"Nicolas Dupont-Aignan c'est la promesse de la défense de l'intérêt général."
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 52 %Attaque 30 %Défensif 18 %
Questions et réponses
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- 1:17FerméeRéponse directe
Est-ce que selon vous, il doit se retirer suite au soupçon d'emploi fictif qui pèse sur sa femme et ses enfants ?
- 2:35RelanceRéponse directe
Est-ce qu'il faut qu'il se retire ?
- 2:40OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il faut également, à plus loin, modifier la loi, empêcher d'embaucher des proches comme collaborateurs ?
- 3:19OuverteRéponse partielle
Nicolas Dupont-Aignan lui-même emploie sa femme comme attaché parlementaire. Est-ce qu'il faut que lui aussi...
- 4:06OuverteRéponse directe
Est-ce que votre candidat, Nicolas Dupont-Aignan, il sera ou est-ce qu'il en est des parrainages, des 500 parrainages nécessaires ?
- 5:03OuverteRéponse directe
Nicolas Dupont-Aignan qui sera donc à La Réunion la semaine prochaine, en quelques mots, son programme ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:27Invité politiqueFait
« Mon opinion, c'est qu'effectivement, il devrait se retirer. »
- 2:00Invité politiqueFait
« C'est-à-dire qu'on est aujourd'hui face à un monde politique corrompu, dans le sens premier du terme. »
- 2:25Invité politiqueFait
« Je suis assez heureux qu'à l'occasion de cette élection, une partie des masques tombe. »
- 2:45Invité politiqueFait
« Moi, personnellement, j'y suis favorable. Parce que je crois qu'aujourd'hui, les abus ont jeté la suspicion sur notre personnel politique. »
- 4:11Invité politiqueFait
« Écoutez, vous savez bien qu'aujourd'hui, la loi a été modifiée pour cette élection. »
- 4:58Invité politiqueFait
« Nicolas Dupont-Aignan est optimiste sur le fait qu'il sera candidat. »
- 5:08Invité politiqueFait
« Son programme, c'est un programme qui est axé sur le développement économique et la jeunesse. »
- 6:38Invité politiqueFait
« J'y suis revenu parce que Nicolas Dupont-Aignan propose une promesse qui m'intéresse. C'est-à-dire celle de remettre l'intérêt général au cœur de l'action publique. »
- 7:56Invité politiqueFait
« Nous sommes des gaullistes, et plutôt des gaullistes sociaux. »
- 8:24Invité politiqueFait
« La démocratie, pour qu'elle soit européenne, il faudrait qu'il y ait un peuple européen. »
- 10:45Invité politiqueFait
« Moi, ce que je constate en regardant les chiffres et comme le fait d'ailleurs Nicolas Dupont-Aignan, c'est que nous sommes, en 2016, confrontés à une problématique migratoire et à une problématique de natalité. »
- 11:16Invité politiqueFait
« Par contre, ce qui est certain, c'est que François Hollande a mis à mal la politique nataliste en plafonnant l'octroi des allocations. »
- 12:15Invité politiqueFait
« En matière d'immigration, c'est que nous, nous sommes sur le principe de l'assimilation républicaine. »
- 34:17Invité politiqueFait
« il y a un mécanisme qui a fonctionné très bien qui était le mécanisme de défiscalisation »
- 34:38Invité politiqueFait
« l'octroi de mer est le mécanisme qui fausse aujourd'hui la concurrence à la réunion »
- 35:41Invité politiqueFait
« il y a un levier c'est l'octroi de mer »
- 35:57Invité politiqueFait
« quand la production locale n'est pas concurrencée et bien il faut passer de l'octroi de mer à la TVA »
- 37:11Invité politiqueChiffre
« la Polynésie française a 28 ans de retard sur la métropole quand nous en avons 21 »
- 37:19Invité politiqueChiffre
« la Nouvelle-Calédonie a quelques années d'avance sur nous 3 pour être précis »
- 38:54Invité politiqueFait
« le montant de la continuité territoriale pour l'outre-mer doit être indexé sur le nombre de passagers »
- 39:07Invité politiqueChiffre
« la continuité territoriale corse c'est 190 millions d'euros d'aides au titre de la solidarité nationale pour 8 millions de passagers »
- 39:15Invité politiqueChiffre
« pour l'outre-mer tout entier on compte également 8 millions de passagers »
- 39:16Invité politiqueChiffre
« nous demandons au lieu des 10 millions qui nous sont accordés aujourd'hui par l'état 10 millions »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan75 %
- Présentateur18 %
- ?4 %
- Invité3 %
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Son
candidat à la présidentielle doit venir à La Réunion dans une semaine, mais il ne s'agit pas de François Fillon. Son candidat a lui à couper les ponts avec l'UMP il
y
a 10 ans déjà pour défendre une ligne gaulliste et souverainiste. Déjà candidat en 2012, son champion avait obtenu 1,8% des suffrages. Pas de quoi décourager Nicolas Dupont-Aignan et son parti Debout la République, devenu depuis Debout la France. Notre invité en est le secrétaire départemental, délégué national à la continuité territoriale de l'Outre-mer. Ancien du RPR, il a rejoint le parti Nicolas Dupont-Aignan en 2009. Il a conduit une liste pour les élections européennes, à participer aux dernières élections régionales.
Nous lui demanderons quel regard il porte sur cette campagne présidentielle pleine de rebondissements, sur l'actualité locale, sur l'actualité nationale et internationale, et de nous éclairer également sur le programme que son parti souhaite défendre. Hugues Maillot est devant La Réunion ce soir. Devant La Réunion, le magazine politique de la rédaction Gaël Ledantec.
Hugues
Maillot, bonsoir. Bonsoir Gaël Ledantec. Merci d'avoir accepté notre invitation. J'en rajoute que vous avez également à cette présentation, j'en rajoute que vous avez publié aux éditions L'Armatan, L'île de la Réunion et la France, un lien à renforcer. Un livre politique, quasiment un livre programme dont on va pouvoir reparler. On va commencer si vous voulez bien par l'actualité la plus récente, les difficultés de François Fillon. On devrait en savoir un peu plus ce soir sur sa ligne de défense.
Est-ce que selon vous, il doit se retirer de la course à la présidentielle, suite au soupçon, on rappelle, d'emploi fictif qui pèse sur sa femme, sur ses enfants qui ont été révélés par le cas d'enchaîné ?
Mon
opinion, c'est qu'effectivement, il devrait se retirer. Mais ça va poser un certain nombre de problèmes aux partis des Républicains parce que ce n
'est
pas simplement la question d'un homme, aujourd'hui, cette affaire Fillon.
C
'est la question d'un système. Vous parliez de mon livre il y a un instant.
Le
premier chapitre de mon livre s'intitule « Des gadgets et des prébandes
». En
fait, la situation dans laquelle se retrouve aujourd'hui François Fillon, c'est la situation dans laquelle se retrouve le système. C'est-à-dire qu'on est aujourd'hui face à un monde politique corrompu, dans le sens premier du terme. C'est-à-dire que c'est un monde politique qui ne défend plus des convictions. C'est un monde politique qui est dans le double langage en permanence. Et c'est un double langage qui vise à cacher des intérêts tout à fait particuliers. Donc, ça ne m'étonne pas ce qui arrive aujourd'hui à François Fillon. Je suis assez heureux qu'à l'occasion de cette élection, une partie des masques tombe.
Vous ne
m
'avez pas franchement répondu.
Est
-ce qu'il faut qu
'il
se retire ?
Oui, il devrait.
Est-ce qu'il faut également, à
le
plus loin, modifier la loi, empêcher d'embaucher des proches comme
collaborateurs ? Moi,
personnellement, j'y suis favorable. Parce que je crois qu'aujourd'hui, les abus ont jeté la suspicion sur notre personnel politique. C'est le côté négatif de ce qui se passe actuellement. C
'est
que même les gens qui sont honnêtes dans l'exercice de leurs fonctions seront de plus en plus suspects. Les vilains petits canards polluent le système.
Nicolas Dupont-Aignan lui-même emploie sa femme comme
attaché
parlementaire. Est-ce qu'il faut que lui aussi...
Écoutez,
on lui a
posé la question
et lui-même a reconnu que dans l'état actuel des choses, il ne verrait aucun problème à légiférer et à voter une loi qui empêcherait le recrutement d'emplois familiaux. Là, ce qui est en cause, ce n'est pas tellement le fait que la personne
soit
la femme que Mme Fillon ait été recrutée. C
'est qu'elle n
'aurait fourni aucun travail en
échange de
salaire qui
est relativement important. Est-ce qu'une solution, ça
ne serait pas justement d'empêcher cette
embauche de proximité ? Aujourd'hui, bien évidemment, il faut sans doute légiférer pour éviter ce type de problème.
On a du mal à savoir pour l'instant encore qui sera vraiment sur la ligne de départ pour cette présidentielle où on a plusieurs rebondissements. Est-ce que votre candidat, Nicolas Dupont-Aignan, il sera ou est-ce qu'il en est des parrainages, des 500 parrainages nécessaires ?
Écoutez, vous savez bien qu'aujourd'hui, la loi a été modifiée pour cette élection. Alors,
ce qui change, c'est que les
parrainages sont publics
? Non, ce qui change, c'est que les parrainages doivent être envoyés directement par les personnes qui ont la possibilité de les faire, les maires, les grands électeurs, on va dire. Donc, les parrains doivent envoyés directement au Conseil constitutionnel, alors qu'auparavant, les candidats pouvaient récolter ces parrainages. Donc,
ce
qui fait qu'on ne sera certains des candidats qu'à la fin du décompte des voix par le Conseil constitutionnel. Ce qui apparaît à peu près certain aujourd'hui, c'est qu'en termes de promesse de parrainage, Nicolas Dupont-Aignan est optimiste sur le fait qu'il sera candidat. Mais, comme les règles ont changé, on ne le saura exactement qu'à la fin du décompte.
Nicolas Dupont-Aignan qui sera donc à La Réunion la semaine prochaine, en quelques mots, son programme ?
Alors,
son programme, c'est un programme qui est axé sur le développement économique et la jeunesse. Et puis, également sur la place des océans et la place de La Réunion et de l'océan Indien, dont, je veux dire, au service de la France, à travers notamment les terres australes et antarctiques françaises. Il y aura une visite qui sera faite au siège des taffes. Il y aura des jeunes qui seront rencontrés, des jeunes entreprenants, les jeunes entreprenants, parce qu'ils ne sont pas que des entrepreneurs de la jeune chambre économique à Saint-Pierre. Il y aura également...
Ça sera également l'occasion pour Nicolas Dupont-Aignan de présenter ses propositions, d'exposer plus précisément ses propositions pour l'outre-mer.
Si
jamais il devait renoncer, faute de parrainage, qui serait votre candidat, Hugues Maillot ?
Écoutez, je suis revenu en politique parce que j'avais quitté la politique pendant dix ans. J'avais fait le constat qu'aujourd'hui, certains font de manière un peu amère de cette duplicité permanente de nos élus. J'étais un militant RPR très jeune. Je me suis engagé à 18 ans. À 28 ans, j'avais fait, si j'ose dire, mes constats. Et j'avais quitté le monde politique, où j'avais quand même été responsable des jeunes du RPR. J'avais été assistant parlementaire. Donc je m'étais vraiment approché de très près de ce monde-là. Et j'y ai passé dix ans. Et au bout de dix ans, j'en suis sorti et j'en suis sorti dix ans.
Et j'y suis revenu parce que Nicolas Dupont-Aignan propose une promesse qui m'intéresse. C'est-à-dire celle de remettre l'intérêt général au cœur de l'action publique. Si Nicolas
Dupont-Aignan... Est-ce que
ce n
'est
pas la posture de
tous les candidats
de dire ça
?
Non, parce que ce que nous apprend l'affaire Fillon, et puis ce que nous a appris aussi le renoncement
de
François Hollande, c'est qu'aujourd'hui, les mots sont pervertis.
Les
concepts sont pervertis. L'intérêt général n'est plus défendu par les tenants du système. Alors, à tel point que le système a dû changer de monture, François Fillon a dû renoncer au profit... Pardon. François Hollande a dû renoncer au profit d'Emmanuel Macron. Et aujourd'hui, on se retrouve dans l'impasse avec la candidature Fillon à droite. Donc, je ne
vais
pas... Si... Parce que je n'imagine pas un instant... Nicolas Dupont-Aignan devait renoncer, ça ne sera pas pour retomber dans les affres du système. Parce que je ne fais pas... Je ne suis
pas engagé... Vous n'avez
pas le plan B,
vous.
Je ne suis pas engagé pour défendre des prébandes et des gadgets.
Votre parti est présenté souvent comme souverainiste de droite, ça vous convient comme appellation ? Pas du tout.
Nous
sommes des gaullistes, et plutôt des gaullistes sociaux. Voilà. Le souverainisme n'a d'intérêt qu'à partir du moment où il est mis au service d'une certaine idée de son pays, d'une certaine idée de la France. Et nous, nous souhaitons mettre le souverainisme, c'est-à-dire la démocratie, en définitive, au service d'une grande idée de la France, celle que défendait le général de Gaulle, qui nous semble parfaitement d'actualité aujourd'hui. Mais la démocratie, elle pourrait être européenne ? La démocratie, pour qu'elle soit européenne, il faudrait qu'il y ait un peuple européen. Et là aussi, ce que nous apprend la construction européenne, c'est qu'il n'y a pas de peuples européens.
Pourquoi l'Europe est-elle en panne aujourd'hui ? Pas parce qu'il y
a
des souverainistes. En France.
Parce
que chaque nation est dans une logique où elle défend ses intérêts. Les gouvernements défendent leurs intérêts.
Et c'est pas ça qu'il faudrait dépasser ? On
peut les dépasser à partir du moment où on arrive à avoir des points d'accord, des projets communs. Et des projets communs, il y en a eu à une époque qui ont construit une belle Europe. Airbus, c'est la belle Europe. Ariane, c'est la belle Europe. Et puis, depuis l'acte unique européen de 1986, on a changé, on a remplacé les beaux projets par le libéralisme économique, c'est-à-dire par la guerre économique.
L'Europe, aujourd'hui, c'est un champ de bataille où les peuples européens sont mis, où les travailleurs européens ou les entreprises européennes sont mis en concurrence et où doit s'effacer ceux qui doivent perdre, finalement, ceux qui ont le plus à perdre, c'est-à-dire ceux qui ont le modèle social le plus avancé. Et ce sont les Français, aujourd'hui, qui sont... C
'est
le modèle social français, aujourd'hui, qui est menacé par cette guerre économique. Donc, nous, nous ne voulons pas d'une Europe qui remet en cause notre modèle social. Nous voulons d'une Europe qui, parce qu'il faut une Europe, nous voulons d'une Europe qui permet de répondre à des... qui permet de construire des projets communs. Il y a la valorisation des océans. La France ne la fera pas toute seule. La lutte contre le cancer, la France ne la fera pas toute seule. Donc, il y a des points de convergence et des points de construction. Et c'est là-dessus qu
'on
veut s'appuyer.
Il
y a quelques semaines, Nicolas Dupont-Aignan a tweeté cette phrase. En 2016, les socialistes compensent la baisse de natalité par l'invasion migratoire. Le changement de population, c'est maintenant. Une posture et un vocabulaire très proche du grand remplacement, dénoncé notamment par Robert Ménard ou d'autres figures de l'extrême droite pour fustiger un soi-disant remplacement des Français par les immigrés.
Il n'a pas
utilisé le
mot grand remplacement.
Il a utilisé le changement de population,
c
'est maintenant. Est-ce que vous assumez, vous, Hugues Maillot, ces propos ?
Moi,
ce que je constate en regardant les chiffres et comme le fait d'ailleurs Nicolas Dupont-Aignan, c'est que nous sommes, en 2016, confrontés à une problématique migratoire et à une problématique de natalité. C'est-à-dire, 2016 est la première année où, du fait d'une politique nataliste défaillante,
c
'est-à-dire d'une remise en cause de la politique nataliste jusqu'à... La
France reste un
des pays où le taux de natalité est le plus important. Oui,
mais je veux dire, au pays des aveugles, les borgnes sont rois. Par contre, ce qui est certain, c'est que François Hollande a mis à mal la politique nataliste en plafonnant l'octroi des allocations. Donc, il y
a
une volonté manifeste de remettre en cause ce qui a fait la dynamique démographique du pays. Et puis, en même temps, il y a une ouverture des frontières plutôt incontrôlée. Et donc, c'est ce mouvement-là, j'ai envie de dire, ces deux mouvements parallèles que Nicolas Dupont-Aignan a voulu dénoncer.
Par ailleurs, il demande un délai de carence de 5 ans pour les étrangers avant de pouvoir prétendre aux aides sociales. Il souhaite supprimer l'aide médicale d'État. Et il dit, ce projet répond à un
seul
objectif, sauver notre pays et sa civilisation. Mais de quelle civilisation s'agit-il
?
Je n'ai pas retenu, moi, cette phrase. Moi, ce que je sais du programme de Nicolas Dupont-Aignan,
c
'est qu'en matière d'immigration, c'est que nous, nous sommes sur le principe de l'assimilation républicaine.
Et
le principe de l'assimilation républicaine, ça veut dire que ce qu'on met en avant, c'est la capacité de notre pays à intégrer. Quelles que soient nos origines, le pays, nous sommes, comment dire, nous participons tous d'un même pays, d'un même projet. Encore faut-il que tout soit fait pour favoriser cette unité.
Et aujourd
'hui, on n'en est plus là. On en est à plus de 30 ans d'une politique conduite par les socialistes qui a consisté à exacerber les différences, à promouvoir le multiculturalisme, et à faire en sorte que les gens se sentent, comment dire, se défendent leur précaré, développent leur communauté, et de cette manière, en sorte que le lien, la cohésion nationale, la cohésion sociale, s'affaiblisse. Donc à un moment donné, il faut revenir, si on veut que notre pays reste unitaire, il faut revenir à un certain nombre de principes de base, et puis
s
'y tenir. Mais
pourtant, Ygmaïo, dans votre livre, vous ne parlez pas de modèles réunionnais, mais plutôt de laboratoires réunionnais, qui semblent prouver qu'il est tout à fait possible que plusieurs cultures, plusieurs religions cohabitent. On est plus proche de la réunion d'un multiculturalisme que d'une
assimilation. Non, vous avez
mal compris. D'ailleurs, je n'utilise pas le mot laboratoire, j'utilise le mot exemple. Vous
dites
laboratoire dans votre livre ? Non,
non,
je ne sais pas. Je connais, c'est moi qui l
'ai
écrit. Non, j'utilise le mot exemple. Pourquoi ? Parce que la France, c'est un pays qui s'est construit en... C'est un creuset vieux de près de 1000 ans. Ce creuset était en mouvement.
Et
c'est le mouvement de ce creuset qui a permis à l'assimilation de se faire. C'est-à-dire que c'est le mélange en définitive. Un creuset, c'est un mélange. Et ce mélange, il était rendu possible par le fait que le pays, comment dire, progressait. Quand un pays progresse, quand un pays a un projet, à ce moment-là, on peut intégrer des gens à ce projet, avancer, mélanger, s'enrichir de ce mélange. Et pourquoi la France ne ferait pas ça aujourd'hui avec son immigration
?
Parce qu'aujourd'hui, la France est en panne.
La
France n'a plus de projet. Et c'est bien le fond du problème. C'est-à-dire, quand vous êtes dans les 30 glorieuses et que vous avez 5 à 6% de croissance par an, vous pouvez, à ce moment-là, effectivement,
vous
proposer une perspective aux gens qui arrivent, leur ouvrir cette perspective, c'est
-à
-dire leur ouvrir l'ascenseur social. Et quand vous êtes dans l'ascenseur social, vous adhérez aux valeurs qui vont avec. Aujourd'hui, notre pays est en panne et les gens se replient sur eux-mêmes. Quand le projet collectif n'ouvre pas de perspective, vous vous repliez sur vous-même, vous vous repliez sur des valeurs qui vous sont un peu plus propres à vous-même. Et donc, ce qui se passe, c'est qu
'on
se détourne de la construction collective. Ce que les événements, une partie des attentats nous apprennent, c'est qu'il y
a
une partie de la jeunesse française aujourd'hui, parce que je considère que c'est une jeunesse française, celle qui est issue d'immigration, et même lorsqu'elle commet des attentats. Donc,
il
y a une partie de la jeunesse française aujourd'hui qui sont représentées par ces jeunes qui ne se reconnaissent pas dans un projet, dans le projet français. Et ils ne se reconnaissent pas dans le projet français parce que le projet français n'est plus visible, n'est plus lisible. Qu'est-ce que la France a à proposer ?
On a quitté la question de l'immigration.
Bien sûr que non.
Vous parlez de jeunes français.
Je parle de jeunes français, mais je dis, ce que nous disons à Debout la France, c'est qu'il faut redonner un sens au projet national, le rendre lisible, d'abord pour totalement assimiler les Français, c'est d'abord pour totalement mobiliser les Français, notamment ceux qui sont issus de l'immigration récente, qui sont peut-être moins enracinés dans notre histoire. Et donc, il faut les mobiliser pour les assimiler. Et puis, une fois qu'on a remis la société française en mouvement, à ce moment-là, on peut réouvrir, être plus généreux en matière d'immigration. Mais on ne
peut
pas tout faire en même temps. On ne peut pas être dans une société qui est désarticulée aujourd'hui. La société française est désarticulée. On ne peut pas, dans une société désarticulée, intégrer convenablement des gens qui arrivent.
François Fillon, on s'en souvient, avait déclaré à propos de la colonisation que la France n'était pas responsable d'avoir voulu partager sa culture, qu'elle n'avait pas inventé l'esclavage. On a aussi entendu, me semble-t-il, Nicolas Dupont-Aignan, fustiger cette repentance par
rapport
à l'histoire de la France qui serait glorieuse. Comment est-ce que vous avez, vous, perçu cette prise de position de François Fillon
? Je
crois que la question, c'est la question d'un équilibre. L'histoire de chaque être vivant, si j'ose dire, de chaque être humain, et même d'une nation, parce que l'une nation,
c
'est un être vivant, elle est faite de côté clair et de côté obscur.
C
'est une, comment dire, c'est comme ça. Et donc l'histoire de France est faite de face claire et de face obscure. Quand on dénonce la repentance,
c
'est quand on n'arrête pas de mettre l'accent sur le côté obscur. Comment voulez-vous, je reviens sur ce que je disais tout à l'heure, comment voulez-vous mobiliser la jeunesse française dans un projet
collectif,
si vous passez votre temps à lui dire que l'histoire de votre pays est une honte
?
Quand, depuis Jacques Chirac, et je le regrette, depuis Jacques Chirac, même sous Mitterrand, on est passé dans l'ère de la repentance, où on dit du mal de son pays en permanence.
Voilà,
nous on refuse ça, on veut mettre en avant les bons côtés de l'histoire de France. Y compris
de la colonisation ?
Sans occulter les mauvais côtés, la colonisation a d'une certaine manière figé l'histoire de l'Afrique. On le sait, en figéant l'histoire de l'Afrique, elle a été un handicap pour le développement de l'Afrique. Et aujourd'hui, le devoir de la France, ce n'est pas de faire des discours, le devoir de la France, c'est d'accompagner le développement de l'Afrique. Il
y
a tout un chapitre dans le programme de Nicolas Dupont-Aignan sur l'accompagnement du développement de l'Afrique. Nous,
on
regarde dans le rétroviseur, on s'auto-flagelle, et puis non, on est dans... Le rôle d'un responsable politique, c'est de préparer l'avenir, en tenant compte des côtés positifs, du passif et de l'actif. Donc, une fois qu'on a dit que la colonisation avait, ce que je viens de dire, avait figé
l
'histoire en Afrique, maintenant, comment on fait pour que la France soit un acteur et un partenaire crédible et dynamique du développement du continent africain
? Parmi
les adversaires de votre candidat, Emmanuel Macron semble être dans une bonne dynamique, si on en croit. La photographie faite par les instituts de sondage, avec tout ce qu'on doit utiliser comme pincette dès qu
'on
parle de sondage aujourd'hui, on peut mesurer également les succès de ces meetings. Est-ce que c'est un candidat qui porte un projet intéressant, au moins dans le débat
?
Je n
'ai
toujours pas
compris quel était son projet. J'ai suivi son discours hier, par curiosité, et puis je n'arrive toujours pas à comprendre où il veut nous amener. C'est-à-dire qu'on a... Voilà, il manipule des concepts. Il ne leur donne pas beaucoup de contenu, en tout cas pas de contenu précis. Je suis très intrigué sur la manière dont il finance sa campagne électorale. Vous savez, réunir 16 000 personnes ou 15 000 ou 8 000 ou 10 000, ça coûte quand même beaucoup d'argent. En même temps, on nous explique dans la presse qu'il vivrait au crochet aujourd'hui de son épouse. Pour moi, c'est un personnage tout à fait énigmatique.
Je suis plutôt impatient qu'il mette un peu plus ses tripes sur la table pour qu'on sache qui il est. Quand je l'écoute discours rire, c'est un brillant élève de l'ENA. Donc on a droit à thèse, antithèse, synthèse. Votre champion aussi est un
ancien
l
'ENA.
Oui, mais
vous aurez remarqué que le discours de Nicolas Dupont-Aignan est quand même plus tranché, donc forcément un peu plus clivant que celui de M. Macron. Et que M. Macron essaye toujours de faire la quadrature du cercle. Il me fait penser finalement à son maître en politique,
qui
est François Fillon. Pardon, décidément, j'ai du mal ce soir. Qui est François
Hollande. C'était à François
Hollande que vous
pensiez. Voilà,
à François Hollande. Et on a vu où François Hollande a mené le pays. Le ralliement de Thierry Robert, en un mot
?
Non, je ne commenterai pas parce que c'est... J'ai envie de dire que
c
'est toute la politique que je n'aime pas.
Bon, on en saura peut-être un peu plus. On va écouter la musique que vous avez choisie puisque c'est l'heure de la chanson Choisie par l'invité.
Vous
avez choisi Né quelque part. Maxime Le Fauretion, on
l
'écoute.
On
en parle après.
On
ne choisit pas ses parents On ne choisit pas sa famille
On
ne choisit pas non plus Les trottoirs de Manille De Paris ou d'Alger Pour apprendre à marcher
D'être
né quelque part
On
va être obligé d'arrêter momentanément l'écoute de cette chanson de Maxime Le Fauretion pour faire le point avec Jean-Paul Mélade qui est en direct de la préfecture.
On
fait le point sur Carlos c'est les conséquences éventuelles Jean-Paul
?
Alors les conséquences le préfet vient de les annoncer c'est que les écoles les crèches seront fermées demain il n
'y
aura pas de transport scolaire mais il précise bien que nous ne sommes pas en alerte orange. Les conditions monétorologiques qui sont mauvaises nous sommes toujours en pré-alerte cyclobique mais demain le temps va se dégrader surtout de mois à l'entour de lundi et cette nuit il va y avoir de l'appui du vent et de l'orage donc compte tenu de ce phénomène météorologique il préfère prendre ces précautions et d'ailleurs les vols demain sur les vols à l'allée et en provenance des pays de la zone ou d'ailleurs seront interrompus il n
'y aura
pas de vol demain à Gelo donc le préfet il a bien précisé qu'il n
'y
a pas d'alerte orange demain mais les écoles et les crèches vont se fermer il demande aux gens d'être extrêmement prudents lorsqu'ils vont se déplacer et de ne pas franchir les radiers
Jean
-Paul Mélade donc les écoles les crèches est-ce que les collèges et les lycées sont également concernés
écoutez si je lis le communiqué que j'ai sous les yeux décide l'attention des établissements scolaires et des crèches ainsi que la suspension des circuits de ramassage scolaire pour la journée du mars 17 par mesure de précaution
donc à priori tous les établissements scolaires sont fermés demain merci Jean-Paul Mélade on rappelle également qu'il
y a
un bulletin de vigilance force pluie qui est en cours à partir de ce soir pour le nord-est et le sud-est de l'île merci beaucoup Jean-Paul Mélade pour ces informations donc on rappelle tous les établissements scolaires fermés demain matin
alors
c'est une écoute raccourcie de cette chanson née quelque part de Maxime Le Forestier choisie par vous Hugues Maillot pourquoi cette chanson
?
parce que je pense que cette chanson aujourd'hui elle est d'actualité c'est une chanson que Maxime Le Forestier a interprétée au moment où la politique on va dire de Pascua sur l'immigration en 1986 faisait particulièrement débat
et
je l'ai choisie parce que je suis profondément pour la défense du droit du sol
mais
le droit du sol a un corollaire
qui
est justement l'assimilation
c
'est à dire qu'on ne peut pas recevoir on ne
peut
pas être aussi généreux
que
l
'est
la république française dans son histoire
sur
l'accueil des étrangers qui ont vocation à devenir français sur notre sol dont les enfants ont vocation à devenir français sur notre sol
on
ne peut pas être aussi généreux sans contrepartie
parce
que la contrepartie c'est le maintien de la cohésion sociale le maintien de la cohésion nationale et ce maintien de la cohésion sociale et nationale elle passe par une politique d'assimilation
il
y avait des jusque sous Jacques Chirac qui avait un certain nombre de leviers pour cette assimilation je pense notamment au service militaire aujourd'hui ceux qui sont contre le service militaire obligatoire nous disent mais ça ne sert pas à la défense mais le rôle du service militaire c'était pas de servir à la défense le rôle du service militaire c'était de créer la cohésion nationale que vous soyez étudiant ou sortant de vos études à bac plus 5 ou non diplômé vous vous retrouviez
j
'ai envie de dire à égalité sous les drapeaux
et
donc l'école est censée être aussi un moyen d'assimilation mais on voit bien aujourd'hui que l'école a été mal traitée ces dernières années et donc il faut là aussi réhabiliter ce levier donc oui notre pays a une belle histoire
et
c'est pour ça que je ne tombe pas dans la repentance je donne un exemple dans mon livre c'est l'histoire de l'esclave furci donc notre pays a une belle histoire la défense du droit du sol est un élément essentiel de notre identité républicaine mais cela suppose aussi
par
rapport à ses droits à côté de ses droits ça suppose aussi des devoirs et c'est dans l'équilibre des droits et des devoirs que notre pays peut progresser
l'assimilation elle va jusqu'où pour le réunionner par exemple sur la place de sa langue sur la place de sa culture dans un ensemble français qui l'assimilant pourrait l'obliger à y renoncer
je
crois que personne n'oblige personne à renoncer à quoi que ce soit l'enjeu c'est que le projet collectif
le
projet politique parce que la politique c'est proposer des projets que le projet collectif soit soit positif et qu'il donne envie à des gens de se projeter d'y adhérer de l'intégrer la différence aujourd'hui entre la réunion et la France c'est que la France est totalement immobile et que la réunion reste en mouvement
et
c'est pour ça que dans mon livre je dis que la réunion est un exemple parce que la France a environ mille années d'existence elle est immobile la réunion a à peine plus de trois siècles d'existence elle est en mouvement et le creuset fonctionne encore et mon ambition notamment dans mon engagement politique c'est de montrer à la France qu'elle peut retrouver le chemin du mouvement en lui montrant que
à
la réunion la France a créé le mouvement donc on est on a vocation à l'assimilation et pour répondre à votre question on s'assimilera ou l'assimilation existera si les gens adhèrent à un projet et j'ai envie de dire cette assimilation elle est indispensable parce
que si adhérer à un projet
ne nécessite pas forcément de renoncer à sa spécificité culturelle religieuse
en
tout cas ça suppose de mettre le projet en
avant
la preuve à la réunion chacun
a
sa
culture sa religion s'il n'empêche pas d'avoir un projet
commun oui mais vous constatez vous même que si on met la réunion en perspective historique ce qui nous unit est devenu plus fort que ce qui nous divisait au départ et je crois que c'est ça qui est important c'est le fait que notre projet collectif mette en avant ce qui nous unit et pas ce qui nous sépare parce que sinon il y
a
un risque c'est j'ai envie de dire c'est la libanisation c'est la balkanisation c'est quand chacun met en avant sa différence à
ce moment là il n
'y
a plus de projet collectif est
-ce
que quand Nicolas Dupont-Aignan parle de civilisation est-ce que c'est pas ça qui est clivant et qui empêche l'assimilation aussi
non je pense pas je pense que ce qui est vraiment aujourd'hui problématique c'est l'absence de projet collectif c'est à dire que notre pays ne porte plus de promesses à sa jeunesse qu'elle soit entre guillemets enracinée j'aime pas trop ce terme ni le terme de français de souche ou qu'elle soit issue d'une immigration récente donc tout l'enjeu c'est de redonner une perspective d'ouvrir un chemin ce chemin c'est pas la construction européenne telle qu'elle se fait aujourd'hui ce chemin c'est une autre façon de construire l'Europe à partir des coopérations concrètes et puis ce chemin c'est aussi les perspectives couvrent 11 millions de kilomètres carrés de zones économiques exclusives 11 millions de kilomètres carrés d'océans qui font de la France la deuxième puissance maritime mondiale et
qui sont par endroits contestés par des pays qui eux aussi avec
leur souveraineté oui
mais le rôle des responsables politiques c'est de défendre les intérêts de la France pas les intérêts des autres pays
après l'élection présidentielle du 7 mai c'était dans les élections législatives combien de candidats Debout la France présentera à la Réunion et est-ce que vous en serez
?
alors on a déjà présenté deux candidatures celle de Jean-Paul Robin dans la 7ème circonscription celle de Valérie d'Ambreville dans la 4ème circonscription ce que je peux vous dire ce soir c'est qu'il y
en
aura d'autres et que l'objectif c'est de couvrir ce que je peux vous dire ce soir c'est qu'il y en aura d'autres et que l'objectif c'est de couvrir les 7 circonscriptions et vous
?
je donnerai ma réponse cette semaine
d
'accord ça serait l'occasion si vous nous disiez maintenant
oui mais
disons que j'ai pas encore complètement fait mon choix voilà
on sait que les difficultés de la Réunion c'est beaucoup l'emploi la question du chômage entre 136 000 et 160 000 personnes exclues du travail actuellement quels sont les leviers qu'il faudrait utiliser selon vous pour tenter de remédier à cette difficulté est-ce qu'il faut aider les entreprises privées est-ce qu'il faut multiplier les emplois aidés quelle est votre posture
?
c'est la posture qu'on a développée durant les régionales et qu'il faudra encore mais pas que depuis les régionales ça fait plusieurs années maintenant que nous défendons l'idée d'une véritable continuité territoriale parce que l'enjeu de la continuité territoriale c'est pas d'aller chercher un bon à la région ou à la Dôme c'est pas d'avoir un bon pour se payer son billet d'avion c'est pas ça l'enjeu de la continuité territoriale l'enjeu de la continuité territoriale c'est de créer les flux les flux d'affaires les flux de voyageurs qui vont permettre à la réunion de se développer ce que nous disions pendant les les régionales et puis ce que je dis également dans mon livre
c
'est qu'il
y a
un exemple qui montre que ça fonctionne c'est l'exemple de la Corse qui avec 300 000 habitants reçoit près de 8 millions de passagers grâce au dispositif de continuité territoriale une vraie
continuité territoriale
c'est central dans votre programme
la
continuité territoriale c'est central pour une raison bien simple c'est qu'il faut un choc pour développer la réunion et répondre aux enjeux des générations qui viennent de l'emploi des générations qui viennent soit on continue comme on le fait actuellement et on n'a toujours pas retrouvé le niveau de croissance qui précédait 2009
on
fonctionne avec des grands travaux qu'on aura de plus en plus de mal à financer et en plus ça n'offre pas des perspectives d'embauche à tout le monde soit on crée les conditions du développement économique et les conditions du développement économique il y a deux mécanismes il y
a
un mécanisme qui a fonctionné très bien qui était le mécanisme de défiscalisation et donc on propose d'y revenir en le gommant de ces défauts parce que c'est possible et puis deuxièmement il
y
a un nouveau mécanisme à mettre en oeuvre c'est à dire une vraie continuité territoriale
sur l'octroi de mer qu'est-ce qu'il faudrait faire ?
sur l'octroi de mer il faut bien se rendre compte que l'octroi de mer est le mécanisme qui fausse aujourd'hui la concurrence à la réunion
pourquoi
c
'est
le mécanisme qui fausse la concurrence à la réunion parce que vous poserez la question à n'importe quel porteur de projet ou chef d'entreprise qui essaye de s'implanter pour concurrencer les entreprises qui sont sur place quand vous êtes commerçant ou importateur à la réunion la première chose que vous payez avant même d'avoir vendu quoi que ce soit c
'est
de l'octroi de mer
l
'octroi de mer c'est un droit de douane il vous faut le cash nécessaire pour dédouaner votre marchandise avant même d'avoir commencé à la vendre
donc
si vous n'avez pas ce cash vous ne vous installez pas et vous ne vendez pas et donc vous ne stimulez pas le marché donc aujourd'hui pour nous c'est un enjeu fort c'est à dire tout le reste si on ne le fait pas ça ne
sert
strictement à rien enfin tout le reste si on le fait toutes les mesures qui ont été prises notamment par l'URL tout ça pour garantir la libre concurrence ça n'a strictement aucun intérêt il y a un levier c'est l'octroi de mer donc il faut distinguer la production apportée qui concurrence la production locale et celle qui ne la concurrence pas quand la production locale n'est pas concurrencée et bien il faut passer de l'octroi de mer à la TVA ce qui fait que le commerçant l'importateur il paiera la taxe après avoir vendu et pas avant
il y a une proposition qui est dans l'air celle de Didier Robert qui réclame une fiscalité particulière pour la réunion beaucoup de personnalités politiques finalement réclament plus d'autonomie y compris jusque dans la fiscalité mais plus d'autonomie au sens large pour la réunion c'est quelque chose qui vous inquiète on ne peut pas vouloir le beurre et l'argent du beurre
on
ne peut pas vouloir les avantages de la départementalisation et les avantages de l'autonomie
c
'est quelque chose qui n
'est
pas jouable dans la durée parce que c'est quelque chose qui va nous couper au fur et à mesure de la solidarité nationale l'enjeu et puis surtout ce n
'est
pas une solution vous avez aujourd'hui des territoires qui ont une fiscalité qui sont autonomes sur le plan fiscal vous regardez la Nouvelle-Calédonie vous regardez la Polynésie française est-ce que ces territoires sont plus développés que la réunion la Polynésie française a 28 ans de retard sur la métropole quand nous en avons 21 et si la Nouvelle-Calédonie a quelques années d'avance sur nous 3 pour être précis c'est parce que elle a pu jusqu'à la crise du nickel bénéficier de cette richesse donc ce n'est pas une solution et ça peut nous couper de la solidarité ça peut nous couper durablement de la solidarité nationale parce qu'à un moment donné au niveau national on va nous dire vous ne pouvez pas avoir le beurre et l'argent du beurre
et c'est intéressant quand même d'avoir un peu d'autonomie vous le disiez par exemple dans les relations régionales d'avoir ici à la Réunion d'avoir un peu de marge de manœuvre et pourquoi pas aussi dans une éventuelle priorité locale à l'embauche
on
peut avoir des marges de manœuvre par exemple sur l'octroi de mer on fait des propositions très précises là-dessus et vous verrez que pour avoir ces marges de manœuvre sur l'octroi de mer c'est pas contre l'état français qu'il faudra se battre mais ça sera contre Bruxelles on peut avoir des marges de manœuvre en matière de coopération régionale également mais moi ce que je crois c'est que qui paie décide voyez ce qui n'est pas tenable c'est quand on veut décider avec l'argent des autres donc quand il s'agit de solidarité nationale c'est le contribuable français qui paie donc c'est à l'état de décider
Alors justement sur la continuité territoriale sur une éventuelle compensation de l'octroi de mer pour les collectivités tout ça ça va falloir faire appel à la solidarité nationale est-ce que les français sont prêts à payer vous chiffrez je crois 9 milliards le coût de la continuité territoriale
Ah pas
du tout
absolument pas ce que nous disons sur la continuité territoriale c'est que le montant de la continuité territoriale pour l'outre-mer doit être indexé sur le nombre de passagers la continuité territoriale corse c'est 190 millions d'euros d'aides au titre de la solidarité nationale pour 8 millions de passagers il se trouve que pour l'outre-mer tout entier on compte également 8 millions de passagers donc nous demandons au lieu des 10 millions qui nous sont accordés aujourd'hui par l'état 10 millions
on
est passé de 30 millions sous Jacques Chirac
à
10 millions sous François Hollande au titre de la continuité territoriale et
Nicolas Dupont-Aignan