Les partis politiques respectent-ils l'intelligence des français ? - 1/4
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 9 %Attaque 80 %Défensif 11 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« « Les promesses n'engagent que ceux qui les croient ». Ça, c'est irrespectueux. »
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« « On respecte une promesse », ça veut dire qu'on regarde en arrière ce que l'on avait dit et que l'on se sent lié par une éthique morale pour tenir l'engagement que l'on avait dit. »
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« « L'Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d'égalité, de l'État de droit ainsi que de respect des droits de l'homme ». »
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« « Le principe d'attribution régit la délimitation des compétences de l'Union. Les principes de subsidiarité et de proportionnalité régissent l'exercice de ces compétences. » »
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« « En vertu du principe de subsidiarité (...), l'Union intervient seulement si et dans la mesure où les objectifs de l'action envisagée ne peuvent pas être atteints de manière suffisante par les États membres ». »
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« « Sarkozy, Merkel » sont « pour sauver l'euro ». Et notamment, ils sont convenus d'« assurer une meilleure gouvernance économique ». »
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« « Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément ». »
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« « Je suis désolé. Je ne peux pas mettre en œuvre le programme parce que mon programme était en lui-même contradictoire, parce qu'on ne peut pas être à la fois dans l'UE, accepter les traités européens et prétendre combattre la domination de l'oligarchie financière. » »
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« « Il faut aller au fond des choses ». »
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« « Nous disons fermement que la priorité pour l'Europe doit être la lutte contre le chômage, la préservation d'un haut niveau de protection sociale et la baisse des émissions de gaz à effet de serre ». »
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« « taxer les riches pour augmenter les recettes publiques des États ». »
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« « Garantir les dépenses en matière de protection sociale et d'éducation, et mettre fin au dumping fiscal par un impôt européen minimum sur les sociétés ainsi qu'un niveau élevé d'imposition sur l'héritage ». »
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« « Je vais désarmer la bombe du chômage des jeunes ». Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça ne veut rien dire. »
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« « Nous voulons sortir de l'UE par l'article 50 pour dénoncer l'article 63 qui autorise la libre circulation des mouvements de capitaux » »
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« « Créer de nombreux emplois, et de qualité, par la réduction du temps de travail » »
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« « Investir massivement dans les économies d'énergie et les énergies renouvelables (...) pour créer des millions d'emplois en Europe dans la transition énergétique » »
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« « Protéger les travailleurs européens par un salaire minimum » »
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« « Introduire une taxe sur les transactions financières de 0,1% » »
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« « Le peuple européen, ça n'existe pas » »
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(Musique) Les partis politiques respectent-ils l'intelligence des Français ? En préambule, je voudrais vous poser deux questions. Qu'est-ce que c'est que le respect et qu'est-ce que c'est que l'intelligence ? Le respect, c'est un mot qui vient du latin « respicere », qui veut dire « regarder en arrière ». Donc le respect, c'est l'aptitude à prendre en considération ce qui a été énoncé et admis dans le passé et à en tirer les conséquences dans le présent. Ainsi donc, on parlera du respect d'une promesse. Vous faites une promesse et après... Alors, il y a deux façons... Vous savez, il y a un homme politique célèbre qui avait dit : « Les promesses n'engagent que ceux qui les croient ».
Ça, c'est irrespectueux. « On respecte une promesse », ça veut dire qu'on regarde en arrière ce que l'on avait dit et que l'on se sent lié par une éthique morale pour tenir l'engagement que l'on avait dit. C'est ça, respecter une promesse. On dira aussi le respect d'un contrat, le respect des règles d'un jeu. On prend en considération, on n'oublie pas ce qu'on avait dit dans le passé et on en tire les conséquences dans le présent. Le respect est absolument nécessaire à toute organisation sociale, parce que c'est ce qui donne de la valeur aux règles et aux lois édictées dans le passé.
Si vous avez une organisation sociale où vous faites des promesses que vous ne tenez jamais, vous allez déboucher sur la violence et l'anarchie. Vous savez, c'est exactement comme des parents et des enfants. Si vous avez des enfants, je vous suggère, je vous conseille... Enfin, je suis pas le seul parent dans cette salle. Vous avez intérêt... Quand vous faites des promesses, vous les tenez. Que ce soient des promesses de... Voilà. Sinon, les enfants ne savent plus sur quel pied danser. Ils ne savent pas... Voilà. Il y a quelque chose de flou derrière. Pour avoir un peuple ou un enfant qui soit bien structuré, il faut qu'il sache quelles sont les règles du jeu et on s'y tient.
C'est ça, être adulte. Donc par son aptitude à se rappeler le moment où il s'est engagé à suivre ces règles et le sens de ces règles, chaque membre de l'organisation s'engage à s'y conformer, à les respecter. Alors je le dis notamment aux gens qui disent : « Finalement, vous êtes un parti comme un autre. Qu'est-ce qui nous assure que vous ne ferez pas le contraire une fois que vous serez élu ? ». Oui, bien sûr. Sauf que nous, on a quand même un certain nombre d'arguments à faire valoir. Nous avons une charte fondatrice qui précise exactement les objectifs de notre mouvement.
Cette charte, tous les adhérents sont censés l'avoir lue et approuvée au moment où ils adhèrent, de telle sorte que s'ils ne la respectent pas, nous sommes fondés à les exclure. C'est arrivé quelques fois. Donc tout le monde se tient à cette charte. Je suis moi-même tenu par cette charte. Si demain, je commence à dire : « Finalement, une autre Europe, ça serait peut-être pas mal », je recevrai des tomates et je recevrai 7 600 cartes qui me seront renvoyées dans la figure. Ils auront raison, les gens puisque je trahirai, d'ailleurs, cette charte. D'ailleurs, je pense que c'est le Bureau national qui me débarquera. Et il aura bien raison. Donc il faut qu'on se tienne sur des règles.
En fait, c'est un peu ce que Rousseau appelait le « contrat social ». C'est la vie en société qui doit être fondée sur des règles. Donc ça, c'est la première chose. C'est le respect. Et si on est dans une société où on ne respecte plus rien, ce sont des sociétés qui virent à l'anarchie, à la violence. C'est d'ailleurs exactement ce que l'on constate. Deuxièmement, qu'est-ce que c'est que l'intelligence ? L'intelligence est un mot également qui vient du latin, qui vient du verbe legere avec le préfixe inter-. Inter-legere, ça veut dire faire le lien entre des choses. Legere : faire le lien. Inter : entre, entre des choses.
Donc être intelligent, ce n'est pas être érudit, ce n'est pas être cultivé, ce n'est même pas être vif d'esprit. Être intelligent, c'est savoir faire le lien entre des choses différentes pour faire jaillir d'un seul coup une idée nouvelle. Sans le respect d'une éthique morale et de l'intelligence des citoyens, la politique devient une entreprise de pure manipulation mentale. Si on ne respecte pas, si on n'invite pas... Inviter les Français à l'intelligence, à exercer leur intelligence, c'est leur montrer des choses différentes mais leur montrer le lien qu'il y a entre ces choses. Respecter leur intelligence, c'est exactement ça.
Sans le respect des promesses faites, plus aucune déclaration, plus aucun texte n'a de valeur. Sans le respect de l'intelligence des électeurs, la démocratie perd son sens, vire à la dictature ou à l'anarchie. C'est ce que nous constatons. Alors les européistes... Avant de parler des partis politiques français, je voudrais poser la question : « Est-ce que les européistes respectent l'intelligence des Français et d'ailleurs des autres peuples d'Europe ? ». Je vous rappelle que dans le traité sur l'Union européenne (TUE)... Vous savez qu'il y a actuellement deux traités. Il y a le TUE. T - U - E. Bien trouvé.
Et l'autre, c'est le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE), le « t'es fou ». (Rires) C'est un moyen mnémotechnique. Vous avez le « tue » et le « t'es fou ». (Rires) Donc le TUE, vous avez en préambule : « Désireux d'approfondir la solidarité entre leurs peuples dans le respect de leur histoire, de leur culture et de leurs traditions ». Article 1 bis : « L'Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d'égalité, de l'État de droit ainsi que de respect des droits de l'homme ». Beaucoup de respect, hein ! Vous vous rendez compte. Dans les deux premiers articles du TUE, il est question trois fois de respect.
Alors est-ce qu'en fait, est-ce que les européistes respectent en effet comme ils l'annoncent, comme ils le clament l'histoire, la culture, les traditions, la dignité humaine, la liberté ? Alors on va regarder quelques exemples. Ça, c'est la campagne électorale du Parlement des jeunes pour les élections européennes de juin 2009. Comme on ne sait plus comment attirer l'attention des citoyens sur les élections européennes, les publicitaires se perdent en conjectures puisque – je le dis souvent – la construction européenne, c'est la première fois, dans l'histoire des hommes, qu'on a inventé un truc génial. C'est la dictature qui s'impose par l'ennui.
C'est tellement ennuyeux – c'est tellement emmerdant – de parler des traités européens. C'est tellement complexe. Essayez, un de ces soirs... dîner entre copains puis, comme ça, après l'entrée vous dites : « Moi, je voudrais vous parler des traités européens. L'article 38... — Non mais qu'est-ce qui se passe, là ? Qu'est-ce que t'as ? Ton mec t'a laissé tomber ou quoi ? Qu'est-ce que t'as, ce soir ? ». C'est comme ça que les gens vont réagir. Donc c'est un truc... Pour la première fois dans l'histoire des hommes, une dictature s'impose par l'ennui. Alors les publicitaires essayent d'attirer les gens. Et comme ils ont trouvé rien de mieux que ça, ce genre de publicité...
C'était pour inciter les jeunes à aller voter aux européennes en juin 2009. « Choisissez-les selon vos désirs ». C'est à ce niveau-là qu'est tombée l'Europe des prétendus pères fondateurs démocrates-chrétiens. Ici, j'ai montré la photo de Pie XII puisque Pie XII est quand même le pape de l'époque. Il était celui, d'ailleurs, qui a proclamé le dogme de l'Assomption de la Vierge dont découle notre fameux drapeau bleu aux étoiles d'or. Je me demande ce que Pie XII aurait pensé de ce genre de communication pour l'Europe. « Soumettez-les à vos désirs ». Ça, c'était Konrad Adenauer, qui est également un des pères fondateurs de l'UE. Oui.
C'était du 4 au 7 juin 2009: « Les Européens votent pour choisir leurs représentants dans la seule institution européenne dont les membres sont directement désignés par les citoyens », etc. Donc pour attirer l'œil de l'électeur, on essaye de lui faire une campagne de publicité comme ça. « Soumettez-les à vos désirs », « Pliez-les à vos désirs ». (Rires). C'est pas moi qui ai inventé la campagne de pub. (Rires). Alors ça, c'est Robert Schuman. Robert Schuman, c'est prétendument l'un des pères de l'Europe. Et là, c'est une hagiographie, c'est un livre qui a été publié sur lui. « Homme d'État, citoyen du Ciel ». Maintenant, ça serait presque citoyen du 7e ciel. (Légers rires).
Vous savez que Robert Schuman fait actuellement l'objet d'un procès en canonisation – rien moins – à Saint-Pierre de Rome. J'en parle dans un dossier. Il y a tout un dossier de trente et quelques pages sur notre site internet. Vous verrez comment on en est avec Robert Schuman qui, déjà, fait l'objet d'une adoration eucharistique. Vous trouverez les modalités pour adorer Robert Schuman si vous le souhaitez. Vous pouvez même faire, d'ailleurs... Si vous avez remarqué qu'un miracle a eu lieu autour de vous parce que vous avez prié Robert Schuman, il faut immédiatement prévenir... Vous avez une adresse internet.
Ça sera transmis au Vatican et si c'est effectivement reconnu comme un miracle, il deviendra à ce moment-là le... Il pourrait être proclamé bienheureux, puisque vous savez que c'est le premier stade avant de monter sur les autels de la Sainte-Église. On devient bienheureux avant de devenir saint. Voilà. Alors ça, c'était dans le même genre la campagne promotionnelle en Autriche pour la présidence de l'UE en janvier 2006. Pour attirer le chaland, en Autriche, ils avaient fait cette publicité qui est tirée d'un tableau que vous connaissez qui est « L'Origine du monde », qui est au musée d'Orsay.
Alors ça, ça avait été des placards qui avaient été mis, des trucs 4 par 3 dans toutes les grandes villes autrichiennes. Ça avait fait un peu scandale parce qu'on s'était dit : « Quand même, est-ce que vraiment, il n'y a pas un moyen plus séduisant d'attirer l'attention ? ». Puis c'est quand même à priori plutôt une publicité qui s'adresse aux messieurs qu'aux dames. Quoique, on sait pas. Et donc voilà. (Rires) Donc moi, je pose la question si vous voulez : « L'Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine »... (Rires). Bien. Alors ensuite, ça, c'était la campagne en Irlande pour le référendum de Lisbonne en 2008, les affiches appelant les électeurs à voter oui.
Donc : « Enlarge your opportunities. Vote yes to Lisbon ». Ça avait été lancé par les jeunes du Fine Gael. C'était donc le mouvement jeune de l'un des grands partis au pouvoir en Irlande. Ça veut dire : « Agrandissez vos capacités. Votez oui à Lisbonne ». Vous voyez le truc subliminal qu'il y a avec le boxer bleu aux étoiles d'or. Enfin bon, bref. Encore une fois, je n'invente rien. C'est pas moi qui fais un gag. C'est la réalité. Alors ils avaient décliné cette campagne. Ça, c'était donc pour les hommes et ça, c'était pour les dames. « Increase your prospects. Vote yes to Lisbon ». C'est-à-dire : « Agrandissez, élargissez vos perspectives. Votez oui à Lisbonne ».
Il s'agissait quand même de voter oui au traité de Lisbonne pour lequel les Irlandais avaient voté non. C'est pas de la gnognotte. C'est un truc très très important puisque le traité, c'est en fait la Constitution européenne qui a été rebaptisée traité de Lisbonne. Donc voilà le genre de campagne auprès... Vous avez vu ce qu'on fait en France, ce qu'on fait en Autriche, ce qu'on fait en Irlande – en l'espèce – pour inviter les gens à voter oui. Vous voyez le niveau de l'argumentaire. J'ai le sentiment que l'argumentaire de l'UPR est un peu, un peu plus étoffé, si j'ose dire. (Légers rires) Et alors dans la même série... Je suis désolé.
Il y a des gens qui vont peut-être être choqués mais je n'y peux rien. Donc les personnes choquées sont priées de fermer les yeux. Je dirai de les réouvrir tout à l'heure. Les moins de 18 ans, notamment. Voilà. Ça, c'est la campagne en Autriche. (Rires) Campagne promotionnelle à l'occasion de la présidence tournante – ça ne s'invente pas – (Rires) de l'UE en 2006 où l'on voyait – on se demande bien pourquoi, d'ailleurs – George Bush, la reine d'Angleterre et Jacques Chirac. À mon avis, ils auraient dû intervertir, d'ailleurs, les masques – bon – si on parle de géopolitique. (Légers rires) Oui, justement. C'est ça ou ça. Bon.
Alors c'est invraisemblable parce qu'honnêtement, ça a été des placards qui ont été... Alors « respect de l'histoire, de la culture, de la dignité humaine » montre comment les européistes traitent des traités européens. Ça a quand même fait scandale parce que c'étaient des trucs de 4/3 dans toutes les villes d'Autriche. C'est pas moi qui ai fait un photomontage. Vous voyez ici : « Alle EU-Porno-Plakate abmontiert ». C'est dans le journal Krone, donc autrichien. C'est toutes ces affiches – vous reconnaissez une d'entre elles – qui ont été démontées.
Ce qu'ils appelaient les publicités de l'UE pornos, parce qu'il y a eu des protestations d'un certain nombre d'Autrichiens qui ont dit : « Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? ». Et donc il y a eu un procès. Ils ont été obligés... Enfin c'est quand même quelque chose qui s'est réellement passé. Si vous voulez, ça n'est pas une histoire. C'est comme ça que dans un certain nombre de pays d'Europe, on essaie de vendre l'UE. On en est rendus là. Ça, c'est, en Ukraine, le calendrier qui a été diffusé en 2014 après le Maïdan pour vanter aux Ukrainiens le charme d'entrer dans l'UE. Donc ça, c'est ce genre de calendriers qui ont été diffusés très largement.
Là aussi, vous voyez le niveau des arguments. Il est assez faible, finalement. Alors il s'adresse plutôt au cerveau reptilien qu'au cortex cérébral supérieur de l'esprit humain. Alors moi, je dis face à ça : « Mais que sont devenus les gloires de l'Europe ? ». Parce que je connais – moi – des gens... D'ailleurs, j'avais été impressionné quand j'étais jeune. Il y avait des gens qui me disaient : « Mais quand même, comment peut-on être contre l'Europe de Platon, de Shakespeare, de Michel-Ange, de Cervantes ? », naninana, naninana. Bon. Alors oui, c'est très impressionnant. Voilà. Denis de Rougemont, etc... Vous savez, la mouvance démocrate-chrétienne de l'après Seconde Guerre mondiale, ...
Les gens m'impressionnaient. « Oui. C'est vrai. L'Europe... C'est vrai ». Mais pas du tout ! L'Europe, ça n'est plus aujourd'hui l'Europe de Platon, de Shakespeare, de Michel-Ange, de Bach, d'Anderson, Anderson, c'est un Danois, de Mozart pour l'Autriche, de Racine, de Chopin, de Van Gogh, à la fois pour les Pays-Bas et la France, de Kafka pour la République tchèque, etc. Aujourd'hui, l'Europe, c'est l'Europe de Michael Jackson, de Beyoncé et de McDonald's. Mais c'est ça, la réalité ! La réalité, c'est qu'allez demander aux moins de 20 ans : « Vous avez déjà écouté un truc de Chopin ? », « Est-ce que vous pouvez me citer une œuvre de Chopin ? ». (Bruit de bouche). « C'est quoi ?
C'est une marque de bière ? ». « Mais non, c'est pas une chopine. Chopin ». Et Michel-Ange ? Shakespeare ? Anderson ? On assiste en fait à la destruction de la culture des pays d'Europe pour avoir une espèce de sous-culture d'origine américaine. C'est ça, la réalité de la situation. D'ailleurs, que disait De Gaulle ? Pas obligé de le citer mais qui avait dit : (NDLR : « Dante, Goethe, Chateaubriand (...) en quelque espéranto ou volapük intégré »). La fameuse expression de « volapük », ça avait fait à l'époque, d'ailleurs, sensation. Mais c'est exactement ça.
Ce qui a fait la gloire de l'Europe, ce qui a fait que l'Europe est devenue le premier centre mondial de civilisation à partir – disons – d'Henri le Navigateur... Vous savez, ce roi de Portugal qui a décidé d'envoyer... À l'époque, on savait que la Terre était ronde. Tout le monde le savait, depuis les Grecs anciens. Mais on pensait que plus on se rapprochait de l'Équateur, plus la mer bouillait. Ainsi, l'air était tellement chaud que les gens étaient carbonisés sur place. Henri le Navigateur, qui était roi de Portugal, au cabo São Vicente, au cap Saint-Vincent, au début du XVe siècle, a dit à ses navigateurs : « Allez-y. Et revenez. Faites attention. S'il fait trop chaud, vous remontez ».
Donc ils sont descendus. Puis ils ont descendu les côtes du Maroc, les côtes du Sahara et puis ensuite, ils sont arrivés jusqu'au Sénégal, Casamance. Et puis ils ont découvert le golfe de Guinée. Puis ils ont découvert l'Équateur. Alors il faisait chaud, oui. Mais enfin, la mer ne bouillait pas, puis on pouvait continuer. Et c'est ainsi qu'ils ont découvert le golfe de Guinée. D'ailleurs, ils se sont arrêtés : la Guinée portugaise, etc. Ils se sont arrêtés à ce qui allait devenir l'Angola et puis ils ont découvert le cap de Bonne-Espérance. Et ensuite, la remontée, la route des Indes... C'est le début de la colonisation de l'Europe.
Eh bien tout cela s'est produit parce que chaque peuple d'Europe avait sa propre personnalité, sa propre culture. Il y avait d'ailleurs une espèce d'émulation entre les pays d'Europe. Ce qui a fait la grandeur de la civilisation des pays d'Europe, c'est justement leur diversité linguistique, culturelle, leur diversité vers le chemin, vers le développement. Tout cela... Où sont passées la culture et la dignité de l'Europe ? Eh bien poser la question, c'est y répondre. Ça, c'était en mars 2010. Une photographie qui avait été nominée par le concours de la Fnac à Nice, où l'on voyait donc quelqu'un qui se torchait avec le drapeau français. Et ça avait été publié dans tous les journaux. « Oh oui.
C'est une œuvre fantastique, une œuvre quand même crue, réaliste », etc., « On brise un tabou », etc. C'est pas vrai. On brise pas un tabou. Il est de bon ton en France de cracher systématiquement sur le drapeau de la République, sauf... Il y a deux trêves de Dieu. C'est les Jeux olympiques et le Mondial de foot. C'est les deux petits moments tous les 4 ans pendant 10 jours, une semaine... On autorise les Français à sortir le drapeau bleu, blanc, rouge. Mais s'il y a un jour de trop : « Ah ! Vous êtes un facho. Vite, le cacher. Vous êtes du FN ». Je rappelle quand même que le drapeau bleu, blanc, rouge, c'est le drapeau des soldats de l'an II.
Des gens qui se sont battus pour la liberté de la France contre l'Europe coalisée, puisque l'Europe a toujours été un principe réactionnaire... L'Europe coalisée contre les avancées révolutionnaires... Je rappelle également que le drapeau bleu, blanc, rouge, c'est celui pour lequel est mort Guy Môquet, pour lequel est mort Jean Moulin. Eh bien voici que nous avons donc maintenant une oligarchie... La Fnac, c'est pas n'importe quoi de n'importe qui. Ça traduit... Y a pas que la Fnac. C'est un symbole parmi tout ce qu'on voit continuellement. Rappelez-vous... Où est passé le respect de l'histoire et des traditions qui est promis dans le traité de Lisbonne ?
Non, puisque la construction européenne vise à créer un Homo Europaeus, un homme nouveau, un peuple européen, donc en fait à ridiculiser, à brocarder, à dénigrer toutes les cultures et les traditions nationales. En particulier en France, parce que le peuple français, justement, est celui dont on se méfie le plus quand on est anglo-saxon. Alors le traité sur l'Union européenne nous dit dans son article 5 : « Le principe d'attribution régit la délimitation des compétences de l'Union. Les principes de subsidiarité et de proportionnalité régissent l'exercice de ces compétences. L'Union n'agit que dans les limites des compétences que les États membres lui ont attribuées ».
Vous connaissez ce principe de subsidiarité ? Il est apparu en fait dans les calendes de l'Église catholique dans les années 30. C'est un concept d'origine religieuse, le principe de subsidiarité. On nous rebat les oreilles constamment en disant : « Mais non. L'Europe ne doit pas s'occuper de détails. En fait, l'Europe doit s'occuper de choses importantes. Principe de subsidiarité... ». Les gens qui vous disent ça vous mentent, puisque le principe même de construction européenne est fondé justement sur le fait qu'on a commencé par des détails. Ou perçus comme tels, c'est-à-dire sur l'unification des marchés. C'était une pensée marxienne.
À défaut d'être marxiste, on pensait qu'en agissant sur des substructures économiques, on ferait apparaître un homme nouveau. C'est exactement la même théorie que la théorie marxiste. C'est-à-dire qu'on pense qu'en agissant sur des substructures, d'un seul coup, les Grecs et les Allemands se tombent dans les bras parce que c'est un marché commun et qu'il n'y a pas de droits de douane. Ça marche pas comme ça. Voilà. « En vertu du principe de subsidiarité (...), l'Union intervient seulement si et dans la mesure où les objectifs de l'action envisagée ne peuvent pas être atteints de manière suffisante par les États membres ». Tout cela, c'est ce qui est raconté dans les traités.
En réalité, c'est absolument faux. On se paye votre tête. Regardez cet exemple. C'est la décision de la Commission européenne du 7 novembre 2013 établissant les critères écologiques pour l'attribution du label écologique de l'Union européenne aux toilettes à chasse d'eau et urinoirs. Nous avons ici une décision qui fait au moins 25 pages où on vous explique comment est-ce qu'il va falloir faire. Alors de quoi s'agit-il ? Article premier : « La catégorie de produits « toilettes à chasse d'eau et urinoirs » comprend les éléments de toilettes à chasse d'eau et les éléments d'urinoir au sens de l'article 2. La catégorie de produits couvre les produits destinés à l'usage domestique ou non ».
Article 2 : « Les produits suivants ne font pas partie du groupe de produits « toilettes à chasse d'eau et urinoirs » ». Par exemple « les sièges et couvre-sièges de toilettes », uniquement s'ils sont... Je ne sais plus ce que c'est parce que j'ai fait une coupure. « Aux fins de la présente décision, on entend par élément de toilettes à chasse d'eau une unité de toilettes, une cuvette de toilettes ou un système de chasse d'eau pour toilettes ».
Unité de toilettes, c'est « une installation sanitaire combinant en une unité fonctionnelle un système de chasse d'eau et une cuvette de toilettes permettant la collecte d'urine et de matières fécales humaines et leur évacuation dans un système de collecte des eaux usées ». Article 3 : cuvette de toilettes, c'est « une installation sanitaire destinée à la collecte d'urine et de matières fécales humaines et leur évacuation dans un système de collecte des eaux usées ». Un élément d'urinoir, article 4, c'est : « une unité d'urinoir, un urinoir, un urinoir sans eau ou un système de chasse d'eau pour urinoir ». Article 5, 6... On va pas gloser éternellement sur ce sujet.
En attendant, ce qu'il faut savoir, c'est qu'il faut des mesures de calcul du volume d'eau moyen par chasse. Alors comment faut-il s'y prendre ? La méthode : « Assembler les toilettes à chasse d'eau ou l'équipement de toilettes à chasse d'eau en suivant les instructions de montage fournies par le fabricant ». Encore heureux. (Rires du public). « S'il s'agit d'une cuvette de toilettes, il convient d'installer un système de chasse d'eau d'essai conformément aux normes EN applicables », normes européennes. « Installer l'équipement assemblé sur une surface horizontale plane stable ». Oui, évidemment, on n'a pas les toilettes en général sur un mur à 90°. Bon...
« Ou sur une surface verticale, le cas échéant ». Pardon, excusez-moi, je me suis peut-être trompé. On peut le mettre sur une surface verticale. Ah oui, le cas échéant – pardon –, c'est pour les urinoirs. « Connecter la vanne d'entrée d'eau à une source dont la pression d'eau fixe est de (0,2 ± 0,01) MPa, (2 ± 0,1) bar ». Vous vous rendez compte, quand vous allez aux toilettes ? (Rires du public). « Puis ouvrez la vanne d'entrée d'eau, laissez la vanne d'entrée d'eau ouverte pendant toute la durée des essais. Actionnez la commande du système de chasse complète, recueillez l’eau libérée, puis évacuez-la ». Alors ça, c'était le point 1 de la méthode d'essai.
Le point 1.1, c'est l'« évaluation du volume d'eau par chasse complète ». « Actionnez la commande du système de chasse complète et recueillez l’eau libérée. Mesurez le volume d’eau à l’aide d’un contenant étalonné. Notez le volume mesuré. Réalisez cette mesure trois fois. Si les volumes recueillis sont différents, le volume d’eau par chasse complète – Vf – sera égal à la moyenne arithmétique des trois volumes enregistrés ». Y en a comme ça une trentaine de pages ! Ça n'est qu'un exemple. Ça n'est que – j'allais dire – le sommet de l'iceberg, mais bon. Où est le respect des textes ? Où est le respect de la subsidiarité ? En fait, on se paye absolument votre tête.
Y a une autre façon, également, de se payer la tête. Je ne suis pas encore à parler des partis politiques. Je parle pour l'instant de l'ensemble de la sphère mentale, politique dans laquelle nous baignons, qui est la sphère de la société européiste. Y a une autre façon de procéder aux lavages de cerveaux. C'est de tenir des propos qui sont absolument incompréhensibles, et de vous faire peur, de vous intimider parce que vous ne comprenez pas. Et donc, vous vous dites : « Je comprends pas. C'est parce que je dois être bête ». Je vous l'ai dit dans une autre conférence. Autre proverbe chinois : « Il vaut mieux avoir l'air bête cinq minutes que de le rester toute sa vie ».
Quand vous ne comprenez pas quelque chose, dites : « Je n'ai pas compris ce que vous voulez dire », « monsieur » ou « madame ». On la le voir pour les partis politiques français, qui passent leur temps à raconter des choses systématiquement ambivalentes. Nous, nous nous rattachons à la grande tradition française. Pourquoi la langue française est-elle devenue la langue de la diplomatie mondiale au XVIIIe... Alors évidemment parce que la France était le premier pays du monde – je le reconnais – sous Louis XIV. Mais pas seulement. Parce que la langue française a une capacité de clarté extrême. Vous vous rappelez un exemple fameux entre tous.
C'est le fameux exemple de la résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies suite à la guerre des Six Jours entre Israël et les pays arabes. Dans cette résolution du Conseil de sécurité, les textes en anglais et en français ont même force juridique. Le texte français dit que le Conseil de sécurité appelle les belligérants (Bredouillage) et appelle donc Israël à se retirer des territoires occupés. La traduction en anglais, c'est : « Withdraw from occupied territories ». « From occupied territories », ça veut dire : « des territoires occupés » ou « de territoires occupés », ce qui n'est pas la même chose.
La version française, c'est qu'Israël doit se retirer de tous les territoires occupés, sans aucune exception, même pas un mètre carré. La version anglaise, on ne sait pas. « From occupied territories », ça veut dire de tout ou partie des territoires occupés. La langue française a donc été une langue de la diplomatie parce que c'est une langue qui est extrêmement précise. Et elle a été codifiée notamment au Grand Siècle. En particulier, vous savez que Nicolas Boileau, dans l'Art poétique...
Nicolas Boileau qui vit sous Louis XIV et qui, dans son sonnet (NDLR : l'Art poétique n'est pas un sonnet) sur l'art poétique, dit : « Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément ». Ça, c'est quelque chose avec lequel nous, nous souhaitons renouer la grande tradition française, parce que c'est une façon parmi d'autres de réhabiliter la politique, parce que c'est une façon de respecter l'intelligence de nos concitoyens. Je prendrai cet exemple, par exemple, du JDD du 25 mai 2010. « Sarkozy, Merkel » sont « pour sauver l'euro ». Et notamment, ils sont convenus d'« assurer une meilleure gouvernance économique ».
Il est question d'« une meilleure gouvernance économique de la monnaie unique », d'« une meilleure gouvernance de la zone euro ». Alors moi, personnellement, je ne sais pas ce que ça veut dire, une gouvernance. Qu'est-ce que ça veut dire : « Pour sauver l'euro, il faut une meilleure gouvernance économique » ? Moi, je ne sais pas ce que ça veut dire. Parce que c'est quelque chose qui n'est pas clair, qui n'est absolument pas précis. Tout le monde peut y voir n'importe quoi derrière. Donc je suis parti à la recherche de ce que c'était que la gouvernance. Et donc j'ai trouvé. En 2001, il y a 14 ans, la Commission européenne avait publié un livre : le Livre blanc de la gouvernance européenne.
Et elle avait dit ce que c'était. Alors voici ce que c'est. « Le terme de gouvernance correspond à la forme dite post-moderne des organisations économiques et politiques. Il procède du besoin de la science économique et de la science politique de se munir d'une notion omni-compréhensive, capable d'offrir une diversité de significations non couvertes par le terme classique de gouvernement.
La gouvernance européenne désigne les règles, les processus et les comportements qui influent sur l'exercice des pouvoirs au niveau européen, particulièrement du point de vue de l'ouverture, de la participation, de la responsabilité, de l'efficacité et de la cohérence, ces cinq principes de bonne gouvernance renforçant ceux de subsidiarité et de proportionnalité ». Tel quel, ça ne veut rien dire. Ça ne veut rien dire. Moi, je sais ce que ça veut dire, que tous les pays aient par exemple le même déficit budgétaire. Ça, je sais ce que ça veut dire. Je sais que ça veut dire, qu'il y ait les mêmes orientations en matière économique, que l'on fixe le même taux d'intérêt.
Ça, ce sont des choses qui sont univoques, comme on dit. Ça, c'est équivoque. C'est-à-dire que ça ne veut rien dire. Je vais vous dire : relisez, lisez, relisez, rerelisez. Vous y perdrez votre latin. Vous n'y comprendrez rien. Donc où est passée la clarté de la langue et du raisonnement ? Où est le respect de l'intelligence des citoyens ? En fait, nous avons désormais une langue de bois européiste, comme il y avait une langue de bois soviétique. La langue de bois européiste a envahi le discours politique. Elle vise à camoufler les échecs et à intimider les électeurs en utilisant des formules ronflantes qui ne veulent dire. Molière avait déjà tout compris.
Je vous rappelle que dans le Malade imaginaire, il y a Diafoirus, à un moment, qui dit « Je vois ce que c'est » parce que quelqu'un est malade. C'est « une intempérie dans le parenchyme splénique ». Alors tout le monde se tordait de rire au (NDLR : XVIIe) siècle. Maintenant, les gens ne rient plus, parce qu'ils se disent : « Je sais pas ce que c'est. Ça doit être un truc... ». Donc nous, nous sommes là pour démasquer les Diafoirus de la politique : des gens qui camouflent leurs échecs sous un jargon qui en impose au commun des mortels. Ne vous laissez jamais rien imposer si vous ne comprenez pas.
D'ailleurs, si je vous dis – moi – des choses que vous ne comprenez pas, vous serez fondés à me poser des questions tout à l'heure. Mais je crois – en tout cas, en général, c'est ce à quoi on nous reconnaît – qu'on essaye à l'UPR de dire les choses les plus claires possible que tout le monde comprenne. C'est pas que les gens sont bêtes. Les gens ne sont pas bêtes et les Français sont encore moins bêtes que les autres, comme peuple. Sauf que si on leur raconte des trucs du style : « Vous comprenez, ce qu'il faut, c'est une meilleure gouvernance de la zone euro », les gens... « Il doit savoir des choses que je ne connais pas ». Voilà. Alors maintenant, passons au vif du sujet.
Nous allons passer en revue les différents partis politiques français. Le PS respecte-t-il l'intelligence des Français ? Je vais vous montrer qu'à mon avis, le PS met en œuvre un certain nombre de techniques, que l'on va élucider : la technique du râteau – ou des lieutenants –, la technique du mensonge éhonté, la technique du paratonnerre notamment et la technique de la débilisation. C'est un certain nombre de techniques que l'on verra également utilisées par d'autres partis, tout à l'heure. Ça n'est pas exhaustif. J'ai fait ça parce que déjà, la conférence est suffisamment longue. Mais elle peut être enrichie constamment.
Alors la technique du mensonge éhonté, c'est vieux comme la politique. C'est vieux comme la politique. Ça consiste à promettre tout et n'importe quoi. On sait que ça va faire plaisir aux électeurs. Et on sait mentir avec tellement d'aplomb que les gens normaux ne peuvent pas imaginer qu'il s'agit d'un mensonge. Ça s'assimile très bien avec la technique du caméléon. On la verra tout à l'heure. C'est-à-dire que vous dites à chaque public ce qu'il veut entendre. Vous mentez constamment. Vous allez aller par exemple dans une réunion et puis vous tombez sur une dame qui dit : « Ah ! Y a trop d'Arabes chez moi ! », etc. « Vous avez bien raison. Il faut lutter contre l'immigration.
C'est intolérable ». Vous faites 3 mètres : « Oui. Alors voilà. Moi, je suis d'origine algérienne. J'en ai marre. Quand je cherche un emploi, je fais l'objet de discriminations ». « Vous avez raison. C'est scandaleux. Nous allons prendre des mesures pour lutter contre les discriminations ». Ça, c'est Chirac : systématiquement dire aux gens ce qu'ils veulent entendre. Nous, c'est pas ça, parce que vous savez comment on lutte contre les caméléons ? J'y reviendrai peut-être tout à l'heure. Les caméléons, faut les mettre sur un tissu écossais. (Rires du public). Donc faut leur montrer tout ce qu'ils ont dit. Nous, on récolte tout ce qu'ils ont dit. Voilà.
Et puis on dit : « C'est quoi, la logique et la cohérence de tout ça ? Vous vous foutez du monde ». C'est la raison pour laquelle nous, tout est enregistré. Vous pourrez constater que nous, on dit toujours la même chose tout le temps devant tous les publics. C'est un principe de base de respect. Et puis d'intelligence aussi, parce que faut pas prendre les gens pour des imbéciles, surtout maintenant avec Internet. Parce que toutes ces méthodes, là, que je vais vous montrer, qui vont vous déprimer, sont en fait d'un autre temps. C'est d'un temps où y avait pas Internet. Mais maintenant, il y a Internet. Maintenant, et c'est un nouveau mot qui est en train d'apparaître...
C'est ce qui fait notre succès. C'est que maintenant, il y a de plus en plus d'internautes qui disent : « Il nous dit ça. Mais attendez, je vais chercher. Je suis sûr d'avoir vu que Copé avait dit le contraire ». Et puis tac, vous retrouvez... Ah bah oui, il avait dit exactement le contraire. Je ne résiste pas à vous montrer ce morceau célèbre d'anthologie qui est le morceau de la campagne présidentielle de 2012 qui est quand même la façon dont François Hollande s'est fait élire. Écoutez donc un peu ça : {« Je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n'a pas de nom, pas de visage, pas de parti. Il ne présentera jamais sa candidature. Il ne sera donc pas élu.
Et pourtant, il gouverne. Cet adversaire, c'est le monde de la finance ». (Applaudissements).}. Alors ça, c'est quand même vraiment... Enfin je trouve que c'est trois étoiles dans le Michelin, quoi. (Rires) Vous savez que trois jours après, il est allé à Londres pour dire : « Vous inquiétez pas. J'ai dit n'importe quoi ». Actuellement, nous avons comme ministre des Finances M. Macron, qui est un inspecteur des finances. Moi, j'aurais tendance à l'appeler M. Micron. Bon, je suis méchant. Et en fait, il est passé chez Rothschild. Et M. Macron, il est ministre des Finances. Mais il est ministre des Finances comme je suis moine tibétain.
Il ne fait qu'appliquer les directives d'une oligarchie dont il est en fait le larbin, d'une oligarchie de la finance. Alors que des gens considèrent que : « Bon, c'est normal. On doit être les larbins du monde de la finance. Pourquoi pas, finalement ? ». Mais là, vous voyez quand même qu'on a ici une escroquerie. Les gens, après, nous donnent des leçons de démocratie. Mais la démocratie, ça n'est pas de se faire élire en mentant effrontément pour ensuite faire le contraire exact. Il le savait qu'il allait faire le contraire exact. C'est exactement de l'escroquerie.
Quand vous achetez par exemple un produit dont le marchand sait que ce produit ne marche pas parce qu'il y a une pièce qui est défectueuse et qu'au bout de trois heures de marche, il va tomber... Il veut évacuer son stock. Il vous dit : « C'est parfait ». Mais en fait, au bout de trois heures, – vous vous rendez compte ? – vous vous êtes fait avoir. Là, c'est exactement la même chose. Se faire élire en disant : « Mon ennemi, c'est la finance. », c'est une escroquerie. Et ça disqualifie la démocratie. C'était mon idée de tout à l'heure sur le respect des promesses. M.
Hollande est totalement disqualifié pour diriger la France, puisqu'il a été élu sur des promesses et un programme qu'il n'ont rien à voir avec ce qu'il fait. Donc normalement, il aurait de la droiture, il n'aurait jamais fait ça. Et imaginons qu'il ait pu imaginer par exemple qu'il allait combattre la finance, la France restant dans l'UE, étant pieds et poings liés, il doit présenter sa démission en disant : « Je suis désolé. Je ne peux pas mettre en œuvre le programme parce que mon programme était en lui-même contradictoire, parce qu'on ne peut pas être à la fois dans l'UE, accepter les traités européens et prétendre combattre la domination de l'oligarchie financière.
C'est incompatible dans les termes ». Voilà quelqu'un qui aurait eu de la grandeur. Moyennant quoi il restera dans les livres d'histoire certainement comme l'un des pires chefs d'État français, qui en compte quand même une certaine cargaison, d'ailleurs. Voilà. Vous voyez ici d'ailleurs tous les ministres, tous les gens qui allaient devenir ministres : M. Le Drian, ministre de la Défense, Mme Filipetti, qui d'ailleurs a quitté le ministère de la Culture. Tous ces gens, en fait, faisaient partie de cette espèce d'escroquerie généralisée. Voilà. Alors ici, c'est une autre scène que je vous invite à méditer. Vous allez voir le degré d'escroquerie que l'on atteint.
Il s'agit d'une émission sur Public Sénat à 19 h. Au moment où il y avait la campagne électorale pour la présidentielle de 2012, il y a eu un moment où on a appris que François Hollande, qui était candidat, avait demandé à être reçu... Alors ça avait parcouru... Il y avait une espèce de vague agitation parce que paraît-il que François Hollande n'arrivait pas à être reçu par Mme Merkel, par M. Rajoy, le Premier ministre espagnol, pas non plus par M. Cameron en Grande-Bretagne.
Donc il y avait eu à l'époque une agitation – c'est à peu près au même moment – où on avait fait croire aux Français que François Hollande, ça allait barder, et que les autres responsables des pays d'Europe les avaient à zéro parce qu'avec François Hollande, on allait voir ce qu'on allait voir en matière européenne. On a vu. (Rires) Alors vous allez voir comment ça se passe parce qu'il y a un débat et il y a Mme Hidalgo – elle n'était pas maire de Paris à l'époque, elle l'est devenue depuis – qui est là pour expliquer aux Français que François Hollande, effectivement, va s'opposer brutalement, enfin fortement aux gens de droite, puisque pour elle, c'est simple comme du papier à musique.
L'Europe, c'est une Europe de droite. Et quand François Hollande va arriver – ♫ Ta, ta ta ta ♫ –, l'Europe va devenir de gauche. Ça, c'est un truc à la Mélenchon. Elle oublie simplement qu'il y a 28 États et qu'alors, la France n'est qu'un sur 28. Vous allez voir la manipulation parce que l'objectif qui avait été poursuivi à l'époque, c'était d'essayer de récupérer parmi les gens de gauche l'électorat eurocritique ou eurosceptique en faisant croire que M. Hollande était leur candidat et qu'il allait taper du poing sur la table. Je rappelle d'ailleurs que M.
Hollande avait dit qu'il renégocierait le TSCG, vous savez, ce qui était notamment les contraintes financières voulues par l'Allemagne et par Bruxelles. Alors regardez ce dialogue. Vous allez voir, c'est intéressant. { Les invités du 19 heures... Donc Anne Hidalgo, bonsoir. — Bonsoir. — Première adjointe à Bertrand Delanoé, maire de Paris. Et puis notre confrère allemand Rudolf Balmer, bonsoir. — Bonsoir. — Journaliste à la Tageszeitung. Anne Hidalgo d'abord. Les démentis, donc, se sont succédé aujourd'hui. À Berlin, à Rome, Madrid, Londres où David Cameron a affirmé il y a un instant n'avoir jamais fait partie d'un quelconque pacte secret pour ne pas recevoir François Hollande.
Est-ce que vous êtes rassurée ? — Écoutez, prenons acte de ces démentis. Mais c'est vrai qu'on a vu M. Cameron... On a vu Mme Merkel dire combien elle soutenait la candidature de Nicolas Sarkozy, ce qui n'est pas surprenant, puisque c'est l'ensemble des conservateurs européens. Ça m'étonne encore moins de voir que M. Rajoy, en Espagne, le soutient aussi. Dont acte. Voilà. Mais je crois que les Français, surtout, n'apprécient pas qu'on leur dicte leur conduite, que ce soit à l'intérieur et peut-être encore moins de l'extérieur. — Vous dites que c'est bon pour François Hollande, finalement, comme le Gaulois qui résiste au diktat européen ? — Non, pas du tout. Je trouve un peu stupide...
Alors c'est vrai que l'Europe, l'intégration européenne est un élément important. Et c'est bien que les différents pays, les leaders politiques des différents pays s'entendent. Mais par rapport à la proposition de François Hollande qui est d'introduire une dimension sur la croissance dans ce traité, franchement, je ne vois pas. Enfin aujourd'hui, la plupart des économistes sont quand même d'accord pour dire que des plans d'austérité sans relance de la croissance, ça ne donne rien. En tout cas, ça donne... — Oui mais les principaux pays européens avec qui, peut-être demain, François Hollande, votre candidat... — Oui, bien sûr. Je l'espère.
— ...gouvernera l'Europe disent : « Non, on n'en veut pas ». Est-ce que ça pose un problème de crédibilité ? — Non. ♫ Paroles, paroles et paroles (Dalida) ♫ } Alors ça, c'est très intéressant – vous avez vu ? – parce qu'elle dit à un moment : « Tout le monde sait que des plans d'austérité en période de faible croissance, ça ne mène à rien ». C'est exactement ce qui se passe depuis qu'Hollande a été élu. Donc c'est très important. Ça veut dire qu'ils savent parfaitement quelle est la situation. C'était Oscar Wilde qui disait : « Au fond, la vie n'est qu'une lente désillusion ». Moi, j'ai une chance – peut-être – sur vous.
C'est que je suis allé en cabinets ministériels et que, grimpant la hiérarchie administrative, arrivé en cabinets ministériels, à chaque fois, je me disais : « Bon. Ça se passe pas bien mais au niveau au-dessus... ». Et puis non. Nulle part, quelqu'un n'a de réflexions. Les gens savent très bien ce qui se passe. Faut pas du tout croire qu'ils tombent des nues. Ils font carrière. Donc Mme... Mme Hollande, excusez-moi. Mme... (Rires du public) N'y voyez pas... Mme Hidalgo dit : « Tout le monde sait bien que des plans d'austérité, quand il n'y a pas de croissance, ça ne mène à rien ».
Pourtant, c'est ce que fait la France depuis maintenant 3 ans que François Hollande est élu parce qu'il n'a pas les moyens. Et vous avez vu à la fin ? Il y a le journaliste qui lui dit : « Mais quand même, est-ce que ça ne pose pas un problème de crédibilité puisqu'il sera amené à diriger la France avec eux ? ». Et elle dit : « Non, non. Pas du tout ». Alors que si. C'était évidemment la bonne question. Le journaliste a posé la bonne question. Sauf qu'on serait dans un pays démocratique normal, le débat aurait continué. Il aurait dit : « Mais attendez, vous dites non. Mais le problème, c'est que M. Hollande... La France est très minoritaire.
Donc comment allez-vous faire changer d'opinion les Anglais, les Allemands, les Néerlandais ? Comment allez-vous faire concrètement ? Expliquez aux Français ! ». (Bruit). Alors là, il n'y aurait plus personne. Mais naturellement, tout ça, ce sont des scènes chantées. Tout le monde est d'accord sur le fait qu'on pose des questions gentillettes. Moi, quand je suis passé chez Ruquier, j'ai eu droit à : « Oui, vous êtes un facho parce que vous avez été dans un bistrot... » dont le gérant était un mec que je connaissais pas, dont j'ai appris après que paraît-il, c'était un type qui était un skinhead. Voilà le genre de questions de très haute importance auxquelles j'ai été confronté.
Donc en réalité, nous avons des journalistes qui ne font pas leur boulot. Nous avons des journalistes qui auraient dû dire : « Attendez, madame. C'est trop grave. Il s'agit pour les Français d'élire le président de la République. On peut pas se contenter de simplement : « Mais non, ça pose pas... ». Si ! Ça pose un problème de crédibilité. Comment M. Hollande va-t-il faire avec son programme pour l'imposer aux autres ? Et s'il n'y arrive pas, qu'est-ce qui va se passer ? ». C'est d'ailleurs la même chose – pareil – en Grèce. M. Tsipras et Syriza ont élé élus... Il a promis aux Grecs : 1, on va rester dans l'UE et dans l'euro, bien entendu, mais 2, on va imposer nos volontés.
Mais c'est pas comme ça que ça se passe. Et les Grecs en sont là. Comme je le dis souvent, ça, c'est la politique de Mélenchon. C'est le même genre. C'est comme si vous alliez chez des amis. Ils ont mis une belle nappe blanche, ils ont mis de l'argenterie, etc. Et puis vous commencez à mettre les pieds sur la table, à vous essuyer les semelles sur la table et puis à lâcher des flatulences en disant : « Qu'est-ce que c'est dégueulasse, votre bouffe ! ». Mais je compte rester ici. Non, c'est pas comme ça que ça se passe. Soit vous acceptez les règles de la maison, soit vous dégagez. Et en fait, ils acceptent les règles de la maison, bien entendu.
Donc c'est exactement la même situation qu'actuellement. Et c'est en train de se passer en Grèce. Et en plus, c'est pire que tout, parce que ce qui est en train de se passer en Grèce, c'est que les Grecs sont désespérés. Et les Grecs se disent : « Si même Syriza n'y est pas parvenu, effectivement, on peut pas faire autrement ». C'est à ça que servent les mouvements leurres. Les mouvements leurres, ce sont des mouvements d'opposition prétendument farouches mais qui soutiennent en fait le truc. Donc une fois qu'ils arrivent au pouvoir et qu'ils disent : « Voilà, on peut pas faire autrement », les gens disent : « Oui.
Malheureusement, on peut pas faire autrement », puisqu'on leur a pas montré qu'il y avait d'autres possibilités de sortie. La technique du râteau... Alors ça, c'est une technique qui est utilisée très généralement. La technique du râteau, vous savez comment ça marche. C'est également dit la technique des lieutenants. Ça consiste à faire tenir des discours totalement contradictoires par les différents responsables du parti afin de ratisser large les électeurs aux opinions contraires. Donc vous allez avoir par exemple le râteau Hollande. Vous aviez M. Montebourg, qui était à l'extrême-gauche. Alors lui, il tenait des propos plus à gauche que Mélenchon. Il allait s'opposer aux délocalisations.
On allait voir ce qu'on allait voir. On a vu. Maintenant, il est à New York, vous savez. Mme Aubry, elle, c'était l'Europe, l'Europe sociale, tati, tata, fille de son père. Bon... Vous aviez Ségolène Royal. Donc elle, c'était tout le prestige de quelqu'un qui avait été candidate à la présidence de la République. Bon... Et puis vous aviez Manuel Valls qui était là pour jouer les pères Tape-Dur à droite de Sarkozy. (Bruit). Serrez la vis, voilà. Donc les électeurs interprètent chacun à leur façon le programme politique et personne n'est là pour les détromper.
On ratisse large, parce que l'esprit humain est ainsi fait qu'il préfère retenir les choses qui lui plaisent que les choses qui lui déplaisent. Voilà. Donc quelqu'un dit : « Moi, je vote Hollande parce que j'ai entendu Montebourg. Il est très bien. Il va lutter contre les délocalisations ». Alors si vous dites : « Mais non. Mais attendez. Il pourra lutter contre rien du tout. Les délocalisations, c'est l'article 63 du TFUE (traité sur le fonctionnement de l'Union européenne) qui interdit tout contrôle aux circulations des capitaux. Donc il pourra rien faire du tout. On a dit ça, avant. Allez voir. J'ai fait des conférences. Nous, on a appelé à l'abstention.
Alors on avait dit : « Ça sera du pareil au même ». On avait raison. Entre Sarkozy et Hollande... J'avais même fait une conférence, j'ai dit : « Vous aviez adoré Sarkozy, vous adorerez Merkollande ». C'est exactement ce qu'on a eu. Alors quand on disait ça, il y avait des gens qui... « Oh, quand même ! Qu'est-ce que vous dites ? Rien ne serait pire que Sarkozy ! ». Moi, je crois que c'était encore pire. Et on n'a pas vu le suivant. À chaque fois, c'est pire. Quand Chirac avait été élu, il y a des gens qui m'ont dit : « Ah ! Heureusement que c'est Chirac. Ça peut pas être pire que Mitterrand ». Après, quand Sarkozy est arrivé : « Heureusement que Sarkozy... Ça peut pas être pire que Chirac ».
Après ça : « Heureusement que c'est Hollande. Ça peut pas être pire que Sarkozy ». Et puis vous verrez, il y a des gens qui vont dire : « Mais non... Mais Manuel Valls, ça peut pas être pire qu'Hollande ». Si, si, ça peut être pire. C'est une descente aux enfers. Voilà. Donc ça, c'est fait pour. Et vous voyez qu'au total, vous élisez quelqu'un qui ne fait rien de tout ça. En fait, vous élisez quelqu'un qui est le majordome de l'oligarchie euro-atlantiste et qui n'a absolument pas son mot à dire sur les grandes orientations politiques, géopolitiques, diplomatiques, militaires, etc., etc. Voilà. Alors cette technique du râteau, on va la voir.
C'est utilisé exactement de la même façon à l'UMP, au PS, au FN, et – disons – dans les partis les plus importants. La troisième technique, c'est la technique du paratonnerre. Alors c'est quoi, la technique du paratonnerre ? On commence par décrire assez exactement une situation avec laquelle les électeurs se sentent d'accord. Tout le monde ne peut être que d'accord. Ensuite, on présente des solutions qui sont délibérément fausses et inapplicables, puisqu'elles gardent le silence sur les véritables raisons de la situation qui a été décrite. Et enfin, tout ça permet de protéger les vrais responsables. On dévie la colère des gens vers rien, vers des lampistes, vers rien.
Et on protège ceux qui sont les vrais auteurs qui, du coup, en échange, vous font élire en vous ouvrant grand les médias. On ne recherche pas les véritables responsabilités. De Gaulle avait cette expression que je vous conseille d'avoir à l'esprit. Il disait : « Il faut aller au fond des choses ». Actuellement, nous avons des mouvements qui ne vont pas au fond des choses. Alors nous allons prendre un exemple avec le PS. C'était ça. Le PS, du moins les jeunes socialistes, avec les jeunes du Parti socialiste espagnol, les jeunes du Labour britannique, la jeunesse socialiste de Catalogne, ce qui devait pas faire beaucoup plaisir aux jeunes Espagnols...
Il y avait également je sais plus quoi : le Parti socialiste peut-être tchèque, ou je sais pas quoi. Ils ont fait une grande opération qui s'appelait Génération de la crise, dont le slogan était : « Rise up », slogan européen s'il en est. Et le slogan, c'était : « Pour une Europe de l'emploi, démocratique et écologiste ». Il s'agissait d'appeler des jeunes à faire le tour en courant de certaines places de grandes villes. Vous avez du chômage, etc. On va vous faire courir en rond autour d'une place en disant : « Rise up ». Ça marche. C'est horrible. C'est horrible parce que ça marche.
Alors vous voyez ici des gens qui courent comme ça à Barcelone – là, c'était peut-être place de la République à Paris –, voilà, qui ont fait le tour de la truc. Ils couraient pour une Europe de l'emploi, démocratique et écologiste. Alors voilà le verso du tract. « Rise up ». Vous allez voir comment ça marche. « Les jeunes européens subissent de plein fouet la crise économique ». C'est vrai. Le constat est exact. « Nous sommes en première ligne face au chômage, à la précarité de l'emploi et la privatisation rampante de nos systèmes de soins et de protection sociale », c'est exact. C'est une parfaite description de la situation.
« Nous sommes les premiers à supporter la cherté des loyers, et donc la perte d'autonomie, notre génération étant ainsi forcée à vivre indéfiniment chez ses parents », c'est vrai. « Cette situation est la conséquence directe des politiques d'austérité et du démantèlement de l'État providence... », c'est vrai. Et là, d'un seul coup, ça devient plus vrai : « ...imposé par les conservateurs et les libéraux en Europe ». C'est faux. C'est imposé par les traités européens. Et d'ailleurs, les Espagnols, par exemple, quand ils ont fait cette course-là, ça devait être encore Zapatero, qui était « socialiste », en Espagne. (NDLR : Zapatero a gouverné de 2004 à 2011. « Rise up » a eu lieu en 2012).
« Nous disons fermement que la priorité pour l'Europe doit être la lutte contre le chômage ». « Nous disons fermement »... Heureusement que c'est fermement. Si c'était pas fermement, ça aurait moins de poids. « Nous disons fermement que la priorité pour l'Europe doit être la lutte contre le chômage, la préservation d'un haut niveau de protection sociale et la baisse des émissions de gaz à effet de serre ». (Rires du public). C'est un peu curieux : « Nous disons fermement que la priorité doit être la lutte contre le chômage, la préservation d'un haut niveau de protection sociale et la recette de la choucroute garnie ». « La démocratie et la volonté du peuple européen », c'est faux.
Il n'y a pas de peuple européen. « La démocratie et la volonté du peuple européen doivent avoir plus de force que les décisions des marchés, des agences de notation et de la finance », c'est faux. Le Luxembourg tire l'essentiel de son niveau de vie des marchés financiers. Le Luxembourg est un des 28 États membres pour bloquer toute évolution de traité qui ne lui plairait pas. Il n'y a pas que le Luxembourg. La City londonienne, c'est 25% du PIB de l'Angleterre. Jamais l'Angleterre n'acceptera une modification des traités européens qui contraindrait un tant soit peu le monde de la finance.
On peut dire la même chose à peu près ou avec des nuances des Pays-Bas, de l'Autriche, de la Finlande et de l'Allemagne. Le problème, c'est que nous avons affaire à des gens qui ne veulent pas voir en face le fait que nous avons des pays dont les intérêts nationaux les plus fondamentaux sont contradictoires, et que tout le jeu de l'Europe, c'est justement d'avoir mis 28 pays aux intérêts fondamentaux totalement contradictoires en leur disant : « Demerden Sie sich ». Bah évidemment. Ça ne marche pas.
Vous pensez bien que le Luxembourg ou le Royaume-Uni, qui tirent une partie absolument fondamentale de leurs richesses justement de l'existence de la City londonienne, des marchés financiers, etc... Vous allez pas leur demander de se suicider. Ça, c'est pas possible. Ça, il n'en est pas question là-dedans. « Nous, jeunes socialistes européens, appelons le Conseil européen et le Parlement européen à tourner le dos à l'austérité » – quand on tourne le dos, faut faire toujours attention – « et à agir immédiatement en faveur d'une Europe de l'emploi, de l'écologie et de la démocratie ». Bien !
Alors une fois que ces prémices ont été posées, vous voyez qu'il n'est absolument pas question des articles des traités européens. C'est-à-dire que les traités européens, c'est exactement le règlement de copropriété. Si vous avez un appartement dans un immeuble, vous savez qu'il y a un règlement de copropriété. Si d'un seul coup, vous décidez de peindre la cage d'escalier en bleu, si les gens, les autres ne sont pas d'accord, vous allez avoir des procès, vous allez les perdre. Vous êtes obligé de respecter le règlement de copropriété dans lequel vous êtes. Là, c'est pareil.
C'est exactement quelqu'un qui dirait : « On est tous copains » parce qu'il y a trois personnes qui s'entendent dans un immeuble où il y a 28 appartements. Il y en a combien... Ils étaient 6 ou 7. Ils ne représentent d'ailleurs pas les gouvernements. C'étaient simplement des partis jeunes socialistes. Et on va d'un seul coup repeindre la cage d'escalier en rouge framboise. Mais ça ne marchera pas, parce que les autres ne seront pas d'accord. Et en plus, à la différence des règlements de copropriété, en plus de ça, dans les traités européens, il faut l'unanimité – article 48 du TUE – pour modifier les traités. Alors qu'est-ce qu'ils proposent ?
Ils proposent « pour une Europe de l'emploi, démocratique et écologiste » : « taxer les riches pour augmenter les recettes publiques des États ». Oui. Ça, très bien. Sauf que justement, c'est exactement le contraire que demande la Commission européenne. Paraît-il qu'il faut au contraire diminuer, justement, les taux d'imposition. « Garantir les dépenses en matière de protection sociale et d'éducation, et mettre fin au dumping fiscal par un impôt européen minimum sur les sociétés ainsi qu'un niveau élevé d'imposition sur l'héritage ». Oui mais pas de pot : tous les pays de l'Est ne veulent pas d'harmonisation fiscale parce qu'en général, ça leur bénéficie.
Quant au Luxembourg, je rappelle qu'actuellement, le président de la Commission M. Jean-Claude Juncker, auparavant Premier ministre du Luxembourg, a été... Vous l'avez vu. Il y a eu un scandale qui est sorti. C'est au contraire lui qui a organisé, s'agissant du Luxembourg, l'évasion fiscale pour 340 sociétés multinationales qui venaient comme McDo et autres dégager du profit au Luxembourg – c'est pas taxé –, dégager des pertes en France par des jeux d'écritures comptables. Le grand organisateur de ça est maintenant président de la Commission européenne. M. Jean-Claude Juncker... Bien. « Lutter contre les paradis fiscaux au niveau européen », mais c'est comme si c'était fait.
C'est comme si c'était fait. On va donc demander au Luxembourg de se suicider, à l'île de Man, au Royaume-Uni de se suicider. « Désarmer la bombe du chômage des jeunes », alors ça, ça fait partie de la langue de bois. « Désarmer la bombe du chômage des jeunes », ça, tout le monde peut le dire : « Je vais désarmer la bombe du chômage des jeunes ». Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça ne veut rien dire. Comprenez à quel point il faut être vigilant en politique.
C'est que nous, lorsqu'on dit : « Nous voulons sortir de l'UE par l'article 50 pour dénoncer l'article 63 qui autorise la libre circulation des mouvements de capitaux », ça, ça veut pas dire que l'on est en faveur du développement de l'apprentissage de l'araméen ancien en Basse-Bourgogne. C'est quelque chose qui est absolument univoque, qui ne peut rien dire d'autre que ce que ça veut dire. Tandis que quand on dit : « On va désarmer la bombe du chômage », alors y en a un qui va dire, à gauche : « On va désarmer la bombe du chômage ». À droite, on va dire : « On va lutter contre cette plaie qui est le chômage des jeunes ».
À l'extrême-droite, on va dire : « Il faut inverser la courbe du chômage des jeunes ». À l'extrême-gauche : « C'est une honte, le chômage des jeunes ». Il y a des Français qui disent : « Pour qui je peux voter, là-dedans ? ». Mais oui, parce que ça, c'est simplement un slogan qui est dépourvu de choses concrètes. Alors « Désarmer la bombe du chômage des jeunes en mettant en place une « Garantie européenne jeunes » pour toutes les personnes de moins de 24 ans. Interdire les emplois précaires, bannir la pratique des stages non payés ou sous-payés ». Oui. Sauf que ça, c'est exactement ce que réclame la Commission européenne depuis des années. C'est l'article 121 du TFUE.
Ce sont les Grandes orientations de politique économique (GOPÉ) qui, je le montre dans d'autres conférences... On demande au contraire à tous les États, en particulier à la France, les fameuses réformes indispensables. C'est qu'il faut justement lutter développer ce qu'ils appellent pas les emplois précaires... Dans la langue de bois européiste, on dit : « Il faut assouplir les politiques de l'emploi ». Assouplir... C'est ça que ça veut dire. Assouplir les politiques de l'emploi, ça veut dire développer les emplois précaires. C'est ça. Il faut qu'il y ait un schéma d'emploi plus flexible. Ça veut dire qu'on peut vous foutre à la porte du jour au lendemain.
Tout ça, ce sont tous les euphémismes européistes qui sont utilisés, sous le couvert général des réformes indispensables. « Créer de nombreux emplois, et de qualité, par la réduction du temps de travail ». Bon. Comme vous le savez, c'est pas le problème. Le problème, actuellement, c'est que les entreprises, elles se délocalisent dans des pays où le coût du travail est à peu près 5% du coût du travail en France ou en Allemagne. Créer de nombreux emplois par la réduction du temps de travail, c'est pas du tout d'actualité. « Investir massivement dans les économies d'énergie et les énergies renouvelables (...) pour créer des millions d'emplois en Europe dans la transition énergétique ».
Bon, très bien... Tout ça, ce sont des vœux pieux. D'abord, il est tout à fait peu vraisemblable de créer des millions d'emplois avec des économies d'énergie. Deuxièmement, c'est mené, c'est déjà en cours, la politique d'économie d'énergie. Troisièmement, tout ça nécessite de l'argent que l'on n'a pas. « Protéger les travailleurs européens par un salaire minimum », justement, c'est ce que ne veulent pas du tout les pays de l'Est, puisque pourquoi Peugeot délocalise la fabrication de la C3 en Slovaquie ? C'est justement parce que ça coûte beaucoup moins cher que ça soit en Slovaquie. C'est tout ! Donc il est évident que si les Slovaques, les gouvernements montaient les...
Ça, c'est ce que dit la gauche, M. Mélenchon. « Nous sommes pour l'harmonisation fiscale vers le haut ». Oui, très bien, sauf que ceux qui ont des salaires plus bas ne veulent pas, justement. Ils ne veulent pas parce que c'est justement grâce à ce différentiel en leur faveur qu'ils reçoivent tous les emplois venus de l'ouest. Ils vont pas tuer la poule aux œufs d'or. « Assurer l'indépendance des États par rapport à la finance, » – cf. M. Hollande – « en permettant à la BCE de leur prêter directement ».
Ça, c'est très gentil mais ça, il faut demander à Mme Merkel et à toute l'oligarchie allemande dont les pensées sont reflétées fidèlement par la Frankfurter Allgemeine Zeitung de dire : « Faut que la BCE fasse ça ». Faut pas demander seulement à Mme Merkel. Faut également demander au Premier ministre finlandais, au luxembourgeois, aux Pays-Bas. Vous savez que ce sont ces quatre pays qui sont actuellement les quatre pays très très largement créditeurs dans le cadre du système Target2, c'est-à-dire les pays refuges pour tous les pays du Sud, justement parce que, pour des raisons que j'ai pas le temps d'expliquer... Je vous renvoie à ma conférence sur la tragédie de l'euro.
« Introduire une taxe sur les transactions financières de 0,1% ». Très bien, sauf que ça ne marchera pas, parce qu'il n'en est pas question pour certains autres pays. « Rendre l'Union européenne démocratique en mettant sur pied d'égalité le Parlement européen, seule institution directement élue par le peuple européen »... Le problème, c'est que le peuple européen, ça n'existe pas. Voilà. En d'autres termes, vous avez exactement ce que j'appelle le stratagème, la technique du paratonnerre. Parce que le début est un réquisitoire qui est juste pour l'essentiel. Là où ça commence à dérailler, c'est quand ils font reporter ça sur la volonté des conservateurs en Europe. C'est pas vrai.
Ce sont les traités européens. Et d'ailleurs, au passage, ça veut dire qu'il faudrait donc qu'il y ait unanimité. Ils parlent pas des problèmes d'unanimité. Il faudrait qu'il y ait unanimité qui soit de gauche. On va voir tout à l'heure la probabilité d'avoir une unanimité de gauche. Et ensuite, ça dresse toute une liste de propositions qui, pour le grand public... Quand il les lit, il se dit : « Ma foi, c'est pas mal ». Sauf que personne, jamais, ne leur dit que c'est absolument inapplicable puisque c'est contraire aux traités et/ou il y aura au moins 2, 3, 4, 5 États de l'UE qui y mettront leur veto alors qu'il faut l'unanimité. Donc ça n'aura jamais lieu. D'ailleurs, ça n'a pas lieu.
Alors on fait tourner comme ça les gens autour de leur truc. Alors si vous étiez d'accord : « I rise up ». « I rise up » : je suis d'accord. Donc « I rise up : je signe la pétition. I rise up pour demander au Conseil européen de rompre avec la politique européenne d'austérité et pour construire une Europe de l'emploi, démocratique et écologiste ». Vous voyez, ça a été fait il y a 5 ans. Tout le monde s'en fout. Il s'est rien passé. Il s'est pas tout à fait rien passé. C'est que l'on a désarmé la colère des jeunes. On l'a orientée vers... C'est un paratonnerre. On l'oriente vers quelque chose, vers la terre. C'est une impasse. Ça ne débouche sur rien. Et les gens...
Vous savez, une fois qu'ils ont fait 3, 4 fois, 10 fois le tour de la place de la République ou bien le tour de Trafalgar Square à Londres ou de la Piazza del Popolo à Rome... Ils l'ont fait une fois au mois d'avril, une fois au mois de mai. Puis après ça, au mois de juin... « Non. J'irai pas. Cette fois-ci, je vais prendre... ». Et puis en septembre : « Oui. Bon, là, j'y vais ». En octobre : « Non, non. Là, j'ai les gosses. Je peux pas ». Et puis en décembre : « Non. Je suis fatigué ». Puis ça se termine comme ça.
Et ainsi a été désamorcée en douceur toute la colère des jeunes qui ne voient plus de possibilité autre que de boire, se droguer, émigrer ou bien accepter d'avoir un petit boulot 10 heures par semaine chez McDo. Voilà. Ainsi se passe la vie politique en Europe. La quatrième technique, c'est la technique de la débilisation. La débilisation consiste à réduire le débat politique au niveau d'un gag afin que les électeurs ne perçoivent plus la gravité des enjeux et se décident à voter avec insouciance et impulsivité. Je vous l'ai montré tout à l'heure, notamment pour les campagnes – vous savez – pour appeler à voter...
Vous aviez, vous savez : « Choisissez-les selon vos désirs », etc., « Pliez-les à vos désirs (Bruit de fouet) ». Là, c'est un petit peu la même chose. C'est qu'au lieu de parler de sujets qui sont vraiment très très graves, d'attirer les gens vers le haut, de leur dire la gravité de la situation... Non. On va leur donner un gag, etc. Comment ça se passe ? Ça, c'est la campagne des jeunes du Parti socialiste pour les élections européennes de 2009. {♫ Marche turque (Mozart) ♫ — Oh, chéri, j'ai envie de toi. Fais-moi l'Europe. — Hum... D'accord}. Alors ça, c'est les conservateurs. {♫ Marche turque (Mozart) ♫} Et ça, c'est le besoin de changement. Ce sont les socialistes.
{♫ Musique électronique ♫ (Bruits d'objets qui tombent} (Orgasme d'une femme)} Voilà. Faites vibrer l'Europe en votant socialiste. Je n'invente rien. Voilà le degré auquel est rendue la politique. Parce que c'est un clip vidéo MJS mais qui a été également fait par le Parti socialiste espagnol... Vous l'avez peut-être vu, PSE. Voilà le niveau de réflexion auquel conduit l'Europe. Alors de fait, d'ailleurs, dans la foulée, il y a eu une baisse de la TVA sur les préservatifs : « La gauche vous protège ». Eh oui.
François Asselineau