Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 4 décembre 2021 26 min

Congrès LR : Amélie de Montchalin fustige "Éric Pécresse" et "Valérie Ciotti", représentants "d'une droite rabougrie"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour à tous, bienvenue dans le 8.30 France Info, radio et télé sur le canal 27 de la TNT avec Myriam Ancawa de la chaîne parlementaire. Bonjour Myriam.

0:11
Invité

Bonjour Arsine, bonjour à tous.

0:13
Présentateur

Notre invitée ce matin est la ministre de la Transformation et de la Fonction Publique, Amélie de Montchalin. Bonjour à vous. Bonjour. Les adhérents du parti Les Républicains votent depuis hier soir précisément pour décider qui sera leur candidat à la présidentielle entre Valérie Pécresse et Éric Ciotti. Valérie Pécresse fait figure de grande favorite. On l'écoute et vous allez réagir ensuite.

0:35
Locuteur non identifié

Je suis la seule à pouvoir battre Emmanuel Macron. Chers amis, vous avez eu le cran de voter. Malgré tous ceux qui vous disaient que la droite était morte, ayez l'audace de choisir une femme libre.

0:52
Présentateur

Est-ce que vous considérez, Amélie de Montchalin, que Valérie Pécresse est un danger pour Emmanuel Macron ?

0:57
Amélie de Montchalin

Vous savez quand on fait de la politique, le sujet c'est pas d'avoir peur ou pas peur, c'est de savoir si les idées, vous êtes d'accord ou pas d'accord. Moi ce que je vois c'est que ce débat à la droite, c'est au fond une seule droite, une droite qu'on connaît depuis maintenant 2017 en particulier. C'est une droite qui est rétrécie, qui est rabougrie, qui est dans un esprit de déclin, de défaite. Éric Ciotti, on pourrait l'appeler Éric Pécresse, et Valérie Pécresse, on pourrait l'appeler Valérie Ciotti. Au fond, ils s'appellent tous les deux Fillon.

1:23
Présentateur

C'est du pareil au même pour vous.

1:24
Amélie de Montchalin

Et ils ont, on l'a bien vu pendant cette campagne, au fond, fait de leurs échecs passés des fiertés. On est dans la répétition à l'infini de ce qui se disait en 2017. Mme Pécresse est très fière de nous dire qu'elle aimerait que ce qui n'a pas marché en 2007 se fasse maintenant, mais on a envie de dire que la France a quand même changé en 15 ans. Il y a quand même des choses dans notre pays qui ont évolué. Et vous avez une surenchère. Vous avez une surenchère sur beaucoup de sujets. Je l'ai vu sur l'État. Vous savez, leurs idées, et M. Ciotti et Mme Pécresse, c'est Reagan et Thatcher.

C'est le néolibéralisme des années 80, c'est mettre les fonctionnaires sur le bio, c'est les découper à la hache.

2:03
Présentateur

Vous êtes très offensif parce qu'ils sont un peu sur le même terrain.

2:05
Amélie de Montchalin

Mais parce que les mots qu'ils utilisent, la vision qu'ils promeuvent, ce qu'ils disent aux Français, c'est pas regardons l'avenir, avançons, c'est repartons vers le passé. Il n'y a pas de vision dans ce qu'ils disent. On est dans la répétition à l'infini de surenchères d'outrance, d'une certaine manière.

2:20
Invité

C'est drôle que vous disiez ça parce qu'on va parler de la question des fonctionnaires, suppression de fonctionnaires, combien. Mais vous la connaissez bien, Valérie Pécresse. Vous avez travaillé avec elle. Quand vous étiez plus jeune, vous avez fait un stage à l'Assemblée avec elle. Vous avez travaillé au ministère de la Recherche et de l'Enseignement avec elle. C'est donc que vous aviez des affinités.

2:38
Amélie de Montchalin

Elle n'a pas changé tant que ça, Valérie Pécresse. Il y a 15 ans, la droite avait un certain nombre de valeurs. Elle avait des valeurs, par exemple, sur la réforme de l'État. Et puis ensuite, il s'est passé la fameuse RGPP, dont Mme Pécresse était l'actrice, et qui a affaibli, qui a fait le coup de rabot, qui a affaibli l'État. Un remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Et qui d'ailleurs nous a emmenés sur les enjeux de sécurité, de justice, d'hôpital, dans une situation qu'elle s'est faite aujourd'hui. M. Ciotti, quand vous écoutez quand même ce qu'il nous dit, il nous dit qu'on veut un Guantanamo à la française.

On veut, Mme Pécresse, le référendum sur l'immigration. Moi, vous savez, j'ai quitté la droite en 2016. Et je l'ai quittée exactement parce qu'à un moment donné, elle ne parlait plus qu'à elle-même, plus que d'elle-même. Elle était dans un esprit de division, de rétrécissement. Sur l'Europe, c'était plus clair. M. Ciotti a quand même quitté les Républicains parce que le parti se droitisait trop.

À un moment donné, par cohérence, moi je peux vous dire qu'il y a des hommes et des femmes qui en 2016, venant de la droite, ont décidé de faire un choix d'ambition pour le pays, de vision, de se dire qu'on pouvait, au fond, avoir un regard sur l'avenir positif, pas un regard béat, pas un regard naïf. Et aujourd'hui, je pense qu'il y a beaucoup d'hommes et de femmes qui partagent ces visions à la fois d'ambition, mais à ce nombre de valeurs et surtout qui ne veulent pas rentrer dans cet esprit de rétrécissement qui, comme en 2016, nous avaient rejoints et qui, aujourd'hui, peuvent nous rejoindre.

Moi, je tends la main à ces électeurs du centre et de la droite de leur dire, si vous croyez à l'industrie, si vous croyez à un État régalien efficace, si vous croyez à des valeurs, par exemple, sur un État qui doit à la fois protéger, mais être réaliste, les mots qui sont utilisés aujourd'hui. Je vous disais, c'est régalien de Thatcher. C'est quand vous parle d'un connu de la hache.

4:17
Invité

Elle cite aussi Angela Merkel, Valérie Pécresse.

4:19
Amélie de Montchalin

Quand vous êtes dans la surenchère permanente, moi, je dis à ces électeurs du centre et de la droite, rejoignez-nous. D'abord, nous sommes dans un esprit de rassemblement, de dépassement. Nous accueillons les uns et les autres quand ils ont des idées, parce qu'ils veulent servir leur pays. Et je pense qu'aujourd'hui, notre pays a besoin quand même d'avoir une vision de l'avenir qui ne soit pas le déclin, la revanche et la défaite.

4:38
Invité

Vous distinguez très clairement de Valérie Pécresse, Éric Ciotti, Marine Le Pen, elle a dit Valérie Pécresse, même profil, même parcours, même programme qu'Emmanuel Macron. Bon, sur la question des dépenses publiques...

4:49
Amélie de Montchalin

Pour moi, il n'y a rien à voir entre Mme Pécresse et le président Macron. Il n'y a rien à voir entre M. Ciotti. C'est la même droite, Ciotti Pécresse. C'est clair. Ils ont fait une campagne similaire de surenchères, d'outrances et de solutions qui n'en sont pas. Sur l'immigration, je suis désolée de vous dire, quand la seule solution que vous proposez, c'est un référendum, moi, je peux vous dire qu'avec le président, on a évidemment besoin que l'immigration soit contrôlée. Mais ce n'est pas à coup de référendum en France qu'on va y arriver. C'est en travaillant avec les Européens. C'est en mettant ça au cœur de la présidence française de l'Union.

C'est en remarquant bien que nous ne sommes pas une île et qu'on doit travailler avec nos voisins et avec les pays d'origine.

5:23
Invité

Il y a un mot qui a fait mouche auprès des atterrants de Valérie Pécresse. C'est quand elle a dit « Emmanuel Macron a cramé la caisse ». Quand on voit tout de même tous les milliards accumulés à la fin de ce quinquennat, est-ce qu'elle n'a pas un peu raison ?

5:38
Amélie de Montchalin

Alors moi, je vais vous dire quelque chose sur ce sujet très clair. En 2008, il y avait une crise, a été annoncé un plan de relance par Nicolas Sarkozy et ensuite qui a mis 10 ans à être dépensé. Nous, en septembre 2020, il y avait une crise. Le président de la République et le Premier ministre ont dit « Voilà, on va faire un plan de relance de 100 milliards d'euros pour réparer l'économie et repartir ». À l'époque, les Républicains nous ont dit « Vous êtes petits joueurs, l'Allemagne fait beaucoup plus, 100 milliards, ce n'est pas assez ». Et aujourd'hui, tout ce que nous annonçons, tout ce que nous annonçons, c'est le bon déploiement, la bonne mise en œuvre de ce plan de relance.

Et donc, qu'on ne vienne pas nous dire aujourd'hui parce qu'on soutient nos entreprises, parce qu'on soutient la rénovation énergétique des bâtiments, parce qu'on soutient l'investissement dans les compétences, le soutien de la formation des jeunes.

6:22
Invité

Vous ne dépensez pas trop sur des fonctionnaires ?

6:24
Amélie de Montchalin

Non, mais on dépense ce qu'on a dit qu'on allait faire parce que nous pensons que c'est une stratégie économique nécessaire pour sortir de la crise. Et ce n'est pas du tout un miracle, et ce n'est pas du tout une surprise, que du coup, parce que notre stratégie est la bonne, on a 6,25% de croissance, on a le plus bas chômage des jeunes depuis des années. Vous savez qu'aujourd'hui, en France, nous avons le taux d'emploi le plus élevé depuis 1975. Si vous me laissez une seconde, ça veut dire que pour expliquer à nos auditeurs, il n'y a jamais eu autant de Français entre 25 et 64 ans qui travaillent dans notre pays. 68% aujourd'hui des Français, entre 25 et 64 ans, travaillent.

C'est le plus haut niveau de taux d'emploi depuis 1975. Alors moi, je veux bien qu'on nous donne des leçons, parce que quand on présente des plans, ce n'est pas assez, et que quand on les met bien en œuvre, et que ça fonctionne, eh bien, on nous dit maintenant, vous comprenez, c'est un peu honteux que ça marche. Soyons un peu raisonnables, sérieux, et voyons que derrière, c'est les emplois du pays, c'est les entreprises, c'est notre innovation, c'est notre souveraineté, c'est réussir la transition écologique, et c'est arriver à former des hommes et des femmes à des métiers d'avenir. C'est ça qu'on est en train de faire.

7:24
Présentateur

Allez, on fait une pause dans cette interview à Méline Montchalin pour le Filinfo. Voici Diane Ferschit.

7:29
Invité

Faut-il des mesures de freinage supplémentaires face à la cinquième vague de Covid ? En France, les indicateurs continuent de se dégrader. Plus de 2000 patients Covid sont ce matin hospitalisés en réanimation. Dans les Pyrénées-Atlantiques, la préfecture interdit un festival électro qui devait se tenir ce week-end à Biarritz. 9000 personnes étaient attendues. Le variant Omicron qui inquiète aussi. Trois nouveaux cas détectés. 12 donc au total, un variant dont on ignore encore s'il peut résister au vaccin. Il semble très contagieux selon l'OMS qui précise n'avoir reçu jusqu'à présent aucune information se rapportant à des décès qui auraient pu être causés par Omicron. C'est l'heure du choix.

À droite, les adhérents LR ont jusqu'à 14h pour voter pour départager Éric Ciotti et Valérie Pécresse en vue de la présidentielle. Résultat attendu à 14h30. Édition spéciale à suivre cet après-midi sur France Info. Une nouvelle opération d'évacuation menée depuis l'Afghanistan par la France cette semaine. À bord, 258 Afghans particulièrement menacés en raison de leur engagement, précise le quai d'Orsay. À bord, également, une dizaine de Français et une soixantaine de Néerlandais. L'avion a atterri jeudi au Qatar. Le transfert vers la France a organisé en fin de semaine prochaine. Trois matchs ce samedi pour le compte de la 17ème journée de Ligue 1 de football.

Elle débute à 17h avec le déplacement de Brest à Marseille. Ensuite, à 19h, le champion de France. Lille recevra un promu 3, quinzième au classement. Et puis, l'affiche est à 21h avec le PSG qui affronte le RC Lens.

9:01
Présentateur

C'est la ministre de la Transformation et de la Fonction publique, Amélie de Montchalin, qui est l'invité du 8.30 France Info ce matin. Amélie de Montchalin, la cinquième vague de l'épidémie de Covid est là, mais ce n'est pas ou pas encore pour cette raison que l'hôpital est au bord de la rupture. C'est ce que disent les soignants qui manifestent une fois de plus aujourd'hui à Paris. Ils réclament de meilleures conditions de travail, une solution à la pénurie de personnel. Ils le disent depuis des mois et des années. Quand allez-vous les entendre ?

9:32
Amélie de Montchalin

On les entend tous les jours.

9:33
Présentateur

Oui, mais leur répondre alors ?

9:35
Amélie de Montchalin

Vous voyez, la ministre de la Fonction publique que je suis, je suis aussi la ministre de la Fonction publique hospitalière. Oui. Et beaucoup de choses à dire à ces hommes et ces femmes qui font un travail à la fois essentiel, extrêmement éprouvant dans les conditions qui sont celles de la crise sanitaire et sur lesquelles nous avons à la fois pris des mesures. Il faut qu'on soit lucide sur ce qu'il reste à faire. Les mesures qu'on a prises, c'est d'abord de revaloriser les salaires. 10 milliards d'euros, certains vous disent que c'est un rattrapage.

C'est effectivement des années où l'hôpital avait été laissé avec des situations salariales qui n'étaient pas du tout adaptées au niveau d'engagement. Mais tous vous disent que ça ne suffit pas. Ça n'est pas qu'une question de salaire. Je n'ai pas effectivement dit que ça suffisait. Ensuite, c'est un investissement de 19 milliards d'euros que nous sommes en train de déployer. Vous voyez, j'étais hier dans les deux Sèvres.

Dans les petits hôpitaux de proximité aussi, parce que pendant des années, pendant les deux quinquennats précédents, l'ensemble des investissements entre 2007 et 2017, c'est 10 milliards d'euros pour tous les hôpitaux et en fait très concentrés sur les grands centres hospitaliers des métropoles. On a fait le choix, nous, de mettre 19 milliards, donc le double, là, depuis ce qu'on a commencé avec le Ségur, le double de ce qui s'était passé pendant 10 ans et on leur est parti dans tout le territoire. Pourquoi ça ne se voit pas ? C'est en train de se voir. C'est pas ce que disent les soignants.

Dans le nord des Deux-Sèvres, quand vous avez annoncé pour un petit hôpital entre Partenay-Bressuire et Toir, que vous avez 19 millions d'euros qui vont être investis pour reconstruire un service de psychiatrie, des équipements, du quotidien, pour que les conditions de travail...

11:02
Présentateur

Mais alors les soignants qui manifestent aujourd'hui et qui disent qu'ils ne voient rien de tout ça...

11:05
Amélie de Montchalin

Effectivement, il y a un enjeu derrière tout ça et qui dégrade les conditions de travail. C'est que nous manquons de bras. Nous avons 7 500 postes d'infirmières, d'aides-soignants aujourd'hui, ouverts, financés, mais nous n'avons pas les hommes et les femmes. Mais il faut rendre attractifs ces métiers-là à nouveau. Nous avons ouvert 6 000 nouvelles places dans les instituts de formation des infirmières. Nous avons des étudiants, mais ils ne vont pas être formés dans la minute. Mais beaucoup ne veulent pas à l'université-métier aujourd'hui. Oui, mais nous avons aussi créé... Il y a des étudiants qui renoncent. L'apprentissage n'existait pas dans la fonction publique hospitalière.

Donc vous aviez des jeunes qui disaient « Moi, je veux bien m'engager, mais les études coûtent cher parce que par définition, vous n'avez pas de salaire. Quand vous êtes apprenti, vous avez un début de salaire. L'apprentissage dans la fonction publique hospitalière, ça a commencé cette année, en 2021. Ça n'existait pas avant. Donc on est bien conscients que notre premier défi collectif, c'est de faire venir des jeunes et des moins jeunes à l'hôpital. Il y a aussi beaucoup de gens qui ont travaillé d'un jour dans leur vie.

11:57
Présentateur

Et d'éviter que les gens s'en aillent. La chef de service pédiatrie de l'hôpital Necker disait tout à l'heure sur France Info « Assister à un mouvement de désertion ». Et donc il faut qu'on arrive

12:04
Amélie de Montchalin

à, sur les enjeux salariaux, continuer d'accompagner. Aujourd'hui, on a revalorisé les salaires, on revalorise les carrières, redonner les perspectives pour que l'engagement des uns et des autres soit vraiment valorisé. On investit dans les conditions de travail, dans les locaux, les bâtiments, les outils, l'équipement du quotidien. On investit sur tout ce qui peut nous amener des jeunes hommes et femmes à s'engager dans ces métiers. Mais je ne vais pas vous dire aujourd'hui que nous sommes satisfaits du fait qu'il y a énormément de postes vacants et qu'on arrive à recruter.

Moi, mon appel, ce matin aussi, il y a beaucoup d'hommes et de femmes qui ont travaillé dans les hôpitaux à un moment de leur vie, qui aujourd'hui n'y travaillent plus. On a aussi besoin d'eux. On les reforme, on les recrute. Les salaires n'ont jamais été aussi élevés pour des métiers comme auxiliaires de puriculture dans les hôpitaux, pour les aides-soignants, pour les aides-soignants. Des retraités ? Non, ça peut être, vous savez, vous avez des infirmières, beaucoup d'entre elles travaillent 5-6 ans à l'hôpital, puis parfois elles s'occupent de leurs enfants, parfois elles changent de métier. On a aussi besoin de ces compétences-là.

Donc, moi, ce que j'ai à vous dire aujourd'hui, c'est un enjeu national, c'est un enjeu évidemment social. Nous sommes mobilisés avec tous les outils possibles. Nous avons supprimé le numérosclosus. Ça faisait 25 ans qu'on en parlait. Mais tout ça va prendre beaucoup de temps. Ça prend beaucoup de temps, oui. Mais vous savez, à un moment donné, il faut aussi regarder la réalité des choix que nous avons faits. On a hérité d'une situation qui n'était pas bonne. La population vieillit, les besoins sont forts. Donc, moi, je ne suis pas là pour vous dire tout va bien. Je les rends compte, vous savez, les infirmières. Cette question, elle sera centrée dans la présidentielle de toutes les façons.

Et donc, il y a ce qu'on a fait, les moyens qu'on y met, l'engagement qu'on y met et la lucidité sur le fait qu'aujourd'hui, oui, la situation est difficile, que nous avons ouvert des postes, qu'ils sont financés, mais qu'à un moment donné, il faut qu'on accompagne cette jeunesse pour qu'elle rejoigne.

13:43
Présentateur

Vous savez si Olivier Véran recevra tout à l'heure les représentants des soignants

13:46
Amélie de Montchalin

qui défilent ? On peut vous dire, on est tous dans un dialogue social permanent. Dans mon ministère, depuis que je suis, donc, juillet 2020, je reçois tous ceux et celles qui ont des demandes. Nous nous rencontrons tous les 15 jours pour faire le point sur notamment les conditions de travail liées à l'épidémie. Qu'on soit dans une mairie, qu'on soit dans un ministère, qu'on soit à l'hôpital. Donc, je vais y venir sur les conditions maintenant sanitaires.

14:08
Invité

Alors justement, 50 000 nouveaux cas jours, c'est énorme. 2 000 lits de réanimation occupée sur une capacité de 5 000. Il y a un conseil de défense lundi. Et cette question de la vaccination obligatoire qui commence à être posée partout en Europe. Les Autriches l'ont fait, les Allemands vont peut-être le faire aussi. Est-ce qu'il n'est pas temps d'accélérer et de choisir cette voie-là pour gagner cette course contre la montre ?

14:33
Amélie de Montchalin

Je voudrais vous ramener quelques semaines, quelques mois en arrière parce qu'à ce moment-là, la France a fait un choix très différent de tous ses voisins. C'était le 12 juillet. C'est quand le président de la République a dit voilà, pour inciter au niveau maximum la vaccination qui est notre meilleur outil face à une situation qui va rester incertaine. Mais on a une certitude, c'est que quand on est vacciné, on va beaucoup moins développer de femmes en grave. Et vous le voyez aujourd'hui, 8 à 10 fois moins de chances d'être en réanimation quand vous êtes vacciné. Alors vaccination obligatoire, oui ou non ? Et donc on a mis en place le pass sanitaire.

Le pass sanitaire, ça nous a quand même amené à une situation qui est aujourd'hui totalement différente de ce que vivent l'Autriche, l'Allemagne, des pays qui se posent aujourd'hui la question effectivement de la vaccination obligatoire. On est à plus de 80, 82% aujourd'hui de Français au-dessus de 12 ans qui sont vaccinés. Les pays dont vous parlez, dans certaines régions, c'est moins de 60%. Donc vous n'êtes pas favorable à vos obligations. Donc aujourd'hui, on a un outil qui fonctionne, le pass sanitaire.

On sait que le rappel est un outil extrêmement efficace pour à la fois limiter évidemment toujours les formes graves qui ensuite amènent les gens à l'hôpital et qui créent les situations dont on venait de parler. Aujourd'hui, vous avez 2000 personnes en réanimation. Une immense majorité d'entre elles sont des personnes qui n'étaient pas vaccinées ou des personnes âgées ou immunodéprimées ou fragiles qui n'avaient pas fait leur rappel. Donc c'est ça notre combat. Et donc c'est pour ça qu'on met tous les moyens sur la vaccination. Je peux vous parler de ce que je fais pour les agents publics. Et pour les enfants.

15:51
Présentateur

Est-ce qu'il faut vacciner les enfants ? Pour les agents publics. Les taux d'incidence explosent.

15:56
Amélie de Montchalin

Oui, les agents publics. C'est quand même 5 millions d'hommes et de femmes dans notre pays. C'est des hommes et des femmes qui font tenir le pays parce qu'ils ont des missions qui sont au cœur de notre vie quotidienne. Vous leur facilitez la troisième dose ? Depuis le mois de juillet. Dans les préfectures, dans les mairies ? Exactement. On avait pris des mesures pour dire quand vous allez vous faire vacciner le temps que ça vous prend parce que peut-être votre rendez-vous est sur votre temps de travail il n'y a pas de retenue de salaire. Vous allez faire vacciner vos proches, une personne très âgée, un enfant, pas de retenue de salaire. Vous avez des effets secondaires.

On facilite aussi par l'installation de centres de vaccination très proches des agents. Cette facilitation-là, moi, je la poursuis. On a aussi des mesures qu'il faut regarder effectivement sur les enfants. On a une stratégie aujourd'hui de tests systématiques là où la méthode d'avant n'amenait pas forcément tout le monde.

16:38
Invité

Mais vacciner les enfants comme en Israël, comme au Canada.

16:41
Amélie de Montchalin

La vaccination des enfants, c'est un sujet qui est évidemment extrêmement sensible. On a toujours dit que sur ce sujet-là, le mécanisme de décision est beaucoup plus avancé encore que pour les adultes parce que les choix, le coût-bénéfice, comme on dit, doivent être pesés. Un certain nombre d'autorités y réfléchissent. Moi, ce matin, ce que j'ai à nous dire, on a entre nos mains les outils, les gestes barrières et le vaccin. Ce n'est pas l'un ou l'autre, c'est l'un et l'autre. Les gestes barrières, ce n'est pas du tout anodin dans les périodes que l'on vit. Pourquoi le virus est plus virulent l'hiver ?

Parce qu'on vit à l'intérieur, parce qu'on a air moins, parce que, et c'est vrai, on a tous un peu relâché nos vigilances et donc je crois qu'aujourd'hui, les Français sont particulièrement engagés aussi à nouveau pour se laver les mains, pour ne pas s'embrasser. Ce sont des choses qui ont l'air futiles, mais c'est le plus efficace.

Et donc, nous, notre stratégie, ce n'est pas tous les matins de lancer des débats, c'est de se dire on a le pass sanitaire, on a cette stratégie de troisième dose, on ouvre des centres de vaccination très nombreux et là, je tiens vraiment à remercier aussi tous les agents publics qui rendent ça possible, qui travaillent dans les mairies, dans les collectivités ou personnels soignants, qui sur ce front-là, depuis maintenant donc presque un an, sont extrêmement mobilisés et qui ont rendu, je crois, une situation possible et donc qu'il faut aussi accompagner.

Mais notre ambition, c'est qu'on a fait un choix différent de nos voisins et donc on peut continuer de garder ce qui a fait notre force jusqu'à maintenant.

18:03
Présentateur

Allez, on s'interrompt une minute pour le Fil Info avec Diane Ferchit. Il est 9h10.

18:06
Invité

Les adhérents, les Républicains, très mobilisés pour le second tour de ce qu'était du Congrès. Hier soir à 18h, ils étaient déjà 61,7% à avoir fait leur choix entre Valérie Pécresse et Éric Ciotti. Le vainqueur de ce Congrès sera le représentant de la droite pour la présidentielle pour l'annonce des résultats cet après-midi. Édition spéciale à suivre sur France Info à partir de 14h. La situation sanitaire et le nombre de nouveaux cas quotidiens de Covid ne cessent d'augmenter. Hausse aussi du nombre de patients Covid admis en réanimation. Il y en a plus de 2 000. Ce matin, le gouvernement réunira lundi un nouveau conseil de défense sanitaire. Il dénonce le manque de moyens et de personnel.

Les soignants de toute la France dans la rue ce samedi, appelés à manifester devant le ministère de la Santé. la chef du service la chef du service pédiatrie, Isabelle Desguerres du collectif Interhôpitaux se dit sur France Info dans l'impasse. Nous avions déjà alerté il y a 2 ans sur de possibles départs de soignants. Regrette-t-elle ? La crise Covid et le Ségur de la santé n'ont selon elle rien arrangé. Emmanuel Macron poursuit sa tournée dans les pays du Golfe. Le chef de l'État en Arabie Saoudite ce samedi. Il va rencontrer l'homme fort du royaume, le prince héritier Mohamed Ben Salmane.

Emmanuel Macron sera l'un des premiers dirigeants occidentaux à le rencontrer depuis l'assassinat du journaliste Jamal Rashoghi en 2018. Le numéro à retenir ce matin c'est le 36-37 numéro du Téléthon 35ème édition en faveur de la recherche sur les maladies rares. Plus de 9 800 000 euros ont déjà été récoltés depuis hier soir. France Info

19:40
Présentateur

Amélie de Montchalin est l'invité du 830 France Info ce matin. Myriam Ancawa.

19:43
Invité

Oui, toujours sur le pouvoir d'achat. Question centrale pour les Français également pour les fonctionnaires. Il y a une négociation en cours qui est très difficile avec les syndicats sur cette question de la rémunération des fonctionnaires. Ça fait 10 ans que les syndicats réclament en vain le dégel du point d'indice des fonctionnaires. Vous allez leur faire des annonces prochainement ?

20:02
Amélie de Montchalin

Alors, on a un dialogue social sur ce sujet qui est évidemment très soutenu. Donc, il y a un rendez-vous important effectivement jeudi avec toutes les organisations syndicales, tous les employeurs publics. Pour leur dire quoi précisément ? Pour faire à la fois le suivi des mesures sur lesquelles je vais revenir et puis pour faire un point d'étape parce que c'est un sujet qui concerne tous les Français. C'est pour ça que d'ailleurs qu'on a l'indemnité inflation face à la hausse d'un certain nombre de prix. C'est pour ça qu'on a été un gouvernement très mobilisé. Mais rendez-vous important,

20:28
Invité

ça veut dire quoi ?

20:28
Amélie de Montchalin

Vous savez, quand vous menez un dialogue social, vous donnez des rendez-vous sur des points d'étape, sur des discussions qu'on doit avoir. Mais surtout, moi, ce que je veux rappeler, c'est les choix qu'on a faits. On a fait des choix qui sont des choix inédits. Parce qu'on a organisé qu'au 1er janvier 2022, rémunéré, notamment ce qu'on appelle les agents de catégorie C, plus d'un million d'hommes et de femmes qui travaillent dans des métiers du quotidien vont voir une revalorisation inédite de leur salaire de 40 à 100 euros par mois. Mais c'est une mesure générale que réclament les syndicats. Depuis toujours,

21:00
Invité

depuis des années et des années.

21:01
Amélie de Montchalin

Je vous parle d'une mesure générale. Pas par catégorie. Ce n'est pas une catégorie. C'est 1,2 million de femmes qui travaillent dans les écoles, qui travaillent pour faire des travaux essentiels d'entretien, qui travaillent dans nos hôpitaux, qui travaillent à l'accueil de...

21:14
Invité

Mais les autres aussi

21:17
Amélie de Montchalin

se gèlent.

21:18
Présentateur

Est-ce que vous êtes opposé, vous, au dégel du point d'indice ou pas ? Soyez clair, justement.

21:22
Amélie de Montchalin

Je vais être très claire. Ce point d'indice, c'est un outil qui amène à ce que nous augmentions tout le monde de la même valeur, de la même pourcentage. Et les hommes et les femmes dont je vous parle, que je rencontre sur le terrain, c'est les hommes et les femmes, si on avait suivi cette logique, ils auraient augmenté de 7, 8 euros. J'étais, donc, je vous ai dit, dans les deux sèvres, Gabriel Attal, quand vous rencontrez un agent d'une collectivité locale qui vous dit, voilà, moi, mon salaire, il n'a pas bougé depuis des années. C'est vrai.

Et que vous lui expliquez, parce qu'il n'a pas forcément une information, qu'au 1er janvier, sa feuille de paie, dans ce cas de ce monsieur, c'est 65 euros de plus par mois. Ça, vous l'avez fait.

21:55
Invité

Vous l'avez déjà annoncé. Est-ce qu'il y aura d'autres choses ? Est-ce que les syndicats

21:59
Amélie de Montchalin

peuvent être un petit peu optimistes ? Si je fais du dialogue social, ce n'est pas pour vous annoncer le samedi, ce que je veux dire jeudi. Sinon, ça ne sert à rien.

22:05
Présentateur

Mais on comprend que vous êtes opposé à la logique, que c'est le mot que vous employez du dégel du point d'indice. C'est ce que vous voulez dire.

22:10
Amélie de Montchalin

La logique du point d'indice, si vous ne faites que ça, vous n'avez pas, ce qu'on a fait pendant le quinquennat, régler le sujet des jeunes enseignants. Vous n'avez pas réglé le sujet des infirmières. Nous, on a fait quoi ? On a dit, voilà, il y a des professions qui ont été oubliées.

22:22
Présentateur

Vous préférez cibler ?

22:23
Amélie de Montchalin

Les jeunes enseignants, les infirmières, les aides-soignantes, les policiers, les sages-femmes. Et donc, on a fait le choix d'avoir de résoudre des inégalités. Ensuite, j'ai fait un deuxième choix. Concentrer tous nos moyens pour 2022 sur les bas salaires. Les bas salaires, c'est ces millions d'hommes de femmes qui font des métiers essentiels. Il y aura quelque chose d'important jeudi. La troisième chose d'inégalité... Il faudra attendre jeudi. Il faut bien comprendre. Oui, mais la troisième chose que j'ai à vous dire, c'est qu'il y avait aussi des inégalités qui sont des inégalités aussi de reconnaissance. Vous savez que les fonctionnaires aujourd'hui payent tout seuls leur mutuelle santé.

C'était un sujet d'ailleurs que ni la droite ni la gauche depuis des années n'avaient réglé. Mais quand vous travaillez dans le privé, votre employeur paye 50% de la mutuelle. Donc on a trouvé un accord. C'est aussi un engagement financier important pour que cette mutuelle soit prise en charge. Ce n'est pas du salaire, je suis d'accord. Mais c'est un enjeu essentiel d'égalité. On sort d'une crise sanitaire. Vous trouvez normal que quand vous rencontrez... Moi j'ai été voir des infirmières à Longs-le-Saunier. Leur métier, on l'a dit, c'est de soigner toute la journée.

Et bien quand il s'agit de leur santé, de celle de leurs enfants, de celle de leur famille, alors pour elle, il faut qu'elle paye la mutuelle quand toutes les autres personnes qui viennent à l'hôpital, leurs employeurs financent. Donc jeudi, il y a un moment important, mais je pense qu'il faut vous voyez sur ces sujets, sortir au fond d'outils qui ont l'air d'être des outils parce qu'on en parle beaucoup, qui résoudraient tout.

23:36
Présentateur

Donc cibler et pas de déjà du point d'indice. C'est ce que vous dites. On aura des discussions. On aura des discussions jeudi. On n'aura pas le temps d'en parler, madame. Et je pense qu'il est important

23:44
Amélie de Montchalin

de faire les choses par étapes. Mais les mesures que je vous annonce, ce sont des mesures qui aujourd'hui, d'ailleurs, beaucoup de Français concernés ne connaissent pas parce qu'elles sont inédites dans leur ampleur et dans leur nature.

23:53
Invité

Il y a la réforme de l'ENA. Le décret est entré en vigueur cette semaine. On ne parlera plus d'ENA, mais d'École nationale des services publics. Est-ce que vous pouvez nous dire, alors que c'est vrai, on le sent dans le pays, il y a encore beaucoup de défiance vis-à-vis des élites, à quoi devrait, va ressembler le haut fonctionnaire du XXIe siècle ? Qu'est-ce qui va changer ? En quoi il ne sera plus déconnecté du pays ?

24:15
Amélie de Montchalin

Ce que vous dites, c'est qu'en fait, cette réforme, elle est effectivement très politique. Elle concerne les Français dans leur vie quotidienne parce que cette réforme, elle permet de combattre le conformisme et le corporatisme. Pendant des années, la formation des hauts fonctionnaires de notre pays était largement orientée vers la norme. En fait, on disait aux gens, votre rôle, c'est de bien écrire les textes et c'est de bien inspecter, de bien contrôler, de bien juger. La réforme que l'on fait, qui est une réforme radicale, qui a commencé par la suppression de l'ENA, elle dit, nous voulons remettre au cœur non pas la norme, non pas les règles, non pas le juridique.

On veut remettre le concret, l'action, le terrain, la mise en œuvre. Et donc, ça veut dire qu'on va être formé non pas seulement au droit, à l'économie, aux finances publiques, on va être formé à l'écologie, au numérique, à ces services publics de proximité que les Français attendent. Et c'est un changement politique majeur parce que si vous ne réformez pas la haute fonction publique, vous ne pouvez pas réformer l'État et l'administration et vous ne pouvez pas d'ailleurs réformer la France. C'est une réforme qui rend possible cette proximité, cette connexion. Tous les hauts fonctionnaires demain qui sortiront de cette école commenceront par des postes de terrain, des postes d'action.

Et en fait, c'est de remplacer la norme par l'action. La directrice de l'Institut National du Service Public, le profil qu'on a choisi, c'est la femme qui a mis en place le prélèvement à la source. Une réforme que tous les Français connaissent. Dans sa vie, elle a mis en œuvre des réformes, elle a été sur le terrain, elle n'a pas été dans le contrôle, l'inspection, les jugements. C'est pour nous majeur et c'est une réforme qui permet de dire aux Français à la fois, on regarde le monde du XXIe siècle, on va recruter différemment, on va former différemment. Dans les carrières, ce qui va compter, c'est cette capacité à faire, pas seulement cette capacité à écrire des textes.

On est obligé de s'arrêter là. Et donc c'est une réforme politique qui va permettre beaucoup d'autres réformes et qui doit être là pour servir les Français.

25:55
Présentateur

Amélie de Montchalin, ministre de la Transformation et de la Fonction Publique, invitée du 830 France Info ce matin. Si vous aimez le 830 France Info, on vous conseille Élisée, la bataille. le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. A découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr