Cécile Duflot - On n’est pas couché 5 septembre 2009 #ONPC
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:01OuverteÉludée
Attaquer sur la taxe carbone et l'actualité politique chaude pour vous en ce moment ?
- 0:46FerméeRéponse partielle
Est-ce que le président vous a dit clairement qu'il s'en fichait de Fillon ?
- 1:05OuverteRéponse directe
Vous l'appelez contribution climat-énergie plutôt que taxe carbone ?
- 1:38ComplaisanteRéponse partielle
Vous n'êtes pas mal en porte-parole du gouvernement en fait ?
- 2:29OuverteRéponse directe
Les Français ont du mal à comprendre concrètement ce qui va leur arriver avec cette taxe carbone. Ça veut dire quoi ? Que l'essence va augmenter ?
- 3:16FerméeRéponse directe
L'électricité a été écartée de la taxe carbone ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:23Invité politiqueFait
« On y allait en pensant que les arbitrages étaient déjà rendus, puisque le Premier ministre avait annoncé que les arbitrages étaient déjà décidés sur la taxe carbone. »
- 0:31Invité politiqueFait
« Le président de la République a dit que ce n'était pas le cas. »
- 1:08Invité politiqueFait
« Si on croit que c'est que une nouvelle taxe et que comme Bercy le pense, ça sert à combler un certain nombre de manques de recettes, notamment celle du bouclier fiscal, on se trompe. »
- 1:22Invité politiqueFait
« L'objectif de cette contribution c'est vraiment d'essayer de préparer l'ensemble de notre pays et en particulier les ménages les plus fragiles à l'augmentation progressive du coût de l'énergie. »
- 2:17Invité politiqueFait
« L'ultimatum climatique, que le risque du réchauffement climatique, c'est un risque qui nous menace tous. »
- 4:50Invité politiqueFait
« Sur la question du réchauffement climatique, il n'est pas marginalisé, il est ostracisé par l'ensemble de la communauté scientifique mondiale. »
- 5:32Invité politiqueFait
« Ce qui se passe au Niger, c'est totalement apocalyptique. »
- 7:16Invité politiqueFait
« Vous, moi, vos enfants, vos petits-enfants, on a une seule planète pour vivre, c'est la planète Terre. »
- 7:32Invité politiqueChiffre
« Si on a le niveau de vie qu'on a dans les pays d'Europe du Nord, il faut trois ou quatre planètes pour que ça fonctionne. »
- 9:10Invité politiqueFait
« La nécessité aujourd'hui, c'est de dire comment on organise la transition écologique de l'économie. »
- 12:01Invité politiqueFait
« La fiscalité écologique, c'est une nécessité vitale. »
- 15:58Invité politiquePromesse
« Il nous semble nécessaire qu'il y ait un revenu minimum en dessous duquel personne ne doit descendre au niveau européen. »
- 16:00Invité politiquePromesse
« On envisage un plafonnement des revenus avec une fiscalité très progressive et très importante. »
- 24:47Invité politiqueFait
« La politique, c'est essayer de faire bouger la société dans un cadre démocratique dans le sens qu'on estime juste et en défendant ses idées. »
- 25:29Invité politiqueFait
« obtus, vous avez des vieilles grilles d'analyse et vous avez envie que je rentre dedans. »
- 28:02Invité politiqueFait
« le problème essentiel de ça, c'est qu'il faut être quand même un peu d'accord sur ce que la candidature commune va défendre. »
- 28:14Invité politiqueFait
« si on ne discute que de ça et si on fait trois ans sur les primaires, franchement... »
- 28:31Invité politiqueFait
« J'ai juste un problème de méthode et je considère aujourd'hui que le projet des socialistes, ce n'est pas le projet des écologistes. »
- 30:40Invité politiqueFait
« vous allez encore me renvoyer la caricature de l'écologie. »
- 31:20Invité politiqueFait
« ma mère avait des convictions écolo à une époque où ce n'était pas du tout à la mode. »
- 32:02Invité politiqueFait
« Qui parle dans mon dos parle à mon cul. »
- 35:23Invité politiqueFait
« si on écrivait autre chose que pour une gauche unie, si on mettait un peu de contenu pour répondre au débat de tout à l'heure, là, on voit qu'on arrive à créer quelque chose qui fonctionne. »
- 35:40Invité politiqueFait
« Lisez le programme qu'on a développé pendant ces élections européennes, et je peux vous dire que justement, dans la perspective des régionales, les gens qui ont envie de se rassembler avec nous, c'est à ça qu'ils s'intéressent. »
Temps de parole
- Cécile Duflot43 %
- Locuteur 918 %
- Locuteur 512 %
- Locuteur 711 %
- ?9 %
- Locuteur 12 %
≈ 39,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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– Avant
d'attaquer sur la taxe carbone et toute l'actualité politique, chaude pour vous en ce moment en tout cas, c'est vrai qu'il n
'y a
pas une journée sans qu
'on
ne vous voit pas dans la presse, sans qu'on n'entende pas vos déclarations, vous avez même été reçu par le président Nicolas Sarkozy jeudi dernier.
–
Oui, mais ne
vous
inquiétez pas, ça ne
va
peut-être pas durer.
– Non, ça je me doute, vous n'allez pas vous voir toutes les semaines. Non, ça s
'est
bien passé ?
– Oui, ça s'est bien passé, ça s
'est
bien passé parce qu'on y allait en pensant que les arbitrages étaient déjà rendus, puisque le Premier ministre avait annoncé que les arbitrages étaient déjà décidés sur la taxe carbone et le président de la République a dit que ce n'était pas le cas. –
C
'est un
citoyen qui a mal fonctionné ça,
comme d
'habitude. – Fillon ne décide rien donc évidemment… –
Il ferait mieux de ne pas dire des choses qui en plus à mon avis
ne sont pas des bonnes solutions. – Mais il
croit qu'il décide.
–
Ça je ne m'avancerai pas, moi ce qui m'importe c
'est
ce qui va être décidé.
–
Est-ce qu
'il
vous a dit clairement je m'en fous de Fillon le président
? – Non,
il ne parle pas comme ça.
–
Non mais c'est en gros ce qui vous a fait
comprendre.
– Si vous l'avez dit, ce que vous le diriez.
–
Peut-être.
Il faut
que je fasse attention parce qu'on me surveille beaucoup sur ce que je dis et sur mon vocabulaire. Donc je me surveille. Non, ce qui est intéressant c'est d'essayer de reparler vraiment de la contribution climat-énergie. C'est-à-dire que…
– Vous l'appelez comme
ça plutôt que taxe carbone
?
– Oui parce
que ça n'est pas que une taxe. Si on croit que c'est que une nouvelle taxe et que comme Bercy le pense, ça sert à combler un certain nombre de manques de recettes, notamment celle du bouclier fiscal, on se trompe. L'objectif de cette contribution c'est vraiment d'essayer de préparer l'ensemble de notre pays et en particulier les ménages les plus fragiles à l'augmentation progressive du coût de l'énergie. Donc il faut qu'on ait les moyens de faire une politique qui soit fortement incitative et pour ça il faut avoir des moyens financiers et c'est comme ça qu'on motive l'existence de la contribution
climat-énergie. – Vous êtes pas
mal en porte-parole du gouvernement en fait.
– Non, et bien
je vais vous
dire.
– Vous êtes
porte-parole du gouvernement ? –
En
l'espace si parce que
j'assume absolument
pas l'intégralité de la politique du gouvernement.
Je
suis même très fâchée et très contrariée d'un certain nombre de mesures qui ont été adoptées et qui seront encore adoptées. – Simplement sur cette question-là, je vais vous dire, le débat il a eu lieu chez nous, on a dit peut-être qu
'il
ne faut pas y aller parce que vous voyez bien le président de
la
République il essaye de récupérer les verres contre le PS, blablabla.
– C
'est
pas son
genre pourtant,
c
'est
vraiment des mauvaises genres. – Mais
sauf que, alors peut-être que les politiques, ils sont moins politiciens que certains.
C
'est que moi je… Mais oui, non mais je vais vous dire, je fais ça parce que je crois fondamentalement que l'ultimatum climatique, que le risque du réchauffement climatique, c'est un risque qui nous menace tous. C'est de l'avenir de la planète
dont il est question. – Alors justement, ça on
est au cœur du sujet.
– Et
donc je ne
vais
pas attendre 2012 en me disant je ne
veux
pas parler à ce président-là.
–
Et on va parler du reste. – Si, si, on va parler du reste. –
Mais
sauf que là, je vous arrête justement. Bon, un, parce que les Français qui nous regardent, certes ils usent la presse pour la plupart, mais pas tous, on a parfois du mal à comprendre concrètement ce qui va nous arriver dans notre vie quotidienne avec cette taxe carbone. Ça veut dire quoi ? Que l'essence va augmenter ?
–
Ce que ça veut dire, c'est
qu
'il faut faire en sorte…
– Non mais dites-nous, l'essence va augmenter ? –
Réponse oui.
–
Est
-ce
que je peux répondre vraiment ?
–
Bah oui.
– Ce qui va nous arriver…
– Non mais répondez oui. – Est-ce que l'essence va augmenter ? –
Ce qui va nous arriver, c'est que l'essence va augmenter même s'il n
'y
a pas de taxe carbone. Vous comprenez ça ? Et c'est-à-dire que
si
on ne s'occupe pas…
–
Mais elle va augmenter plus alors encore.
–
Elle va augmenter… Non mais le problème, c'est de savoir, si on aide ceux qui vont être les plus touchés par l'augmentation du coût de l'énergie, c'est pas que l'essence, c'est le fuel,
c'est les moyens
de se chauffer, on se retrouvera dans une situation intenable. Et être démago aujourd'hui, c'est de ne pas anticiper et ne pas essayer de faire de la politique au-delà des
deux ans qui viennent. – Ce n'est pas
l'électricité, ça, ça a été écarté.
– Oui
mais nous,
on
est favorables, c'est pour ça qu'on n
'est
pas d'accord avec tout et que je ne suis pas porte-parole en tout cas de ce qui est annoncé aujourd'hui, c'est que cette contribution énergie-climat, pour que ça marche, il y a trois choses très simples. Premièrement, c'est l'ensemble des secteurs, l'ensemble des consommations énergétiques, y compris l'électricité. Deuxièmement, c'est un montant significatif pour avoir des moyens à redistribuer. Et donc, le troisième point, c'est la redistribution.
–
Mais je croyais que le nucléaire ne produisait pas de CO2 si
j'ai dit.
– D'abord,
ce
n
'est
pas vrai. Deuxièmement, non mais on… –
Non, non,
mais je ne suis pas un spécialiste du CO2, je vous l'accorde.
– Voilà, et ce qui est important, globalement, c'est de diminuer nos consommations énergétiques, surtout ce qui est du gaspillage, parce qu'aujourd'hui, on chauffe pour beaucoup les petits oiseaux parce qu'un grand nombre d'habitations ne sont pas assez isolées, et donc il faut qu'on arrive à avoir les moyens d'avoir une vraie politique énergétique.
–
Sauf que, alors je vais vous fâcher dès le départ, mais ce n
'est
pas
moi assez. – Non, non, je ne me fâche pas beaucoup. –
Rien qu'en disant son nom, je ne me vais vous fâcher, M. Claude Allègre. J'aimerais que vous me répondiez concrètement, enfin plutôt que vous lui répondiez à lui concrètement. Il dit, la France émet à peu près 5 millième des émissions mondiales de CO2. L'arrêt total, ce n
'est
même pas ce dont on parle actuellement, mais lui dit, l'arrêt total de toute émission de CO2 par la France modifierait la température moyenne du globe d'un centième de degré dans 100 ans.
–
Alors on se dit, est-ce que ça vaut le coup de payer l'essence plus chère
que ça ? – C'est qui le mec qui a
fait ce calcul-là
? C'est incroyable.
– D'abord, Claude Allègre, qui théoriquement est un scientifique, s'est créé une petite espèce de niche marketing en disant pas ce que disent tout le monde. Mais ça ne veut pas dire qu'il a raison ou même que c'est un super polémiste.
– Ça ne veut
pas dire qu'il a tort forcément non plus. –
Ça veut dire qu'aujourd'hui, sur la question du réchauffement climatique, il n'est pas marginalisé, il est ostracisé par l'ensemble de la communauté scientifique mondiale.
– Vraiment ?
–
Ça ne veut pas dire qu'il a tort.
–
Mais franchement, il y a un moment quand tous les scientifiques mondiaux sont d'accord sur cette question-là. Moi, je peux comprendre comme ça, vous parlez de lui. Parce que s'il disait « comme tout le monde », il n'existerait pas.
– Ah ben les
Verts ont fait ça pendant 20 ans.
– De quoi ? De ne
pas
parler comme tout le monde ? On aurait mieux fait de nous écouter quand on ne parlait pas comme tout le monde. Franchement, on n
'en
serait pas là. –
Ça dépend sur quoi, regardez le nucléaire. On est les seuls à avoir cette autonomie par rapport à
tous ceux qui sont
dépendants du pétrole. –
C'est
agaçant, ça. Qu'est-ce qu'on met dans les centrales nucléaires, M. Zemmour
? – Quoi
? Qu'est-ce qu'on met
? – Qu'est
-ce qu
'on
met ?
– De l'uranium ? – Pour que les centrales
nucléaires fassent de
l'électricité. – C'est ça que vous allez me dire. – Et il vient d'où
l'uranium
? –
Non mais...
– Non mais il vient d'où ? – C'est pas le pétrole.
– Il vient d'où ?
– Non mais d'accord, il vient d'Afrique. – D
'accord, il vient d'Afrique,
dans des conditions apocalyptiques. Donc l'indépendance énergétique, c'est n'importe quoi. Oui, oui, ce qui se passe au Niger, c'est totalement apocalyptique. Donc on n'est pas indépendant du tout, on fait venir de l'uranium de l'Afrique.
C
'est vous qui l'avez dit, c'est pas moi.
– Moi je réponds franchement en question.
–
Ah ben voilà.
–
Bah
si, je réponds très franchement. Je vous dis qu'en plus, ça n'est pas la solution, parce qu'une grande partie des dépenses énergétiques concernent les transports,
concernent
le chauffage, et que la vérité de ce sujet-là, c'est qu'on sait que l'énergie va coûter de plus en plus
cher. – Il
n'empêche, pardon,
excusez-moi. – Pour une raison simple. –
Je suis d'accord avec vous, ça va coûter de plus en plus cher. Mais la question que pose Allègre, oubliez que c'est Allègre.
– D'accord, je vais vous répondre sur la France.
– Il y a un vrai
sujet,
qui
est que les vrais pollueurs,
c
'est pas nous, c'est, vous le savez mieux que moi, les États-Unis, la Chine, pour faire court. Et que le vrai sujet en fait, et d'ailleurs Sarkozy je crois en a parlé jeudi. Je ne
sais
pas si il en a parlé avec vous, mais je crois qu
'il
en a parlé publiquement. Ça serait une taxe à l'entrée des produits venus de ces pays pollueurs-là, Chine et États-Unis, qui en plus protégeraient mieux notre industrie, ça serait du protectionnisme un peu intelligent. Et ça, on n'est pas près de l'avoir. Et ça, je ne
vous
entends pas le réclamer.
–
Ça ne
fait
même pas cinq minutes que je suis là.
– Non, non,
pas ce soir, pas ce soir.
– Attendez, ce que je veux vous dire, c'est que… – Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?
– C'est qu'effectivement, le problème de la pollution des autres pays d'Europe, des autres pays du monde, en particulier des pays du Nord, elle est très importante. Mais est-ce que la solution, c'est de dire « nous on ne
fait
rien ». – Non mais je n
'ai
pas dit ça.
–
Nous on ne
fait
rien, puis tant que les autres,
ils
n'auront pas fait, tant que les gros, ils n'auront pas fait, nous on ne
fera
rien. Non,
en
décembre, à Copenhague, il y a un grand rendez-vous mondial qui s'appelle la conférence sur le climat. Tous les pays vont se retrouver pour essayer de reprendre les accords qui avaient été trouvés à Kyoto et de se dire « bon, maintenant, on a une obligation commune, pour une raison simple ». Alors là, ce n
'est
pas le problème de Claude Allègue ou de tout le monde. C'est que vous, moi, vos enfants, vos petits-enfants, on a une seule planète pour vivre, c'est la planète Terre.
– Oui, mais on ne sera pas mort
de la grippe à tous d'ici là, de toute façon ? – Peut-être pas tous.
–
Bon, d'accord, vous me rassurez alors.
– Non, je ne crois pas, mais on a une seule planète pour vivre. Aujourd'hui, si on a le niveau de vie qu'on a dans les pays d'Europe du Nord, il faut trois ou quatre planètes pour
que ça
fonctionne. Donc on est obligé de changer. Et on peut venir en étant un peu exemplaire, surtout comme quand les pays d'Europe, on a été les principaux pollueurs pendant
des années et des années
et qu'on a utilisé
les ressources naturelles. – Mais il faudrait être trop
avec les gens. Il faudrait dire, un, que ça va désoler notre compétitivité déjà, par rapport aux autres, si les autres ne font pas de taxes, nous, les entreprises vont payer des taxes encore plus. Et deux, j'aimerais bien vous entendre dire que ce que vous voulez, c'est la décroissance, c'est-à-dire qu'on régresse économiquement et socialement.
Je
ne dis pas dans le bonheur pur, on est d'accord, mais en tout cas matériellement, vous devriez dire aux gens, parce que dans ce cas-là, les gens ne vous suivraient plus, que on
va... – Et vous savez
quoi ? Je pense que vous connaissez moins les gens que ce que vous croyez. Pour une raison simple, c'est qu'aujourd'hui, la décroissance, comme vous dites, parce que ça semble être un gros mot, mais ça dépend de la décroissance de quoi. Moi, je vais vous raconter une histoire très simple, ça va vous plaire, c'était à l'époque le franc, on disait le franc fort, c'est bien, le franc faible, c'est pas bien. Parce que fort, c'est bien, faible, c'est pas
bien. – Oui, moi, je ne disais pas ça, mais... – La
croissance, c'est bien, la décroissance, c'est pas bien, parce que croissance, ça monte et décroissance, ça descend. Mais de quelle croissance on parle ? De quelle croissance ? La croissance du PIB, est-ce que c'est un bon indicateur ? De la croissance du chômage, est-ce qu'on parle de la décroissance, de la pollution ? C'est un vrai sujet.
– Oui, oui. – Non,
mais, excusez
-moi... – Il y a aussi
que les gens, quand même, depuis 40 ans, ont eu leur niveau de vie, se sont vus améliorés,
leur moindre de
vie,
etc., et
qu
'ils
n'ont pas envie de vivre comme au 19-19. Moi, ça me déplairait moins que vous me croyez.
– Mais... –
Ça,
ça, ça m'étonne pas, oui.
– Mais oui. – Attendez, je vais vous dire quelque chose.
Ce que vous, là où vous vous trompez, c'est que la génération actuelle, des gens qui ont mon âge ou un peu plus jeune, ils vivent moins bien que
ne
vivait leurs parents.
– Ça, c'est vrai. –
Donc, il faut dire la vérité.
– Ça, c'est tout à fait vrai. – On n'est pas sur un train de positif. – Je le dis tout le temps ici. – Vous devriez être contents.
– Et
donc,
la nécessité, aujourd'hui, c'est de dire comment on organise la transition écologique de l'économie. Le mode de développement sur lequel on vit depuis le milieu du 19e siècle, il est insoutenable. C'est-à-dire qu'on a utilisé les ressources naturelles pour produire pour produire, avec
un gaspillage phénoménal.
– En fait, l'écologie, ça sert à faire passer la baisse du niveau de vie des générations.
– Mais non, mais… –
Non, ça, c'est dégueulasse.
– Non, mais moi,
je sais qu'Éric Zemmour, il sert à faire en sorte qu'on dise aux gens « Les écolos, vous ne les écoutez pas, ils ne racontent que des conneries.
» – J'ai pas dit ça. – Résultat
des courses, dans 50 ans, on sera dans une situation insupportable. Et franchement, M. Zemmour, si vous avez des enfants et vous êtes intelligent et que vous lisez un certain nombre de livres, moi, ce qui me désole profondément, mais c'est humainement, vous pouvez pas dire que tout ça, c'est pas vrai, qu'il faut pas
s'organiser, préparer quelque chose. – J'ai pas dit tout, j'ai pas dit rien. – Dites pas,
l'objectif, c'est la baisse du pouvoir d'achat, parce qu'en plus, c'est une réalité.
Aujourd
'hui,
on n'est
pas en décroissance, on est en récession. Donc, franchement, c'est plus violent et c'est plus violent pour les plus faibles.
– Non, non,
Éric. – Quand Zemmour dit que vous êtes un très bon porte-parole du gouvernement, c'est excessif, c'est son côté taquin, vous nous aimez le temps, mais enfin, il y
a
un peu de ça quand même, parce qu'il y a une sorte d'alliance objective, à savoir que vous voulez coûte que coûte que cette mesure passe, quelles que soient les modalités. C'est ça qui est très crispant.
– Ah non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non. – Si, mais d'ailleurs,
je vais vous citer, ça c'est bien, c'est toujours bien de citer l'invité. « Toutes celles et tous ceux qui s'aventurent à critiquer dans son principe et dans ses fondements la fiscalité écologique ne sont que des démagogues face au mur de la réalité. » Moi, j'ai envie de faire un questionnaire à choix multiple. Qui a dit ça ? Cécile Duflo ou Joseph Staline ? Ce sont des positions staliniennes de Michel Rocard le jour même où il remettait le rapport. Pas de bol, son rapport, ça ressemblait à une usine à gaz. Ce qui, vu le sujet que nous traitons, c'est sans doute une usine à gaz à effet de serre en plus.
C'était, on ne pouvait pas se décider parce que tout dépend des modalités, tout dépend de ce qui va être décidé pour la redistribution, à qui ça va coûter. Mais non, vous vous en fichez, vous dites...
–
Non ! – Non,
si,
comme bien, dites, allez, vas-y, ça recontient bon, il faut que ça soit...
–
Je vais vous faire une grande révélation. Regardez-moi bien juste dans les yeux. Je
ne suis
pas rousse, je ne suis pas un garçon et je n'étais pas née en 1968. Donc, je ne suis pas Danny Cohn-Bendit. Petit A.
–
Et elle n
'est pas d'accord
sur tout avec lui.
– Petit B, petit
B, si vous repreniez l'intégralité de ce que j'ai dit, c'est écrit, c
'est
le discours que j'ai prononcé à La Rochelle. Donc, il était écrit
parce
que... –
Mais ce n
'est
pas aussi bien que ça, le reste.
–
Pardon ? Vous n'avez pas lu l'intégralité ? Ou alors, vous avez regardé l'intégralité ? J'ai parlé 15 minutes. Vous avez tout regardé ?
– Non, je n'ai
pas eu cette passion, je dois dire.
–
C'est dommage. Est-ce que vous avez écouté la suite ? Parce que j'explique ce que je vous ai dit tout à l'heure. –
Vous ne voulez pas répondre à la question ?
–
Si,
justement,
c'est que je n
'ai
pas dit que cette phrase. J'ai expliqué que oui, c'est une nécessité, la fiscalité écologique. C'est une nécessité vitale, premièrement. Mais deuxièmement, ça doit permettre une chose qui est nettement plus importante que l'instauration d'une taxe, c'est que ça doit permettre d'anticiper une difficulté majeure à laquelle on doit tous faire face, quoi qu'on fasse.
– Il vous a donné
des garanties, parce que soyons concrets un peu, le président. Il vous a dit, bah oui, les plus défavorisés, les plus démunis ne seront pas victimes de cette taxe carbone ?
–
Non, mais nous, on y est allé un peu dans un état d'esprit un peu particulier. Justement, c'est pour ça que votre boutade, elle est un peu bébête. C'est qu'on s'est dit, si tout est arbitré, on ne va pas rester.
–
Bien sûr.
–
Et il nous a dit que ce n'était pas le cas. Donc, on a essayé d'exposer nos points de vue. Il nous a dit, d'ailleurs, vous êtes comme quoi, vous voyez, c'est plus avec vous qu'il est d'accord. Il a dit, vous êtes un peu intégriste. Éternel, moi, je connais des écologistes qui le sont depuis longtemps. On se moquait d
'eux,
on rigolait quand ils disaient que la pollution automobile, c'était dangereux pour la santé. Je sais qu'il y
a
des gens
qui... – Moi, ça
ne m'a jamais ferré, mais je n
'ai
pas fini mon raisonnement. –
Ah,
ben, je vais vous
laisser finir.
C'est vrai
qu'après Staline, en même temps, le raisonnement,
il n'est pas hyper équilibré. –
Oui, mais il faut quand même l'écouter jusqu'au bout. Non, mais je comprends que vous ayez un côté péremptoire, parce que vous êtes un peu en état d'ébriété électorale. Vous avez fait 16%. Donc, c'est comme si vous aviez sifflé une bouteille à 16 degrés d'un coup, donc vous êtes un peu... Bon, c'est normal, différemment. Je vais vous dire, il
y a
deux choses qui me crispent. D'abord, le côté péremptoire, le côté un peu Stal, c'est vrai. Mais l'autre chose qui m'énerve, c'est que j'en ai marre, mais plus que marre, que maintenant, le marqueur de la pensée de gauche, ça soit
la
question des mœurs, la question de l'écologie, et que la question sociale, même si vous essayez de la rattraper par les cheveux, soit complètement marginalisée. Je ne suis pas d'accord. Moi, je suis complètement consterné qu'on parle de la taxe carbone, de la taxe carbone, de la taxe carbone,
et que, par exemple,
la situation de l'éducation nationale, alors qu'on vient d'avoir la rentrée scolaire, est complètement mise sous le boisseau. Les grands thèmes sont complètement occultés, soit par les questions de mœurs, soit par l'écologie. Je ne suis pas d
'accord. Attendez, je voudrais
regarder à qui vous parlez. Parce que ce n
'est
pas à moi. Moi, je veux bien défendre un certain nombre de choses, et je veux bien que vous ne soyez pas d'accord avec des choses que
je pense.
Vous en avez parlé avec le président Sarkozy, de ce que je viens de dire
? Sur
la question de l'ébriété électorale, mauvaise pioche.
Mauvaise
pioche. Que moi, je prenais ça avec beaucoup de modestie, avec beaucoup de
responsabilité. Mais au ministro aussi, le type, il vous dit que
je
ne
suis
pas bourré, mais il est bourré.
C'est une antiphrase. Ça sointe l'arrogance. Mais on a connu ça, vous savez, moi, j'ai connu, je suis un vieux journaliste politique, et j'ai connu Pasqua en 99 qui disait « Pleurien ne sera comme avant ». Il avait ruiné Sarkozy. Ils n'ont rien fait de leur victoire aux européennes. Ça fait 15 ans que je suis les européennes. À chaque fois,
celui qui vient...
Vous voulez que je vous dise
franchement ?
Moi, je veux bien
que vous parlez. C'est de la politique
politicienne. Oui, mais je sais, je savais qu'elle allait me dire ça.
Mais c'est Paris, c'est moi qui vous le dis. C'est moi,
mais vous, vous faites le journaliste politique de base.
Moi,
ça m'intéresserait que des journalistes comme moi, ils aient creusé le sujet. C
'est
-à
-dire que... Moi, vous ne
vous
racontez pas ma question. Vous dites qu'on ne s'inquiète
pas des
questions sociales.
C'est le contraire.
Alors, dites-moi. C'est le
contraire. On dit profondément qu'on ne peut pas résoudre la crise écologique si on ne s'inquiète pas de la crise sociale parce qu'elles sont interpénétrées. Qu'aujourd'hui, les principales victimes, elles sont dans les pays du Sud. Et dans nos pays,
c
'est les ouvriers de l'automobile, c'est les intérimaires qui se retrouvent sans mission parce qu'aujourd'hui, le secteur de l'automobile, on ne gère absolument pas la conversion de ce secteur dont on sait qu'il est tel qu'il existe aujourd'hui, condamné à plus ou moins brève échéance. La vérité aujourd'hui, c'est que parler aux gens, aussi, c'est pouvoir dire des choses. Franche, vous pouvez trouver ça
péremptoire.
Le secteur
automobile n'est pas condamné.
Mais moi, au moins,
excusez-moi de vous dire, au moins, on essaye. Parce que c'est fastoche. En même temps, je me dis, des fois, je devrais faire votre boulot. C'est confortable.
Comme ça, je l'ai
entendu 50 fois,
là. Mais non,
mais il n
'y a
pas, je l
'ai
entendu
50 fois,
c'est confortable. Quand je vous dis, on s'inquiète des questions sociales, quand je vous dis que dans notre programme pour les européennes, on expliquait, et de manière, d'ailleurs, c'est Eva Jolie qui l'avait expliqué très très bien, à quel point il nous semble nécessaire qu'il
y
ait un revenu minimum en dessous duquel personne ne doit descendre au niveau européen et aussi qu'on envisage un plafonnement des revenus avec une fiscalité très progressive et très importante. Parce qu'aujourd'hui, l'inégalité et l'accroissement de l'inégalité des richesses, c'est une situation socialement intenable. Je ne crois pas que c'est se déconnecter de la
réalité.
Votre mouvement dit que là, on est en train de fixer le prix de la tonne de CO2. C'est quelqu'un de votre mouvement, dont j'ai oublié le nom, là.
Je
vous prie de m'en excuser. Il
dit
que
ce
n
'est
pas assez cher. C'est une demi-mesure. Ça,
ce
n
'est
pas con. Ben dit que c'est quelqu'un de votre mouvement.
Oui, mais moi, je pourrais le dire
aussi. Je vais vous expliquer pourquoi. Ça pourrait
être moi,
si vous voulez.
Ah bon, ça pourrait être vous.
Donc, sans même examiner combien ça va coûter présentement à ces gens faibles dont vous prétendez servir la cause, vous dites non, ce n
'est
pas assez cher, chargeons encore le bonnet. Moi, je ne suis pas d'accord.
Mais moi, je vais vous
dire. Ça
doit
être socialement
juste. Vous
vous faites passer l'écologie
avant
la
justice sociale. Surtout que ce n'est pas les gens aisés qui prennent leur voiture. C'est ce que vous reproche, Ségolène Royal. Parlons concrètement de
cette polémique.
D
'accord. Ségolène Royal dit, alors qu'a priori, il a été plutôt pour la taxe carbone. On s'en souvient au moment où il avait signé avec Nicolas Hulot et vous aussi. Mais là, elle dit, ça va être un impôt injuste. Et elle dit, en gros, on nous raconte du baratin quand on nous dit qu'on va être remboursé de cette fameuse taxe carbone. Quelle garantie on va avoir ?
Quand on parle de ça, on dit, oui, vous ne
vous
rendez pas compte les gens qui vivent dans les zones rurales, qui sont obligés de prendre leur voiture pour aller travailler. Dans 5 ans, dans 10 ans, ils auront peut-être toujours leur voiture. Mais si on ne fait rien, ils n'auront pas les moyens de mettre l'essence pour qu'elle roule.
Mais ils auront des voitures électriques.
Mais ce n
'est
pas vrai, déjà, de considérer que la technique et la science vont tout résoudre. On sait bien qu'à certains sujets, on ne sait pas comment faire. Premier élément. Deuxième élément, ce n
'est
pas, comment dire,
c
'est plutôt sain politiquement d'envisager le moyen terme et le long terme que d'envisager le court terme et de dire aux gens, on va vous demander plus d'argent, ça, ce n
'est
pas gentil et ça va vous mettre...
Et que ce débat ait
lieu, ça, c'est sain, de toute façon.
Oui,
que le débat ait lieu, mais il faut encore, il faut qu'on ait au moins une présomption de, comment dire, d'honnêteté. Quand moi, je vous dis ça, ce n
'est
pas parce que je suis les bobos. Moi,
je
ne sais pas comment vous êtes venus ici, mais moi, je viens en RER tous les jours.
Je sais ce que
c'est vivre dans les
transports en commun. Moi aussi, je suis
venu à pied, moi.
C'est que vous avez été dans Paris sans...
Oui,
et je prends le bus.
D'accord, donc vous ne venez pas en RER. Il y
a
des
gens qui
font deux heures de RER chaque jour.
Je sais. Aujourd
'hui, les transports en commun en Ile-de-France, ils n'ont pas les moyens d'être... Ils ne sont pas, j'allais dire, d'une qualité, d'une fréquence suffisante pour que les gens aient d'une régularité.
Vous allez diriger la région bientôt, ça va changer.
Peut-être, peut-être. Et d'ailleurs,
vous
la co-dirigez déjà à la région, quand même. On n
'a
pas beaucoup vu les transports. Parce que franchement, vous êtes vice-présidente de...
Non, non, non, non, non. C'est
son
collègue, justement, à qui elle a pris la place pour la
tête de l'Ile-de-France.
Je veux dire, pas elle directement, mais enfin, les Verts sont quand même vice-présidents
de la région. Oui,
les Verts participent à l'exécutif de la région, c'est vrai.
Et on ne vous a pas entendu pendant tout le mandat de Huchon pour dire du mal de Huchon et
le critique. Alors
là, excusez-moi, mais on s'est quand même engagé sur un certain nombre de dossiers, sur le Sdrift, notamment, le schéma d'aménagement de l'ensemble de la région, sur le soutien aux transports à tarification sociale pour ceux qui n'en ont pas les moyens, sur un certain nombre de sujets, on s'est quand même sérieusement
mouillés. Par ailleurs, comme on n'est pas
des intégristes, M. Zemmour, on ne monte pas debout sur notre petite colline en disant « Tant qu'on ne sera pas majoritaire à nous tout seuls, on fera zéro compromis. »
On
essaye de participer, justement,
autant qu'on peut. Ça, c'est une bonne
réponse. Reconnaissez que votre position est délicate. Pendant tout le mandat de Huchon, on ne vous entend pas le critiquer. Et maintenant, vous dites...
Un compromis,
ça ne
veut
pas dire qu'on est d'accord sur tout, ça veut dire qu'on est capable de passer des compromis. C'est quand même bizarre. Par ailleurs, une élection régionale, c'est une élection à deux tours. Et donc, on pourrait y aller tranquillement, avec notre ébriété électorale,
expliquer aux
socialistes...
Mais l'ébriété électorale
explique beaucoup de choses. Parce que ce qui est curieux dans votre raisonnement, vous faites l'impasse, c'est que vous basez toute votre stratégie électorale pour les prochaines régionales sur les
européennes et vous faites une impasse sur les précédentes régionales. Mais franchement, vous ne faites pas assez
attention
quand même. Non, mais si,
vous êtes allié du PS et de Jean-Paul Luchon. Je dis vous, c'est collectif, puisque vous avez fait alliance au premier tour dans la plupart des régions lors des dernières journales. Tout d'un coup, puisque vous avez fait un bonsoir européen, vous dites, ça s'appelle de l'opportunisme. Nommons les choses, pourquoi pas l'opportunisme ? Ça fait partie des qualités politiques. Mais qu'est-ce qu'il vous a fait, Jean-Paul Luchon ? Il vous a mal parlé, il a acheté un 4x4. Qu'est
-ce
qui s'est passé ?
C'est une élection à deux tours. D'accord ? Une élection à deux tours, ça veut dire que...
Et
la dernière fois, elle n'était pas à deux tours ?
Si, mais la dernière fois, j'étais pour. Excusez-moi, on n'était pas dans la même situation. J'étais aussi très favorable à ce qu'on propose aux électeurs et aux électrices de décider. En toute transparence, ils choisissent pour qui ils votent. Parce que se mettre dans un petit bureau et à quelques-uns et décider qu'on va filer tant de postes à machin, tant de postes à bidules et qu'on votera pour les mêmes listes aux deux tours, c'est aussi une forme de prise de risque. Vous pourriez reconnaître ça plutôt que dire, voilà, j'ai pas d'assurance-élection, personne n
'a
d'assurance-élection. Je
crois à
mes idées
et j
'essaye de les défendre dans le cadre démocratique qui nous est offert.
C
'est quand même pas...
Mais justement,
excusez-moi, parce qu'on parle politique deux minutes, là, parce que... Alors,
deux minutes, parce
que moi, ce qui m'intéresse,
c'est le concret,
la vie quotidienne.
Non, mais c'est du concret, c'est très important, parce que vous parlez de vos idées. Mais quelles idées ? Parce qu'il y a, en fait, entre vous et Cohn-Benzit, au sein d'Europe Écologie, il y a deux lignes politiques. Non. Alors, moi, je pense qu
'il
y
a deux lignes politiques. Ça commence mal, la question. C'est qu'il y a deux lignes, c'est pas un fait qu'État dit.
OK.
Il y a une ligne. Ce que veut Cohn-Benzit, c'est une alliance avec le modem, c'est-à-dire faire comme en Italie, faire comme dans d'autres pays européens,
c
'est-à-dire faire une alliance avec le centre-droit et devenir, avoir une ligne libérale. Je lui ai dit ici, donc je... Et vous, il me semble que vous êtes pour une autre ligne, vous ne voulez pas... Nolo, vous a cité tout à
l
'heure, moi aussi, de mémoire, vous avez dit, je crois, je ne remplacerai pas le PC par le modem, je cite bien. Donc, c'est une autre ligne, avec une alliance... Plus à gauche, donc ? Exactement, une alliance à gauche, avec le PC, avec éventuellement le PS, que d'après moi, votre objectif stratégique est de remplacer, ce n'est pas une insulte, c
'est
-à
-dire
que votre objectif stratégique est de remplacer, c'est pour ça que je vous taquinais sur Sarkozy, je pense qu'aujourd'hui, il y a une alliance objective, entre Sarkozy et vous, pour tuer le PS. C'est tout ce que je voulais dire. Les arrières-pensées politiques
et
politiciennes existent partout, en particulier chez les Verts, où vous êtes les rois de la combination à l'intérieur de votre parti.
C
'est pas vrai. Donc, ne me faites pas le coup de... On ne parle que du
fond et jamais de politique. C'est pas vrai. C'est pas
vrai. C'est pas vrai. D'abord, moi, je suis secrétaire nationale des Verts. Je ne m'estime pas le fonctionnement des partis politiques. Je sais comment ça se passe. Surtout
chez vous.
Mais arrêtez sur le... Surtout chez vous. Vous êtes venu quand, la dernière fois,
chez nous ? Enfin,
chez vous, c'est une foire d'empoigne depuis toujours.
C'est pour ça que vous n'arrivez jamais à grandir. Mais c'est pas vrai. Elle a
réussi justement
pour les Européennes à faire...
Mais avec une
ambiguïté fantastique. Non mais stop.
Est-ce que je peux dire des faits ? On
va de
José Bové à
Cohn-Bendit en passant par Duflo. Et d'autres, elle a au moins réussi ça pour les Européennes. Vous pouvez quand même
les reconnaître. Il y a à peu près
un an, juste chez les Verts,
les
Verts, j'ai été réélu secrétaire nationale.
Il
y a trois ans, j'ai été élu secrétaire nationale au premier tour de scrutin à 66% sans histoire. Ça date un peu. Mais je suis d'accord.
Il y
a une persistance rétinienne. Et je sais qu'il
y a
un moment où chez les Verts,
effectivement,
c'était compliqué. Mais ça fait un bail que les choses ont changé.
Là, il
y
a
une ambiguïté fondamentale.
Sur la ligne politique. Nous, notre objectif, ce n
'est
pas d'avoir un renversement d'alliances. Et je ne crois pas au débat. Mais on en a parlé avec Dany. On est très transparent sur ce qu'on dit. De dire qu
'il
y
a
un truc moderne, c'est de faire avec le modem. Et il
y
a un truc ringard. Moi, je dis, je veux simplement que le modem, il clarifie son projet politique. C'est tout. Est-ce qu'il est pour ce qu'on dit sur la contribution climat-énergie ? Qu'est-ce qu
'il
pense de la question du partage des richesses ? Qu'est-ce qu'il pense de la question d'une conversion écologique de l'économie ? Il y a des vrais sujets. C'est ça qui m'intéresse plus que juste l'image. Mais
vous êtes moins éloignée
du modem que du PS sur ces sujets-là. Vous savez mon problème. Et du PC.
Et vous savez mon problème, c'est super dur d'être une femme politique de mon âge aujourd'hui. Parce que tout le monde pense tellement de mal de la politique. Pense qu'il
n
'y a que des pourris, que des crapules, que des gens qui sont intéressés par les machins politiciens, que c'est presque plus possible de parler. Vous dites qu
'il
y
a
une alliance objective entre vous et Sarko.
Vous avez 34
ans, vous êtes très jeune.
Non
mais il
y
a une alliance objective entre vous et Sarko. Moi je crois à
ce
que je dis sur le réchauffement climatique.
Mais ce n'est pas
incompatible.
Mais si ce qui est incompatible,
c
'est de considérer que aller défendre ce projet-là auprès du président de la République qui va représenter la France dans la conférence sur le climat à Copenhague, c'est politicien et c'est une
alliance politique. Je n'ai jamais dit ça.
Je vous dis... Non mais attendez, il y a fromage et dessert. Vous croyez à ce que vous dites et politiquement, vous y avez intérêt. Ce n
'est
pas incompatible ça.
Non, non. Mais j'ai relevé le slogan de SFR.
Tu
n
'as
plus qu'à trouver des amis. Je trouve que ça irait bien pour votre mouvement.
Frange,
vous parliez de persister
à... Moi je
me
trouve
très
doué en tout cas. Moi je voudrais vous dire
quelque chose. Quelque chose de très franc. C'est que le 7 juin,
il
y a 2 millions 800 de têtes. 2 millions 880 000 personnes qui ont voté pour les listes Europe Écologie. C'est tous des débiles mentaux qui n'ont rien compris. C
'est ça que vous dites ? On n'a jamais dit ça.
Frangement. Parce que vous considérez qu'on a la grosse tête. Moi je n
'ai
pas la grosse tête. Je considère que
c
'est une grande responsabilité. Au contraire que des gens fassent confiance aux écologistes au niveau européen. Et de pouvoir leur dire qu'on pourrait faire des choses. Parce qu'on croit que... Qu'est-ce que c'est la politique ? C'est essayer de faire bouger la société dans un cadre démocratique. Dans le sens qu'on estime juste et en défendant ses idées.
Les 2 millions 8 là, ce n
'est
pas des ouvriers quand même.
Non mais il y a 14% d'ouvriers qui ont voté pour Europe Écologie. Bien plus. Et oui, non mais ça pose même des questions
et d'autres qui ont l'habitude. On fait des progrès, ça c'est sûr. Mais on ne fait pas des progrès. Vous n'êtes zéro.
Mais c'est nul de dire ça. Non
mais
écoutez, ce n
'est
pas nul. Vous avez un électorat bourgeois,
il faut l'assumer.
Moi je suis très heureuse. Je suis très heureuse que les gens ne soient pas fermés comme vous. Et qu'ils puissent se rendre compte que quand on... Mais c'est vrai.
Ce
n
'est
pas de m'engueuler et de vous foutre de moi depuis tout à l'heure. Donc j'ai 2 secondes pour vous dire.
Vous êtes
obtus, vous avez des vieilles grilles d'analyse et vous avez envie que je rentre dedans. Et moi
je n'ai pas envie de rentrer dedans.
Non mais vous vivez sur de vieilles lunes un peu.
Attendez, attendez, attendez.
Vous l'avez dit tout à
l
'heure que vous étiez prêt
à vivre
au 19ème siècle.
Tout à fait. Mais
même au 17ème si vous voulez, ça ne me gêne pas. Mais le coup de je suis jeune et donc je réinvente la politique, on ne me
la fait pas. N'importe quoi, je n'ai
jamais dit ça.
C'est tout. Je dis que
c'est super dur et que moi je préférerais être à leur place. Avoir écrit un bouquin et tout ça,
c
'est beaucoup plus agréable.
Revenez, revenez, non. Attendez, je vais vous dire. Ils ne sont pas
passés
encore. Je vais vous dire.
Oui,
bien sûr.
Est-ce que je
vous
posez ma question après ?
Parce que ce que je voulais dire
tout à l'heure, vous ne
m
'avez pas compris, je ne réinvente pas la politique du tout. Au contraire, je n'inscrimais pas dans tous ceux qui ont essayé depuis 25 ans et à une époque
où c'était... Je ne cherchais pas à lui
prouver quoi que ce soit après, par rapport à ceux qui ont écrit des bouquins. Non,
mais nous on est objectif,
on n'est pas.
C'est juste que je dis qu'aujourd'hui, c'est plus difficile de faire de la politique parce que les gens ont une image dégradée de la
politique.
Et ce n
'est
pas sain pour
la démocratie. C'est vrai. Je suis
même courageux d
'en faire encore.
Et bien voilà, ce que je voulais vous dire,
c
'est que quand on a mon âge et qu'on essaye de rester une fille normale, mes copains qui ne
font
pas de politique, ils se disent que quand même, ce n
'est
pas terrible, ce n
'est
pas valorisé.
Dans les années
70,
c
'était super valorisé. Aujourd'hui, je suis forcément une
politicienne au
Danlon qui ne croit pas à ce
qu'elle dit, qui fait une alliance avec Sarko. Je n'ai pas dit ça.
Vous
croyez ce
que vous dites ?
Avant
ma question, si c'était si courageux que ça, ça ne
se
battrait pas au portillon pour avoir les investitures. Enfin, avant ça, je ferme la
part
en tête.
Pas
tant que ça.
Moi, je ne trouve pas que politique politicienne, ça soit un gros mot.
Mais oui.
Il y
a
des affaires de politique.
Je voulais vous poser une question.
Là, vous
ne
l'avez pas dit ce soir, mais je l'ai lu et je crois vous citer. Vous avez un peu levé les yeux haussiers et même poussé les hauts cris quand on vous parle des primaires OPS. Vous ne voulez pas participer aux primaires en disant qu'il faut d'abord un programme, ensuite on verra bien qui sera le leader. Je ne travaille pas votre pensée ?
Je
dis que ce qui m'embête surtout, c'est de ne parler que de ça. Mais
vous avez
un peu raison sur ce que j'ai dit. Très bien.
Moi, je me demande pourquoi ce qui a marché à droite avec Sarkozy, qui a pris le contrôle de l'UMP, qui a reçu l'investiture de l'UMP, qui a bâti un programme et qui a gagné, ne pourrait
pas marcher. Qui va jusqu'à De
Villiers aujourd'hui. Oui, vous ne pourrez pas marcher à gauche, vous pourriez faire exactement le même chemin et fédérer, vous n'avez pas l'air d'aimer la maison commune, vous faites un peu d'ironie là-dessus, mais fédérer, voilà, autour d'une candidature, voilà, toutes les sensibilités de gauche. Réponse de Cécile Dufour.
Parce que
le problème essentiel de ça, c'est qu'il faut être quand même un peu d'accord sur ce que la candidature commune va défendre. Si c'est juste faire le casting et choisir entre truc, machine ou bidule, d'abord, ça va s'écharper, ça ne
va
plus avoir aucun sens. Deuxièmement, je ne pense pas que ça aura de réussite électorale. Et troisièmement, parce que si on ne discute que de ça et si on fait trois ans sur les primaires, franchement...
Trois ans, d'ici un an, ça
peut être bien. Oui, mais
ça veut dire qu'on
va parler...
Un an pour les primaires et deux ans pour le programme, c'est pas grave. On va parler que de ça et c'est quand même un vrai souci. Moi, je n
'ai
pas de problème de principe sur cette question-là. J'ai juste un problème de méthode et je considère aujourd'hui que le projet des socialistes, ce n'est pas le projet des écologistes. Alors, c'est un fait établi.
Cécile Duflo, si vous aviez été franche, vous auriez dit, je m'en fous des primaires parce que mon seul objectif,
c
'est de remplacer le PS comme le PS a remplacé le PC. C'est ça votre seul
objectif stratégique. Vous n'allez pas lui
faire dire ce qu'elle
pense
pas,
quand même. Non, mais c'est le scoop
de la soirée.
C
'est qu
'en
fait,
Eric Desmour est un super
écolo et qu
'il
a la stratégie pour les verts. Just do it. On a un congrès dans trois ans. Prenez
ma place.
C'est plus personnel, mais
ça,
c'est quoi de lire dans les journaux, comme cette semaine, Star is Born. On parle de vous comme vraiment la nouvelle figure de la politique française.
Quand même, ça fait plaisir.
C'est Gémour qui l'a écrit, en plus.
Vous savez, c'est à l'air de rien, mais c'est un peu abrasif, cet exercice. Parce que moi, je ne sais pas ce qu'ils pensent, les gens devant leur télé. D'abord, je suis contente de voir que d'habitude, je vous jette des coussins sur ma télé. Donc là, comme je n
'ai
pas de coussins, je ne
peux
pas le faire.
Vous pouvez jeter autre chose.
Ouais,
je
crois que je
pourrais.
Vous vous rendez compte, la gaffe, c'est un jette de...
Sur Eric Zemmour, beaucoup penseront que c'est un acte écologiste.
Vos parents vous faisaient prendre des bains collectifs avec votre frère, votre soeur.
C
'était déjà
écolo à la maison ?
Oui, enfin, en même temps, je pense qu'il
y a
beaucoup de gens qui font ça. Ce n
'est
pas très, très original.
Ah, non, mais
les gens qui... On en fait un d'abord, l'autre ensuite... Oui,
mais
enfin,
chacun
fait
un peu comme il veut. Enfin, voilà, c'était ma vie de famille. Je ne savais pas que c'était un acte d'écologie. Ah,
si. Vous dites que ma mère était écolo à une époque où ce n'était pas à la mode.
Non, c
'est qu
'elle
gardait l'eau du bain pour faire la lessive.
Ah oui ? Et faites ça, vous aussi ?
Vous faites tremper le linge avant de le mettre dans la machine à laver. Ce n
'est
pas si stupide, mais vous allez encore me renvoyer la
caricature de l'écologie. Non, non, non, c'est
pas la caricature.
Ça s'appelle
du trempage. C'est un truc qu'au 19e siècle, les femmes que vous aimiez bien, qui s'occupaient de la lessive, elles faisaient tout le temps.
On portait nos vêtements jusqu'à ce qu'ils soient trop petits.
Oui, enfin, oui.
Il y a beaucoup de gens qui font ça. Forcément, vous de votre taille, vous pouvez encore porter les mêmes aujourd'hui.
Non, mais ça
s'appelle
des gens modestes.
En partie, mais c'est vrai que ma mère avait des convictions écolo à une époque où ce n'était pas du tout à la mode. Et c'est vrai que les gens, ils rigolaient beaucoup quand on triait nos déchets et quand on récupérait les bouteilles, etc. Ils trouvaient ça un peu cocasse, on va dire, ou un peu inutile.
Alors, c'est vrai que vous êtes surveillés chez les verges.
Je
lis et à chaque fois, on sent bien dans vos déclarations, vous dites, il faut que
je
fasse attention à mon langage. Parce qu
'ils
me disent
que parfois... Vous avez compris,
je me... Voilà.
Vous dites même que parfois, vous rompez la bienséance, vous
avez
des expressions. Cette expression-là m
'a
beaucoup plu. Qui parle dans mon dos parle à mon cul. J'adore ça. C'est vrai ? Vous avez vraiment dit ça ?
C
'est dans l'idée.
D'abord, je pense très juste à cette phrase, et c'est un viatic dans la politique assez utile. Mais c'est valable aussi ailleurs.
Ah bah ici, parle en face. Mais je vais vous dire comment ça s'est passé. On
vous parle en face. C
'est
pas juste.
Je vais vous dire que... Ah oui, ça, au moins c'est sûr. Mais je vais vous dire comment ça s'est passé. C'était un congrès, c'était très très tard. Il
y a
un journaliste qui est venu me voir en me disant, oui, il
y a
un machin qui dit ça sur toi. Et j'ai répondu ça, et c'est devenu le titre de l'article. Mais
écoutez,
c'est très bien. Moi,
je
trouve que ça... Franchement, ça vous honore, cette phrase. Moi, je n
'ai
pas de problème avec cette phrase. Elle ne me dérange
pas plus.
Elle est bien, Richard.
Vous êtes
d'accord. Comment vous allez trouver notre nouvelle verte, alors ? Notre nouvelle écolo ? C
'est
pas mal, hein
?
Elle résiste bien, parce que... Elle est bien,
oui.
Voilà.
Et vous-même, chez
vous, vous triez vos déchets, par exemple, Richard ? Non, mais en
revanche, je me suis rendu compte que nous, on était déjà écolo, puisqu'on était trois, et on prenait tous les trois le bain dans la même eau. Mais nous,
c'était parce qu'on était modeste, si vous voulez. Ils ne pouvaient pas. Moi, je me vois mal avec mon chien dans la même eau.
Ah, mais Teddy ! La baignoire, c'est un peu...
Oui, mais en même
temps, il n
'y a
pas besoin de beaucoup d'eau.
Parce qu'autrement, ça déborde. Mais moi, je faisais pareil. On gardait l'eau pour laver les baskets ou les linges.
Ah, ben, c
'est toi. Ah, pour les baskets. Ah, le
marivain, par
exemple,
vous achetez des couches-culottes écolo ? Non,
non, non.
Ah,
il
faut
revenir
aux linges. Ouais, c'est vrai. Non, mais je ne l
'ai
pas
fait.
Vous
me donnez deux
minutes sur les couches lavables, vraiment ? Allez-y. Dans votre émission ?
Oui, bien sûr. Pour
expliquer
ce que c'est ? Oui, parce que ça, c'est
du concret.
Et
que ce n
'est
pas du tout aussi casse-pied que ce qu
'on
croit. Maintenant, ils s'attachent avec des scratches ou avec des boutons pression. C
'est réglable. Et on peut les
laver. On peut les laver. Il y
a
une petite feuille en papier qu'on enlève et qu
'on
jette dans la poubelle. Et ensuite, on met dans sa machine à laver. En général, c'est en microfibre. Ça sèche hyper vite. Ce n
'est
pas du tout casse-pied. Voilà. Qu'est-ce qu'il dit,
t
'es d'Irina ? Tu
n
'es
pas d'accord. Non, mais ce n
'est
pas ça. Pour les papas, ce n
'est
pas évident.
Oh, ben aussi, ils se font
très
bien. Les changes, la lave.
Je vous jure, vous faites ça deux fois. Après, c'est bon.
Laurent Neuch, écolo au quotidien ? Mes parents, oui. C'était un problème. Parce que moi, on se refilait les vêtements et j'ai eu une grande sœur.
Moi, je vous trouve passionnée. C
'est un
peu dur. En plus, vous m'avez dit, vous inquiétez pas, c'est tranquille. Je vous avais dit, je suis super fatiguée cette semaine. Tout ça, c'est tard.
Non, mais ça a été
tranquille. Je vais vous dire, par rapport à d'habitude. Qu
'est-ce que c'est quand vous
êtes enfant ? C'est là, franchement, moi, je vous ai trouvé super. Moi, je trouve... Mais non,
mais
c'est vrai. Là, vous pouvez aller chez Ardisson. Après, tranquille. Un mot, Safia.
Mes gestes écolo sont un peu ridicules pour en parler. C
'est quoi,
ridicule pour
en parler ? Non, mais
ridicule, ça veut dire que ce n
'est
pas suffisant, forcément. Mais c'est vrai que mes parents le sont beaucoup plus que moi, par culture, probablement. Donc,
il
faut que les jeunes s'y mettent
aussi, alors.
Et moi, je continue de prendre mes bains avec mes frères et sœurs, donc... C'est pas
vrai. Non,
je
rigole. T
'inducion. Vous allez inaugurer une nouvelle rubrique dans cette émission et après, on va pouvoir vous libérer, puisque dans toute la presse de la semaine, aussi bien presse satirique que presse quotidienne ou hebdomadaire, on vous a demandé de choisir parmi tous les dessins qu'on a pu lire, un dessin, celui qui vous a ou le plus amusé ou interpellé, enfin, celui que vous aviez envie de montrer aux téléspectateurs. Et vous avez choisi celui-ci, c'est un dessin de Tinius, on y lit la gauche se réforme, et on voit quatre groupes pour une gauche unie, pour une gauche unie, pour une gauche unie, pour une gauche unie, mais tous très éloignés les uns des autres. Pourquoi vous avez choisi celui-là
?
Parce que c'est la critique permanente et que je pense que... Ce qui me semble vraiment intéressant, c'est que si on écrivait autre chose que pour une gauche unie, si on mettait un peu de contenu pour répondre au débat de tout à l'heure, là, on voit qu'on arrive à créer quelque chose qui fonctionne. Et nous, au moment des Européennes, le vrai sujet, ça n
'a
pas été de faire le casting, ça a été de travailler sur un projet. Vous pouvez trouver que ce n
'est
pas vrai ou tout ça, mais c'est... Lisez le programme qu'on a développé pendant ces élections européennes, et je peux vous dire que justement, dans la perspective des régionales, les gens qui ont envie de se rassembler avec nous, c'est à ça qu'ils s'intéressent. Parce qu'il y
a
beaucoup plus de gens que ce qu'on croit qui s'intéressent au projet
qu'on défend. Je n'ai pas vu tout
ça derrière ce dessin, mais franchement, maintenant,
je regarderai mieux.
Vraiment, bravo en tout cas. Richard Berry, vous, vous avez choisi tous les dessins qu'on vous a proposés.
Et
ça, ça me surprend. Pourquoi vous avez choisi ce dessin où on voit un prêtre avec une petite fille, manifestement, et on y lit les prêtres bientôt autorisés à reconnaître leurs enfants, et le prêtre dit, il va falloir multiplier les garderies ?
En dehors du fait que c'est bien de mettre un terme à cette hypocrisie qui consiste à dire que les prêtres ne sont pas comme les autres et qu'ils n'ont pas envie de baiser, moi, je pense qu'il est temps que, non seulement les prêtres cessent de se tirer sur l'élastique, déjà,
et
de devenir plus ou moins, dans certains cas, pédophiles, et surtout, ces pauvres enfants qu'ils ont fait un peu partout, qui n'ont même pas le droit d'avoir un père comme les autres, ou de le vivre dans cet anonymat. Et surtout, en fin de compte, je pense aux enfants.
C
'est un dessin d'honoré qu'on a trouvé dans Charlie Hebdo et que vous avez choisi.
Vous
avez choisi quoi, vous, Anne, alors ? Oui, j'ai choisi celui-ci. Ah,
c'est Eric Wörth, le ministre
du Budget.
Ça me fait beaucoup marrer, déjà, de... Je me demande si vraiment les évadés fiscaux peuvent... Enfin, j'espère qu'il
y
en aura au moins un qui va se dénoncer, mais je ne pense pas. Et en plus, ça me fait marrer le vraiment... Ramenez l'argent, je vous fais un bisou. Est-ce qu'on a envie de se faire embrasser par Eric Wörth ou pas ?
Je
ne sais pas. Et en plus, Charb, je trouve, croque très bien, effectivement, M. Wörth, qui nous dit... Enfin, qui dit, pas nous, nous ne sommes pas des évadés fiscaux, mais qui dit aux évadés fiscaux, ramenez l'argent et je vous fais un bisou. C'est vrai que c'est très bon. Bon choix à
Laurent
Deutsch. J'en étais quasi sûr. Il a choisi un dessin qui concerne le sport. Oui,
ça m'a fait rire. Et
Richard Gasquet, qui se préparait pour l'US Open. Hélas, il a déjà été éliminé depuis ce dessin au premier tour par Nadal. Et il
y
a un autre tennisman qui me dit « C'est un masque contre la grippe H1N1 que tu portes. » Non, non, c'est contre les bisous. Pourquoi celui
-là
? Non, mais ça m'a fait rire. Ça m'a fait penser à un truc. Je me
suis
dit, le pauvre, à force de viser les lignes, il a fini par s'en taper une. Voilà, c'est...
C'est
tout. Plus sérieusement, j'ai trouvé... Franchement, j'ai trouvé ça hyper dur, quoi. Pour lui ? Toute cette cavale contre ce mec-là. Je ne
vais
pas balancer et faire de la délation. Il ne
faut
pas oublier qu'il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de tennismans français qui sont partis s'expatrier en Suisse, même s'ils défendent encore le drapeau. Et ce n
'est
pas son cas. Donc lui, il participe à l'effort national. Il reste sous les couleurs de la France, y compris au niveau des impôts, et s'acharner sur lui. Alors que maintenant, en plus, on a prouvé que c'était une histoire rocambolesque, mais qui était vraie. Alors on s'est un peu acharné facilement contre un type qui mérite un peu plus de respect.
Safia Azeguine
a
choisi un dessin publié dans Charlie Hebdo, un dessin de Catherine. Ça concerne d'ailleurs indirectement le monde de l'édition et en tout cas, évidemment, tout le buzz autour de la mort de Michael Jackson. Et on voit un éditeur qui dit « Michael Jackson, c'est un filon pour l'édition, le Vidal s'arrache, le dictionnaire médical célèbre. Pourquoi ce choix ?
» Ce n
'est
pas tant pour l'édition,
c
'est plus pour... Oui, enfin, oui, aussi, mais c'est drôle. Mais oui, il est mort et il a dévalisé des pharmacies pour tenir. Et je trouve qu'on n'a pas assez honoré le père de Michael Jackson quand il est mort, parce qu'on veut toujours... On veut des génies, on veut danser sur de la musique géniale et on ne veut personne pour faire le sale boulot. Et Michael Jackson ne serait pas devenu ce génie, à mon avis, s'il n'avait pas été maltraité par son père enfant. Alors non pas que j'encourage les pères à taper leur fils. Non, non,
non,
non. L'humour,
ce
n
'est
pas que j'encourage les pères à taper leur fils. Mais il ne serait pas devenu
ce génie. Et donc... Non, mais
on veut danser sur de la bonne musique et on ne veut personne pour faire le sale boulot. Donc voilà, je trouve qu'on devrait
honorer le papa. Il a été
dieu traité par ses parents.
Mais ça
va pas donner pareil.
Et
puis
elle peut se fâcher avec un frère ou une soeur, elle en a huit. Michael Jackson aussi, il en a pas. Teddy Riner, alors il est rigolo, le dessin que vous avez choisi dans tous ceux qu
'on
vous a proposés. Vous avez choisi un dessin publié par Marianne, signé Grosse. Et
on
voit deux types au bistrot. Il y
en a
un qui dit à l'autre, incroyable. Il
y
a un Kennedy qui est mort de mort naturelle. Pourquoi celui-là
?
Tout simplement parce qu'on l'a pas assassiné. C'est pas une histoire bizarre, c'est peut-être la grippe. Ah, il est mort naturellement, quoi.
Il est mort naturellement et ça fait beaucoup de bruit évidemment aux Etats-Unis. Et le président Barack Obama lui-même a dit être très touché par la disparition de ce sénateur qui est resté avec le cœur plutôt à gauche. quand même, vous êtes d'accord avec
ça ?
C'était
la
conscience de gauche jusqu'au dernier. Et peut-être que ça va continuer à titre posthume puisque, contre toute attente, la réforme du système de santé va peut-être passer grâce à lui post-mortem.
Le choix d'Éric Nolo, c'est un dessin publié par Philippe Gueluc dans Ciné Hebdo. Ça, c'est lié au dernier championnat du monde d'athlétisme, j'imagine, ce dessin, où on voit quelqu'un vérifier. On peut imaginer que c'est la championne sud-africaine. Et elle dit, c'est vraiment humiliant pour une jeune fille comme il faut.
C
'est
-à-dire qu'on a vu naître en direct l'humiliation mondialisée. Parce que c
'est
la première fois que quelqu'un arrive à la conférence de presse, elle n'est pas là et quelqu'un dit, non, c'est trop la honte, on ne peut pas vous la montrer. Alors qu'elle a gagné la... On
n'a pas eu les
résultats des tests,
d'ailleurs. Non, non, non, il faut
encore du temps.
Vous, il y
a
des tests de féminité pour vous, de masculinité, t'es-tu
? Non, non,
non,
non.
Éric Zemmour a choisi un dessin de rançon publié dans Le Parisien cette semaine. On voit une dame qui dit à son mari, chérie, avons-nous de l'argent caché en Suisse ? Et le mari répond, presque rien, ma chère, tout était chez Madoff, fort heureusement. Cécile Dussot, merci d'avoir participé à notre émission. Je peux reconnaître que ce n'était pas facile, mais vous en êtes très très bien sortis. Bravo et bien...
Cécile Duflot