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interviewLCP - Assemblée nationale· 12 avril 2025 14 min

Condamnation de Marine Le Pen : le RN se mobilise dans la tourmente - Hors Séance

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Ce qui m'intéresse, c'est que toutes les personnes qui sont élues et qui sont corrompues soient punies. -Ca n'est pas le cas, madame. -Eh bien, c'est vrai que ça avance bien. -Nous partageons ce souhait, que les personnes corrompues soient punies.

Ca n'est pas notre cas et sommes très à l'aise avec ça. -4 millions et quelques détournés... -Mais non, madame.

Mais non, madame. -C'est pas de la corruption, ça ? -Madame, nous sommes présumés innocents.

Il y a un appel. Mais vous verrez. Moi, je veux bien prendre vos coordonnées et on se rappelle après l'appel.

Donnez-moi votre portable. -Non, je n'ai pas besoin. -Vous ne voulez pas discuter. -Je n'ai pas envie d'être agressée. -Agressée ?

Agressée ? -Oui. -Madame, attention à ce que vous dites. -Il y a beaucoup de violence. -Pas chez nous.

Peut-être du côté de la France Insoumise, oui. Allez, on va faire une photo. -Si, si, je suis passée. -Tiens, Jean-Claude. -Tu veux des tracts ? -Les gauchos chez nous, comme ils sont très minoritaires, sont très agressifs. *-Oui, je t'aime, dans la joie *ou la douleur. *Douce France *Cher pays de mon enfance -En théorie, le Rassemblement national est ici en terrain conquis.

Saint-André-de-Cubzac, en Gironde, c'est la circonscription de la députée RN Edwige Diaz, réélue dès le premier tour aux dernières législatives. Sourire aux lèvres, elle distribue des tracts fraîchement imprimés et fait signer la pétition de soutien à Marine Le Pen. -Là, il y a déjà eu 500 000 signataires.

Du coup, avec vous, ça sera la 500 0001e. C'est 33 240, votre code postal ? Voilà, vous êtes officiellement signataire de la pétition de soutien à Marine Le Pen. -Il faut qu'elle passe. -On va tout faire pour.

On ne va rien lâcher. -Marine Le Pen vient d'être condamnée en première instance à cinq ans d'inéligibilité pour détournement de fonds publics. A sortie d'une exécution provisoire, sa peine s'applique immédiatement.

Les députés RN sont en mission pour la défendre. -Mardi matin, nous avons eu notre réunion de groupe à l'Assemblée nationale, où Marine est apparue plus combative que jamais, et le mot d'ordre, c'est : "Sur le terrain". Notre force de frappe est colossale, parce que déjà, avant d'être des députés, nous sommes des militants.

Donc en fait, on n'a pas perdu cette culture du militantisme. -Si la députée enchaîne selfies et signatures, son équipe rencontre un peu plus de Résistance que d'habitude. -C'est très bien, vous avez raison. -Elle a été condamnée.

Mais c'est vous qui l'a condamnée. -Quand les autres partis sont condamnés, la justice est merveilleuse. Quand vous êtes condamnés, vous le devriez avoir... -Un bon argument qu'on vous a bien dit de dire, c'est très bien. -Les politiques d'extrême droite répète la même chose. -Arrêtez avec l'extrême droite. -Moi, je ne fais aucune confiance à un parti qui est capable de détourner les fonds publics. -Elle a fait appel et comme tout le monde, elle est présumée innocente. -Elle a raison de faire appel. -Pour le RN, en pleine ascension depuis 2022, c'est presque un retour en arrière. -D'habitude, ce n'est pas comme ça, absolument pas.

Ils prennent nos tracts, ou alors ceux qui sont contre nous, nous évitent. Les gens se lâchent un peu plus, comme il y a quelques années, où les gens étaient vraiment contre nous, et du coup un peu plus véhéments. -On a des gens à l'extrême gauche essentiellement qui ne sont pas d'accord avec le fait que l'on fasse appel par exemple, qui ne sont pas d'accord avec le fait que demain on fasse un meeting.

Mais nous ces gens-là on ne les empêche pas d'aller faire des meetings, faire des manifestations. Il y a de la liberté en France. -Le lendemain, ce n'est plus en circonscription, mais à Paris que le Rassemblement National concentre ses forces.

Devant les Invalides, le parti organise un grand meeting de soutien à Marine Le Pen. Edwige Diaz est arrivée tôt. -Bonjour ! -Merci beaucoup ! -Merci d'être là !

Merci ! -Merci. Bon courage. -Avec plaisir, merci.

Merci ! -Ce meeting n'est pas tout à fait comme les autres. L'enjeu n'est pas d'inciter à voter pour une candidate, mais bien de critiquer un verdict. -Une décision de justice ne doit pas empêcher quelqu'un qui aujourd'hui représente une majorité de la population, l'empêcher de se présenter et de représenter ces Français-là.

La majorité des personnes dans l'enseignement de l'Education nationale est de gauche, la majorité des journalistes sont de gauche et la majorité des juges sont de gauche. -Cette décision est injuste parce qu'elle est politisée, mais contrairement à ce que j'ai pu entendre de nos adversaires ou dans certains médias, ça n'est pas une manifestation contre la justice. -Pour afficher son unité, le RN a installé une tribune où les élus et en particulier les députés assisteront au meeting écharpe à l'épaule, juste derrière Marine Le Pen. -Vous avez là l'ensemble des parlementaires du Rassemblement National, mais aussi d'Eric Ciotti, de Marion Maréchal.

Oui, je crois que vous avez la grande famille patriote qui est rassemblée. -Je viens en tant que parti allié au Rassemblement National, avec Identité-Libertés, et en soutien à Marine Le Pen, et pour la démocratie plus largement, face à une décision qui m'apparaît entachée de beaucoup de subjectivité politique. -Beaucoup ont dit qu'on ne devrait pas se manifester aujourd'hui.

Je ne vois pas pourquoi. On n'est pas des sous-citoyens. Je leur applique la même règle.

Ils ont le droit de manifester. J'espère que les adeptes du keffieh, des affiches antisémites et des Black Bloc ne casseront pas de vitrine, en tout cas, et qu'ils tiennent autant à l'Etat de droit que ceux qui sont là aujourd'hui. -Car ce dimanche, les partisans de Marine Le Pen ne sont pas les seuls à se mobiliser.

A quelques stations de métro, place de la République, la gauche organise une contre-manifestation. Le mot d'ordre : "Ne laissons pas l'extrême droite faire sa loi. A quelques mètres du rassemblement, le député écologiste Benjamin Lucas est concentré.

Il peaufine le discours qu'il va prononcer dans quelques instants à la tribune. -Rappeler sa condamnation, parce que je pense que dans le récit du jour, à la fin, il faut qu'on sorte avec pourquoi elle est condamnée. Parce qu'elle, son objectif, c'est de faire que la journée soit...

Tu vois ? Une grande...

Prison ferme et dire qu'elle devrait sortir la tête basse et la honte au front. Et puis elle se présente en victime. Oui, moi j'ai envie aussi d'interpeller ceux qui vont manifester contre l'Etat de droit et la justice aujourd'hui, orchestrés par Mme Le Pen et M.

Bardella, pour les mettre en accusation de ce qu'ils sont en train de faire quand même. C'est pas rien. Depuis les ligues de 34, une manifestation qui s'en prend à ce point au fondement de l'Etat de droit et de la démocratie, on n'en a pas eu beaucoup.

Applaudissements *-La République, c'est nous ! -Deux grands absents à ce rassemblement, les socialistes et les communistes. Les Ecologistes et la France Insoumise sont les seules forces parlementaires présentes place de la République.

Une division qui contraste avec l'unité affichée par le RN et ses alliés. Mais Benjamin Lucas ne baisse pas les bras et à la tribune, il harangue directement Marine Le Pen. *-Vous n'avez pas défendu la liberté et la démocratie. *Vous avez volé, vous avez triché, vous avez menti. -Bousculer l'entreprise de dédiabolisation du RN, voilà l'objectif.

Pour la gauche, la réaction des troupes de Marine Le Pen contre une décision de justice dévoile la vraie nature du parti. -ANTI FASISCTES ! -Vous voyez, ce sont les mêmes.

C'est juste qu'avant, ils avaient enfilé leur masque souriant. Là, acculés, un peu dos au mur, ils choisissent d'y aller à fond et de prendre vraiment comme modèle, vous avez raison, Donald Trump. Ca ne doit pas nous rassurer du tout. -Il ne suffit pas de porter des cravates à l'Assemblée nationale.

L'extrême droite est un parti dangereux. Dangereux pour la démocratie, dangereux pour l'Etat de droit. C'est un parti violent qui menace, y compris les juges, quand les décisions prises par la justice ne leur conviennent pas. -La préfecture de police a chiffré l'influence à 5 000 personnes.

Un chiffre décevant, la gauche divisée a eu du mal à mobiliser au-delà de son noyau dur. Mais le même jour, d'autres opposants au RN étaient également réunis. Cité du cinéma à Saint-Denis.

Le Parti Renaissance, qui soutient Emmanuel Macron, avait prévu de longue date un meeting ce jour-là. La députée Prisca Thevenot, proche de Gabriel Attal, le sait, la condamnation de Marine Le Pen sera le sujet numéro un de la journée. -Quand on se dit patriote, toute la journée, à longueur de temps, matin, midi et soir, il faut le prouver.

Et quand on a aujourd'hui un mouvement politique comme le Rassemblement National autour de Marine Le Pen et Jordan Bardella, qui pointe du doigt nos institutions, le fonctionnement de nos institutions, en premier lieu l'indépendance et l'autorité de la justice, j'ai envie de vous dire que nous sommes plus que jamais à notre place à défendre notre Etat de droit, notre République et finalement être des citoyens fiers et amoureux de notre pays. Allez, on y va ! -Là où la gauche a choisi le créneau Tous ensemble contre l'extrême droite, le camp présidentiel veut donc se poser en défenseur de l'Etat de droit. -Quand des magistrats sont menacés, ça pour moi, c'est ça le déni de démocratie. -Elle a piqué dans la caisse des Français et des Européens et à un moment donné, elle est condamnée.

Je pense que la justice est indépendante dans ce pays et qu'il est important de respecter les décisions de justice. -La vedette de ce rassemblement, c'est Gabriel Attal, le nouveau secrétaire général du parti et candidat potentiel à l'Elysée. Acclamations Lui aussi s'adresse directement à Marine Le Pen. *-Comment être crédible face à un mineur délinquant *si les politiques n'ont pas à respecter *les règles ? *On se bat chez Renaissance pour en revenir *à des choses simples.

Tu casses, tu répares, tu salis, *tu nettoies. Mais ça ne peut pas tenir *si l'exemplarité n'est pas partout. *Alors je le dis : tu voles, *tu payes, surtout quand on est un responsable politique. -Concentrée lors du discours de l'ancien Premier ministre, Prisca Thevenot a tout de même gardé un oeil toute la journée sur ce qui se passait, place de la République et surtout devant les invalides.

Le RN réussit-il sa mobilisation ? C'est toute la question. -Est-ce que vous avez un peu suivi les deux autres mobilisations qui ont lieu ? -Apparemment, BFM a passé des photos, des images de la manifestation du RN.

Ce n'est pas pareil qu'ici. Il y a un peu moins de monde, manifestement. -On voit juste des images comme ça.

Le cadre, il est restreint. -Ca, c'est directement le site du Rassemblement national. En fait, ce qu'on n'arrive pas à voir comme nous, information, c'est qu'on n'a que des images sur les réseaux du Rassemblement national. -Et effectivement, sur les images filmées par son service de communication, l'affluence paraît massive à l'heure où Marine Le Pen plaide son innocence. *-Mes chers amis, comment vous exprimez *ma gratitude *pour le formidable sursaut populaire en faveur de la démocratie *et du droit que vous incarnez partout en France *et dont votre présence nombreuse et fervente témoigne aujourd'hui. -Mais si l'on s'éloigne un peu de la scène, les images ne disent pas la même chose.

La place Vauban n'est pas remplie. 7 000 personnes, selon la préfecture, une influence là aussi, plutôt modeste. Les députés RN ont du mal à cacher un certain agacement. -On pourra toujours aller chercher la petite bête.

Nous avons fait un meeting dans des temps très limités. Je pense qu'il y a beaucoup de monde. Evidemment, nos opposants iront toujours dire qu'on aurait pu être plus.

Qu'ils se regardent eux-mêmes. -La place n'était pas totalement remplie. -Mais si elle avait été remplie, vous m'auriez dit que les rues à côté n'étaient pas assez remplies.

Si on marchait sur l'eau, vous diriez qu'on ne saurait pas nager. On est très contents. On a vu une influence absolument, vraiment, au-delà de nos espérances. -Lâchez rien.

Merci d'être venus. Merci pour tout. -Au-delà de la mobilisation, le sort de Marine Le Pen va-t-il avoir des conséquences politiques à court terme ?

En cas de dissolution de l'Assemblée, elle perdrait son mandat de députée sans pouvoir se représenter. Cette perspective pourrait être un frein à une censure par le RN du Gouvernement Bayrou. Mais la députée Edwige Diaz assure qu'il n'en est rien. -Jamais une considération personnelle n'aura un impact sur ces décisions politiques.

Nous censurons le Gouvernement si nous estimons que nous lui avons laissé suffisamment de temps et qu'il ne nous respecte pas. Et à travers nous, c'est une absence de respect de nos électeurs. -La cour d'appel de Paris a annoncé une décision pour l'été 2026.

D'ici là, le RN est condamné à l'incertitude. Générique de fin