Budget : le gouvernement va passer en force
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à tous, très heureux de vous retrouver pour un nouveau numéro de Parlement hebbo, l'émission qui vous fait vivre les rebondissements de l'actualité au Parlement. Et vous connaissez la formule un débat entre un député et un sénateur. Aujourd'hui, nous accueillons Romain Eskenazid.
Bonjour, vous êtes député socialiste du Valdoise et porte-parole du groupe à l'Assemblée nationale. Face à vous, Alain Joyandais. Bonjour, vous êtes sénateur les Républicains de Haut zones, département 70 [musique] et ancien ministre de Nicolas Sarkozy.
Et au programme, cette semaine, le gouvernement siffle la fin du débat budgétaire à l'ass à l'Assemblée nationale. Faut d'accord entre les groupes politiques sur ce projet de loi de finance, le gouvernement va passer en force et tranchera entre le recours aux ordonnances et au 493 avec le risque d'être censuré. On évoquera également la situation internationale tendue et notamment la répression sanglante des manifestations en Iran.
Des milliers de personnes ont été tuées par la milice du régime des Molas, un régime mis sous pression par Donald Trump. Mais d'abord le budget avec [musique] cette interruption des débats à l'Assemblée nationale, le récit de Jérôme Rabier. Le gouvernement dit stop au débat budgétaire à l'Assemblée par la voix du ministre des relations avec le parlement.
Sébastien Lecornu a décidé d'interrompre les débats qui devaient se poursuivre vendredi puis lundi. Malgré la volonté constante du gouvernement de créer les conditions d'un vote sur le projet de loi de financement de l'État pour 2026, nous constatons que ce vote ne pourra pas avoir lieu. Quelques heures plus tôt, Amélie de Montchalin avait dû préciser en séance les deux options sur la table pour que la France ait un budget en 2026.bération le 493 et effectivement au bout de 70 jours, il y a cette option d'ordonnance qui est une option qui n'a jamais été utilisée mais qui pour autant bah est une option que le gouvernement pourrait activer.
Le gouvernement estime que c'est l'opposition du RN et de LFI qui empêche tout avancer. Mais le Rassemblement national a accusé Matignon de mensonge pour masquer son incapacité à rassembler une majorité. Ce n'est pas la faute du groupe Rassemblement national et de l'UDR et ses 140 députés.
C'est pas la faute des insoumis et de leurs 70 députés. C'est parce que la majorité absolue du PS jusqu'au LR est incapable de se mettre d'accord sur un budget. Même critique de l'autre côté de l'hémicycle où le président de la commission des finances a dénoncé un jeu de dupe.
Le gouvernement parce qu'il est incapable de faire passer un texte qui est minoritaire joue avec le Parlement de manière et hontée. Le Premier ministre doit prendre la parole dans la journée pour présenter des mesures de compromis qui seront retenues soit dans les ordonnances, soit dans le texte qui passera avec le 493 avec le risque de se faire censurer par l'Assemblée nationale. Romain, Eskasi majorité impossible sur le budget, le gouvernement doit passer en force manifestement.
Moi, je mettrai pas forcément la faute sur LFI et le RN. On sait qu'ils sont dans une posture d'opposition systématique, mais dans l'absolu, il n'y a pas besoin ni de l'un ni de l'autre pour arriver à un compromis sur le budget. Je pense que le jeu d'équilibriste très compliqué, c'est d'arriver à tenir d'une part LR et de l'autre les écologistes parce que pour que le budget passe, il faut que l'ensemble des députés LR vote pour et il faut que les une partie députés écologistes s'abstiennent.
On est très loin. Dès qu'il fait un pas vers la gauche, il perd une partie des qui va s'abstenir. Dès qu'il fait un pas vers la droite, il perd les écologistes qui dit qu'il vote contre.
Et effectivement, ce ce chemin de crête manifestement est trop étroit pour le gouvernement. Il n'arrive pas à arriver une copie qui pourrait être une version de consensus qui trouve une majorité à l'assemblée. Il est donc obligé de recourir effectivement au 493.
Et justement Alain Jandet, est-ce que dans cette absence d'accord de vote possible sur le budget, il y a une responsabilité de la part des Républicains qui dès le départ dans ce débat budgétaire ont refusé un compromis avec la avec la gauche, un compromis avec les socialistes, notamment les sénateurs LR. La responsabilité est sans doute partagée puisque il y a une coalition qui n'a pas de majorité absolue et qui est obligé de se mettre d'accord sur un texte minimal. Bon, tout ça est très triste pour le pays.
C'est fou. C'est fou qu'on en soit là. C'est fou qu'on en soit à ces à ces discussions de café du commerce et de négociation.
Alors que moi ce qui m'importe, c'est pas tellement de savoir comment on va en sortir, c'est qu'est-ce qu'on met dans le budget. Est-ce qu'on décide de s'attaquer oui ou non à la situation financière du pays ? Est-ce qu'on se rend compte que à l'international, monsieur Macron nous explique qu'on est au bord de la guerre et que la France a pas de budget et qu'on dit qu'il faut remilitariser, qu'il faut reprendre une indépendance et qu'on a même pas de quoi en ce moment financer la loi pour la défense nationale.
Donc c'est ça le sujet, c'est qu'est-ce qu'on met dans ce budget ? Est-ce que les socialistes, mon cher collègue, continuent à mettre la pression pour qu'on dépense encore plus d'argent ou est-ce qu'on devient raisonnable et qu'on dit on s'attaque au déficit budgétaire ? Parce que le déficit budgétaire, si on s'y attaque pas maintenant, on met en place des frais de structure qui vont coûter beaucoup plus cher que l'instabilité gouver.
Va vous répondre, vous avez la clé, vous socialiste d'une partie de ce dénouement de cette bataille budgétaire. En partie, là où on va s'accorder chers collègues, c'est que nous considérons deux choses. Il faut un budget à la France.
On fait pas partie des groupes qui considèrent que c'est accessoire, qu'avec la loi spéciale, on peut durer. On a vu la crise agricole. Les agriculteurs, j'étais devant l'Assemblée nationale, ont réclamé à trois reprises sur leur tribune improvisée un budget parce que sans budget, il y a pas toutes les avancées que leur promet le gouvernement pour améliorer leurs conditions de vie et de travail.
Quand on parle au PME, elles n'investissent plus, elles n'embauchent plus. Les collectivités n'ont pas de visibilité, les associations ne peuvent pas toucher de subvention. Donc au regard de l'instabilité du monde, il faut effectivement un budget.
Deuxième accord qu'on peut avoir ensemble, il faut s'attaquer au problème du déficit. On peut pas laisser filer comme ça les déficits là où effectivement on a un désaccord en fonction de nos entation respective. C'est que nous considérons que la France a un problème de recette et que il faut pas taper dans les budgets de l'éducation, de la santé, de la recherche, de l'armée, de l'agriculture, de la transition écologique qui dope la croissance.
On voit pas tellement où est-ce qu'on pourrait faire des coupes franches sans impacter la vie des Françaises et des Français et sans impacter la qualité de nos services publics. Par contre, et c'est même le ministre Lombard qui l'a dit il y a encore quelques jours, je pense qu'il y a un problème de recette dans ce pays, notamment du côté des très grandes entreprises et des très grandes fortunes. Là, on a forcément un désaccord où on aura un désaccord.
On a forcément un désaccord. C'est on a le le plus d'impôts au monde et on a des services publics qui marchent pas. S'il fallait mettre des impôts pour qu'il y ait plus de services publics, ça se saurait.
Alors donc là on a un désaccord de fond, c'est sûr. Alors avant de venir sur le désaccord sur le fond, peut-être un mot sur l'outil qui va être utilisé par le gouvernement Romain Eskenazzi entre le 493 et l'utilisation des ordonnances. Quelle est la meilleure solution pour les socialistes ?
Vous aurez compris que nous on était pour ni l'un ni l'autre. Nous on croit au débat parlementaire et on s'est engagé dans cette démarche de dialogue et de recherche de consensus parce qu'on voulait ni l'un ni l'autre. Hier on a acté que c'était pas possible.
Le 493, on connaît l'Assemblée nationale a déjà subi des 493 à plusieurs reprises. Il s'agit de faire passer un budget sans vote et ensuite charge aux députés ou non de déposer et de voter une motion de censure. Les ordonnances, on rentre dans l'inconnu.
Nous aurons le débat, comme c'est le cas à chaque fois au Parti socialiste, en réunion de groupe. Ce débat n'a pas encore eu lieu. Je peux pas donc vous donner en tant que porte-parole l'arbitrage définitif, mais je peux vous donner mon sentiment.
Oui, les ordonnances, c'est la négation du parlementarisme. C'est le gouvernement qui applique un budget simplement en prenant des décisions sans même que l'Assemblée nationale soit consultée. C'est selon nous peut-être la porte ouverte à une nouvelle mode de gouvernance demain pour d'autres gouvernements plus autoritaires qui pourraient avec cette voie ouverte pouvoir gouverner par ordonnance.
Ça ne s'est jamais fait dans l'histoire de la 5e République. Ça pourrait être un motif de censure l'utilisation des ordonnances pour les socialistes. Je peux pas vous le dire aujourd'hui parce que tout dépendra aussi de la copie mais en tout cas je peux exprimer au nom du groupe les très fortes réserves qu'on pourrait avoir sur ce mode d'application du budget.
Alain Joriand quel outil pour faire passer ce budget ? On a bien compris que le débat a été impossible donc ce sera soit ordonnance soit 493. Vous vous préférez quoi ?
Ouais par cohérence. par cohérence comme je souhaite un budget qui s'attaque au déficit public. Le 493, c'est l'assurance des magouilles et des discussions avec le Parti socialiste notamment pour avoir un budget qui va coûter encore plus cher au français.
Donc l'assurance d'un meilleur budget, c'est les ordonnances. même si ça n'a jamais été euh pour l'instant utilisé, même s'il y a un débat entre les constitutionnalistes hein sur cette sur cet article de la Constitution pour expliquer à ceux qui nous écoutent qui sont parce que c'est très technique tout ça hein, le 493, on sait que s'il y a censure, il y a plus de budget. Les ordonnances, s'il y a une censure après les ordonnances, les ordonnances restent en place et on a un budget.
Et moi, je préfère un budget sérieux qui s'attaque au déficit public à à un 493 pour éviter une crise gouvernementale mais qui va coûter beaucoup plus cher aux Français. Donc n'essayons pas de trouver encore une espèce de solution comme celle de l'année dernière. Ça fait ça va faire bientôt 1 an et demi que ça dure hein.
Donc il faut quand même à un moment donné que à l'international on voit que la France existe encore. Alors quel que soit l'outil constitutionnel utilisé par le gouvernement, l'exécutif aura besoin d'un accord de non censure notamment avec les socialistes euh pour et bien éviter de tomber au terme de ce budget. Romain Eskencrètement qu'est-ce que demandent les socialistes dans la négociation avec Sébastien Lecnu dans cet accord de non censure ? dans la négociation, nous souhaitons nous rester dans le cadre de rester et c'est là où on a effectivement un accord sous la barre des 5 % de déficit.
On ne veut pas continuer à laisser filer les déficits simplement par rapport à la copie initiale. Nous nous ne souhaitons pas mettre en une fois encore à contribution celles et ceux qui n'ont que leur travail pour vivre les services publics qui nous paraissent essentiels pour les Françaises et les français. Et pour cela, il faut effectivement des recettes supplémentaires.
On les estime entre 6 et 8 milliards de recettes supplémentaires prises sur les très grandes entreprises, sur les très grandes fortunes à travers un nombre de dispositifs qu'on a déjà mis sur la table en toute transparence parle souvent de négociation secrète. Très franchement, nos propositions sont sur la table depuis très longtemps et c'est mettre à contribution celles et ceux qui peuvent se le permettre et qui ont bénéficié d'environ 60 milliards de baisse de recettes depuis l'élection d'Emmanuel Macron en 2017. Pour financer quoi ?
Trois piliers fondamentaux selon nous. le pouvoir d'achat à travers la prime d'activité et l'annulation de cette année blanche qui fait rentrer 200000 français dans l'impôt sur le revenu. Deuxème pilier, l'Iducation avec le budget de la recherche de l'université, l'annulation de ces suppressions de 4000 professeurs dans les dans les dans les écoles.
Il suffit de se balader sur nos territoires pour voir les classes surchargées. Et le troisème pilier, c'est le fond vert, la transition écologique qui est par ailleurs créateur de croissance et d'emploi dans notre pays. Une hausse d'impôts supplémentaires pour les plus riches.
Est-ce que la droite est prête à faire cette concession pour éviter la moi, j'ai aussi trois piliers. Alors c'est la réduction des dépenses, la réduction des dépenses et la réduction des dépenses. Il y en a marre si vous voulez qu'à tous les étages de l'État à tous les étages de l'État, on a l'impression qu'il y a pas de limite.
Enfin, écoutez, 3400 milliards de de déficit. Le premier budget de la France, c'est la le service de la dette, c'est-à-dire les intérêts de la dette. Jusqu'à quand on peut aller ?
C'est totalement irresponsable. Donc je pense que si on prend vraiment le le sujet de la dépense publique, il y a des gabis partout, on peut faire des économies partout. Le Sénat a montré et a fait des propositions qui hélas n'ont pas été suivies pour réduire la dépense.
Je vois pas comment on peut continuer. On va ça va mal se terminer. Ça va mal se terminer mais l'injandisé, on peut faire les deux.
On peut réduire certaines dépenses publiques et puis augmenter des recettes notamment une fiscalité sur les plus riches entre 6 et 8 milliards. C'est ce que demandent les socialistes et puis préserver certains budgets comme l'éducation et l'écologiste. Ça peut être acceptable pour la droite.
Je suis je suis par définition contre l'augmentation de tout impôt parce qu'il faut pas croire que parce qu'on s'attaque aux riches, les pauvres vont en récolter quelque chose. Ça va partir encore dans le tonneau des Danaïdes et on va continuer à mettre en place des administrations nouvelles, des agences nouvelles et on va continuer à fonctionner. Fonctionner pour quoi faire ?
Ça fait des années que ça dure. Il faut dire à la décharge de nos gouvernements actuels que ça ne date pas d'aujourd'hui. La dépense publique personne ne réussit véritablement à l'arrêter et je pense qu'il faut maintenant trouver les solutions.
Donc non à toutes pas dans le compromis. Enfin non à tout un peu la question n'est pas la question c'est pas un compromis. Est-ce qu'on peut faire un compromis sur l'avenir de notre pays ?
Est-ce qu'on peut avoir un président de la République qui nous dit qu'on va faire la guerre et qu'on continue à augmenter les dépenses publiques et qu'on peut pas financer les dépenses militaires ? Non, on va laisser répondre Romain Eskenasi que dit ça. Vous entendez qu'il y a de la gabie qu' a des un petit peu cocasse de la part de monsieur le sénateur de nous expliquer que le problème c'est le déficit.
Or, le budget qui est sorti du Sénat, retravaillé notamment par la droite sénatoriale est ressorti avec un déficit de 5,3, c'est-à-dire avec encore plus de déficit publics que la version qui était proposée par le Parti social. Par vous interrompre, c'est d'ailleurs pour ça que je me suis abstenu sur le budget au Sénat parce que j'ai considéré si vous voulez que c'était pas un budget qui était suffisamment qui était suffisamment à la hauteur de la situation. Donc merci de me permettre de de le dire mais ça fait des années et des années que je fais partie de ceux qui pensent que la France doit être mieux gérée quel que soit le gouvernement en place.
Il faut penser à l'avenir de nos enfants, c'est tout. Et quand on regarde les derniers gouvernements socialistes, que ce soit ceux de Lionel Jospin ou ceux de François Hollande, nous avons baissé les déficits publics. À chaque fois que nous avons été au pouvoir, nous avons baissé les déficites publics.
À la fois par de la croissance économique. Il y a rien de mieux pour remettre de l'argent dans les caisses de l'État que l'activité économique, la croissance, l'emploi. Et donc ça c'est la première des choses.
Et on pense que le budget, le corps nuin qui pourrait être appliqué par ordonnance, tous les experts le disent, ferait baisser et perdre de la croissance parce qu'il y aurait moins d'investissement des collectivité locale, il y aurait moins d'investissement dans le fond vert et il y aurait moins de recrutement. Une dernière question sur ce thème budgétaire après on passe à l'international Alain Jandet en cas de censure du gouvernement, est-ce qu'il faut une dissolution de l'Assemblée nationale et du coup des élections législatives en même temps que les élections municipales ? Alors qu'elles soient en même temps que les élections municipales, c'est encore un autre débat.
S'il y a censure du gouvernement, j'imagine que le président de la République prendra ses responsabilités. Je vais attirer votre attention sur un point en quelques secondes, un point un point législatif constitutionnel. Attention à la à la dissolution de nationale, la dissolution de l'Assemblée nationale et à la date à laquelle cette dissolution peut avoir lieu.
Si c'est maintenant, c'est pas très grave. Si c'est à l'automne prochain, on est 1 an, on est moins d'un an avant les prochaines élections présidentielles, ça veut dire que le prochain président de la République n'aura plus la possibilité de dissoudre l'Assemblée nationale et il devra faire avec l'Assemblée nationale actuelle. C'est très grave pour l'avenir de notre pays.
He vous craignez une dissolution de l'Assemblée nationale ? Je ne crains pas une dissolution de l'Assemblée nationale. Je pense que il faut respecter le vote des Français.
Il y aura une dissolution de l'Assemblée nationale, vous le sous-entendez, après l'élection présidentielle, quel que soit le camp qui gagne. Qu'est-ce que c'est que ce bazar ? Il va renvoyer tout le monde, il y aura une dissolution.
C'est évident. Il y a eu des élections législatives en 2024. Il y a eu des élections législatives en 2022.
Pour les dernières, les Français se sont déplacés massivement 70 % de participation. Ça c'était pas vu depuis 30 ou 40 ans. Il faut, je pense, respecter le vote des Français et faire avec ce choix.
Chaque camp dit "Oh, j'aurais préféré avoir la majorité absolue, il faut une dissolution." Mais la démocratie, c'est aussi respecter le résultat des urnes et accepter de nous parler pour dégager des consensus, dégager des majorités sur différents textes jusqu'aux élections présidentielles. On aurait pu faire d'ailleurs, pardon, on aurait pu faire la coalition qui existe aujourd'hui, comme je l'avais modestement proposé en 2022, si on avait fait la coalition qui existe aujourd'hui au Parlement, à l'Assemblée nationale, nous aurions la majorité absolue.
Allez, on va maintenant évoquer la situation internationale et notamment l'Iran avec la répression sanglante des manifestations dans le pays par le régime des MOLA. Une répression qui a fait des milliers de morts et selon les sénateurs, la France doit prendre des sanctions supplémentaires contre le régime de Teran. Gael Fonseca, c'est le sujet qui a dominé les questions au gouvernement.
Je veux parler du peuple iranien. Les images nous arrivent des morgues dans lesquels les corps s'alignent. L'Iran bascule, un peuple entier se soulève et la réponse du régime islamiste est sans retenue.
Pas moins de quatre sénateurs ont interpellé le ministre des affaires étrangères sur l'Iran. Vous avez condamné les exacts du régime sanguinaire, c'est une bonne chose. Vous avez convoqué l'ambassadeur de la République islamique d'Iran, c'est mieux encore.
Mais je crois qu'il faut aller encore plus loin et beaucoup plus loin et plus vite. Tout s'appelle à l'action jusqu'à fermer l'ambassade iranienne à Paris. Sur les bancs, on réclame l'inscription des gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes et une réunion du Conseil de sécurité des Nations-Unies.
Nous œuvrons le long de quatre axes d'efforts. Priorité à la sécurité des ressortissants français. Mais Jean-Noël Barreot l'assure, il travaille sur de nouvelles sanctions, sur l'anticipation de toute escalade en cas d'intervention américaine et soutient la société civile iranienne.
La France, le pays des droits de l'homme, le pays des Lumières se tient tout entier et se tiendra à leur côté. Depuis fin décembre, les Ianiens se soulèvent contre le régime. La répression est sanglante.
Des milliers de manifestants ont été tués, 10000 personnes arrêtées. Cela fait plus d'une semaine qu'Internet est coupé pour tout dissimuler. Jusqu'ici, l'État français a officiellement condamné la violence de l'État iranien et convoqué son ambassadeur à Paris.
Pour moi, cette réponse, elle a été un peu frileuse. Le le ministre a parlé de crime d'État, nous parlons de crime contre l'humanité et nous n'avons pas encore réaliser que aujourd'hui c'était la réaffirmation des États-Puissances et que l'Europe campé sur de vieilles positions n'a pas encore remis à jour son logiciel. Le gouvernement reste prudent.
Cécile Colaire et Jacques Paris n'ont plus le statut d'otage en Iran, mais ils s'y trouvent toujours et ont l'interdiction de quitter le territoire. La question iranienne sera abordée ce lundi lors d'un débat 50-réen à l'Assemblée nationale puis au Sénat initialement déclenché pour le Venezuela. Romain Iscanasi, est-ce que la réaction de la France est trop timide, trop timorée face à ces milliers de morts, ces milliers de manifestants qui sont tués par le régime des mola iraniens ?
On a vu dans votre reportage mon collègue du Valdois, sénateur Rachid Temal intervenir et puis sur vos bancs également. Moi, je pense qu'il y a des sujets sur lequels il faut pas essayer de créer artificiellement des différences entre nous et que la France a intérêt à parler d'une même voie avec beaucoup de force et d'unité pour montrer que c'est tout le peuple français à travers ses représentants qui soutiennent le peuple iranien qui se soulève pour sa liberté et qui se fait massacrer par cette tyrannie des mol. Je pense qu'on pourrait effectivement aller plus loin.
Nous nous parlons d'inscrire euh ce ce régime-là, en tout cas ses dirigeants sur la liste des organisation terroristes internationale, ce qui limiterait leur déplacement de nouvelles sanctions économiques, l'arrivée d'aide humanitaire et notamment médicale. Ma collègue qui est née en Iran, Aida Adizadé, qui est intervenue à l'Assemblée nationale nous témoignait qu'il manquait de tout dans les hôpitaux aujourd'hui. Donc je pense effectivement qu'il faut témoigner un soutien extrêmement fort au peuple iranien et condamner ce régime à travers tous les moyens possible imaginable.
La seule réserve, c'est effectivement l'intervention militaire alors que nos otages sont encore à l'ambassade avec un risque que l'ambassade soit envahie par l'armée si jamais une intervention militaire est déclenchée. Alain Joriandet à part condamner rappeler son ambassadeur que peut faire concrètement la France et et avec elle l'Europe ? La France est des est avec l'Europe d'ailleurs la France avec l'Europeiss sont tellement sont tellement impuissants.
Ça d'ailleurs euh ce que vient de dire mon collègue sur l'Iran, je le partage hein. On n'a pas de on n' pas de différence d'approche là-dessus. Euh mais la la le constat qu'on est obligé de faire qui est dramatique, c'est où est l'Europe ?
Où est l'Europe ? Où est la France ? Où sommes-nous ?
Où sommes-nous sur la question de l'Iran, sur la question de l'Ukraine ? On essaie de montrer que nous sommes là mais franchement c'est très superfaire. Alors concrètement, je pense qu'il faut il faut surtout c'est du long terme.
C'est du long terme. Il faut reconstruire une Europe qui soit une vraie Europe, une Europe forte. On a construit une Europe qu'on ne voulait pas.
On l'a élargi sans changer les règles. Ce qui fait que ce qui fait qu'aujourd'hui la France se fait mettre en minorité au sein de l'Europe sur un traité international comme le Mercosur. Vous voyez où nous en sommes arrivés.
Donc, il y a beaucoup de questionnements sur cette appartenance de la France à cette Europe-là. Et donc, le président de la République ne peut pas parler que de l'Europe, il faut aussi parler de la France. Vous savez, ça revient à notre premier sujet parce que quand on a la situation financière que l'on a, on est ridicule et on peut pas peser.
Je reprends les propos du président de la République hier ou aux armées qui dit que quand on veut être quand on veut pouvoir comment je vais je vais traduire son propos. Quand on veut être influent, il faut être fort. Pour être fort, il faut être riche, il faut être crain.
Et quand on est pauvre et qu'on a plus de stratégie mondiale, on voit bien qu'en ce moment le monde est en train de changer. Les grandes puissances sont en train de réorganiser le monde. Et nous, hélas, pour l'instant, nous nous regardons.
Je veux pas faire de catastrophisme parce qu'il y a des solutions. Il faut beaucoup de volonté. La France a montré dans son histoire qu'elle pouvait ressurgir même dans les moments les plus difficiles.
Mais il est temps de prendre conscience de la situation dans laquelle on est. Romain Eskanie, est-ce qu'une Europe forte, ce serait une Europe qui serait capable de frapper militairement ce régime de Teran face à ce que certains qualifient de crime contre l'humanité ? C'est un crime contre l'humanité et je je voudrais encore une fois rendre hommage au courage exceptionnel du peuple qui sort simplement avec des slogans et qui se fait tirer dessus avec des armes de guerre.
Oui, je pense que devant cette ce développement des empires, les États-Unis, la Chine, la Russie qui n'hésite pas à utiliser l'armée, je pense qu'on aurait intérêt à plus de mutualisation sur la partie militaire, à la fois sur la partie de production euh pour mutualiser la fabrication d'armes et la production militaire, mais également en terme de coordination. Je pense que chaque État aurait ses souverains sur son armée, mais il faudrait avoir plus de coordination. L'Europe quand elle est unie est extrêmement forte.
Le problème c'est qu'elle est divisée et que nos adversaires jouent de ces divisions en essayant de faire jouer les intérêts nationaux contre les intérêts supérieurs dans le monde et en l'occurrence que les droits humains soient respectés en Iran, je pense que c'est dans l'intérêt de l'ensemble des États européens. On va parler du Groenland puisque Donald Trump veut annexer ce territoire par tous les moyens. Emmanuel Macron a donc décidé, comme vous le disiez, d'envoyer des soldats français là-bas pour réaliser des manœuvres dans le cadre d'une mission européenne.
Alors, rappelons que ce territoire, c'est dans le cadre de la souveraineté du Danemark. Euh donc euh c'est euh dans le cadre de l'OTAN. Est-ce que vous vous approuvez cet envoi de troupe ?
C'est cosmétique. C'est si c'était pas dramatique qu'on pourrait en rire. Je veux dire, les États-Unis font ce qu'ils veulent au Groenland.
Ils ont une base militaire importante. Ils peuvent le ils peuvent accroître cette base militaire comme ils le veulent sur la base de traité d'ailleurs sur la base de il a le monsieur Trump sur l'affaire du Gruenland a le droit avec lui. On n pas le temps de de détailler ici mais bon le fait que l'on aille d'ailleurs aussi comprendre que ce qui est expliqué c'est qu'on va pas là-bas contre monsieur Trump.
On va pas là-bas contre les États-Unis. pour que ce soit clair. Vous dites qu'il a le droit avec avec lui parce qu'il y a d'anciens traités qui prévoient que que les États-Unis peuvent augmenter leur leur présence au Groenland en fonction des circonstances.
Et donc officiellement, on y va pas contre les États-Unis, on y va plutôt, j'allais dire avec les États-Unis dans l'OTAN contre les puissances qui sont la Chine et la nouvelle la nouvelle Russie, la Fédération de Russie. C'est quand même plutôt comme ça que je comprends les choses. Oui, mais on y va.
On y va aussi parce que Donald Trump a dit qu'il annexerait le Groenland par tous les moyens, également par la force militaire s'il le fallait. Romain Eskinazi, le fait d'envoyer des soldats européens sur ce territoire, est-ce que ça a pas créé une escalade militaire face aux Américains ? Escalade militaire ?
Non. Moi, je pense que il y a certaines personnes, c'est le cas de Trump, c'est le cas de Poutine, ils ont ce point commun qui ne comprennent qu'un seul langage, c'est celui du rapport de force. Ça veut pas dire qu'on va vers l'escalade militaire.
Vous savez, on a envoyé 15 soldats français pour l'instant hein. C'est des des terreurs alpins qui sont honnêtement pour faire face à l'armée américaine, je sais pas combien si vraiment devait faire la guerre contre les États-Unis, je sais pas combien de soldats il faudra envoyer. Mais c'est pas ça le sujet.
Le sujet c'est de passer un message, c'est de dire nous avons des soldats européens qui sont sur le sol du Groanland. Donc s'il est envahi demain par l'armée américaine, il devra se battre contre des soldats européens qui sont censés être des alliés au sein de l'OTAN. Donc 15 soldats suffisent, c'est pour passer un message, nous occupons le terrain, nous sommes là et si vous venez, il faudra nous passer sur le corps entre guillemets.
Et donc c'est pas une déclaration de guerre, c'est pas avec un soldat qu'on va faire peur aux États-Unis, mais simplement c'est un message qui me paraissait important de passer. Un message une démonstration de force, une démonstration qu'on ne va pas se laisser faire. Dans les dernières déclarations, les États-Unis reculent quand même cette idée de prendre le Groenland par la force.
Je pense qu'il souhaite plutôt sortir le chéquier pour récupérer le Groenland et notamment son emplacement stratégique face à la Russie. Quand on regarde un globe terrestre par-dessus, on voit bien à quel point le Groenland se situe entre l'Amérique du Nord et la Russie. Donc c'est un emplacement stratégique mais c'est surtout pour son sous-sol que les Américains veulent prendre le Groenland comme pour le Venezuela, c'està-dire récupérer les ressources naturelles de La France a donc raison de montrer les muscles.
Bah on on a des petits muscles, hein. Donc on montre nos nos mususcles. Voilà.
Et donc je suis assez d'accord avec l'analyse qui vient d'être faite. C'est pas avec ce qu'on est en train de faire que l'on peut dissuader. Je n'ai pas entendu de la part des Européens de de messages contre les États-Unis dans cette affaire.
Je pense qu'on on n'est pas dans il faut laisser un peu de temps au temps pour expliquer les choses, mais je pense qu'on n'est pas tellement dans ce dans ce contexte- là. Il faudra laisser un peu de temps à monsieur Trump pour expliquer les choses mais vous verrez qu'on sera pas contre fin et ce sera le mot de la fin. Merci à tous les deux d'avoir participé à ce débat et merci à tous d'avoir suivi cette émission.
Merci.
Alain Joyandet