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Discours / meetingLaurent Wauquiez· 15 novembre 2024 10 minAutoproduitActualité / polémiqueImmigration & asileSécuritéInstitutions & élections

Sécurité et immigration : en finir avec l'impuissance | Laurent Wauquiez

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Chapitres

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    « Pourquoi est-ce qu'on ne peut pas faire de référendum en France sur l'immigration ? »
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    « Pourquoi est-ce que, chaque année, on accueille l'équivalent de la ville de Toulouse en nombre d'étrangers ? »
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    « Pourquoi est-ce qu'on n'a pas le droit, chez nous, de reconduire dans son pays un terroriste étranger ? »
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    « On a à peu près accueilli aux alentours de 330 000 titres de séjour, on a eu aux alentours de 150 000 demandes d'asile. »
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    « les agressions contre les forces de l'ordre en augmentation de 30%, les coups et blessures en augmentation de 50%, les homicides en augmentation d'à peu près 150%. »
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    « La Suède a un gouvernement qui est un gouvernement de droite très ferme aujourd'hui et qui obtient des résultats impressionnants en terme d'immigration puisqu'ils sont même maintenant dans une immigration négative. »
  • 2:17Invité politiqueFait
    « En Italie, vous avez une baisse extrêmement forte au cours de l'année qui vient de s'écouler de l'immigration clandestine. »
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    « Un pays comme le Royaume-Uni a 50% de places de prison de plus que nous alors que nous sommes aujourd'hui le pays en Europe qui a le plus de délinquance et le plus de violence. »
  • 3:22Invité politiqueChiffre
    « Il faut 20 000 places de prison en plus. On en a 60 000 seulement aujourd'hui. »
  • 3:52Invité politiqueFait
    « aujourd'hui ce sont des mini-prisons. Sauf qu'on a le droit de garder des étrangers à l'intérieur de ces lieux-là uniquement pendant 90 jours. »
  • 4:25Invité politiqueChiffre
    « On parle quand même de montants qui se montent jusqu'à 1 milliard d'euros. »
  • 5:56Invité politiqueFait
    « Limiter le regroupement familial, selon ces jurisprudences, ce n'est pas possible. Sanctionner des gens qui aident des clandestins, selon ces jurisprudences, ce n'est pas possible. »
  • 6:31Invité politiqueFait
    « Prévoir qu'un terroriste étranger qui a purgé sa peine de prison mais qui reste dangereux puisse faire l'objet d'un contrôle et être mis dans un centre de sûreté, pas possible. »
  • 7:38Invité politiqueFait
    « La loi, c'était sacré. C'était la conception de Montesquieu et c'était aussi la conception du général De Gaulle qui, quand il crée la Ve République, a comme vision très simple que le peuple français c'est la seule Cour suprême en France. »
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    « vous votez pour des députés et des sénateurs et à l'arrivée ils votent des lois, ces lois peuvent correspondre à ce à quoi aspire une majorité de Français, mais des juges de Cour suprême vont sanctionner ces lois et les empêcher de rentrer en action. »

Temps de parole

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Laurent Wauquiez

Pourquoi est-ce qu'on ne peut pas faire de référendum en France sur l'immigration ? Pourquoi est-ce que, chaque année, on accueille l'équivalent de la ville de Toulouse en nombre d'étrangers ? Pourquoi est-ce qu'on n'a pas le droit, chez nous, de reconduire dans son pays un terroriste étranger ? Qu'est-ce qui bloque ? Et surtout, qu'est-ce qu'il faut changer pour reprendre la main sur la situation ? La première chose, d'abord, les chiffres. Les chiffres, ils sont accablants et ils sont surtout en très forte hausse. On a à peu près accueilli aux alentours de 330 000 titres de séjour, on a eu aux alentours de 150 000 demandes d'asile.

Cela signifie que, chaque année, la France accueille en étrangers l'équivalent de la ville de Toulouse. Et encore, avec ces chiffres, on sous-estime tout ce qui est évidemment l'immigration clandestine, irrégulière, non-déclarée. La deuxième chose, c'est qu'en matière d'insécurité là aussi on a une situation qui se dégrade, qui se dégrade très fort, très vite et depuis une dizaine d'années, si on prend les différents indicateurs, les agressions contre les forces de l'ordre en augmentation de 30%, les coups et blessures en augmentation de 50%, les homicides en augmentation d'à peu près 150%. Donc on a une situation où on voit très clairement que l'ordre dans notre pays se dégrade.

C'est ce que dénonce d'ailleurs le nouveau ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau avec beaucoup de courage et de lucidité quand il dit que l'impératif, c'est de remettre à la fois de l'ordre à nos frontières et dans nos rues. D'abord, contrairement à ce que toute une pensée d'extrême-gauche voudrait faire croire, cela n'est pas du tout un sujet conflictuel en France. Une immense majorité de Français veulent qu'on régule l'immigration et qu'on soit plus ferme sur la sécurité. La réalité, c'est qu'aujourd'hui, sur ces sujets-là, ce sont des thèmes qui sont consensuels en France et qu'une immense majorité de Français aspirent à ce qu'il y ait plus de sécurité et plus d'ordre.

Ka deuxième chose, c'est qu'on pourrait se dire "c'est impossible par rapport au contexte actuel, la situation de l'Europe, les flux migratoires qui viennent d'Afrique". Ce que certains cherchent à nous faire croire. Je voudrais tordre le cou à cette idée reçue parce qu'elle est complètement fausse : il y a des pays qui y arrivent et il y a même des pays qui y arrivent très bien. On peut prendre l'exemple des pays du Nord, l'exemple du Danemark, de la Suède, qui étaient des pays qui avaient beaucoup de laxisme en matière d'immigration et qui ont radicalement changé, ont adopté des politiques très strictes sur le plan migratoire.

Au Danemark, la gauche a une politique migratoire extrêmement sévère qui ferait pousser des cris d'orfraie chez nous aux socialistes ou à Mélenchon. La Suède a un gouvernement qui est un gouvernement de droite très ferme aujourd'hui et qui obtient des résultats impressionnants en terme d'immigration puisqu'ils sont même maintenant dans une immigration négative. En Italie, vous avez une baisse extrêmement forte au cours de l'année qui vient de s'écouler de l'immigration clandestine. Chez nous, pour l'instant, on n'y arrive pas. La première raison, d'abord, c'est qu'on a fait du désarmement de notre politique de sécurité et notre politique de contrôle de l'immigration.

Pour le dire simplement, alors qu'il aurait fallu renforcer nos moyens, on a baissé nos moyens. Premier exemple : nos places de prison. On a, en France, trop peu de places de prison. Un pays comme le Royaume-Uni a 50% de places de prison de plus que nous alors que nous sommes aujourd'hui le pays en Europe qui a le plus de délinquance et le plus de violence. Or, on le sait, la délinquance est souvent le fait d'une petite minorité de délinquants hyper violents. Si eux vous les mettez en prison, vous renforcez considérablement la sécurité.

Je vais prendre un exemple un peu choquant volontairement pour qu'on mesure bien la folie de ce qu'on a aujourd'hui en France : c'est comme si, en matière de politique de natalité, on expliquait à une femme qu'elle n'a pas le droit de tomber enceinte parce qu'on n'a pas de place en maternité. La réalité, c'est que notre politique de sécurité est tout aussi absurde. Je voudrais poser une question toute simple et, là aussi, volontairement provocante : comment on a fait pour les Jeux Olympiques ? En moins de 3 à 4 ans, on a réussi à construire pour les Jeux Olympiques de Paris toute une série d'équipements qui, normalement, aurait dû prendre des années avec toutes nos règles juridiques.

Sauf que là, on avait décidé qu'il fallait le faire. Pourquoi est-ce qu'on ne fait pas la même chose pour construire très rapidement les places de prison dont on a besoin ? Il faut 20 000 places de prison en plus. On en a 60 000 seulement aujourd'hui. Eh bien, si on considère que c'est une priorité, on s'en donne les moyens et on adopte une loi de simplification forte qui permette de construire dans des délais très courts les places de prison dont on a besoin. Deuxième exemple de choses très concrètes qui bloquent et qu'on sous-estime : pour reconduire les étrangers les plus délinquants à la frontière, on a ce qu'on appelle des Centres de rétention administrative.

En gros, pour faire simple, aujourd'hui ce sont des mini-prisons. Sauf qu'on a le droit de garder des étrangers à l'intérieur de ces lieux-là uniquement pendant 90 jours. Si au bout de 90 jours on n'est pas arrivé à faire un accord avec l'Algérie, avec le Maroc, avec le pays dont sont originaires ces délinquants étrangers extrêmement violents, eh bien, on est obligés de les libérer. En Allemagne, le délai c'est un an et demi. En Italie, c'est un an et demi. Nous, c'est seulement 90 jours.

Avec un système juridique fou où à intervalles réguliers, au bout d'un certain nombre de semaines, l'étranger passe devant un juge pour voir s'il y a pas une faille dans la procédure qui lui permette de se libérer. C'est un autre exemple de ce que j'appelle le désarmement. C'est juste des choix et des choix qu'il faut faire bouger parce que, depuis 10 ans, on est allés sans cesse plus loin dans le désarmement. En gros, principalement depuis François Hollande. Et ce que que je souhaite, moi, c'est qu'on aboutisse à se réarmer pour mieux protéger nos frontières et aboutir à être plus efficaces.

La deuxième chose qui bloque, c'est qu'en France on a accepté de subventionner et de donner des moyens incroyables à des associations militantes qui sont pourtant minoritaires dans l'opinion publique et dont le seul objectif est de bloquer l'action de l'État. L'État finance sur fonds publics des associations dont la raison d'être affichée est de faire obstacle à la politique de l'État. Cela fait partie des pistes contre lesquelles la Droite républicaine s'est engagée dans les débats sur le budget, pour faire en sorte de couper ces subventions. On parle quand même de montants qui se montent jusqu'à 1 milliard d'euros.

Je voudrais vous donner un exemple concret avec ces fameux centres de rétention administrative. Je me suis rendu moi-même pour comprendre comment ça se passait et j'ai eu un échange qui m'a beaucoup marqué avec les policiers qui étaient là et qui m'ont montré un local dans lequel il y avait une association dont l'objectif affiché était de faire obstacle à ce que ces étrangers violents et délinquants soient reconduit à la frontière.

Autrement dit, vous avez là des policiers qui font leur job en essayant de faire en sorte qu'on puisse faire sortir de France des gens qui sont violents et dangereux et vous avez une association financée par l'État à l'intérieur même du centre qui reçoit chacun de ces étrangers pour voir comment est-ce qu'ils peuvent utiliser une faille dans la procédure judiciaire pour faire en sorte qu'il ne puissent pas être reconduits à la frontière.

Et les policiers me disaient, de deux choses l'une, ou vous pensez que notre mission a du sens et alors il ne faut pas que l'association soit là ou vous pensez que c'est l'association qui a raison mais alors ça ne sert à rien de nous payer pour faire notre travail et notre métier. Et ils ont raison. Et puis, pour finir, je voudrais qu'on prenne un peu de champ sur un sujet qui me tient particulièrement à cœur et qui est à mon avis l'essentiel de ce qui bloque dans notre pays.

En fait, depuis un certain nombre d'années, ce qu'on appelle les cours suprêmes, ça peut être le Conseil constitutionnel en France, ça peut être aussi des cours telles que la Cour européenne des Droits de l'Homme, prennent des décisions, ce qu'on appelle des jurisprudences qui aboutissent à nous rendre sans moyens et sans capacité pour lutter contre l'immigration et l'insécurité. Je vais prendre des exemples pour qu'on se comprenne bien. Limiter le regroupement familial, selon ces jurisprudences, ce n'est pas possible. Sanctionner des gens qui aident des clandestins, selon ces jurisprudences, ce n'est pas possible.

Mettre en place des peines automatiques contre des délinquants, ce n'est pas possible. Expulser systématiquement des terroristes étrangers, pas possible. Prévoir qu'un terroriste étranger qui a purgé sa peine de prison mais qui reste dangereux puisse faire l'objet d'un contrôle et être mis dans un centre de sûreté, pas possible. Autrement dit, toutes ces jurisprudences ont mis en place un carcan dans lequel le mot d'ordre c'est "ce n'est pas possible". Le résultat, c'est qu'on est devenus impuissants et inefficaces. Et, en plus, on a vidé de sa substance le débat politique.

Alors certains vont dire "oui mais c'est toute la noblesse de l'État de droit et si vous êtes contre l'État de droit, vous êtes contre la démocratie". C'est un mensonge et il faut le dénoncer. La Suisse n'a pas de cour suprême qui vienne sanctionner des lois. Les Pays-Bas n'ont pas de système comparable. Au Danemark, je crois qu'au cours des 150 dernières années, il y a seulement une loi qui a été écartée par un juge.

Nous, en France, on cherche à nous faire croire que, pour que ce soit une démocratie, il faut qu'on accepte qu'habituellement des cours suprêmes parfois très idéologisées (je rappelle que Laurent Fabius, Premier ministre socialiste est président du Conseil constitutionnel français). Il applique une conception de l'État de droit qui est complètement politisée qui devrait être incontestable et incriticable parce que l'État de droit en France, c'est destiné à protéger les citoyens, ce n'est pas destiné à nous rendre impuissants face à l'immigration et l'insécurité.

On n'est pas partis d'un État de droit qui était destiné à assurer la sécurité et protéger les citoyens français pour arriver à un État de droit qui finit aujourd'hui par sacraliser les droits individuels des délinquants et des clandestins. La deuxième raison pour laquelle c'est une profonde dérive, c'est que, dans notre pays, la loi, c'était sacré. C'était la conception de Montesquieu et c'était aussi la conception du général De Gaulle qui, quand il crée la Ve République, a comme vision très simple que le peuple français c'est la seule Cour suprême en France. Alors qu'est-ce qui s'est passé ?

Eh bien, il y a eu ce que j'ai appelé un coup d'État de droit, reprenant une expression de Badinter, pourtant figure de gauche. Et, en gros, à partir des années 1970-1971, surtout, pour le Conseil constitutionnel, les cours suprêmes se sont arrogées le pouvoir d'écarter des lois. Je résume : vous votez pour des députés et des sénateurs et à l'arrivée ils votent des lois, ces lois peuvent correspondre à ce à quoi aspire une majorité de Français, mais des juges de Cour suprême vont sanctionner ces lois et les empêcher de rentrer en action. Je vais vous donner une illustration très simple : nous n'avons pas le droit en France de faire un référendum sur l'immigration.

Ce que je propose, c'est assez simple. C'est d'abord d'ouvrir la possibilité de consulter les Français sur les sujets régaliens pour que vous puissiez vous exprimer et que vous puissiez trancher. Et la deuxième chose que je souhaite, c'est qu'on revienne à l'esprit de ce qu'est la République française, c'est-à-dire, qu'une cour suprême ne puisse jamais écarter une loi qui a été adoptée par des représentants du peuple en prenant appui sur des traités internationaux qui parfois datent d'années et d'années en arrière. Rien de tout cela n'est une fatalité mais il faut une vraie volonté politique pour le combattre.

Richelieu qui est l'une des grandes figures françaises, qui va mettre en place des intendants royaux à l'intérieur de tout le pays pour lutter contre les guerres civiles et les affrontements qui ravagent encore la France au début du XVIIe siècle, c'est lui qui arrive à repousser les ennemis qui viennent du Saint-Empire romain germanique et notamment les Habsbourg d'Autriche en permettant à la France de protéger ses frontières, c'est lui aussi qui va remettre de la sécurité à l'intérieur du pays. Alors souvent, c'est travesti les gens s'affrontent avec des duels, c'est le côté très romanesque des mousquetaires de Dumas.

Mais la réalité, c'est que c'est Richelieu qui remet de l'ordre et qui dit stop maintenant on arrête cette violence qui s'est installée à l'intérieur de la société. Richelieu avait une devise "la politique, c'est rendre possible ce qui est nécessaire". La faillite aujourd'hui de la politique, c'est la phrase "ce n'est pas possible, il y a des choses qu'on voudrait faire mais on nous dit non, c'est pas possible". Rien dans une démocratie ne doit être impossible. C'est cet esprit et cette inspiration qu'on doit retrouver si on veut faire sauter ce qui bloque aujourd'hui en France en matière d'immigration et d'insécurité.