L'invitée d'Apolline Matin : Aurore Bergé - 21/07
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Questions et réponses
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- 0:07OuverteRéponse directe
Comment mieux protéger les enfants contre les pédocriminels ?
- 0:45OuverteRéponse directe
Vous députée, vous auriez voté ce texte agricole ?
- 1:16RelanceRéponse partielle
Est-ce qu'on va dans le sens de l'histoire quand on réintroduit des pesticides et qu'on assouplit les règles sur l'eau ?
- 1:53RelanceRéponse partielle
Pourquoi il n'y a pas eu de débat à l'Assemblée sur l'acétamipride ?
- 2:42OuverteRéponse directe
Venons-en au projet de loi sur la protection de l'enfance contre la pédocriminalité.
- 3:04RelanceRéponse partielle
Vous avez compris pourquoi la perpétuité pour les violeurs en série a été rejetée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:47Locuteur 2Fait
« Oui, j'aurais voté ce texte parce que c'est un texte qui est équilibré, c'est un texte qui permet aux agriculteurs de continuer à produire avec l'agriculture qui est la plus saine et la plus durable au monde dans notre pays. »
- 1:04Locuteur 2Fait
« on l'a dit, ce ne sera pas une décision politique, ce sera une décision de l'autorité sanitaire qui sera prise pour savoir si c'est oui ou si c'est non uniquement par dérogation. »
- 3:05Locuteur 2Fait
« Non, je ne comprends toujours pas comment il est possible de se dire que pour des criminels qui violent en série des enfants, ils ne pourraient pas demain être condamnés à perpétuité. »
- 4:08Locuteur 2Fait
« J'ai demandé à ce qu'il y ait un nouveau vote. C'est une prérogative du gouvernement. On le fait dans des cas exceptionnels. »
- 4:55Locuteur 2Fait
« Il y a l'imprescriptibilité qui a été ajouté à ce texte, c'est-à-dire garantir que les enfants qui ont été victimes aient toujours accès à la justice. »
- 5:36Locuteur 2Fait
« On a dit avec le garde des Sceaux qu'on était favorable au fait qu'il y ait des juridictions spécialisées. »
- 6:58Locuteur 2Fait
« Moi, je suis pour l'interdiction du voile pour les enfants, parce que je pense que quand on a 7 ans, 8 ans, 9 ans, on est soumis aussi au diktat des parents. »
- 8:36Locuteur 2Fait
« Le combat qui a été le mien avec le président de la République pour permettre la constitutionnalisation de la liberté d'accès à l'IVG. »
Temps de parole
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7h41 sur RMC et RMC Story. Comment mieux protéger les enfants contre les pédocriminels ? Les députés votent cet après-midi. Bonjour Horreur Berger. Bonjour. Vous êtes la ministre en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes, en charge aussi de la lutte contre les discriminations. On va revenir sur ces mesures soumises au vote aujourd'hui destinées à protéger les enfants, notamment dans le périscolaire, la question de la perpétuité aussi qui fait débat contre les violeurs en série. On parlera du voile aussi que Marine Le Pen veut interdire.
D'abord un mot sur le projet de loi agricole qui a été adopté hier soir tard dans l'hémicycle, dans une ambiance plus qu'électrique, sur la question de l'eau, sur la question des pesticides, avec l'acétamipride qui pourra être réautorisée. Vous députée, vous auriez voté ce texte ?
Oui, j'aurais voté ce texte parce que c'est un texte qui est équilibré, c'est un texte qui permet aux agriculteurs de continuer à produire avec l'agriculture qui est la plus saine et la plus durable au monde dans notre pays parce qu'on n'a pas arrêté de parler de souveraineté. Mais si on veut rester souverain, ça veut dire qu'il faut qu'on continue à produire. Et sur la question des néonicotinoïdes, de l'acétamipride en particulier, on l'a dit, ce ne sera pas une décision politique, ce sera une décision de l'autorité sanitaire qui sera prise pour savoir si c'est oui ou si c'est non uniquement par dérogation. Donc c'est extrêmement encadré.
Est-ce qu'on va dans le sens de l'histoire quand on réintroduit des pesticides et quand on assouplit les règles sur l'eau alors qu'on traverse peut-être la pire canicule de ces 20 dernières années ?
Je crois qu'il faut qu'on arrête d'opposer agriculture et écologie parce que si on fait ça, alors je pense qu'on s'expose à des choses qui sont très graves dans notre pays parce que d'ailleurs les agriculteurs ont été en première ligne dans les mouvements de canicule qu'on a eu à vivre. Ils ont été les premiers à être mobilisés, à être en soutien. Donc on a besoin de réconciliation. On n'a pas besoin d'opposition et de fracturation en permanence dans la société. On a besoin de souveraineté agricole. Je préfère qu'on produise en France plutôt que d'importer des produits avec des normes qui sont bien moins exigeantes que les nôtres.
Pourquoi il n'y a pas eu de débat à l'Assemblée sur cette question de l'acétamipril ? Les sénateurs ont introduit cette mesure dans le texte. Les députés hier soir ont déposé des amendements pour ouvrir ce débat. Le gouvernement a refusé de les inscrire à l'ordre du jour.
Parce qu'on a eu un débat à l'Assemblée nationale en première lecture, puis un débat au Sénat et ensuite il s'est passé ce qui se passe sur chaque projet de loi. Commission mixte paritaire, des députés et des sénateurs qui se mettent d'accord sur un texte.
Et ensuite, ce texte final,
il est soumis au vote. Et donc il y a eu un vote. Il y a eu un vote souverain, large des députés hier. Il y aura un vote aujourd'hui au Sénat. Donc à un moment, c'est la fonction même des parlementaires que de voter et que de décider sur des choses qui sont importantes, singulièrement comme celle-ci, c'est-à-dire garantir la souveraineté alimentaire de notre pays.
Alors venons-en à ce projet de loi qui sera soumis cette fois aujourd'hui au vote des députés sur la protection de l'enfance, notamment contre la pédocriminalité. Plusieurs mesures ont été ajoutées après le scandale du périscolaire, la vérification des antécédents judiciaires après l'affaire Liana aussi. Et il était question d'instaurer la perpétuité pour les violeurs en série visant des mineurs de moins de 15 ans. Cette mesure a été rejetée à l'Assemblée, notamment par les voix de la gauche. Vous avez compris pourquoi ?
Non, je ne comprends toujours pas comment il est possible de se dire que pour des criminels qui violent en série des enfants, ils ne pourraient pas demain être condamnés à perpétuité. Je pense que ça suscite de la colère, de l'indignation et de l'incompréhension de la part des Français. On parle de pédocriminels, on sait qu'en cas de pédocriminalité, il y a très souvent de la récidive, c'est-à-dire des enfants qui sont ciblés. On parle d'enfants qui ont confiance dans les adultes.
On parle de l'inceste, c'est-à-dire d'un parent, de celui qui est supposé protéger le plus, aimer le plus, sécuriser le plus et qui abuse de cette confiance pour dominer, pour contrôler, pour briser l'enfance de tant et tant d'enfants aujourd'hui. Et pour avoir rencontré beaucoup de victimes de violences sexuelles, elles ont souvent cette expression qui est de dire « Mais nous, on a été condamnés à perpétuité ». Le fait d'avoir subi dans l'enfance des violences sexuelles ou l'inceste nous condamne à perpétuité. C'est toute une vie pour espérer et essayer de se réparer.
Et on n'aurait même pas l'asymétrique, c'est-à-dire on n'aurait même pas le fait que des criminels, eux, pourraient, il n'y a pas d'automaticité, pourraient être condamnés à perpétuité. Il y aura un nouveau vote aujourd'hui. J'ai demandé à ce qu'il y ait un nouveau vote. C'est une prérogative du gouvernement. On le fait dans des cas exceptionnels. J'ai estimé avec le Prémice que c'était un cas exceptionnel, que ça supposait de pouvoir en redébattre au sein de l'hémicycle, dans un hémicycle, j'espère, qui sera plein, avec des parlementaires nombreux aujourd'hui, parce que c'est un sujet essentiel. Donc j'espère que chacun va se ressaisir et que chacun pourra voter cette mesure aujourd'hui.
Il y aura bien une loi plus large contre la violence sexuelle, cette fameuse loi intégrale. Il était question d'une réunion aujourd'hui, vous nous le confirmez ?
Oui, on se réunit cet après-midi même avec le Premier ministre, la présidente de l'Assemblée nationale, les parlementaires qui sont engagés sur le texte, juste après le vote qui aura lieu sur le texte sur la protection de l'enfance. Moi, je l'ai dit, le texte sur la protection de l'enfance, c'est un commencement, c'est un début, c'est un texte utile, solide. Il y a l'imprescriptibilité qui a été ajouté à ce texte, c'est-à-dire garantir que les enfants qui ont été victimes aient toujours accès à la justice parce qu'on sait que parfois, c'est des dizaines d'années après qu'on est en capacité de révéler les violences.
La question du périscolaire, garantir que quand on dépose nos enfants à l'école le matin, eh bien, parfois, on les dépose avant que l'école ne commence. On ne connaît même pas l'identité de ceux auxquels on confie ce qu'on a de plus précieux, c'est-à-dire nos enfants. La garantie de la vérification des antécédents judiciaires de tous ceux qui sont en contact des mineurs.
Ça, c'est le texte du jour.
Ça, c'est le texte du jour. Donc, c'est des choses utiles et importantes. Mais oui, il y aura une loi intégrale.
Est-ce qu'il y aura une juridiction dédiée aux violences sexuelles comme le réclament les partisans de cette loi intégrale ?
On a dit avec le garde des Sceaux qu'on était favorable au fait qu'il y ait des juridictions spécialisées. Donc, c'est l'un des sujets qui doit pouvoir être abordé dans le cadre d'une loi intégrale. Donc, on se réunit dès aujourd'hui à nouveau avec les parlementaires. Je réunis demain les associations parce que c'est aussi un collectif d'associations à la fois féministes et de protection de l'enfance qui ont permis et qui ont mis dans le débat bien avant d'ailleurs l'affaire Liana la question d'une loi intégrale. Ça fait des mois qu'on y travaille. Et on l'a dit, dès le mois d'octobre, ça pourrait être en débat à l'Assemblée nationale.
Aurore Berger, il y a une autre question qui concerne votre ministère chargé de l'égalité entre les hommes et les femmes. C'est la question du voile qui revient dans le débat avant la présidentielle. C'est le vice-président du Rassemblement national, Sébastien Chenu, qui annonce que l'interdiction du port du voile islamique dans l'espace public et bien au programme de Marine Le Pen et qu'elle envisage un référendum. Quelle est votre position de ministre sur le sujet ? Est-ce que vous estimez, comme le RN, que c'est un instrument de soumission qu'il faut faire disparaître de nos rues, de nos espaces publics ?
Déjà, il y a beaucoup de tergiversations vraisemblablement au sein du Rassemblement national. Ils se sont aperçus que cette mesure, elle était clairement inconstitutionnelle. Donc, ils essayent de la revendre aujourd'hui sous forme de référendum. Je pense que c'est ça qu'il faut que chacun aussi mesure, parce que ça a été soi-disant une mesure phare du Rassemblement national pendant des années de dire, dans l'espace public, partout, le voile doit être interdit. Moi, j'ai une position qui a toujours été très claire.
Moi, je suis pour l'interdiction du voile pour les enfants, parce que je pense que quand on a 7 ans, 8 ans, 9 ans, on est soumis aussi au diktat des parents, aux règles qu'imposent les parents, et on n'a pas un libre arbitre nécessaire pour faire un choix en toute conscience. Je considère qu'on ne peut pas avoir une interdiction générale et qu'on ne peut pas avoir une interdiction dans l'espace public. C'est la liberté aussi des adultes de savoir si, oui ou non, elles souhaitent porter le voile. Ce qu'on doit toujours garantir, c'est que ça reste une liberté.
C'est qu'aucune femme ne soit jamais contrainte de devoir le porter, ne se sente jamais contrainte de devoir le porter en fonction de telle famille, en fonction de tel quartier, en fonction de ce qu'on lui imposerait. Est-ce que pour vous,
c'est un instrument de l'islamisme, comme le disent les proches de Marine Le Pen ?
En fait, je pense qu'on ne peut pas voir derrière chaque femme voilée une islamiste en puissance. Si c'est ça qu'entend le Rassemblement National, alors c'est extrêmement grave. C'est-à-dire qu'on doit faire la distinction entre la garantie du respect individuel des libertés, c'est une liberté de le porter comme de ne pas le porter. Moi, je considère qu'il y a une distinction à faire en fonction de l'âge. C'est la même chose sur la question de la protection de nos enfants. Encore une fois, quand on a 9 ans, on n'a pas le même libre arbitre que quand on en a 20 ou quand on en a 40.
Et moi, je ne considère qu'on ne peut pas empêcher les femmes dans notre pays de tout simplement être libre de le porter ou de ne pas le porter.
Juste un dernier mot, Aurore Berger, très vite sur la nomination du sénateur François-Noël Buffet comme défenseur des droits. Cette nomination est soumise à la validation du Parlement aujourd'hui. Est-ce que quelqu'un qui a refusé de voter l'inscription du droit à l'IVG dans la Constitution peut occuper ce poste de défenseur des droits ?
Le combat qui a été le mien avec le président de la République pour permettre la constitutionnalisation de la liberté d'accès à l'IVG. Il sera auditionné aujourd'hui. Il l'a été à l'Assemblée. Il le sera au Sénat. C'est les parlementaires qui choisissent. C'est les parlementaires qui ont le dernier mot. Ce que je sais, c'est que le défenseur des droits s'était clair et donc jusque-là. C'est un rôle qui est important et qui dépasse en fait la personne qui est nommée.
Ce qui compte, c'est qu'ensuite, la personne qui est choisie, nommée par les parlementaires se conforme à ce qui est attendu, c'est-à-dire protéger les droits et protéger les libertés dans un mouvement où on le voit, on a des discriminations qui persistent.
Vous lui auriez donné votre feu vert comme députée ?
Oui, parce que le sujet, c'est est-ce qu'on est en capacité à exercer en toute indépendance, en toute indépendance ensuite cette fonction-là, qui est une fonction importante sur la question du respect des droits humains, respect de la dignité humaine, lutte contre toutes les formes de discrimination. Dans un moment, on le sait et on le voit, où il y a encore des discriminations qui persistent à l'embauche, au logement, et donc c'est ça qui compte, c'est qu'ensuite, cette fonction, elle soit exercée dans la plus grande des indépendances. Merci Aurore Berger
d'être venu ce matin sur RMC Story, ministre délégué chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations. Merci beaucoup.
Aurore Bergé