Yannick Jadot face à ses archives dans "adn" , l'émission politique de l'INA | INA
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 23 %Défensif 32 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:03OuverteRéponse directe
C'est cette révolte de jeunesse qui vous a donné le goût de l'engagement ?
- 3:51OuverteRéponse directe
La fin justifie-t-elle tous les moyens ?
- 4:02RelanceRéponse directe
Il y a eu un peu de violence parfois ?
- 6:10OuverteRéponse partielle
Faire de la politique, c'est plus efficace que le militantisme de terrain pour changer le monde ?
- 10:26OuverteRéponse directe
Vous dites qu'être picard détermine votre caractère réservé et pudique : d'où viennent vos paysages d'enfance ?
- 11:22OuverteRéponse directe
En quoi cette région et ces paysages forment ou forgent un caractère ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 6:39Invité politiqueFait
« J'ai vécu en Afrique, j'ai vécu au Bangladesh, j'ai participé à la construction du mouvement alter-mondialiste »
- 11:33Invité politiqueFait
« La région d'où je viens, dans l'Aisne, c'est une région agricole, c'est une région de ruralité. »
- 17:51Invité politiquePromesse
« J'ai inscrit dans mon programme le fait que la chasse serait interdite le week-end »
Temps de parole
- Présentateur82 %
- Locuteur 87 %
- Locuteur 103 %
≈ 0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle claude-sonnet-5 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Jadot, Yannick, 54 ans, candidat écologiste. Vous menez votre deuxième campagne présidentielle, mais la première jusqu'au bout, puisqu'en 2017 vous étiez retiré. Bonjour Yannick Jadot. Bonjour. La première image de vous à la télévision date de 1986, c'est l'époque de la mobilisation contre la loi Devaquet. On vous découvre sur le plateau de Michel Pollack, 19 ans, déjà engagé, avec d'autres étudiants.
Vous restez derrière, vous ne prenez pas encore la parole ni la lumière, mais avec votre mètre 92, on ne peut pas vous rater. Quel était celui parmi vous, parmi les étudiants, qui était avec Jérôme lorsqu'il a reçu sa grenade ? Prochez-vous. Oui, alors, comment ça s'est passé ?
J'aimerais dire, avant de commencer tout débat, qu'on aimerait demander une minute de silence pour tous les blessés et le mort.
C'est cette révolte de jeunesse qui vous a donné le goût de l'engagement ? Moi, j'étais déjà dans une famille très politique. On allait distribuer des tracts, coller des affiches gamins, mais c'est vrai que je pense que chaque génération, d'une certaine façon, a son rituel d'engagement politique. Et c'est vrai que là, la mobilisation contre la loi de Vaquet, les violences policières, évidemment, la mort de Malik Koussikine, ça forge un caractère politique. Militant, vous allez l'être pendant des années. Après des études d'économie à Paris-Dauphine, vous choisissez les ONG et vous devenez activiste.
On va vous retrouver dans de multiples combats et actions coup de poing, notamment pour Greenpeace. Greenpeace, on a fait une spécialité, les actions coup de poing, pour une couverture médiatique la plus large possible. Ils ordonnent de quitter les lieux sous peine d'une amende considérable. En période de canicule, on n'arrive plus à refroidir les centrales. On rejette dans les rivières de l'eau très très chaude, qui a un vrai problème environnemental.
Pour les associations de protection de l'environnement, l'inocuité des OGM n'a pas été suffisamment démontrée.
Si on considère qu'il y a des risques potentiels, il faut appliquer le principe de précaution. Deux militants de Greenpeace prennent d'assaut le Clemenceau, qu'ils jugent hautement toxiques. La société qui a désaméanté le Clemenceau à Toulon considère qu'il y aura encore 500 à 1000 tonnes d'amiante à boire du Clemenceau.
7h du matin, autour du Rainbow Warrior, la bataille navale peut commencer. Les maras pêcheurs lancent leurs Zodiacs sur ceux de Greenpeace. Sur place, la gendarmerie maritime n'intervient pas.
Vous n'allez rien faire, monsieur, contre ces pratiques illégâtes, contre ces manœuvres extrêmement dangereuses ? Ce qui est complètement fou, c'est qu'ils nous balancent des boulons, que la gendarmerie est là à 100 mètres, et qu'elle ne fait absolument rien, alors qu'elle était parfaitement prévenue que les teniers seigneurs allaient faire cette action.
Après un moratoire de 14 ans, l'Islande a repris depuis hier la chasse à la baleine.
Il n'y a absolument pas besoin de tuer des cétacés pour les étudier. Beaucoup d'animation devant la base militaire de l'île longue. Après un jeu de cache-cache avec le commando de marine, trois écologistes pénètrent dans les eaux de la base à bord d'un Zodiac. Pour les contrevenants, l'action est symbolique. Le directeur des campagnes de Greenpeace, France, l'a rappelé aujourd'hui en correctionnel. Le procureur, qui ne l'entend pas ainsi, a requis pour chaque prévenu, trois mois de prison avec sursis, une amende de 2000 euros, ainsi que la confiscation du Zodiac d'une valeur de 50 000 euros.
Ce coup d'éclat en Zodiac pour avoir tenté de pénétrer dans la base nucléaire sous-marine de l'île longue vous vaudra une condamnation pour atteinte aux intérêts supérieurs de la nation. Yannick Jadot, la fin justifie-t-elle tous les moyens ? Pas tous les moyens, jamais la violence, jamais la violence contre les personnes, jamais la destruction des biens. Il y a eu un peu de violence parfois ? Non, non, non, pas chez Greenpeace. C'est justement, les activistes sont formés, entraînés pour éviter justement toute forme de violence parce que ça remettra en cause la légitimité de la dénonciation qui est faite à ce moment-là.
Mais on le voit bien, c'est vrai que nous avons arraché des OGM avec José Bové et beaucoup d'autres. C'était illégal mais ça correspond toujours au souhait des citoyens. Et maintenant c'est dans la loi, on ne peut pas produire, on ne peut pas cultiver des OGM en France. Donc la loi, la légalité, c'est aussi une construction politique, c'est une construction citoyenne. Et parfois des actions peuvent faire évoluer la loi dans le sens de l'intérêt général parce qu'il y a des nouvelles menaces. Et c'est ça le rôle de Greenpeace, c'est ça le rôle aujourd'hui d'El 214.
C'est totalement illégal d'aller filmer dans des abattoirs qui sont fermés, mais ça participe de la prise de conscience, ça participe de l'évolution de la réglementation et pour le coup là, de la suppression de la souffrance animale. Donc c'est une bonne chose. De militants activistes, vous passez à la politique. 2009, vous avez 42 ans quand le parti écologiste emmené par Danny Cohn-Mendit obtient 16% aux élections européennes. Score historique avec 14 sièges d'eurodéputés, dont le vôtre.
Et ils ont fait la fête tard dans la nuit, les militants et les têtes de liste. Après 30 ans de travail, on est entré distille dans l'âge de la crédibilité. Militants de la première heure ou jeunes générations, tous ont savouré ce score auquel personne n'aurait osé croire il y a encore quelques semaines.
Avoir un tel pourcentage, avoir autant d'électeurs, c'est vraiment la récompense d'une très belle campagne, je crois. On ne s'est jamais laissé divertir sur les problèmes franco-français. On a fait une vraie campagne européenne, on a fait une campagne de terrain. Faire de la politique, Yannick Jadot, c'est plus efficace que le militantisme de terrain pour changer le monde ? C'est un autre levier. Vous savez, vous l'avez dit, moi ça fait 30 ans que j'ai le privilège incroyable de faire de mes engagements, de mes convictions, mon métier, mes occupations de tout le temps. C'est vrai que c'est un privilège, mais j'ai l'impression de poursuivre toujours le même combat.
J'ai vécu en Afrique, j'ai vécu au Bangladesh, j'ai participé à la construction du mouvement alter-mondialiste dans les années 90, j'ai fait Greenpeace, et en fait j'ai l'impression de défendre toujours l'écologie et la solidarité, mais de le faire avec des leviers différents. Parfois c'est l'alerte, d'autres fois c'est la législation européenne, et maintenant évidemment c'est la volonté, la campagne électorale pour détenir, prendre le pouvoir, mettre l'écologie au cœur du pouvoir en France. Vous voici donc dans le costume d'un député européen, mais pas dans l'habit d'un notable. On retrouve vos coups de gueule, vos harangues, comme encore récemment face à Emmanuel Macron,
mais surtout celle d'un combat gagné contre la pêche électrique.
Nous avons un choix majeur à faire sur la pêche électrique. Soit nous poursuivons et nous généralisons l'électrocution des fonds marins, décimant les poissons, sacrifiant les pêcheurs, désertifiant nos territoires côtiers, soit nous interdisons la pêche électrique, cette arme de prédation massive, nous protégeons les ressources, nous sauvons la pêche artisanale et nous avons de beaux et beaux poissons dans nos assiettes. Alors oui, nous devons voter l'interdiction et nous devons le faire malgré la Commission européenne. Parce que, monsieur le commissaire, comme le reste de la Commission, vous continuez à mentir sur la pêche électrique.
Vous mentez sur le fondement scientifique de vos décisions. Vous avez failli sur les dérogations. Il n'y a aucun protocole scientifique sur vos dérogations. Vous avez failli sur l'expansion des dérogations qui en font aujourd'hui une pêche passive. Alors pour la pêche artisanale, pour les océans, pour les chefs cuisiniers qui nous soutiennent, pour les ONG qui nous soutiennent, interdisons cette pêche. Monsieur le commissaire, vous devrez rendre des comptes devant cette Assemblée. Bataille politique mémorable, victoire et grand motif de fierté. Et sur les bancs... Oh ! Rare image de Yannick Jadot en train d'exulter.
Écoutez, c'est vrai.
Il faut dire son plaisir, il faut le ressentir.
Il faut que le corps se libère parfois.
Oui, bien sûr, bien sûr. Parce que ce sont des combats incroyables. Vous savez, régulièrement, on m'interroge. Pourquoi vous êtes écolo ? Alors il y a la question du beau, il y a la question de l'émerveillement par la nature, la beauté des femmes et des hommes, de ce que l'humanité porte. Mais ces combats, ce combat contre la pêche électrique, c'est aussi un combat que nous avons mené avec les pêcheurs artisans. Et ce sont des métiers, vous le savez, les métiers de la mer sont des métiers parmi les plus difficiles. Ce sont des métiers que vous reprenez, vous reprenez le bateau de votre père, de votre grand-père. C'est lourd, c'est des horaires infernaux, c'est des dangers.
Et c'est des gens qui maintiennent des territoires, qui maintiennent des manières de vivre, des modes de vie qui sont essentiels. Alors c'est vrai que c'est un combat, la pêche électrique, comme on a gagné aussi l'interdiction de la pêche en eau profonde dans les eaux européennes. C'est des combats pour la biodiversité. On sait à quel point c'est essentiel de protéger les océans. Mais c'est des combats pour des modes de vie, c'est des combats pour des femmes et des hommes qui méritent toute notre attention. Et c'est vrai que quand on gagne ce type de combat, on sait pourquoi on les gagne, mais on sait aussi pour qui on les gagne. Et ça, c'est fabuleux.
Il est temps dans cet ADN, Yannick Jadot, d'aller déterrer vos racines. Vous dites que vous êtes un picard et que cela détermine votre caractère réservé, pudique, refusant l'exhibition et la pipolisation de la vie publique. Vos paysages d'enfance viennent donc de là, de cette Picardie,
où vous avez grandi avec vos trois frères et vos parents professeurs.
La Picardie, cette ancienne province qui n'a jamais pu se donner à un seul département et qui a voulu appartenir à quatre, connaît en cette précocité brétanière une beauté calme et solide. Le ciel y possède des reflets profonds, peut-être provoqués par les mille et un miroirs des rivières et des canaux. Et quand une caméra s'amuse à découvrir la poésie, sans autre but que de mettre en image la rime des tons et les alexandrins de l'harmonie, eh bien alors, la Picardie est merveilleuse.
Expliquez-nous, Yannick Jadot, en quoi cette région et ces paysages forment ou forgent un caractère. La région d'où je viens, dans l'Aisne, c'est une région agricole, c'est une région de ruralité. C'est vrai qu'y compris, moi, mon grand-père était paysan dans la Tirache, c'était vraiment les toutes petites fermes, c'était dur. Donc, c'est un rapport à la terre qui est vraiment très profond, ça fait partie de la vie, ça fait partie de la force. Ce sont des forêts qui sont magnifiques, véritablement magnifiques, la forêt de Saint-Gobain et d'autres. Alors, je ne sais pas ces images où elles viennent, peut-être du Vimeux, en tout cas plus du côté de la Somme.
Et puis, c'est un patrimoine historique incroyable, un patrimoine architectural. Moi, ma ville, là où j'ai été à l'école, c'est l'An dans l'Aisne, c'est des églises, c'est une cathédrale, c'est des remparts, c'est une ville absolument magnifique. Et puis, aujourd'hui, c'est beaucoup de difficultés sociales, de désertification des services publics. Donc, c'est une terre rude, c'est une terre absolument magnifique. Et elle fait partie de ma vie parce que c'est le plus beau pays du monde. Et est-ce qu'un picard pudique est capable de fendre l'armure pour faire un bon candidat à la présidentielle ? Je ne sais pas ce qu'est un bon candidat à l'élection présidentielle.
En tout cas, j'espère que c'est d'abord quelqu'un dont les propositions, dont le projet, répondent à la fois aux difficultés du quotidien, parce que nos compatriotes en connaissent beaucoup, et puis qui accompagnent leurs aspirations, parce que la vie, ce n'est pas que des difficultés, c'est des aspirations individuelles. Et puis, c'est un projet pour la France, une élection présidentielle. C'est passer du passé au futur, j'allais dire. C'est ouvrir une nouvelle page, un nouveau chapitre de l'histoire de France. Et quand on est picard, on a les pieds sur terre. Il y a une forme de bon sens, de rationalité. On a les pieds dans la terre.
Et je pense qu'on n'a jamais eu autant besoin que de retrouver le lien avec la terre, avec la nature. Mais c'est aussi un regard sur l'horizon, c'est un regard sur l'Europe, c'est un regard sur le monde. Parce que c'est aussi ça, être français. C'est à la fois être très ancré, avec des forts liens d'appartenance, y compris à des terroirs. Mais c'est aussi se penser comme une référence dans le monde. C'est souvent exagéré, mais on a été la raison au XVIIIe siècle, on a été la démocratie au XIXe siècle, on a été les conquêtes sociales au XXe siècle. Il y avait plein de pays où c'est arrivé, mais on a toujours l'impression qu'on a été l'avant-garde.
Et on aime toujours être plus grand que nous-mêmes. Ça doit être une fierté et on doit retrouver ça. On doit retrouver la fierté d'être nous-mêmes, d'être français et de donner un exemple pour le reste du monde. Et évidemment, pour moi, vous l'avez compris, ça passe par l'écologie. Les pieds dans la terre et parfois les fusils en l'air, parce que la Picardie est une grande terre de chasse. Voyez comment la télévision en parlait en 75, images tournées à quelques kilomètres de votre village d'enfance, avec les coups de fusil que vous avez longtemps entendus résonner dans la campagne.
C'est une chasse que nous avons lancée dans l'Aisne. Vous voyez, nous avions jusqu'ici une chasse sur Iresson, une chasse en plaine, en forêt. Et nous avons voulu lancer dans l'Aisne une chasse aux canards, notamment. Et nous avons trouvé là un propriétaire terrien qui s'est intéressé à cette formule. Nous pouvons prendre ici à Fourdrain une vingtaine de chasseurs à la journée, avec un prix de journée, bien sûr, qui est déterminé par le propriétaire.
Quel prix de la journée ? Le prix de la journée sera de 250 francs. Pardon pour tous ces coups de feu à vos oreilles, Yannick Jadot. Mauvais souvenir ? Oui, ce n'est pas que des souvenirs, c'est le présent. Vous savez, quand je suis dans ma Picardie, dans l'Aisne, le samedi matin, le dimanche matin, ça tire à 150 mètres de la maison. Donc effectivement, vous ne pouvez pas sortir. Donc vous ne pouvez pas avoir accès à la nature. Et puis c'est vrai que là, ça ressemble à un massacre, en fait. Et puis, quand on était gamin, avec mes parents, on le fait toujours, mais on allait vraiment dans la forêt, la forêt est magnifique.
Et quand vous voyez une harde avec un cerf superbe, les biches, vous voyez les chevreuils, de temps en temps, on peut voir un renard ou des sangliers, c'est fabuleux. Enfin, je veux dire, pour moi, ça reste à chaque fois un émerveillement. Et imaginez qu'en fait, un cerf aussi majestueux devienne au fond une cible qu'on va abattre et qu'on va tuer pour le plaisir, parce qu'y compris la chasse à court, ce n'est même pas pour manger la viande, puisqu'il y a ce qu'on appelle la curée. Finalement, vous la donnez aux chiens. Il y a quelque chose qui ne me va pas. Donc effectivement, il faut que tout le monde puisse accéder à la nature.
Il faut que les chasses cruelles s'arrêtent et qu'on respecte les animaux. Parce que respecter les animaux, c'est aussi se respecter, en fait. Donc le refus ou la détestation de la chasse qui est inscrite dans votre programme, il est... Non, je n'ai pas inscrit dans mon programme la détestation de la chasse. Le refus. J'ai inscrit dans mon programme le fait que la chasse serait interdite le week-end et pendant les vacances scolaires, pour que toutes les familles, et y compris les chasseurs, évidemment sans leur fusil, puissent profiter de la nature parce qu'on a besoin de la nature et qu'elle est magnifique. Mais ça, c'est ancré depuis l'enfance.
Ça, c'est ancré depuis l'enfance parce que c'est vrai que... C'est pas... Enfin, c'est la nature, les animaux, ça fait partie du beau. Et j'ai toujours du mal à comprendre qu'on puisse vouloir tuer le beau. Voilà. Il y a quelque chose qui m'interroge toujours. Je veux dire... Vous savez, si je peux me permettre, l'un des bouquins qui m'a vraiment façonné, c'est « Les racines du ciel » de Romain Garry. Et vous savez, dans ce bouquin qui est extraordinaire, que tout le monde, j'espère, lira, si vous ne l'avez pas lu, c'est ce type, il sort des camps de concentration, et puis il va en Afrique sauver les éléphants.
Il ne va pas simplement en Afrique sauver les éléphants parce qu'il veut protéger les animaux. C'est parce que l'éléphant est le plus gros mammifère qu'il est d'une certaine façon anachronique dans le monde où on vit par sa taille, par ses déplacements. Et ce combat pour la défense des éléphants, c'est le combat de l'humanité, en fait. C'est le combat pour la diversité. C'est le combat pour l'autre. C'est le combat pour la différence. Et c'est l'écologie, pour moi, c'est l'humanisme, en fait. Nous sommes aussi, pour cette ADN, aller chercher vos mentors. Nous avons cherché et nous n'avons pas beaucoup trouvé. Une figure tout de même qui a marqué toute votre génération, Yannick Jadot.
Nelson Mandela, héros de la lutte anti-apartheid en Afrique du Sud.
27 années de prison jusqu'à ces images bouleversantes et historiques de sa libération en 90.
Nelson Mandela, tenant sa femme, oui, on l'a. Ses premiers pas d'hommes libres, premiers pas hésitants, comme surpris de la foule venue l'attendre. La dernière barrière franchit, séparant sa prison du monde extérieur. Il est 15h15 à Paris. L'instant historique qui met fin à 27 ans, 6 mois et 6 jours de captivité pour cet homme de 71 ans. Un bref bain de foule du symbole vivant de la lutte anti-apartheid, sans aucune déclaration. Le couple Mandela prend aussitôt la route, précédée d'un immense cortège, direction l'hôtel de ville du Cap, à 60 kilomètres. Des dizaines de milliers de personnes sont déjà massées là, attendant les premières paroles publiques de leur leader.
Admiration pour le combat et le destin de Mandela. Waouh ! Quel parcours ! Quel parcours, et surtout de cette révolte, de ce combat politique qu'il a mené, évidemment, avant d'être emprisonné. Ces années de prison, et puis pour finir, un président qui a ébloui, évidemment, le reste du monde par sa sagesse, par la capacité à mettre en place un processus politique que personne n'imaginait, un processus de paix, de réconciliation, de... Voilà, alors là, la situation en Afrique du Sud est loin d'être résolue, y compris sur les discriminations, sur les... Mais, waouh ! Quelle leçon ! Quelle leçon politique !
Vous savez, moi, en 90, j'étais au Burkina Faso, et ça a été un moment en Afrique, mais incroyable, incroyable, incroyable, d'un espoir, d'une sortie à la fois du... Visumement de l'apartheid pour l'Afrique du Sud, mais d'une forme d'espérance incroyable parmi les populations africaines, ou évidemment pour toutes les populations du monde, mais pour les populations africaines, c'est sacrément quelque chose. Mais avez-vous, vous, un modèle d'engagement, ou bien, diriez-vous, que vous avez vous-même tracé votre chemin en solitaire ? Non, on ne trace jamais son chemin en solitaire, ça n'existe pas, ou alors on arrive dans une impasse. Mais est-ce qu'il y a... Est-ce que j'ai un mentor ?
Non, il y a des personnes qui... qui m'ont profondément inspiré, mais ça va de la politique, d'Annie Cohn-Bendit, évidemment, quand on fait la campagne de 2009, le combat qu'on a pu mener avec José Bové. Après, c'est... Victor Hugo, je trouve, est un personnage absolument incroyable de notre histoire politique, culturelle. Gisèle Halimi, dont on... qu'on devrait, évidemment, mettre au Panthéon. ce sont des engagements qui n'ont jamais... qui n'ont jamais failli. Il n'y a pas longtemps, on me demandait qui devait aller au Panthéon.
Alors, je disais Gisèle Halimi, mais je pensais aussi à Albert Camus, parce qu'Albert Camus, c'est à la fois des engagements très forts, évidemment, on connaît son parcours à combat, dans la résistance, mais c'est quelqu'un qui, au-delà d'être très ferme sur ses convictions, a toujours dit à un moment, quelles que soient mes convictions, et je ne lâcherai jamais, il faut que je vive avec mon voisin. Vous voyez, il y a quelque chose qui, à un moment donné, dit, je dois garder l'amour de mon voisin, même s'il ne pense pas comme moi, et je devrais vivre avec lui. Et je trouve que c'est une énorme leçon de politique.
Au moment où tout le monde veut diviser, au moment où tout le monde pense que la radicalité s'est divisée, je pense qu'aujourd'hui, la vraie radicalité en politique, ça doit être de rassembler les Français, de les réconcilier. Solitaire dans l'histoire, il l'a été souvent, son ombre et son héritage planent sur cette campagne. Vous voici à présent Yannick Jadot face à De Gaulle. Nous sommes en 1963, le général De Gaulle exalte une arme et une énergie
que vous allez combattre, le nucléaire.
Il y a du reste un critérium, du moment, un critérium immédiat de cette indépendance. Cela est dans le domaine atomique. Il s'agit de savoir si pendant que les autres se sont faits et continuent de se faire,
des armes capables de détruire l'univers et nous aussi, il s'agit de savoir si nous aurons ou si nous n'aurons pas. nous aussi, de quoi nous défendre.
Nous avons décidé d'avoir ce qu'il nous faut et d'autant mieux et d'autant plus que cette puissance nucléaire,
comme on dit, est liée directement à l'énergie atomique elle-même qui est, comme vous le savez tous, le fond de l'activité de demain. – Le nucléaire militaire et le nucléaire civil dans le même discours. Est-ce que vous pourriez dire, Yannick Jadot, merci mon général, grâce à vous, la France possède aujourd'hui l'électricité la plus décarbonée au monde ? – J'aurais du mal à dire ça. Je dirais merci, alors ce n'est pas mon général, c'est Charles de Gaulle, il est président de la République.
– Merci Charles de Gaulle d'avoir démontré que la France peut avoir une incroyable politique industrielle, peut former les meilleurs ingénieurs, les meilleurs ouvriers, investir pour atteindre un but incroyable qui est effectivement, en un peu plus de 20 ans, on a construit un parc de 58 réacteurs et on est devenu le pays le plus nucléarisé. Mais si vous voulez, et moi, toute la reconnaissance que je peux avoir pour cette capacité à construire une politique industrielle, pour les ingénieurs, les techniciens, les ouvriers, aujourd'hui, je vais la mettre au service d'une autre ambition qui je considère est la vraie modernité.
C'est d'aller vers ces énergies renouvelables, ces énergies de territoire, ces énergies où on assume au fond la production dont on a besoin sur son territoire et puis surtout qui sont des terrains d'extraordinaire innovation. c'est là que veulent aller nos jeunes ingénieurs, c'est là que veulent aller depuis les CFA jusque partout. Il y a cette capacité à innover, à inventer, de dépendre du soleil, du vent, de la géothermie, de l'eau, plutôt que de l'uranium qu'on va chercher dans des pays qui sont loin d'être des démocraties, le pétrole du Golfe ou le gaz de Russie. Donc c'est un formidable projet d'innovation que je porte.
Rubrique suivante, 180 degrés comme les changements, les volte-face qui émaillent les parcours politiques. En 2017, loin de la division d'aujourd'hui, vous faites le choix de l'union de la gauche en retirant votre candidature au profit du socialiste Benoît Hamon et vous en appelez à Jean-Luc Mélenchon. Pour la première fois, l'écologie, le social, l'Europe et la démocratie peuvent gagner une élection présidentielle. Alors Jean-Luc, parlons-nous, continuons à travailler et créons cette grande espérance autour d'un rassemblement. Ce n'est pas facile, je peux te le dire pour moi, ce n'est pas facile. Eh bien, mais faisons-le ensemble. Qu'est-ce qui vous donne le plus de regrets ?
L'union de 2017 qui a débouché sur un petit 6% au premier tour ou la désunion d'aujourd'hui ? Écoutez, j'ai tenté au printemps dernier de rassembler tout le monde pour travailler sur un projet. Voilà, ça n'a pas marché ni Jean-Luc Mélenchon ni Anne Hidalgo ne le souhaitait. Mais ma conviction aujourd'hui, on est en 2022, c'est qu'on a ce défi climatique qui est là, déjà, le chaos climatique qui menace, l'inaction qui nous amène vers ce chaos.
en 2022, il ne peut pas ne pas y avoir cette candidature écologiste qui veut être à la fois intransigeante sur le 1,5 degré de réchauffement qu'il ne faut pas dépasser, la biodiversité qu'on doit protéger et qui est à la fois échappée à la catastrophe, mais je l'ai dit, créer un enthousiasme, une mobilisation, une innovation, une justice sociale. Et au fond, pour moi, l'écologie aujourd'hui, c'est la vraie matrice du progrès. C'est comment, à travers l'écologie, les valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité redeviennent une langue vivante quand elles sont trop souvent devenues une langue morte. Ça ne répond pas à ma question, Yannick Jadot.
Qu'est-ce qui est le plus regrettable dans la configuration politique ? L'union qui n'a pas donné grand-chose en 2017 ou la désunion d'aujourd'hui ? Ce qui est le plus regrettable, c'est qu'aujourd'hui, les progressistes et les humanistes, dont certains se cherchent encore, ne rejoignent pas l'évidence qui est que l'écologie est la vraie matrice de progrès aujourd'hui et pas simplement de rester dans des conformismes, dans des demi-mesures, dans des ambiguïtés qui ont été un échec avec le quinquennat Hollande, malheureusement. Et donc, moi, je continue cet appel à ce qu'encore une fois, il y a un rassemblement, évidemment.
Mais il y a trop de confusion en politique aujourd'hui, vous le savez. Il y a des urgences absolues climatiques, sociales. Donc, moi, je suis dans la clarté. Je suis dans la clarté d'un projet fort, crédible et qui aspire maintenant à gouverner. Dans votre parcours politique, un autre coup d'éclat, un accident de parcours classé dans la rubrique zéro pointé. C'est une démission race campagne en 2011, porte-parole d'Eva Jolie. Vous décidez subitement de lâcher la candidate écolo.
Yannick Jadot, pressé de questions. C'était samedi dernier à Paris. Il tentait le grand écart. Avocat de l'accord électoral avec le PS et en même temps, porte-parole d'une Eva Jolie très critique vis-à-vis du texte. Aujourd'hui, le divorce est consommé. Il démissionne car il se dit en désaccord avec la ligne politique d'Eva Jolie.
Bonsoir.
Après un silence de quelques jours, Eva Jolie est en effet passée à l'attaque en ciblant le Parti Socialiste.
Vous en voulez à François Hollande ?
J'en veux aux socialistes d'avoir cédé aussi visiblement, aussi directement au lobby du nucléaire.
Lâcheté ? Refus du compromis ? Non, pas du tout. Au contraire, vous savez, j'accompagnais et d'ailleurs, j'ai été un des derniers à accompagner Eva Jolie jusqu'au bout de sa campagne, même après cet épisode-là. Mais voilà, le parti Europe Écologie des Verts avait décidé de construire un contrat de gouvernement avec les socialistes, qui était un contrat qui portait des véritables avancées. Malheureusement, François Hollande a décidé de s'asseoir dessus. Mais donc, à partir de là, la candidate écologiste devait cibler davantage Nicolas Sarkozy que François Hollande avec qui on venait de passer un contrat. Parce que ça me semblait être la logique politique.
Donc, il y a eu des désaccords au sein de son équipe, un désaccord avec Eva Jolie. Donc, j'en avais tiré toutes les conséquences. Mais, vous savez, j'ai encore une fois, j'ai été un des derniers à accompagner Eva Jolie. Ça a été une campagne difficile. Ça a été une campagne difficile jusqu'au bout. Mais j'ai été un des derniers à ses côtés. Voici à présent, Yannick Jadot, quelques madeleines. Nous vous en avons trouvé trois qui devraient vous ravir. Comme vous êtes fan de western, on vous a mis de côté une des plus grandes stars du genre qui explique la différence entre le western et la vraie vie.
Je dirais à peu près la même différence qu'entre les actions coup de poing et le combat politique.
J'aime beaucoup jouer dans un western parce que, à mon avis, je crois que les westerns, c'est presque quelque chose de classique. Mais c'est une époque très intéressante parce que, dans cette époque-là, s'il y a un problème, on fait quelque chose immédiatement. Par exemple, si nous discutons quelque chose, si vous dites quelque chose que nous ne faisons pas, immédiatement, je suis prêt, vous êtes prêts et il y a un réseau. Mais dans la vie moderne, s'il y a un problème entre nous, je parle avec mon avocat, vous parlez avec votre avocat, finalement, nous sommes devant le juge et ça dure longtemps. Mais dans le western, tout est fait immédiatement.
Vous avez reconnu Kirk Douglas, mais je ne sais pas si vous vous reconnaissez dans l'efficacité du cow-boy solitaire qu'il vient de décrire. Écoutez, au fond, ce qu'il raconte, Kirk Douglas, il y a un magnifique western qui en parle, c'est l'homme qui tue à Liberty Valence. Vous avez John Wayne qui est le western dont parle Kirk Douglas et vous avez James Stewart qui est l'avocat qui arrive avec le droit mais aussi une autre façon de faire fonctionner la société. Donc, l'homme qui tue à Liberty Valence raconte cette évolution, cette transmission, ce changement d'époque.
mais il y a un western absolument fabuleux avec Kirk Douglas parce que le bouquin est magnifique, il faut absolument le lire, c'est La captive aux yeux clairs. Le bouquin, c'est Guthrie qui l'a écrit et ça raconte, c'est magnifique parce que c'est l'histoire des trappeurs aux Etats-Unis. Évidemment, ils sont tellement amoureux des grands paysages, ils vivent à moitié avec les Indiens et ils adorent ça mais en tant que trappeurs, ils sont l'avant-garde de la civilisation qui va tout détruire à la fois les grands paysages et les Indiens. Et Guthrie raconte ça d'une manière magnifique. Et deux grands films, évidemment, l'homme qui tue à Liberty Valence et la légende.
Rio Bravo, Johnny Guitar qui est un magnifique western féministe et comme il en existe peu, mais il y en a de magnifiques. Donc vous n'êtes pas un cow-boy solitaire en politique ? Je ne sais pas. Il y a toujours une partie un peu solitaire en politique parce qu'il y a quelque chose d'un peu surnaturel ou non naturel qui est comme ça de se mettre en avant. Bien sûr, il y a quelque chose, il y a un enjeu d'incarnation mais c'est un sport collectif, c'est un sport incroyablement collectif sinon ça n'a aucune chance et au fond ça n'a aucun intérêt. Nous allons donc dégainer notre deuxième madeleine. Vous en avez parlé. Elle était belle celle-là. Vous en avez parlé, oui.
Vous en avez parlé tout à l'heure. Romain Garry et les racines du ciel, l'un de vos livres de chevet. Romain Garry en parle ici en 1956. Je voulais montrer comment cette protection de la nature exige aussi la protection de l'homme, des droits de l'homme, de certains éléments et de certains droits essentiels de la personne humaine. Mais je vous répète, je n'ai à aucun moment voulu faire du symbole ou de l'allégorie. Ça s'est présenté comme ça.
Mais cette indignation de Morel, vous la partagez ? Entièrement. Il élève contre la chasse aux élèves.
Entièrement. Je dois dire que je crois que c'est une des choses que j'aurais senti le plus profondément. En écrivant ce livre, je peux dire que j'ai mené cette campagne à chaque page et à chaque instant. Je n'ai jamais été plus sincère à chaque page d'un livre que je l'ai été en écrivant par les racines du ciel.
Oui. Vous avez dit tout à l'heure que je crois à chaque ligne de ce que j'ai écrit. Mais il ne faudrait tout de même pas faire croire aux téléspectateurs que ce livre a pour thème la protection de la nature. Enfin, ce n'est pas ça. Enfin, ce n'est pas ça. Je ne demande pas de le résumer.
C'est exact. Si vous permettez, en quelques mots, il s'agit, quelles que soient de dire, d'assurer, quelles que soient les exigences du progrès, de la marche en avant de l'humanité, quelles que soient les difficultés de notre tâche et quelles que soient les périls qui nous menacent, de nous encombrer des éléphants.
C'est-à-dire de laisser une marge suffisante pour que certains, tous les droits essentiels de la personne humaine, tout ce qui fait l'homme, tout ce qui constitue notre patrimoine humain essentiel depuis toujours, soit sauvegardé, quelles que soient le parti, quelles que soient l'idéologie, quelles que soient la tâche, quelles que soient l'entreprise, quoi qu'on fasse, quelles que soient les dangers et le péril qui nous menacent, il faut protéger, il faut nous incondrer des éléphants. Les éléphants, mais bien au-delà, on a vu, Yannick Jadot, votre plaisir à écouter les paroles de Romain Garry.
Je ne les avais jamais entendues, donc ça va, j'ai lu à peu près correctement son livre puisque c'est comme ça que je l'avais interprété, mais quel auteur, quel auteur incroyable, quelle vie incroyable aussi. La promesse de l'aube, c'est absolument magnifique. Émile Ajard, c'est magnifique. Romain Garry est quand même un des plus grands écrivains français, incontestablement. Enfin, sur les murs de votre chambre d'enfants ou d'adolescents, un poster de l'ange vert, Dominique Rocheteau, héros du football notamment, mais pas seulement pour ce but de légende face à Kiev en quart de finale de Coupe des Champions 76.
Et après ces 8 minutes, alors que c'est encore Patrick Révelli là, lui il va s'y centrer, et c'est Rocheteau qui meurt. Le but de la victoire, sans doute, par Rocheteau,
et a donné un retrait à Rocheteau qui a marqué. Et oui, Rocheteau qui souffrait de crampes il y a peu de temps, réussit le but.
On est à 8 minutes de la fin, match extraordinaire à Geoffroy Guichard. Pourquoi Rocheteau ? Parce que c'était un attaquant, parce que quand on est gamin, qu'on adore le foot, c'est vrai que spontanément, on va plus vers les attaquants, parce qu'en plus, il était frêle. On n'est pas dans le football d'aujourd'hui où les sportifs sont quand même très, très, très barraqués. C'était une autre époque. C'est vrai que c'est votre terme de Madeleine convient bien. C'est une équipe qui, d'un seul coup, passe à la télé. Les gens changeaient leur poste noir et blanc pour la couleur, pour voir la Coupe d'Europe. C'est Saint-Etienne, c'est une cité ouvrière.
et j'avais Rocheteau, et à côté, j'avais Keegan, qui était le grand attaquant de Liverpool, parce que c'était, c'est des clubs qui étaient incroyables, c'était des cités ouvrières. Et je vous invite à lire un très beau bouquin de Saint-Roman, de David Peirce, sur Rouge ou Mort, qui raconte l'histoire de l'entraîneur de Liverpool, et qui montre à quel point, à cette époque-là, ça le reste en partie, il ne faut pas dénigrer le temps présent. Mais les joueurs avaient un respect infini du supporter. C'est-à-dire que le supporter qui mettait un billet pour aller au stade, il devait, au fond, le joueur lui devait son sacrifice, toute son énergie pour gagner.
Et c'est vrai que, voilà, ça correspond à ma jeunesse, moi je continue à adorer le foot, évidemment, même si c'est un peu dur pour Saint-Etienne en ce moment, mais ça reste mon club de cœur, parce que c'est ma jeunesse, parce que c'est le foot, parce que c'est des émotions qu'on a nulle part ailleurs, en fait. Alors, on ne quitte pas le vert avec cette archive que nous soumettons à tous les candidats sur ADN, celle de l'alerte verte. Archive tirée de la campagne présidentielle de 1974 où un candidat, septuogénaire, déjà casse, le ronron politique pour nous alerter sur des dangers futurs. Vous savez ce qui va se passer ? Eh bien, nous allons bientôt manquer de l'eau.
Et c'est pourquoi je bois devant vous un verre d'eau précieuse, puisque avant la fin du siècle, si nous continuons un tel débordement, elle manquera. À lundi, je vous dis au revoir et j'espère vous revoir pour vous expliquer notre projet global d'avenir. Merci, mes amis. René Dumont, pionnier de l'écologie politique. Yannick Jadot, pourquoi nos sociétés ont-elles mis si longtemps à prendre cette cause au sérieux ? Parce que c'est difficile. Parce que c'est difficile de se projeter dans un avenir qui peut être catastrophique si on n'agit pas. Parce que c'est toujours difficile de changer ses comportements. Parce qu'on a des habitudes, on a des conforts.
Et surtout, si on a l'impression qu'au fond, si le voisin ne le fait pas, est-ce que c'est vraiment utile ? Si la France ne le fait pas, est-ce que c'est vraiment grave ? Et on peut reporter comme ça les Américains qui disent « Si les Chinois ne le font pas, pourquoi nous le faire ? » Et que ça s'inscrit dans le temps. Donc, ce qu'il faut arriver à faire aujourd'hui, c'est à démontrer qu'à la fois, changer ses comportements, c'est se faire du bien. C'est nous faire du bien collectivement. Mais changer ses comportements, ça ne suffit pas. C'est un quart de la réponse, en vrai. 115%, les trois quarts de la réponse sont les politiques publiques.
Donc, on voit René Dumont dans l'alerte, évidemment. Aujourd'hui, l'enjeu, c'est de prendre le pouvoir. C'est de prendre le pouvoir, sortir du déni. Mais pour sortir du déni, il faut créer l'enthousiasme, à la fois répondre concrètement, dire le chemin et dire que tout le monde sera sur ce chemin-là, que ça se fera d'abord au bénéfice des plus fragiles, victimes du dérèglement, dérèglement climatique, victimes de la pollution de l'air, victimes de la malbouffe. Et que ça se fera d'abord à leur bénéfice et non pas à leur déprimant. Dernière rubrique de cette ADN, une rencontre. En voyageant dans le temps et les archives de l'INA, nous vous proposons cette rencontre.
la personnalité que vous allez voir et entendre s'appelle Françoise Daubonne. Elle a inventé l'éco-féminisme dont certains aujourd'hui se réclament dans votre parti.
Nous sommes en 1971. En réalité,
je crois que nous arrivons vers une époque beaucoup plus révolutionnaire
en profondeur qu'on ne peut l'imaginer et que précisément, ce qui sera certainement la marque spécifique de cet avenir, ça sera une époque où les différences secondaires que jusqu'à présent on appelait virilité et féminité tout à fait arbitrairement, seront complètement dépassées au profit de la totalité de l'humanité. Nous allons vers la totalité dans tous les sens. Verset de l'humanité aussi. Monsieur Mulevore,
on ne peut pas s'ennuyer si on élimine les différences. Précisément,
je crois que ça, c'est la question. C'est toujours l'objection qu'on pose.
Toutes les sociétés ont eu une hiérarchie. Parce qu'il ne s'agit même pas d'hierarchie. Je parle d'une différence
à l'heure actuelle. Et justement, quand on parle de différence, je vois très bien ce qu'on pense. On voit quelque chose du genre du meilleur des mondes et des anticipations fantastiques qui nous font dresser les cheveux sur la tête, à savoir d'une espèce d'uniformité qui serait embêtante. N'est-ce pas ? C'est bien ça. Or, à mon avis, c'est justement voir mal le problème car je crois que demain, cette négation, la différenciation dont je parle, au lieu de se traduire par une uniformité, se traduira au contraire par une synthèse.
Et si vous voulez, au lieu de l'être asexué dont on perd ceux qui entendent parler de ce genre de choses, on aurait au contraire un être doublement sexué donc on ne peut plus. Il y aurait, si vous voulez, toutes les qualités des deux sexes. Il n'y aurait plus l'homme viril, la femme gracieuse, etc. pour prendre très grossièrement des styles dépassés. Mais que chaque être humain serait, mettons, viril et gracieux à la fois.
Françoise Dobonne qui prône non pas la prise de pouvoir par les femmes mais la gestion égalitaire d'un monde à renaître, une sorte de déconstruction si vous voyez ce que je veux dire. De reconstruction. On voit bien qu'on a à reconstruire notre société autour de l'égalité, de la fin des discriminations on a des destins, des vies, des parcours qui sont abîmés simplement parce que dans notre imaginaire collectif il y a eu comme des termes qui ont été empruntés dans le... On est de retour chez Polak. De hiérarchie. C'est terrible pour, encore une fois, c'est l'humiliation.
On abîme des millions de personnes parce qu'on les ramène à une identité qui est une force et qui ne peut pas être une condamnation, qui ne peut pas être une stigmatisation, qui ne peut pas être un handicap. Donc, une société d'égalité qui n'est pas une société uniforme, qui est une société au contraire de diversité, est une société qui est riche, où on enrichit les parcours individuels et on s'enrichit les uns les autres. Donc, il y a encore beaucoup de boulot. On a des propositions, justement, pour avoir une Assemblée nationale, 50% femmes, 50% hommes, de garantir l'égalité des salaires, de lutter contre les violences faites aux femmes.
Ça reste un combat, mais on voit que c'est un combat qui n'est pas né d'aujourd'hui. On voit que c'est un combat qui a une histoire, c'est combattante et qu'on doit continuer à poursuivre parce que, franchement, on ne peut pas être dans des sociétés où l'autre est une menace, l'autre est une différence, l'autre, c'est toujours un enrichissement. Au terme de cet ADN, Yalik Jadot, y a-t-il un morceau de votre ADN que nous avons manqué ? Oh, sûrement ! Sûrement, sûrement, sûrement. C'est à vous de nous le dire. On parlait tout à l'heure de la Picardie. C'est vrai que moi, je suis né de parents instituteurs.
Je suis né dans le logement de fonction de l'école et c'est vrai que mes parents étaient très républicains. C'est important, l'école. C'est vrai qu'à l'époque, j'ai eu l'occasion de retourner à l'école communale. Les enseignants qu'affermaient, malheureusement, les enseignants étaient reconnus, étaient respectés. L'école était davantage respectée. Et puis, la Picardie, c'est le chemin des dames. Moi, juste à côté d'où je suis né, c'était le chemin des dames. Donc, c'est aussi ça notre histoire de France.
C'est à la fois la République, la promesse républicaine et puis des sacrifices qui doivent nous inspirer pour, y compris quand on voit les tensions qu'il y a aujourd'hui dans le monde, pour construire un monde de paix. Voilà. Merci Yannick Jadot. Merci de votre invitation. Merci de ces images. Merci. Merci.
Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci.