Discours de Véronique Barrow - Européennes 2019
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:05Invité politiqueFait
« Longtemps, j'ai été persuadée que le gouvernement œuvrait pour le bien commun, que certes, ce n'était pas simple, car il lui fallait ménager la chèvre et le chou, mais qu'il essayait vraiment de trouver un arrangement favorable à l'intérêt général. »
- 2:47Invité politiqueFait
« Je n'arrivais pas à imaginer d'abord qu'un vaccin, fait pour faire du bien, puisse faire du mal, et d'autre part, qu'on puisse continuer de l'administrer alors qu'on savait qu'il était nocif ! »
- 8:07Invité politiqueFait
« lorsque j'entends cet ignorant de Macron oser dire qu'il n'y a pas de culture française, je me dis... »
- 9:25Invité politiqueFait
« Être française, pour moi, c'est être consciente de nos valeurs, de notre patrimoine, de notre identité... Oui, le mot qui fâche ! »
- 16:57Invité politiqueFait
« Et nous allons voir aux élections de dimanche si la dictatoriale UE elle aussi a trouvé dans les Français un peuple qui relève le défi ! »
Temps de parole
- François Asselineau100 %
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{Charles-Henri Gallois :} Merci d'accueillir la dernière intervenante : Véronique Barrow. (Musique) Bonjour ! Vous m'entendez ? Oui. Donc je m'appelle Véronique Barrow. Je suis professeure de lettres. À l'UPR depuis 2015, si je me souviens bien. Et je me suis présentée aux législatives en 2017. Moi aussi, j'ai fait ma petite part de colibri, parce que j'ai dépassé le 1%. Voilà. (Applaudissements) Je figure donc aussi sur la liste des européennes. Et si j'ai bien compris, dernière de la liste (NDLR : non). Je suis la 74e, ce qui... (Applaudissements) ...ce qui signifie qu'il faudra que l'UPR fasse à peu près 100% pour que je sois députée.
(Applaudissements) Ce n'est pas impossible, puisque l'impossible n'est pas français. Mais c'est hautement improbable. Et notre distingué mathématicien et économiste de tout à l'heure, qui... Je sais plus où il est. Vincent Brousseau ne me contredira pas sur ce point. Longtemps, j'ai été persuadée que le gouvernement œuvrait pour le bien commun, que certes, ce n'était pas simple, car il lui fallait ménager la chèvre et le chou, mais qu'il essayait vraiment de trouver un arrangement favorable à l'intérêt général. Ça me paraissait évident. C'est après un accident de vaccination que ma confiance a commencé à être ébranlée. Devant aller à Bali, j'avais reçu un vaccin contre l'hépatite B.
Quelques mois plus tard, j'ai déclaré une névrite optique qui m'a rendue aveugle d'un œil puis, au moment où le premier commençait à se réparer, du deuxième. À l'hôpital, l'ophtalmologue m'a demandé si j'avais reçu le vaccin contre l'hépatite B, me précisant à mots couverts qu'il y avait beaucoup de gens dans mon cas. Je suis tombée des nues. Je n'arrivais pas à imaginer d'abord qu'un vaccin, fait pour faire du bien, puisse faire du mal, et d'autre part, qu'on puisse continuer de l'administrer alors qu'on savait qu'il était nocif ! (Huées) Ouais. J'ai finalement recouvré la vue. Mais dans ma tête, une révolution avait eu lieu.
J'avais découvert que les pouvoirs publics étaient capables de laisser empoisonner les gens, ce que corroborait à l'époque le scandale du sang contaminé. Il m'a fallu du temps pour admettre cette idée tellement contraire au plus élémentaire bon sens, tellement offusquante moralement. Mais j'ai fini par intégrer le fait que ceux qui nous gouvernaient n'étaient pas là pour le bien commun, mais pour leur bien particulier, qu'ils n'organisaient pas les choses pour qu'elles se passent au mieux collectivement, mais pour qu'elles se passent au mieux pour eux, ...
(Applaudissements) ...que le collectif n'avait d'intérêt à leurs yeux que dans la mesure où ils pouvaient lui vendre quelque chose, car on fait de meilleures affaires en vendant à un grand groupe qu'en vendant à quelques individus. (Légers applaudissements) Bref, j'ai intégré le fait que dès lors que les gens qui nous gouvernent sont les mêmes que les gens qui sont aux affaires, le gouvernement n'a plus qu'un but : offrir aux hommes d'argent un fabuleux marché captif. (Applaudissements) Bref, j'étais arrivée à un état d'écœurement assez avancé. Et puis un jour, mon mari a découvert l'UPR. Oui, c'est lui qui a découvert cette pépite, ou plutôt cette mine. Lui, anglais...
Vous voyez que je fais l'UE avant la lettre. (Applaudissements) Lui, anglais, qui s'intéressait plus à la politique française que moi, et qui était peut-être encore plus libertaire que moi, il a visionné quasiment toutes les conférences. Et il a commencé à m'en rebattre les oreilles et à me conseiller à chaque instant de les regarder à mon tour. (Applaudissements) Alors donc j'ai fini par regarder une de ces fameuses conférences. Et si je l'ai fait, c'était vraiment juste pour qu'il arrête de me casser les pieds. Et là, j'ai découvert que l'histoire pouvait être passionnante, que la politique pouvait être passionnante.
Mais la politique au sens noble du terme, c'est-à-dire tout ce qui concerne la cité, le collectif, la société dans son ensemble. (Applaudissements) En gros, comment faire pour vivre au mieux en groupe dans cet espace commun que les Romains appelaient la chose publique, la res publica, la république ? (Applaudissements) En fait, les conférences d'Asselineau m'ont fait prendre conscience d'un attachement profond à la conception des choses qui est celle de la France. J'ai vu que mon amour de la langue française, amour que ceux qui me connaissent trouvent parfois un peu trop exigeant, était lié à un attachement au peuple qui la parle, à la civilisation qu'elle exprime.
(Applaudissements) Désormais, la France m'apparaissait non pas comme une entité abstraite, mais comme un être. Et à travers les conférences d'Asselineau, j'ai compris les fameux mots de De Gaulle au début de ses mémoires : « Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. Le sentiment me l'inspire aussi bien que la raison. Oui, le sentiment : cette émotion devant la beauté des paysages et la douceur du climat, mais aussi devant le caractère de ce peuple, à la fois râleur et jovial, ingouvernable et généreux, si vite désespéré de lui-même et si prompt à s'enflammer pour de nobles causes.
Et puis la raison : l'admiration objective devant ce que ce peuple avait été capable de faire tant au point de vue artistique que littéraire, scientifique, philosophique ou architectural. Et Notre-Dame n'est pas un bâtiment. Notre-Dame est une œuvre d'art. (Applaudissements) Et lorsque j'entends cet ignorant de Macron oser dire qu'il n'y a pas de culture française, je me dis... (Huées) ...je me dis qu'il aurait mieux fait d'écouter les cours de son professeur de français au lieu de songer à autre chose ! (Applaudissements) Alors ici, je voudrais dire merci – et je suis pas la seule – à François Asselineau.
(Applaudissements) Merci de m'avoir fait prendre conscience que j'appartenais à une communauté, et qu'être française avait un sens particulier. Être française, pour moi, c'est être consciente de nos valeurs, de notre patrimoine, de notre identité... Oui, le mot qui fâche ! (Applaudissements) Mais qu'est-ce que l'identité ? C'est le caractère de ce qui demeure identique ou égal à soi-même dans le temps. (Applaudissements) C'est cela, l'identité : ce qui demeure identique à travers les générations. C'est tout. Et ce n'est pas l'abominable nationalisme qu'on nous dépeint. Ce n'est pas la xénophobie furieuse. Ce n'est pas le racisme primaire !
(Applaudissements) Dans les Chants de Maldoror, Lautréamont – eh ouais, je peux pas m'empêcher d'en revenir à mon métier : prof de lettres – disait : « Vieil océan, tu es le symbole de l'identité : toujours égal à toi-même. Tu ne varies pas d'une manière essentielle ». Eh bien on pourrait voir dans l'océan une belle image de la France : toujours renouvelée mais toujours elle-même, ne variant pas dans ses profondeurs. Et cette profondeur est belle. Et nos valeurs sont belles et valent que l'on se batte pour elles.
(Applaudissements) Notre distingué spécialiste des questions monétaires Vincent Brousseau, que vous avez entendu tout à l'heure – voilà – disait de la France qu'elle était une œuvre d'art. Ce mot m'a frappée par sa justesse, parce que qu'est-ce qu'une œuvre d'art ? C'est le fruit d'un long travail, un travail difficile, qui mûrit lentement au cours des siècles, au total, pour la France, qui ne va pas sans découragement, et Dieu sait si les Français sont capables de se décourager, qui ne va pas sans fausse route, et certes, les Français sont capables de faire des erreurs, mais qui finit par déboucher sur une évidence : celle de la beauté et de l'harmonie.
Alors prenons le temps de sculpter notre France. Ôtons ce qui l'affaiblit, tout ce qui la désunit, tout ce qui l'enlaidit. Elle deviendra alors l'expression achevée de la liberté alliée à l'égalité, mais toutes deux sublimées par la fraternité. (Applaudissements) Alors on dit que j'ai dépassé le temps imparti. Il me reste une demi-page. (Acclamations du public) Oui. Car c'est à trois que les principes républicains forgent notre France, chacun de ces principes adoucissant l'autre. En effet, trop de liberté risquerait de laisser se développer la loi du plus fort, c'est-à-dire une société où le plus fort aurait la liberté d'écraser le plus faible, la fameuse liberté du loup dans la bergerie.
Alors on aurait là une société sauvage, brutale, et donc une société contraire à la fraternité. Mais trop de fraternité pourrait engendrer un oubli de soi dommageable, un abandon de ses propres intérêts. Cette fraternité excessive oublie l'égalité, puisqu'un respect égal est dû à chacun, y compris à soi-même. Et c'est actuellement une grande erreur que de ne voir dans les droits de l'homme que les droits de l'autre, un peu comme si on voulait tirer quelqu'un hors de l'eau alors que soi-même, on est en train de se noyer. En vérité, ... (Applaudissements) En vérité, on ne rendra service à personne si on se noie.
Ainsi, être indifférent à sa propre sauvegarde, voire renier ses propres valeurs, ça ne rend service à personne. (Légers applaudissements) Et enfin, trop d'égalité pourrait nous faire tomber dans l'égalitarisme, ce concept destructeur du « tout se vaut », car dire « tout se vaut », c'est dire « rien de vaut », c'est promener partout un état d'esprit blasé, revenu de tout, c'est perdre sa capacité d'empathie, sa capacité aussi à discerner le bien du mal. L'égalitarisme excessif crée un monde où tout devient indifférent, où la liberté elle-même n'a pas plus de valeur que l'asservissement et la fraternité pas plus d'intérêt que la désunion.
(Applaudissements) Ainsi, portons bien hauts nos trois principes. Adoucissons-les l'un par l'autre afin de ne jamais tomber dans ce que les Grecs anciens considéraient comme la pire des fautes : celle qu'ils appelaient l'hubris, c'est-à-dire la démesure, l'extrémisme, le jusqu'au-boutisme. Écoutons la sagesse de cette Grèce. Et ce n'est pas le moindre crime de l'UE que de l'avoir mise à genoux. (Applaudissements) Et portons haut cet idéal d'équilibre entre la liberté, l'égalité et la fraternité ! (Applaudissements) Alors je vais citer Mitterrand. Je suis désolée, mais ça correspondait à mon propos. C'est vrai que comme traître, on fait assez difficilement pire. Mais bon...
(Légers applaudissements) Eh oui, en 1983, c'est quand même bien lui qui a retourné casaque. Bref... C'est Mitterrand qui disait : « Un dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le peuple ne relève pas le défi ». Eh bien à travers le mouvement des Gilets jaunes, Macron le dictateur a trouvé un peuple qui relevait le défi ! Eh bien... (Applaudissements) — Du public : « Haou ! Haou ! Haou ! Haou ! » — Et nous allons voir aux élections de dimanche si la dictatoriale UE elle aussi a trouvé dans les Français un peuple qui relève le défi ! Voilà. (Applaudissements) — Scansions répétées : « Frexit ! ».
François Asselineau