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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 22 octobre 2025 27 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheBudget & impôtsSolidarités & familleSanté

Edouard Geffray : "L'urgence, c'est un budget pour préparer la rentrée prochaine"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 53 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:51RelanceÉludée

    Comprenez-vous que les Français puissent avoir du mal à faire confiance à un ministre qui ne sera peut-être plus là dans quelques semaines ?

  • 1:21RelanceRéponse partielle

    Vous avez conscience de la précarité du poste ? Est-ce que vous avez un peu de visibilité ?

  • 3:54OuverteRéponse directe

    Rentrons dans le vif du sujet : la question des moyens avec le budget 2026.

  • 5:04RelanceRéponse partielle

    Pourquoi ne pas profiter de l'effondrement démographique pour alléger les classes surchargées ?

  • 6:03FerméeRéponse directe

    Est-ce que la porte est ouverte pour revenir sur les suppressions de 4000 postes ?

  • 7:05OuverteRéponse partielle

    Un auditeur signale un manque de professeurs dans un lycée. Comment l'expliquez-vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:19InvitéChiffre
    « À la rentrée de 2026, si on parle en moyenne, on aura 21 enfants par classe dans le premier degré. »
  • 6:33InvitéFait
    « C'est la première fois de l'histoire du système éducatif français qu'on a un chiffre aussi bas d'élèves par classe. »
  • 7:42InvitéChiffre
    « On crée 8000 postes supplémentaires pour les concours de cette année. »
  • 7:46InvitéFait
    « On va investir aussi sur le social, le médico-social, la santé. »
  • 9:21InvitéFait
    « L'année prochaine, vous avez des milliers d'étudiants qui sont stagés étudiants en L3 qui vont rentrer dans un Master 1 et ensuite un Master 2 où ils seront payés pour devenir professeurs. »
  • 9:32InvitéChiffre
    « 1400 euros par mois en Master 1, 1800 euros en Master 2. »
  • 11:00InvitéChiffre
    « On crée 1200 postes d'AESH de plus. »
  • 17:39InvitéChiffre
    « 15% des collèges concentrent 40% de la grande difficulté scolaire. »
  • 18:10InvitéFait
    « On va recruter des psychologues, des infirmières et des assistantes sociales comme madame dans le PLF. »
  • 18:23InvitéFait
    « J'ai un poste sur deux qui est vacant en matière de médecine scolaire. »

Temps de parole

  • Invité55 %
  • Édouard Geffray24 %
  • Présentateur15 %
  • Invité 24 %
  • Auditeur2 %

2,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et dans ce grand entretien avec Benjamin Duhamel, nous recevons ce matin le nouveau ministre de l'éducation nationale. Vos questions et réactions qu'on imagine nombreuses au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France. Bonjour Edouard Geffray.

0:15
Édouard Geffray

Bonjour.

0:16
Présentateur

Merci d'avoir choisi France Inter pour votre toute première interview de ministre de l'éducation nationale du gouvernement Lecornu2. On va aborder beaucoup de sujets avec vous, on a beaucoup de questions qui concernent des millions de français, enseignants, élèves, parents d'élèves. On va voir quelle est votre feuille de route et quels seront vos moyens à l'heure des économies budgétaires. Mais d'abord, après Elisabeth Borne, Anne Jeunetet, Nicole Belloubet, Amélie Oudea-Castera, Gabriel Attal et Papendiaï, vous êtes le septième ministre de l'éducation nationale à venir à ce micro depuis trois ans.

Donc comprenez-vous, Edouard Geffray, que les français puissent avoir du mal à faire confiance à un ministre qui ne sera peut-être plus là dans quelques semaines ?

0:59
Invité

Moi, je comprends parfaitement qu'ils en aient un peu assez, notamment nos collègues professeurs. Maintenant, moi, je suis là pour servir.

1:07
Présentateur

Quelle que soit la durée de votre poste.

1:08
Invité

Quelle que soit la durée, moi, je suis un serviteur, vous savez, et un serviteur de l'école pour laquelle j'ai beaucoup travaillé en tant que fonctionnaire. Maintenant, je suis ministre, c'est autre chose, mais je suis là pour servir l'école et les professeurs, et évidemment les élèves et les parents.

1:21
Édouard Geffray

Mais vous avez conscience de la précarité du poste ? Ceux qui nous écoutent ce matin se demandent si vous serez encore là dans quelques semaines, à la fin de l'année. Est-ce que vous avez un peu de visibilité ? Vous vous inscrivez dans la durée ou pas ?

1:33
Invité

Je m'inscris dans la durée, oui, évidemment, parce que, comme vous l'avez vu, le Premier ministre a eu un certain nombre de décisions courageuses pour rendre possible et vraiment créer les conditions à débat parlementaire aussi complètes et serein que possible. Maintenant, on a parfaitement conscience qu'il y a une certaine incertitude politique, une certaine instabilité politique. Moi, je suis là, quelle que soit la durée, j'aurais presque envie de vous dire, de mon point de vue purement personnel, peu importe. Moi, je ne suis pas là, Edouard Geffray, pour Edouard Geffray. Je suis là pour l'école.

2:03
Édouard Geffray

Non, mais il faut du temps pour mettre en œuvre un certain nombre de politiques éducatives. Et c'est vrai que par rapport à d'autres ministères, l'éducation nationale a été particulièrement marquée par cette valse des postes. Est-ce que ça veut dire qu'au fond, ce n'est pas un sujet prioritaire pour l'exécutif ?

2:17
Invité

Je pense que c'est un sujet prioritaire, mais que tout le monde a, entre guillemets, un peu subi les incertitudes des derniers mois. C'est comme ça. Maintenant, très honnêtement, il faut un peu regarder en avant. Une fois encore, moi, je suis là pour à la fois voir ce qu'on peut faire, comment résoudre les problèmes, préparer la rentrée prochaine. C'est ça l'urgence. Pour l'instant, il nous faut un budget pour préparer la rentrée.

2:34
Présentateur

Alors Edouard Geffray, vous n'êtes pas nouveau dans le monde de l'éducation, puisque vous êtes haut fonctionnaire, spécialisé dans ce domaine depuis l'élection d'Emmanuel Macron, DRH de l'éducation nationale, puis numéro 2 du ministère. Voilà ce qu'a dit Sophie Vénétité. Quand vous avez été nommée, c'est la patronne du SNES, le syndicat enseignant. Voilà ce qu'elle dit. Edouard Geffray connaît très bien le ministère et pour cause. En 5 ans, il a été le chef d'orchestre de tous les bricolages, réformes faites et défaites qui ont contribué à l'état désastreux de l'éducation nationale. Ce n'est pas génial, génial comme accueil.

3:08
Invité

Oui, alors chacun peut dire ce qu'il souhaite. D'abord, moi j'ai d'excellents relations personnelles avec les syndicats avec qui je travaille beaucoup et avec lesquels je compte travailler. Ça ne se voit pas, j'ai la réaction quand même. Dans le travail, ce qui compte c'est de travailler ensemble, ce n'est pas après ça telle ou telle réaction. Ce qui compte c'est de travailler ensemble. Moi j'ai été fonctionnaire pendant effectivement 7 ans à l'éducation nationale. Je l'ai fait loyalement et je l'ai fait sous des ministres différents. Je pense que tous les fonctionnaires qui nous écoutent ce matin savent que c'est qu'être fonctionnaire.

3:34
Édouard Geffray

Et donc vous êtes Edouard Geffray comptable de l'action qui a été menée par les ministres qui se sont succédés, avec lesquels vous avez travaillé, Jean-Michel Blanquer, Gabriel Attal.

3:41
Invité

C'est aussi votre bilan. Mais comme tous les hauts fonctionnaires, j'ai effectivement travaillé sous 5 ministres différents qui avaient des orientations différentes et qui ont mené des actions différentes. Maintenant je suis ministre, j'ai une méthode, et ça serait d'ailleurs bien qu'on en parle aussi. Et bien justement. Et puis j'ai des actions de fond que je souhaite porter.

3:54
Édouard Geffray

Alors justement Edouard Geffray, rentrons tout de suite dans le livre du sujet si vous le voulez bien, avec d'abord la question des moyens. Le budget de l'éducation nationale pour l'année 2026 prévoit une hausse de 200 millions d'euros. Mais quand on regarde dans le détail, environ 4000 postes, 4018 pour être précis, postes d'enseignants vont être supprimés. Alors vous mettez en avant pour justifier ces baisses d'effectifs, l'effondrement démographique. Pourquoi ne pas avoir profité de cette évolution pour précisément alléger des classes surchargées ? Est-ce que vraiment l'argument de l'effondrement démographique est un bon argument ?

4:26
Invité

Alors ce n'est pas une question d'argument, c'est une question de réalité. Dans le premier degré, donc dans les écoles maternelles et élémentaires, entre 2018 et 2028, on aura perdu un million d'élèves. Un million. On va passer de 6,7 millions à 5,7 millions. D'accord ? Un million d'élèves. C'est absolument considérable. Et l'école est en première ligne de l'effondrement démographique. Vous ne le voyez pas encore sur le marché du travail, mais nous on le voit tous les jours dans nos classes.

Le budget qui a été préparé, qui est un point de départ, je le rappelle, qui est un point de départ, mais le budget qui a été préparé, il tire en partie les conséquences de cette démographie, parce que tout simplement, quand vous perdez 100 000, 150 000 élèves par an, au bout d'un moment, vous ne pouvez pas...

5:04
Édouard Geffray

Mais Edouard, vous voyez ce que répondent les professeurs. Ils constatent effectivement cet effondrement démographique, mais ils disent pourquoi ne pas en profiter, alors que vous avez des classes surchargées, pour précisément faire en sorte que ce qu'on appelle le taux d'encadrement, c'est-à-dire le nombre d'élèves devant chaque professeur, soit plus important. Vous auriez pu dire, on profite de ces élèves en moins pour faire en sorte qu'il y ait moins d'élèves par classe. Ce n'est pas le choix que vous avez fait.

5:24
Invité

Le choix qu'on a fait, c'est un choix qui est mixte, parce que, pardonnez-moi, mais l'école ne tient pas dans un tableur Excel. Si à la fin on fait une règle de 3, on peut arriver effectivement à ce genre de choses, mais ça ne tient pas dans un tableur Excel. Il y a des endroits où aujourd'hui en France, malheureusement, il n'y a plus d'enfants. Il n'y a plus d'enfants. Et donc il y a des endroits où effectivement, on est obligé de supprimer des postes. On essaye et on ne suit pas la démographie. Si on suivait la démographie, on aurait dû retirer 8 ou 9 000 postes cette année. Donc on ne suit pas la démographie. C'est ça qu'il faut savoir. On ne la suit pas du tout.

On la suit en partie parce qu'il y a des réalités qu'il faut suivre. On essaye de tempérer au maximum et au maximum les fermetures de classe. Et par ailleurs, on réinvestit les moyens précisément là où les cas sont chargés. Juste, Edouard, je ferai juste un tout petit point de départ.

6:04
Édouard Geffray

Oui, juste je reprends la phrase que vous utilisiez il y a quelques instants. Vous disiez c'est un point de départ. Est-ce que ça veut dire que vous laissez la possibilité, la porte ouverte, que dans le cours de la discussion budgétaire, vous reveniez sur ces suppressions de 4 000 postes ? Est-ce que c'est une possibilité ?

6:17
Invité

Si vous permettez, juste un point avant. A la rentrée de 2026, si on parle en moyenne, on aura 21 enfants par classe dans le premier degré. C'est la première fois de l'histoire du système éducatif français qu'on a un chiffre aussi bas d'élèves par classe. La première fois. Dans l'histoire du système éducatif français. En 150 ans, on n'a jamais eu ça. Et ce nombre d'élèves par classe, il va continuer à baisser parce que précisément, on ne suit pas complètement la démographie. On n'en prend qu'une petite partie. D'accord ?

Et ensuite, pour répondre à votre question, et pardonnez-moi, mais je crois que c'était quand même important que nos auditeurs le sachent, pour répondre à votre question, le premier ministre a dit des choses très clairement. Il a dit, on propose le Parlement débat et le Parlement vote. Donc par définition, les débats sont ouverts. Ils sont ouverts, après ça, dans un contexte budgétaire que tout le monde connaît, qui est extrêmement contraint. Et par définition, le débat est ouvert.

7:05
Présentateur

Alors pour autant, au standard, on a par exemple Olivier qui veut nous parler du manque de profs dans les établissements. Il manque un professeur, je n'arrive pas à lire sa question, il manque un professeur de philosophie depuis le début de l'année, dans le lycée de son fils ou de sa fille en terminale. Donc il en manque toujours des profs. Je crois qu'il y avait un sondage du SNES à la rentrée qui expliquait que dans plus d'un établissement sur deux, il manquait au moins un professeur.

7:30
Invité

Alors, on a deux choses différentes. Est-ce que les moyens sont attribués en loi de finances ? Et ça, on vient de s'en parler. Au passage d'ailleurs, on va créer aussi, parce que c'est important, on prépare l'avenir. On crée 8000 postes supplémentaires pour les concours de cette année. Et donc ça fait 46% de postes en plus au recrutement cette année, pour nos auditeurs. On va investir aussi sur le social, le médico-social, la santé. Donc il faut quand même aussi le rappeler, c'est un environnement global.

Et ensuite, il y a la capacité effectivement à recruter dans les disciplines en question et à remplacer les professeurs qui sont absents parce qu'ils sont éventuellement malades ou parce qu'ils ont d'autres contraintes. Bien. Donc, le sujet de notre auditeur, que j'entends et qui est évidemment très préoccupant, c'est de faire en sorte ensuite que chaque poste soit effectivement pourvu et que chaque professeur absent puisse être remplacé. Et ça, c'est un autre débat que...

8:23
Présentateur

Mais il y a un sujet d'attractivité quand même de la profession.

8:26
Invité

D'où l'importance de la réforme des concours.

8:28
Édouard Geffray

Mais juste à vous écouter, tout va bien ? C'est-à-dire que je vous interroge sur les postes qui baissent. Vous me dites en fait, le taux d'encadrement, il va être amélioré. Vous dites, on n'a jamais recruté autant de professeurs alors qu'effectivement, il y a une crise d'évocation que l'on voit chaque année dans les concours. Vous êtes satisfait de l'état de l'éducation nationale aujourd'hui ?

8:45
Invité

Je ne suis pas du tout satisfait. Je pense d'abord qu'il ne faut pas toujours le voir négativement parce que moi, je suis là pour remettre le professeur au centre de l'école et pour quand même que personne n'oublie les lettres de noblesse de l'école. L'école, c'est quand même extraordinaire ce qui se passe au quotidien aux écoles et toute personne qui a vu son enfant progresser à l'école le sait. Et il ne faut pas l'oublier. Et la deuxième chose, c'est qu'on a effectivement un certain nombre de contraintes. Soit on les subit, soit on essaye d'agir. On a une contrainte démographique, on en profite pour agir et pour baisser le nombre d'élèves par classe.

On a aujourd'hui des enjeux majeurs d'attractivité, on pourrait continuer à subir. Non, on fait un concours dès la L3. L'année prochaine, vous avez des milliers d'étudiants qui sont stagés étudiants en L3 qui vont rentrer dans un Master 1 et ensuite un Master 2 où ils seront payés pour devenir professeurs. 1400 euros par mois en Master 1, 1800 euros en Master 2.

9:34
Présentateur

Ça, vous pensez que ça va régler la crise des vocations ? Parce que le salaire n'augmente pas par ailleurs.

9:40
Invité

Je pense que c'est une mesure d'attractivité majeure. Et quand vous allez dans les universités et que vous rencontrez les étudiants de L3, quand ils découvrent qu'en fait, c'est 1400 euros par mois en Master 1, 1800 euros en Master 2 pour être formés et se voir mettre le pied à l'étrier, on sait que c'est très important de ne pas tomber, si je puis dire, du jour en main dans la classe à la suite de la réussite des concours. Aujourd'hui, on est en train de préparer ça. Donc, je ne vous dis pas que c'est parfait. Loin de là, mais vraiment loin de là. Ce que je vous dis, c'est qu'on essaie de préparer l'avenir ensemble.

10:05
Édouard Geffray

Edouard Geffray, question d'Elo sur l'application Radio France. Qu'allez-vous faire face au manque d'AESH ? Ce sont les assistants d'éducation pour les élèves en situation de handicap dans les écoles. Les crédits du projet de loi de finances 2026 ont-ils baissé sur cette ligne ? Et là, pour donner les chiffres précisément, dans le budget 2026, vous créez 1200 postes d'accompagnants, ce qui est nettement moins que les autres années. En 2025, c'était 2000. En 2024, c'était 3000. Là encore, chiffre qui est assez stupéfiant. À la rentrée 2025, il y avait 9% d'élèves en situation de handicap qui n'avaient pas d'AESH.

Est-ce que là encore, c'est une conséquence des contraintes budgétaires qui sont les vôtres en cette rentrée ?

10:43
Invité

Alors, on a évidemment des contraintes budgétaires. On a aussi des contraintes de vivier. C'est-à-dire que vous le savez, mais sur le territoire national, on a parfois du mal en réalité à pourvoir les postes d'AESH, ce qui pose aussi la question de leur attractivité. C'est partie des sujets sur lesquels je compte me pencher au cours des prochains mois. Donc, pour cette année, effectivement, on crée 1200 postes d'AESH de plus. Il faut savoir qu'on a créé quand même 70% de postes d'AESH de plus depuis 2017. Donc aujourd'hui, en réalité, on essaye en fait de suivre.

11:11
Édouard Geffray

Pour autant, quasiment un élève handicapé sur 10 n'a pas d'assistant pour lui à l'école.

11:18
Invité

On est face à une progression. Ces dernières années, on a connu en moyenne une progression. Alors, ça commence un peu à se tasser, mais qui était de l'ordre de 10 ou 12% du nombre d'élèves qui bénéficiaient chaque année d'une notification d'AESH. Donc, on essaye évidemment de pourvoir à cela. Ça suppose une fois encore de travailler aussi sur l'attractivité du métier.

11:35
Présentateur

Comment est-ce qu'on explique, je vais prendre un cas concret, qu'en Ile-et-Vilaine, l'éducation nationale est licenciée en cette rentrée. 25 à ESH, malgré la pénurie dont on parle, parce que ces femmes, ce sont le plus souvent des femmes, refusées de passer de 10 à 30 établissements, sans primes, sans dédommagement. Comment c'est possible, ça ?

11:54
Invité

Alors, sur le cas précis, je ne sais pas. Je l'ai vu et j'ai demandé à ce qu'on me fasse remonter le sujet, pour vous cacher. Ça fait typiquement partie des choses sur lesquelles il faut qu'on se penche, parce que ce n'est pas spontanément, je m'interroge. Ça tient, je pense, au fait qu'on essaye actuellement de travailler au niveau de zones. Alors, ce n'est pas forcément simple à expliquer, mais on essaie de travailler sur des zones géographiques un peu élargies, pour en fait permettre d'employer les AESH le plus possible à temps plein. Parce qu'en fait, si vous êtes sur une ou deux écoles, ce n'est pas forcément...

12:28
Présentateur

Mais le tout pour 900 euros par mois, globalement, en prenant sa voiture, en faisant le plein.

12:32
Invité

Si vous n'êtes précisément pas à temps plein. Mais justement, l'un des enjeux, en fait, c'est de permettre d'augmenter, pour ceux qui le souhaitent, le temps de travail. Il ne faut pas qu'on arrive à des situations aberrantes, où les gens se retrouvent à faire 30 ou 40 km par jour, ou même 20, pour aller d'un établissement à l'autre. Donc typiquement, là-dessus, ça fait partie des choses que je vais regarder de près.

12:46
Édouard Geffray

Et vous allez regarder sur ce sujet. Edouard Jeffrey, vous arrivez au ministère de l'Éducation dans un moment de flou sur votre feuille de route et sur les chantiers entamés par ceux auxquels vous succédez. Je voudrais qu'on s'arrête un instant sur ce que Gabriel Attal avait appelé le choc des savoirs, et vous aviez été, comme haut fonctionnaire au ministère, l'un des principaux artisans de ce choc des savoirs. La mesure emblématique, c'était ce qu'on appelait à l'époque les groupes de niveau, qui ont ensuite été pudiquement appelés les groupes de besoin, mis en place aujourd'hui en sixième et en cinquième au collège pour les maths et pour le français.

Quel bilan est-ce que vous faites de ces groupes de niveau slash besoin ? Est-ce qu'il faut les élargir, par exemple, en quatrième et en troisième ? Ou est-ce que, comme les syndicats vous le demandent, il faut arrêter les frais sur ces groupes de besoin ?

13:29
Invité

Alors, deux éléments. D'abord, on n'a pour l'instant que des premiers retours. Il y a une première liste de l'inspection générale qui a montré que le bilan était, on va dire, assez mitigé.

13:38
Édouard Geffray

Qui dit, je cite, « un risque fort d'accroître les écarts entre les élèves » et notamment ce qui était la principale critique sur ces groupes de besoin, c'est-à-dire le fait qu'il y avait un risque de tri social entre les bons élèves d'un côté et les moins bons de l'autre.

13:51
Invité

C'est pour le moins mitigé.

13:52
Édouard Geffray

Oui, vous maniez l'art de levé. Vous êtes d'accord.

13:55
Invité

Donc, moi, je ne suis pas partisan de créer de la confusion et de vouloir à tout prix imposer un format ou un autre. L'école, ce n'est pas un jardin à la française. L'école républicaine, c'est une école de l'équité et de l'égalité, mais c'est aussi une école qui s'adapte aux réalités territoriales. Il y a des endroits où les équipes se sont emparées compte tenu de la configuration de leur établissement, du niveau de leurs élèves, de la façon dont elles s'organisent, des groupes de besoin, et où elles considèrent que ça marche. Moi, quand quelque chose marche à un endroit, je n'ai aucune raison de dire aux équipes de faire différemment.

S'il y a des endroits où, pour être clair, les groupes de besoin ne marchent pas, où les équipes considèrent que ce n'est pas efficace, où les résultats ne se voient pas, voire éventuellement se dégradent, il faut que les chefs d'établissement et les équipes puissent faire différemment. C'est un peu une question de bon sens. Le but du jeu, ce n'est pas qu'une réforme fasse ceci ou fasse cela. Le but du jeu, c'est que nos élèves progressent. Si avec les moyens dont les établissements disposent et les facultés qu'on leur donne, les élèves progressent, mais laissons-les s'organiser pour que ça marche.

14:56
Présentateur

Ce que vous êtes en train de dire, du coup, c'est que ça devient optionnel, cette création de groupe de niveau, vous allez laisser ça à l'appréciation de chaque établissement ?

15:03
Invité

Ce que je suis en train de dire, c'est que j'aimerais bien d'abord qu'on prenne un tout petit peu de recul, parce que quelle que soit l'organisation, on sait toujours qu'il faut un petit peu de temps pour que ça s'installe, et qu'ensuite, il ne faut pas tenir mordicus à une organisation universelle pour tous les collèges quand on sait qu'elles ont où ça marche. Donc, l'élargissement à d'autres classes,

15:19
Édouard Geffray

hors 6e, 5e, ça ne me semble pas la priorité.

15:22
Présentateur

On va prendre une auditrice au standard. Bonjour, bienvenue Stéphanie.

15:27
Invité

Bonjour, je me présente, je suis assistante sociale en faveur des élèves depuis 7 ans à l'éducation nationale, hors syndicat, et j'entends le ministre là depuis une demi-heure, donc je suis assez surprise de votre satisfaction personnelle concernant, j'allais dire, votre bilan, parce que ça fait quand même un certain temps que vous œuvrez à la progression, dites-vous, de l'éducation nationale. Or, il semble que vous ayez un déni de réalité. Sur le terrain, la réalité n'est pas du tout celle que vous décrivez. Donc, certains points ont été abordés par les journalistes, ça aurait été bien que ça puisse être approfondi.

L'école inclusive, avec le manque de moyens drastiques, met à mal vraiment les enseignants. Les niveaux ont baissé, l'entrée avec les compétences au collège pose vraiment question. Les compétences psychosociales sont extrêmement dégradées. Les élèves, les professeurs de premier degré sont difficiles à recruter puisque maintenant, on recrute en speed dating à Pôle emploi. Moi, j'ai un constat complètement alarmant de l'éducation nationale. Le constat, il n'est pas personnel, je vous dis, je suis hors syndicat. Les parents d'élèves le constatent aussi, sans parler des langues. Alors voilà, ils apprennent les langues, ils sont incompétents en langue.

Et il y a une vraie souffrance en tout cas à l'éducation nationale, tant au niveau des personnels, plus largement qu'enseignants d'ailleurs, aussi, voilà, et des élèves et des familles.

16:46
Présentateur

Dans ce tableau très noir que vous dressez, Stéphanie, qu'est-ce que vous répondez, monsieur le ministre ?

16:51
Invité

Alors, tout à l'heure, on a parlé budget. On n'a pas parlé de l'état de l'école en général. Si on parle de l'état de l'école en général, évidemment que la situation est extrêmement inquiétante. Elle est extrêmement inquiétante en termes de niveau. Elle est inquiétante en termes d'inégalités sociales et scolaires. Enfin, plus à mon, d'inégalités scolaires adossées aux inégalités sociales. Elle est aussi extrêmement préoccupante en termes de santé physique et psychique des élèves. Et moi, il se trouve que c'est pour ça que ce sont mes trois priorités, en réalité.

J'ai une première priorité qui est effectivement de travailler sur, j'allais dire, dans le fond, la qualité pédagogique du service public de l'enseignement. Et c'est pour ça qu'il faut travailler sur la formation initiale qu'on est en train de préparer et sur la formation continue. Et il faut clairement que sur la formation continue, on franchisse un cap. Parce que ça fait des années que tout le monde dit formation continue, formation continue. Et qu'en réalité, on n'a pas changé de braquet. Donc, il faut changer de braquet sur la formation continue. Sur la très grande difficulté scolaire, il faut savoir qu'aujourd'hui, 15% des collèges concentrent 40% de la grande difficulté scolaire.

Soit on continue à saupoudrer, à vouloir faire la même chose partout, etc. Soit on concentre des moyens supplémentaires, notamment avec la démographie, et un effort pédagogique particulier sur ces 15% de collège. Et moi, c'est ce que je veux faire. Edouard Geffray. Et pardonnez-moi, troisième chose que je voulais bien, sur la sécurité physique et psychique, et notamment psychique, on a aujourd'hui 30% des élèves qui déclarent des troubles anxio-dépressifs d'après l'étude de l'INSERM de la semaine dernière.

18:05
Présentateur

Avec un médecin pour 13 000 élèves, un psy pour 1500 élèves.

18:09
Invité

C'est d'ailleurs pour ça qu'on va recruter des psychologues, des infirmières et des assistantes sociales comme madame dans le PLF. On crée des postes supplémentaires, plusieurs centaines. En revanche, sur les médecins scolaires, vous savez que j'ai un problème, c'est que j'ai les postes. Aujourd'hui, et je n'ai pas les médecins, je ne trouve pas de médecins. J'ai un poste sur deux qui est vacant en matière de médecine scolaire.

18:26
Présentateur

Pour reparler du niveau qui inquiétait Stéphanie et qui vous inquiète aussi, j'accueille Aurélien. Aurélien, au standard. Bonjour. Et bienvenue. Vous appelez de Montpellier.

18:37
Auditeur

Oui, j'appelle de Montpellier. J'ai lu une étude dans le monde hier que les gens lisaient de moins en moins et que de ce fait, la génération Z, les milleniums, ne lisaient quasiment plus. J'ai un neveu qui est en cinquième qui n'a pas vu un seul livre à lire depuis le début de la rentrée. Je trouve ça un peu choquant. Et je voulais savoir, de la part de M. le ministre, qu'est-ce qu'il pensait devoir faire pour redonner le goût de la lecture aux jeunes, goût de la lecture qui assure la cohésion sociale dans notre République.

19:11
Présentateur

Merci beaucoup, Aurélien. Merci, M. le ministre. Les enfants, les ados ne lisent plus et on ne leur donne plus rien à lire ?

19:18
Invité

Alors, pour moi, la lecture, très honnêtement, c'est l'urgence absolue. Vous avez peut-être vu, je crois d'ailleurs même que vous en avez parlé ce matin à votre antenne,

19:27
Présentateur

l'illettrisme

19:28
Invité

qui est répertorié chaque année au moment de la journée de défense et de l'hérité qui est en fait un peu où toute une tranche d'âge, toute une classe d'âge est évaluée. On a un énorme problème sur la lecture parce que nos enfants aussi qui va de pas avec le problème des écrans. Donc, ça veut dire qu'il faut travailler sur deux choses. Un, une pratique de la lecture beaucoup plus intensive en classe et hors la classe. Ça veut dire qu'il faut qu'évidemment dans la classe, la pratique de la lecture, y compris la lecture à voix haute, soit maintenue pendant l'intégralité de l'école élémentaire. C'est ce que font beaucoup de professeurs aujourd'hui.

Et d'ailleurs, de ce point de vue-là, ce qu'on appelle la fluence progresse. Mais ça, c'est évidemment important. Deux, qui est aussi un écosystème autour de la lecture. Je vous donne juste un exemple. Le principal déterminant en termes d'inégalité scolaire de vocabulaire, c'est la lecture du soir. Si tous les parents pratiquent la lecture du soir entre 0 et 6 ans...

20:20
Présentateur

L'histoire du soir avant de se coucher. L'histoire du soir,

20:23
Invité

c'est déterminant. D'accord. Et vous voyez, c'est des choses toutes bêtes. Mais si chaque auditeur ce soir se dit, allez, maintenant, c'est l'histoire du soir. Donc, c'est de la faute des parents

20:29
Présentateur

si l'éducation nationale arrive moins bien à faire lire les enfants.

20:32
Invité

C'est un écosystème. C'est possible à l'extérieur pour remettre tout le monde à la lecture. Parce que la lecture, en fait, c'est déterminant à la fois en termes d'acquisition de vocabulaire et de progression scolaire

20:44
Édouard Geffray

et même intellectuelle. Edouard Giffray, juste avant de parler de laïcité, puisqu'il y a quelques jours, on commémorait la mort et l'assassinat de Samuel Paty et Dominique Bernard. Une question de Carole sur l'application Radio France. Que pensez-vous des enseignants du primaire qui ont été les premiers avec un master et qui sont à 10 ans de carrière et ne gagnent que 2100 euros ? Notre salaire n'est pas au niveau de notre diplôme et de notre travail. Et c'est une question qui revient beaucoup chez les auditeurs sur l'application Radio France. Les niveaux de salaire.

On a là encore dans le budget le budget de ce qu'on appelle le pacte enseignant, c'est-à-dire les primes qui étaient données qui est en baisse. On a des engagements qui ont été pris ces dernières années sur le fait de revaloriser. Il y a des choses qui ont été faites mais Elisabeth Borne elle-même reconnaissait pour les salaires de milieu de carrière un plateau qualifié je crois de désespérant. Est-ce que là encore vous avez les moyens de dire aux enseignants ce matin on va continuer à essayer de faire des efforts pour revaloriser vos salaires ?

21:30
Invité

On va évidemment essayer de faire des efforts et notamment sur ce que vous mentionnez c'est-à-dire ce plateau entre guillemets qui fait qu'effectivement pendant les 25 premières années la progression est très faible et elle s'accélère assez nettement plus tard. Mais les 25 premières années la progression est très faible notamment en fait aussi parce qu'on a beaucoup revalorisé ces dernières années le début de carrière. Et donc paradoxalement on a encore accentué l'effet de plateau. Donc il y a un budget contraint je ne peux pas dire le contraire et tout le monde connaît les conditions dans lesquelles il y a à la fois les bruits

22:00
Édouard Geffray

Est-ce que d'ici à 2027 les enseignants qui nous écoutent ce matin peuvent espérer de nouveaux gestes en faveur de leur rémunération ? Ce qui est faisable

22:07
Invité

et ce que j'espère faire sous réserve de ce qui sera adopté en projet de finance c'est d'augmenter les promotions parce qu'en fait c'est les promotions qui permettent de gagner ce qu'on appelle des échelons et donc de voir sa rémunération augmenter. Ça c'est moi c'est partie des choses sur lesquelles je veux très clairement travailler avec mes équipes au cours des prochains jours

22:24
Présentateur

une petite question pratique et technique mais qui concerne tous les élèves de lycées de première et de terminale et leurs parents c'est cette pression de parcours sup qui est dénoncée depuis des années maintenant avant de partir Elisabeth Borne elle avait demandé que dans tous les lycées on s'accorde sur les notes qui compteraient pour le bac et parcours sup et celles qui ne compteraient pas pour essayer de faire baisser la pression c'en est où ? Il y a beaucoup d'attentes

22:51
Invité

de ce côté-là ma prédécesseur a donc pris des mesures en début d'année sur ce sujet qui sont en train d'être déployées dans les établissements voilà on va voir ce que ça donne là aussi je ne suis pas là pour commencer à détricoter retricoter il faut un tout petit peu stabiliser les choses et que les gens puissent travailler calmement

23:11
Édouard Geffray

c'est compliqué de stabiliser c'est-à-dire que là vous nous dites que vous mettez en oeuvre des politiques qui ont été menées peut-être que dans deux trois semaines vous ne serez plus là

23:17
Invité

pour continuer à l'écouter moi en tout cas je ne suis pas là pour créer de la confusion et donc pour l'instant il faut laisser un peu les choses s'installer et laisser les professeurs faire leur métier les chefs d'établissement faire leur métier c'est ma priorité comment on fait

23:27
Présentateur

baisser la pression sur Parcoursup ?

23:28
Invité

alors sur la pression

23:29
Présentateur

sur Parcoursup c'est un truc qui tétanise les familles quand même

23:31
Invité

il y a plusieurs choses qui vont faire il y a quand même un paradoxe c'est qu'aujourd'hui on n'a jamais eu un taux de réussite aussi élevé au baccalauréat on n'a jamais eu un taux de pression de la part des élèves ressenti et donc il faut quand même qu'on arrive au bout d'un moment à réobjectiviser les choses et mieux accompagner nos élèves dans cette démarche le sujet de l'évaluation il fait partie du débat c'est-à-dire se dire que toutes les évaluations ne comptent pas forcément pour Parcoursup ça fait partie du débat après il y a un troisième sujet c'est la capacité à s'approprier l'outil ça dépend du ministre d'enseignement supérieur donc c'est lui qui verra ça mais aujourd'hui quand vous avez un enfant qui est sur Parcoursup grosso modo la plupart des parents et des enfants se familiasent avec Parcoursup le jour où ils créent et c'est peut-être un peu tard aussi pour véritablement vous voyez apprendre à maîtriser la démarche c'est déjà se sécuriser donc il faut qu'on accompagne nos élèves mieux et plus ça c'est clair

24:22
Édouard Geffray

Edouard Giffray il nous reste peu de temps une question essentielle sur la laïcité je le disais il y a quelques jours la France commémorait les 5 ans de l'assassinat de Samuel Paty les 2 ans de celui de Dominique Bernard 2 enseignants tués par un terroriste islamiste et quelques jours après la mort tragique de Dominique Bernard l'un de vos prédécesseurs Gabriel Attal s'engager à la chose suivante je vais travailler avec mon collègue de l'intérieur et mon collègue de la justice à des mesures qui nous permettent de sortir les élèves radicalisés des établissements scolaires ça c'était l'engagement qu'avait pris Gabriel Attal est-ce que ça a été fait moi j'ai posé la question à beaucoup de ministres de l'éducation nationale qui étaient un peu gênés quand on leur posait la question est-ce que cet engagement pris en 2023 a été tenu est-ce que vous pouvez dire ce matin aux enseignants qui nous écoutent il n'y a plus aucun élève radicalisé plus aucun élève fiché S dans les établissements scolaires en France

25:05
Invité

alors la radicalisation étant un processus je ne vois pas comment je pourrais dire qu'il n'y aura plus jamais aucun élève radicalisé

25:13
Édouard Geffray

dans les établissements non non c'est aujourd'hui c'est-à-dire un élève qui a été comment dire dont les services de renseignement ont vu et perçu et analysé cette radicalisation là Gabriel Attal avait pris l'engagement de dire on va les sortir des établissements scolaires

25:23
Invité

aujourd'hui un élève qui est dans cette situation fait par définition l'objet de surveillance particulière sur lequel je ne suis évidemment pas en mesure de m'étendre dans une radio et avec le public qui nous entend ça c'est la première chose il n'y a pas de dispositif de classe entre guillemets qui serait je mets des guillemets réservé aux élèves radicalisés et un dernier point donc juste cet engagement n'a pas été tenu et un dernier point pardon parce que vous évoquiez l'hommage à Samuel Paty il y a un signe que je me permets de partager avec vous c'est que cette année on a eu 61 incidents au sens ricanement etc perturbation de la mine de silence contre plus de 500 il y a deux ans

26:00
Édouard Geffray

d'accord mais c'est comme un climat global qui de ce point de vue là en tout cas je l'espère est peut-être en train d'évoluer mais simplement sur cette question précise des élèves radicalisés l'engagement qui avait été pris il y a deux ans est quoi caduque ?

il n'y a pas de structure dédiée scolaire aux élèves radicalisés aujourd'hui et un tout dernier mot pour une question d'actualité on a vu Nicolas Sarkozy qui a passé hier les portes de la prison de la santé qui a passé sa première nuit en prison et qui a convoqué devant un certain nombre de proches des comparaisons Edmond Dantes le personnage du comte de Montecristo également Alfred Dreyfus alors il y a un personnage fictionné d'un côté et un personnage réel de l'autre que dit le ministre

26:33
Présentateur

il a embarqué Montecristo et il a embarqué Montecristo

26:35
Édouard Geffray

en cellule que dit le ministre de l'éducation nationale aux élèves et aux enseignants qui peut-être convoquent ces exemples-là dans les programmes scolaires les comparaisons avec Edmond Dantes et le capitaine Dreyfus vous avez des ouvrages

26:49
Invité

qui sont des monuments de la littérature et vous avez la situation d'un homme un ancien président de la République qui est j'allais dire comme tout le monde dans un état de droit soumis à un certain nombre de règles moi je respecte la dignité des personnes mais la comparaison avec Dreyfus

27:04
Édouard Geffray

elle vous paraît pertinente ou pas ?

27:06
Invité

c'est pas moi enfin franchement je ne considère pas que je n'ai pas de me prononcer ni sur les propos ni sur les comparaisons d'une personne donc elle ne vous choque pas cette comparaison avec le capitaine Dreyfus dont je respecte en tant que personne intrinsèquement comme pour toute personne détenue et c'est un sujet que j'ai eu l'occasion de connaître un tout petit peu la dignité fondamentale

27:21
Présentateur

merci beaucoup Edouard Geffray d'avoir été notre invité ce matin vous êtes ministre de l'éducation nationale merci merci merci