles et cetera. Enfin, je suis désolé de le dire ici, mais c'est un peu ça, c'est on on a on a c'est presque l'aventure de sortir des cahiers des charges, quoi.
Donc à un moment donné là, il y a quelque chose qui est qui est pas du tout souple et pas du tout ouvert à à l'expérimentation technique déjà. et de se dire sur ces planifications, ces ces documents obligatoires, bah les schémas directeurs d'alimentation, par exemple, il y a peu de schémas qui prennent qui font la la prospective climatique. Alors, on rajoute des plans de gestion de la ressource en eau.
Alors, on rajoute des plans territoriaux. On multiplie des gouvernances et vous le savez mieux que moi, moi aussi je suis les locals. Les sollicitations des élus, vous parliez effectivement de l'implication d'élus, il faut arrêter de les maltraiter les élus.
C'est-à-dire, ils sont présents sur une quantité folle de de de lieux de gouvernance et de comité de pilotage. Bah, profitons-en et concentrons parce que voilà, mais ça nécessite en en amont de la coordination technique aussi. Euh et sur les réglementations, bah c'est justement peut-être faciliter cette porosité administrative de compétences entrée des plans.
Enfin, j'ai pas trop je suis pas trop euh trop trop à l'aise sur ces ces enjeux réglementaires. Puis le peut-être le dernier point sur euh, on va dire cette idée en fait des solutions. Je crois qu'on regarde mal en fait globalement on a on a nous nos habitudes, ben je parlais du m cube mais en fait on regarde des objets, on a du mal à évaluer la la santé d'un cycle de l'eau. par exemple à dire c'est quoi la santé d'un cycle de l'eau en montagne par exemple c'est j'ai pas j'ai pas la solution mais justement changer de regard en tout cas déployer cette cette logique systémique en fait et moi c'est ce que j'observe sur tous les territoires qui se qui arrivent à prendre des des des trajectoires un peu un peu alternatives c'est ils me disent tous ben en fait c'est l'ouverture de des interdépendances justement mais comment on les matérialise parce que c'est c'est facile de dire la mont et la val mais c'est beaucoup plus complexe que ça mais ça ça se traite en fait.
On a on a on a des capacités à mieux voir la complexité des choses. Voilà. Moi c'est petite contribution, je vous laisse peut-être quelques quelques éléments.
Effectivement, on a des tas de boîtes à outil et il faut justement apprendre à savoir quels sont les bons outils au bons endroits plutôt que de d'avoir une espèce d'injonction. On l'a vu sur la tarification de l'eau potable. Le le président lui-même a dit qu'il fallait faire de la tarification progressive.
Il y a peut-être des endroits où c'est bien, mais il y a des endroits où il y a d'autres choses à faire. Enfin, il y a pas un truc national à faire partout pareil. Euh, il faut la différenciation.
Il faut de la différenciation. Il faut euh et puis il faut laisser voilà, il faut laisser des marges de manœuvre, hein. Euh des marges de manœuvre aussi sur les diagnostics et donc sur les objectifs.
C'està-dire que quand les outils deviennent les objectifs, bah de toute façon, c'est perdu d'avance. Euh quand on on s'affranchit de diagnostic parce que on fonce tête baissée sur une solution euh c'est aussi perdu. Et effectivement on a des échelles de poupée russe hein euh et puis qui se chevauche un peu.
C'est c'est clair que c'est pas simple mais c'est pas en disant on veut voir qu'une seule tête et un seul périmètre un seul on l'a vu avec les EPC à fiscalité propre. Bah c'est pertinent sur certains trucs. Ça l'est pas sur d'autres. vous vouloir tout mettre euh j'allais dire des tas de formes différentes.
C'est comme les jeux pour enfants avec les triangles, les cubes, bah euh voilà, vouloir tout faire rentrer dans un même moule euh ça ça a quand même beaucoup de chance de rater. Euh ça conduit effectivement aussi pas mal, on parlait des copiles et de la multiplicité des copiles en plus qui sont souvent très descendants. C'est-à-dire que il y a il y a un problème de reconnaissance de l'expertise d'usage, hein.
C'estàd est-ce que sur un territoire il y a des gens qui ont vécu des choses, il y a des gens qui ont leur propre diagnostic, ça veut pas dire qu'il est bon, mais mais si on l'écoute pas, on risque de passer à côté. C'est c'est pas simplement une logique d'acceptabilité des projets au sens comme si on faisait du marketing de projet. C'est c'est c'est réellement la conception du projet en associant les personnes intéressées aux plus proches.
Et puis après, ben justement, il y a des échelles différentes. L'alimentation d'eau de Marseille dépend de la durance et et Marseille décidera pas seul de ce qui se fera là-haut. Mais mais par contre, il y a des tas de choses qui peuvent se faire au niveau local.
Je voulais revenir aussi justement et voir aussi comment on peut parfois dévoyer complètement des outils. Il y a les la mission du du préfet Bich qui avait été conduite avec Luc Servant qui était VP de de des chambres d'agriculture et Florence Denier Pasquier qui était de FNE qui a abouti à une instruction sur ce qu'on a appelé les projets de territoire pour la gestion de l'eau. et et si on regarde ce qu'il y a dans l'instruction de 2019, si on regarde ce qu'il y a dans l'intr 2023, si on regarde les guides qui ont été faits, et ben on on voit que bah c'est c'est c'est intelligent euh faire des diagnostics partagés, des besoins en eau, la ressource disponible, la prospective à long terme, de voir qui dispose de quelle marge de manœuvre.
On peut faire de la sobriété, on peut économiser de l'eau, on peut consommer moins d'eau potable. Euh on voit en Bretagne où on a un peu travaillé avec les la chambre de commerce et l'industrie dans l'agroalimentaire. Euh ils ont déployé plein de solutions de de recyclage de l'eau et bon à la limite ils l'ont pas ils l'ont pas fait pour la beauté de la nature.
Ils l'ont fait parce que s'ils ont pas d'eau, ils perdent leur chiffre d'affaires, hein. C'estàd que si ils sont en restriction d'usage, c'est de la production en moins et puis c'est tout l'impact. C'est de l'agroalimentaire.
Ça veut dire qu'ils achètent pas le lait. Ils vont pas acheter du lait si c'est s'ils peuvent pas le en faire du beurre ou du fromage. Ils vont pas acheter de la viande s'ils peuvent pas nettoyer les abattoirs.
Donc c'est c'est tout l'écosystème et et donc leur approche, elle a été elle est pas dogmatique au sens et comme on le voit un petit peu trop PTGE égale une retenue, c'est un panel de solution par rapport à un panel de difficultés et démarche de manœuvre des uns et des autres. Il faut après, c'est pas simple d'arriver à mettre tout le monde d'accord, à trouver des compromis, mais euh cette idée de départ qui est de regarder tout ce qui est possible sans j'allais dire sans a priori, hein, sans se mettre des des œillères et puis après de regarder bah qui peut faire quoi euh et il y a des endroits où il faudra des bassines où il faudra des stockages, des retenus collinaires, il faudra et des endroits il y a des marges de manœuvre pour faire des économies, pour consommer moins. hein euh pour recycler.
Enfin, c'est voilà, c'est cette logique là et qui nécessite effectivement de mobiliser les acteurs qui seront directement impactés, pas simplement de leur vendre derrière euh mettez des mousseurs à vos robinets pour sauver la planète. Enfin, je c'est c'est un peu caricatural dit comme ça, mais euh [gémissement] on parlait tout à l'heure de de reconnaissance de la biodiversité. Bah voilà, c'est aussi une valeur et celle-là, il faut la voir comment les gens peuvent y aller.
Et puis le dernier point sur les les là encore enfin c'est c'est quelque part de vous l'avez dit tout à l'heure de redonner de la valeur à l'eau et c'est pas que alors il y a une valeur économique hein 100 millions d'euros de de valeur ajoutée lié à l'eau, c'est pas c'est c'est pas rien. Ça peut pas être qu'une question économique parce que dans ce cas-là c'est celui qui va dégager le plus de valeurs ajoutées au mèt c qui va l'emporter. Enfin si on met l'eau aux enchères je crains que c'est pas les petits éleveurs de montagne qui auront de l'eau.
C'est pas voilà. Mais cette valeur, c'est pour ça qu'elle est pas que monétaire et il faut surtout pas qu'elle soit que monétaire. Mais je un des problèmes de y compris de mobilisation d'élus dans les commissions, alors il y en a probablement trop hein.
Puis quand on met 10 ans pour faire un sage, il y a un petit souci quand même. Mais euh [gémissement] on on je je l'eau a été très longtemps invisible. Alors bon, évidemment, quand il y a une crue, on y pense, hein.
Quand il y a une grosse sécheresse, on y pense, mais on oublie finalement assez vite. Euh et c'est vrai que l'eau n'est pas aujourd'hui, même si ça bouge un petit peu, au premier rang ni même au deuxè rang euh des priorités ou j'allais dire c'est enfin, je veux pas être désobligeant, mais des carrières politiques quoi. On fait pas carrière sur l'eau globalement hein.
C'est pas c'est pas une délégation sur lesquelles beaucoup d'élus se battent. Enfin, on l'a vu souvent dans des métropoles, dans des communauté. Euh le vice-président à ou la vice-présidente à trois derniers, hein.
Euh et ça, il faudrait enfin il faudrait arriver que ça change un petit peu. On voit que ça ça il y a des choses qui ont bougé avec la sécheresse, avec les problématiques de pollution, mais ça fait partie aussi de ça ça montre que finalement l'enjeu, il est pas encore complètement intégré dans les politiques publiques et dans la conscience collective des territoires. Ouais.
Allez, merci. Alors moi je tout à l'heure j'ai souri à la Bretagne parce qu'en fait je suis originaire de Bretagne plus que par rapport à ce que vous disiez et surtout il y a 25 ans quand tout à l'heure monsieur disait il y a 30 ans il avait travaillé sur les risques. Moi il y a 25 ans je travaillais sur les eaux souterraines dans le massif harmorique.
Donc les côtes d'armor je connais bien le c'est c'est bien de de [rires] là que vous parlez. Alors pour moi, c'est un peu différent. Je trouvais une analogie avec la montagne parce que les justement en en Bretagne, on a des petits acifers qui donnent des petites sources qui sont utilisées dans des villages, les agriculteurs également.
Et en montagne, on a les mêmes on a le même sujet en fait. On est également dans des petits acifers. Et en fait euh bah j'y vois une très forte analogie parce que il y a il y a il y a 20 ans quand j'y étais euh il y avait certaines personnes des hydrogéologues qui étaient un peu précurseurs à l'époque en Bretagne qui ont qui ont cherché à démontrer qu'il y avait des eaux souterraines.
Alors certes, c'est pas ces eaux souterraines là qui représentent le plus gros volume de l'alimentation en eau, mais elles sont là et elles existent. Et euh tout ça pour dire que euh quand je regarde les cartes du BRGM en fait qu'on a tous les mois à peu près sur les sur la sécheresse et sur les niveaux des nappes d'eau souterraine, si on prend les cartes en 2018, la Bretagne ne figurait pas. En 2019 apparaissent les premiers niveaux d'eau en Bretagne.
Pourquoi ? Parce que effectivement quand on a plusieurs petits acifères, c'est plus difficile d'aller instrumenter tous ces différents endroits. Donc il faut choisir lesquels seront les plus pertinents.
Aujourd'hui en 2026 si on regarde les mêmes cartes, je parlerai pas de la Bretagne puisque maintenant c'est équipé, il y a des niveaux. Si on regarde les Alpes et les Pyrénées, vous allez voir des zones grises. Pourquoi il y a ces zones grises ?
Pour les mêmes raisons qu'il y a 7 ans en Bretagne. Donc il y a c'est pour ça tout à l'heure que je parlais aussi du manque de connaissance. C'est cruel en fait. il y a un réel manque de connaissance des eaux souterraines et plus je vous entends aussi autour de la table euh plus ce manque de connaissance des eaux souterraines qui sont pourtant les soutiens d'étillage des cours d'eau sont très peu connus sont minimisés et pourtant c'est c'est bien cette eau invisible qui est qui est là pour alimenter les sources qui est là pour alimenter les cours d'eau et justement c'est la raison pour laquelle il faut absolument mieux la connaître et notamment dans les Alpes et dans les mais pas que.
Et puis aussi c'est souvent quand il est trop tard qu'on se rend compte que il y avait de l'eau et c'est pour ça que je parlais des galeries souterraines parce que les galeries hydroélectriques dans les années 60 ont entraîné des pertes de sources en montagne. Aujourd'hui, il y a des plus grands projets qui ont les mêmes effets et c'est comme si on naprenait pas des erreurs du passé. Et ça quelque part ça me voilà ça [rires] ça me prend au trip parce que j'ai l'impression qu'on recommence toujours la même chose en fait.
Et alors moi je sais pas forcément, j'ai c'est un constat, je sais pas forcément quelles sont les solutions euh mais je pense quand même que bon voilà, on a le BRGM qui est qui est là pour pour faire des grandes études pour pour les eaues souterraines, pour pour plein d'autres choses, pour la géologie et cetera. Je sais pas s'il faudrait pas les mobiliser pour que pour que ces eau souterraines soient mieux connues et puis mieux connu aussi du grand public parce que quelque part ce manque de connaissance des eaux souterraines pour moi, il vient aussi d'une méconnaissance dès le départ, c'est-à-dire au collège, au lycée quand on parle de l'eau. On a un petit schéma sur le cycle de l'eau qui représente pas grand-chose.
On a aucune idée des proportions. quand tout à l'heure je disais que les eaux souterraines c'était 5000 fois plus que les rivières à l'échelle mondiale bien sûr il avec les particularités locales, mais ne serait-ce que d'avoir cette idée là en tête, faire remettre les choses à leur place en fait et c'est vrai que la connaissance vraiment de l'hydrogéologie, elle apparaît que quand on fait des études supérieures dans ce domaine là ou dans les sciences de l'eau et cetera. Et ça quelque part peut-être que on aurait une meilleure implication des élus, une meilleure implication de de beaucoup de monde si dans le cursus scolaire euh bon peut-être que là c'est pas le le cadre mais je me dis quand même que si dans le cursus scolaire il y avait vraiment des notions d'hydrogéologie, on en serait peut-être pas là aujourd'hui.
Moi, j'ai souvent eu des stagiaires qui sont là qui découvrent ce milieu euh dans leurs études supérieures et ils se demandent "Mais pourquoi on apprend pas ça plus au départ ? Enfin voilà, je je finis là-dessus mais dit et ben merci. C'est c'est une très bonne conclusion. [rires] Non non, un grand merci à à vous toutes et tous pour euh parce que je trouve qu'à la fois en plus c'était très très complémentaire.
Donc c'est ce qu'on disait ce que je disais au début, c'est notre dernière table rond dernière audition sur la sur ce travail sur autour de la loi montagne et de la loi la loi littorale. Mais du coup pas pas la pas la moins intéressante et je pense que c'était important en tout cas qu'on ait ce ce voilà ce sujet. Euh et puis juste vous dire que du coup on remet rapporteur du coup son rapport le c'est 7 juillet.
Voilà donc du coup on s'approche en tout cas de l'échéance et évidemment on vous communiquera évidemment le rapport et l'ensemble des des préconisations. En tout cas merci pour votre présence et si vous avez des contributions écrites faire passer powerpo que j'ai fini. Ouais ouais on les a.
Mais en tout cas hésitez pas si même si vous avez des éléments complémentaires à transmettre, on estur pour voilà bah jusqu'à jusqu'à quand messieurs administrateurs et madames début de semaine prochaine. [rires] Mais si vous avez des choses, allez-y. Ouaiscup.
Merci beaucoup. Merci à vous soirée.
Guillaume Gontard