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interviewEurope 1 (sur YouTube)· 9 juillet 2026 11 min

Candidature de Marine le Pen : «C'est un pari risqué et curieux» estime Jonas Haddad

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Mais tout d'abord, on revient sur l'entrée en compagne de Marine Le Pen après son pourvoi en cassation. Un paris judiciaire assez risqué, le procureur général près la Cour de cassation, Remyed, s'exprimé ce matin sur ce pourvoi et selon lui, tout sera fait pour statuer avant le premier tour de la présidentielle. Il était l'invité de France Interre ce matin devant la Cour de cassation, on ne rej pas complètement l'affaire. elle va se prononcer sur l'application de la loi.

Alors sur la question du délai qui est qui est dans le débat aujourd'hui. Moi, je dis les choses très clairement. Nous avons collectivement pris un certain nombre d'engagements.

La cour d'appel et je tiens d'ailleurs à saluer le travail qui a été fait et la façon dont le procès a été conduit sans me prononcer sur le fond. La cour d'appel a rendu la décision dans le délai attendu. Nous nous avons toujours dit, le premier président de la Cour de cassation et moi-même, que la décision serait rendue avant le scrutin présidentiel.

Nous sommes toujours sur cet objectif. Alors, évidemment, c'est une épée de démoclè pour la candidate du rassemblement national. Jonas Sadad, que pensez-vous de ce paris fait par Marine Le Pen ?

Paris risqué et curieux. risqué et curieux parce que c'est quand même curieux de se lancer juste après une condamnation. D'habitude en France lorsque vous avez une condamnation et c'est un peu handicapant pour une candidature à élection présidentielle.

Là, c'est exactement l'inverse. Euh donc je dirais que la fusée a décollé mais elle a décollé un peu de travers. Mais elle elle se dit innocente d'où son pourvoie d'ailleurs ?

Alors vous venez de passer un extrait assez juste dans lequel l'un des plus hauts magistrats français dit bien que la Cour de cassation ne va pas rejuger complètement l'affaire. L'effet s'est terminé. On s'est prononcé sur les faits.

Et l'effet c'est quoi ? C'est qu'il y a eu un système organisé par le Rassemblement national. Je rappelle qu'il n'y a pas que Marine Le Pen qui a été condamné.

Il y a une liste de tous les dirigeants quasiment du Rassemblement national qui ont été condamnés. Donc c'est toute la direction du Rassemblement national qui a été condamné. Maintenant là où moi en revanche je suis assez rassuré, c'est que ce ne sont pas les magistrats qui ont décidé de qui sera sur la ligne de départ pour l'élection présidentielle.

Et donc il faudra notamment avec les Républicains, avec Bruno Rotaillou qu'on puisse affronter le Rassemblement national mais d'un point de vue programmatique voilà et pas d'un point de vue judiciaire. Le chemin judiciaire c'est son chemin à elle. Nous on va pas être là à la sortie de chaque audience auprès du juge d'application des peines.

C'est pas notre sujet, c'est son sujet. Je dirais même en quelque sorte que c'est sa galère. Mais nous, on va pas se lancer là-dedans.

Je dis juste quand même que sur les faits, elle a été maintenant condamnée. Mais ça vous aurait paru un peu un peu suspect peut-être, je sais pas si c'est le bon terme, que les juges l'empêchent de se présenter. Oui, clairement parce que je pense que et d'ailleurs non seulement ça me semblait ça m'aurait semblé curieux, mais je vais vous dire quelque chose.

Les magistrats récemment et ça a été évoqué dans certains attendus de la Cour de cassation, on dit qu'il fallait maintenant et c'est c'est une bonne chose, une de la cour d'appel, on dit qu'il fallait une proportionnalité, c'est-à-dire qu'il fallait pas non plus mettre un bazooka pour tuer une mouche et donc parfois il y a des condamnations qui sont données mais est-ce que ça mérite de priver les personnes de pouvoir se présenter ? Là ça a été tranché en tout cas que non pas pour l'instant. Ça n'empêche que moi je trouve quand même ça compliqué de faire une campagne dans ces conditions pour elle.

Mais encore une fois, c'est pas mon problème, c'est le sien. Mais est-ce que ça veut dire que toute la campagne va tourner autour de cela ? C'est-à-dire qu'hier, lors de son premier déplacement de campagne à la Flèche dans la Sart, le j'allais dire le bain de foule a été un peu écourté.

Elle a dû se réfugier à un moment. Il y a eu ce concert de casserole, des opposants aussi qui sont venus crier. Est-ce que ça veut dire aussi que tous ces opposants vont à longueur de débat ou d'interview lui rappeler sans cesse cette condamnation ?

Est-ce que tout va tourner autour de cela ? Alors, tout ne doit pas tourner autour de cela et ça c'est les méthodes ridicules des petits agitateurs de LFI qui lorsqu'elle a été rendue euh éligible finalement puisqu'elle peut se présenter euh vont lui faire des casseroles et si elle avait été condamnée lui aurait interdit de se présenter. Donc en fait de toute façon, ils ne sont jamais d'accord. tant que ça concerne quelqu'un de la droite ou de la dite extrême droite.

Donc ça c'est pas le sujet. Le vrai sujet c'est que je ne veux pas encore qu'on ait une campagne présidentielle qui soit escamoté. La dernière fois on avait eu l'Ukraine, on avait pas pu parler des sujets de fond, de l'intelligence artificielle, de l'emploi, des failles d'entreprises qui explosent, de l'éducation.

Et là, on peut pas avoir encore une fois une élection présidentielle dans lequelle on se penche pas sur les vraies questions. Les vraies questions, pardon de le dire, c'est pas le bracelet de Marine Le Pen. Objectivement, je pense que les gens qui nous écoutent on n'ont pas grand-chose à faire.

Gabriel Clisel. Oui, je suis un peu étonnée de votre réaction parce que vous parlez des la précédente le coup d'avant mais il y a le coup d'avant avant et là il y avait François Fillon et pardon, vous étiez quand même un petit peu dans cette configuration. Donc est-ce que au contraire euh euh Marine Le Pen ne peut pas utiliser fort du reste de l'expérience François Fillon, c'est-à-dire qui a marqué les électeurs, les électeurs de droite au sens large, euh et bien ne peut pas euh retourner euh cette défiance à l'endroit de l'institution judiciaire comme un atout.

D'ailleurs, on voit que les sondages, alors vous avez raison, hein, faut attendre la la la durée de la campagne. Euh est-ce que on voit en tout cas voilà, en tout cas dans un premier temps que ça semble plutôt lui réussir que que lui nuire et en tout cas LR n'avait pas jugé sa dissant de François Fillon que c'est un problème continuer. Il y a une différence fondamentale, c'est que François Fillion n'avait pas été condamné.

Il était à l'époque simplement mis en examen et c'était ça qui était scandaleux. Mais elle plus finalement puisque il y a c'est en Cour de cassation. Oui, mais la cour d'appel a tranché les faits.

Ah ben je sais pas, en droit de la presse, je sais pas comment ça se passe pour vous, mais en droit de la presse, nous sommes obligés de parler de présomption d'innocence, hein. Sinon se fait condamner. Moi, je parle pas de moi je parle pas de présomption d'innocence.

Je vous dis que en cours d'appel, les faits ont été jugés et la Cour de cassation ne rouvrira pas le dossier sur cette question-là. Alors que François Fillon avait été simplement mise en examen, c'est-à-dire qu'il y avait des indices et dès la mise en examen, tout le monde l'avait ennuyé, ce qui était assez scandaleux d'un point de vue démocratique. Et encore une fois, je le répète, moi je n'empêche pas Marine Le Pen et je serai le dernier à aller utiliser des casseroles pour pouvoir l'ennuyer.

Je n'ennuie pas de parler. Je dis simplement que la différence fondamentale pour répondre à votre question, c'est qu'il y en a une qui a été condamnée deux fois, deux fois en première instance et en cours d'appel et l'autre qui était simplement mise en examen. Mais justement, est-ce que c'est pas un paradoxe et comment est-ce que vous l'expliquez finalement François Fignon sa simple avec tous les Guillriger mise en examen lui a coûté la présidentielle alors que là on le voit.

Je me réfère au sondage que vous évoquiez Gabrielle Clusel. elle elle deux sondages même ou elle augmente même ses scores plus 4 points ? Ben, je pense que fondamentalement, il y a d'abord l'effet de souffle d'une candidature à la présidentielle parce qu'elle a déclaré sa candidature à la présidentielle.

Donc là, il y a un effet de souffle qui se perd et puis deuxièmement, il y a un ralbol dans le pays. Ça c'est ça on peut pas l'enlever. Et Marine Le Pen est certainement en plus de l'adhésion qu'elle peut susciter, je dis pas qu'il y a que du ral bol, le réceptacle de ce ralbol, mais le ralbol, il vient du fait que les gens trouvent que l'insécurité euh augmente, que ils sont mal payés et donc ils se disent "J'ai envie de voter pour celle qui va renverser la table." Et moi, je pense pas que Marine Le Pen soit la mieux placée pour renverser la table parce que si on rentre dans le fond du sujet, elle a une logique très collectiviste et assez proche d'une du d'un logiciel socialiste en matière d'économie.

D'ailleurs, je le disais sur un autre plateau, il y avait deux lignes au RN. Il y a la ligne du RN, je dirais plutôt Hin Baumont et la ligne du RN Monaco. D'accord.

Et ben, en fait, hier, on voyait la tête du RN Monaco de Jordan Bardella. Il avait pas l'air très heureux. Et je pense d'ailleurs aux alliés entre guillemets de Marine Le Pen qui se disent libéraux.

Vous savez, tous ceux qui avaient essayé avec l'UDR de lancer des grandes sommets, des libertés dans lequel ils avaient libéré l'économie. Il se retrouvent aujourd'hui avec une candidature qui a voté les une candidate pardon qui a voté les budgets avec LFI avec des augmentations d'impôts et le retour de la retraite à 62 ans voire 60 ans. Alors enfin moi je suis je vous je suis pas très compliqué en fait politiquement.

Je suis un homme de droite. Voilà. Et donc voilà, un homme de droite ne peut pas se retrouver aujourd'hui dans la candidature de Marine Le Pen.

En revanche, c'est vrai que il y a plein de gens qui sont mécontents, en colère dans ce pays, de droite comme de gauche, et qui peuvent se retrouver dans cette candidature, je dirais un petit peu euh voilà attrape tout. George Fenc. Alors moi ce qui m'a interpellé ce matin, c'est ce que vous venez d'annoncer, c'est-à-dire la déclaration de Remy Aides.

C'est pour ça que j'ai commencé avec d'ailleurs général Cassation qui dit que la Côte Cassation se fait fort de rendre une décision au mois d'avril, c'estàdire avant le premier tour de l'élection présidentielle si j'ai bien compris ou peut-être même entre les deux tours. Euh alors je rappelle les c'est 18 avril. J'aimerais connaître les motivations profondes de cette accélération du calendrier judiciaire parce que on sait très bien que devant la Cour de cassation le délai d'audiencement et pour statuer est entre 18 mois, je parle sous le contrôle de l'avocat que vous êtes Jonas entre 18 mois et 2 ans à peu près hein la côte question pourquoi cette accélération du calendrier ?

J'aurais aimé entendre. Est-ce que la raison profonde n'est pas de se dire il faut que le l'électeur sache si Marine Le Pen est une condamnée définitive cette fois ou encore présumée innocent ? Et là j'y vois si c'est ça la véritable motivation, j'y vois une interférence extrêmement grave dans un processus électoral.

Là, on y a même plus de règles en écrite de trêve judiciaire pendant ces moments extrêmement sensibles de la vie démocratique dans un pays. Imaginez une seconde l'effet cataclysmique. Si la Côte Cassation dit la veille du 18 avril, le 17 avril, Mareline Le Pen est condamné définitive.

Vous rendez compte de la déflagration ? Mais donc qu'est-ce qui se fa quel était le le choix qu'elle laisse courir après je pense qu'il aurait fallu laisser le débat électoral et d'ailleurs certains l'ont dit hein euh je préfère battre Marine Le Pen dans lune. Je pense qu'il aurait fallu laisser se dérouler sereine le plus sereinement possible parce que c'est déjà compliqué actuellement au moins l'élection et ensuite décider éventuellement voilà.

Alors Remiet a précisé également que la procédure était aussi à la main des partis hein, pas que lui qui décide en gros parce que c'est émin sur les pourvois qui va se pourvoir. Je rappelle que Marine Le Pen n'est pas le seul et vous l'avez dit Jonas Sadad hein, elle il y a d'autres membres du Rassemblement national qui sont dans l'arrêt de la cour d'appel qui sont concernés par ces condamnations. Donc il y a il y a il y a encore beaucoup de euh beaucoup de S et beaucoup de points d'interrogation sur le temps que ça prendrait.

Alors certains disent oui. Alors moi je encore une fois c'est néophit qui parle. Enfin c'est un juge et un avocat mais certains disent que euh Marine Le Pen pourrait même si elle s'en défend euh jouer la montre c'est-à-dire changer d'avocat.

Enfin il y a un certain nombre de de demander des informations complémentaires. Est-ce que ça ça peut jouer ? Parce que c'est vrai que vous avez raison.

Est-ce que est-ce est-ce que la justice c'est un jeu ? Mais on a l'impression que c'est un jeu de chat et souris. J'entends ce que vous dites hein, mais c'est gravissime d'en arriver là quoi à vouloir jouer avec la démocratie, avec le scrutaire présidentiel, avec la justice.

On est sur une corde très raide, une forme d'équilibrisme. On peut tomber d'un côté ou de l'autre hein. C'est et le pays ne peut ne pas s'en relever.

Ça fait déjà plusieurs élections présidentielles on a été privé de débat. Donc tout cela moi m'inquiète beaucoup pour la démocratie he je parle pas de tel ou tel candidat. George Fenc, Gabriel Clusel et notre premier invité.

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