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Podcast / conversationSébastien Gobert· 2 juin 2025 7 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSécuritéSolidarités & famille

Le nouveau Président polonais, une victoire pour les MAGA?

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00Sébastien GobertFait
    « Carol Navrotsky ne pourra pas mettre en place un quelconque agenda maga, en tout cas pas de manière directe. »
  • 6:00Sébastien GobertFait
    « En 2022, c'est un gouvernement Pis qui a soutenu Mordicus, l'Ukraine envahi et qui a fait de la Pologne la plateforme de référence pour les livraisons d'aide humanitaire et militaire à l'Ukraine. »

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La Pologne a élu un nouveau président ce dimanche 1er juin et il s'agit de Carole Navroti, un candidat souverainiste et conservateur soutenu par le parti droit et justice de Yaroslav Katki. On commande ce lundi matin cette élection comme une victoire des magas européens, des eurosceptiques, voire de l'ingérence russe et donc une victoire du Kremelin. Mais ces considérations géopolitiques sont un peu déplacées.

Elles ne s'appliquent pas aussi bien dans le cas polonais que dans d'autres élections puisque dans ce scrutin très spécifique, l'enjeu était le rétablissement de l'état de droit. Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette petite vidéo où l'on parle des difficultés de ce té de ce qu'on appelle une démocratie illibérale à la victoire urbane. Puisque si cette élection a la moindre implication géopolitique, c'est surtout sur le traitement de la relation avec l'Ukraine et avec les Ukrainiens.

Alors l'élection d'hier, elle était intéressante à plusieurs niveaux. D'abord, la participation à 71,6 %, elle a été très haute et elle a battu le record précédemment établi par une élection en 1995. La deuxième observation, c'est sur la répartition géographique des votes.

On sait que la Pologne a longtemps été scindée entre les parties qui étaient anciennement allemandes et les parti qui était anciennement parties de l'Empire russe. Et on voit que cette répartition, elle se confirme toujours dans les couleurs que l'on voit sur cette carte. Mais cette ligne de fracture historique, elle s'estompe d'élection en élection pour faire apparaître de plus en plus le clivage ville-campagne qui est pertinent en Pologne comme dans de plus en plus de pays dans le monde.

Plus de 20 millions d'électeurs se sont rendus aux urnes et environ 100 millions ont accordé leur voix à Carole Navrotski et les 10 autres millions à son adversaire Rafael Chakowski. Le premier est un conservateur assumé qui a fait campagne sur une plateforme de nationalisme très catholique, un interventionnisme de l'État dans l'économie ou encore la criminalisation de l'avortement. Il s'est présenté comme indépendant mais il a bénéficié du soutien du parti droit et justice, le PIS qui a gouverné le pays de 2015 à 2023 alors que le second est un libéral maire de Varsovie.

Il avait d'ailleurs reçu le soutien du maire de Bucha Nikuch qui lui a été élu président en Roumanie et Rafael Tavskowski a fait campagne sur la libéralisation de l'économie, sur la relégalisation de l'avortement ou encore sur un projet de décentralisation territoriale. J'ai dit que chacun des deux candidats a reçu environ 10 millions de voix et de fait la différence est tenue. Il y a environ 400000 voix de différence.

Sachant que dans l'entre de tour, Carol Navrotski a bénéficié du report de voie de candidats bien plus nationalistes notamment Sovomir Mensen et Jeekoch Brown qui lui est ouvertement antisémite. Et d'ailleurs cette élection a montré une certaine radicalisation de la jeunesse qui ont beaucoup voté pour ces candidats ce qui peut-être préoccupant à l'avenir. En partant du principe que l'élection est validée, on sait jamais, il peut y avoir contestation, moi j'y crois pas vraiment, mais on ne sait jamais quelles en sont les implications puisque le président en Pologne, comme dans la plupart des pays européens a un rôle tout à fait honorifique.

Et donc oui, il a en effet bénéficié du soutien de Donald Trump qu'il a par exemple reçu dans le bureau oval en tant que candidat, mais Carol Navrotsky ne pourra pas mettre en place un quelconque agenda maga, en tout cas pas de manière directe. Le président polonais est chef des armées, mais ça ne va pas induire un quelconque changement dans la politique du pays puisqu'il n'y a pas grand-chose de prusse Carol Navrotsky. Ça c'est quelque chose qui est quand même très largement partagé dans le spectre politique polonais.

C'est dû à l'histoire, c'est dû à la position géographique de la Pologne. Et puis il faut se rappeler qu'en 2022, c'est un gouvernement Pis qui a soutenu Mordicus, l'Ukraine envahi et qui a fait de la Pologne la plateforme de référence pour les livraisons d'aide humanitaire et militaire à l'Ukraine. Donc la politique vis-à-vis de l'Ukraine ne devrait pas vraiment être remise en cause, surtout qu'elle est menée d'abord et avant tout par le gouvernement.

Mais on a vu ces derniers mois se cristalliser un très profond sentiment anti-Urainien basé à la fois sur des questions historiques comme sur la tragédie de Volin, j'en avais fait une vidéo évidemment sur l'économie, sur le commerce par exemple sur les exportations céréalières et plus globalement sur la présence de millions d'Ukrainiens en Pologne et ça depuis de nombreuses années. Et pendant sa campagne Carol Navroty a surfé sur cette vague en critiquant les Ukrainiens en général ou en critiquant Volodimir Zelenski en particulier comme l'aurait fait un Donald Trump. Et donc en tant que président, on peut s'attendre à ce qu'il continue d'alimenter ses ressentiments.

Mais bon, ça c'est plus son rôle d'influenceur politique. Mais il n'y a pas vraiment de grosse inflexion sur la politique de la Pologne vis-à-vis de l'Ukraine à attendre. Et d'ailleurs, le président sortant Anjay Douda vient tout juste de décorer le chef du renseignement militaire ukrainien, donc Kirilo Boudanov, d'une des plus hautes distinctions de l'État polonais.

Donc ce que peut faire vraiment Carole Navrot en tant que président, c'est d'abord et avant tout utiliser son pouvoir de dissolution des deux chambres du Parlement. Les conditions sont assez strictes mais c'est possible et ça il pourrait l'utiliser pour favoriser le retour au pouvoir du parti droit et justice. Mais surtout le président a le droit de véu sur les projets de loi et ça c'est la clé, c'est l'enjeu principal de cette élection puisque entre 2015 et 2023 le PIS, le parti droit et justice piloté par Yaros Katinski avait détricoté l'état de droit, mis fin à l'indépendance de la justice ou encore des médias.

Et tout ça dans la droite ligne de la Hongrie de Victor Orban qui avait développé ce modèle de démocratie illibérale. Un modèle qui maintenant est suivi par Robert Fitzo en Slovaquie, par Georgia Meloni en Italie ou encore par Donald Trump aux États-Unis. Et quand il était revenu au pouvoir en 2023, Donald Tusk, une personnalité très européenne, libérale, avait pour mission principale de rétablir l'état de droit et de rétablir l'indépendance de la justice.

Mais simplement depuis 2023, il s'est heurté à de nombreuses occasions au véto présidentiel d'Anjay Douda qui est lui issu du PIS. Et donc l'enjeu de l'élection d'hier, c'était d'installer à la présidence un allié qui n'allait plus bloquer systématiquement les projets de loi sur la Cour constitutionnelle, sur le Haut Conseil de justice ou encore sur le statut de juges qui ont été nommés pour des motifs politiques. Sans oublier la question de la relégalisation de l'avortement qui est centrale dans les débats en Pologne.

Et donc avec la victoire de Carole Navrotsky commence une nouvelle cohabitation et le pays se retrouve encore une fois au milieu du gay avec un gouvernement qui ne peut pas respecter sa promesse de rétablissement de l'état de droit et ce qui fait que dans le contexte d'une République parlementaire et bien on se tourne d'ors et déjà vers les prochaines élections législatives qu'elles soient anticipée par dissolutions des chambres ou en 2027 comme prévu puisque c'est une modification déséquilibre dans les deux chambres qui pourrai changer la donne et donner une nouvelle dynamique à la politique. qu'elle aille dans un sens ou dans un autre. Voilà, je m'arrête là.

Il me semblait important de marquer le coup de cette élection et de bien préciser que non, ce n'est pas une victoire du Kremelin, ce n'est pas une victoire des Maga, mais c'est d'abord et avant tout une illustration des dommages de long terme qui sont causés par les libéraux comme Orban ou Katinski. Ce qui nous montre à quel point il peut être facile de détricoter un régime de démocratie représentative ou un régime d'état de droit et à quel point il est difficile de le rétablir. Merci d'avoir regardé cette vidéo jusqu'au bout.

Je file et je vous retrouve très vite.