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Selma Labib au Mans : "Nos patrons font de la politique, à nous d’en faire aussi !"

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Salut tout le monde, merci pour l'accueil. Je vais commencer par un propos un peu, qui est en fait un peu un fait, justement c'est que cette société capitaliste elle va de crise en crise, crise économique, pandémie, et d'ailleurs on a les yeux sur la RDC où Ebola fait rage dans l'indifférence générale quand même en ce moment, et guerre impérialiste, et bien sûr la canicule qui est le dernier épisode de la crise climatique. Et en fait toutes ces crises c'est la conséquence d'une société dirigée par des exploiteurs.

Cette bourgeoisie dont en premier lieu quand même le patronat français est bien de chez nous, Gaëlle en a cité Bolloré, Sterrin, Arnaud, Muliez, Niel, Peugeot, Pigasse, qui sont de droite comme de gauche et ils sont totalement irresponsables. Et pourtant c'est eux qui dirigent cette société. On vit en fait sous la dictature du capital qui n'a qu'un seul objectif, c'est nous exploiter.

Et un seul objectif ça veut dire que pour tout le reste c'est démerdez-vous. Pour se loger, démerdez-vous, pour se soigner, démerdez-vous, pour se déplacer, pour s'éduquer, tout ça c'est pas le problème des capitalistes. C'est nous qui produisons tout et on est libre de nous démerder en fait avec les moyens du bord.

C'est ça la situation, c'est ça que la canicule elle a encore démontré quelques années à peine après le Covid quand même. Et encore une fois, c'est nous les travailleurs essentiels qui sommes montés en première ligne pendant que les patrons, les riches, ils sont planqués sur leurs îles, sur leurs bateaux, dans leurs bureaux, climatisés. Et encore une fois, on a vu le fossé qui sépare les classes sociales.

On en déplaise au petit bourgeois Yann Barthès qui prétend que Bernard Arnaud a aussi chaud qu'un facteur dans sa voiture jaune sans climatisation. Nous, ce qu'on veut faire, c'est remettre les pendules à l'heure en faisant rentrer des travailleurs et des travailleuses de première ligne dans cette campagne présidentielle qui est dominée par Bardella, Attal, Retailleau, des mecs qui n'ont jamais bossé et qui prétendent nous diriger. En fait, la classe ouvrière, c'est plus de la moitié de la population, mais c'est zéro ouvrier à l'Assemblée.

La classe ouvrière, elle n'est pas nouvelle d'ailleurs et elle a toujours été mélangée, internationale, féminisée, plus ou moins précarisée, mais elle n'a jamais été au pouvoir. Notre programme, c'est ça. C'est les travailleurs et les travailleuses au pouvoir.

Avec Gaëlle Postier en lutte pour sa réintégration depuis dix ans, on va essayer d'incarner, on va incarner, on ne va pas essayer, on va incarner un duo de travailleurs essentiels pour donner un aperçu justement de la force collective de notre classe qui produit tout et donc qui doit décider de tout. Et face à cette dictature du capital, oui, ceux qui croient qu'on va obtenir quoi que ce soit dans un isoloir, ils se trompent. On n'obtiendra rien par le vote.

Là, suite à l'interdiction de la Pride à Paris, je ne sais pas si vous avez vu, donc interdiction par la préfecture de police, Mélenchon a tweeté et il a dit « Voilà où mène la casse méthodique de nos services publics et l'impréparation permanente de ce gouvernement. » En accord avec le collectif, la marche est reportée. Cette décision est aujourd'hui la seule responsable.

En 2027, nous pourrons tout changer. Donc, il ne dénonce même pas le fait que les manifestations et les fêtes populaires, elles sont reportées alors que la production, elle est continue. Il ne dénonce pas que les travailleurs et ceux qui se battent, ils sont assignés à résidence dans des passoires thermiques, sauf pour aller se faire exploiter.

Et il prétend sans déconner que s'il est élu en 2027, quoi, il fera moins chaud. Son élection, elle va régler le problème climatique et de l'adaptation. Mais à quel moment dans l'histoire, les patrons, ils ont plié face à un vote ?

Pas en 1981 face à Mitterrand, pas en 1997 avec Jospin, pas en 2012 avec Hollande. Et comme on dit, la folie, c'est de toujours faire la même chose et de s'attendre à un résultat différent. Les patrons, ils ne vont pas rendre les armes après un vote.

Et ça, tout travailleur, en fait, il le sait. Et je voudrais d'ailleurs commencer par vous raconter un peu ma réalité à moi de travailleuse cette semaine-là. La mienne et celle de mes collègues à la RATP.

Et comment nos vies, effectivement, comme Rémi y disait, elles sont mises en danger pour de vrai, par les patrons. À la RATP, la moitié des bus, ils ne sont pas climatisés. Et dans mon dépôt, il y a à peu près 200 bus.

Et sur les 200 bus, il n'y en a même pas 20 qui ont une climatisation. Et parmi ces 20, il y en a peut-être la moitié qui sont en panne. Les mainteneurs, ils ne peuvent pas réparer les clims parce que les bus, ils sont sous garantie.

Et les constructeurs qui tiennent la garantie, ils ne peuvent pas réparer non plus parce qu'ils manquent d'effectifs. Ça, c'est une absurdité du capitalisme. Et dans mon dépôt, l'atelier où les bus, ils sont garés, c'est une sorte de hangar géant avec des grandes verrières.

Donc, vous imaginez que dès 6 heures, à l'embauche des gars de la maintenance, la chaleur, elle est déjà étouffante. On dépasse déjà les 30 degrés. Et les bus du dépôt, ils sont à peu près tous autour de 400, 500 000 kilomètres.

Ça, c'est un parc vieux, de vieux véhicules. Ça, ça veut dire qu'il faut plus d'entretien pour réussir à les faire sortir. Et ils sortent le jour et ils sortent la nuit, les bus.

Alors, à la maintenance, les collègues, ils n'ont pas tous le droit même d'avoir des serviettes rafraîchissantes. Parce que les serviettes rafraîchissantes, c'est soi-disant trop dangereux. Mais qu'est-ce qui est plus dangereux que de travailler 7 heures de suite à 30 degrés ?

La direction, elle a dit « Ah, là, c'est la canicule, vous avez le droit à des pauses illimitées. » Mais la charge de travail, elle reste la même. Donc, il faut voir comment on arrive à le faire.

En parole, la direction n'aimait pas la pression. Mais dans l'organisation du travail, elle pousse, en fait, à la production. Et depuis quelques jours, là, on leur a dit « Ah, vous avez le droit de partir une heure plus tôt. » Mais la réalité, c'est que c'est à celui qui va oser quitter son poste une heure plus tôt.

Et parce que, pourtant, quand il s'agit de réunir les équipes pour discuter du boulot, la direction, elle sait le faire. Mais alors, quand il s'agit de sonner la fin de la journée, là, il y a toujours un peu moins de cœur à la tâche. Bon, ça, c'est pour la maintenance.

Et alors, pour nous qui conduisons les bus, les températures, elles sont irrespirables. Les sièges, les volants, ils dépassent les 40 degrés. On a pris des mesures de température qui vont jusqu'à 47 degrés dans les bus au poste de conduite.

Et ce que nous dit la direction face à ça, c'est « Oui, mais vous, les syndicalistes, vous attendez que les bus, ils restent au soleil avant de prendre les mesures. » Mais les bus, ils restent au soleil pendant plus de 20 minutes dans les terminus. Parce qu'on n'a pas toujours des locaux.

Donc, on fait des pauses parfois dans la rue, sans local ou alors avec un local où il n'y a pas la clim. Et ensuite, on remonte dans nos fours. Et la seule adaptation, c'est qu'on a droit à un peu plus de pauses.

Parfois, on finit une demi-heure, une heure plus tôt. Mais ça fait quand même des journées à 6, 7 heures par jour à 40 degrés. Donc, oui, forcément, il y a des drames.

Je ne sais pas si vous avez vu. Mais chez nous, il y a des collègues qui s'écroulent en finissant leur service. On les retrouve par terre dans les terminus ou au dépôt.

Il y a des maîtrises qui doivent aller chercher des agents qui ne peuvent plus conduire à l'autre bout de Paris pour les ramener dans le dépôt. Il y a un collègue qui a fait un malaise qui s'est pris avec son bus, un arbre à porte de Saint-Cloud il y a deux jours. C'est ça la réalité.

Alors, il y a eu quelques droits de retrait. Et la direction, elle a répondu non mais si tu veux, on transforme ton droit de retrait en un malaise et on n'en parle plus. Pas de vague.

Et quand les collègues, ils refusent, ce qu'ils ont comme réponse de la direction, c'est une mise en demeure de reprendre le travail sous peine de sanction. Et en fait, c'est une pression que les patrons, ils mènent contre nous pour se couvrir juridiquement alors qu'ils sont totalement irresponsables. Et que leur irresponsabilité, elle est flagrante malgré les lois sur mesure pour les patrons parce qu'il n'y a pas de température maximum dans la loi.

Alors, il n'y a pas de température maximum dans la loi, mais il y a quand même un consensus scientifique. Il y a quand même des instituts de recherche comme l'Institut National de Recherche sur la Sécurité qui dit qu'il faut des mesures pour les travailleurs à partir de 28 degrés pour les travaux pénibles et à partir de 30 degrés en intérieur. Et puis, en vrai, si vraiment, il n'y a aucun danger, est-ce qu'on peut nous expliquer pourquoi il y a l'interdiction de la Pride et des fêtes dans les banlieues ?

Est-ce qu'on peut nous expliquer pourquoi il y a un arrêté préfectoral qui interdit les travailleurs du bâtiment de bosser entre 13h et 22h ? Est-ce qu'on peut...

Pourquoi le ministre du Travail, l'ancien président de la SNCF, avant de ravaler sa salive le lendemain, que les bus non climatisés ne devraient pas circuler parce qu'il a dit ça à la télé ? Et en fait, ces gens-là, ils sont tellement à des milliers de kilomètres de la réalité que le mec, il n'a même pas réalisé qu'en disant ça, il mettait en cause la moitié du parc de la RATP qu'en fait, il est revenu sur son propos. Parce que pour eux, c'est hors de question de perdre autant de kilomètres.

Et tous les collègues, et même certains psych-chefs, ils disent la même chose. On attend un mort pour réagir. Il faut un mort pour que la volonté politique change.

Peut-être. Peut-être qu'il faut un mort comme le jeune de 19 ans qui est tombé du toit sur lequel il bossait pendant la canicule de mai dans le bâtiment pour qu'un arrêté préfectoral soit pondu encore une semaine trop tard. Mais même un mort, ça ne suffit pas toujours.

Donc pour ne pas crever, c'est simple, il faut des luttes. Il n'y a pas d'autre solution. Donc nous, dans notre dépôt, on a tout fait.

On a sonné toutes les cloches possibles syndicalement. On a déposé ce qu'on appelle un danger gravé imminent. On a fait intervenir l'inspection du travail.

On a discuté avec la direction, mais rien ne change. Tout est long. Et qu'est-ce qu'on fait dans ce cas-là ?

Qu'est-ce qu'on fait face au danger immédiat ? Parce que c'est nous, les travailleurs et les travailleuses, qui devons prendre nos affaires en main. On n'a pas le choix.

Et on ne peut pas attendre. On ne peut pas attendre après les institutions. On ne peut pas attendre après les syndicats, après la direction.

Parce que là, notre urgence, c'est des dossiers qui s'accumulent dans leur bureau climatisé. Donc face à l'urgence, il faut qu'on prenne nos affaires en main. Par la grève, par les droits de retrait.

Parce que c'est notre moyen de nous extraire rapidement d'une situation qui nous met en danger. Et c'est notre force, il faut qu'on l'utilise. Oxfam, ils ont chiffré 20 milliards pour répondre aux besoins d'adaptation climatique. 20 milliards, c'est 17 mois de bénéfice total, hors temps de spéculation exceptionnelle, comme au dernier épisode de la fermeture du détroit d'Hormuz. 20 milliards, c'est aussi un vingtième du budget de l'armée, qui augmente au dépens d'ailleurs de tous les services publics et les services utiles aux travailleurs.

Et qui est une des raisons pour lesquelles on se retrouve dans cette situation-là, avec des écoles fermées, parce que c'est des serres, avec des logements sociaux qui sont des passoires thermiques par défaut de rénovation, avec des hôpitaux qui sont tellement saturés et sans moyens pour faire face à la canicule et à ses conséquences, qu'on a dû déclencher le plan blanc, qui est un tri parmi le tri du tri des patients qu'on fait déjà. Bon, finalement c'est ça en fait aussi la lutte des classes. C'est cette lutte entre la minorité qui exploite et la classe majoritaire qui produit.

Et en fait, elle se mène partout, pas que sur les lieux de travail, elle se mène aussi dans la société. Parce que c'est aussi la lutte des classes quand la préfecture, elle interdit toutes les fêtes de musique en banlieue, mais qu'elle laisse faire la fête dans Paris avant de déclencher une campagne raciste, sécuritaire contre les jeunes de banlieue qui sont venus se baigner dans des canaux de la capitale. Pareil quand l'État, il envoie sa police réprimer les jeunes de quartier qui vivent dans des passoires thermiques pour des bouches à incendie ouvertes.

C'est la lutte des classes parce que les patrons aussi font de la politique. Et même dans une situation où tout, mais vraiment tout, les accuse comme celle qu'on vit, mais ils continuent de défendre leur système. Patrick Martin, président du MEDEF, ils continuent de défendre le système.

Ils continuent de nous expliquer qu'il ne faut surtout pas s'arrêter de produire parce que sinon vous vous rendez compte que ça va être la crise économique, la baisse de la croissance qui nous pend au nez et qu'on ne peut pas non plus tout arrêter parce qu'il fait chaud. Donc nos patrons font de la politique, c'est à nous d'en faire aussi. Et sans attendre non plus que d'autres le fassent à notre place.

Et ces derniers jours, moi j'ai beaucoup vu ces trucs sur la chaleur et la RATP, j'ai vu aussi pas mal d'élus de gauche s'insurger sur notre situation dans les bus. Mais s'insurger pour dire quoi ? Pour nous appeler à la grève comme les conducteurs de bus à Londres, je ne sais pas si vous avez vu, qu'on salue, qu'ils se sont mis en grève contre leurs conditions, par rapport à leurs conditions de travail ?

Pas du tout. Ils se sont insurgés, mais pour attaquer Pécresse, qui est aujourd'hui responsable d'Île-de-France Mobilité, l'autorité organisatrice qui gère en fait d'une main de fer avec les capitalistes du transport, l'exploitation du réseau de bus de la région parisienne. Et s'ils ciblent uniquement leur concurrence de droite Pécresse et pas le patronat exploiteur, c'est bien parce qu'ils indiquent en sous-entendu leur perspective, qui est une impasse.

Votez mieux au Conseil Régional, votez mieux aux législatives, votez mieux en 2027. Et c'est exactement la même soupe qu'on nous a servi sur les piquets de grève quand on s'est mobilisés face à l'ouverture à la concurrence à laquelle on fait face en ce moment, encore à la RATP, qui est une opération énorme de division des travailleurs et de dégradation de nos conditions de travail. Que si on votait bien, on pourrait même revenir sur cette décision.

Que s'il y a une privatisation aujourd'hui, c'est parce que c'est la droite qui tire la région. Mais en fait, ce qu'ils oublient un peu vite, c'est que des gouvernements et des régions de gauche, comme le centre Val-de-Loire, pas très loin d'ici et où j'ai grandi, ont quand même voté et appliqué aussi cette ouverture à la concurrence. Et on peut même aller plus loin.

Aujourd'hui, on est à la RATP. Est-ce que c'est les vacances sous les tropiques parce qu'il fait 40 degrés ? Qui, aujourd'hui, organise cette dégradation des conditions de travail ?

Qui est responsable de l'augmentation du temps de travail de une heure par jour qu'on a mangé ? Qui est responsable de la perte de six jours de repos par an qu'on a pris depuis trois ans ? Qui est responsable du fait que tous les travailleurs qui sont rentrés, dont moi, après le 1er janvier 2023, on ait payé 300 euros de moins que nos collègues ?

C'est la RATP avec un salaire d'embauche à 1 700 euros par mois. Boîte publique. Parce que le problème, ce n'est pas que le patron soit privé ou public.

Le problème, c'est nos salaires, nos conditions de travail et nos conditions de vie. Et quand on nous dit de voter mieux, en fait, ce qu'on fait, c'est qu'on reporte les luttes à des lendemains qui chantent. Et on sème des illusions.

Des illusions qui font des désillusions quand la réalité, elle nous rattrape aussi. Des illusions qui font aussi le terreau de l'extrême droite. Parce que oui, Gaëlle l'a dit, 40 ans de politique antisociale et raciste, de droite comme de gauche et de barrage républicain, effectivement, c'est la cause principale des 40% pour l'extrême droite.

Mais même ces 40% pour l'extrême droite que les sondages, ils nous prévoient pour 2027, nous, on le dit, ce n'est pas une fatalité. Ce n'est pas une fatalité parce qu'en réalité, autour de nous, au travail, ce n'est pas 40% de l'extrême droite qu'on ressent. Ce qu'on ressent, c'est la colère face à ce gouvernement.

Ce qu'on ressent, c'est l'inquiétude face aux guerres impérialistes. C'est le dégoût et la tristesse quand on regarde vers la Palestine et le génocide en cours. C'est l'indignation face au mépris de nos patrons, de nos directions.

C'est tout ça qu'on a autour de nous. Et en fait, c'est tout ça, toute cette colère que l'extrême droite, elle cherche à transformer en résignation pour mieux la faire rentrer dans son auto-noir à vote pour 2027. Alors, on n'entend pas 40% d'idées d'extrême droite, mais par-ci, par-là, on sent quand même que depuis là-haut, depuis les milliardaires racistes et leurs mains mises sur les médias, on sent percer quand même par-ci, par-là, une ou deux idées chez nos collègues qu'il faut à chaque fois démonter.

Et toutes ces discussions, quand elles se présentent, mais bien sûr, on les mène jusqu'au bout et même des fois, on les mène durement parce que ces idées-là, c'est du pur poison. Et pour défendre nos intérêts de travailleurs et de travailleuses, il faut être unis. Sans papiers, l'extrême droite, elle divise pour mieux nous fragiliser et favoriser le patronat dans la lutte des classes.

Et s'il y a un de nos collègues, un de vos collègues qui envisage de voter à l'extrême droite parce qu'il s'est senti trahi par la gauche, il faut lui expliquer que c'est absurde. On part en campagne là aussi pour convaincre de ça. Pas une voie pour l'extrême droite sur nos lieux de travail, c'est ça aussi notre objectif pour 2027 et dès maintenant.

Alors il n'y a pas de fatalité, surtout qu'on sait aussi que quand on se met en lutte et quand on impose nos préoccupations, là l'extrême droite, elle ne peut que reculer. Et un exemple de ça, c'est aux Etats-Unis, quand même des électeurs de Trump, ils se mobilisent contre l'ICE, la police de l'immigration à Minneapolis. Et dans les luttes, c'est simple, il n'y a pas 10 000 frontières.

Il y en a une, c'est celle entre nous, ceux qui se battent, les travailleurs, les travailleuses, les jeunes et de l'autre côté, les patrons et les gouvernements à leur service. Et là, tout devient plus évident. Ça devient plus évident que le Bardella avec ses deux Siciles qui n'a jamais bossé de sa vie et qui prend ses ordres pendant les déjeuners avec le MEDEF, il ne mènera pas une politique pour les ouvriers.

Ça, c'est clair et net. L'antidote contre l'extrême droite, c'est cette bataille contre la résignation et ce sentiment de fatalité qui existe autour de nous. Donc, ça se joue maintenant.

Dans la lutte contre l'extrême droite, comme dans la lutte contre l'exploitation et la guerre, on n'attend pas 2027. On ne peut pas attendre 2027 quand on se mange une inflation massive, quand les salaires stagnent, quand on voit des fermetures d'usines et des suppressions massives de postes. L'actualité de notre classe, c'est vrai, elle est riche de problèmes.

Mais elle est aussi riche de luttes et d'initiatives et c'est exactement ça qu'on veut porter dès maintenant et toutes ces revendications, tous ces objectifs de lutte qu'on veut diffuser le plus largement possible. Et on est vraiment accrochés, corps et âme, à cette idée qu'il faut qu'on prenne, nous les travailleurs et les travailleuses, les jeunes, nos affaires en main et que c'est nous qui faisons tout tourner. Donc, c'est à nous de décider et qu'on peut mettre nos espoirs dans aucun bulletin de vote.

Et on l'assume, malgré les sirènes du vote utile qu'on entend déjà sonner maintenant, un an avant les élections présidentielles. On l'assume qu'il n'y a pas de jours heureux sous le capitalisme, que le capitalisme à visage humain, ça n'existait pas. Et que l'émancipation, dans une société où les patrons y mènent leurs affaires, peu importe d'ailleurs le degré de pression que tel ou tel gouvernement pourrait mettre, ça n'existe pas.

Elle est là, en fait, la différence de fond entre les révolutionnaires et la gauche institutionnelle. Et c'est sur cette distinction fondamentale-là qu'on construit et qu'on essaie de construire et qu'on milite pour un pôle des révolutionnaires, c'est-à-dire un regroupement de l'extrême-gauche en toute indépendance de la France insoumise. La situation aujourd'hui, elle n'est pas facile, mais franchement, elle n'est probablement pas non plus plus difficile que ce que d'autres révolutionnaires ont pu vivre dans l'histoire, qu'on se le dise quand même.

Mais même dans une situation difficile, qu'est-ce qui nous empêche d'agir et intervenir ? Oui, on est une petite organisation, le NPR révolutionnaire, mais en fait, on est convaincus que nos interventions, elles peuvent, dans certaines circonstances favorables de lutte, modifier le rapport de force et donc la situation politique. Et ça, c'est notre différence fondamentale pour le coup avec les camarades de lutte ouvrière.

Et c'est d'ailleurs la raison principale de leur refus face à notre proposition de campagne commune. Et c'est pour ça qu'on se présente suite à ce refus, parce que ce qui nous unit par les tripes dans cette organisation, dans ce NPR révolutionnaire, c'est vraiment de saisir toutes les occasions par les cheveux. En fait, c'est de se poser d'abord la question de qu'est-ce qui est nécessaire aujourd'hui, et ensuite de voir comment on se donne les moyens de répondre aux nécessités de la situation.

Alors on va mener une campagne ouvrière et révolutionnaire au service des luttes sans attendre 2027. Et on sait bien que les luttes et les militants qui les animent, elles sont minoritaires aujourd'hui. Mais en fait, c'est à partir de ça, c'est à partir de ces luttes qu'on peut rendre palpables nos perspectives de renversement du capitalisme et les adresser en fait à des millions de travailleurs et des travailleuses, parce que c'est ça qu'on veut faire.

Et des luttes, il y en a. Il y en a à Décathlon, là, pour les salaires. Et on salue les salariés de Décathlon qui sont en grève aujourd'hui contre leur patron, le clan Muliez, la soi-disant famille de centaines d'exploiteurs qui se partagent à part égale le fruit du travail, des caissières d'Auchamp, des vendeurs et des vendeuses de Décathlon et de tous celles et ceux qui alimentent leurs dépôts.

Des luttes, il y en a aussi à Poissy contre la fermeture de l'entreprise. Il y en a à La Poste contre les réorganisations. Il y en a à la SNCF pour les conditions de travail.

Il y en a au 115 à Paris, en SAMU sociale qui est en grève reconductible. Il y en a dans l'éducation aussi contre les conditions de travail et avec la chaleur. Il y en a à l'hôpital contre les politiques racistes, par exemple, des directions qui font la chasse au calot.

Il y en a à l'ingénierie, à Renault contre les suppressions d'emplois. Et ce serait possible de gagner si on était tous ensemble. On a le relais de ces luttes en France et ailleurs et on ne va pas faire des grandes promesses.

Les promesses, c'est pour les marchands de sommeil qui veulent nous endormir. Nous, on a des objectifs de lutte. On a des objectifs pour les luttes, l'indexation des salaires, des allocations et des pensions sur l'inflation.

Pas un salaire en dessous de 2000 euros, c'est le minimum. L'interdiction des licenciements, l'argent pour l'hôpital et pas pour les rafales. Et bien sûr, la régularisation de tous les sans-papiers.

Et des objectifs de lutte, ça ne se demande pas, ça s'impose. Alors ce qu'on propose dans cette campagne, c'est de s'organiser partout, à toutes les échelles et dès maintenant. Et les promesses, c'est pour ceux qui pensent qu'on a le loisir d'attendre sagement pendant un an pour jouer à notre sort à la loterie électorale.

Mais c'est maintenant qu'il faut s'organiser et rendre coup pour coup. Parce que les patrons, ils ne vont pas attendre le résultat des élections pour nous faire payer la crise qu'ils ont eux-mêmes déclenchée. Et ces luttes, elles vont en fait dans le sens d'une autre société.

Elles vont dans le sens d'une société communiste, révolutionnaire, où tous les progrès, ils seront au service de l'humanité tout entière et pas d'une minorité de parasites. Parce que les guerres qui se multiplient, l'extrême droite, le désastre écologique, tous ces symptômes morbides, ils ont quand même une seule cause, c'est le capitalisme. Et ce système, il a fait son temps.

Là, il y a quelques semaines, il y a SpaceX qui est entré en bourse et ça a fait de Musk l'homme le plus riche de l'histoire de l'humanité. Musk, c'est quand même le patron d'extrême droite masculiniste, si ce n'est pas le symbole de ce système capitaliste qui pourrit tout, mais même des progrès assez bluffants, comme l'IA par exemple. Les patrons milliardaires, ils se transforment en fait de l'or en plomb et ils emmènent la société à la catastrophe.

Et aujourd'hui, c'est eux qui font l'histoire, mais c'est nous qui sommes les millions et c'est nous en fait qui sommes capables de stopper cette machine infernale. Le seul avenir pour lequel ça vaut la peine de se battre, c'est une société communiste, d'une société planifiée collectivement à l'échelle internationale ou les moyens de production modernes qui sont quand même le fruit de notre travail et de celui de nos anciens. Ils sont mis pour de vrai au service d'une production, pour satisfaire les besoins de l'humanité, des besoins matériels et moraux et qui soient organisés de façon démocratique.

Et l'avenir pour lequel ça vaut le coup de se battre, c'est bien celui d'une société qui est débarrassée de l'exploitation et des oppressions et où ceux et celles qui font tout tourner, oui, ils décident de tout.

Selma Labib au Mans : "Nos patrons font de la politique, à nous d’en faire aussi !" — Selma Labib · Pourquijevote