Pour que la France avance, il faut des convictions ! - Jean-Philippe Tanguy (BFM)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 27 %Attaque 53 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 63 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:28OuverteÉludée
À quel scénario vous vous attendiez en censurant le gouvernement ?
- 1:05RelanceRéponse partielle
Vous le saviez quand vous avez censuré le gouvernement. Qui vous est profitable ?
- 2:29OuverteRéponse partielle
Alexis Corbière, vous assumez à gauche de remettre d'une certaine façon le gouvernement dans les mains du Rassemblement National ?
- 3:03RelanceRéponse partielle
Mais dans ce cas-là, vous redonnez les clés du pouvoir au Rassemblement National ?
- 3:38RelanceÉludée
Non mais alors, attendez, parce que là, le consensus, il est en train d'être trouvé entre le Rassemblement National et le Rassemblement.
- 4:33ComplaisanteRéponse directe
Vous ne croyez pas qu'il y a un petit... Enfin, je veux dire, ce n'est pas par hasard.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:40Invité politiqueFait
« Il est urgent de désigner un Premier ministre demain et demain devient après-demain et après-demain devient la semaine prochaine. »
- 1:01Invité politiqueFait
« Il jouit du seul pouvoir qui lui reste sur la politique française puisque plus personne n'écoute ce qu'il dit. »
- 2:13Invité politiqueChiffre
« On auditionnait M. Le Maire ce matin 7 ans d'échec, flagrant délite, faillite, 1000 milliards de dettes, deux dérapages historiques des comptes publics. »
- 5:16Invité politiqueFait
« À partir de 55 ans, il suffit qu'on remette au travail 10% de ceux qui ne sont plus au travail. 43% des salariés après 55 ans n'arrivent pas à la totalité de 62 ans. »
- 10:35Invité politiqueFait
« Par exemple, tout le monde sait que la mesure centrale de notre programme, c'était réduire la TVA. »
- 11:30Invité politiqueFait
« On dit aux parlementaires que le Conseil d'État a agi en tant que Conseil du gouvernement et pas comme juridiction. »
- 13:10Invité politiqueFait
« Le vrai problème démocratique qu'il y a aujourd'hui, c'est qu'on a une ancienne première ministre qui a dit plusieurs fois à la télévision, à une heure de grande écoute, qu'il n'y aurait plus de carte vitale si on votait la censure. »
- 13:22Invité politiqueFait
« Tous les indicateurs financiers se sont améliorés. »
- 15:51Invité politiqueChiffre
« l'effondrement de l'école sur 30 ans, la submersion migratoire sur 30 ans, l'insécurité sur 30 ans, 3 000 milliards de dettes, un déficit systématique depuis 50 ans »
- 18:53Invité politiqueChiffre
« Exercer la censure, c'est protéger les Français et les entrepreneurs de 40 milliards d'impôts, 20 milliards sur les entreprises et 2,6 milliards de hausse du coût du travail. »
- 21:56Invité politiqueFait
« On a proposé plein d'amendements. On est allé voir M. Barnier avec des réductions massives de dépenses, par exemple, sur les opérateurs. »
- 23:11Invité politiqueFait
« Il y avait le fait de faire passer le coût du nucléaire structurellement de 40 à 70 euros. »
- 24:21Invité politiqueFait
« La promesse non tenue par Macron de réformer l'État et de baisser de 120 000 fonctionnaires. »
- 30:10Invité politiqueChiffre
« Ça coûte 6 milliards, on va les trouver ailleurs. »
- 34:53Invité politiqueFait
« on apprend en passage donc que M. Barnier avait menti sur la baisse de facture de l'électricité »
- 34:50Invité politiqueFait
« ils avaient décidé d'avancer l'augmentation du tarif du transport d'électricité souverainement du 1er août au 1er mars. »
- 37:13Invité politiqueChiffre
« on a 5 millions de chômeurs en France avec des gens qui veulent être formés »
Temps de parole
- Locuteur 244 %
- Présentateur19 %
- Locuteur 713 %
- Locuteur 87 %
- Locuteur 36 %
- Jean-Philippe Tanguy5 %
- Locuteur 13 %
- Locuteur 52 %
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On va accueillir notre prochain invité qui nous attend. Jean-Philippe Tanguy, bonsoir. Vous pouvez prendre place autour de la table. Député, Rassemblement national de la Somme. Vous pouvez encore rester quelques minutes ?
Je ne reste pas.
Voilà, je vous laisse prendre position. Jean-Philippe Tanguy.
Je suis ici par la volonté du peuple et je n'en partirai que par la force des Bayonettes de BFM.
Ah, donc vous restez jusqu'au bout ?
On vous garde pour vous l'émission ?
Je suis là tous les soirs maintenant. C'est pas faux. À quel scénario vous vous attendiez en censurant le gouvernement ? À quel autre scénario ?
Sincèrement, je m'attendais vraiment à ce que M. Macron nous fasse le même sketch qu'il nous a fait précédemment. C'est toujours pareil avec M. Macron. Il est urgent de désigner un Premier ministre demain et demain devient après-demain et après-demain devient la semaine prochaine. Il jouit du seul pouvoir qui lui reste sur la politique française puisque plus personne n'écoute ce qu'il dit. D'ailleurs, il n'a rien à dire aux Français. Donc, la seule chose qui lui reste, c'est de se balader à l'étranger. Et d'inaugurer les crises en thème quand il y en a. Et puis de nommer un Premier ministre quand le Parlement censure ou qu'il fait une dissolution.
Vous le saviez quand vous avez censuré le gouvernement. Vous saviez qu'on a la régulation de l'argola, qu'il y aurait une paralysie du pays, qu'on serait dans l'impasse, qu'il y aurait une crise politique. Et d'ailleurs, qui vous est profitable ? Parce que quand on voit les sondages, on voit que vous vous engrangez.
Oui, mais s'il y avait vraiment une crise, elle ne nous serait pas profitable parce que les moments périlleux pour un pays ne sont jamais bénéfiques pour une force politique. Mais il n'y a pas de crise politique. Parce qu'en fait, M. Barnier ne faisait rien et il ne se passe toujours rien. Donc en fait, ce que veut d'ailleurs M. Macron, puisque si le Parlement est désamorcé, s'il n'y a pas moyen de faire des vraies réformes contraires à ce qu'il veut, eh bien le seul pouvoir qui a encore un peu de stabilité et l'apparence, les oripeaux de la Ve République, c'est le président de la République. Donc M.
Macron, finalement, il est dans son mauvais rôle, dans son plus mauvais rôle, et la France n'avance plus. Donc moi j'étais plutôt d'accord avec ce que disait M. Corbière. Pour que la France avance, il faut des convictions. Non mais pas sur le fond, pas sur le programme, mais sur la vision politique. Il faut des convictions, il faut des vraies mesures. On auditionnait M. Le Maire ce matin 7 ans d'échec, flagrant délite, faillite, 1000 milliards de dettes, deux dérapages historiques des comptes publics. Ce n'est pas avec des mesurettes qu'on va régler la situation.
La France a besoin de grandes réformes, de gestion des finances publiques, de faire la différence entre des bons investissements pour la production et des rentes. Tout ça, ça nécessite du courage, ça nécessite de la clarté.
Alexis Corbière, vous assumez à gauche de remettre d'une certaine façon le gouvernement dans les mains du Rassemblement National ?
Non mais moi, j'ai essayé de ne pas le faire, mais le Rassemblement National, ils sont là. Qu'est-ce que je vous dise ?
Non mais je veux dire, si demain il y avait un accord de non-censure avec la gauche, le Rassemblement National perdrait son pouvoir d'influence. C'est ce que cherche à faire Emmanuel Macron.
Une fois de plus, je sais bien, c'est une difficulté pour nous tous de discuter. Moi je ne ferai pas, et même, je ne veux pas parler au nom du PS des écoles aux autres, mais personne ne va s'engager sur un accord de non-censure si on ne sait pas le minimum de feuilles de route. Ou alors c'est une folie.
Mais dans ce cas-là, vous redonnez les clés du pouvoir au Rassemblement National ?
Mais si le gouvernement met en place l'abrogation de la réforme des retraites, Tanguy, il a voté la réformation de la réforme des retraites ? Oui, oui, pas sûr, il a voté deux fois. Je veux dire, on va être en désaccord sur plein de choses, mais ils seront coincés, si je puis me permettre, aussi, pour faire ça.
Vous disiez tout à l'heure, ça ne me pose pas problème de m'allier au Rassemblement National pour la réforme des retraites.
Pour l'abrogation de la réforme des retraites, je me suis permis d'apprendre une vieille formule que certains connaîtront, pour manger avec le diable et avec une longue cuillère, mais j'irai avec la longue cuillère pour manger avec qui vous voulez. Moi, je ne vais pas interdire M. Tanguy, pardon de vous toucher la main, je veux dire, surtout, ne votez pas l'abrogation de la réforme des retraites, c'est une folie. Dans la vraie vie, les gens avec qui je parle, même si en Seine-Saint-Denis, le Rassemblement National est moins fort, mais les gens ne se posent pas des problèmes comme ça. Ça, c'est vrai. Les gens ne se posent pas des problèmes comme ça. Les gens, je le répète, je sais bien...
Non, mais alors, attendez, parce que là, le consensus, il est en train d'être trouvé entre le Rassemblement National et le Rassemblement. Non, mais vous voyez... Non, mais parce que... Je suis un adversaire. Je caricature, je caricature, d'accord, mais vous m'avez quand même dit, Alexis Corbière, que depuis tout à l'heure, vous me parlez de la réforme des retraites, de l'abrogation de la réforme des retraites, qui est une priorité. C'est une priorité aussi pour le Rassemblement National. Donc là, moi, le seul consensus que je vois autour de la table, il se joue en train de...
C'est le seul pays en Europe à encore avoir à ce débat devant nous. Oui, non, mais je sais bien que pour vous... Vous imaginez, mais... Je sais bien, le représentant du RN et le représentant des LFI pensent que la France peut être le seul pays en Europe où on peut travailler. 60 ans, je crois, pour vous, 62 ans, mais on ne sait plus trop pour vous.
Franchement, M. Tanguy, on n'a pas tout à fait compris votre réforme.
Passons, mais quand même, nous sommes le seul pays encore à avoir ce débat. Vous ne croyez pas qu'il y a un petit... Enfin, je veux dire, ce n'est pas par hasard. Si les autres, les Italiens, sont quand même gouvernés en partie par des amis, à vous, c'est 67 ans. L'Allemagne, c'est 67 ou 65, je ne sais plus. Vous savez pourquoi ? Moi, c'est le moment où j'aime la France.
J'aime la France, parce qu'en France, il y a des services publics.
Et après, M. Tanguy, vous êtes les premiers à dire qu'il y a 3 000 milliards de dettes. Oh là là ! Et vous voulez encore en ajouter ?
Vous êtes d'accord que ça n'a strictement rien à voir ? Vous êtes trop intelligent pour faire ce coup-là. La dette n'a strictement rien à voir.
Mais ce n'est pas la peine d'aller...
Mais moi, je suis fier de défendre un système des retraites qui est un système qui permet qu'on puisse jouir d'un moment de sa vie ou après le travail. Vous savez, on pourrait discuter pendant des heures. À partir de 55 ans, il suffit qu'on remette au travail 10% de ceux qui ne sont plus au travail. 43% des salariés après 55 ans n'arrivent pas à la totalité de 62 ans. C'est la réalité. D'accord ? Et ce n'est pas des gens... Ce raisonnement est faux. Mais ce n'est pas les cas de sup. Ce raisonnement est faux. Eux, c'est pour ça qu'ils ont la trouille. Ce raisonnement est faux.
Plus vous poussez l'âge de départ à la retraite, plus l'employabilité et l'emploi des seniors est fort. Ça, c'est l'argument qu'on nous a donné pour cette semaine. Attendez, attendez, attendez, chacun son tour. Chacun son tour. C'est bien qu'on a du cas au champ. Alors, attendez, attendez, chacun son tour, on ne s'entend plus. Vous savez pourquoi ? Parce que les entreprises, du coup, n'écartent plus les anciens. Parce que si elles écartent les anciens de plus en plus tôt, ils coûtent de plus en plus cher. Donc, ils sont tentés de les garder. Mais non, mais les anciens, ils sont plus malades, ils coûtent plus cher, ils sont plus fatigués.
Ils ont moins de productivité.
La vraie réforme, Alexis Corbière, c'est de pouvoir travailler jusqu'à 64. 65, 67, sans que ça soit pénible, en bonne santé. J'adore, évidemment. Il faut travailler sur ça. Et ça, pour qui on ne peut pas empêcher la pénibilité ? Là, on les fait pas. Monsieur Bardier, je ne vais pas être démago. Monsieur Bardier, je ne vais pas être démago.
Une seconde. Attendez, attendez. Non, mais jusqu'à là-dessus, monsieur. Moi, je veux dire que ça soit l'ensemble cordial sur les retraites. Vous avez bien compris, là, ils ont trouvé le pain nourricier. On va prendre ça, on est d'accord. Là-dessus, c'est évidemment. Qui a envie de travailler depuis longtemps ? Personne. Mais je suis désolé. Vous dites tous les deux, il n'y a pas assez de service public. Ne serait-ce que le déficit des retraites, parce qu'à l'heure actuelle, malheureusement, qu'est-ce qui se passe ? Il est déséquilibré. Si ce déficit n'existait pas, car on travaillait depuis longtemps, qu'est-ce qui se passerait ? Cet argent public, on peut l'investir dans nos hôpitaux.
On lutterait contre les déficits que l'on connaît. On n'aiderait plus les secteurs économiques comme l'industrie. Or, ça, vous le mettez de côté, parce que, évidemment, au Rassemblement National, vous savez, j'avais brandi à l'Assemblée, le programme de Madame Le Pen en 22, et après le discours de monsieur Bardier, là, il avait marqué 60 ans et 62 ans. Vous savez, nous, absolument. Alors, attendez, attendez, on ne va pas faire toute la soirée sur la réforme des retraites. On va avancer.
On y reviendra, mais pour l'heure, pour l'heure, pour l'heure, pour l'heure. Excusez-moi, Alexis Corbière, Philippe Vigier, pour l'heure, il s'agit de trouver le nom d'un Premier ministre. On va revenir à notre émission spéciale pour essayer de se projeter sur les prochaines heures. Et on aura l'occasion de revenir sur la réforme des retraites. Merci beaucoup, Alexis Corbière, d'avoir été notre mari. Merci, merci encore. Et merci, merci, Philippe Vigier. Je vais remercier aussi Yves Tréhard. Merci. Et on va faire un changement d'éditorialiste, puisque Karl Meus va nous rejoindre.
Je sais que c'est de Figaro. Sur ce plateau. Voilà, oui, c'est ça.
C'est un échange Figaro-Figaro.
Comme ça, on n'est pas trop déboussolé. Figaro-Figaro, c'est Figaro, là.
Voilà, je vous laisse prendre place, Karl Meus, au centre de la table. Justement, je vais vous demander votre avis. Si vous nous rejoignez sur BFMTV, il est 23h12, suite de notre émission spéciale. Quel Premier ministre pour la France ? Oui, on en est toujours là avec cette question. Toujours pas de nom, toujours pas de visage pour Matignon, alors qu'on aurait dû avoir le nom de ce Premier ministre ce soir. C'était le délai qui avait été fixé par Emmanuel Macron. Finalement, c'est repoussé à demain. Demain matin, bon, on croise les doigts. On verra si cette fois-ci, cette promesse est tenue. Pourquoi ça coince, Karl Meus ?
Parce qu'Emmanuel Macron ne peut pas se tromper cette fois-ci. Il sait que l'expérience de Michel Barnier a été plus courte que ce qu'il espérait. On se souvient que Michel Barnier avait été choisi justement parce qu'Emmanuel Macron pensait qu'il ne serait pas censuré aussi rapidement que ça. Et finalement, il a été censuré au bout de trois mois. Alors, et là, la question qui se pose, c'est que s'il nomme une ou un Premier ministre qui se fait censurer dans les mêmes délais, la cible directement après, c'est Emmanuel Macron. Ça a déjà commencé. On le disait hier, LFI, un peu le Rassemblement national, disent « il faut qu'il démissionne ».
Ce qui est nouveau, c'est qu'on entend des voix dans le champ républicain, à la main que chez nous, dans le Giro Magazine, qui dit « il faut que le Président démissionne, c'est la seule solution finalement institutionnelle ». Et dans une campagne rapide, alors lui propose que Gérard Haché soit le comptable.
Il a déjà dit qu'il démissionnerait pas, qu'il était hors de question.
Il a dit qu'il démissionnerait pas. Mais la pression va se faire de plus en plus forte au fur et à mesure que les premiers ministres... Donc il ne peut pas se tromper de premier ministre. Il ne peut pas se tromper. Et donc il faut qu'il ait quelqu'un, pas d'un consensus large, c'est impossible, mais qui au moins lui permette...
Il peut passer entre les gouttes d'une censure. Mais c'est possible, ce mouton à cinq pattes, quand on entend les uns les autres, on a du mal à dégager un compromis.
Là, quand on a entendu, on voit bien que c'est compliqué, parce que les compromis se font sur des mesures comme les retraites, qui ne plaisent pas du tout ni à Emmanuel Macron ni à la droite.
Jean-Philippe Tanguy, vous, vous n'avez pas d'attente, parce que de toute façon, vous n'aurez pas de Premier ministre Rassemblement National, vous ne voulez pas gouverner, donc comment vous regardez cette séquence de très loin ?
Ce n'est pas qu'on ne veut pas gouverner, madame, c'est qu'on ne peut pas gouverner. Vous ne voulez pas gouverner sans majorité ? Non, mais là, ce n'est même pas sans majorité, on l'a bien vu, il n'y a pas de majorité possible sur un programme clair. Donc nous, on a été élus sur un programme clair, on n'a pas été élus pour avoir une voiture avec chauffeur, et profiter du jardin de Matignon, comme le voulait M. Barnier. Ça n'a pas d'intérêt pour la France. Donc nous, on veut, aujourd'hui, ce qu'on demande, c'est d'essayer de proposer quelques réformes d'urgence nationale sur un budget qui respecte les lignes rouges qu'avait tracé Michel Barnier lui-même.
C'est toujours le même, vous n'avez pas changé dans l'Iota. Ça n'a jamais changé, contrairement à ce qui a été dit ici ou là. Non, mais vous n'êtes pas prêt à faire des compromis, vous n'êtes pas prêt à faire des concessions sur 500 points. On a fait beaucoup de concessions par rapport à notre programme, justement, pour l'intérêt des Français. Par exemple, tout le monde sait que la mesure centrale de notre programme, c'était réduire la TVA. Bon, on ne l'a pas mis dans la négociation parce qu'on savait que ce n'était malheureusement pas négociable du côté de la Macronie. Donc on a déjà été très raisonnable.
D'ailleurs, je remarque que Marine Le Pen a, en fait, gagné son pari, puisque hier, l'indexation des retraites de base de la Sécurité sociale, je rappelle des retraites à 1 500 euros net, ce ne sont pas les retraites les plus aisées, comme j'ai pu entendre ici ou là, sera bien indexée au 1er janvier de 2,2%.
Oui, il y a les retraités, mais il y a à côté de ça 17 millions de Français qui potentiellement pourront rentrer ou voir leur impôt augmenter. Mais pourquoi ce n'est pas vrai ?
Ce n'est pas vrai parce qu'aujourd'hui, on a voté en commission finance un amendement à la loi spéciale qui va permettre de lever les impôts et nous avons voté l'amendement qui permet l'indexation. Mais qui ne peut être pas constitutionnel.
Il a rendu son avis et dit que cet amendement n'était pas constitutionnel. Donc vous êtes en train de dire aux parlementaires, faites une entorse au droit, c'est ça votre message ?
Non, on dit aux parlementaires que le Conseil d'État a agi en tant que Conseil du gouvernement et pas comme juridiction. Parce qu'il y a une double nature du Conseil d'État, le gouvernement joue une fois de plus la confusion et se moque des Français, le Conseil d'État n'a pas rendu un avis de juridiction. C'est consultatif. Un avis consultatif. Le Conseil d'État, qui est bien nommé, en fait, il conseille le gouvernement. Oui, mais malgré tout, vous enjambez l'avis du Conseil d'État.
Mais si la loi est envoyée devant le Conseil constitutionnel,
là, cet avis sera brandi pour casser la loi. Qui peut l'envoyer au Conseil constitutionnel ? 60 députés. Apparemment, les députés sont d'accord pour ne pas le faire. Tout à fait. 60 sénateurs, on ne sait pas ce qui pourrait se passer, et le Président de la République, comme il l'a fait sur la loi immigration. Oui. Si le Président de la République dit, écoutez, votre loi spéciale qui déroge au droit parce que vous voulez habiller votre censure et réparer les dégâts, moi, je l'envoie au Conseil constitutionnel.
On ne répare pas un dégât, M. Barbi. Si. Dire qu'indexer le barème sur l'impôt sur le revenu serait contraire à la Constitution, ça n'a strictement aucun sens. Aujourd'hui, j'ai vu des ministres dire qu'indexer le barème sur le revenu... Enfin, c'est le droit, encore une fois, c'est le Conseil d'État qui dit ça. Vous voulez un peu la censure et le beurre de la censure. Mais pas du tout, M. Barbier. On veut rassurer les Françaises et les Français. De toute façon, même s'il n'y va pas cet amendement, du fait du temps du délai de déclaration des revenus, en fait, il n'y a pas d'augmentation des impôts sur le revenu. C'est d'ailleurs ce qu'ont avoué aujourd'hui les députés Macronistes.
Attendez, seulement s'il y a un accord sur un budget avant le printemps prochain. Est-ce que ce n'est pas du tout ?
Pour les rassurer, il ne fallait pas voter la censure. C'est le meilleur moyen. Pas du tout. Excusez-moi, on peut prendre une décision politique claire sur le fait qu'on refuse 40 milliards d'impôts pour les Français, on refuse de mettre dans le mur l'économie française alors qu'elle est déjà bien mal en point, et en même temps, répondre aux mensonges du gouvernement. Le vrai problème, et le vrai problème démocratique qu'il y a aujourd'hui, c'est qu'on a une ancienne première ministre qui a dit plusieurs fois à la télévision, à une heure de grande écoute, qu'il n'y aurait plus de carte vitale si on votait la censure. C'était vrai ou c'était faux ? C'était un mensonge.
Il y a les plus hautes autorités de l'État qui ont dit que si on votait la censure, il y aurait le chaos sur les marchés financiers. Tous les indicateurs financiers se sont améliorés. Donc le vrai sujet, ce n'est pas que le Rassemblement national n'aurait pas dû voter la censure. Le vrai sujet, c'est aujourd'hui pourquoi le gouvernement et le président de la République et un certain nombre de relais médiatiques ont sciemment relayé des mensonges aussi graves pour faire peur aux Françaises et aux Français. Mensonges qui se sont tous évanouis du jour au lendemain.
Alors attendez, Jean-Philippe Tanguy, vous faites comme si ça allait être un dolore. Mais la réalité, quand même, Bruno, c'est qu'il va y avoir une facture à payer de cette censure. Un prix ?
La censure est toute la période d'instabilité politique que nous traversons. Alors cette période d'instabilité politique, elle n'est pas liée seulement à la censure et au vote du Rassemblement national et du Nouveau Front populaire. Elle démarre avec la dissolution, elle se poursuit avec cet été, on cherche tout l'été un Premier ministre, elle se poursuit avec un gouvernement d'arnier qui va durer 99 ou 98 jours à l'arrivée. Et puis le vote de la censure entre-temps, ce qui fait que ça crée de l'instabilité politique. On dit même que ça n'a peut-être pu coûter 0,5% de points de croissance à la France.
La période de vacances du pouvoir cet été a coûté aussi, puisque c'est une période où il y a eu un relâchement financier. Et puis maintenant, on est reparti pour une période d'instabilité politique. Alors la stabilité politique, c'était peut-être le seul bien qu'il y avait encore en France qui tenait à peu près. C'était remarqué par notamment les investisseurs, il n'y en a plus, les agences de notation, les marchés financiers le relèvent. Et même si vous dites que ça n'a pas créé un charivari sur les marchés, regardez la semaine avant ce qui s'est passé. La semaine avant justement, les marchés ont en fait pris les devants.
Et ils ont à ce moment-là plutôt, eux, sanctionné la situation politique. Vous ne pouvez pas dire qu'aujourd'hui, ça aille forcément très très bien pour la France quand elle emprunte par rapport à…
Ah mais vous avez tout à fait raison. Mais je pense qu'effectivement, si les marchés, comme vous dites, ont anticipé le risque, ce qu'on appelle « pricer » le risque français sur les marchés, c'est depuis la dissolution. M. Pareil, M. Le Maire à l'époque s'est agité partout. Non, là pour la censure, ils l'ont fait la semaine avant. C'est agité partout. Mais oui, mais ce sont les mensonges, M. Jeudy, du gouvernement. Non, non, ce n'est pas les mensonges. On a vécu ça au moment où les marchés ont pris les devants. La dissolution, M. Le Maire, au lieu d'être garant de la crédibilité de la signature française, s'était agité partout en racontant n'importe quoi.
Effectivement, ça nous a coûté plusieurs dizaines de millions d'euros. Ils ont recommencé à jouer avec la signature de la France. Par ailleurs, ce que vous appelez le bien de la stabilité, ça n'a pas empêché, on l'a vu avec les résultats des examens internationaux, l'effondrement de l'école sur 30 ans, la submersion migratoire sur 30 ans, l'insécurité sur 30 ans, 3 000 milliards de dettes, un déficit systématique depuis 50 ans, à pas une année où le budget de la France, malgré la stabilité, a été allé vivre. La stabilité avait permis justement à la France
de conserver une signature de qualité. C'est pour ça que la France était encore dans la catégorie des, pour faire simple, noté au-dessus de 17 sur 20. C'est l'équivalent, un 2 à plus. C'est complètement pipo, c'est la zone ronde.
Il y a un moment, il faut avoir les vrais débats. C'est la zone euro qui nous garantit ça. C'est que la France, c'est ancrée dans la zone euro. Cette zone euro nous protège les turbulences, que depuis le quoi qu'il en coûte, non pas de M. Macron, mais de... Heureusement qu'il y a l'euro finalement, M. Leclerc. Mais moi, je... Vous n'avez pas toujours été favorable. Si, moi, j'ai toujours été favorable à l'euro, mais on pourrait refaire le débat, ce serait un peu long.
Depuis le changement d'attitude de la Banque Centrale Européenne, le quoi qu'il en coûte, ce que personne n'a voulu dire aussi, je vous rappelle qu'il y a un nouvel instrument de politique monétaire depuis juillet 2022, des marchés financiers sur un pays membre de la zone euro, et en fait, les marchés le savent. C'est pour ça que la France est protégée.
Ça, c'est un bon résultat de la politique d'Emmanuel Macron, finalement, cette mutualisation des dettes.
Cet arbitrage de la Banque Centrale Européenne,
ce n'est pas la politique d'Emmanuel Macron. Actée avec Angela Merkel, quand même. Mais non, ça date de François Hollande.
Oui, si, si, il faut le dire, M. Tanguy, il faut le dire.
L'emprunt européen, c'est le macronisme. Il faut le dire. Mais ça n'a rien à voir avec ça. Mais si, exactement.
L'accord de juillet 2022, où le président, avec la chancellère allemande, tord le bas des pays frugaux, c'est à ce moment-là. C'est le président français et la chancellère allemande. Vous parlez d'une chose différente, M. Tanguy. C'est factuel, M. Tanguy.
Non, je vais vous parler de la décision... C'est factuel. Non, ce qui est factuel, c'est la décision des gouverneurs de la Banque Centrale Européenne de juillet 2022, qui crée un instrument qui s'appelle l'IPI, qui sert à rassurer les marchés. Ça n'a rien à voir avec l'emprunt commun que la Commission européenne et les États membres ont pris. C'est deux choses totalement différentes. Et l'emprunt européen, si vous voulez, on peut en parler, il n'y a pas de problème. Ça va coûter 3 milliards d'euros à rembourser à partir de 2028, parce qu'ils n'ont pas prévu les ressources propres qu'ils avaient promis aux Français. On peut en parler, il n'y a pas de problème.
Parlez-en à vos amis italiens, ils sont très contents. On est un peu loin du sujet. Je ne sais pas s'ils sont contents. Si, ils sont très contents de pouvoir bénéficier de l'emprunt européen. Ce n'est pas mon problème. Moi, je suis Français en France.
Jean-Philippe Tanguy, est-ce que vous les entendez, ces petits patrons d'entreprises ? On avait le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises qui disait, voilà, l'incertitude, cette situation d'incertitude, de paralysie politique. On n'a pas de gouvernement, il n'y a pas d'investissement, on ne peut pas embaucher. Les entreprises, les milieux économiques, vous savez, détestent l'incertitude. Et le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises disait, on est inquiet. Moi, j'ai plein de petits patrons qui sont inquiets, qui sont inquiets de la situation et qui attendent des solutions, qui attendent des solutions rapides.
Qu'est-ce que vous leur répondez ? Parce que vous êtes responsable en partie de cette paralysie, de la situation qu'on vit actuellement.
Je ne suis absolument pas responsable de cette paralysie. Cette paralysie, elle est née des magouts du deuxième tour des législatives qui fait qu'ils ont fait barrage à une majorité Rassemblement National et ils ont préféré qu'il y ait une chambre introuvable de ce qu'il y ait une majorité claire. Vous avez censuré l'incertitude. Vous avez votre part. Ce n'est pas nous qui avons raconté
n'importe quoi en français. Vous avez votre part de responsabilité en appuyant le bouton de censure.
Non, mais exercer la censure, c'est protéger les Français et les entrepreneurs de 40 milliards d'impôts, 20 milliards sur les entreprises et 2,6 milliards de hausse du coût du travail. Donc moi, je peux vous dire, je n'ai aucune entreprise de ma circonscription dans la Somme qui m'a adressé un courrier autrement que de félicitations de les avoir protégés de ces impôts. Et je peux vous dire qu'il y a un truc qui voudrait bien qu'on améliore, c'est le prix de l'énergie. Parce que ça, le prix de l'énergie, il n'y avait pas une mesure dans le...
Comment vous voyez la suite ? Comment vous voyez cette porte de sortie de crise ? Où vous la voyez ?
Elle est très simple, madame. Il faut que le prochain Premier ministre, quel qu'il soit, parce qu'en fait, ça a peu d'importance, propose un budget qui rétablisse les comptes publics fondés sur des économies structurelles. Donc votre budget à vous ?
Il reprenne votre budget.
Mais ça peut être d'autres mesures d'économie. Mais là, il n'y avait aucune mesure d'économie. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est le Haut Conseil aux finances publiques. Tout le monde a fini par reconnaître, y compris chez les Républicains d'ailleurs, qu'il n'y avait pas d'économie structurelle dans ce budget. Donc en fait, la seule solution de M. Barnier, c'était un budget socialiste à augmenter les impôts. Monsieur, les socialistes étaient prêts à le voter, là, on voit bien que maintenant ils sont d'accord sur tout.
Ah non, non, ils étaient prêts à voter à un budget qui avait été complètement amendé à l'Assemblée nationale et qui était devenu un aspect compatible. Non, mais c'était surtout le budget des insoumis. Mais finalement,
on aurait pu éviter cette situation. C'est vrai. Vous auriez pu, pour dire à vos électeurs que vous vous opposiez à ce gouvernement et à ce budget, déposer votre motion de censure, ce que vous avez fait, mais ne pas voter la motion de censure déposée par le NFP. Et vous ne votiez pas celle-ci, vous votiez la vôtre, vous envoyez le signal à vos électeurs, on est hostile, mais on ne le fait pas tomber parce qu'il n'y a pas eu de majorité sur notre texte. C'est une balle à blanc. Oui.
C'est du cinéma.
Non, ça s'appelle la dissuasion. C'est-à-dire que vous avez une menace nucléaire et vous ne l'utilisez pas. La balle nucléaire,
elle a explosé dans le Sahara. Il n'a pas fait une bombinette.
Non, mais la dissuasion, c'est que j'ai l'air homosomique, mais je ne vais pas l'utiliser parce que je sais qu'à ce moment-là, je crée une catastrophe. D'accord, mais c'est pas là
une fois qu'on a fait des vrais essais avec des vraies bombes. Donc, on n'allait pas faire semblant. Nous, on ne fait pas semblant, M. Meus. On n'est pas comme les autres, on n'est pas comme M. Wauquiez qui crie très fort l'été avant de se lier au gouvernement à la rentrée. Mais ce n'était pas faire semblant, c'était vous montriez votre position. Non, mais non. Il y avait une décision à prendre qui était de bloquer un mauvais budget. Moi, qu'on me prouve qu'il y avait des économies là-dedans qui n'étaient pas des pertes de droits, à savoir voler du pouvoir d'achat aux retraités, voler du pouvoir d'achat à des salariés et augmenter les taxes.
Sans avoir l'assurance que le prochain budget, puisqu'il n'y aura pareil que trois mois pour le faire, ne soit pas tellement différent de celui que vous avez bloqué.
Mais ce sera leur responsabilité. Vous allez m'expliquer que la France, avec 55% du PIB en dépenses publiques, n'est pas capable de faire des économies. Moi, je pense qu'on est très capable. Vous n'avez pas les mêmes recettes.
La problématique, c'est que vous n'avez pas les mêmes recettes pour faire des économies.
On a été ouvert sur les économies différentes. On a proposé plein d'amendements. On est allé voir M. Barnier avec des réductions massives de dépenses, par exemple, sur les opérateurs. Vous avez de très bons rapports de l'Inspection générale des finances, de l'Inspection générale des affaires sociales, de la Cour des comptes. Toutes ces institutions, qui coûtent par ailleurs très cher aux Français, proposent des solutions d'économie. Ils n'en ont sélectionné aucune. Et tout le monde le sait très bien.
Et moi, j'en ai aussi assez que sur les plateaux, on explique que c'est Rassemblement National qui soit irresponsable, alors que dans les couloirs, quand on parle avec un certain nombre d'économies d'éditorialistes, tout le monde reconnaît qu'il n'y avait pas d'économie dans ce budget. Et d'ailleurs, quand M. Barnier a pris neuf jours de plus pour présenter un budget, moi je me suis dit tiens, c'est étrange, il dramatise la situation, peut-être qu'il va faire de vraies économies.
Et en fait, il nous a proposé le musée des horreurs habituel de Bercy, toutes les vieilles réformes qui étaient dans les tiroirs, qu'il a accumulées dans une espèce de Frankenstein budgétaire qui nous menait à une catastrophe. Parce qu'au-delà des hausses d'impôts, c'était la récession. Nous sommes à la veille d'une phase massive de désindustrialisation. Tout le monde le sait, personne ne va en parler.
Il y a déjà commencé avec une quantité de plans sociaux. La CGT disait aujourd'hui se projeter sur 300 000 emplois menacés. Vous avez parfaitement raison, Madame. Est-ce qu'il y avait
une mesure dans ce budget qui permettait de faire face à cette crise de désindustrialisation ? Non. Il y avait... Mais le fait est que là, il y a une urgence sociale. Vous savez ce qu'il y avait dedans ? Parce que personne n'en a parlé. Il y avait le fait de faire passer le coût du nucléaire structurellement de 40 à 70 euros. Donc on doublait le prix de l'électricité alors que c'est déjà aujourd'hui le problème principal de la désindustrialisation.
Mais il y a une urgence sociale, Jean-Philippe Tanguy, et là on est dans une situation qui est totalement paralysée. Est-ce qu'il y a des noms de premiers ministres qui sont rédhibitoires chez vous ?
Oui, on en a déjà donné. Mais si vous voulez, le problème c'est que nous, on s'est déjà exprimé très longuement cet été là-dessus, on ne va pas continuer ce cinéma d'Emmanuel Macron. Donc au lieu de jouer la course des petits chevaux, est-ce que Emmanuel Macron a proposé une seule idée concrète d'économie ? Ben non. Voilà. Donc en fait, on a M. le Président de la République qui a plein de noms à proposer, qui aiment bien visiblement arracher les ailes des mouches.
Mais il s'est mis en garant quand même de l'attractivité de la France. Là, il rejoint notre combat contre la désindustrialisation, surtout de ne pas faire peur aux investisseurs. Ça a créé des tensions
avec Barnier d'ailleurs. Ben oui, c'est vrai, d'accord. Mais où est-ce qu'il propose pour financer tout ça ? Parce que là, effectivement, on a auditionné M. Le Maire ce matin en commission des finances pour lui demander qu'est-ce qui s'est passé avec les mi-milliards de dettes qui sont apparues alors que vous prétendez avoir recréé de l'activité, de la croissance, des emplois. Les caisses devraient être remplies s'il y a plus d'emplois qu'avant, s'il y a plus d'usines qu'avant, s'il y a plus de croissance qu'avant.
La promesse non tenue par Macron de réformer l'État
et de baisser de 120 000 fonctionnaires. Vous avez exactement, M. Barbier, vous avez exactement la bonne réponse que j'ai donnée à M. Le Maire. Ils n'ont pas baissé les dépenses structurelles. Et M. Macron, d'une évidence, n'a pas d'idée là-dessus. C'est dommage.
Pardonnez-moi, Jean-Philippe Tanguy, je reviens au casting, excusez-moi, parce que c'est quand même ce qui nous préoccupe pour les heures à venir. Il y a deux noms qui tiennent l'accord, c'est François Bayrou et Bernard Cazeneuve. J'aimerais qu'on se projette sur l'hypothèse Bernard Cazeneuve. Les socialistes ont fait une proposition. Ils ont dit, voilà, nous ce qu'on propose, c'est un Premier ministre de gauche qui s'engage à ne pas utiliser le 49-3. Donc mécaniquement, le débat se fera à l'Assemblée nationale et ça se fera par des discussions texte par texte entre les parlementaires. Donc en gros, on redonne le pouvoir aux parlementaires.
Est-ce que c'est une condition qui pourrait être acceptable pour le Rassemblement national ?
Non, parce qu'en fait, on se retire un pouvoir fondamental qui est de faire une vraie réforme. C'est quoi le sens du 49-3 ? C'est le général de Gaulle qui l'a prévu dans nos textes, donc ce n'est pas anecdotique. C'est de pouvoir parfois faire de vraies réformes et que chacun prenne ses responsabilités. D'ailleurs, même quand ça ne nous plaît pas, nous n'avons jamais condamné au Rassemblement national l'utilisation du 49-3. Mais vous voyez bien
que dans la situation politique actuelle, c'est compliqué d'engager des réformes de fonds avec une majorité aussi ténue, voire pas du tout. Et la difficulté déjà à faire voter un budget, ce qui n'a pas été possible avec le gouvernement Barnier, augure mal de pouvoir faire de vraies réformes, à part peut-être quelques textes où il peut y avoir consensus. Visiblement, sur le texte narco-trafiquant, il y a une majorité qui se dégage suffisamment large pour faire adopter ce texte. Mais il n'y en a pas beaucoup qui aujourd'hui, dans une situation politique, il y a un Parlement aussi émietté. Politiquement, ça semble possible.
Je ne partage pas votre avis. Moi, je pense qu'en fait, le Parlement se chamaille et n'arrive pas à se mettre d'accord justement à ce qu'on ne propose que des mesurettes très idéologisées sur des espaces très réduits de la société française et que quand vous testez la société française sur des grandes réformes sur l'immigration, sur des grandes réformes sur la réindustrialisation, sur la relance du nucléaire, je peux vous en citer de nombreuses, en fait, il y a un consensus d'ailleurs qui pourrait passer par référendum s'ils avaient du courage. Moi, je crois que c'est strictement l'inverse en fait.
C'est parce que les hommes politiques et les femmes politiques qui ont dirigé notre pays n'ont jamais proposé au Parlement de vastes réformes qui prendraient l'opinion à témoin. D'ailleurs, ça avait été dit au début du mandat Barnier. Beaucoup de gens pensaient, compte tenu de son expérience, qu'il allait prendre l'opinion à témoin un peu contre les parlementaires. Moi-même, à un moment, je l'ai cru. Effectivement, je me suis dit peut-être qu'il va, entre guillemets, coincer le Parlement en disant voilà la situation budgétaire telle qu'elle est. Et donc, si on ne fait pas ces réformes-là, le pays ne va pas s'en sortir. Et ce n'est pas le choix qu'il a fait.
Il a fait des réformes qu'on a pu retrouver par le passé.
Mais je ne comprends pas quelque chose, Jean-Philippe Tanguy. Parce que vous dites de toute façon la gauche, c'est un non-catégorie qu'on censure hors de question d'avoir un Premier ministre de gauche. Et pourtant, tout à l'heure, avec Alexis Corbière qui était en plateau, tous les deux vous disiez bah oui, s'il faut s'allier pour abroger la réforme des retraites, on s'alliera pour abroger la réforme des retraites. Vous pourriez l'obtenir, cette mesure, si vous aviez un Premier ministre de gauche ?
Une mesure. Et nous, on l'assume, on l'a toujours assumé. Mais c'est une mesure
qui est importante pour vous ?
Oui, tout à fait. C'est une mesure qui est prioritaire ? Tout à fait. Mais ce n'est pas parce qu'on est d'accord avec la gauche sur la réforme des retraites qu'on est d'accord avec eux. Sur l'immigration, on est complètement opposé. Sur la sécurité, on est complètement opposé. Sur l'école, on est complètement opposé. Sur la fiscalité des entreprises, on est complètement opposé. En particulier des TPE, PME. Sur la fiscalité des classes moyennes, ce serait un enfer fiscal tel que François Hollande l'avait imposé à la France.
Donc, oui, il y a une ou deux mesures où on est d'accord avec la gauche et on peut se mettre d'accord avec eux à l'occasion ou c'est surtout eux d'ailleurs qui se mettent d'accord avec nous. Mais sur le reste, on est opposé à tout. Carole Barjon, on a quand même du mal
à voir où on va et à voir ce fameux trou de souris. Parce que là, quand on interroge les uns et les autres, en fait, on a les mêmes questions, on a les mêmes réponses depuis des semaines et des semaines et on n'avance pas.
On en est toujours au même point. Mais parce que la vérité, c'est que la nouvelle méthode que vantait Emmanuel Macron a échoué, il n'y a pas de nouvelle méthode. C'est juste une farce puisque on voit bien la nouvelle méthode devait aboutir à ce qu'il puisse nommer un Premier ministre. Dans les 48 heures, on voit qu'il n'en est rien. On ne sait pas en réalité s'il consulte actuellement ou s'il prévient par politesse puisque c'est ce qui a été expliqué différents partis ou chefs de responsables du choix qu'il a déjà fait ou s'il consulte encore.
Donc la nouvelle méthode, il n'y a pas de nouvelle méthode et en fait, on recommence exactement les mêmes choses que ce qu'on a vu en juillet dernier, etc. Donc, de toute façon, ce n'est pas très brillant. Ce n'est pas très brillant.
Ce qu'on comprend, c'est que de toute façon, Christophe Barbier, demain, même si on avait un nom demain de Premier ministre, on n'est pas sorti de l'auberge.
Non, parce qu'on n'a pas d'abord l'équipe complète qu'il faudra composer, ça ne sera pas simple non plus. Et puis, on n'a surtout pas le contenu de la politique menée. On ne peut pas écrire le début de la première ligne du discours de politique générale de ce Premier ministre. Alors, on voit bien ce qu'il n'y aurait pas dedans si c'était plutôt Cazeneuve que Bayrou ou plutôt Vautrin que Lecornu. mais on ne peut pas aller très loin de ce côté-là. On a mis un peu la charrue avant les bœufs là-dessus. Mais c'est pour ça
que la nouvelle méthode aurait dû comprendre
le fond d'abord le contenu. Et cette nouvelle méthode, elle aurait pu être inaugurée dès fin août. Bien sûr. Mais c'est vrai qu'à chaque fois, on est pris dans une seringue de temps parce qu'il y a le budget. Le budget à proposer, le budget à sauver. Ce qui est possible quand même, c'est que le Premier ministre retire tout ce qui a causé la censure. L'indexation de la retraite sur l'inflation. On voit bien qu'en jouant là-dessus, Michel Barnier a creusé sa tombe. Donc le prochain Premier ministre peut arriver en disant écoutez, ça, je ne le fais pas. Ça coûte 6 milliards, on va les trouver ailleurs. Il désamorce le RN de ce côté-là.
C'est la dernière concession que Barnier ne nous a pas faite. Mais évidemment, il faudra dire je vais trouver ailleurs les milliards qui manquent et ceux qui se sont évaporés dans la négociation budgétaire. Donc il faudra quand même quelqu'un qui arrive en ayant préparé son pré-budget 2025. Idéologiquement déminé, ça ne doit pas provoquer de censure, financièrement calculé, ça doit aboutir un redressement des comptes publics. Ce n'est pas simple. On peut espérer que des aspirants au pouvoir comme François Bayrou ou même Bernard Cazeneuve ont réfléchi depuis longtemps à cette équation.
Bruno, je dis, il faut quand même qu'on revienne sur ces dernières heures, sur ce qu'il s'est passé et que vous nous racontiez un petit peu les coulisses parce qu'il y a eu un nouveau nom qui est sorti, Roland Lescure, qui est l'ancien ministre de l'Industrie, qui est marcheur de la première heure. Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi ce nom est sorti du chapeau et pourquoi il est rentré aussi vite dans le chapeau ? Il y a une espèce de guerre d'influence qui est en train de se jouer ?
Alors dans ces périodes, oui, effectivement, ça avait déjà été le cas un petit peu au moment de la nomination de Michel Barnier. On a un petit peu bis repetita cette fois-ci avec des influences autour d'Emmanuel Macron, les partis macronistes qui évidemment rivalisent d'idées, de noms et de surenchères et puis les engagements que Emmanuel Macron a pu prendre lui déjà la semaine dernière parce que c'est vrai qu'il y a quand même eu des discussions qui sont allées assez loin déjà avec François Bayrou. François Bayrou, ce n'est pas forcément Catherine Vautrin. Je dis Catherine Vautrin parce que Catherine Vautrin a failli être première ministre en 2022. Ça paraît loin maintenant.
Et puis, elle est même allée à Matignon discuter avec son prédécesseur, Jean Castex, avant qu'elle soit débranchée dans le week-end et remplacée par Madame Borne.
Il y avait une levée bouclier du camp macroniste.
Parfois, avec Emmanuel Macron, les dernières heures d'une nomination de Premier ministre a donné lieu à de sacrés coups de...
Et Roland Lescure,
c'est le rôle de... Et là, il y a une montée autour d'Emmanuel Macron. Le rôle,
on voit le rôle du secrétaire général de l'Elysée.
Je dirais du secrétaire général et de conseillers, voire même de certains conseillers anciens qui a eu une offensive pour trouver quelqu'un qui soit issu plutôt de la gauche ou en tous les cas qui représente la gauche à l'intérieur de la Macronie. Enfin, ça n'aurait pas été
le changement de cap attendu parce que ça reste la Macronie.
Le rôle de Roland Lescure, c'est quand même une personnalité qui n'a rien à voir avec les macronistes qui sont souvent en première ligne et qui penchent quand même plutôt à droite. Le problème,
c'est qu'il n'était pas sûr de gagner sur sa gauche ce qu'il était sûr de perdre sur sa droite, voire au sein de sa propre majorité, Emmanuel Macron. Parce que le nom a surgi, là... C'est que Roland Lescure, quand le nom a surgi, il y en a qui ont fait des bons, qu'en soit Bayrou, le Modem et les LR qui ont dit « Non mais surtout pas ça, c'est pas possible, ça passera jamais ». Demandez à Gérald Darmanin qui pense de Roland Lescure et son nom de la loi. Au moment de la loi immigration, je ne suis pas sûr que c'était un bon signe. Ça s'est refroidi,
mais imaginons qu'on ait une surprise du chef. Roland Lescure, vous dites « C'est pas possible, Jean-Philippe Tanguy ? » Ou vous dites « Bon, on verra ce qu'il peut proposer ? » C'est un nom édhibitoire.
Non, épouvantable. Non mais... Épouvantable ?
Le problème de... Donc c'est censure. Je veux dire,
Roland Lescure, il est député des Français de l'étranger et Amérique du Nord. Qu'est-ce qu'il connaît de la France ? Vous croyez qu'il est capable aujourd'hui de comprendre le pays ? Comme vous. Non mais c'est deux choses différentes. Je respecte tous les députés, mais il a une expérience qui n'est pas celle du pays charnel. Il a été ancien ministre de l'Internité. Et qui peut être utile aussi pour défendre la France dans les vents de la mondialisation, honnêtement. Attendez, là, le problème, c'est pas les vents de la mondialisation. Et puis en plus, M. Lescure, si vous voulez les vendre, il est ouvert aux quatre vents, M. Lescure. Et le pays charnel, c'est quoi ?
C'est les gauges ou c'est la Seine-Saint-Denis ? C'est le dérive ? Vous dites ça
parce qu'il vous a beaucoup attaqué. Soyons clairs. C'est vrai.
Il peut nous attaquer. Il y a des macronistes qui sont particulièrement visés par... C'est le chat de boxing
qu'on n'a rien senti. C'est des coups perdus. M. Lescure, il nous combat comme on combattait le Rassemblement National il y a 40 ans avec des idées qui n'existent plus, qui n'intéressent plus grand monde à part peut-être justement l'idée qu'il a de la France il y a 40 ans où effectivement est un peu datée. Mais au-delà de ça, bon, en fait, je m'en fiche en fait du casting. Moi, ce que je vois, c'est que M. Macron, une fois encore, vous l'avez dit tout à l'heure d'ailleurs, très bien, trois mois entre les résultats de la dissolution et le gouvernement. Mais pendant ce temps, M. Macron, il avançait. Les projets de M. Macron, ils avançaient.
Là, par exemple, dans la différence générale, le prix du gaz, il va augmenter au 1er janvier et nous a appris qu'ils avaient décidé d'avancer l'augmentation du tarif du transport d'électricité souverainement du 1er août au 1er mars. Donc en fait, et d'ailleurs, on apprend en passage donc que M. Barnier avait menti sur la baisse de facture de l'électricité puisqu'en fait, la Creux préparait ce sale coup. Donc ça avance. Et qu'est-ce qu'on fait là-dessus ? De quoi on parle ? On ne parle pas des vrais problèmes des gens. Je ne veux pas parler de M. Lescure, je ne veux pas parler de Mme Vautrin, je ne veux pas parler de M. Bérou ou n'importe qui. Je voudrais qu'on propose des idées pour le pays.
Pardon, je voudrais, nous voudrions d'ailleurs...
Vous avez en fichu du casting mais si Sébastien Lecornu on entend dire qu'il serait règne compatible, que vous ne le censureriez pas, s'il c'est de lui qui est nommé demain matin, qu'est-ce que vous dites ?
Mais on verra ce qu'il propose mais M. Lecornu...
Déjà, vous ne dites pas que c'est épouvantable comme Roland Lescure. Ça n'a rien à voir.
Non mais... Non mais ça n'a rien à voir parce que M. Lecornu il a travaillé avec le groupe Rassemblement National sur la programmation militaire. Il a écouté tout le monde, tout l'hémicycle, pas seulement le Rassemblement National d'ailleurs. Il a donné avec Marine Le Pen, c'est pas le cas de l'hémicycle. Oui, mais ça... C'est son choix, il a le droit. Oui, mais ça, c'est un peu l'anecdote. La vraie méthode de travail dans l'hémicycle c'est qu'il avait trouvé une voie de traverse. C'est vrai que... Donc il a une bonne méthode de travail ? Oui, tout à fait, mais M. Barnier aussi avait plutôt une méthode de travail correcte. Donc il a vos faveurs ? Non, mais c'est ça.
C'est-à-dire qu'à partir du moment où on essaie d'être objectif, reconnaître que M. Lecornu avait des méthodes de travail correctes parce que moi, je ne vais pas insulter ce que j'ai reconnu avant, on dit qu'on a nos faveurs. Non, c'est pas le sujet parce que M. Lecornu...
Vous lui laisserez sa chance comme vous l'avez laissé à M. Barnier ?
Mais si il annonce des choses concrètes qu'on a déjà connues...
En revanche, Roulon L'Escure, c'est épouvantable, c'est ce que je retiens.
Mais bien sûr, parce que L'Escure, il était ministre de l'industrie, il a été aussi ministre de l'énergie, je crois. Donc on a travaillé avec lui et on n'a pas pu travailler avec lui. Parce que, si vous voulez, moi, il m'a consulté sur une réforme sur la fusion de l'ASN et l'IRSN et puis finalement, il ne voulait rien donner. Il ne voulait rien négocier. Et dès qu'il avait une petite vexation, il n'était pas content et les débats prenaient une tournure épouvantable, effectivement. Donc voilà.
Bon, il y a des méthodes de travail qui sont plus correctes que d'autres, mais je ne vois pas, et c'est ce que vous disiez madame tout à l'heure, monsieur L'Escure, c'est du pur macronisme de tout ce qui a échoué. Quand je vous disais qu'il est ouvert au cadre de la mondialisation, par exemple, monsieur L'Escure, il considère qu'on a absolument besoin de l'immigration pour réindustrialiser la France. Moi, je pense qu'on n'a absolument pas besoin d'immigration pour réindustrialiser la France et qu'on a 5 millions de chômeurs en France avec des gens qui veulent être formés, des gens qui ont des savoir-faire, qui veulent revenir dans les usines.
Mais pour tout ça, il faudrait déjà ouvrir des usines et pas des usines bidons comme monsieur L'Escure a ouvert depuis 4 ans.
Merci, Jean-Philippe Tanguy, d'avoir été notre invité ce soir.
Merci.
Jean-Philippe Tanguy