Emmanuel Macron en Israël, municipales, PMA... Le "8h30 franceinfo" de Rachida Dati
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:42OuverteRéponse directe
Ça vous a fait sourire ou c'était une colère sincère selon vous ?
- 1:29OuverteRéponse directe
Un Français sur six aujourd'hui ne sait pas ce qu'est la Shoah, nous apprenez un sondage en début de semaine et un Français de moins de 40 ans sur quatre doutent de sa réalité.
- 1:54RelanceRéponse partielle
Est-ce qu'il suffit de commémorer ?
- 3:36OuverteRéponse directe
Le Sénat qui a dit oui à l'article sur la PMA pour toutes les femmes. Vous l'auriez voté, vous, l'ouverture de la PMA à toutes les femmes, seules ou en plus ?
- 4:45RelanceRéponse directe
Ça veut dire que vous auriez voté contre l'ouverture de la PMA, par crainte qu'elle aboutisse à la GPA ?
- 6:04OuverteRéponse directe
Vous comprenez qu'on le convoque pour lui passer un savoir.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:46Invité politiqueFait
« Que Emmanuel Macron rappelle la souveraineté française dans cette basilique, oui c'est important. »
- 0:58Invité politiqueFait
« c'est la commémoration de la libération d'Auschwitz qui est la pire barbarie que nous avons connue au siècle dernier »
- 1:15Invité politiqueFait
« tous ceux qui veulent la destruction de l'État d'Israël ou qui nient l'existence de l'État d'Israël sont effectivement dans un antisémitisme clair. »
- 2:02Invité politiqueFait
« lorsque j'étais garde des Sceaux, j'avais donné des instructions claires à tous les parquets de France d'avoir une politique pénale claire et ferme contre l'antisémitisme. »
- 2:34InvitéChiffre
« 34% de nos compatriotes juifs, 34% des Français juifs se sentent menacés en raison de leur appartenance religieuse. »
- 3:44Invité politiqueFait
« Oui, parce que ce débat a suscité beaucoup de controverses, beaucoup de polémiques. »
- 4:49Invité politiqueFait
« Sinon, c'est la marchandisation du corps des femmes. »
- 6:20Invité politiqueFait
« Quand vous êtes préfet, vos opinions personnelles ne doivent pas prendre le pas sur vos fonctions de préfet. »
- 9:35Invité politiqueFait
« Une délinquance qui explose. Une saleté, une dégradation de l'espace public dont les parisiens sont dépossédés. »
- 9:52Invité politiqueFait
« On parle d'écologie, ça n'a jamais été aussi pollué. »
- 9:56Invité politiqueFait
« Une gouvernance à Paris, un budget dont la dette n'a jamais été aussi élevée. »
- 15:15Invité politiqueFait
« Sur la pollution en diesel, on ne peut pas être contre. Oui, on doit lutter contre tous les moteurs polluants. C'est une réalité. »
- 21:31Invité politiqueChiffre
« aujourd'hui, je crois qu'on est à 21% du taux de logement social à Paris. »
- 21:39Invité politiqueChiffre
« Il y a aujourd'hui à peu près 240 000 personnes en attente d'un logement social. »
- 23:41Invité politiqueChiffre
« La cantine, aujourd'hui, à Paris, c'est 7 euros au tarif maximum. »
Temps de parole
- Rachida Dati66 %
- Présentateur16 %
- Invité8 %
- Invité 27 %
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Rachida Dati, merci d'être avec nous ce matin sur France Info. La presse israélienne et palestinienne revient ce matin longuement sur l'incident survenu hier lors de la visite d'Emmanuel Macron à Jérusalem. Le président qui s'est emporté contre des forces de l'ordre israéliennes qui venaient d'entrer dans la basilique Saint Anne, qui est une possession française, avec des mots dans la bouche d'Emmanuel Macron qui en rappellent d'autres forcément. « Everybody knows the rules », comme aurait dit Jacques Chirac dans un autre temps, « Do you want me to go back to France ? » Ça vous a fait sourire ou c'était une colère sincère selon vous ?
Que Emmanuel Macron rappelle la souveraineté française dans cette basilique, oui c'est important. Mais moi ce qui m'importe c'est surtout l'objet et l'objectif de ce voyage qui est extrêmement important puisque c'est la commémoration de la libération d'Auschwitz qui est la pire barbarie que nous avons connue au siècle dernier et de rappeler effectivement que c'est important de commémorer ce moment-là. C'est aussi ce voyage, l'objet de ce voyage, ce que j'ai pu lire et comprendre, c'est aussi de rappeler que tous ceux qui veulent la destruction de l'État d'Israël ou qui nient l'existence de l'État d'Israël sont effectivement dans un antisémitisme clair.
Et donc c'est de lutter contre cela et ça c'est moi ce qui m'importe dans l'objet de ce voyage.
Un Français sur six aujourd'hui ne sait pas ce qu'est la Shoah, nous apprenez un sondage en début de semaine et un Français de moins de 40 ans sur quatre doutent de sa réalité.
C'est pour ça qu'il est important de commémorer, de rappeler, de nous rappeler notre histoire. C'est une histoire et ce n'est pas une histoire ancienne, c'est une histoire contemporaine. Et donc le rappeler, le commémorer dans la gravité, ça nous permet aussi de ne pas oublier.
Est-ce qu'il suffit de commémorer ? Aujourd'hui ça ne fonctionne plus dans une partie de l'opinion.
C'est comme l'antisémitisme, moi j'ai été longtemps magistrat, j'ai été garde des Sceaux et lorsque j'étais garde des Sceaux, j'avais donné des instructions claires à tous les parquets de France d'avoir une politique pénale claire et ferme contre l'antisémitisme. C'est une réalité, c'est une réalité aussi qui progresse et c'est aussi une réalité d'avoir une politique pénale claire parce que souvent j'entends, on fait des pétitions, on fait des déclarations d'intention, là il s'agit de pénale, ce n'est pas un sujet d'opinion.
Vous dites racheter l'antisémitisme, c'est une réalité qui progresse. Il y a une étude de l'IFOP qui vient d'être publiée par la Fondation pour l'Innovation Politique qui révèle que 34% de nos compatriotes juifs, 34% des Français juifs se sentent menacés en raison de leur appartenance religieuse.
Mais dans un pays fracturé, chacun, aujourd'hui je trouve que la France est de plus en plus fracturée, on le dit depuis longtemps, lorsque j'étais gardée sous, j'avais mené des politiques pour lutter contre ces fractures et on m'avait dit que je menais une politique de stigmatisation. Non, ce n'est pas une politique de stigmatisation, c'est-à-dire que quand vous prenez conscience de la réalité des choses, il faut s'y attaquer. Et donc aujourd'hui, il est important d'avoir une politique pénale très claire.
Il faudra en faire davantage pour lutter contre l'antisémitisme ?
Je pense qu'il faut en faire davantage pour éviter que ce pays n'explose à un moment ou à un autre. Je reprends toujours systématiquement dans mes interviews, contre le départ de Gérard Collomb du ministère de l'Intérieur, en disant que les Français ne vivent plus côte à côte, mais face à face, nous y sommes.
Avant d'évoquer la question des municipales à Paris, Rachid Hadati, puisque vous portez les couleurs des Républicains dans la capitale, un mot du vote cette nuit intervenu au Sénat. Le Sénat qui a dit oui à l'article sur la PMA pour toutes les femmes. Vous l'auriez voté, vous, l'ouverture de la PMA à toutes les femmes, seules ou en plus ?
Oui, parce que ce débat a suscité beaucoup de controverses, beaucoup de polémiques. Et beaucoup de divisions dans votre propre corps. Oui, et beaucoup d'affrontements. Moi, je trouve que les questions de bioéthique, c'est comme la question de la fin de vie. Ce sont des questions très intimes et très personnelles. Vous savez, quand vous avez été confronté à des sujets aussi douloureux, aussi intimes et sensibles, comme aussi la PMA et la GPA, je pense aussi aux femmes qui ne peuvent pas avoir d'enfants, des femmes célibataires qui ne peuvent pas aussi avoir d'enfants, et qui aimeraient aussi pouvoir avoir un enfant. Et donc, ces sujets-là, je trouve que ce n'est pas des sujets binaires.
Ce qui m'a gêné, moi, dans certains textes, c'est qu'en adoptant la PMA, on a ouvert la porte à la GPA. On a ouvert la porte à la GPA. Regardez la jurisprudence de plus en plus suivie. De reconnaissance des enfants nés à l'étranger. Oui, parce qu'on dit quelque chose qui est faux. On dit que ces enfants n'ont pas de filiation, ils ont des filiations. Et donc, de dire, effectivement, on reconnaît la GPA par des actes juridiques, des actes d'état civil, finalement, vous généralisez la GPA.
Ça veut dire que vous auriez voté contre l'ouverture de la PMA, par crainte qu'elle aboutisse à la GPA ?
Forcément, soit vous l'encadrez très strictement, et les verrous ne sont pas apparemment si étanches que cela. Sinon, c'est la marchandisation du corps des femmes. Et aujourd'hui, c'est un vrai sujet.
Mais ça, ce n'est pas dans le texte, aujourd'hui, la GPA. Très concrètement, dans le texte actuel, vous auriez voté contre le projet de loi du gouvernement.
Je vous dis, il faut des garanties. Il faut des garanties, parce que tel que ça a été voté, puisque ça avait été voté à l'Assemblée nationale, et puis, de toute façon, ça préconise que la PMA va être dans la loi. Simplement, j'attire l'attention sur, effectivement, de mettre des verrous pour éviter d'accéder et d'aller à la GPA. Les verrous sont extrêmement importants dans ce texte et sur ce type de sujet. Autre chose, moi, j'ai connu et j'ai rencontré, parce que ça vous incite, et vous êtes responsable politique, à avoir le maximum de points de vue et de situations et de discuter avec des femmes.
Moi, je le disais encore récemment, c'est vrai que j'ai connu des femmes qui ont dit, oui, finalement, les procédures d'adoption sont si complexes en France. L'adoption, c'est un vrai sujet dont on ne débat pas. Et on pourra en avoir fait comme magistrat. C'est un sujet complexe, douloureux, compliqué, pour les enfants à adopter, mais aussi pour les familles qui accueillent des enfants. Et souvent, vous avez des femmes qui se tournent aussi vers la PMA parce que les procédures d'adoption ne sont pas si simples que cela. Donc, peut-être, on pourrait aussi lier tous ces sujets-là.
Rachida Dattil, le préfet de la région Pays de la Loire, est convoqué au ministère de l'Intérieur pour avoir déclaré, lors d'une cérémonie publique, qu'il émettait des critiques sur ce dossier de la PMA. Il avait notamment parlé d'une rupture anthropologique majeure. Vous comprenez qu'on le convoque pour lui passer un savoir.
Quand vous êtes préfet, vos opinions personnelles ne doivent pas prendre le pas sur vos fonctions de préfet. Vous êtes soumis à un devoir de réserve, et vous êtes le représentant de l'État et du gouvernement. Donc, moi, je peux comprendre qu'il puisse être convoqué. En plus, moi, je le connais bien, le préfet d'Arcourt, parce qu'il a été le directeur de l'administration pénitentiaire. Et c'est vrai qu'ensemble, on a fait un excellent travail au ministère de la Justice à l'époque. Mais là, vous comprenez la décision du gouvernement de le convoquer. Oui, quand vous êtes dans cette fonction-là, vous êtes soumis à un devoir de réserve.
La bataille des municipales. Dans un instant, nous sommes à deux mois du premier tour à Paris et dans les 35 500 autres communes de France. Mais on va donc parler plus précisément de Paris avec vous, Rachida Dati, dans une minute, juste après le rappel de l'actualité, puisqu'il est 9h moins 20. Voici Mélanie Delaunay.
Port du masque obligatoire et interdiction de quitter la ville en train ou en avion, sauf circonstances exceptionnelles. Les autorités chinoises placent la ville de Wuhan à l'isolement pour contenir l'épidémie de coronavirus qui a fait 17 morts dans le pays. L'eau est montée jusqu'à près de 2 mètres dans les maisons, raconte sur France Info le directeur opérationnel de la cellule de crise de Limoux dans l'Aude. L'une des communes où des habitants ont dû passer la nuit dans un gymnase. Le département reste en vigilance rouge, comme les Pyrénées-Orientales. Alerte orange dans l'Ariège et la Haute-Garonne à cause des inondations. Ils sont en vente depuis ce matin.
La SNCF brade 5 millions de billets de train pour tenter de reconquérir les passagers. A la veille d'une nouvelle journée de mobilisation, demain les syndicats appellent à une journée noire sur les rails pour la présentation de la réforme des retraites en Conseil des ministres. Alizé Cornet éliminé. Il n'y a plus aucune française en lice à l'Open de tennis Australie. Sur le cours en ce moment, Gaël Monfils mène 2-7 à 1 face aux Croates Ivo Karlovic.
France Info, et tout est plus clair.
Rachida Dattil, dernier sondage dans cette campagne des municipales à Paris vous donne à 19% d'intention de vote. Anne Hidalgo est à 25%. Vous diriez que c'est un bon score, 19% pour la droite à Paris.
Vous savez, il y a quelques mois encore, on disait qu'il ne fallait surtout pas présenter de candidat républicain à Paris. Oui, surtout pas. Alors ça s'est aggravé quand j'ai présenté ma candidature. Alors là, on a dit surtout jamais présenter de candidat.
Pas de candidat, étiqueté la républicaine à Paris. Étiqueté républicain. Qui disait ça ?
Certains élus parisiens d'ailleurs. Dans votre corps, vous voulez dire ? Oui, bien sûr. Vous préférez personne plutôt que vous ? Certains, oui. D'ailleurs, ça a été démontré hier encore récemment. On va en parler, l'exemple du 15e arrondissement de Paris, c'est parce que quelque chose d'intéressant. Moi, j'ai souhaité effectivement présenter ma candidature. Ça fait presque un an maintenant que je vais dans tous les arrondissements de Paris, que je construis un projet. J'ai une équipe. C'est vrai qu'on est une toute petite PME. On est essentiellement féminine. On est un noyau de femmes qui travaillent sur ce projet. Ce n'est pas une multinationale.
C'est vraiment, on est des artisans du projet parisien. Parce que nous, on veut gagner Paris, on veut sauver Paris de la dégradation que connaît Paris depuis...
Qu'est-ce qui se dégrade aujourd'hui à Paris sous le mandat d'Anne Hidalgo ?
Franchement, vous êtes parisiens. Je ne vais pas vous apprendre ce qui se passe à Paris. Une délinquance qui explose. Une saleté, une dégradation de l'espace public dont les parisiens sont dépossédés. Tout est sale, tout est embouteillé, tout est dégradé. Une délinquance qui explose. On parle d'écologie, ça n'a jamais été aussi pollué. Une gouvernance à Paris, un budget dont la dette n'a jamais été aussi élevée. Donc moi, j'aimerais qu'on me dise là où ça va bien.
Renaud Delis. Avant de détailler votre programme, comment on fait pour gagner Paris, même avec un score encourageant comme 19% si on n'a pas d'alliés au deuxième tour ? 19%, ça peut suffire pour gagner Paris ?
Vous avez raison, M. Delis. Simplement, moi je pense que les parisiens, comme les électeurs, comme les Français en général, aiment la clarté. Et moi je pense qu'une campagne de premier tour, elle se fait... D'abord, on rassure son électorat, on rassure ceux qui, effectivement, sont de notre famille politique. Et puis on élabore un projet qu'on ouvre. Et on va bien au-delà de sa famille politique. Mais moi je fais une campagne de premier tour. C'est d'abord de dire...
Il faut rassembler la droite.
Il faut rassembler la droite, le centre, puisque le nouveau centre est avec nous. Il faut rassurer sur ce que nous sommes et on rassure et on ouvre avec notre projet. Puisque vous pensez bien... Vous savez, le nord et l'est de Paris, c'est un électorat soi-disant acquis à la gauche. Ils ont été totalement abandonnés et méprisés par la gauche. Aujourd'hui, quand je vais dans ces arrondissements, j'y vais tous les jours. Hier encore, j'étais dans le 18e arrondissement. Ce sont des habitants, des Parisiens, qui sont tellement exaspérés et écoeurés et qui ont un sentiment d'abandon. C'est vrai, ils ont été abandonnés. Et donc, ils ne veulent même plus voter. Moi je leur dis, si, votez.
Nous avons un projet alternatif pour améliorer votre quotidien.
Vous avez gagné, pardon Renaud Delis, votre bras de fer dans le 15e arrondissement de Paris. Hier, en faisant investir par votre parti, Les Républicains, votre candidate qui sera face au maire sortant, Philippe Goujon, qui lui refusait de vous soutenir très clairement. Il y aura deux listes, Les Républicains, dans ce 15e arrondissement, qui est le plus important dans la bataille de Paris, puisque c'est celui qui envoie le plus de conseillers de Paris pour élire le maire.
Nous, nous avons décidé d'avoir des candidats républicains, la droite et du centre, dans tous les arrondissements de Paris.
Il est aussi membre des Républicains, Philippe Goujon.
D'accord. Mais Philippe Goujon, il a le syndrome de l'ami de 30 ans qui trahit. Ce sont des personnes qui ont passé leur vie à trahir leur famille politique quand il s'agissait de sauver leur poste. Ça a été le cas de Philippe Goujon, comme de Pierre Charon, qui a été élu sénateur en trahissant sa famille politique. Les Parisiens ne supportent pas la trahison. Et donc, là, moi je remercie la Commission nationale d'investiture de mon parti, de ma famille politique, de m'avoir fait confiance en investissant Agnès Évrenne, qui est présidente de la Fédération des Républicains de Paris et qui a pris sa responsabilité.
Moi, je la remercie parce que c'est un acte courageux d'aller contre Philippe Goujon qui, vous savez, le poison de la droite à Paris, ça a été la trahison. Ça a été les petites manœuvres. Pendant longtemps, cette droite parisienne-là ne souhaitait pas qu'on gagne Paris. Cette fois, on n'a pas voulu continuer sur cette pente descendante qui fait de Philippe Goujon l'allié objectif d'Anne Hidalgo. M. Goujon souhaite la réélection de Mme Hidalgo. Je ne rentrerai pas dans cette stratégie-là, qui est une stratégie suicidaire. Et cette stratégie suicidaire existe depuis 2001. Je souhaite que cette tirale s'arrête.
Pas de pitié pour les traîtres, quand on vous entend.
Mais qui aime les traîtres, M. Dely ?
C'est vous qui l'avez qualifié.
Oui, mais quelqu'un qui trahit sa famille politique. Mais finalement, si je voulais résumer, vous savez, le problème de Philippe Goujon comme de Pierre Charon, c'est finalement Rachida Dati. Mais ça ne date pas d'aujourd'hui.
Qu'est-ce qu'il vous reproche exactement ?
Je ne souhaite pas faire plus de commentaires, mais c'est ancien, vous le savez bien.
Vous parlez en creux des bâtons qu'on vous a mis dans les roues depuis le début de cette campagne. Hier, Xavier Bertrand est venu soutenir Philippe Goujon. Il s'est affiché avec lui.
Non, il n'a pas soutenu Philippe Goujon.
Il est venu prendre un café avec lui. C'est un hasard du calendrier ?
Oui, mais Xavier Bertrand, vous savez, nous avons des échanges. On a été porte-parole ensemble pour la campagne victorieuse de la présidentielle de 2007 pour Nicolas Sarkozy. Xavier Bertrand, c'est quelqu'un que j'apprécie, avec lequel j'échange. Et d'abord, n'oubliez pas que nous avons aussi des parcours similaires. On défend aussi cette droite populaire. Et donc, il n'est pas venu soutenir. Il a pris un café avec Philippe Goujon, que Philippe Goujon n'instrumentalise pas tout et n'importe quoi.
Et dernière toute petite question sur ce sujet qui peut surprendre, c'est que vous avez investi Agnès Séverin, vous le rappeliez, qui dirige la Fédération LR de Paris, mais qui vient aussi de se faire élire députée européenne. Si elle était élue au Conseil de Paris, elle démissionne du Parlement européen.
Elle tire la liste. C'est une liste de responsabilité. C'est une liste de responsabilité en 4ème règle.
Donc elle ne siégera pas au Conseil de Paris si elle était élue ?
Bien sûr que si, elle siégera au Conseil de Paris.
Donc elle apprendra le Parlement européen, alors j'avais les numéros de la liste.
Aujourd'hui, elle est déjà Conseiller de Paris et députée européen. Vous savez très bien que c'est compatible. On peut être Conseiller de Paris et député européen. Donc il n'y a pas d'incompatibilité. On peut exercer ces deux mandats pleinement en même temps. Bien sûr, et c'est le cas, M. Charon, il fait quoi d'autre que d'être sénateur et conseiller de Paris ? Ne vous faites pas polluer par les mêmes destructeurs et les faux soyeurs de la droite parisienne.
Pour la pollution, justement, l'autre pollution, celle des voitures Rachida Dati, Anne Hidalgo promet de bannir tous les diesels de Paris d'ici à 2024 pour l'ouverture des Jeux Olympiques. Vous la soutenez sur ce point-là, sur l'interdiction des diesels en 2024 et des autres moteurs en 2030, c'est-à-dire demain ?
D'abord, moi je me souviens, sous la mandature de Bertrand Delannoy, quand la gauche a commencé cette politique anti-voiture, c'était une politique anti-voiture pour lutter contre la pollution. Maintenant, c'est devenu une politique anti-voiture. La gauche, Anne Hidalgo, ne veut plus de voiture à Paris. C'est ce qu'elle a dit dans encore une émission récente. D'accord, mais il y a encore des Parisiens qui ont besoin de leur voiture. Sur la pollution en diesel, on ne peut pas être contre. Oui, on doit lutter contre tous les moteurs polluants. C'est une réalité. Mais ce qu'a organisé Anne Hidalgo à Paris, je paraphrase un de vos confrères, c'est qu'elle a créé l'embouteillage de nuit.
Oui, aujourd'hui, le nord et l'est n'ont jamais été autant pollués en raison des embouteillages. Ce qui, aujourd'hui, génère des tensions, c'est la jungle partout. C'est la jungle sur l'espace public, c'est la jungle dans la mobilité, c'est la jungle dans les logements, c'est la jungle partout. C'est l'anarchie.
Rachida, justement, vous évoquez la politique d'Anne Hidalgo sur la voiture. Voilà comment elle justifie cette politique. Elle s'en expliquait hier, c'était chez nos confrères de France Inter. On ne peut pas pleurer sur les incendies en Australie et considérer que nos modes de vie ici ne devraient pas changer. Et quand on regarde la cause principale, par exemple, de la pollution dans une ville comme Paris, c'est la voiture. La voiture individuelle, les camions, la voiture thermique, la voiture diesel. Est-ce qu'au vu de l'urgence climatique aujourd'hui, il ne faut pas, effectivement, quand on est élu, prendre parfois des décisions qui peuvent être impopulaires concernant la voiture ?
Monsieur Délis, vous êtes bien assez subtil. Entre dire interdiction de la voiture et lutter contre le diesel, il y a quand même une nuance. Il y a des voitures propres qui se développent. Là, Anne Hidalgo, je rappelle son projet, c'est de fermer la place de l'étoile, interdire aux voitures. Non, non, non, mais attendez, c'est une réalité. Je sais, je peux juste interdire la voiture sur les Champs-Elysées, également interdire la voiture place de la Concorde et sur tout l'axe Rivoli. Vous savez aussi, le projet qui n'est pas très loin d'ici, c'est de pouvoir verdir, d'interdire à la voiture et à toute forme de circulation, depuis le Trocadéro jusqu'à l'école d'Utère.
Donc, il ne faut surtout pas décourager les Parisiens d'utiliser la voiture.
Et pour être précis, Rachid Adati, est-ce que vous dites à ceux qui roulent aujourd'hui avec un diesel, si vous votez pour moi, vous pourrez continuer à l'utiliser, contrairement à Anne Hidalgo ? Je n'ai pas entendu votre réponse sur ce point. Franchement, vous faites exprès. Je ne suis pas toujours très bien réveillé.
Ça ne vous ressemble pas, mais vous le faites exprès. Est-ce que les diesels pourront continuer à rouler à Paris ? Non, j'ai dit, nous sommes contre le diesel.
Donc, il y aura une interdiction avec vous aussi en 2024 ou plus tard.
Bien sûr, on a commencé, on a commencé à lutter.
Avec vous, en 2024 ou plus tard.
Mais non, mais dès maintenant, c'est une politique, c'est le sens de l'histoire de lutter contre le diesel. Regardez les bus au diesel. La gauche qui a été au pouvoir longtemps vient de découvrir que les bus qu'ils ont achetés à grand renfort de frais sont au diesel, roulent au diesel.
Si vous êtes élu, c'est dès maintenant, dès 2020.
Mais bien sûr, il faut lutter contre le diesel. Mais il y a des voitures propres. Ce n'est pas de lutter contre la voiture. Quand on aura une voiture, nous, on n'est pas non plus contre le vélo. On veut une mobilité organisée. Nous avons un espace public qui n'est ni régulé, ni ordonné. C'est l'anarchie de la circulation. Moi, je souhaite construire, élaborer un projet de mobilité, y compris avec les mobilités alternatives, avec des experts, avec les élus d'arrondissement et les maires des communes limitrophes. Parce que c'est important d'avoir une mobilité organisée à Paris. Aujourd'hui, c'est l'anarchie.
On va évoquer une question qui intéresse les Parisiens. Et bien au-delà, les habitants de beaucoup de grandes villes et même des petites, c'est la question des prix des logements qui atteignent des records. Dans la capitale, ce sera dans un instant avec vous, Rachida Dati. D'abord, l'essentiel à 8h51. Je ne suis pas réveillé. Et en plus, je suis en retard. C'est Mélanie Delonay.
La pluie continue de tomber ce matin dans l'Aude et les Pyrénées-Orientales. Vigilance rouge, maintenu et prudence toujours de mise. On craint que ça remonte rapidement. Les sols sont saturés, explique sur France Info le maire de Saint-Paul-de-Fenouillet, près de Perpignan. Pas de dégâts importants, pas de blessés. Selon les pompiers du département, 1500 habitants ont été évacués par précaution. L'Organisation mondiale de la santé prolonge aujourd'hui sa réunion de crise sur le nouveau virus qui a fait 17 morts en Chine. Son directeur salue les grands moyens pris pour limiter la propagation. Plus aucun train ni aucun avion ne peut quitter désormais la ville de Wuhan où l'épidémie a commencé.
Emmanuel Macron, Vladimir Poutine, le vice-président américain Mike Pence, une quarantaine de dirigeants présents aujourd'hui en Israël, 75 ans après la libération du camp d'Auschwitz, commémoration au mémorial de Yad Vashem à Jérusalem. Le football et le Paris Saint-Germain qui rejoignent Lyon en finale de la Coupe de la Ligue après sa victoire 3-0 contre Reims.
France Info, et tout est plus clair.
Rachida Dati, avant de parler du logement, une question toute simple, une réponse si vous voulez bien en oui ou en non. Vous ferez payer le stationnement des deux roues si vous êtes élu maire à Paris ?
Les deux roues c'est un sujet à Paris, vous le savez bien, parce que la lutte contre la voiture a abouti à une augmentation des deux roues. D'ailleurs sous la mandature de Bertrand de la Noé, c'était des deux roues polluants. Et donc on a un sujet aussi sur la nature des deux roues qui circulent à Paris. Donc la question du paiement du stationnement, ça sera aussi avec la nature de la mobilité. Vous ne pouvez pas dire on taxe tout le monde, surtout sur certains s'ils font des efforts sur une mobilité alternative et une mobilité propre.
Considérer que le deux roues ça peut faire partie des mobilités alternatives à la voiture parce que ça pollue légèrement moins.
Parce que vous avez des deux roues, vous savez, sous la première mandature de la Noé, on avait eu une augmentation de la pollution en raison du report de la voiture sur le deux roues. C'est-à-dire qu'on n'a pas eu un voyageur de plus dans les transports publics collectifs parce qu'ils étaient déjà saturés. Ça s'est reporté sur les deux roues et les deux roues polluants. Donc aujourd'hui, il y a une politique aussi de deux roues propres à avoir.
Mais c'est plutôt non pour faire payer le stationnement si je vous entends bien.
On ne peut pas demander aux gens, vous ne payez plus la voiture, vous ne payez pas les deux roues si vous faites des efforts et en plus on va encore vous taxer. Donc ça, ce n'est pas aussi binaire que ça.
Un phénomène qui concerne Paris comme d'autres grandes métropoles du pays, c'est la montée des prix de l'immobilier. À Paris, le prix du mètre carré explose, plus de 10 000 euros du mètre carré en moyenne. Résultat, Paris se dépeuble. D'ailleurs, les classes populaires quittent la capitale. Les classes moyennes aussi sont touchées par ce problème. Comment est-ce qu'un maire, comment est-ce que vous, si vous êtes élu demain, Rachida Dati, vous pouvez inverser cette tendance et jouer, freiner les prix de l'immobilier ?
Une ville sans famille, c'est une ville morte, moi je considère. Parce qu'on vide la ville de sa sève et de son dynamisme. Aujourd'hui, à quoi on assiste ? On assiste effectivement, on a une politique du logement social que la mairie de Paris souhaite encore plus augmenter. Mais il y a un débat sur le logement social. Mais ça démontre bien que les gens qui en débattent ne connaissent pas la réalité du logement social. Ils sont là, il y a une bagarre de taux. Aujourd'hui, je crois qu'on est à 21% du taux de logement social à Paris.
Il y a aujourd'hui à peu près 240 000 personnes en attente d'un logement social.
Oui, et autant en attente. La question du logement social à Paris, c'est l'état des lieux. Aujourd'hui, une grande majorité du parc social est extrêmement dégradée. Sur de l'immobilier récent, du logement récent. Moi, quand je vois dans le 18e, dans le 10e, dans le 11e, vers le boulevard Méni-Montant, Jean-Pierre Thimbault, c'est la plus grande concentration de pauvres. Et on a mis des ghettos de pauvres. C'est-à-dire, sous couvert de mixité sociale, on crée des ghettos à Paris. Donc il faut rénover ces logements sociaux pour vous ?
Quand vous n'avez plus d'ascenseurs, comme par exemple, moi j'ai pris l'exemple de la résidence Calberson, qui est dans la barre d'immeuble Rosa Parc, dans le 19e, ils n'ont pas eu de chauffage pendant 4 ans. Il n'y avait pas d'eau chaude encore récemment, des ascenseurs bloqués. Vous croyez que c'est respecter les gens qui ont mis dans ces logements sociaux, qui payent leur loyer ? Et donc, ces gens-là n'osent pas quitter leur logement, parce qu'on leur dit, on peut vous proposer un autre appartement, mais il y a du plomb, c'est écrit noir sur blanc, il y a du plomb et de l'amiante, si vous ne grattez pas les murs, ce n'est pas toxique.
À un moment donné, il faut aussi respecter les gens qu'on loge. Donc on rénove et même de manière urgente ? D'abord, de manière urgence, on réhabilite et on rénove et on restaure.
Et est-ce que par ailleurs, on interdit par exemple Airbnb pour remettre des milliers de logements ?
Franchement, vous ne pouvez pas poser 22 questions pour une même question. Vous me parlez de... Il y a le logement social qu'il faut restaurer pour respecter les gens qui y habitent. Et là-dedans, vous savez très bien qu'il y a beaucoup de Parisiens, dans le nombre de demandeurs que vous indiquez, qui sont éligibles au logement social, mais qui n'obtiendront jamais de logement social. Pourquoi ? Parce qu'il y a toujours des plus prioritaires que vous. Donc c'est la tranche la plus haute. Il y a ces gens-là et puis vous avez la classe moyenne, même supérieure, qui évidemment, à l'arrivée d'un nouvel enfant, à un moment donné, soit quitte l'arrondissement, soit quitte Paris.
Vous avez ou la classe populaire qui quitte Paris, dès le premier enfant, et celui qui est au premier enfant, ceux qui est au premier enfant, quittent l'arrondissement pour finir par quitter Paris. Moi, je souhaite pour ces familles-là, pour cette classe moyenne, la tranche la plus haute pour le logement social, et la classe moyenne, y compris supérieure, c'est de dire, un, tous les tarifs municipaux, je vais les diminuer, tous. La cantine, aujourd'hui, à Paris, c'est 7 euros au tarif maximum. En moyenne, dans les grandes villes, en France, c'est entre 3 et 4 euros.
7 euros, c'est pour les plus privilégiés des Parisiens ?
Oui, mais pour une ville très riche...
Donc, c'est eux qui bénéficient au premier chef de cette baisse des tarifs de quartier.
Oui, d'accord, mais eux, ils sont en double peine, ils ont un prix de loyer très élevé. C'est-à-dire que ces revenus-là sont pénalisés sur tous les plans.
Est-ce qu'il faut envisager de bloquer les loyers à Paris ?
Non, mais vous me laissez... Bloquer les loyers à Paris. On a 4 questions de retard. Non, mais attendez, ça peut être utile par expérimentation, mais laissez-moi juste terminer sur le logement. On baisse les prix des tarifs municipaux sur les cartes. On les baisse sans plafond de revenus. On les baisse... Pour les familles, si, vous pouvez garder un plafond, mais au moins, vous baissez le tarif maximum. Pour les familles, les personnes âgées, les services aux personnes âgées. Ensuite, je souhaite instaurer... Parce que moi, ce n'est pas comme Mme Hidalgo, je ne vous crée pas dans 50 ans un logement décent, parce qu'ils viennent de découvrir qu'il y a un problème avec la classe moyenne.
C'est de dire, je crée un chèque Paris d'avenir pour toutes ces familles. C'est 1200 euros minimum par an pendant 3 ans. C'est à chaque vague de naissance. Vous pouvez en bénéficier si, évidemment, vous avez un... Dès le premier enfant, si vous souhaitez vous déménager. Et ça sera comme ça valable pour chaque enfant arrivant. Au moins, on aide au logement. Parce que celui qui vous fera croire que le foncier, on va pouvoir le faire diminuer du jour au lendemain. D'ailleurs, c'est ce qui contribue aussi à l'attractivité d'une ville. Il faut arrêter, il faut avoir aussi le sens des réalités.
Bon, la campagne est encore longue, Rachida Dati. Vous reviendrez nous parler du gel des loyers, de votre politique sur Airbnb, parce qu'on n'a plus le temps. Je vous assure, on n'a plus le temps. Donc, vous reviendrez, il nous reste deux mois de campagne à Paris et ailleurs en France. Merci beaucoup, Rachida Dati, d'être venu ce matin sur France Info dans 2 minutes 9 heures. Et l'info politique, n'oubliez pas, c'est aussi un podcast original sur France Info. Paris, la bataille, le feuilleton des municipales. Un nouvel épisode tous les vendredis. Un podcast à écouter sur franceinfo.fr, disponible aussi sur l'application Radio France.
Rachida Dati