L'intégrale de l'interview de Jean-Philippe Tanguy
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Il est 8h33 sur RMC BFM TV, mon invité ce matin dans le face-à-face, c'est Jean-Philippe Tanguy, numéro 2 du groupe RN à l'Assemblée Nationale. Bonjour Jean-Philippe Tanguy. Bonjour Benjamin Duhamel.
Alors après les violences du 1er mai, le gouvernement veut donc réfléchir, Éric Dupond-Moretti, le garde des Sceaux l'a encore dit, ce matin à la possibilité d'une nouvelle loi anti-casseur. Question simple, est-ce que c'est une bonne idée ? Est-ce que le RN pourrait soutenir une telle initiative ?
Écoutez, ça pourrait être une bonne idée si le contenu correspond à ce que nous avons proposé avec Marine Le Pen à la présidentielle, notamment des mesures qui permettent d'empêcher des personnes identifiées par la police, par les services de l'ordre, par les services de sécurité comme dangereuses, comme systématiquement dangereuses. C'est le cas des Black Blocs, de toutes les personnes violentes qui sont violentes de manière récurrente, qui sont connues et qui pourraient être bien mieux interpellées. Quel type de mesures par exemple ?
Quand par exemple vous vous êtes identifié par les services de renseignement ou par les forces de l'ordre, si vous avez des précédents, de pouvoir vous empêcher de vous rendre à des manifestations car vous êtes identifié comme dangereux ou potentiellement dangereux. Ce sont aussi des mesures qui associent les groupes violents aux violences qui sont communes. C'est-à-dire que systématiquement, quand vous participez à une émeute ou à des violences de toute évidence organisées et volontaires qui n'ont rien à voir avec la manifestation, que la justice puisse vous condamner pour cela.
Jean-Philippe Tanguy, vous savez que lors du précédent débat sur la loi anti-casseurs, le Conseil constitutionnel avait annulé la possibilité d'une interdiction préventive de manifester si quelqu'un constitue un trouble à l'ordre public. Donc là, ce que vous dites sur le papier, très bien. Mais est-ce qu'on peut vraiment s'assurer que de telles personnes, comme vous les évoquez, ne puissent pas se retrouver dans des manifestations ?
Est-ce que le droit le permet ? Oui, je pense que le droit le permet, l'a permis dans d'autres situations. Et que de toute façon, si parfois il y a un désaccord avec le Conseil constitutionnel, je rappelle que le général de Gaulle a été très clair.
Dans ce cas-là, c'est le peuple qui est souverain. Donc si parfois il y a une contradiction entre l'appréciation des juges et la volonté du gouvernement, il faut demander au peuple son avis, c'est le sens d'un référendum qui peut aussi permettre d'outrepasser une mauvaise lecture de nos textes fondamentaux. Donc un référendum pour limiter le droit de manifester en l'espèce ?
Non, ça pourrait être un référendum sur un texte général qui permette de renforcer l'autorité de l'État. Si le Conseil constitutionnel, et ce n'est pas obligatoire, persiste à vouloir faire une interprétation de nos textes fondamentaux, qui n'est pas le sens qu'a voulu lui donner le général de Gaulle, puisqu'il y avait auparavant, jusqu'aux années 90, des mesures très fortes contre les émeutiers, contre les violences faites en groupe. Donc si la Constitution de la Sacré République a permis autrefois un texte, il n'y a aucune raison, puisque c'est toujours la même Constitution, qu'aujourd'hui ce même texte ne le permette pas.
Le garde des Sceaux qui rappelle également avoir fait passer des consignes de fermeté aux procureurs, notamment pour ceux qui s'en prennent aux forces de l'ordre. On a vu ces images qui ont évidemment beaucoup choqué ce policier atteint par un cocktail Molotov. Est-ce que de ce point de vue-là, vous dites là encore, c'est bien le gouvernement va dans le bon sens en passant ces consignes de fermeté aux procureurs ?
En parole, bien sûr que nous sommes d'accord pour qu'il y ait une fermeté pour protéger mieux nos forces de l'ordre et pour punir ceux qui ont atteint leur sécurité, leur intégrité physique. Mais est-ce que ce sera suivi des faits ? Je ne sais pas.
De toute façon, à partir du moment où la politique pénale du gouvernement est généralement faible, les juges sont généralement faibles. Quand vous dites en parole, vous considérez que le gouvernement n'est pas assez ferme ? De manière générale, évidemment.
De manière générale, évidemment, hélas, la politique pénale, la politique judiciaire...
Et là, sur le sujet des manifestations sur les scènes que l'on a pu voir le problème ? Non, généralement, il y a beaucoup de gens qui sont remis en liberté avec des simples rappels à la loi, avec des mesures qui sont, pardon, des peines qui sont bien trop faibles. Et d'ailleurs, ils peuvent récidiver.
Et de manière générale, ensuite, M. Darmanin n'utilise pas tous les moyens que lui donne déjà l'État de droit. Par exemple, vous pouvez fouiller les personnes qui viennent.
C'est ce qui est le cas. C'était le cas, c'est vrai, visiblement, dans les premières manifestations qui se sont bien passées depuis quelques semaines, depuis Sainte-Solines, même si ce n'est pas une manifestation sur l'État social, sur des revendications sociales. On se rend compte que ce qui s'est passé à Sainte-Solines, c'est-à-dire autoriser des gens, y compris quand ils viennent de très loin, à venir sur un lieu pour commettre des violences, à ne pas leur confisquer les armes avant qu'ils les utilisent, a été, M.
Darmanin, pardon, a laissé faire ces personnes et a laissé ces armes par destination passer. De toute évidence, lors de la manifestation du 1er mai, M. Darmanin a laissé des armes passer.
Si je vous écoute bien, c'est-à-dire que vous dites que le gouvernement a sciemment laissé passer des armes par destination, des black blocs dans la manifestation. C'est l'accusation que vous portez au gouvernement ? Il est évident qu'aujourd'hui, contrairement aux manifestations précédentes, des personnes ont pu se rendre sur la manifestation avec plus.
Oui, mais vous dites que le gouvernement a laissé faire. Le gouvernement volontairement a laissé faire ces violences du 1er mai. Il n'a pas utilisé, de toute évidence, les moyens à sa disposition pour empêcher ces armes d'être sur place.
Oui, lors des gilets jaunes. Qu'est-ce qui vous permet de dire ça ? Si vous avez des témoignages de force de l'ordre ?
Parce qu'ils ont utilisé, parce que les armes ont été présentes. Elles n'étaient pas dans le cas précédent. Donc, de toute évidence, Quel type d'armes ?
Des armes par destination. Il y en a plein, malheureusement, des projectiles, des marteaux. On a vu même des marteaux volés.
Donc, ces armes ne sont pas confisquées. Vous, au pouvoir, dans ce type de manifestation, tout se serait parfaitement passé. Il n'y aurait eu aucune violence.
En tout cas, il y aurait eu beaucoup moins. Puisque, de toute façon, on a bien vu qu'il y a eu une gradation, malheureusement, dans la violence ces dernières semaines, dans les manifestations. C'est bien que le gouvernement ne fait pas ce qu'il faut.
Par exemple, vous pouvez fouiller systématiquement ce qui avait été fait pendant les gilets jaunes, les personnes aux sorties de métro, les personnes aux entrées de Paris. C'est très facile de les contrôler. Cela n'a pas été fait.
Un dernier mot. La contrôleur des lieux de privation de liberté a évoqué, je cite, des attentes graves aux droits fondamentaux en garde à vue. Trop d'interpellations, notamment.
Est-ce qu'il y a eu des excès, selon vous ? Ou est-ce que là, elle sort de son rôle, la contrôleur des lieux de privation de liberté ? Je ne sais pas si elle sort de son rôle.
C'est son rôle d'alerter les autorités et l'opinion publique sur cela. Moi, je n'ai pas l'impression qu'il y a eu des abus. Je pense aussi que la police et la justice font ce qu'elles peuvent dans ces conditions-là. quand vous avez beaucoup de violences, c'est normal qu'il y ait beaucoup d'interpellations.
Et après, il y a une enquête. Et si elles sont libérées, l'état de droit est maintenu. Mais il est normal, dans des circonstances pareilles, d'interpeller un grand nombre de personnes.
Le problème, c'est plutôt qu'il n'y a pas un grand nombre de condamnations. Jean-Philippe Tanguil, ministre de l'Intérieur hier matin, à ce micro, s'en est très vivement pris à Marine Le Pen et au Rassemblement National. Je vous propose un petit fleur.
J'ai écouté. Je ne sais pas si vous avez écouté le discours de Mme Le Pen. – Si, si, oui, j'ai écouté. – C'est le vide.
C'est vraiment, c'est partie de la flemme. Il n'y avait aucune proposition. Est-ce que vous pouvez me citer, hier, j'ai bien écouté, et vous, est-ce que vous pouvez me citer, qui suivez attentivement la vie politique, une proposition, un acte courageux de Mme Le Pen ?
Un acte qui n'est pas dans la majorité des sondages. Ce n'est pas Alice au pays des merveilles, Mme Le Pen. Ce n'est pas le chat avec le sourire qui s'envole dans le ciel.
Mme Le Pen, elle dit toujours des choses que vous voulez entendre. Elle ne dira jamais quelque chose qui est la conséquence d'un sondage qui serait négatif pour elle. Elle dira toujours les choses du côté de la démagogie.
Mais où est-ce que ça nous amène ça ? Ce n'est pas une femme d'État. C'est au mieux une petite femme politique, comme M.
Bardella est un petit homme politique, quelqu'un qui lit des sondages et qui dit, « tiens, je vais être du côté de ceux qui crient ». – Voilà Gérald Darmanin qui évoquait le discours de Marine Le Pen ce 1er mai. C'est une petite femme politique, dit-il. – Écoutez, ce qui était frappant hier dans l'attitude déplorable de M.
Darmanin, c'est qu'il était là pour, entre guillemets, se payer Marine Le Pen, visiblement, puisqu'il bouillait, il sautillait sur son siège pour pouvoir dire du mal de Marine Le Pen. Ce qui prouve bien que sa priorité, en venant vous parler, ce n'était pas rassurer les Français sur leur sécurité, annoncer des mesures pour mieux les protéger. C'était uniquement… – Là, ça a beaucoup empêché l'autre.
C'est-à-dire qu'on a beaucoup entendu M. Darmanin parler, mal parler de Mme Le Pen et de M. Bardella.
On ne l'a pas entendu beaucoup parler. – 3 ou 4 minutes sur… – Non, il était très impatient, vraiment. C'était très frappant à quel point il était… Et même un moment, il a dit « enfin, je crois, il était enfin ravi de pouvoir déverser son fiel ».
Écoutez, vous savez, l'avis de M. Darmanin, c'est une succession de trahison et d'échecs, trahison de son mentor politique, M. Vanest, qui, je rappelle, a été écarté de la vie politique pour avoir relativisé la déportation des homosexuels pendant la Seconde Guerre mondiale.
Ça ne dérangeait pas à l'époque M. Darmanin. Ensuite, il a trahi l'UMP.
Bon, vous avez des gens qui étaient à l'UMP, qui étaient sur l'aile libérale, qui étaient sur l'aile centrale. Lui, il était soi-disant de l'aile droitière de l'UMP. Et ça n'a pas empêché de rejoindre M.
Macron après en avoir dit le plus grand mal. – Vous êtes piqué par… – Il y a eu beaucoup de réactions sur les réseaux sociaux hier. – Non, c'est fait qu'il dit… – Charles Darmanin, il fait de la politique. – Non, mais moi je laisse pas… – Il s'en prend à une adversaire, Marine Le Pen. – Non, il fait de la politique. – Non, il manque un adjectif.
Non, il ne nous fait pas de la politique de caniveau, ce qui est la spécialité de M. Darmanin. Et on n'est pas aussi dans le mensonge d'État.
Je rappelle que M. Darmanin, il ne devrait même plus être ministre, puisque lors des élections législatives, il a menti aux Français de manière très grave sur ce qui s'était passé au Stade de France. Les soi-disant oligans anglais, en fait, ce n'étaient pas des oligans anglais, c'étaient malheureusement des voyous de Seine-Saint-Denis autour du stade qui avaient agressé, harcelé les gens qui venaient voir un match de foot.
Et M. Darmanin, au lieu d'assumer sa responsabilité de ne pas avoir assuré la sécurité des personnes qui venaient passer un bon moment en famille, a accusé et a menti aux Français en pleine période électorale. Il l'a menti, cela a été documenté. – Donc il devrait démissionner ? – Il aurait dû démissionner, je pense qu'il n'y a aucune autre démocratie. – Et vous demandez toujours sa démission ? – Bon, ça ne sert plus à rien, puisque de toute façon, la décence publique a largement quitté les rangs de la Macronie depuis longtemps.
Mais le fait, je pense que c'est la seule démocratie en France, en Europe, pardon, aucune autre démocratie en Europe n'aurait permis aux ministres de l'Intérieur, qui est aussi garant des élections, de mentir aux électeurs. – Non, mais je le sais à lire, de mentir aux électeurs en pleine période électorale sur ce qui s'était passé. D'ailleurs, les Français l'ont sanctionné, je pense que M.
Darmanin a permis à beaucoup de députés RN d'être élus. – C'était la finale de la Ligue des Champions. D'un mot avant de parler des retraites, il parle aussi du fond du discours de Marine Le Pen ce 1er mai, en disant « elle ne dit rien ».
J'ai bien écouté et bien relu le texte, pas un mot sur le pouvoir d'achat, pas un mot sur l'inflation, une sorte de croisade contre le wokisme. C'est vrai que par rapport aux priorités de vos électeurs, c'était quand même assez singulier comme discours. Marine Le Pen a donné sa vision pour la France.
Ce n'est pas un discours programmatique. Le programme de Marine Le Pen, il existe, il est sur la table. Sur le pouvoir d'achat, il est très fort.
D'ailleurs, dans la même offensive contre le Rassemblement National, puisqu'on voit bien que depuis 10 jours, il y a en fait une offensive de la Macronie contre nos mesures, il ne cesse d'attaquer nos mesures. – Le wokisme, c'est vraiment la priorité de vos électeurs. On vous parle du wokisme dans la Somme ? – Il nous parle des valeurs françaises à défendre, mais je tiens d'abord à vous répondre, puisque vous m'avez interrogé là-dessus, sur le pouvoir d'achat.
Il ne cesse d'attaquer nos mesures sur le pouvoir d'achat en mentant sur les effets bénéfiques d'une baisse de la TVA, en mentant sur un certain nombre de choses. Et donc, le wokisme en lui-même n'est pas encore une priorité des Français, c'est une nouvelle menace. – Vous le reconnaissez. – Donc nous alertons, oui, mais le rôle des hommes politiques, et c'est d'ailleurs contradictoire avec ce que dit M.
Darmanin, sur le fait que nous serions toujours dans le suivisme, c'est non, nous avons toujours alerté les Français sur ce qui les menace, et nous avons alerté sur le démantèlement du nucléaire. Il y a maintenant 10 ans, nous avions raison contre tout le monde. Nous les avons alertés sur le risque d'inflation dès septembre 2021.
Nous avions raison avant tout le monde, nous avons alerté sur les risques de l'immigration, nous avions raison, et Marine Le Pen avait raison avant tout le monde. Donc dire que nous sommes dans le suivis, alors que nous avons toujours annoncé ce qui allait frapper la France et les Français, contre la pensée unique, contre toutes les bêtises et les erreurs de M. Darmanin, je pense que c'est très injuste, et je pense que les Français l'ont bien compris. – Très énervé encore contre le ministre de l'Intérieur.
Jean-Philippe Tanguy, le Conseil constitutionnel doit rendre en fin de journée sa décision sur la recevabilité du deuxième référendum d'initiative partagée sur les retraites. Rappelons qu'il avait écarté le premier. Est-ce que vous attendez quelque chose de cette décision ? – Mais moi j'espère que le Conseil constitutionnel va reconnaître la légitimité de ce rite, parce que nous nous pensons avec Marine Le Pen que le rite tel qu'il a été dessiné par Nicolas Sarkozy, malheureusement, est trop compliqué pour être utilisé et pour fonctionner.
Mais sur le fond, il est normal que l'on puisse demander aux Français de soutenir un référendum contre la réforme des retraites. – Moi j'ai toujours entendu dire, les gens au Rassemblement national, Jordan Bardella, Marine Le Pen, c'est un écran de fumée, ça ne m'arrivera jamais, ça ne marchera pas. – Oui, c'est ce qui a été dit, c'est ce que je vous ai dit, c'est que ça a été dessiné par Nicolas Sarkozy pour ne pas être utilisé malheureusement. – Et donc est-ce que vous pensez qu'il y a une possibilité, il y a une chance que ce RIP soit validé par le Conseil constitutionnel ? – Oui, parce que sur le fond, il n'y a aucune raison, sur le fond, il n'y a aucune raison que le Conseil constitutionnel empêche la procédure de commencer, mais sur la forme, sur la possibilité qu'à la fin cela aboutisse, nous restons critiques, nous pas pour être pessimistes, mais parce que nous pensons, et d'ailleurs… – Et s'il est validé, vous vous aiderait à la campagne de collègues des signatures ? – Oui, en tout cas, nous n'y opposerons pas, nous inciterons ceux qui nous soutiennent, évidemment, à essayer de faire en sorte que ça fonctionne. – Donc une forme d'optimisme ou de pessimisme ? – De pessimisme, puisque ça n'a été fait pour ne pas être utilisé, mais on n'est pas dans la politique du pire.
La différence du Rassemblement national, avec toutes les forces politiques aujourd'hui, c'est que nous ne sommes jamais dans la politique du pire, nous faisons toujours tout ce que nous pouvons pour soulager les Français, pour pouvoir les aider, mais nous ne leur mentons pas non plus. Or, aujourd'hui, la gauche ment en disant qu'elle peut faire un rire alors qu'elle s'est opposée, M. Diamel, à une… – À la motion référendaire. – Oui, mais il faut le dire quand même, il faut le dire quand même, oui, mais peut-être que les gens qui nous écoutent ne le savent pas, ils se sont opposés à l'organisation de la référence. – Si le Conseil constitutionnel ne valide pas ce deuxième rire, est-ce que ce sera une décision politique du Conseil constitutionnel ? – Oui, je pense que s'il ne le valide pas, c'est une décision, une analyse, une lecture politique de nos textes, mais le Conseil constitutionnel… – Pas en droit. – Malheureusement, il faut aujourd'hui dissocier l'institution du Conseil constitutionnel, qui est évidemment inattaquable, qui est constitutionnel, mais il y a aussi, malheureusement, des nominations qui ont été faites, et c'est un changement par rapport à l'histoire de la Vème République, il y a de plus en plus de nominations politiques, Alain Juppé, Laurent Fabius, ancien Premier ministre… – De plus en plus, avant les anciens présidents, anciens m, maintenant ils ne siègent plus, c'est assez contestable, ce n'est pas spécialement plus politique aujourd'hui que ça ne l'était au Parlement. – Alors, par définition, les anciens présidents, il y en avait un, parfois deux, qui siégeaient, et encore souvent un seul, M.
Valéry Giscard d'Estaing, donc ça ne déséquilibrait pas le Conseil constitutionnel, qui est fait de neuf membres. Quand vous avez quatre membres sur cinq, qui sont de purs politiciens, oui, sur neuf, pardon, qui sont de purs politiciens, ça déséquilibre forcément le Conseil constitutionnel. – D'un mot, autre échéance, le 8 juin, le groupe parlementaire Liott profitera de sa niche parlementaire pour déposer une proposition de loi pour abroger la réforme de la retraite.
Est-ce que vous la voterez ? Est-ce que le RN la votera ? – Écoutez, on attend l'écriture définitive de cette loi, mais sur le principe, oui, nous la voterons, nous la soutiendrons. – Il n'y a pas beaucoup de suspens, c'est abrogation ? – Non, on ne sait jamais ce qui peut arriver, est-ce que par exemple la gauche ne va pas faire passer des amendements pour faire une réforme qui serait trop coûteuse pour le coup, et donc dans ce cas-là, saboter une fois de plus toutes les initiatives parlementaires, comme la NUPES a saboté tout le travail parlementaire pour empêcher le Rassemblement national et certains républicains de s'opposer à la réforme des retraites. – Mais en tout cas, sur le papier, vous dites plutôt le RN votera. – Oui, mais là aussi, nous alertons les Français sur la faisabilité de cette procédure, car la charge qui serait créée est très importante. – Une charge budgétaire. – Exactement.
Malheureusement, en France, les parlementaires, c'est peut-être une incongruité, n'ont pas le droit de créer de charges, donc nous pensons malheureusement que ça va être censuré. – Donc vous dites aux Français que, en réalité, la réforme des retraites rentrera en vigueur en septembre. – Nous disons aux Français que le seul moyen de rétablir la justice sociale et de revenir à un système des retraites juste, c'est de voter Marine Le Pen en 2027.
Ça, effectivement, je le dis. – Ça veut dire que pour ça, il faut attendre quatre ans. – Malheureusement, oui, c'est les conséquences du vote.
Mais vous savez, la politique, ce n'est pas un spectacle, il y a une gravité, effectivement, quand malheureusement on vote pour Emmanuel Macron, quand l'ensemble des dirigeants syndicaux appellent à voter pour Emmanuel Macron, quand l'ensemble des dirigeants de la gauche appellent à voter pour Emmanuel Macron, ça a détruit la justice sociale, c'est leur responsabilité. Nous, une fois de plus, nous avons alerté les Français et Marine Le Pen était au rendez-vous pour proposer une réforme des retraites bien plus juste. – Jean-Philippe Tanguay, aujourd'hui, sera examiné en commission des affaires sociales, une proposition de loi de renaissance de la majorité visant à rendre obligatoire le drapeau européen dans les mairies, à côté du drapeau français, un qui garderait la place d'honneur, dit le texte.
Donc, en priorité, le drapeau français. Bon, évidemment, le RN est contre, pas de surprise. Ça vous traumatise à ce point, le drapeau européen ? – Ce qui est traumatisant, c'est le mépris pour le vote des Français.
Les Français ont voté en 2005 par référendum contre la Constitution européenne et contre le fait que le drapeau européen, si on peut l'appeler comme ça, l'hymne européen, je ne sais pas, c'est un emblème qui a été choisi par une commission dans des couloirs. Il n'y a eu aucune démarche, les Français, aucun peuple n'a jamais été associé au choix de cet emblème. – Vous sentez une utilité incroyante des Français à l'égard de ce drapeau européen ? – Non, je pense que c'est une grande indifférence puisqu'il ne renvoie aucune histoire, à aucun symbole. – Donc, s'il y a une forme d'indifférence, est-ce que c'est si grave comme ça qu'il puisse avoir les deux drapeaux ? – Parce qu'eux ont une volonté, les macronistes, tous les fédéralistes européens, ceux qui ont toujours voulu imposer cette construction bureaucratique contre la belle idée européenne et contre la volonté des peuples, veulent en faire un emblème contre la volonté du peuple.
Donc, quand le peuple s'est exprimé contre, vous n'allez pas contre le peuple. Et ça, c'est la grande différence historique entre Marine Le Pen et le reste de la classe politique, c'est que c'est la seule qui obéit au peuple. Il serait temps que les dirigeants politiques français obéissent au peuple, même quand ça ne leur fait pas. – Si vous étiez au pouvoir, il n'y aurait plus aucun drapeau européen.
On se souvient de cette scène de vous en salle de presse à l'Assemblée nationale, retirant un drapeau européen pour prendre la parole. Ça veut dire qu'il n'y aura plus aucun drapeau européen ? – Non, nous ne sommes pas dans la contrainte.
Donc, s'il y a des mairies qui veulent afficher le drapeau européen, ils n'auront pas l'interdiction. Mais nous, effectivement, dans nos prises de parole, quand nous représentons, moi je suis élu du peuple français, je ne suis pas élu de la Commission européenne. C'est vrai que ça fait une grande différence entre moi et toute la majorité macroniste.
Eux, ils sont avant tout les représentants de la Commission européenne, ou en tout cas, ils ne sont pas les représentants visiblement des intérêts des Français. – Les Insoumis ne veulent pas non plus de ce drapeau ? – Ils se sont un peu perdus en route, effectivement.
Au mandat précédent, M. Mélenchon était très dur contre le fait d'imposer l'emblème européen, enfin l'emblème de la Commission européenne, là où il n'avait pas sa place. Maintenant, depuis qu'ils sont alliés à nouveau avec les Verts et les Socialistes, les Insoumis sont très soumis. – Jean-Philippe Tanguy, on va parler Riette.
Hier, vous auditionniez l'ancien Premier ministre François Fillon dans le cadre d'une commission d'enquête sur les ingérences étrangères. Et voilà ce qu'il a dit sur sa conception des affaires avec des pays étrangers en l'espèce la Russie. – À partir du moment où j'ai quitté la vie publique, je veux le rappeler, je suis une personne privée et je mène ma carrière professionnelle comme je l'entends.
Si j'ai envie de vendre des rillettes sur la place rouge, je vendrai des rillettes sur la place rouge. – Vous présidez cette commission d'enquête, ça vous a choqué ou il vous a convaincu ? – Sincèrement, ça, ça m'a choqué.
Alors, quand vous êtes président d'une institution parlementaire, vous devez garder évidemment une certaine neutralité. Donc, je n'ai pas montré sur le moment le fait que j'ai été choqué car ce n'était pas mon rôle. Mais je ne pense pas qu'un ancien Premier ministre soit avant tout une personne privée.
Quand vous avez eu l'honneur de servir la France, de l'incarner dans la direction d'un gouvernement, vous n'êtes plus et vous n'êtes jamais plus une personne privée. Vous représentez tout le temps la France. Vous avez en vous les secrets que la République vous a confiés, les affaires de l'État.
Et vous ne pouvez pas travailler pour une institution, pour une entreprise étrangère. Donc, d'ailleurs, les recommandations que je ferai à l'issue de cette commission, puisque le but, ce n'est pas juste d'entendre les personnes, dire purement et simplement le fait qu'un ancien responsable français puisse servir quelconque intérêt étranger, d'ailleurs. Que ce soit une puissance potentiellement hostile comme la Russie ou même un allié comme les États-Unis, je pense qu'il faut mettre de la clarté là-dedans car il y a eu beaucoup trop d'abus.
Et cela expose la sécurité des Français parce que ce que cela signifie, c'est que la sécurité, l'intégrité des Français peut être menacée. Par exemple, quand l'ensemble des pays européens ont relié notre continent à la Russie par des gazoducs, ils ont mis l'Europe dans une dépendance vers la Russie. Thierry Mariani, député européen, a quelques liens avec la Russie ou du moins des phrases ambiguës.
Par exemple, il considère que les deux parties, la Russie et l'Ukraine, ont provoqué la guerre. On peut présider une commission d'enquête sur les ingérences étrangères et en même temps avoir dans son parti quelqu'un qui, ostensiblement, a des positions comme celle-là sur le conflit entre la Russie et l'Ukraine ? Oui, ce n'est pas du tout l'objet de la commission.
L'objet de la commission, ce n'est pas faire la police de la pensée, d'empêcher des gens de penser différemment. Le but, c'est de voir s'il y a des ingérences. Non, tout le monde sait que je n'ai pas la même appréciation du conflit ukrainien que M.
Mariani. Ça ne m'empêche pas d'être d'accord avec lui sur l'essentiel du programme pour la France. Mais je vous ferai remarquer, et je vous remercie de me donner l'occasion de le faire, que je me suis déporté de la présidence de la commission quand des personnalités du Rassemblement national ont été auditionnées.
Excusez-moi, c'est la première fois de l'histoire qu'un président de commission se déporte. Nous avons une grande intégrité au Rassemblement national et les leçons qu'on reçoit en permanence des autres, nous, on applique nos principes. Le remboursement du prêt russe, du RN, il en est où ?
Il est en très bonne voie puisque grâce au vote des Français, nous avons plus de moyens. Nous allons pouvoir rembourser ce prêt qui, lors de la commission aussi, l'audition que nous avons faite, le président de la commission nationale des comptes de campagne a bien signifié que ce prêt n'était pas un avantage, qu'il coûtait très cher. En 2015, quand est-ce que vous espérez avoir terminé de rembourser ce prêt ?
Je n'ai pas envie de vous dire une bêtise. Donc moi, je ne suis pas trésorier du RN, je sais que nous allons pouvoir le rembourser dans les années qui viennent, avant 2027. Avant 2027 ?
Oui, avant 2027. Pour éviter que ça soit utilisé contre vous, comme Emmanuel Macron l'avait fait lors du débat d'entre le tour ? Manipulé, avec beaucoup de mensonges.
Et surtout, nous permettrons, nous, à nos opposants, d'avoir accès au financement français, ce qui nous a été interdit. Le fait que le principal parti d'opposition, M. Duhamel, soit interdit de financement bancaire, le seul, alors que tous les autres partis, y compris ceux qui sont beaucoup plus endettés que nous, comme l'UEP, puissent avoir accès aux banques françaises.
La seule chose qu'on va apprendre avec cette commission, c'est que le RN a été discriminé par rapport aux autres partis politiques.
Jean-Philippe Tanguy