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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 15 septembre 2022 25 min

Bouclier tarifaire, chauffage au fioul, inflation... Le "8h30 franceinfo" de Gabriel Attal

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Gabriel Attal. Bonjour. On va parler longuement du bouclier tarifaire des aides mises en place et annoncées hier par Elisabeth Borne. Mais d'abord, l'inflation, si vous voulez bien, puisque le gouvernement vient de revoir à la hausse ses prévisions pour l'an prochain. Les prix devraient finalement augmenter en moyenne de 4,2%. C'est assez nettement plus que ce qui était prévu jusqu'ici. Est-ce que vous pouvez dire aux Français que le plus dur est derrière eux ?

0:25
Gabriel Attal

On a effectivement actualisé nos prévisions d'inflation pour 2023. On a un point de plus que ce qui était prévu puisque nous prévoyons auparavant 3,2%. Pour autant, Bruno Le Maire l'a rappelé, les prévisions, le consensus des prévisions au niveau mondial estime que nous passerons le pic en 2023 et que l'inflation diminuera en 2023. C'est ce qu'a rappelé Bruno Le Maire.

0:48
Présentateur

Ça, c'est dans l'hypothèse où Vladimir Poutine ne ferme pas entièrement le robinet du gaz ?

0:52
Gabriel Attal

Il y a évidemment un certain nombre d'aléas, mais c'est le consensus des hypothèses aujourd'hui. Maintenant, je vous dis ça. Moi, je ne fais pas de politique avec une boule de cristal. Je fais de la politique avec une boussole. Et la boussole, c'est qu'on continuera à protéger les Français. Les annonces de la Première ministre hier le montrent. On a une situation notamment sur les prix de l'énergie qui continue à s'envoler. Et donc, on s'adapte pour pouvoir continuer à protéger les Français sur leurs factures.

Je pense que c'est ça aussi qui est important comme message dans ce contexte où, c'est vrai, pèse un certain nombre d'incertitudes, notamment parce qu'il y a des aléas géopolitiques et la guerre en Ukraine.

1:27
Invité

Alors justement, Gabriel Attal, un bouclier tarifaire prolongé l'année prochaine, mais plafonné cette fois-ci à une augmentation de 15% sur la facture d'électricité et de gaz. C'est ce qu'a annoncé Elisabeth Borne hier. Un bouclier tarifaire prolongé, mais jusqu'à quand ?

1:40
Gabriel Attal

On a toujours dit qu'on continueraient à accompagner les Français tant qu'on serait dans cette situation inédite, avec des hausses de prix mondiaux sur les tarifs de l'électricité et du gaz qui sont totalement déraisonnables.

1:52
Invité

Vos prévisions, c'est de le faire tenir jusqu'à la fin de l'hiver ou alors toute l'année prochaine ?

1:58
Gabriel Attal

Mais, c'est l'ébrac qu'il y a tant que la situation est ce qu'elle est, nous continuerons à protéger les Français. Voilà le message que je veux faire passer. Maintenant, encore une fois, je ne peux pas vous dire quel sera le cours de l'électricité ou du gaz l'année prochaine.

2:08
Invité

La date de fin du bouclier tarifaire n'est pas encore actuelle ?

2:11
Gabriel Attal

On s'engage là dans un projet de loi de finances que je suis en train de finaliser avec Bruno Le Maire pour 2023.

2:16
Présentateur

Mais du coup, vous allez devoir tenir compte du bouclier tarifaire, pour savoir s'il est sur trois mois ou sur un an, ce n'est pas la même chose. Ça, ce n'est pas encore tranché.

2:23
Gabriel Attal

Ce qu'on a prévu en termes de budget, c'est de pouvoir accompagner les Français sur l'année prochaine. Maintenant, ce que je ne peux pas vous dire, c'est quelle sera la situation à la mi-2023 et quels seront les cours au niveau mondial. Mais je pense que le message qui est important pour les Français, c'est qu'ils ont vu qu'en 2022, on a mis en place ce bouclier, on est le premier pays en Europe probablement à avoir mis en place un tel bouclier, que la facture d'électricité de tous les Français qui nous écoutent aurait dû augmenter de 40% cette année, qu'elle a été bloquée à 4% d'augmentation, que la facture de gaz aurait dû doubler, qu'elle a été gelée.

Et donc, on maintient un dispositif de bouclier l'an prochain. Ça veut dire que tous les Français qui nous écoutent, si on ne faisait rien, verraient leur facture d'électricité augmenter de 120%. Et idem sur le gaz. Et l'augmentation sera bloquée à 15%. Non, mais c'est important de le dire. Regardez autour de nous, regardez les hausses. Regardez en Allemagne, où la facture d'électricité de gaz a été multipliée quasiment par 3 cette année. Ça n'a pas été le cas en France. Et on a une inflation qui est de 4 points inférieurs à la moyenne au niveau européen.

3:22
Invité

On pose la question du jusqu'à quand, parce que le tarif réglementé du gaz prend fin normalement en juin prochain. C'est toujours d'actualité ?

3:28
Gabriel Attal

Mais ce qu'a rappelé la ministre de la Transition énergétique, ma collègue Agnès Pannier-Runacher hier, c'est que quand bien même il y a une fin des tarifs réglementés, ça n'empêche pas qu'il y ait un bouclier. Et ça n'empêche pas qu'il y ait un prix dont nous disons aux fournisseurs qu'au-dessus de ce prix-là, ça n'est pas possible.

3:41
Présentateur

Les HLM sont concernés par le bouclier tarifaire, mais uniquement pour ce qui est du gaz. Pas pour l'électricité, à la fois pour les parties communes et à la fois pour ceux qui se chauffent au chauffage électrique. Il y en a beaucoup. Est-ce que c'est un oubli de votre part et que va-t-il se passer pour eux ?

3:55
Gabriel Attal

Alors, je veux être très clair sur ce sujet. Évidemment, les HLM et les personnes qui vivent en HLM seront concernées par le bouclier tarifaire. Il n'y a pas de doute sur ce sujet-là. Pour l'électricité ? Gaz et l'électricité, il y a effectivement pour 2% des personnes en HLM qui se chauffent à l'électricité, aujourd'hui un dispositif qu'il faut affiner, entre guillemets, et c'est ce qu'on est en train de faire. On y travaille pour qu'évidemment, y compris ces Français qui vivent en HLM, qui se chauffent à l'électrique, puissent bénéficier du bouclier.

4:20
Présentateur

Pour les parties communes, certains offices HLM racontent que, là encore, c'est exclu du bouclier tarifaire, que les prix et du coup les charges ont augmenté parfois, ont été parfois multipliées par 10. C'est-à-dire là où des gens payaient 20 euros par mois pour simplement chauffer, éclairer les parkings ou les parties communes, ça devient 200 euros par mois, ce qui évidemment pour beaucoup de gens est insoutenable.

4:38
Gabriel Attal

On y travaille aussi, que ce soit les copros ou les HLM, évidemment, pour que le bouclier s'applique. Après, je veux vous dire, il y a une situation aussi où il y a des fournisseurs qui ont envoyé des devis ou des factures prévisionnelles à des syndics avant que nous annoncions le bouclier tarifaire, avec les prévisions de prix qu'ils faisaient pour l'année prochaine sans bouclier. Donc c'est aussi cette situation-là qu'il faut qu'on regarde.

Maintenant qu'on a annoncé le bouclier, qu'on a des tarifs de référence, qu'on a un engagement de l'État à compenser ce qu'il y a au-dessus de ce tarif de référence auprès des fournisseurs, je pense que ça va améliorer la situation et que les syndics vont assez vite voir que le bouclier s'applique.

5:10
Invité

Gabriel Attal, dans les zones rurales, les ménages qui se chauffent au fioul et ou au bois ont l'impression d'être oubliés du dispositif. Est-ce qu'une mesure est prévue pour ceux qui se chauffent au fioul, par exemple ?

5:21
Gabriel Attal

Il y a une enveloppe de 230 millions d'euros qui a été votée cet été par le Parlement pour accompagner de manière exceptionnelle les Français qui se chauffent au fioul. Là, effectivement, il y a une augmentation très forte du prix. Je crois qu'on est à 1,55€ le litre, c'est quasiment le double de l'année dernière. Et au moment de remplir sa cuve, ça se voit vraiment sur la facture. Et donc, moi, mon travail en tant que ministre du Budget, c'est de voir comment est-ce que cette aide de 230 millions d'euros, on la distribue le plus efficacement et le plus justement possible. Sur quoi on travaille ?

C'est sur une aide qui concernerait 1,4 million de Français, c'est-à-dire la moitié des ménages qui se chauffent au fioul, qui irait de 100 à 200 euros et qui serait versée à partir du mois de novembre. C'est une aide distincte du chèque énergie annoncé hier. Oui, parce qu'il y a une enveloppe spécifique qui a été votée cet été, donc très concrètement, pour quelqu'un qui est au chèque énergie et qui se chauffe au fioul. Il aura le chèque exceptionnel qu'a annoncé la Première ministre à la fin de l'année, entre 100 et 200 euros.

Si ce ménage se chauffe au fioul, il aura en plus une aide exceptionnelle parce qu'il se chauffe au fioul, parce que c'est ce que le Parlement a décidé cet été avec cette enveloppe de 230 millions d'euros, de 100 à 200 euros également. Donc au global, on va dire pour les ménages les plus modestes, ça fait jusqu'à 400 euros d'aide exceptionnelle cet hiver pour remplir sa queue.

6:33
Présentateur

Sur le chèque énergie New Look annoncé hier par Elisabeth Borne, puisqu'il va concerner désormais 12 millions de foyers, ce sera entre 100 et 200 euros, comment savoir tout simplement si on va le toucher aujourd'hui ? Il y a un site, il y a des calculs à faire à la maison, comment on fait ?

6:47
Gabriel Attal

Sur ce sujet-là, on va préciser un peu les choses de manière plus intelligible pour tout le monde, parce que la réalité, c'est que quand on fait des calculs pour savoir qui bénéficie d'une aide, on regarde ceux qui sont les plus modestes, les classes moyennes, et donc on se fonde sur ce qu'on appelle les déciles de revenus. Mais un décile de revenus, il n'y a pas un Français qui sait dans quel décile de revenus il est, parce qu'un décile, on tient compte à la voie du revenu fiscal de référence et du nombre d'enfants. Si je vous donne un exemple, pour le chèque exceptionnel qu'a annoncé la Première Ministre, un couple qui gagne 3 000 euros net à deux et qui a deux enfants bénéficie de l'aide.

Mais une fois que j'ai dit ça, il y a des gens qui nous écoutent qui ne sont pas dans ces situations-là. Donc on va clarifier les choses pour que ce soit plus intelligible et relayer évidemment les barèmes.

7:27
Présentateur

Et ils le toucheront quand ?

7:29
Gabriel Attal

Ils le toucheront à la fin de l'année pour pouvoir amortir une partie des hausses qui interviendront au début de l'année.

7:34
Présentateur

On va parler des entreprises dans un instant-là aussi. Il y a pas mal de questions encore sur ce bouclier tarifaire. Le fil info tout d'abord, 8h40, Maureen Suignard.

7:41
Invité

Le feu n'a pas progressé, aucune nouvelle surface brûlée. Voici le bilan de la nuit fait ce matin par la préfecture de Nouvelle-Aquitaine. Les pompiers restent mobilisés au sud de Lacanau en Gironde. 3 700 hectares de végétation ravagée depuis lundi. Un bouclier tarifaire maintenu. Mais plafonner les tarifs réglementés du gaz et de l'électricité augmenteront de 15% dès le début de l'année prochaine. Il sera prolongé tant que la situation est ce qu'elle est. A dit sur France Info ce matin le ministre des Comptes Publics, le chèque énergie est aussi étendu entre 100 et 200 euros en fonction des ressources pour 12 millions de ménages.

En Suède, la première ministre de gauche reconnaît la victoire du bloc de droite et d'extrême droite et démissionne après les élections législatives de ce week-end. Le scénario le plus probable est que le parti d'extrême droite n'entre pas au gouvernement mais appuie seulement l'exécutif au Parlement. Emmanuel Macron sera à Londres lundi prochain pour les funérailles de la reine Elisabeth II, morte à 96 ans. Le président qui a eu le nouveau roi Charles III au téléphone pour la première fois, il lui a présenté ses sincères condoléances. France Info Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel. Toujours avec Gabriel Attal, le ministre chargé des Comptes Publics.

Les entreprises elles aussi font face à la hausse des prix de l'énergie. Quelles sont celles qui vont pouvoir toucher le bouclier tarifaire ? Du moins avoir accès au bouclier tarifaire ?

9:04
Gabriel Attal

Il y a plusieurs situations d'entreprises. Vous avez les plus petites entreprises, les très petites entreprises, les petites PME qui bénéficient du bouclier tarifaire. C'est celles qui ont un chiffre d'affaires inférieur à 2 millions d'euros et qui ont moins de 10 salariés. Elles, comme les Français, elles ont le bouclier tarifaire. Ça n'augmente pas au-dessus de 15% sur l'électricité et le gaz alors que ça devrait être 120% comme les Français qui nous écoutent. Ensuite, vous avez des entreprises, des PME qui sont un peu au-dessus de ça et on a mis en place une aide.

Une entreprise qui consacre plus de 3% de son chiffre d'affaires à son électricité ou son gaz et peut bénéficier, quand elle perd de l'argent, d'une aide exceptionnelle.

9:43
Invité

Jusqu'à présent, ces entreprises-là n'ont pas pu avoir accès à ce fonds parce que c'était trop compliqué. Les critères étaient trop exigeants.

9:48
Gabriel Attal

C'est un fonds qui a été mis en place à 3 milliards d'euros. C'est intégré déjà dans le budget.

9:52
Présentateur

Il n'y a rien qui a été dépensé quasiment parce que personne ne l'a demandé.

9:54
Gabriel Attal

Les critères étaient très complexes. On se fondait notamment sur l'excédent brut d'exploitation. Je vous passe les détails. Et donc là, on simplifie avec Bruno Le Maire drastiquement les choses. Et donc, dès le premier euro de perte, il y a un accompagnement. Ça sera à compter du 1er octobre. Et donc là, elles peuvent bénéficier d'une aide jusqu'à 2 millions d'euros. Et ensuite, vous avez les entreprises qui consomment énormément d'électricité et de gaz. C'est le cœur de la production. Je pense au secteur de la verrerie, par exemple, ou de l'aluminium, où là, il y a des aides qui peuvent aller jusqu'à 50 millions d'euros.

Pareil, c'était aussi inclus dans le fonds dont on parlait précédemment. Et là, on va simplifier drastiquement les règles. On est en train de travailler avec la Commission européenne puisque c'est un dispositif qui est encadré au niveau européen pour pouvoir simplifier encore plus les règles. Mais vous voyez très bien de quels entreprises il s'agit. On en a entendu parler dans les médias ces derniers jours, ces dernières semaines. Duralex, par exemple, sur le verre, aluminium Dunkerque, qui utilisent énormément d'énergie. Et avec l'envolée des prix, objectivement, ils se retrouvent dans une situation qui est très difficile.

10:48
Invité

C'est pour éviter qu'elles aient recours au chômage partiel, ces entreprises, qu'elles arrêtent leurs activités ?

10:53
Gabriel Attal

Oui, évidemment. On ne souhaite pas que les entreprises arrêtent leurs activités.

10:55
Présentateur

Mais quand c'est le cas, est-ce que vous allez remettre en place le chômage ? Ce que je vous dis, c'est qu'il y a un suivi avec chaque... A 100%, remboursé à 100% par l'État ou pas ?

11:02
Gabriel Attal

On se met en situation que ça n'est pas être le cas.

11:05
Présentateur

Mais il y a des cas où c'est déjà le cas ?

11:07
Gabriel Attal

Il y a mon collègue Roland Lescour, qui est ministre de l'Industrie. Je peux vous dire qu'il échange en permanence avec les entreprises concernées. Celles qui sont les plus concernées, on les identifie assez bien. Celles que je viens de vous citer notamment, justement, pour pouvoir les accompagner avec cette aide qui peut aller, encore une fois, jusqu'à 50 millions d'euros. Donc, ça permet d'amortir quand même le choc.

11:24
Présentateur

Que dites-vous aux maires qui menacent de ne plus payer les factures ou qui disent « je vais être obligé de réduire les services publics parce que je ne peux plus payer mes factures d'énergie » ?

11:32
Gabriel Attal

Alors, sur les mairies, vous avez 36 000 communes en France. Il y en a 30 000 qui bénéficient du bouclier tarifaire dont je parlais, comme les Français, pas de hausse au-dessus de 15%. Alors, les 6 000 autres ? Sur 36 000. Donc, c'est toutes les petites communes, la ruralité, etc. Ensuite, vous avez les 6 000 autres. On a voté cet été, dans le budget rectificatif, un filet de sécurité à 430 millions d'euros. Ça veut dire qu'une collectivité, qui parle des 6 000 communes les plus importantes, peut bénéficier d'une aide qui prend en charge jusqu'à 70% de la hausse des coûts de l'énergie. Et donc, elles le savent.

12:07
Invité

Et pourquoi elles se plaignent alors aujourd'hui ? J'ai échangé encore hier. On entend plusieurs maires se plaindre ces derniers jours parce qu'ils n'ont pas accès à ce fonds-là.

12:15
Gabriel Attal

Je vous donne un exemple. On a beaucoup parlé d'un maire, le maire de Montaterre, communiste. Je crois que c'est dans l'Oise, ces derniers temps, qui annonçait effectivement qu'il ne paierait pas ses factures. Je suis allé vérifier dans le dispositif qu'on met en place. La commune de Montaterre est éligible au dispositif.

12:30
Présentateur

Alors, il a oublié de le demander ? Il n'était pas au courant ?

12:32
Gabriel Attal

Attendez, quand on met en place un dispositif, il faut évidemment le faire connaître. Et c'est pour ça qu'on travaille beaucoup avec les associations d'élus. Je les ai reçus avec mon collègue Christophe Béchut pendant toute la journée, encore hier, après les avoir vus il y a 15 jours. Donc voilà, ce que je dis, c'est qu'on met en place des soutiens pour accompagner ceux qui en ont le plus besoin. Maintenant, ce qui est certain, et je le dis et je l'assume en tant que ministre des Comptes publics, ça serait mentir que vous dire l'inverse, c'est que l'État ne peut pas prendre en charge l'intégralité des factures, de l'intégralité des collectivités locales. Ça n'est pas possible financièrement.

Donc on doit se mettre dans une situation où on est capable d'accompagner ceux qui en ont le plus besoin. Pour un certain nombre de collectivités, je ne le nie pas, ça va nécessiter un certain nombre d'efforts. On fait tous des efforts. On demande un effort aux Français avec la 15% l'an prochain, qui est quand même contenu. Au lieu de payer 200 euros de plus par mois sur leur facture d'électricité, ceux qui nous écoutent paieront en moyenne 20 euros de plus. Mais c'est quand même un effort. On demande un effort aux entreprises. Il y a un effort aussi qui est fait par les collectivités locales et par l'État.

Je viens de citer, on est en train de signer le contrat d'électricité de gaz pour l'État. Je peux vous dire qu'il y a aussi des hausses. Donc voilà, la question c'est comment est-ce que collectivement, on arrive tous à passer cette crise énergétique. Et donc l'État fait beaucoup pour accompagner ceux qui en ont le plus besoin et accompagner les Français sur leur facture. Mais moi je suis là aussi pour dire ce qu'on ne peut pas faire.

13:46
Présentateur

La contribution européenne sur les grandes entreprises énergétiques, celle qu'il ne faut pas appeler la taxe, dans la bouche en tout cas du gouvernement, pourrait rapporter 140 milliards d'euros à l'échelle de l'Europe. C'est ce qu'a dit hier la présidente de la Commission européenne. En France, ça va rapporter combien ?

14:00
Gabriel Attal

Alors c'est intéressant de parler de ça, puisque ce qu'a annoncé la présidente de la Commission européenne, c'est une extension au niveau européen d'un mécanisme qui existe en France. Puisque en France, vous le savez, on a des énergéticiens qui produisent des énergies, par exemple des énergies renouvelables, à qui on a garanti depuis des années un prix, pour pas que leurs investissements leur coûtent trop cher et que ça soit rentable. On leur a dit, vous allez produire de l'électricité, et on vous garantit que votre électricité, on va vous l'acheter à tel prix. Vu l'envolée des cours de l'énergie, le prix de marché aujourd'hui est très nettement au-dessus de ce prix garanti.

Et donc ce qu'on a mis en place comme mécanisme en France, c'est qu'on récupère tout ce qu'il y a au-dessus du prix qu'on leur avait garanti. Du coup ça ne va rien rapporter en France. Ça fait beaucoup d'argent.

14:40
Présentateur

Non mais du coup, ce qu'a annoncé hier Ursula von der Leyen n'aura pas de conséquences en France. Vous nous dites que c'est déjà le cas. Je vais y venir.

14:45
Gabriel Attal

Ça fait beaucoup d'argent. C'est plusieurs dizaines de milliards d'euros. Donc ça rapporte beaucoup. Ensuite, ce qui a été annoncé hier, et c'est ce qu'on souhaite d'ailleurs, c'est que ça puisse être étendu à d'autres secteurs. Par exemple, l'hydroélectrique, aujourd'hui, n'est pas concerné. Bruno Le Maire a eu l'occasion de dire hier qu'on pourrait récupérer un milliard de plus en étendant à l'hydroélectrique. Ensuite, il y a les activités d'énergie fossile. Vous savez qu'on n'en produit pas en France, de gaz ou de pétrole. Donc pour les pays européens qui en produisent, ce mécanisme pourra s'appliquer.

Ce que nous avons rappelé hier sur le sujet, c'est qu'il y a une activité de raffinage en France qui pourrait en faire partie. Du coup, ça pourrait rapporter combien aux finances publiques ?

15:23
Présentateur

Parce que vous avez une idée déjà du chiffre.

15:24
Gabriel Attal

Je vous dis que l'an prochain, c'est plusieurs dizaines de milliards d'euros avec le mécanisme sur les énergies qui ont déjà un prix garanti. Et combien d'argent supplémentaire ? On est en train de regarder l'argent supplémentaire qui pourrait intervenir. Mais ce que je dis, c'est que ce qu'a annoncé la présidente de la Commission européenne, c'est une contribution dans les États membres sur les énergies qui y sont produites. Et qu'en France, on ne produit pas d'énergie fossile. Il y a des pays européens dans lesquels on produit du gaz ou du pétrole. Il n'y a pas de magot, quoi. Ça n'est pas le cas en France. Je constate juste qu'il n'y a pas cette activité-là en France.

Donc on fait tout ce qui est possible de faire dans le cadre du mécanisme. Mais je veux inciter sur le fait que le mécanisme européen, il est inspiré de ce qu'on fait en France.

16:01
Invité

Si on prend un exemple que l'opposition reprend tout le temps, c'est celui de Total. Total a mis en place une ristourne dans ses pompes à essence. Mais est-ce que, par exemple, Total va participer à ce mécanisme ?

16:14
Gabriel Attal

Vous savez que l'essentiel des bénéfices de Total, ils ne sont pas faits en France. On a eu l'occasion de le répéter à de nombreuses reprises, parce que le pétrole n'est pas produit en France. Ce qu'ils ont fait avec la ristourne, moi je veux inciter sur ce point-là, c'est 500 millions d'euros.

16:27
Invité

Est-ce que Total va participer au mécanisme européen ?

16:30
Gabriel Attal

Ce que je vous dis, c'est que le mécanisme européen qui a été annoncé, il concerne également les énergies fossiles. Donc il est tout à fait possible qu'il soit concerné. Mais encore une fois, les Français qui nous écoutent, qui vont faire leur plein dans des stations totales, ils voient très concrètement ce que c'est que le mécanisme qu'on a obtenu de Total avec la ristourne à la pompe. Si on avait dit, on fait une taxe, et encore une fois sur une base qui n'est pas tout à fait taxable, puisque les bénéfices sont faits à l'étranger, je ne suis pas sûr qu'ils auraient vu le même changement dans leur vie quotidienne aujourd'hui.

16:55
Invité

Parce que la ristourne, elle prend fin au 1er janvier. Donc Total, logiquement, arrêtera sa ristourne, elle aussi, de 20 centimes à la pompe. Il n'y aura pas de mécanisme pour Total. Il n'y aura pas de contribution européenne.

17:08
Gabriel Attal

Je viens de vous dire qu'il y a une contribution européenne qui a été annoncée, y compris sur les énergies fossiles, dans les pays où ces énergies fossiles sont produites. Donc voilà. Après, on va regarder comment est-ce que cette contribution qui a été proposée peut s'appliquer partout, y compris en France.

17:20
Présentateur

Plus généralement, la ristourne carburant du gouvernement va s'arrêter le 1er janvier. Est-ce que dans le budget que vous êtes en train de finaliser, Gabriel Attal, il y a une mesure qui va prendre le relais ?

17:29
Gabriel Attal

Je disais tout à l'heure qu'on s'adaptait toujours en fonction de la situation. Aujourd'hui, on voit que le baril du pétrole a baissé et que dans les prévisions, je mets encore une fois des pincettes, je n'ai pas de boule de cristal, il ne repasserait pas au-dessus des 100, comme ça a été le cas ces derniers mois. Mais je suis extrêmement prudent et je ne veux pas qu'on me ressorte entre guillemets ça sans rappeler que j'ai été prudent. Si le baril remonte, éventuellement, l'hypothèse d'une nouvelle mesure ? On s'est toujours adapté, mais je le dis, on a basculé quand même dans un système où maintenant on va faire des aides plus ciblées.

Et moi, c'est aussi ma responsabilité de ministre du budget. C'est ce que vous aviez dit la dernière fois. Et puis finalement, la droite a dit non.

18:03
Présentateur

Il y a eu un accord avec la droite pour dire finalement, restons pour tout le monde.

18:07
Gabriel Attal

Mais j'espère maintenant que ceux qui, à l'époque... C'est dur les compromis. Non, mais j'espère que ceux qui, à l'époque, ont dit qu'on préfère quelque chose qui concerne tout le monde plutôt qu'une mesure ciblée, verront aujourd'hui que la situation de nos finances publiques plaide quand même plus tôt pour qu'on fasse des mesures plus ciblées. Mais on peut cibler sur ceux qui travaillent et ceux qui sont de classe moyenne, voire toutes les classes moyennes.

18:27
Présentateur

Ça fait un petit message aussi.

18:28
Gabriel Attal

Oui, c'est un peu le dispositif qu'on avait mis en place.

18:32
Présentateur

8h51, Gabriel Attal. On vous retrouve dans un instant. Le fil info, Maureen Suignard.

18:37
Invité

Un versement automatique sur le compte en banque. La prime exceptionnelle de rentrée est versée à partir d'aujourd'hui aux bénéficiaires des minima sociaux. 100 euros puis 50 euros de plus par enfant à charge pour 11 millions de foyers pour contrer les effets de l'inflation. Et l'INSEE annonce à l'instant que celle-ci est légèrement plus élevée que prévu. 5,9% au mois d'août sur un an. Le président de la cour d'assises spéciale prévient les images sont extrêmement violentes. Celles de l'attentat de Nice, le 14 juillet 2016, sont diffusées aujourd'hui pour le procès. L'attaque a fait 86 morts, plus de 300 blessés. Ces images permettront, selon lui, d'éclairer la vérité.

Une rencontre en Ouzbékistan aujourd'hui entre les présidents chinois et russes. Moscou, frappé par les sanctions internationales depuis le début de la guerre en Ukraine, cherche un soutien pour Pékin pour maintenir à flot son économie. Encore une victoire pour le PSG. Les Parisiens s'imposent 3 buts à 1 en Ligue des champions de football sur la pelouse des Israéliens du Maccabi Haïfa. Ce soir, Rennes joue en Europa League. Là, c'est contre le club turc de Fenerbahce. France Info Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel Gabriel Attal, l'attention monte à la frontière entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie. Chaque camp accusant l'autre d'avoir lancé les hostilités.

Les affrontements ces derniers jours ont déjà fait plus de 150 morts. Est-ce que ça remet en cause la livraison de gaz que l'Azerbaïdjan vient de promettre à l'Europe ?

20:02
Gabriel Attal

D'abord, je veux dire que l'agression dont est victime l'Arménie par l'Azerbaïdjan qui ne date pas d'aujourd'hui. Je rappelle qu'il y a deux ans, il y a une situation qui a déjà dégénéré. Est absolument inacceptable. Et que le président de la République a eu le Premier ministre arménien au téléphone. Et que nous avons rappelé qu'on appelle au strict respect du cessez-le-feu et au respect de l'intégrité territoriale de l'Arménie. Deuxième chose, on va porter ce sujet-là au Conseil de sécurité des Nations Unies dont on assure aujourd'hui la présidence. Il est absolument inadmissible que cette agression ait lieu.

Et je rappelle que le président de la République a été le premier, en 2020, à dénoncer cette agression. Le premier à dénoncer l'envoi de djihadistes dans le cadre de ce conflit. A été le premier à dénoncer un certain nombre d'ingérences et d'implications de la Turquie. Est-ce que ça remet en cause les exportations de gaz vers l'Europe ? Je peux vous dire que ça, les Arméniens le savent. Et évidemment, on continuera à être aux côtés du peuple arménien qui est un peuple ami. Ensuite, je vous le dis, il n'y a pas de sujet sur le fait de dénoncer des conflits, de prendre toutes les mesures appropriées pour dénoncer un conflit et la question des livraisons. Je vous rappelle quand même...

C'est ce qu'on fait avec la Russie. Je vous rappelle quand même qu'on a pris justement des sanctions contre un État, la Russie, qui est un État qui livre en matière énergétique et qu'on a assumé de les prendre, quand bien même ça aurait un impact...

21:20
Présentateur

Et on s'est retourné vers l'Azerbaïdjan pour assurer le remplacement.

21:23
Gabriel Attal

Ce que je vous dis de manière très claire, c'est qu'on est attaché et on rappelle régulièrement notre appel à respecter l'intégrité territoriale de l'Arménie et qu'évidemment, c'est cet objectif-là qui prime en premier.

21:33
Présentateur

J'ai une question toute simple, si vous le permettez, sur les retraites, Gabriel Attal. On ne sait toujours pas, les Français ne savent toujours pas sur quel levier vous comptez appuyer pour réformer les retraites. Est-ce que ce sera un allongement de la durée de cotisation, une accélération de la réforme touraine qui prévoit justement de passer à 43 ans la durée de cotisation ? Est-ce que ce sera un report à 64 ou 65 ans de l'âge légal de départ ? Mais est-ce que vous, vous le savez ?

21:55
Gabriel Attal

Il y a des discussions qui sont en cours entre mon collègue ministre du Travail et les organisations syndicales. Donc, c'est normal que l'ensemble de ces paramètres soient discutés. On sait ce qu'il y avait dans le programme du président de la République. Oui, et on sait qu'il a changé entre les deux tours. Un report de l'âge légal. On sait ensuite qu'il y a des discussions qui ont lieu avec les partenaires sociaux et donc, il y a une proposition qui sera faite.

22:14
Présentateur

Mais tout est sur la table. Ça peut être un de ces critères, un petit mélange des trois.

22:18
Gabriel Attal

Ce que je dis, c'est qu'on sait qu'elle est la base, c'est-à-dire le programme du président. Ensuite,

22:27
Présentateur

il y a une discussion avec des partenaires sociaux qui vous disent tous pour ce qui est des syndicats qu'on n'en veut pas et ce n'est pas le moment pour le patronat.

22:32
Gabriel Attal

Il faut discuter. Je ne crois pas, par ailleurs, je crois que l'EDEF a précisé un certain nombre de propos, mais encore une fois, on a annoncé depuis maintenant un certain temps que nous souhaitions réformer notre système de retraite. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, il est déficitaire. Le COR, le Conseil d'orientation des retraites a remis un rapport. Pas cette année, mais enfin assez vite, à moyen terme. Donc, il est déficitaire. Et en même temps que ça, on veut financer des progrès nouveaux pour les Français.

Mieux prendre en charge nos aînés qui sont en perte d'autonomie, assurer un minimum de retraite décente pour les Français qui ont travaillé toute leur vie et qui ont aujourd'hui une retraite très faible. Ça, ça a un coût. Et donc, oui, on assume de dire que pour financer ces mesures supplémentaires dans un régime qui est déjà déficitaire, il faut globalement

23:14
Invité

travailler un peu plus longtemps. Il va falloir aller vite et en passant par le projet de loi de finances de la sécurité sociale

23:18
Gabriel Attal

depuis l'automne. Notre souhait, on l'a dit, c'est que ça s'applique à l'été 2023. Que ça commence à s'appliquer à l'été 2023. Moi, je rappelle que dans le schéma qui avait été proposé dans la campagne présidentielle, c'est une mise en place sur quasiment 10 ans, très progressive. Donc, ce qu'on souhaite, c'est que ça démarre à l'été 2023. Il y a plusieurs moyens d'y parvenir, dont celui que vous avez évoqué. Mais les discussions sont en cours et il n'y a pas de décision prise sur le sujet.

23:38
Présentateur

Si j'étais footballeur, disait hier le patron des communistes, Fabien Roussel, je n'irais pas à la Coupe du Monde au Qatar. Et vous, Gabriel Attal, si vous étiez footballeur de l'équipe de France, vous feriez quoi ?

23:46
Gabriel Attal

D'abord, je ne suis pas footballeur de l'équipe de France. C'est un peu facile comme réponse et tout le monde le sait. Mais par ailleurs, je ne vais pas moi donner des leçons aux uns et aux autres. Encore une fois...

23:55
Invité

Sauf que vous faites partie du gouvernement. Est-ce que les ministres, par exemple la ministre des Sports, doivent s'y rendre ?

24:01
Gabriel Attal

Ce n'est pas à moi de dire à la ministre des Sports si elle doit s'y rendre ou pas. Je pense qu'il y aura une décision qui sera prise, y compris avec la Première ministre qui serait le président de la République. La décision d'organiser le mondial au Qatar, je pense que ça date d'il y a combien ? Dix ans, peut-être ? Un peu moins. Voilà, ça fait dix ans que c'est prévu. Donc, encore une fois, il aura lieu. Moi, d'une manière générale, je ne suis pas favorable pour les boycotts. Je pense qu'il y a d'autres moyens de faire évoluer un certain nombre de choses.

On verra s'il y a des moyens dans le cadre de ce mondial de défendre un certain nombre de points de vue et de faire bouger un certain nombre de choses.

24:32
Présentateur

Merci, Gabriel Attal. Et bonne journée à vous.