Défiance envers le vaccin AstraZeneca, élections régionales... Le "8h30 franceinfo" d'Aurore Bergé
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Le 8.30 France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT avec Myriam Ancawa de la chaîne parlementaire. Bonjour Myriam. Bonjour Ercine, bonjour à tous. Notre invité est député de La République En Marche des Yvelines, président délégué du groupe à l'Assemblée Nationale. Bonjour Aurore Berger. Bonjour. Emmanuel Macron était en visite à l'usine Delfarm à Saint-Rémy-sur-Avres hier. Il s'est clairement réjoui de la montée en puissance de la production de vaccins sur le sol français et européen. On écoute le président de la République.
Nous produirons sur notre sol en 2021 250 millions de doses de vaccins pour la France et l'Europe. Et donc c'est vraiment un effort de guerre collectif et national.
Voilà ce qu'a dit Emmanuel Macron. On va produire ou on va sous-traiter ?
On va réussir à produire. C'est un vrai effort de réindustrialisation avec plusieurs sites industriels. Un premier a été en effet visité par le président de la République, Agnès Pannier-Runacher. Je crois que c'est quand même une très belle nouvelle. C'est-à-dire qu'on parle de manière récurrente de souveraineté industrielle retrouvée, d'implantation ou de réimplantation de sites industriels. Le fait qu'on ait la capacité en France de produire ce niveau-là et ce volume-là de vaccins dans un temps si tôt.
Vous dites produire, Aurore Berger, mais c'est du flaconnage et c'est de l'emballage. Les principes actifs, la recette du vaccin, ce sont les labos qui gardent ce secret précieusement. Pourquoi dire qu'on est producteur dans ces cas-là alors qu'on est sous-traitant ?
Non mais je crois qu'il faut quand même se rendre compte de la prouesse industrielle et technologique. Je vous invite à aller discuter avec celles et ceux qui travaillent dans ces sites industriels pour leur dire qu'en fait ils ne font pas grand-chose. Ce qu'ils font est essentiel, c'est-à-dire encore une fois, ce sont des sites industriels. En Allemagne, on peut dire qu'on produit parce que BioNTech est allemand et donc il y a une différence, c'est toujours la question au fond du vaccin français qui n'est pas là. Il y a plusieurs choses. Il y a la question du principe actif et vous avez raison.
En effet, le principe actif, il n'a pas été inventé sur notre sol et on peut évidemment en reparler et s'interroger sur les raisons qui ont fait que la France n'a pas à ce jour su ou pu développer ce principe actif. Par contre, réduire ce qui se fait sur ces sites industriels en disant qu'en final, ce ne serait pas grand-chose, c'est encore une fois une vraie prouesse technique, technologique, industrielle. Ce sont des équipes extrêmement pointues qui ont réussi à développer ces sites industriels et qui va garantir qu'encore une fois, la production, elle peut être augmentée. Et elle ne sera pas réservée à la France, cette production. Notre enjeu, il est où ?
Il est encore une fois de faire en sorte qu'il y ait de plus en plus de doses qui soient produites de manière à garantir l'approvisionnement des 1700 centres de vaccination en France et puis aussi d'exporter à partir du moment où on aura eu suffisamment de doses en France. Donc à partir du moment où on veut produire plus, il faut qu'on ait aussi des sites industriels qui le permettent. Et ce qui se passe aujourd'hui en France, c'est une bonne nouvelle pour l'industrie française, c'est une bonne nouvelle en termes de souveraineté industrielle, mais aussi en termes de souveraineté sanitaire.
Qu'on exportera uniquement quand tous les centres français seront servis ?
Non, on exportera. Vous savez bien que ce sont des commandes européennes qui ont été passées. De la même manière qu'on a réussi à importer, il faudra aussi qu'une partie puisse aller à l'export.
Oui, justement, pourquoi ne pas faire comme les Américains, comme les Indiens le font aussi, en interdisant les exportations tant qu'au fond, les Européens ne sont pas complètement servis. 15% seulement de ces 250 millions de vaccins produits en Europe vont aller vers la France.
Parce qu'encore une fois, la France a réussi à commander et à sécuriser 100 millions de doses. 100 millions de doses, c'est donc plus que la population totale de notre pays et plus encore que la population qui souhaitera être vaccinée. Malheureusement, je crains qu'on n'ait pas 100% de la population française qui le souhaite. Donc, de toute façon, ça veut dire qu'il n'y a pas d'inquiétude sur la capacité d'approvisionnement et de sécurisation de notre approvisionnement. Vous le savez, par le passé, avec les retards de l'épaisons accumulés, c'est fini. Il y a eu des difficultés, et on le sait bien, d'approvisionnement.
D'où, encore une fois, la nécessité d'avoir des sites industriels qui permettent que cet approvisionnement soit en continu. Après, vous le savez, encore une fois, ce virus, il circule aussi. Je pense que, de la même manière qu'il n'y a pas de géopolitique du vaccin, où, à partir du moment où il y aura un vaccin qui serait bon, qui serait validé, qui serait produit dans d'autres pays extra-européens, ce serait légitime qu'on puisse, évidemment, l'autoriser en France, par ce moment où il passe tous les contrôles sanitaires. De la même manière, se dire qu'il y a une part aussi des vaccins qui sont produits au sein de l'Union européenne, qui sont à l'export, c'est aussi une bonne nouvelle.
Parce qu'on a aussi intérêt à ce que l'ensemble des pays potentiellement contaminés par le vaccin puissent y avoir accès.
Le vaccin Sanofi, vous l'évoquiez tout à l'heure, plutôt le non-vaccin Sanofi, puisqu'il n'existe pas encore, il est en train d'arriver. Elle nous dit en ce moment Emmanuel Macron, il va arriver quand ? Après la pandémie, on en est presque là. Quel a été le problème pour expliquer ces échecs et cette lenteur depuis le début ?
Je ne peux pas répondre à la place d'un industriel sur les difficultés qui ont conduit à ce que le vaccin n'ait pas pu être produit au sein de Sanofi. Ce qui compte, encore une fois, c'est de faire en sorte justement que l'entreprise puisse s'interroger sur les difficultés qui ont émaillé la manière avec laquelle ce cycle ne s'est pas produit, cette innovation ne s'est pas produite.
Vous pouvez répondre sur ce sentiment de déclassement français que peuvent ressentir certains de nos concitoyens dans cet échec, dans la guerre des vaccins ?
Ce qui compte aujourd'hui, c'est que les Français puissent aller rapidement dans un centre de vaccination, se faire vacciner. C'est ça qui importe. Est-ce que la question est uniquement de savoir si le vaccin est d'origine française, allemande, russe, chinoise ? La question, c'est est-ce que c'est un vaccin qui est efficace, qui passe les barrières sanitaires, les contrôles sanitaires ? Est-ce que justement, on peut avoir une réindustrialisation pour qu'il puisse être produit en France, même si le principe actif n'est pas français ? Eh bien, ça, c'est ce qui est possible aujourd'hui et c'est 1 700 centres de vaccination qui existent dans notre pays.
L'accélération est là, elle est nette, puisque le record a été battu de plus de 500 000 personnes vaccinées hier. Et pourtant, la défiance est encore très, très forte sur le vaccin AstraZeneca. 71% des Français n'en veulent pas. Est-ce que vous les comprenez, ces Français qui ont des doutes et des intégrégations ? Est-ce qu'elles sont légitimes ?
Alors, c'est normal de douter. C'est normal de douter, encore une fois, face à des vaccins qu'on connaît peu aujourd'hui. Donc, je peux comprendre l'appréhension initiale d'un certain nombre de Français. Je crois qu'on a eu raison aussi, à partir du moment où il y a eu des doutes, de tout de suite dire on ne prend pas de risque et donc on arrête. Et donc, on a eu ce retrait pendant 48 heures qui a été critiqué par certains. Mais je crois que c'était la bonne réponse pour dire face à des doutes qui s'expriment, on ne prend aucun risque avec la santé des Français.
À partir du moment où ce vaccin a été réintroduit, c'est parce qu'encore une fois, tous les contrôles sanitaires, on a les contrôles les plus exigeants au monde. Donc, à partir du moment où il est disponible, c'est qu'évidemment, il est efficace et qu'il est sous autorité scientifique, sous autorité médicale.
Et quand on décide maintenant de mélanger, entre guillemets, les vaccins, une injection d'un vaccin, la deuxième d'un autre, est-ce que là, on prend un risque ? L'OMS, l'Organisation Mondiale de la Santé, dit qu'elle ne peut pas recommander cette méthode, qu'elle n'a aucune donnée sur le sujet.
Encore une fois, on a les contrôles sanitaires, scientifiques, médicaux parmi les plus exigeants au monde. Et à chaque fois qu'il a pu y avoir le moindre doute, il a été pris extrêmement au sérieux, quitte à lever parfois ce que je disais pendant 48 heures la vaccination, de manière à ce qu'il n'y ait aucune ambiguïté, aucun doute, aucune suspicion possible.
Donc là, si on le fait, c'est qu'il n'y a aucun risque, aucun doute ?
Si on le fait, c'est qu'il n'y a aucun risque pour la santé des Français. Encore une fois, moi, demain, le jour où je pourrais me faire vacciner, je n'ai pas d'appréhension à l'idée d'avoir deux doses, de deux types de vaccins différents, parce que je sais que c'est contrôlé par l'autorité de santé.
On va reprendre cette discussion dans une minute. Aurore Berger, juste après le fil info, 9h moins 20, Diane Ferschit.
Et l'Union Européenne veut éviter les mêmes écueils qu'avec le vaccin AstraZeneca. L'Agence Européenne du Médicament lance une enquête sur le vaccin Janssen. Objectif, établir s'il existe un lien entre ce sérum et des cas de thrombose. Quatre incidents rapportés notamment aux Etats-Unis. Le vaccin Janssen doit commencer à être utilisé d'ici la fin du mois en Europe. Et l'Agence Européenne du Médicament s'intéresse aussi à un autre vaccin, le Sputnik V. Une équipe de l'Autorité Sanitaire Européenne se rend en Russie aujourd'hui. Le début des vacances scolaires, des vacances confinées. Pas de déplacement autorisé à plus de 10 km de son domicile. Les contrôles sont renforcés.
Ils vont se poursuivre toute la semaine, notamment dans les gares. La SNCF qui va d'ailleurs encore réduire son offre de train à partir de lundi. L'épidémie est plus de 41 200. Nouveaux cas de Covid ont été recensés ces dernières 24 heures. L'inquiétude porte sur les bouches du Rhône où le taux d'incidence flambe 575 cas pour 100 000 habitants. 24 ans de réclusion, condamnation de Reda Criquette par la cour d'assises spéciales. L'homme était accusé d'avoir projeté un attentat djihadiste en mars 2016. Deux jours après les attentats de Bruxelles, la police avait saisi un véritable arsenal dans l'appartement loué par Reda Criquette dans le Val d'Oise.
Des fusils d'assaut et des explosifs, notamment. La 32e journée de Ligue 1 de football, victoire de Lille 2 à 0 face à Metz. Les Nordis, leaders du classement, ont désormais 6 points d'avance sur le PSG. Les Parisiens qui affrontent Strasbourg à 17h. Autre rencontre ce samedi, Montpellier-Marseille, ce sera à 21h. France Info.
La députée à l'RM des Yvelines, Aurore Berger, l'invité du 8.30 France Info, Myriam Ancawa.
Alors c'est l'annonce de la semaine en dehors du Covid. Bien sûr, Emmanuel Macron a décidé de supprimer l'ENA pour la remplacer par l'Institut du service public. Est-ce que vous pensez franchement que ça va permettre de reconnecter les classes populaires avec leurs élites ?
Je crois que la difficulté, elle n'est pas tant là que sur ce que produit peut-être ce type d'institution après dans la société. Encore une fois, l'idée n'est pas du tout de critiquer une grande école qui a permis au sortir de la guerre d'arriver à former une élite qui n'était pas qu'une élite politique parce qu'on avait besoin justement de refonder post-guerre cette élite qui, évidemment, pour des raisons évidentes, manquait.
Mais si elle est supprimée aujourd'hui, cette école, c'est qu'elle ne marchait pas, fonctionnait pas.
La question, c'est l'homogénéisation sociale qui peut exister. La question, c'est qu'on a, c'est l'Institut Montaigne qui le dit, par exemple, quand vous regardez, justement sur les différents cadres qui sont après au sein de ce type de grandes écoles, ils sont issus de 200 classes de maternelles. Donc on a un vrai sujet en France aujourd'hui d'homogénéisation sociale qui, derrière, provoque une grande difficulté sur la capacité à avoir une diversité de Français qui se sentent représentés et incarnés. Est-ce que le problème, c'est les mains ou les inégalités à la racine ? C'est les deux.
Ce qu'il y a, les inégalités à la racine, et donc l'enjeu évident d'avoir un primat renforcé sur la lutte contre les inégalités au sein des écoles, donc tout ce qu'on a fait sur les repérés plus le dédoublement, c'est justement ça, de dire, on renforce et on met plus là où il y a moins. Donc ça, je crois qu'on prend le problème à la racine. Et ensuite, ce que produit l'ENA, c'est-à-dire la difficulté d'avoir des corps qui sont ensuite figés. C'est-à-dire, vous ne pouvez plus intégrer tel ou tel type de grand corps d'État parce que vous n'êtes pas passé par ce type-là. Or, on a besoin d'avoir une diversité de parcours.
On a besoin, et c'est ce qui a été fait notamment sous l'impulsion d'Amine Monchalin, du président de la République, de se dire que les préfets dans notre pays, il n'y a pas de ce sujet endogamique. On ne peut pas avoir uniquement des gens qui ont été formés de la même manière, qui du coup pensent de la même manière, qui ont les mêmes codes, les mêmes méthodes, les mêmes organisations.
Alors, quelles seront les différences de formation au sein de ce qui sera l'Institut du service public, l'ISP, plutôt que l'ENA ?
Mais je crois qu'au-delà de ce qu'on y apprend, c'est comment on recrute. Et ça, je crois que c'est probablement la chose la plus importante. Le concours, c'est probablement ce qu'il y a de plus républicain dans notre pays. C'est la garantie que chacun puisse y avoir accès. Et je crois qu'il faut évidemment garder ce type de recrutement-là.
Par contre, se dire qu'on peut avoir des parcours plus diversifiés, que ceux qui ont eu des carrières professionnelles préalables puissent aussi y avoir accès, qu'on a une attention plus forte aussi sur la territorialisation, pour se dire qu'encore une fois, on n'a pas uniquement les mêmes types de profils qui entrent des écoles, et donc qui en sortent, et qui ensuite évidemment vont préempter un certain nombre de grands corps. Et qu'on a plus de fluidité dans les parcours au sein de la haute fonction publique.
Avant l'ENA, c'était de la cooptation de l'entre-soi.
Non, on ne peut pas dire que l'ENA était de la cooptation de l'entre-soi. Avant l'ENA, avant que la création de l'ENA. Pardon, je n'avais pas compris votre question. Je crois encore une fois que le concours est ce qu'il y a de plus républicain dans notre pays. La question c'est comment on prépare celles et ceux qui veulent les passer, comment on fait en sorte qu'il n'y ait pas d'auto-censure, comment on fait en sorte qu'il y ait de l'accès à l'information, comment on fait en sorte, encore une fois, je crois que ça n'est pas sain, qu'on ait une élite, et on peut considérer que nous en faisons partie, qu'ils soient formés de la même manière, qu'ils soient issus des mêmes milieux sociaux.
Donc investissement sur l'école, l'éducation, les collèges. Les inégalités à la racine, encore une fois, on met plus là où il y a moins, là où il y a le plus d'inégalités sociales et territoriales, et c'est l'école qui est évidemment le creuset qui peut permettre de réparer ces inégalités, et après au sommet, où on est là pour diversifier les parcours, et c'est aussi l'attention très forte qu'on doit avoir sur les nominations qui sont faites.
Ce qui étonne l'opposition qui estime que cette annonce, c'est de l'affichage avant 2022, c'est qu'elle intervient en pleine crise sanitaire, où on a vu tous les freins de la technostructure pour avancer de façon agile et rapide. Est-ce que ce n'est pas plutôt l'État que l'ENA qu'il faut réformer ?
Je crois qu'il faut assumer de faire les deux. Mais aujourd'hui, on a aussi un appareil d'État qui est piloté par un certain nombre de personnes qui sont issues des mêmes types d'écoles. J'en fais moi-même partie, donc je peux l'assumer. J'ai fait Sciences Po Paris, j'y suis entrée par le concours, je suis très fière d'avoir réussi ce concours, très fière d'avoir fait cette école, mais c'est aussi une difficulté si, encore une fois, on a tous les mêmes profils.
Donc réformer l'État, vous allez le faire aussi ? Vous allez continuer à réformer jusqu'à la fin du quinquennat ?
Bien sûr, la réforme ne peut pas s'arrêter au regard de la crise sanitaire. Est-ce que vous avez dit sur parfois ce qui a semblé être une difficulté supplémentaire du fait d'une difficulté administrative ou d'une surcharge administrative dans notre pays ? Déjà, il faut l'objectiver, est-ce que c'est vrai ou pas ? Moi, je vois aussi concrètement sur le terrain que ce qu'on appelle les agences régionales de santé, c'est ce qui permet d'avoir 1 700 centres de vaccination dans notre pays, c'est ce qui permet d'avoir plus de 500 000 personnes qui ont été vaccinées hier, d'avoir une organisation logistique exemplaire aussi dans notre pays.
Mais il n'y a pas un peu trop de rigidité et de retard à l'allumage dans la manière de réagir avec ces ARS ?
Moi, je crois aussi que ça a permis de maintenir et de garantir une équité territoriale, de garantir qu'encore une fois, que ce soit les territoires les plus ruraux ou que ce soit les territoires les plus urbains, on ait la même capacité d'approvisionnement, qu'on ait une totale transparence. Enfin, je crois qu'il faut considérer quand même la prouesse d'avoir 1 700 centres de vaccination, d'avoir en direct, en open data, au jour le jour, le nombre de vaccinations faites, le nombre de vaccins disponibles, département par département. Ça, c'est aussi possible parce que vous avez ces réseaux qui existent. Est-ce qu'il faut plus de souplesse, plus d'agilité ?
On a eu beaucoup de retard dans cette campagne de vaccination.
On a fait un choix qui était de dire qu'on commencerait la campagne de vaccination à partir du mois de janvier. Et c'est ce qui est fait. Et aujourd'hui, on ne peut pas parler de retard dans la vaccination. On a non seulement les vaccinodromes, mais on a des centres de proximité. On a 500 000 personnes vaccinées hier. Donc, ça veut dire que les chiffres qu'on avait annoncés, ils seront tenus.
Vous nous dites que la réforme va continuer, le quinquennat n'est pas à l'arrêt jusqu'à 2022. De quelle réforme ? Vous avez peut-être entendu Edouard Philippe sur France Inter qui dit qu'il faut faire la réforme des retraites. Vous lui dites quoi ?
Alors, déjà, vous savez, moi, je vais retourner à l'Assemblée nationale après ce plateau pour continuer sur le projet de loi climat, qui est un projet de loi qui est quand même essentiel sur le quotidien des Français et sur l'écologie au quotidien. Vous en parliez sur la question du vélo, par exemple, qui est une question qui intéresse les Français. Moi, je suis plus interrogée, en effet, par l'écologie du quotidien, par la capacité à avoir de la mobilité, à avoir des déplacements faciles, que sur la réforme de l'ENA. C'est ça la dernière grande réforme d'Emmanuel Macron ? Non, ce n'est pas la dernière grande réforme. Il y a cette réforme-là qui est en cours.
On va aller au bout d'une réforme qui est essentielle pour des milliers de femmes, qui est aussi la question de la réforme de la bioéthique, qui permet d'avoir l'accès de la PMA pour toutes les femmes. Ça, ce sera 2021, c'est sûr. C'était un engagement qui a été pris et il faut évidemment que ce soit tenu et ce n'est pas du tout anodin. Et on a des milliers de femmes dans notre pays qui attendent que cette réforme puisse être tenue.
En revanche, sur l'IVG, par exemple, l'allongement du délai légal ou même sur l'euthanasie, là, ce sont les marcheurs, la majorité parlementaire qui prend l'initiative sans l'aval du gouvernement, ça n'avance pas.
Sur l'IVG, nous, on a dit très clairement qu'on souhaitait que ce soit inscrit à l'ordre du jour. Donc, vous savez, pour inscrire à l'ordre du jour à l'Assemblée nationale, il y a deux solutions. Soit c'est ce qu'on appelle une niche parlementaire et donc c'est nous qui en avons la maîtrise et c'est nous qui pouvons faire ce choix de l'inscrire, soit c'est le gouvernement qui l'inscrit. Donc, si le gouvernement ne l'inscrit pas parce qu'il y a encore une fois d'autres réformes qui doivent pouvoir exister, alors oui, sur la question de l'allongement des délais sur l'accès à l'IVG, nous l'inscrirons parce que nous en avons pris l'engagement.
C'est un enjeu essentiel pour lutter contre les entraves qui sont faites malheureusement encore aux femmes dans notre pays d'avoir accès tout simplement à la maîtrise de leur corps.
Aurore Berger, invitée du 8.30 France Info ce matin, on reprend cette discussion. Après le fil info, 9h10, Diane Ferschit.
Les vacances scolaires après une semaine d'école compliquée à la maison avec les difficultés d'accès aux plateformes d'enseignement à distance. Sur France Info, le syndicat d'enseignants, le SNES-FSU, souhaite que le ministère de l'Éducation nationale annonce tout de suite la suppression du grand oral du baccalauréat, une épreuve nouvelle déjà mal cadrée selon lui. La lutte contre le coronavirus et 510 000 injections de vaccins en une seule journée, hier à un record en France. L'Europe s'intéresse, elle, au vaccin russe. Le Sputnik V, une équipe de l'Agence européenne du médicament, arrive aujourd'hui en Russie pour l'étudier de plus près.
L'Agence européenne du médicament qui lance également une enquête sur de possibles effets secondaires du vaccin Janssen avant sa mise en circulation. De rares cas de thrombose comme avec l'AstraZeneca ont été détectés. Le Premier ministre en Ardèche, ce samedi, après les dégâts subis par les agriculteurs à cause du gel, une crise historique selon les chambres d'agriculture. Dans certaines régions, l'ensemble de la production est perdu. L'État a déclenché le fond de calamité agricole. Emmanuel Macron salue sur Twitter la vie exemplaire du prince Philippe, l'époux de la reine d'Angleterre. Il est mort hier à l'âge de 99 ans.
En son honneur, des salves seront tirées à 13h à Londres, à Belfast, à Édimbourg et depuis, les navires de la Royal Navy.
France Info
C'est Aurore Berger, la députée La République en Marche des Yvelines, qui est l'invité du 8h30 France Info ce matin. Aurore Berger, est-ce que les élections régionales doivent réellement se tenir en juin ? Avant de nous donner votre réponse, écoutez ce que disait François Bayrou sur France Info, jeudi dernier.
Il n'est pas raisonnable de tenir les élections dans un moment où l'attention des citoyens est portée sur des questions aussi graves que la santé, la maladie, l'épidémie, la vie et la mort.
Il faudra les organiser quand ? C'est régional, c'est départemental.
Après l'été.
Voilà ce que dit François Bayrou. Aurore Berger, qu'en pensez-vous ? Il n'est pas le seul à demander cela.
Moi j'en pense déjà qu'il faut demander aux premiers concernés, c'est-à-dire ceux qui vont pouvoir organiser l'élection sur le terrain. C'est ce qui est fait tout au long du week-end, puisque les maires vont être interrogés pour savoir si oui ou non...
En l'occurrence, François Bayrou, c'est le maire de Pau.
Oui, non mais d'accord, mais les maires, c'est 35 000 maires dans notre pays, ce n'est pas un maire, c'est 35 000 qui doivent être interrogés.
Il explique qu'au fond c'est quasiment impossible, il faudrait que les assesseurs soient vaccinés pour répondre à la recommandation quasi obligatoire du Conseil scientifique, que ces assesseurs y sont trouvés dans les trois jours avant l'élection. Donc impossible d'y parvenir de façon pragmatique.
Encore une fois, moi je pense qu'il y a des gens qui organisent des élections dans notre pays. Mais vous n'en pensez pas vous ? Moi ce que je pense, c'est que d'abord, il va falloir, pour que ces élections puissent se tenir, qu'il y ait des gens, c'est assez simple, qui tiennent et qui acceptent de tenir des bureaux de vote tout au long de la journée. Donc je souhaite d'abord qu'on sache quelle est la position des maires, quelle est la position de celles et ceux qui vont être derrière une table pour tenir le bureau tout au long de la journée
Richard Ferrand, il n'est pas mal, il est pour le report, le président de l'Assemblée nationale.
Et après, je comprends, et c'est ce que dit notamment Richard Ferrand, que la difficulté, elle n'est pas uniquement la question du jour de l'élection. C'est la difficulté de se dire, est-ce qu'on peut faire campagne ? Et donc, est-ce qu'on est en capacité à un moment que chacun puisse présenter le projet qui est le sien au français ? Ce qui est certain, c'est qu'aujourd'hui, je vous assure, je ne suis pas harcelée de messages de nos concitoyens qui me disent « maintenez coûte que coûtent les élections » ou « reportez-les coûte que coûtent ».
Mais donc pour vous, Aurore Berger, ça ne serait pas un problème de déplacer une échéance électorale, ça ne serait pas un problème démocratique fondamental ?
À partir du moment où celles et ceux qui sont là pour organiser les élections dans nos territoires, c'est-à-dire les élus locaux, recommanderaient que cette élection puisse être décalée, alors je pense qu'il faudra suivre leur avis. Si on voit qu'il y a une majorité d'élus qui considèrent que cette élection peut se tenir, qu'ils savent pouvoir l'organiser, qu'ils savent trouver des assesseurs, alors maintenons-le.
Pourquoi les autres pays parviennent à tenir des élections ? Évidemment, on pense aux États-Unis. Pourquoi le vote par correspondance, ça n'est pas possible ? Est-ce que c'est encore les lourdeurs administratives ?
Un vote par correspondance qui est certain, c'est que ça ne s'organise pas deux mois avant. Un vote par correspondance, ça ne s'organise pas. Mais ça fait des mois qu'on sait qu'il y a un scrutin. Oui, mais ce sont des choses qui prennent du temps à organiser, à structurer. Regardez aussi les polémiques que cela a engendrées au moment de la campagne présidentielle. Et là, il faudrait l'organiser sur l'ensemble, à la fois des élections régionales et des élections départementales, puisque les deux se tiennent pour l'instant conjointement au mois de juin. Nous avons deux tours d'élection, ce qui veut dire que garantir que vous avez la possibilité de voter, ce sont des questions très concrètes.
Est-ce que vous pouvez voter pour le premier tour ? Est-ce que vous votez par anticipation pour le second, sans savoir quels seront les candidats qui seront retenus ? Comment vous faites quand vous n'avez qu'une seule semaine entre le premier et le second tour pour garantir que le vote par correspondance puisse aussi exister ? Donc on a plein de questions très concrètes, mais qui peuvent avoir des conséquences politiques très importantes.
Ça sera tranché peut-être à l'issue de ce week-end avec l'avis des maires. Cinq ans, c'est l'anniversaire de votre mouvement En Marche. Sur quoi, très concrètement, a-t-il pesé dans le débat ? Sur quoi a-t-il servi d'aiguillon au gouvernement ? On ne voit pas.
Je crois déjà qu'il a servi d'aiguillon à l'avis politique. Sur quel dossier, sur quelle réforme, on peut dire ça, c'est estampillé En Marche ? Mais parce que tout le projet qu'on a porté est estampillé En Marche. Tout ce qu'on est en train de déployer, c'est le cœur de la promesse qu'on avait portée à la fois sur les enjeux de renouvellement de la vie politique, et je crois qu'on en a fait la démonstration de manière assez...
Mais sur les réformes, sur pousser des sujets, c'est le rôle d'un parti, le débat d'idées. Mais qu'est-ce qui fait qu'on peut dire, tiens, ça, c'est grâce à En Marche ?
Mais je crois qu'encore une fois, toutes les réformes qu'on fait, par exemple, la question de l'écologie, elle est au cœur de ce qu'on porte au sein de La République En Marche. De se dire qu'on ne fait pas une écologie qui se limiterait à interdire plus et à taxer plus, mais qu'on assume justement, nous, d'avoir une écologie qui est la décarbonation de notre industrie, et qui n'est pas la décroissance. Quand j'entends dans certains débats qu'il faudrait supprimer le mot croissance des manuels scolaires, oui, ça, ce n'est pas l'écologie qu'on prône au sein de La République En Marche. Et ça, on l'a porté.
Et on l'a porté parce que nos adhérents ont voulu le porter, parce que le mouvement a voulu le porter, et parce qu'on a fait en sorte, encore une fois, de le mettre en haut de l'agenda politique, parlementaire, gouvernemental. Et je crois que c'était quelque chose qui était à la fois la démonstration qu'on pouvait s'emparer des sujets qui sont essentiels aujourd'hui dans le quotidien et dans la vie des Français, mais qu'on le faisait d'une manière radicalement différente de ce qui était présenté jusqu'alors sur l'écologie politique.
Un mot de votre parcours personnel, Aurore Berger, puisque vous avez connu et suivi plusieurs courants politiques, essentiellement à l'UMP d'ailleurs. Vous avez été sarkoziste, filloniste, pécréciste. Maintenant, vous êtes macroniste. Est-ce que vous êtes sûre de le rester ?
Alors, moi, j'ai été pendant près de 15 ans dans un parti politique. C'était l'UMP qui est devenu ensuite Les Républicains, avec Nicolas Sarkozy très longtemps à sa tête. Et après, pour la primaire de la droite, j'ai soutenu non pas François Fillon, mais Alain Juppé. Et quand Alain Juppé a perdu la primaire de la droite, j'ai fait un choix de cohérence qui était de dire « Je considérais que le programme porté par Alain Juppé, les valeurs qui étaient portées par Alain Juppé, étaient mieux incarnées dans le projet d'Emmanuel Macron que dans le projet porté par François Fillon.
» Notamment sur la question de droit des femmes ou d'IVG que vous avez mentionné tout à l'heure, sur laquelle il y avait beaucoup d'ambiguïté dans le programme de François Fillon, notamment avec Sens commun, qui était un peu l'aiguillon de son projet politique. Si la question est sous-jacente, c'est la question d'Edouard Philippe. Elle arrive, elle arrive. Je sens poindre cette question-là. Emmanuel Macron est le président de la République. Je souhaite qu'Emmanuel Macron soit notre candidat à la présidentielle. Donc il n'y a aucune ambiguïté sur le sujet.
Et donc les circonvolutions d'Edouard Philippe qui, à travers ce grand plan médiatique pour la promotion de son livre, explique à la fois qu'il est loyal tout en précisant immédiatement après qu'il reste libre.
Comment vous regardez ça ? Moi, je crois qu'on a eu beaucoup de chance d'avoir Edouard Philippe Premier ministre. Je crois que ça a été un excellent Premier ministre dans notre pays, à la fois sur des sujets qui étaient extrêmement importants de réformes. On oublie assez vite les réformes qui ont réussi à être conduites dans notre pays et que personne n'avait réussi à porter. Un beau funambule aussi. C'est notamment sur la SNCF, sur Notre-Dame-des-Landes, c'est-à-dire la capacité à un moment à arbitrer, à trancher, à décider. Je crois que ça, il en a fait la démonstration, y compris au tout début d'une crise sanitaire que personne n'arrivait à appréhender, à connaître, à maîtriser.
Lui a porté une voix qui était extrêmement claire dans une totale loyauté vis-à-vis du président de la République. Il reste totalement loyal.
Quel rôle alors il peut avoir dans cette campagne ?
Parce qu'il a une voix qui est essentielle, je pense, dans la vie politique française. Et c'est important qu'il puisse la faire prévaloir en toute loyauté avec le président de la République. Et je crois que c'est ça qu'il porte aujourd'hui. Et cette exigence-là, je pense qu'on a de la chance qu'il puisse la porter à nos côtés.
Merci beaucoup, Aurore Berger, députée de La République En Marche, des Yvelines, invité du 8.30 France Info ce matin.
Aurore Bergé