Prix des carburants : La colère monte, le gouvernement sous pression
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:57OuverteRéponse partielle
Le contexte géopolitique fait monter le prix de l'essence. Les Français demandent des comptes. Est-ce l'imminence de la présidentielle qui a déclenché cette colère ?
- 2:20OuverteRéponse directe
Ce qui déclenche la colère, c'est la perte de pouvoir d'achat.
- 4:16OuverteRéponse directe
Y a-t-il une colère généralisée ou seulement catégorielle ?
- 5:22OuverteRéponse partielle
Si les Français votent avec leur colère, quel isoloir choisiront-ils ?
- 8:15ComplaisanteRéponse directe
Valérie, vous êtes architecte. Comment les candidats pourraient-ils capter cette colère ?
- 9:18OuverteRéponse directe
Marine Le Pen capitalise-t-elle sur la colère des Français ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 13:18InvitéChiffre
« La France est le second pays au monde pour les dividendes versés. »
- 13:31InvitéChiffre
« Sanofi a versé 5 milliards pour un trimestre. »
- 16:26InvitéChiffre
« 53 milliards d'euros à trouver pour le prochain budget d'économie. »
- 31:45InvitéFait
« on peut toujours mettre un gouvernement provisant. »
- 31:49InvitéFait
« le 49-3, si ça saute, le budget saute avec. »
- 31:56InvitéFait
« les ordonnances n'ont jamais été utilisées dans ce pays. »
- 32:37InvitéFait
« la gauche ne peut pas voter un mauvais budget. »
- 32:39InvitéFait
« On a pris la suspension de la réforme des retraites. »
- 34:13InvitéFait
« Boris Valo a dit que si on lui présentait un budget qui ressemble à un budget de Le Cornu, ça allait droit à la censure. »
- 34:34InvitéFait
« François Hollande fait une campagne très centriste. »
- 35:13InvitéFait
« Elle avait versé dans le fossé avec son complotisme autour de l'Ukraine. »
- 36:03InvitéFait
« le fait que Raphaël Glucksmann ne soit pas socialiste pour certains vieux de la vieille etc. »
- 37:03InvitéFait
« il a quand même débloqué un joli crédit. »
- 37:15InvitéFait
« une des forces de Gabriel Attal, c'est qu'il a Renaissance qui est quand même un parti assez structuré. »
- 37:53InvitéFait
« Le juge de paix, ce seront les électeurs du Bloc central. »
- 38:25InvitéFait
« un ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron peut être l'alternative au macronisme. »
- 38:44InvitéFait
« il n'y a personne qui soit en mesure de battre Marine Le Pen. »
Temps de parole
- Invité28 %
- Invité 226 %
- Invité 321 %
- Présentateur17 %
- ?7 %
≈ 19 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
C
'est l'heure du magazine politique. Bienvenue à vous. La colère n'est plus seulement dans les sondages, elle est dans les blocages, ceux des pêcheurs,
elle
est dans les fins de mois. La pompe à essence avec cette impression que l'on paie toujours davantage pour vivre toujours moins bien. Certains voient revenir le spectre des gilets jaunes dans un certain fantasme, mais à la différence que leur émergence était arrivée sans crier gare pendant le premier mandat d'Emmanuel Macron. Aujourd'hui, elle tombe au plus mauvais moment. Nous sommes à 8 mois de la présidentielle et des partis comme le Rassemblement national où la France insoumise compte bien capitaliser sur le refrain d'une France en déclin. Aujourd'hui, la colère n'est plus seulement un problème pour le pouvoir, elle est devenue une matière première électorale.
Le RN veut transformer le ras-le-bol en priorité nationale. Elle est fiée en rapport de force dans la rue et le PS avec sa primaire cherche encore comment ne pas regarder passer les trains. Aujourd'hui, la question qui est au sommet de toutes les autres, qui saura raisonnablement transformer cette frustration et cette colère en projet ? Et puis pour certains, bien sûr, comment faire pour contrecarrer Marine Le Pen puisqu'elle est en tête de tous les sondages absolument inamovibles ? On en parle avec nos invités, EES, Valérie Nattaf, éditorialiste à LCI. Bonsoir à vous. Bonsoir. Valérie Le Cable, éditorialiste au Libre Journal.
Bonsoir. Merci d
'être avec nous. Et Catherine Tricot, directrice de la revue Regards. Merci à vous. C'est un club de femmes ce soir. On commence à parler de colère ou de révolte sociale. Il y a le contexte géopolitique qui fait monter furieusement le prix de l'essence. Mais les Français ont compris que la bataille électorale a commencé et qu'ils demandent en quelque sorte des comptes. Est-ce que parce que c'est, on va dire, l'imminence d'une présidentielle, d'une bataille présidentielle, que les Français se bougent en disant qu'il faut soit renverser la table, soit montrer notre mécontentement
? Je
ne crois pas que
ce soit l'imminence de la campagne présidentielle qui ait déclenché cette colère. Ce qui déclenche la colère, c'est la perte de pouvoir d
'achat,
c'est le prix de l'énergie à des niveaux... Non,
mais bien
sûr, mais le fait d'être, de manifester, d'être dans la rue, de montrer son mécontentement... Je pense que le désespoir et
le, pardon de ce mauvais jeu de mots, est le carburant. La présidentielle viendra ponctuer ou conclure ou, au contraire, repoussera à plus tard leur décompte. Je ne crois pas à une colère qui se met en scène pour forcer les candidats à venir s'aligner sur des positions.
Je
suis assez d'accord avec ça parce qu'en général, à l'approche d'une présidentielle, les Français sont rentrés très tôt dans la campagne.
Ils
sont très intéressés. Les audiences des chaînes sont bonnes et on voit qu'ils sont déjà en train... Tout le monde en parle et toi, t'es pour qui, etc. Et du coup, au contraire, c'est un exutoire. C'est une forme d'exutoire. C'est quand il n'y a pas de parole que les gens sont le plus en colère. Et je pense, comme Valérie, qu'ils sont plutôt dans l'attente de ce qui va se passer ensuite. Et s'ils veulent donner leur point de vue, c'est plus pour essayer d'influencer et de trouver le bon candidat qui va les écouter que d'aller forcément manifester, tout détruire, etc. Et d'ailleurs, pour l'instant, si vous voulez, ce qu'on a, c'est des professions qui sont en colère. Pourquoi ?
Parce qu'elles n'en peuvent plus. Je veux dire, les pêcheurs n'en peuvent plus. C'est un métier extrêmement difficile. Le prix du diesel et du gazole, pour eux, a complètement explosé et ils travaillent à perte maintenant. D'autant qu'ils vont de plus en plus loin pour trouver
du poisson. Ils sont obligés d'aller en eau profonde,
assez loin pour trouver du poisson. Ils travaillent en perte. Et donc, travailler beaucoup pour gagner peu, il y
a
un moment où ça ne marche pas. C'est comme les agriculteurs. Donc, on est plus dans des colères catégorielles, me semble-t-il, pour l'instant, que dans quelque chose de généralisé. Parce que, justement, cette présidentielle permet de se projeter. C'est dans sept mois, ce n
'est
pas tant que ça.
Alors,
Catherine. Moi, je crois qu
'il y a
une colère qui est plus générale que ça, mais qui ne va pas forcément se traduire par des manifestations massives dans la rue. En revanche, je pense que la demande, qu'il y ait une solution très globale et très profonde, elle est enregistrée à peu près par tous les instituts de sondage qui ont sondé le cœur des Français. Ça ne veut pas dire que les Jeux sont complètement faits, parce qu'en même temps, ils veulent à la fois que ça change, mais ils ne veulent pas que ce soit le bazar. Ils ne veulent pas être déstabilisés davantage encore dans leur propre existence.
Ils veulent être rassurés par le candidat ou la candidate qu'ils vont élire et qui aura la capacité de faire ces transformations en profondeur. Mais je pense, en revanche, qu'il y a vraiment une attente de transformation très profonde et, bien sûr, pour les questions de pouvoir d'achat, mais un peu plus globale que ça.
C
'est-à-dire que c'est vraiment une inquiétude sur l'avenir et une inquiétude sur l'avenir de notre pays. C'est-à-dire qu'il
y a
vraiment un doute sur la capacité de la France à faire face et à rebondir.
Mais si les Français votent avec leur colère, on voit à peu près quel isoloir ils vont choisir. Celui, forcément, peut-être, je dis ça, mais au regard des sondages, bien évidemment, de Marine Le Pen. Alors, quand certains candidats font la tournée des bistrots, Marine Le Pen, elle était aujourd'hui en Gironde, au Porsche, pour rencontrer les sinistrés des feux et tirer les leçons des incendies de cet été. C
'était
une stratégie qui est plutôt maligne, puisqu'elle vient récolter les doléances du terrain. Oui, si j'ose dire, vous
avez raison,
Roselyne, mais c'est une figure obligée de la campagne présidentielle. Elle est aujourd'hui au Porsche. Peut-être demain sera-t-elle, pardon, là encore du mauvais jeu de mots, dans un port, puisqu'il y en a un certain nombre qui sont bloqués. Elle va aller au-devant de ceux qui souffrent, dit-elle, et donc essayer d'apporter ses solutions et de convaincre ceux qui sont dans la revendication qu'elle est la seule qui peut s'occuper de leurs problèmes. Aller au Porsche, je crois qu
'il
y a d'autres candidats qui y sont allés, et d'autres, évidemment le Premier ministre,
mais
il me semble qu'Edouard Philippe aussi est allé au Porsche. Donc il y a une volonté, on va le dire, d'instrumentalisation des choses terribles qui se sont passées cet été. Et évidemment, Marine Le Pen, comme d'autres, essaye de capter cette colère-là très particulière. D'ailleurs, Edouard Philippe doit présenter aujourd'hui, je crois, son plan pour l'écologie. Et donc il y a aussi un petit match à distance. On sait bien que Marine Le Pen a choisi son adversaire principal. Elle avait choisi Edouard Philippe. Donc aller au Porsche aujourd'hui, alors qu'Edouard Philippe doit présenter son plan sur l'écologie, ce n
'est
pas tout à fait à
noter.
Oui,
je suis sur le terrain pendant que l'autre fait ses tableaux XL. C
'est vrai, mais en même temps, moi j'ai écouté avec précision son discours d'Aina Beaumont qu'elle a fait sur le
logement.
Absolument, un des fils rouges de son discours, c'est défaire toutes les protections et les exigences environnementales qu'elle accable de tous les maux. Et là,
elle
va donc en Gironde, qui a quand même été
victime
d'un incendie considérable qui est lié à la sécheresse, au type de culture et à la chaleur. Enfin, je veux dire qu'il y avait tous les éléments du dérèglement climatique, de la surchauffe de notre terre. Et là, elle n'en dira rien, comme elle n'en a absolument rien dit pendant le discours qu'elle a fait sur le logement, alors que les gens ont vécu, ont souffert profondément dans leur logement. Elle n'a rien dit. Elle a juste dit qu'elle ferait un prêt à taux zéro pour que les gens puissent acheter des climatisations, ce qui n'est pas une réponse, évidemment.
On reviendra sur le logement, peut-être un petit instant, parce que ce qui est intéressant, vous ne dirigez pas seulement un journal, votre vrai métier, votre deuxième métier, enfin
votre premier
métier, c'est
d
'architecte. Valérie, là-dessus. Si les Français n'essayent pas de capter l'attention avec leur colère des candidats, en revanche, certains candidats savent
récupérer leur colère. Oui,
c'est dans l'autre sens. Marine Le Pen, ça fait longtemps qu'elle a choisi la fin du mois plutôt que la fin du monde. Ce n'est pas nouveau, c'est son fonds de commerce. Marine Le Pen, elle déroule ses propositions sur le pouvoir d'achat. Et peut-être qu'elle a été tardivement, d'ailleurs, sur ses histoires de feu, c'est parce qu'elle est rentrée tardivement de vacances et que quand c'est arrivé, elle était en train de se reposer comme elle aime le faire à chaque fois. Mais cette histoire de colère est très importante parce qu'on en discutait.
Quand vous analysez le vote du Rassemblement national, en fait, vous vous rendez compte que sur les dix dernières années, le Rassemblement national a gagné 4,5
millions
de lecteurs, alors que sur 30 ans, ils n
'en
avaient gagné que même pas la moitié. Donc, il y
a
une espèce d'accélération extrêmement importante qui s'est passée et qui est effectivement, vous avez totalement raison là-dessus, liée à la colère. Tout à l'heure, on ne parlait pas de colère, on parlait de manifestation de rue. La colère peut s'exprimer de tas de façons. Et certes, cette possibilité de voter Rassemblement national pour les Français qui sont en colère catalyse et les pousse à voter et aller dans les urnes voter pour ce mot de changement qu'ils ont mis en énorme, qui est passé, qui était celui de François Hollande en 2012 et qui est devenu celui aujourd'hui de l'extrême droite.
Donc, on voit bien que cette colère alimente très directement le vote du Rassemblement national, davantage même peut-être que celle de la France insoumise, que celui de la France insoumise. Et qu'il y a... Après, la colère, elle provient de difficultés qui sont réelles chez les Français. C'est aussi ça l'histoire. C'est-à-dire qu'il
y a des croissances, il y a un
déficit énorme, on va demander dans le budget aux gens de faire des efforts. Ils ont l'impression que depuis 30 ans, on leur explique la vie, que les hommes politiques ont tout tenté dans tous les sens et qu'au bout de la chaîne, c'est eux qui vont aller payer ce qu'il va y avoir à payer. Donc, ils n'en peuvent plus. Et voilà où on en est aujourd'hui.
Effectivement, vous avez raison de lisser tout ça. Mais aujourd'hui, la colère part aussi de ras-le-bol quand les gens vont faire leur plein à la pompe, bien évidemment. Mais ça, ça ne dépend pas du gouvernement. Ça dépend du prix du baril. Ça dépend de Trump qui fait des folies. Maintenant, il y a deux détroits qui sont fermés par les Iraniens et l'autre par les Houthis. Donc, il y a une situation aussi internationale qui est là et qui, contre toute la bonne volonté du monde, le
gouvernement
ne peut rien faire. Vous
avez raison. Et si j'ose dire, vous avez tort en même
temps. Vous
avez raison parce que ce n'est pas le gouvernement qui est responsable de la montée des prix du pétrole. Mais pour la plupart des Français, trois quarts, je crois, considèrent que les taxes appliquées au litre de carburant sont une décision du gouvernement et que c'est à eux de le défaire. Par ailleurs, vous avez raison. Quand vous dites qu
'il
y
a
une colère qui s'exprime parce qu'en France, etc., mais il n
'y a
pas que la France. Vous avez vu la vague populiste européenne qui s'est levée et qui n'est pas prête de s'arrêter, semble-t-il. Donc, il faut comprendre que ces colères, que je préfère appeler personnellement le ressentiment, il y a un sentiment de profonde injustice, qu'on vous a fait du mal.
Et donc, c'est ce ressentiment qui s'exprime aussi bien chez Marine Le Pen que chez Jean-Luc Mélenchon, mais évidemment beaucoup plus fort chez Marine Le Pen parce que, d'une certaine manière, son assise populaire est plus large et donc lui permet d'engranger beaucoup plus à la fois ce qui est du ressentiment, de la colère, mais aussi, évidemment, de la défiance à l'égard du monde politique, le fameux « on ne les a pas essayés »
et
aussi une forme de jalousie.
Oui, je voulais vous poser une question, Catherine. C'est que... J'ai oublié... Parce que je
sens que
vous vouliez parler, donc vous vouliez répondre. Je vais retrouver ma question.
Je voulais prolonger ce que vous disiez sur le ressentiment. Dans le ressentiment, il y a aussi le sentiment de ne pas être écouté, que la difficulté de la vie n'est pas vue, n'est pas perçue, qu'il y a un univers de dirigeants, C'est eux et nous. C'est eux et nous.
Et
que les « eux », c'est-à
-dire
qu'en fait, l'accroissement des inégalités, elle est
tangible.
Enfin, je veux dire, il se trouve là qu'on a eu hier le résultat des entreprises françaises. La France est le second pays au monde
pour
les dividendes versés. C'est-à-dire que c'est beaucoup plus que la Chine. C'est beaucoup plus que l'Allemagne. On est juste derrière les États-Unis. Donc,
en
fait,
il
y a quand même... Moi, j'ai calculé, par exemple, pour Sanofi. Sanofi a versé 5 milliards pour un trimestre.
Ils
ont 90 000 actionnaires. J'ai fait la moyenne, ça fait 55 000 par actionnaire. Ça n'a pas de sens parce qu
'il y a
des petits actionnaires, des gros
actionnaires.
Mais enfin, ça donne quand même la mesure qu'il y a des endroits où il y a beaucoup d'argent. Et Sanofi fait un gros bénéfice aussi parce que la sécurité...
C'est ce
que
disait Marchais. Il
fallait chercher l'argent là où elle est.
Eh bien, oui.
Mais, je veux dire, le sentiment que, un, on ne peut pas toujours demander
aux
petits de payer quand les gros sont exonérés d'impôts. Et on sait que les
grandes... Et on sait les gros comme Total, ils ont des efforts. Rien
du tout. Au Total, ça fait des années qu'ils ne payent pas d'impôts en France.
C'est moi, le seul effort qu'il
faut reconnaître à Total, c'est d'avoir maintenu le prix de l'essence.
D'accord.
Ce qui leur fait... Dans le monde à le faire. D'accord. Ce
qui leur fait une super pub et qui
fait que ça assèche toute la concurrence. Mais ceci étant,
ce
que je veux dire, c'est qu'il y a quand même un problème et ça, c'est assez documenté. La partie la plus riche paye moins que la moyenne. Proportionnellement. Proportionnellement, bien sûr. Proportionnellement. Et je termine par là. Et le deuxième aspect, ça, c'est l'aspect économique, mais c'est l'autre aspect symbolique, c'est qu'il faut mettre les mots sur cette situation. C'est-à
-dire
qu'en fait, là, je pense, vous avez parlé de la vague populiste en Europe, mais je pense à ce qui s'est passé aux États-Unis. Joe Biden était tellement fier de ses résultats
qu
'il n'a pas vu la souffrance du peuple américain, qui est allé voter en masse pour Donald Trump, qui était un milliardaire. Donc,
ils
ont... Je veux dire, ce décalage...
Il a fait un
immense plan de relance
qui a... Qui a mis... Qui a fait une inflation de dingue et qui a
mis
dans la misère...
Qui a
permis de faire des investissements. Mais oui, mais les gens
ont
super mal vécu. Non, mais je veux dire, on ne peut pas comprendre... Ce que
je veux dire, c'est qu'on ne peut... Les États-Unis,
c'est aussi la colère et la crainte qui a animé les électeurs américains. Pourquoi ? Parce que les Américains de souche qui sont aux États-Unis depuis des années, qui ont oublié qu'eux-mêmes étaient des émigrés
parce que c'est un pays... Les Américains de souche c'est chez eux. Les Américains
ont voulu conserver leur position acquise et se protéger de la nouvelle immigration parce qu'ils ont peur du déclassement et ça. Mais ce que je voudrais dire,
c
'est que je suis
d'accord avec vous. Moi, je ne crois pas que l'explication soit le cœur du
sujet.
Je
suis d'accord... Non, non, mais ce n
'est
pas le cœur du sujet. Mais le cœur du sujet, c'est la peur. C'est la peur et c'est la crainte et c'est la colère. Je suis assez d'accord avec ça. Ce que vous dites, que proportionnellement, les riches payent moins que les autres, vous avez tout à fait raison. Mais malheureusement, là où on en est aujourd'hui, je pense que tout effort supplémentaire des riches qui sera bienvenu de façon exemplaire ne sera pas forcément suffisant. Parce que maintenant qu'on a 30 milliards d'euros à trouver juste pour le
budget... 53 milliards,
vient de dire Sébastien Lecornu.
Ah,
ça vient de
changer. Il dit dans une interview au Figaro...
À l'issue du féminaire, d
'accord.
53 milliards d'euros à trouver pour
le prochain budget d'économie.
Oui, et ce qui est vrai, c'est que la situation internationale accélère la pente de façon absolument vertigineuse. Et le problème, c'est quand on allait bien, c'est l'histoire de la cigale et de la fourmi. Quand la France allait bien, qu'est-ce qui s'est passé ? Elle a donné du quoi qu'il en coûte, elle a distribué des chèques,
elle
a été extrêmement généreuse avec les uns et les autres. Et maintenant que ça va extrêmement mal, la caisse est cramée et il
n
'y a plus d'argent dans la caisse. Et on affronte cette situation internationale gravissime quand même parce que le détroit d'Hormuz,
ça
va durer. Et quand on aura passé les 3 euros d'essence à la pompe, là, les gens, ils vont vraiment se dire mais je ne vais pas y arriver, je ne
vais
pas m'en sortir. Et on n'a plus de marge de manœuvre dans nos finances publiques, c'est ça le problème.
Alors, on va écouter justement Maud Bréjon à ce sujet qui est la porte-parole du gouvernement.
Le président de
la
République a demandé à son gouvernement la totale mobilisation sur l'approvisionnement d'une part et bientôt, bien sûr, sur la maîtrise des prix d'autre part. L'objectif, c'est vraiment, dans les jours et dans les semaines qui viennent, pour le président de la République, de sécuriser ces approvisionnements, sécuriser des volumes comme on l'a fait en début de semaine sur l'Irak.
Voilà, donc, on a eu la réponse. Demain, Emmanuel Macron va réunir les chefs de parti à l'Elysée, Valérie, pour évoquer la situation au Moyen-Orient qui répercute, avec le prix de l'essence répercuté dans le monde entier, sur les automobilistes et la vie chère. Il sera aussi question de l'Ukraine, mais en ce qui concerne les prix du carburant, on le revoit là encore. Vous en parliez quelques instants,
c
'est-à
-dire,
on pourrait diminuer certaines taxes. Demain, qu'est-ce que Emmanuel Macron aura comme levier ? Quel argument ? Parce qu'en plus, je crois que demain, il ne sera pas seulement question du prix de l'essence. Il y aura la
situation
internationale avec les renseignements extérieurs, intérieurs. Voilà. Moi,
je
ne crois
pas que demain, le président de la République essaiera de toucher à des leviers. L'idée est de faire un point. Tout n'a pas vocation, d'ailleurs, à être répété en dehors de la réunion. On verra ce qu'il en sera. L'idée est, d'une certaine manière, d'impliquer toutes les forces politiques, sauf reconquête, qui n'est pas représentée au Parlement français, mais seulement au Parlement européen. et donc, d'impliquer tout le monde dans les graves dangers, j'imagine, que doit affronter notre pays. Donc, l'idée, c'est d'impliquer un peu tout le monde. J'allais dire, ce n
'est
pas très joli, mais de mouiller un peu tous les responsables politiques pour tenter de faire un peu redescendre la fièvre revendicatrice de certains partis. à mon sens, c'est au-delà de la com', mais il y a forcément des arrières-pensées.
Oui. Parce que, quand on écoute, vous y étiez, je crois, à la fête de l'humain, Catherine, Fabien Roussel dit, à lancer à tout le monde, allez sur les ronds-points, révoltez-vous, etc. Est-ce que c'est raisonnable ? Est-ce que c'est une bonne idée ? Est-ce que ce n
'est
pas mettre
de l'huile sur le feu ? Moi,
je
pense que, alors là, je vais faire court, sur le sujet, je pense que c'est vain, je pense qu'il n'en a absolument pas la force ni l'audience, et que la préoccupation de Fabien Roussel, c'est de se trouver un espace politique, alors que Jean-Luc Mélenchon a pris l'espace traditionnel du Parti communiste. Donc, il essaie de prendre Mélenchon par la gauche. Donc, il dit, il faut faire la
révolution.
Il emploie des expressions assez étranges. Il faut faire la révolution dans la rue avant les urnes. mais on se demande de quoi il parle. Franchement, tout le monde sait, en France, que comme la France est un peuple, un pays politique, les grandes crises se résolvent politiquement et elles ne
vont
pas se résoudre. Enfin, franchement, je pense qu'aucune d'entre nous l'a dit. On mesure bien la colère, mais personne ne croit que nous sommes à la veille d'une insurrection de rue. ça, je ne crois pas. Par contre, je pense que nous sommes à la veille d'une insurrection dans les urnes. Ça, pour le coup, peut-être pas la bonne, même sûrement pas la bonne, mais c'est ça qui menace. Et en effet, je pense qu'Emmanuel Macron, il va essayer de mouiller, comme vous dites tout le monde, mais je pense que c'est vain parce qu'on ne fait pas ça six mois avant les élections présidentielles.
Chacun voudra faire porter à Emmanuel Macron la responsabilité de la situation dans laquelle on se trouve et il y a quelques arguments pour cela.
Mais
peut-être aussi que l'enjeu pour lui, ça va être de mobiliser les partis sur la situation internationale qui est en elle-même extrêmement menaçante. À l'Est, maintenant, il y a Poutine qui n'arrête pas de venir tester les résistances de l'OTAN en voyant en Lituanie, en Allemagne, etc. À chaque fois, jusqu'à où chacun va pouvoir aller. Aux États-Unis, on a un président qui a complètement perdu la main, qui ne contrôle plus rien sur ce détroit d'Hormuz et où sa guerre avec l'Iran, finalement, a donné la main à l'Iran sur la scène économique internationale avec cette crise énergétique qu'on est en train de vivre. On a une Europe qui est attaquée de toutes parts jusqu'à se rapprocher du Canada.
C
'est quand même... Non, mais il faut se rendre compte. Dans quelle situation on est aujourd'hui ? Et il me semble, parce qu'il y a aussi les militaires qui vont être présents, qui vont certainement dérouler leur scénario de guerre puisqu'ils les préparent
forcément. il y a le
chef d'état-major.
Forcément.
Et on se dit peut-être que le président de la République va essayer de dire écoutez, vous avez chacun effectivement, comme vous avez dit, vos revendications catégorielles, mais si la France n
'a
pas de budget, on va à la catastrophe. Donc, soyez un petit peu responsable. C'est un peu ça l'enjeu. Et je trouve qu'il y a quand même une forme de gravité. Cette réunion n'était pas du tout prévue. C'est un format à la Saint-Denis, ce qu'ils avaient fait à Saint-Denis avec absolument tout le monde. Effectivement, ils auraient dû inviter Reconquête aussi. Enfin bon, l'histoire du Parlement, ça leur permet d'enlever les ligues, les machins. Mais je pense qu'il y a quand même une forme de gravité là-dedans, de dire écoutez, on n'est pas dans la cour de récré, on est dans un monde dangereux.
La France est vraiment menacée dans son essence même parce qu'on n'a pas parlé de la situation économique. Mais imaginez qu'il baisse les taxes sur l'essence
pour
aller dans le sens de ce que les gens demandent. Que vont dire les marchés ? On est déjà à 4,5 de taux d'intérêt. On a l'écart entre la France et l'Allemagne, le fameux spread qui ne cesse d'augmenter chaque jour qui atteint 100 aujourd'hui. On risque une crise sérieuse.
Mais enfin, pardon, mais
ce que je veux dire c'est qu'il ne peut pas être le professeur qui éduque ses élèves. Enfin, je veux dire,
il nous laisse une... Non, mais il peut c'est de responsabiliser. Non, mais je dis
juste qu'il a mis le pays dans une situation catastrophique et que les candidats qui se présentent à l'élection présidentielle ont conscience de cette situation et ont des propositions avec lesquelles on est d'accord ou pas d'accord. Mais en tout cas, l'idée que la seule solution c'est de continuer dans la voie qu'il a ouverte grâce à son génie mozartien, eh bien, non, quoi. Je veux dire, moi, je trouve que l'idée qu'il va venir responsabiliser les responsables politiques, non.
Les responsables politiques... Il a des
informations que
le monde n'a pas. Peut-être, mais
il peut y avoir du désaccord. Il peut y avoir du désaccord
sur la réponse.
Oui, mais donc, ce n'est pas le professeur qui vient enseigner aux autres la
responsabilité. C'est le chef
de l'État qui vient donner les vrais enjeux à tout le monde.
Non,
pas du tout. Valérie. Moi, je ne
suis
pas d'accord avec ça. Moi, je ne crois pas qu'il est là pour les responsabiliser. Je crois qu'effectivement, il va leur donner des informations dont peut-être nous ne nous posons pas. Il y a forcément des informations que nous
n'avons pas. Oui, parce qu'il y a le
chef d'État-major,
il y a les
représentants de l'armée, de la défense, il
y a
le Premier ministre, il
y a
les chefs d
'État
-major particuliers, etc. Et puis, il y a les représentants des partis. Il va, à mon sens, pour poursuivre ce que je disais tout à l'heure, je pense qu'il va essayer de dire que la politique aura son moment,
mais
que pour l'instant, la situation est tellement grave qu'il leur demande... Je vous vois au chef de la tête, Catherine. Je ne dis pas que c'est ce que je pense. Je dis juste qu'il va leur demander de... Il va essayer de trouver une temporalité qui permet de faire redescendre la fièvre qui s'empare de notre pays
en
disant vous aurez une élection présidentielle, vous ferez votre campagne. Je vous demande de ne pas en rajouter
au
nom des intérêts supérieurs de la nation. Ça marchera, ça marchera peut-être pas, mais dans son rôle, je trouve qu'il est dans son rôle d'essayer de faire redescendre un petit peu le niveau de cette campagne qui a démarré quand même sur les chapeaux de roue. Oui, ça c'est tout à fait vrai. Mais il veut faire descendre la pression. Mais par exemple, je veux dire, quand même, ils prennent des décisions genre de décider ce qui a été voté au mois de juin ou au mois de juillet, d'augmenter de 36 milliards l'argent qui a déjà été voté
en
plus de tout ce que l'on a décidé de mettre sur l'armement. Je veux dire, pardon, mais on a une loi de programmation militaire sur 5 ans qui est augmentée de 180 milliards, donc 36 milliards par an. Bon, c'est un choix. Mais ça a été voté. Non, mais ça
a été voté. Ça a été voté à l'Assemblée. Non,
mais il n
'y
a pas un consensus. Personne ne s'est exclué.
Non, mais ça a été.
Par exemple, la France Insoumise ne l'a pas voté, le Parti Communiste ne l'a pas voté. Donc on ne peut pas
dire qu'il y a un consensus. Et les
socialistes...
Ça
a été voté. Oui, mais c'est
possible.
La loi de
la majorité,
ça
marche encore un peu quand même. Mais il y
a plein de choses qui ont été votées. Par exemple, il y a 220 milliards qui sont donnés, et ça c'est un rapport du Sénat qui sont donnés aux entreprises en aide sociale sans contrepartie.
Vous
savez que ça a été voté. Mais non, mais le président LR, lui, il dit ah non, ce n
'est
pas 220, c'est 120. Mais enfin, bon, sur 10 ans, ça fait quand même un peu de sous. Non, mais ce que je veux dire, c'est que ce n
'est
pas vrai que c'est neutre. Ce n'est pas vrai que lui, il a... Non, mais qu'il
a des bonnes propositions raisonnables. Ce n'est pas raisonnable. C'est un point de vue. Il a un point
de
vue.
Sur le bilan d'Emmanuel Macron, je pense que... Enfin, en tout cas, moi, je ne
suis
pas du tout en désaccord avec ce que vous êtes en train de dire. Ce qu'essaye de dire Valérie, là, c'est que le moment est particulier. Merci de me traduire. Non, mais je veux dire, personne n'avait imaginé cette guerre avec l'Iran. Personne n'avait imaginé le blocage du détroit d'Hormuz. Et ça donne une accélération de la dangerosité économique, politique, internationale, sociale, qui était imprévisible, en fait.
Oui, comme on... C'est juste ça, le sujet. Et le réchauffement climatique... Non, mais le réchauffement
climatique était imprévisible. Il y a tellement de choses qui sont imprévisibles chez Emmanuel Macron que donner 200 milliards aux entreprises, ça fait un trou dans le budget. Ça, il n'avait
pas non plus prévu. Catherine, heureusement
que vous n'êtes pas demain à La Réunion, parce qu'avec vous,
ça
va être difficile de faire rebaisser la fièvre. Parce que je ne le crois pas. Je ne crois pas qu'Emmanuel Macron soit l'homme qui porte un regard neutre.
Ça, je crois qu'on
l'avait compris. Voilà. Ni un regard neutre, ni un regard sachant. Il n'est pas sachant. Il est un homme politique engagé. Tous les
partis
politiques,
ils
vont... Même Marine Tondelier interrompt, pour rire un peu, interrompt son congé maternité pour participer. Qui venait de démarrer la veille, je crois. J
'espère que ce n'est pas son accouchement. Pour participer à cette réunion. Donc, elle doit trouver
ça important.
Bien
sûr. Un mot sur le budget. Ce budget, donc... Il faut un budget, bien évidemment. On va revivre les mêmes scènes qu'il y a quelques mois. Il y
a
un risque que, par exemple, les socialistes votent la censure. Les filles, bien évidemment. Le Rassemblement national, elle était chez LCI hier, chez vous. On n
'a
pas compris. C'était tout et son contraire.
Marine Le Pen dit à la fois qu'elle votera contre un budget qui s'attaquerait à la désindexation des retraites ou à l'abattement de 10% pour les retraités. Et en même temps, elle dit nous avons besoin d'un budget aussi imparfait soit-il pour que, dès que j'arrive aux affaires, si les Français m'en donnent le mandat, on puisse tout de suite travailler et faire un budget rectificatif à l'automne. Bon, c'est vrai qu'elle a dit, à mon sens, une chose et son contraire. Est-ce que ce budget va passer ? Franchement, là, bien malin qu'il serait parce que
tous
les socialistes ne voteront pas une censure ou ne voteront pas. Il va y
avoir un certain nombre, beaucoup,
mais il va y
en
avoir un certain nombre qui auront à ce moment-là un rendez-vous très très important, je pense,
en
dehors de
l'Assemblée
nationale. Le Rassemblement national va-t-il, d'une manière ou d'une autre, faire monter les enchères
pour
permettre à Sébastien Lecornu de présenter ce fameux budget imparfait mais opérationnel. C'est toute la question. Avec Marine Le Pen, il faut se méfier
parce
que souvent, elle dit, ben oui, bien sûr, on va
le voter, etc. Ça arrête au milieu du guet. Et puis, au dernier
moment, Michel Barnier en est encore tout endolori.
Et
donc, il faut regarder ce qui se passe et quelles sont les exigences absolues.
elle
a accordé hier, lors de l'émission de LCI, un bon point à Sébastien Lecornu, c'est la réduction de la contribution à l'Union européenne. Elle a fait une demande, il l'a fait, ce n
'est
pas les mêmes mots, mais il a accédé à ma demande. C'est aussi une manière de piéger le Premier ministre assez habile. Les exigences
absolues, justement.
Le budget, il est assez introuvable parce que moi, je vous trouve assez optimiste sur la socialité. je pense vraiment que la plupart
vont quand même
et
ils
ont déjà annoncé, Fort l'a annoncé, Vallaud l'a annoncé, qui est quand même le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale. S
'il y avait de la discipline
dans ce groupe, ça se saurait.
Le seul
qui a dit bon, quand même, un petit peu, le seul qui a dit qu'il ne voterait pas la censure, c'est François Hollande. Je ne sais pas combien ils peuvent emmener de députés derrière eux, mais c'est à voir. Donc, tout ça pour dire qu'effectivement, vous avez raison de dire que ce budget va dépendre en grande partie de l'attitude du Rassemblement national. Après, s'il s'abstient, je pense que ça peut pouvoir passer quand même. Il suffit d'une abstention, il n
'a
pas besoin de le voter. Mais on connaît la stratégie de Marine Le Pen, c'est tu me donnes ça, puis je voudrais ça, puis je te demande ça, puis au bout du compte, ce n'est toujours pas suffisant. Donc, ça sera un petit peu en fonction de son horloge intérieur à ce moment-là. Mais cela dit, le scénario dont on parle, alors est-ce que c'est celui-là qui se dessinerait ou pas, c'est que le plus important c'est le budget et le gouvernement, là, il passe derrière parce qu'il
n
'y
a
plus beaucoup de temps à tenir et on peut toujours mettre un gouvernement provisant.
Il faut faire
un 49-3.
Oui, mais
alors il paraît que le 49-3, si ça saute, le budget saute avec. Ça, c'est à vérifier. C'est à vérifier et donc ça oblige à faire des ordonnances et les ordonnances n'ont jamais été utilisées dans ce pays. Donc, ça nous promet un beau débat constitutionnel dans tous les sens, ordonnances,
c
'est ce qu'on peut faire. Mais je pense qu'effectivement le plus important c'est d'avoir ce budget parce que s'il n'y avait pas de budget, je pense que, excusez-moi, mais pour les marchés ça serait un signal quand
même extrêmement inquiétant.
Mais il y
en
aura un comme à chaque fois.
Ça va être du tuyade,
ça va être des soubresauts, des trafalgards.
Juste pour terminer, je termine là-dessus, les enjeux de la présidentielle vont radicaliser les positions des uns et des autres. Ça, c'est sûr. Oui, la gauche ne peut pas voter un mauvais budget. Ça,
c
'est la première chose. Et la deuxième chose, c'est que ce que dit la gauche,
c
'est qu'on a déjà tout pris. On a pris la suspension de la réforme
des retraites.
Qu'est
-ce qu'ils vont nous donner ? Ils n'ont plus rien à doudoud. Pardon, je vous
laisse d'un mot. La suspension de la réforme des retraites,
c
'était pour le budget, pour la sécurité sociale. C'était le PFLSS.
Le
budget même, il a été reporté par une loi spéciale. Donc, la prudence est vraiment de mise
sur
ce qui va se passer. Moi, je suis d'accord avec ce que vous venez de dire, Valérie. Ce qui sera déterminant, c'est la campagne d'élection présidentielle. Et en l'occurrence, le positionnement sur le budget, par exemple à l'intérieur du Parti socialiste, va varier en fonction de qui va sortir de la
primaire.
Et en fait, au-delà de la personne,
c
'est au fond, quel est le périmètre que cette candidature dessine ? Quelle
stratégie politique ? Voilà, c
'est ça. Quelle est la stratégie politique qui
est
derrière ? Si c'est un candidat qui vise à rassembler les socialistes raisonnables et les macronistes raisonnables, ce n
'est
pas pareil que si c'est quelqu'un qui dit « Moi, je suis en phase avec la colère et avec
l'insatisfaction. » Valo est avec
soutien Glucksmann. Tout à fait. Mais je m'en souviens très bien.
Et
d'ailleurs, Valo n'avait pas
fait
voter l'ascension la dernière fois. Donc Valo n'est pas très à gauche. Il ne fait pas partie de
la gauche. à vous de donner
aussi les certificats
de gauche. Non,
ce que je veux dire, c'est qu'il n
'est
pas positionné à
l
'intérieur du Parti Socialiste comme dans la partie. Il n'est pas un soutien d'Olivier Faure. En
l'occurrence, il
soutient...
Moi, je n'étais pas
à la fête de l'humain,
mais j
'étais à Blois. Et à Blois, Boris Valo a dit que si on lui présentait un budget qui ressemble à un budget de Le Cornu, ça allait droit à la censure. Enfin, il est beaucoup plus radical que la dernière fois. Je suis d'accord avec vous, mais ce que je veux dire, d'ailleurs, Glucksmann ne fera pas une campagne, à mon avis. Il ne va pas faire une campagne équivalente à celle qu'esquisse François Hollande. François Hollande fait une campagne très centriste.
Centre droit même. il ne prononce pas et passe la patate chaude à... Oui, mais
bien sûr. Mais Glucksmann va quand même essayer pour la primaire du Parti Socialiste et probablement pour ensuite d'avoir une campagne plus située à gauche quand bien même on peut faire confiance à la France insoumise pour lui dénier absolument toute référence à la gauche. Mais pas seulement la France insoumise, je pense que Ségolène Royal va vraiment être là en position de sniper sur cette primaire. Il faut regarder ce que fera Ségolène Royal. Elle a un sens politique aigu. C'est vrai. Elle a des palpeurs, on l'a toujours dit. Voilà. Elle avait versé dans le fossé avec son complotisme autour de l'Ukraine. Elle s'est amendée. mais il faut regarder très précisément la position qu
'on
va prendre pendant les débats et dans cette campagne de Ségolène Royal parce qu
'elle
est tout à fait capable de bandéliser
ce
thème. Mais pas forcément
de gagner.
Elle peut décrédibiliser Glucksmann mais elle ne peut pas gagner. Il y avait un papier
dans le Figaro qui disait qu'elle était là pour aller chatouiller les pieds du petit prince. Je ne
sais
plus comment c'était écrit le petit prince étant
Raphaël Glucksmann. C
'est-à-dire le déstabiliser pour peut-être...
Oui, apparemment
elle ne le
porte pas dans son cœur. Je ne connais pas la raison qui porte-elle dans son cœur.
Mais en tout cas
cette...
Il y a un
sujet excusez-moi mais c'est une incise mais le fait que Raphaël Glucksmann ne soit pas socialiste pour certains vieux de la vieille etc. Ou même pour des plus jeunes ça reste un sujet de discussion aussi. Il a mené la liste européenne
à la demande d'Olivier Faure et par deux à deux fois. C'était la liste européenne mais ce n'était pas
la présidentielle. Ça avait un peu renaclé puis finalement
ça s'était aligné surtout vu les
résultats
qu'il a eu. Ce n'était pas la présidentielle. Mais
les militants socialistes vont quand même aussi avoir à cœur de trouver un candidat qui est capable de faire un résultat.
Exactement.
Rappelez
-vous en 2016 tout le monde poussait Emmanuel Macron à aller à la première socialiste. Et il n'a pas voulu. Ça lui a porté
une chance.
Et on dit beaucoup que Raphaël Glucksmann s'est un peu autopiégé en y allant parce qu'il ne maîtrise rien. Enfin, il ne maîtrise pas l'appareil, on va dire. Il est obligé. Il
a
besoin
de l'argent et de la signature.
Oui, et puis...
Non, mais pour faire une campagne
présidentielle... Vous ne pouvez pas faire de campagne présidentielle si vous n'avez pas un parti politique derrière vous. Il
y
a l'histoire du financement. Ça coûte très cher.
Alors
apparemment, il a quand même débloqué un joli crédit, mais quand même. Et puis, il
y
a les militants, il y a les troupes, les gens. Il faut avoir du monde. Et d'ailleurs, on n'en parle pas.
Oui, mais bien sûr. On n'en parle pas souvent. Mais si on fait l'analogie
à droite, une des forces de Gabriel Attal, c'est qu'il a renaissance qui est quand même un parti assez structuré et horizon d'Édouard Philippe les moins.
Mais Gabriel Attal qui d'ailleurs, lui, à un moment, sera sans doute tenu de se retirer. Sinon, il sera un peu le chevènement de 2002 d'avoir empêché... La question, c'est quand
? Que
ça soit Gabriel Attal ou Édouard Philippe, on ne sait rien.
On
verra.
Oui, il y a une échéance
tout le temps. C'est décembre, janvier maintenant. La question, c
'est qui
mettra un pied à terre et à quel
moment
pour ne pas obéir les chances de son camp. Et
va
beaucoup jouer... Le juge de paix, c
'est
les sondages ? Le juge de paix, ce seront les électeurs du Bloc central qui, s'il y en a un qui joue trop avec le feu, diront, vous êtes responsable de ce qui va nous arriver. Ça va être très tendu à partir de décembre, janvier. Il va y avoir une pression quand même. Il va y avoir, vous allez voir, les débats sur les chaînes infos, dans les journaux, les tribunes, sur le thème, halte au feu, mettez-vous d 'accord et très, très vite. La seule question qui, aujourd'hui, commence à émerger, c'est est-ce qu'il y a une solution du Bloc central ? Est-ce que, finalement, un ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron peut être l'alternative au macronisme
? Alors qu'il y a une demande de rupture et de radicalité. Vous avez raison. Vous avez raison. Vous avez raison. Je suis tout à fait d'accord. Moi, je pense que
c'est très, très compliqué pour eux que ce soit l'un ou que ce soit l'autre.
C
'est pour ça qu'à mon avis, aujourd'hui, les choses ne sont pas du tout stabilisées parce
qu
'actuellement, à l'instant T, il n'y a personne qui soit en mesure de battre
Marine Le Pen.
Et donc, c'est ça qui se cherche encore. Et je ne suis pas sûre que l'alliance des présents suffira à trouver la solution. Non, parce qu'un plus un, ça ne fait pas deux. Exact. En l'occurrence. Merci beaucoup. Merci à
vous
trois.
Merci à vous
trois. Ce consensus. Oui.
Mathématiques. Un plus un ne fait pas deux. Merci à Flore Simon d'avoir préparé cette émission. Merci à toute l'équipe technique.
A
très vite.
Retrouvez l'intégralité de nos émissions sur l'application France 24.