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Conférence de presseC dans l'air (sur YouTube)· 25 juillet 2024 67 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleSécurité

Matignon : la gauche s'entend... Macron esquive #cdanslair 24.07.2024

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:45OuverteÉludée

    E.Macron peut-il balayer la proposition du Nouveau Front populaire, pourtant arrivé en tête aux législatives?

  • 2:11OuverteRéponse directe

    Qui est L.Castets et pourquoi l'avoir choisie?

  • 4:25RelanceRéponse directe

    Un nom, d'accord, mais avec quelle majorité?

  • 5:08OuverteRéponse directe

    Qu'avez-vous pensé du timing de l'annonce de L.Castets?

  • 6:35OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous avez eu l'impression qu'E.Macron était embarrassé face à ce choix?

  • 10:27OuverteRéponse directe

    Comment voit-on les choses du côté d'E.Macron?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 15:08E.MacronFait
    « De manière évidente, jusqu'à la mi-août, on doit être concentrés sur les Jeux. »
  • 17:13L.CastetsChiffre
    « Globalement, les fonctionnaires sont très mal payés en France par rapport aux autres pays de l'OCDE et de l'UE. »
  • 17:57E.MacronChiffre
    « Le parti arrivé en tête à ces législatives, c'est le Rassemblement national. Une coalition a ensuite eu plus de voix, mais elle est à 100 voix de la majorité absolue. »
  • 32:59O.BeaumontFait
    « Le bureau de l'Assemblée est composé de 12 représentants. Il y a les vice-présidents, les questeurs et les secrétaires. Ils fixent l'agenda du Parlement. »
  • 34:54L.WauquiezFait
    « Un pacte législatif pour ne pas rester sans rien faire. »
  • 35:33L.WauquiezFait
    « Toute notre priorité, c'est la revalorisation de la France qui travaille. »
  • 48:58J.BardellaFait
    « Renforçons les partis patriotes sur tout le continent. Les peuples d'Europe ont fait entendre leur aspiration à la protection, à la défense de leur identité et à la démocratie. »
  • 50:25J.BardellaFait
    « Ceux qui sont aux manettes, de l'extrême gauche à la droite, se sont ligués pour nous empêcher d'obtenir ces postes. »
  • 51:53J.OdoulFait
    « Je ne commente pas les articles de Mediapart. C'est un média militant, d'extrême gauche, qui parfois raconte n'importe quoi. »
  • 58:11E.MacronFait
    « Si on n'arrive pas à trouver de coalition pour diriger la France, la prochaine fois, ce sera le RN. »
  • 58:56A.SchwartzbrodFait
    « Tout le monde a conscience que si on n'y répond pas, en 2027, il y a un risque que M.Le Pen soit élue. »
  • 1:03:49S.QuéménerFait
    « L.Castets a été choisie par le NFP. Dans le NFP, il y a LFI. Elle a eu un prima tour de J.-L.Mélenchon, qui a dit qu'elle défendait une vraie politique de rupture. »
  • 1:05:36B.SananèsFait
    « Il y a un point commun qui rassemble cette colère, celle des électeurs de la gauche et celle de ceux qui votent RN: la réforme des retraites. »
  • 1:06:20O.BeaumontFait
    « Le RN va proposer le 31 octobre un texte pour abroger la réforme des retraites. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:01

... - A.de Tarlé: Bonsoir. Pas question de confier les clés du pays au Nouveau Front populaire... E.Macron a balayé hier l'hypothèse de nommer à Matignon L.Castets. C'est pourtant sur cette femme de 37 ans, issue de la société civile et connue pour son engagement en faveur de la société civile, que les partis du Nouveau Front populaire se sont entendus comme candidat commun au poste de Premier ministre. E.Macron estime qu'il faut d'abord constituer une majorité à l'Assemblée avant de s'entendre sur un nom. Au passage, il a salué la démarche du pacte législatif de L.Wauquiez. E.Macron peut-il ainsi balayer la proposition du Nouveau Front populaire, pourtant arrivé en tête aux législatives? Quel message a-t-il voulu faire passer hier pour sa 1re intervention depuis la dissolution? C'est le sujet de cette émission, intitulée ce soir "Matignon: la gauche s'entend, Macron esquive". Nous accueillons S.Quéméner, rédactrice en chef à "La Tribune Dimanche".

1:28

A.Schwartzbrod Vous êtes rédactrice adjointe à "Libération". A la une de "Libération" aujourd'hui, "Un nom... mais non". Je rappelle votre livre: "Eclats". O.Beaumont, vous êtes grand reporter au "Parisien-Aujourd'hui en France". B.Sananès, vous êtes président de l'institut de sondage Elabe. Le Nouveau Front populaire annonce qu'il s'est mis d'accord sur L.Castets. Qui est-elle et pourquoi l'avoir choisie? - S.Quéméner: Ca fait 17 jours que la gauche discute. Plusieurs noms sont sortis. C'est une énarque. Elle est connue pour son engagement en faveur des services publics. Elle s'est exprimée pour la première fois publiquement ce matin. Elle était interrogée par France Inter. Elle est monothématique: les services publics. - A.de Tarlé: L'école, l'hôpital qui manque de moyens... - S.Quéméner: Ce sont des sujets qui tiennent à coeur aux Français. On le voit dans les sondages. C'est un avantage et un inconvénient. L'avantage, c'est qu'elle est très clairement

2:56

identifiée. On ne la connaît pas, mais elle a déjà avancé ce thème qui résonne favorablement aux oreilles des Français. On a beaucoup parlé de l'accès aux services publics pendant le premier quinquennat d'E.Macron et pendant le début de ce 2e mandat. La difficulté, c'est que toutes les autres contradictions au sein de la gauche, au sein du Nouveau Front populaire, c'est-à-dire la question sur le nucléaire, l'attaque du Hamas du 7 octobre, sont laissées de côté. Elle n'est pas connue.

3:41

Ca donne l'impression que la gauche n'a pas réussi à mettre quelqu'un qui aurait une surface politique importante pour Matignon. Elle a aussi, et c'est pour ça que c'est intéressant... Elle ressemble un peu à certains des ministres d'E.Macron, nommés dans les gouvernements précédents, c'est-à-dire quelqu'un de reconnu, qui a travaillé au ministère des Finances, qui a une expertise sur un domaine spécifique. Matignon, c'est plus large que ça. Il faut maîtriser les jeux d'appareil, le jeu parlementaire, surtout. La question que pose E.Macron: un nom, d'accord,

4:25

mais avec quelle majorité? - A.de Tarlé: B.Sananès, quel est votre regard sur ce choix de L.Castets? Elle est à la fois inconnue pour être Première ministre et a aussi un profil issu de la société civile, elle est connue pour son engagement pour les services publics. - B.Sananès: On la connaît très peu. Elle a fait une émission aujourd'hui. La plupart des Français, et même des observateurs, la connaissaient très peu. 3 choses peuvent jouer en sa faveur. Elle n'appartient pas à un parti politique. Elle est unanimement soutenue...

5:08

C'est la 1re des personnalités sur laquelle le Nouveau Front populaire s'est accordé. 80 % des Français ont une mauvaise image des partis politiques. Le fait de ne pas appartenir à un parti est plutôt un atout. Deuxièmement, c'est une personne qui n'est pas connue et qui est jeune. Elle incarne le renouvellement. Ce sentiment de renouvellement de la vie politique, elle peut y contribuer, par le fait qu'elle n'a pas de passif dans son lien avec l'opinion. Le 3e point: sur son parcours, sur son CV, elle incarne quand même une gauche gestionnaire, une gauche de gouvernement, une gauche de conviction. Elle a pris des positions fermes ce matin. Elle a été militante dans certains combats. Ce n'est pas une activiste.

5:52

Elle est là pour gouverner. C'était une des questions posées à la gauche dans une opinion qui ne se résout pas à un gouvernement uniquement composé de membres du Nouveau Front populaire. Sur ces 3 critères... En théorie, avant qu'on l'entende, elle a plutôt des atouts. Le fait d'avoir dévoilé son nom à la surprise générale hier, une heure avant que le président... - A.de Tarlé: Qu'avez-vous pensé du timing? - B.Sananès: J'ai d'abord pensé qu'il y avait une opération de leurre pendant les 24 heures précédentes. On a parlé de 3 personnalités: C.Duflot, A.Chassaigne et B.Hamon. On a eu l'impression que c'était un leurre pour masquer le fait qu'il y avait un autre nom qui se préparait.

6:35

Le fait d'envoyer la balle à E.Macron fait que c'était plutôt tactiquement bien joué par la gauche après des jours difficiles pour le Nouveau Front populaire. - A.de Tarlé: "Un nom... Mais non", avez-vous titré. Est-ce que vous avez eu l'impression en regardant E.Macron commenter ce choix de L.Castets que le président était embarrassé ou qu'il avait une argumentation solide en disant qu'elle n'avait pas de majorité? - A.Schwartzbrod: Je l'ai trouvé très embarrassé et confus. On peut aimer, ou pas, le critiquer... En général, quand il parle, il est assez bon à l'oral, E.Macron. Là, je l'ai trouvé très confus.

7:19

Il s'embrouillait dans des histoires d'appareil. On a cru comprendre qu'il n'en voulait pas, qu'il ne voulait pas d'un nom, quel qu'il soit, du NFP. Ca ne l'arrange pas du tout. C'est un très sale coup que le NFP a fait à E.Macron. Comme beaucoup de gens, il n'imaginait pas une seconde après tout ce qu'on avait entendu, à la fois en interne, entre LFI, le PS, les Ecolos, que de ce panier de crabes allait sortir quelque chose. Ces différents partis composant le NFP ont fait preuve d'une assez grande maturité. Pour arriver à trouver un nom, après tout ce qui s'est passé, tous les noms d'oiseaux qui ont fusé, je pense que c'est quand même... Et à ce moment précis, c'était assez malin pour déstabiliser E.Macron et pour lui mettre une pression, pour lui dire "on est toujours là".

8:32

E.Macron fait comme si rien n'avait changé. Hier soir, il a dit que c'était une trêve olympique et politique, qu'il ne fallait pas s'énerver et qu'on verrait après les JO. C'est quand même lui qui a fait tout exploser en lançant la dissolution. Maintenant, il voudrait que tout le monde attende la fin août, après la fête, comme s'il n'y avait pas urgence. Mais je pense que c'est important quand même. Composer un gouvernement dans les 3 jours, ça n'aurait pas de sens. Au lieu de ne pas nommer L.Castets, ce qui est très méprisant, il aurait pu dire: "Je prends note. C'est un nom intéressant. Il faut que je la rencontre. Il faut qu'elle me propose un gouvernement, le plus ouvert possible." C'est ce qu'on a compris de cette interview: il veut un gouvernement le plus large possible. Je ne suis pas sûre, ayant entendu L.Castets ce matin sur France Inter, qu'elle soit prête à l'élargir beaucoup. Elle m'a l'air quand même très à gauche.

9:58

- A.de Tarlé: "Le programme NFP, rien que le programme NFP." - A.Schwartzbrod: C'est une base pour discuter. Cette possibilité de discuter, il ne l'a même pas effleurée, même pas ouverte. Il a continué à affirmer que personne n'avait gagné à l'issue de ces législatives. C'est vrai que personne n'a vraiment gagné, mais il y a quand même la gauche qui est arrivée en tête. Elle arrive avec une proposition d'un nom, certes inconnu, jeune, mais quand G.Attal et J.Bardella... Personne n'a dit qu'ils étaient trop jeunes.

10:27

Elle n'est pas connue, mais c'est plutôt un bon point pour elle. Elle n'est pas mouillée dans toutes ces petites batailles politicardes dont les gens ne peuvent plus. C'est plutôt un bon point pour elle. Tout reste ouvert. C'était assez méprisant, la façon dont E.Macron a balayé ça d'un revers de main. - A.de Tarlé: Comment voit-on les choses du côté d'E.Macron? On peut considérer que 2 légitimités s'affrontent. A l'étranger, c'est la coalition arrivée en tête qui est à la manoeuvre pour constituer le gouvernement. Là, E.Macron dit que non et que le sujet, c'est la majorité. - O.Beaumont: C'est cohérent par rapport à ce qu'il dit depuis plusieurs semaines. de l'Assemblée nationale, on expliquait autour d'E.Macron que cette élection fixerait la carte de la reprise de la représentation nationale dans l'Hémicycle.

11:49

- A.de Tarlé: L'incapacité du Nouveau Front populaire à être élu au perchoir était pour E.Macron la démonstration de l'incapacité du Nouveau Front populaire à gouverner. - O.Beaumont: Le fait qu'ils ne soient pas capables d'obtenir une majorité qui puisse permettre de faire voter demain des lois, des projets de lois et des propositions de lois issus de leur rang parlementaire et de faire adopter un budget en fin d'année. C'est ce qu'a rappelé hier soir E.Macron. Le Nouveau Front populaire fait un coup politique

12:24

et médiatique, hier soir. Ils avaient identifié qu'E.Macron ferait une prise de parole depuis 48 heures sur France 2. Ce faisant, il y avait 2 objectifs pour eux: clore cette séquence interminable de 16 jours, où ils n'arrivaient pas à sortir un nom du chapeau. Ils avaient décidé d'annoncer, une heure avant cette prise de parole présidentielle, un nom. Il y a eu des conciliabules lundi jusqu'au bout de la nuit. Le nom d'O.Faure a émergé. 2 heures avant, on n'avait pas encore totalement abouti sur le nom de L.Castets. On nous disait qu'ils voulaient que ce soit une femme. Finalement, ils ont topé sur ce nom 30 minutes avant la rédaction du communiqué. Du côté de l'Elysée, ils avaient senti un coup. Quand ils ont découvert, quelques minutes avant la sortie du communiqué,

13:41

que ce serait L.Castets, ils se sont demandé qui c'était. Ils se sont empressés d'aller voir son CV et sa fiche pour fournir des éléments à E.Macron. Maintenant, ils ont fait ça... C'est intéressant. Ca va leur permettre... Il demande une trêve politique pendant les JO. On reste avec un gouvernement démissionnaire qui gère les affaires courantes. On n'a toujours pas de gouvernement. Il y a un budget... Il faudra se pencher dessus. Il y a un vrai enjeu, quand on connaît les finances du pays aujourd'hui. Ca leur ouvre une fenêtre politique et médiatique aussi. Dans les 15 jours à venir, pendant les JO, ils vont dire qu'il n'y a pas de trêve.

14:24

Il faut continuer à demander la démission d'E.Macron. Dans toutes les matinales radio... Il y a eu un "carpet bombing" de tout ce que le Nouveau Front populaire peut avoir de chapeaux à plume pour demander la démission du président de la République et pour demander que L.Castets soit la Première ministre. - A.de Tarlé: Aussitôt proposé, aussitôt balayé. Le Nouveau Front populaire s'est finalement accordé hier soir sur le nom de la haute fonctionnaire L.Castets pour le poste de Première ministre. Le chef de l'Etat voit les choses autrement. Il entend imposer sa trêve olympique. - E.Macron annonce qu'il n'annoncera rien.

15:08

Hier soir, pour son 1er entretien depuis les législatives, au-dessus du décor olympique, le président appelle à une trêve, politique. - E.Macron: De manière évidente, jusqu'à la mi-août, on doit être concentrés sur les Jeux. A partir de là, en fonction de l'avancée de ces discussions, ce sera ma responsabilité de nommer un Premier ministre ou une Première ministre et de lui confier la tâche de constituer un gouvernement et d'avoir le rassemblement le plus large qui lui permette d'agir et d'avoir la stabilité. - Le maître des horloges prend son temps. Une heure plus tôt, le Nouveau Front populaire avait pourtant bien tenté un coup en proposant un nom, celui de L.Castets. "Le voilà, le visage de la gauche unie". Inconnue du grand public, cette haute fonctionnaire

15:48

de 37 ans, passée par Sciences Po et l'ENA, dirige les finances de la Ville de Paris. Après un passage au PS, elle n'adhère plus à aucun parti, lit encore ses notes et promet un changement de méthode. - L.Castets: Depuis plusieurs années, nous assistons donc à une pratique Du pouvoir extrêmement verticale, un président qui décide souvent seul et un dialogue social au point mort. Avec le Nouveau Front populaire, nous proposons un changement de cap avec un changement de méthode: nous allons renouer le dialogue avec les syndicats, les associations, et nous allons

16:30

redonner au Parlement son rôle central dans notre démocratie. - La candidate à Matignon écarte d'ores et déjà l'idée d'une coalition avec le camp présidentiel et affiche ses priorités. ... Logique pour celle qui a créé un collectif pour sauver les services publics. - L.Castets: Globalement, les fonctionnaires sont très mal payés en France par rapport aux autres pays de l'OCDE et de l'UE. Ce n'est pas le seul facteur qui explique le manque d'attractivité. Il y a aussi une question de moyens généraux qui sont donnés aux services publics. On sait très bien, à l'hôpital public, mais aussi à l'école, dans la justice, qu'il y a un manque global de moyens et d'effectifs qui rend le travail au quotidien très difficile.

17:13

- Une haute fonctionnaire engagée, donc. En 2022, en pleine affaire McKinsey, où la justice soupçonne le parti présidentiel de recours abusifs au cabinet de conseil, L.Castets s'en prend au ministre de la Fonction publique à la télévision. - L.Castets: A mesure qu'on perd des fonctionnaires, on a été chercher des cabinets de conseil. Le cabinet de conseil coûte très cher, plus cher que le nombre de fonctionnaires qu'on a supprimés. - Alors, peut-elle espérer être Première ministre? Solution écartée pour l'instant par le président. - E.Macron: La question n'est pas un nom,

17:57

mais quelle majorité peut se dégager à l'Assemblée pour qu'un gouvernement de la France puisse passer des réformes, passer un budget et faire avancer le pays? Il serait faux de dire que le Nouveau Front populaire a une majorité dans cette Assemblée. Le parti arrivé en tête à ces législatives, c'est le Rassemblement national. Une coalition a ensuite eu plus de voix, mais elle est à 100 voix de la majorité absolue. - Déni de démocratie, rétorquent J.-L.Mélenchon et ses alliés. ... - M.Bompard: J'ai un peu l'impression d'avoir affaire à une sorte

18:40

de forcené retranché à l'Elysée et qui s'accroche à son pouvoir, qui refuse d'accepter l'idée que les Français ont dit que sa politique, c'était fini. - M.Tondelier: On dirait mon fils de 5 ans quand il triche au Monopoly Junior. Il joue à un jeu... Au fur et à mesure de la partie, il dit: "Je ne t'avais pas expliqué, maman, il y a une nouvelle règle." - En plein jeu des nominations, le président a également écarté hier soir l'hypothèse d'une démission. - A.de Tarlé: "On dirait mon fils qui triche au Monopoly Junior",

19:23

a réagi M.Tondelier. Question. - B.Sananès: Pour la 1re fois hier, il a concédé une forme de défaite. Il n'a pas reconnu de vainqueur pour autant. Hier, c'était très particulier. La pression sur le président de la République va être de plus en plus forte. En réussissant à désigner, après plus de 2 semaines, un candidat, la pression est maintenant sur le président de la République. Il peut gérer cette pression en profitant de la trêve. Une courte majorité de Français considèrent que la trêve peut expliquer qu'on ne nomme pas de Premier ministre tout de suite. Ca ne durera pas au moment où les salariés retourneront au bureau ou à l'usine, quand les enfants retourneront à l'école et quand

20:07

il faudra que les ministres retournent à Matignon et dans leur ministère. - A.de Tarlé: Quitte à... - B.Sananès: Quand on regarde l'opinion, il y a plutôt une envie de coalition. Ce n'est pas non plus une tradition française, d'avoir ces coalitions. Traditionnellement, en France, le dimanche soir, quand le scrutin a fini d'être dépouillé, on sait qui va être au pouvoir. Là, on est dans un scénario inédit. Il a traduit une double envie de changement. - A.de Tarlé: Sur ce nom sorti du chapeau hier soir à 19h, qui a eu l'idée d'aller chercher L.Castets? Jusqu'à présent, LFI disait: "Nous sommes arrivés en tête. C'est donc quelqu'un de notre camp qui doit représenter le Nouveau

21:35

Front populaire." Est-ce à dire qu'hier, J.-L.Mélenchon, qui portait cette ligne très dure, a un peu avalé son chapeau en acceptant l'idée de L.Castets? - A.Schwartzbrod: Oui et non. On dit que c'est O.Faure qui a trouvé le nom de L.Castets, qui l'a évoqué. Même à LFI, on s'est rendu compte que leur image se dégradait fortement, que l'image des partis de gauche se dégradait énormément. Il n'y a qu'à voir tous les tweets, les textes publiés de gens à gauche

22:20

qui étaient d'une violence extrême sur les leaders de la gauche, les accusant... - A.de Tarlé: De LFI? - A.Schwartzbrod: Non, tous. Ils les accusaient de s'y prendre comme des manches, si vous me permettez cette expression, et de ne pas arriver à s'entendre, de creuser la tombe de la gauche durablement. Même J.-L.Mélenchon s'en est rendu compte. Ils ont réalisé qu'il fallait aboutir à quelque chose. Je pense que J.-L.Mélenchon, qui réfléchit toujours avec 2 coups d'avance, a dû se dire que, de toute façon, le chef de l'Etat ne saisirait pas cette opportunité... - A.de Tarlé: Il sait que c'est perdu? - A.Schwartzbrod: Oui.

23:04

Il n'imaginait pas une seconde qu'hier soir, E.Macron allait dire: "Parfait. Je la reçois demain et on compose un gouvernement." C'était une façon pour l'ensemble de la gauche de sortir la tête haute de cette séquence dont ils ressortaient tous broyés, pas seulement LFI, et de mettre une pression sur E.Macron, dont on voit qu'il n'a qu'une envie: qu'on le laisse tranquille avec ces Jeux olympiques dont il rêve depuis des mois et des années et, surtout, qu'on ne vienne pas l'embêter avec des histoires politiques.

23:49

- A.de Tarlé: Ca peut tenir, cette ligne de se dire que les Français n'ont pas envie qu'on les embête avec des "chacaleries" politiques? E.Macron était hier tout sourire en disant qu'il fallait arrêter nos gauloiseries et profiter des JO pour passer un été radieux. - S.Quéméner: C'est paradoxal de sa part d'aller s'exprimer le mardi soir au moment où les JO commencent à arriver. Il a relancé la séquence politique lui-même. Ce qui l'aide dans cette période, c'est que la gauche va faire pression. Ils ont maintenant un nom qui va s'exprimer dans les médias et qui va rappeler le résultat des législatives, qui va rappeler qu'il y a eu cette coalition et qu'ils ont réussi à trouver un nom au bout de 17 jours.

24:33

De l'autre côté, dans la dernière interview qu'a donnée M.Le Pen, elle explique qu'il n'y a pas d'urgence à changer les choses. Il y a une 1re borne au 11 août. Ca peut aussi durer jusqu'en septembre. Les Jeux paralympiques se poursuivent jusqu'en septembre. La droite non plus ne voit pas d'urgence à avoir un nouveau Premier ministre. Elle présente son pacte législatif. Ce qui aide E.Macron dans cette période, c'est que la gauche est la seule à dire: "Trouvez une solution. On n'accepte pas cette trêve olympique." Si tous les partis se mettent devant l'Elysée, en expliquant

25:17

qu'ils veulent quelqu'un d'urgence, quelqu'un d'autre que G.Attal à la machine, ça poserait un autre problème. Ce qui peut aussi aider E.Macron... On avait fait un sondage dans "La Tribune Dimanche". On avait demandé aux Français qui ils voulaient comme Premier ministre. Ils citaient en 1er G.Attal, l'actuel Premier ministre démissionnaire. Une fois que tous ces éléments sont posés sur la table, l'Elysée estime qu'ils ont encore un peu de temps. Quand on leur pose la question, ce que j'ai fait, comme tous les journalistes "pourquoi vous ne tentez pas une expérience

26:00

en nommant quelqu'un du Nouveau Front populaire à Matignon?", ils répondent qu'ils n'ont pas la majorité. Ca a été dit par Ensemble, le Rassemblement national et les LR. La majorité parie sur le fait que les JO vont agir comme un énorme édredon. O.Faure disait ce matin: "D'abord les Jeux. On verra pour le pain ensuite." - A.de Tarlé: La coalition du Nouveau Front populaire croit-elle au fait qu'un des siens pourrait aller à Matignon? - O.Beaumont: L'objectif n'est pas tant que ça de pousser E.Macron, par tous les moyens qui existent, à la démission. C'est le 1er objectif du Nouveau Front populaire et, particulièrement, des insoumis. Ils vont donc continuer, dans les jours et les semaines qui viennent, à marteler ce discours et à acculer E.Macron sur ce registre, en disant... Le président de la République se met en risque, en donnant comme date le 15 août, dont on sait tous qu'il ne la tiendra pas.

27:17

Ce sera les commémorations du Débarquement en Provence. On connaît sa propension à un peu trop réfléchir parfois. Le 15 août, une partie de la classe politique sera potentiellement encore en vacances. Ca va nous amener vers le 20 août, voire la fin août. On revient sur le cycle que vient d'expliquer S.Quéméner. Au-delà du nom d'un Premier ministre, avec qui on gouverne? E.Macron dit qu'il faut donner le pouvoir à ceux qui sont capables d'avoir une majorité pour faire adopter des lois.

28:00

Cet objectif, il n'est pas capable de le tenir. Les discussions ne se font qu'avec Les Républicains et le groupe de L.Wauquiez à l'Assemblée nationale. On reste persuadé, autour du chef de l'Etat et à Matignon, qu'on peut agréger quelques écologistes... Certains s'amusaient encore hier à me dire que, sur les députés PS... - A.de Tarlé: Un stratège du président dit: "Si on appelle un à un les 66 députés du PS, je pense qu'on peut en convaincre la moitié." Il y a cette idée qu'on pourrait faire une coalition en débauchant au PS. - O.Beaumont: Les socialistes, c'est aussi leur moment, en ce moment. Il y a un rééquilibrage au sein de cette ancienne Nupes. Les insoumis y étaient très dominants. Aujourd'hui, les forces sont rééquilibrées. Je ne vois pas l'intérêt aujourd'hui pour le PS d'aller s'agréger au bloc central. - B.Sananès: En plus, vouloir débaucher

29:29

quelques membres du PS, c'était peut-être envisageable avant qu'il y ait un accord des 4 partis pour proposer un nom. Maintenant que le nom est proposé et qu'il n'a pas soulevé de problèmes au PS, ce serait compliqué pour des députés élus sous l'étiquette du Nouveau Front populaire de dire qu'ils vont aller voir de l'autre côté ce qui se passe. Le fait d'avoir désigné quelqu'un hier renforce les liens, même si c'est provisoire au sein du Nouveau Front populaire. - A.de Tarlé: On a eu l'impression d'entendre... Avez-vous été surprise de la politique qu'entendait mener ou faire, d'ici la fin de son quinquennat... Il a parlé de travailler davantage, de réindustrialiser, de plus de sécurité...

30:12

- A.Schwartzbrod: A "Libération", on n'a pas été surpris. Ca fait un moment qu'on qualifie la politique que mène E.Macron de droite. Elle n'a jamais été ni à droite ni à gauche. - A.de Tarlé: La main tendue était beaucoup plus vers L.Wauquiez que vers le Nouveau Front populaire. - A.Schwartzbrod: C'est un peu ce qu'il avait demandé à E.Borne, sa Première ministre: élargir au maximum, essayer de trouver des voix de droite, notamment pour voter la réforme des retraites. Il n'y est pas parvenu. Pourquoi il y parviendrait davantage aujourd'hui

30:53

qu'avec E.Borne? On voit... Je crois que c'est dans "Libé" qu'on a titré un article en disant qu'il radotait et qu'il était en boucle sur ce rêve de coalition de LR jusqu'aux écolos. Quand on voit comment il traite... Il parle positivement du pacte de L.Wauquiez... On ne peut pas imaginer que des socialistes ou des écolos puissent s'associer à ça. C'est un programme qui prévoit plus de sécurité, qui ne parle que de sécurité, que de fermeté. Il en faut, bien sûr, mais il ne faut pas

31:30

que ce soit l'axe unique d'un programme. Les services publics, peut-être la réforme des retraites... On voit qu'elle est passée sur un fil, à un cheveu. Elle a mis un tas de gens dans la rue. E.Macron l'a payé très cher dans le résultat des européennes. Elle n'est toujours pas passée dans l'opinion. On ne voit pas comment cette fameuse coalition dont il rêve est possible. - O.Beaumont: Ca sera d'autant plus compliqué qu'il y a un autre élément, qui n'a pas trop ressurgi. On l'a observé le week-end dernier. C'est ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale. Ca aura de vraies répercussions sur la possibilité d'un bloc central à pouvoir aller voter des textes à l'Assemblée nationale. La semaine dernière, les élections pour la composition du bureau de l'Assemblée ont eu lieu. C'est très important. Le bureau de l'Assemblée est composé de 12 représentants. Il y a les vice-présidents, les questeurs et les secrétaires. Ils fixent l'agenda du Parlement, les ordres du jour. Ils peuvent sanctionner quand il y a des débordements dans l'Hémicycle.

32:59

LFI a raflé la moitié des sièges. Toutes les autres composantes de l'Hémicycle se sont réparti par miettes les autres postes. A chaque fois que le bloc central, s'il arrivait à avoir un gouvernement, va essayer d'imposer un agenda législatif, il va se retoquer à ce bureau de l'Assemblée qui est aujourd'hui majoritairement composé d'élus issus du Nouveau Front populaire. - A.de Tarlé: Avez-vous l'impression que le chef de l'Etat claque la porte au Nouveau Front populaire et qu'il tend la main à L.Wauquiez? Il a dit que sa démarche de pacte législatif était une démarche "intéressante". Il a donné un bon point à L.Wauquiez. - B.Sananès: Je crois que le message était clair. Il n'a pas cité madame Castets. Il n'a pas donné de signe que c'était une possibilité qu'il examinait. L'option privilégiée par E.Macron est celle d'une coalition avec la droite.

34:13

La droite a dit qu'elle y souscrivait mais sans composer un gouvernement. Ca ne permettrait pas non plus de composer une majorité absolue, loin de là. - A.de Tarlé: L.Wauquiez propose un pacte législatif d'urgence pour notamment restaurer l'autorité. - Et si ces deux-là gouvernaient prochainement ensemble? Explosion de joie et très longue poignée de main entre le président de la République et L.Wauquiez ce matin lors de l'attribution des JO d'hiver à la France. - E.Macron: Nous serons au rendez-vous. Merci. - Officiellement, une alliance dessine peu à peu avec la présentation du pacte législatif dévoilée ce lundi. - L.Wauquiez: Un pacte législatif pour ne pas rester sans rien faire.

35:33

La France ne peut pas perdre de temps. Un pacte législatif parce que nous ne voulons pas être du côté de ceux qui jouent la politique du pire. - Un programme de 13 propositions. Il y a une valeur chère à celui qui avait dénoncé il y a quelques années le fameux cancer de l'assistanat... - L.Wauquiez: Toute notre priorité, c'est la revalorisation de la France qui travaille. Ca se traduit par toute une série de mesures. Dans le parcours d'accession à la priorité, c'est devenu plus difficile pour des primoaccédants qui travaillent. - Le patron des députés de droite prévient.

36:13

... Un pacte, oui, mais entrer au gouvernement, non, précise L.Wauquiez. - Le texte sorti de la commission des lois est une fausse promesse. Pire, monsieur le ministre, ce texte permettra un droit à la régularisation et entraînera des régularisations massives. Nous ne pouvons pas l'accepter. - Aujourd'hui, c'est la carte de l'opposition responsable qui est vendue par L.Wauquiez. Le président de la région Rhône-Alpes a sauvé la place de Y.Braun-Pivet au perchoir en négociant directement des postes à l'Assemblée auprès de G.Attal. Un état d'esprit visiblement apprécié par le chef de l'Etat.

36:57

- E.Macron: Tout ça montre un chemin fait en 15 jours. Ca va dans la bonne direction, à mes yeux. Ca permet d'aller vers quelque chose. Il faut que toutes les forces qui ont travaillé ensemble dans l'entre-deux-tours fassent collectivement de même. - Deal pour certains, magouille selon d'autres. - E.Ciotti: On a vu cette alliance de monsieur Wauquiez et de monsieur Macron pour capter, préempter tous les postes de responsabilité, alors que ce sont des groupes

37:40

qui ont vu leur nombre considérableme diminuer. C'est un hold-up démocratique, qui exclut la représentation de 11 millions de Français. - E.Ciotti, toujours juridiquement à la tête des Républicains, souhaite aujourd'hui faire trancher les militants sur la ligne du parti. Un vote avec au choix l'alliance des droites dans l'indépendance ou l'intégration des LR dans le camp macroniste. Pour ce député, soutien de L.Wauquiez, le président du parti tente de continuer d'exister. - Il a un débat tout seul, entre lui-même et lui-même, pour savoir s'il a raison d'être proche du Rassemblement national. Les autres ne vont pas participer à ce débat et à cette mascarade démocratique au sein de LR.

38:23

L.Wauquiez, avec d'autres, membres de notre famille politique, au Sénat, à l'Assemblée nationale, au niveau du parti, auront des choses à proposer à nos compatriotes, peut-être en dehors des Républicains tels qu'ils existent aujourd'hui. - Hier soir, le président de la République a laissé entendre qu'il pourrait nommer un gouvernement d'ici la mi-août. - A.de Tarlé: On voit un L.Wauquiez très actif depuis cette dissolution. La droite a ce leader qu'elle attendait? - S.Quéméner: La droite s'exprime d'une seule voix,

39:03

La Droite républicaine. Ils ont voulu faire la différence avec E.Ciotti, qui les a quittés pour faire alliance avec le RN. Dans l'ancienne majorité, on s'en félicite. Ils disent que maintenant, ils comprennent ce qu'ils leur disent. A l'époque de la réforme des retraites, ils ne parlaient pas d'une seule voix. L.Wauquiez joue sur du velours: "On propose un pacte législatif." Ce sont toujours les mêmes propositions. Ils reprennent leurs propositions laissées de côté par le Conseil constitutionnel sur la loi immigration. Ils peuvent dire à leurs électeurs qu'ils proposent des solutions mais qu'ils refuseront un gouvernement avec des LFI. Ils disent qu'ils ont fait blocage pour A.Chassaigne. Toute la difficulté pour L.Wauquiez, ça va être de tenir sur cette ligne.

40:19

Il va y avoir une pression. Certains dans son groupe sont macronocompatibles. Certains rêvent d'être ministres. Pour l'instant, son idée est de dire: "Regardez. On parle d'une seule voix. Ils ont besoin de nous. S'ils veulent travailler avec nous, ils vont venir sur nos idées." C'est assez nouveau, comme position. Ils faisaient un peu la pluie et le beau temps dans la majorité précédente, mais ils n'ont jamais pris ce rôle, car ils n'étaient pas tous sur la même ligne et en accord avec eux-mêmes. - A.de Tarlé: Question. On a l'impression qu'ils sont courtisés grâce à E.Macron. - O.Beaumont: L.Wauquiez, on connaît son ambition présidentielle. Beaucoup s'interrogeaient sur sa stratégie où il était absent du débat national, reclus dans sa région Auvergne-Rhône-Alpes.

41:46

Certains commençaient à douter de sa capacité d'embarquer la droite pour la prochaine élection présidentielle. Là, E.Macron remet L.Wauquiez au centre des discussions qui conditionnent l'avenir politique de la Macronie à court terme et moyen terme. E.Macron a permis à L.Wauquiez de revenir à l'Assemblée nationale. L.Wauquiez boit du petit lait. On a entendu hier soir qu'il y a une véritable intention de caresser L.Wauquiez dans le sens du poil. Tout le monde salue, au sein de la majorité sortante,

42:28

les qualités d'un L.Wauquiez, qui est le seul aujourd'hui dans le paysage politique à avoir fait un travail de fond, à avoir mis des propositions sur la table, à être très clair dans ce qu'il veut et ne veut pas. En coulisses, les échanges avec G.Attal sont quasiment quotidiens pour aboutir à un fameux pacte. Il se sent en situation de force. Dans cette période, il est un peu maître du jeu. Il joue avec tout ça. Ca lui permet de ne pas insulter l'avenir, de montrer à son électorat qu'il a pris ses responsabilités. Cette droite qui souvent était dans les divisions,

43:12

il y a remis un peu d'ordre. Cette séquence lui a été très bénéfique. - A.de Tarlé: O.Beaumont disait "L.Wauquiez dont on connaît les ambitions pour 2027"... Ce n'est pas une complexité supplémentaire que de devoir faire cet accord de coalition alors qu'il y a 2027 en ligne de mire? - A.Schwartzbrod: Qui dit coalition dit compromis... Ce n'est pas possible, quand vous avez des ambitions présidentielles. Là, dans l'actuel marigot politique, il y a plein de crocodiles qui ne pensent qu'à 2027 en se réveillant.

43:55

Ca va être très compliqué de faire une coalition. Il y a cette élection présidentielle en ligne de mire, qui approche de plus en plus vite. On voit que ces 3 ans, si on va jusque-là... Je ne pense pas qu'E.Macron démissionnera. Il a un ego trop important pour démissionner. Il faudrait vraiment quelque chose d'énorme pour qu'il démissionne. A priori, il va falloir attendre ces élections. On imagine que les coups bas ne vont pas cesser et que l'ambiance ne sera pas à la conciliation, aux discussions apaisées, au calme et aux compromis.

44:38

Ce n'est pas possible. Vous dites que ça va mieux chez La Droite républicaine... On a beaucoup tapé, à juste titre, sur le NFP qui se déchirait, mais à droite, ça reste toujours lunaire, comme situation, avec un E.Ciotti qui veut faire un vote interne, qui est toujours président alors qu'il s'est rallié à M.Le Pen. On voit que le paysage politique est dans un état dingue. On ne l'aurait pas imaginé il y a quelque temps. Justement, les coalitions, les compromis...

45:22

L'heure n'est pas vraiment à ça. - A.de Tarlé: Votre regard sur cette droite dont on craignait qu'elle finisse par disparaître? - B.Sananès: Elle n'a pas disparu. On mettait à égalité le PS et LR... Le PS a mieux résisté avec les européennes et les législatives. Ce n'est pas le cas pour LR. LR n'a cessé de reculer. 2e point: quand on regarde l'avis des sympathisants LR sur les coalitions... Ceux qui sont restés fidèles à La Droite républicaine sont plutôt favorables à une coalition. Ceux qui ont quitté LR sont déjà partis vers le RN. Ceux qui restent sont des fidèles et ils sont à 60 % favorables à l'idée d'une coalition, y compris avec le PS. L.Wauquiez vise l'élection présidentielle. Il fait une analyse qui est celle-ci: le 1er fauteuil pour le 2d tour est déjà occupé par un candidat de la droite radicale. Le 2e fauteuil se joue dans l'espace central. Pour L.Wauquiez, qui a hésité entre les 2 stratégies, il faut aller chercher le plus de voix possible

46:52

dans le camp centriste et les ramener vers la droite. Il veut être le candidat crédible du bloc de centre droit. Ca n'a pas toujours été son positionnement. - S.Quéméner: L.Wauquiez, en 2017, c'est lui qui fait la première tribune très violente contre E.Macron: "E.Macron a la haine de la province." Il s'était installé comme un opposant à E.Macron, lui, président du conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes. Il avait joué ce face-à-face. Il fait une interview dans "Le Point", où il se redéfinit.

47:36

Il s'est beaucoup réinventé. Là, on comprend que la musique n'est pas la même. C'est un peu comme F.Hollande. C'est quelqu'un qui est passé à l'arrière du paysage politique et qui cherche une façon de passer. F.Hollande a vu ces élections anticipées et a été candidat. On ne l'entend plus trop, F.Hollande. Il n'a pas pu avoir la commission des affaires étrangères. L.Wauquiez attendait son heure en Auvergne-Rhône-Alpes. Ses ambitions sont intactes. Il sait faire.

48:19

C'est quelqu'un qui sait organiser les choses à l'Assemblée. Il a ce savoir-faire. On a en face de nous des hommes politiques qui ne sont pas des novices à l'Assemblée. Ca ne durera qu'un temps. - A.de Tarlé: Le RN accumule les contrariétés: aucun poste pour son parti au bureau de l'Assemblée et une entrée plutôt délicate au Parlement européen. Les temps sont durs pour J.Bardella. - Il avait fait sa rentrée tout souriant. A peine de retour au Parlement européen, J.Bardella prenait la tête du nouveau groupe Patriotes pour l'Europe, le 3e en nombre d'eurodéputés. De quoi se poser en nouvel homme fort à Strasbourg. - J.Bardella: Le scrutin des élections européennes a délivré ses leçons. Nul ne peut les ignorer. Renforçons les partis patriotes sur tout le continent. Les peuples d'Europe ont fait entendre leur aspiration à la protection, à la défense de leur identité et à la démocratie.

49:42

- Mais l'état de grâce s'est vite dissipé. Le RN est accusé d'avoir fait élire à la vice-présidence de son groupe l'embarrassant Italien Roberto Vannacci, membre du parti d'extrême droite La Ligue. ... Face à ces écrits, J.Bardella demande à l'Italien de renoncer à sa vice-présidence. Trop tard. J.Bardella échoue surtout à obtenir pour son groupe les 2 présidences de commissions auxquelles il pouvait prétendre, vu son nombre d'eurodéputés. Il lui fallait recueillir les votes d'une partie de la droite européenne. Malgré des négociations qu'il a menées en personne, le groupe des Patriotes est reparti bredouille. - Ceux qui sont aux manettes, de l'extrême gauche à la droite, se sont ligués pour nous empêcher d'obtenir ces postes. - Des contrariétés qui interviennent alors que, sur la scène française, son image d'homme politique antisystème commence à s'écorner.

51:10

Notamment après la révélation par le journal "Libération" de ses dîners secrets avec des ministres du camp macroniste. "Normalisation", répondent ses lieutenants. - L.Jacobelli: Ce n'est pas choquant que les gens qui gouvernent la France parlent à ceux qui s'apprêtent à le faire. Je ne sais Pas ce qui s'est dit à ce dîner, mais il m'arrive de parler et de prendre un café avec des députés qui n'ont pas les mêmes idées que nous. - La semaine dernière, Mediapart révèle la présence de J.Bardella chez C.Hanouna, dans sa villa. Pas tout à fait l'image de l'élu besogneux des quartiers populaires. Là encore, le parti balaie.

51:53

- J.Odoul: Je ne commente pas les articles de Mediapart. C'est un média militant, d'extrême gauche, qui parfois raconte n'importe quoi. - Le patron du RN ne manque pas de devoirs de vacances, avec la refonte du parti promise au lendemain des législatives. - J.Bardella: Il y aura une réorganisation de l'organigramme interne du RN. - Peut-être moins de pouvoir entre ses mains. M.Le Pen donne un nouveau cap dans les colonnes de "Valeurs actuelles". ... Une cheffe de file dont la stratégie à l'Assemblée n'a pas réussi, tout comme celle de son poulain à Bruxelles. Le RN a perdu ses 2 vice-présidences

53:06

lors des votes la semaine dernière pour le bureau du Palais-Bourbon. - A.de Tarlé: Question. - B.Sananès: Mais il y a des victoires politiques très importantes. 31 % aux élections européennes, 33 % aux législatives. Il faut relativiser. Par rapport à la conquête du pouvoir, c'est une déconvenue, mais le RN a quand même fait une progression spectaculaire. J.Bardella a connu le 1er accroc dans sa carrière, mais il est jeune. C'est le destin des responsables politiques. Comment va-t-il remonter à cheval et reprendre le lead? On observe que ça permet à M.Le Pen de revenir sur le devant de la scène. Elle montre que la patronne, c'est bien elle.

53:46

- A.de Tarlé: L'image de J.Bardella dans l'opinion, le fait qu'il ait disparu et cette impossibilité d'avoir transformé l'essai aux législatives, ça peut être préjudiciable? - O.Beaumont: Je n'ai pas la réponse. Sur la déconvenue qu'il a essuyée au Parlement européen, je suis très mesuré sur l'impact que ça peut avoir dans l'opinion. Souvent, les sujets européens ne passent pas le mur du son dans l'opinion publique. Je suis prêt à lancer un sondage sur cet échec.

54:29

Je pense que les gens ne sont pas au courant. On l'a vu dans cette campagne: à chaque fois qu'il y a une polémique qui entache le parti qu'il préside, ça a peu d'impact sur la base électorale, qui a un socle très puissant. J.Bardella et M.Le Pen vont disparaître, c'est ce qu'ils font le mieux, l'été. Ils vont revenir tout bronzés. Au milieu de tout ça, le camp de la Macronie n'aura peut-être pas réussi à s'entendre sur une coalition, le Nouveau Front populaire se sera peut-être à nouveau déchiré

55:13

sur qui peut incarner le leadership. Je pense qu'ils vont agréger. Pour lui, c'est un épisode. Il est encore jeune. Mais il faut aussi qu'il se mette au travail. L'incident de Bruxelles montre cela. Ca aurait pu être anticipé et ça ne l'a pas été. Il ne faudra pas que passer par une réorganisation du parti pour incarner un leadership. Il faudra montrer qu'ils veulent arriver au pouvoir. - A.de Tarlé: Ne peut-on pas considérer que les Français puissent trouver anormal qu'un parti qui a 11 millions de voix aux élections législatives n'ait aucun représentant dans les postes-clés à l'Assemblée? Plusieurs députés ont refusé de serrer la main au benjamin de l'Assemblée car c'était un député RN. - S.Quéméner: Ca va être intéressant de voir

56:31

comment le RN réagit. Le groupe du RN a progressé, mais ils n'ont pas eu la majorité absolue. Ils ne réussissent pas à avoir des postes de vice-présidence, comme ils en avaient dans la précédente législature. M.Le Pen parle de démocratie, mais ça ne va pas plus loin. Elle n'est pas dans une position trumpiste. Au contraire, elle y va tout doucement. Pourquoi? Car ils pensent qu'il y a une victoire. Des gens qui ont voté pour le RN, pour les candidats RN ciottistes, n'avaient jamais voté pour le RN avant. Il s'est passé quelque chose de considérable. On a eu 3 dimanches d'élections en 28 jours. Ca donne le tournis. On n'a pas fini de digérer tout ce qu'il s'est passé. Ne pas être mis de côté à l'Assemblée... "Regardez ce qu'ils font."

57:48

Elle n'a même pas besoin d'insister sur ce point. E.Macron a raison d'insister sur cela et de dire qu'il fallait sans doute qu'ils aient des représentants. Toute une partie des électeurs va se sentir lésée. Elle n'a pas besoin d'appuyer dessus. - A.de Tarlé: Le chef de l'Etat s'est montré menaçant: "Si on n'arrive pas à trouver de coalition pour diriger la France, la prochaine fois, ce sera le RN." - A.Schwartzbrod: Il a bien conscience, comme beaucoup en France, qu'en 2027, si les 2 à 3 ans qui viennent n'ont pas de cap précis... Pendant ce temps, la situation de la France ne s'arrange pas. La trêve olympique, c'est beau, mais il y a un budget à construire. Il y a des décisions à prendre. Les gens voient qu'il ne se passe rien,

58:56

qu'il y a un flottement. Tout ça, ça alimente une colère. On a beaucoup parlé de cette colère que l'on sent partout en France. Tout le monde a conscience que si on n'y répond pas, en 2027, il y a un risque que M.Le Pen soit élue. E.Macron le sait très bien. Vous imaginez ce que ce sera, pour lui, si ça devait arriver? Sa hantise, c'est d'être celui qui va transmettre les clés. Cela dit, il aura fait beaucoup pour que ça puisse arriver. Il y a un risque, d'où la nécessité de prendre des décisions rapides, de simplifier le paysage politique, qui est confus, et surtout de répondre aux attentes des gens. Le service public, la retraite... - B.Sananès: Au-delà de la question de la coalition, il y a un enjeu pour E.Macron: voir ce qu'il reste de ce 2d quinquennat. Est-il interrompu, ce quinquennat? Va-t-il pouvoir relancer des projets de réformes? Ca semble lointain, comme perspective.

1:00:19

- A.de Tarlé: Il est apparu comme un homme seul. - B.Sananès: N'ayant pas beaucoup de perspectives, il est beaucoup sur la défensive. - A.de Tarlé: On revient à vos questions. Question. On l'a appris aujourd'hui: l'Arcom a décidé de ne pas renouveler la fréquence de C8, qui est une chaîne de V.Bolloré. C'est une chaîne marquée à droite, d'où les critiques quant à une décision politique prise par l'Arcom. Ca peut faire monter la colère? - O.Beaumont: Politiquement, c'est le risque pour le pouvoir en place. Dans l'opinion, cette décision de supprimer une chaîne dirigée par V.Bolloré, dont on sait qu'il a un projet politique, voir que certaines de ses chaînes se retrouvent privées...

1:01:41

- A.de Tarlé: Il s'agit d'une seule chaîne. - O.Beaumont: C.Hanouna a plusieurs fois pris position... Quand l'Arcom prend ce genre de décision, on peut a minima supposer que ce sont des sujets surveillés de très près par le pouvoir en place. - A.Schwartzbrod: Il y a eu beaucoup d'alertes envoyées à l'Arcom. - A.de Tarlé: Il y a eu des amendes. - A.Schwartzbrod: Ce n'est pas tombé du ciel comme une surprise. Il y a eu des propos plus qu'indignes sur le plateau de C.Hanouna.

1:02:24

- A.de Tarlé: Question. - B.Sananès: Sur son parcours, elle apparaît comme une candidate crédible. Personne ne semblait remettre en cause sa compétence. Il y a eu un débat sur sa responsabilité à la Ville de Paris. - A.de Tarlé: "Elle a ruiné Paris, elle va ruiner la France." - B.Sananès: C'est un coup politique assez réussi. Il a un peu gêné E.Macron, qui a dû se positionner. E.Macron ne pourra pas perdre trop de temps à la rentrée pour nommer un Premier ministre. Il devra faire un choix entre le NFP et une coalition. - A.de Tarlé: Question. - S.Quéméner: L.Castets a été choisie par le NFP. Dans le NFP, il y a LFI. Elle a eu un prima tour de J.-L.Mélenchon, qui a dit qu'elle défendait une vraie politique de rupture. Il est évident qu'elle proposerait des LFI au sein de son gouvernement. C'est là que ça commencerait à coincer très vite.

1:03:49

Il faut voir si le président de la République aurait l'intention de la nommer. Pour l'instant, il n'a pas cette intention. C'est la 1re information qui est sortie de l'émission télévisée d'hier soir. - A.Schwartzbrod: Il y a des LFI... Quelqu'un comme E.Coquerel est plutôt estimé. Ca s'est plutôt bien passé... - A.de Tarlé: Quand LFI dit qu'ils discuteront texte par texte... Pour la réforme des retraites, plusieurs députés l'ont critiquée. Quelle chance cette proposition de loi a d'aboutir? - S.Quéméner: Ce serait un danger pour E.Macron. Il a parlé hier de finances publiques... On voit qu'on est devant un président qui dresse des herses devant son bilan, devant ses choix économiques.

1:05:07

Il sait que le monde nous regarde, que l'Europe nous regarde. Il y a différents niveaux d'inquiétude pour le président de la République. - B.Sananès: Ce sera un moment politique-clé. Si l'abrogation est mise à l'ordre du jour... Vont-ils arriver à mettre ce texte? C'est un texte très important. Je vous parlais des 2 colères. Il y a un point commun qui rassemble cette colère, celle des électeurs de la gauche et celle de ceux qui votent RN: la réforme des retraites. C'est un sujet qui entoure les forces politiques. Il y a une grande partie des électeurs du RN qui sont opposés à la réforme des retraites. Il y a un point commun qui peut se retrouver dans un groupe parlementaire.

1:06:20

- O.Beaumont: Le RN va proposer le 31 octobre un texte pour abroger la réforme des retraites. - A.de Tarlé: Ils pourraient prendre de court LFI. Question. Une façon de mettre la pression sur E.Macron, c'est de distiller le désordre social. - A.Schwartzbrod: C'est Macron qui a pris la décision de dissoudre l'Assemblée. - B.Sananès: Ca ne serait pas populaire de s'en prendre aux JO. Avoir une rentrée animée, c'est possible. - S.Quéméner: En général, quand il y a des grèves et des manifestations, il tient... A voir. - A.de Tarlé: Merci d'avoir participé à cette émission.