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Discours / meetingLCP (sur YouTube)· 8 septembre 2025 6 minActualité / polémiqueBudget & impôtsInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Laurent Panifous répond au discours de François Bayrou - Vote de confiance à l’Assemblée 8/09/2025

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:13non_speechFait
    « aucun débat ne s'est engagé avec le Parlement et que nos propositions sont restées à ce stade l'être mort. »
  • 4:25non_speechFait
    « réaliser des économies sans casser la croissance, renforcer l'efficience de nos politiques publiques, simplifier nos organisations, faire contribuer équitablement nos concitoyens à l'effort de redressement, encourager le travail, protéger les plus fragiles, garantir un service public de qualité ou préserver l'environnement sont autant de pistes »

Temps de parole

  • ?99 %

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Locuteur

C'est avec une certaine circonscription que nous avons appris à la sortie de l'été votre choix, monsieur le Premier ministre, d'engager la responsabilité de votre gouvernement sur la base de l'article 491 de la Constitution. Selon le dicton populaire, la confiance, celle que vous sollicitez aujourd'hui ne se réclame pas, elle se gagne. Ainsi, pour les députés du groupe Liot, la question est de savoir si vous avez su gagner notre confiance, celle nécessaire à la poursuite de votre mission.

Vous le savez, les parlementaires de notre groupe sont issus d'horizons divers, mais ils ont en partage le goût du dialogue, du dépassement de l'intérêt partisan et la conviction qu'il nous faut concourir à la recherche de solutions utiles au pays et à nos concitoyens. Ainsi, depuis le jour de votre nomination, nous avons fait savoir notre volonté de travailler à la construction d'un compromis. Nous le savons, depuis la dissolution hasardeuse de 2024, c'est le seul chemin à emprunter pour permettre à notre pays d'avancer.

Au regard de votre parcours et de vos engagements, à travailler en bonne intelligence avec tous les groupes politiques, nous avions comme toujours fait le choix d'être un groupe constructif ayant à cœur de proposer des solutions. Pourtant, forcé de constater que la méthode que vous avez choisi d'adopter nous d'adopter nous a largement décontenancé. Alors même que la situation financière de notre pays est source de vives inquiétudes et de perspectives d'arbitrage difficile, vous avez choisi d'avancer seul dans une démarche que je qualifierai de tout ou rien à rebour de ce que vous avez toujours prené.

En effet, alors que nous espérions depuis des mois un travail de fond sur la construction budgétaire, vous avez attendu que la session parlementaire soit clôturée pour présenter vos propositions d'orientation. Nous regrettons ce choix. Je peux rappeler ici que nous avions eu l'occasion de dire à de très nombreuses reprises dans les mois qui ont précédé vos annonces notre désaccord sur la méthode. Convaincu de la nécessité d'amender profondément vos orientations afin de rétablir une équité dans les efforts demandés à nos concitoyens, nous avons formulé d'autres propositions et fait savoir notre disponibilité pour participer au débat parlementaire qui devait s'ouvrir.

Vous devinez, monsieur le Premier ministre, notre incompréhension et notre déception quant à votre décision d'engager la responsabilité de votre gouvernement alors même qu'aucun débat ne s'est engagé avec le Parlement et que nos propositions sont restées à ce stade l'être morte. Où est la concertation quand elle n'est envisagée qu'à postériori ? Où est la coconstruction lorsque nos propositions ne sont ni étudiées ni discutées ? Où est le dialogue ? Conditions syéquanon à la production d'un consensus. Monsieur le Premier ministre, soyons clair. Oui, nous partageons la nécessité d'agir face à la dégradation de nos finances publiques. Oui, nous sommes prêts à y prendre notre part.

Et oui, nous sommes conscients qu'il nous faut faire un pas les uns vers les autres. Mais non, monsieur le Premier ministre, votre méthode dû apprendre ou à laisser ne peut pas être une solution acceptable. Et enfin, non, monsieur le Premier ministre, le vote que vous sollicitez aujourd'hui n'est pas qu'un accord sur le constat. Vous l'aurez deviné, face à ces nombreuses incompréhensions, une large majorité des députés du groupe Liot ne vous accordera pas la confiance. Soucieux de l'intérêt du pays, éloigné des contingences partisanes, nous redisons à la représentation nationale notre volonté d'agir et de participer à l'élaboration d'un chemin commun.

En attendant les 20 mois qui nous séparent de la prochaine élection présidentielle qui définira les grandes orientations pour l'avenir de notre pays et en l'absence d'une majorité politique au sein de notre assemblée, les responsables politiques que nous sommes doivent mesurer que c'est à nous et à nous seul qu'appartient la responsabilité de rendre le compromis possible. Entendons-nous bien. Notre groupe ne se positionne pas ici comme un donneur de leçons ou comme celui qui détient seul la vérité, mais comme un acteur politique déterminé à ne pas faire perdre de années à notre pays.

Parce que comme tous ici, nous nous refusons de voir notre pays s'enfoncer dans l'inaction parce que nous mesurons quotidiennement l'exaspération et l'inquiétude de nos concitoyens de l'hexagone et des outres mères. Et parce que notre pays ne peut pas apparaître fragilisé dans un contexte international de grand désordre. Nous voulons agir maintenant et concrètement avec des femmes et des hommes qui, disons-le simplement, ne pensent pas comme nous, mais qui partagent l'urgence de la situation et ne parient pas sur le blocage ou le chaos.

Il me semble que réaliser des économies sans casser la croissance, renforcer l'efficience de nos politiques publiques, simplifier nos organisations, faire contribuer équitablement nos concitoyens à l'effort de redressement, encourager le travail, protéger les plus fragiles, garantir un service public de qualité ou préserver l'environnement sont autant de pistes qui, si elles font l'objet d'un dialogue franc mais serein et constructif entre nous, peuvent, j'en suis sûr, nous conduire à élaborer des majorités de projet. Bien évidemment, nous n'ignorons pas les échéances à venir.

Le temps des jutes politiciennes viendra et nous mettrons bien assez tôt tous en scène nos différences et nos désaccords permettant un choix éclairé aux françaises et aux français. Mais il est un temps pour tout. Soyons à la hauteur de la situation que personne n'a souhaité mais que nous mesurons tous avec gravité. Loin du fait accompli le temps est au dialogue exigeant et à la construction responsable d'un compromis pour la France. C'est en ce sens que le groupe Liot m'a donné mandat pour contacter les présidents de l'ensemble des groupes parlementaires qui ne souhaitent pas emprunter l'impasse chaotique d'une dissolution ou même d'une démission.

Mesdames et messieurs les présidents de groupe, mes chers collègues, mesdames messieurs les députés à cette tribune et devant la représentation nationale, je vous renouvelle cet appel : réunissons-nous et trouvons le chemin du compromis. Nous sommes prêts à y prendre toute notre part. Je vous remercie. Merci beaucoup monsieur le président.

6:01
Non speech

[Applaudissements]