En pleine crise énergétique, Zelensky et Klitschko s'affrontent dans le froid
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- 3:00Sébastien GobertFait
« Cette année, c'est vraiment différent avec beaucoup de neige et des températures négatives qui descendent facilement jusqu'à -20 et au-delà la nuit. »
- 4:00Sébastien GobertFait
« Dès l'automne, on savait que cet hiver serait particulièrement dur. »
- 5:00Sébastien GobertFait
« Vladimir Zelenski a décrété un état d'urgence énergétique le 14 janvier. »
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Vous l'avez sans doute vu ces derniers jours, l'Ukraine est plongée dans sa pire crise énergétique depuis 2022 avec évidemment beaucoup d'images qui nous proviennent de la capitale. Kief qui est une métropole de plus de 3 millions d'habitants non seulement plongé dans le noir mais en plus de ça avec énormément de problèmes de chauffage. Et le reste du pays n'est pas dans un bien meilleur état, notamment les régions de l'est et du centre.
Évidemment, tout cela est dû aux frappes russes contre les infrastructures énergétiques et aussi à un hiver qui est bien plus froid que les années précédentes. Mais cela n'empêche pas les querelles politiques euh concernant les responsabilités des uns et des autres. Et en l'occurrence, ça a réactivé la dispute entre Volodimir Zelenski et Vitalie Klitko, le maire de Kief.
Ça on dit très long sur l'état de la politique ukrainienne. Alors, parlons-en. Bonjour à tous, c'est Sébastien.
Bienvenue dans cette nouvelle vidéo qui est donc dédié à cette crise énergétique qui plombe l'Ukraine en ce moment à travers cet angle des rivalités politiques. Je commence avec juste quelques mots sur la crise énergétique. Vous l'avez sans doute vu, c'est la pire crise depuis 2022.
D'abord parce que on a un hiver bien plus froid que les précédentes années. Depuis 2022, les Ukrainiens ont été assez préservés par des température hivernale qui était très douce, notamment l'an dernier 2024 ayant été l'année la plus chaude jamais enregistrée à la surface de la Terre avec des températures moyennes qui étaient au-delà de 1,5° par rapport à l'air pré-industrielle. Et pour une ville comme Kief, ça s'était soldé par l'hiver le plus chaud depuis 1881.
Mais donc cette année, c'est vraiment différent avec beaucoup de neige et des températures négatives qui descendent facilement jusqu'à - 20 et au-delà la nuit. Et en plus de cela, on a eu une systématisation des attaques russes. D'une part, d'un point de vue quantitatif, on a vu une intensification des raides ces 6 derniers mois avec de plus en plus de missiles et de plus en plus de drones lancés contre l'Ukraine.
D'autre part, d'un point de vue qualitatif, c'est-à-dire que beaucoup de ces drones, donc notamment les modèles Shahed et Geran, ils ont connu beaucoup d'améliorations techniques. Ils volent plus haut, ils volent plus vite et ils peuvent porter des charges explosives plus lourdes. Et puis troisièmement, cette systématisation des attaqu russe, elle s'est manifestée à travers le ciblage des infrastructures énergétiques et notamment gazières et cela dès l'automne.
Il faut se rappeler un début octobre des tirs contre des installations de production de gaz dans les oblastes de Poltava et de Karkif avait déjà conduit à la perte de plus de 60 % des capacités de production de gaz de l'Ukraine. Donc évidemment, ça avait poussé le gouvernement à négocier des contrats d'importation en urgence mais ça avait bel et bien fragilisé le dispositif. Et donc dès l'automne, on savait que cet hiver serait particulièrement dur.
Dès que les températures se sont vraiment installées dans le négatif, donc à partir du 4 5 janvier, la Russie a multiplié ses attaque en ciblant très précisément les infrastructures énergétiques et cela a commencé par provoquer des coupures de courant prolongées dans les villes de Nipro ou de Halkif. Et maintenant et bien on voit ça à Kief et même à Lif où je vis donc dans l'ouest de l'Ukraine, la situation s'est sérieusement dégradé la semaine dernière avec des pannes de courant qui peuvent s'étaler sur 14h par jour. Et ça c'est vraiment un indicateur puisque si la situation se complique dans cette ville de Levif qui est à 60 km de la frontière ukrainienne, ça veut dire que la situation dans le reste du pays est particulièrement dramatique.
Selon le ministère de l'énergie, il n'y a plus une seule centrale en Ukraine qui n'est pas été endommagée à un moment donné par une attaque russe. Vladimir Zelenski a décrété un état d'urgence énergétique le 14 janvier et le SBO, le service de sécurité d'Ukraine, est en train de constituer un dossier de preuve pour à un moment donné porter plainte pour crime contre l'humanité. Vous avez sans doute vu ailleurs les effets très concrets de cette crise, comment est-ce qu'on vit dans des appartements, la multiplication des points d'invincibilité pour pouvoir recharger ces batteries et se réchauffer un peu, les mécanismes de solidarité qui sont développés, que ce soit de la part des institutions d'état, des entreprises privées ou des citoyens.
Il y a déjà eu énormément de reportages he sur ces effets très concrets de la crise, donc je ne m'attarde pas trop là-dessus. Juste le message très important que à mon sens, il faut vraiment garder de cette situation. c'est que cet hiver, non seulement les Ukrainiens sont plongés dans le noir, mais en plus de ça, ils ont froid, ce qui n'a pas forcément été le cas les années précédentes.
Le dernier élément que je voudrais mentionner dans la présentation de cette crise énergétique, c'est que l'Ukraine a échoué à frapper la Russie de manière symétrique. Ça peut-être que vous vous rappelez, j'avais fait une vidéo sur le sujet au début de la saison froide pour dire que les Ukrainiens avaient commencé à toucher des infrastructure énergétique en Russie, ce qui était vrai à l'époque. On avait vu certaines centrales touchées, certaines sous-stations et notamment celles qui constituaient le réseau d'alimentation de Moscou.
Mais là, on est au cœur de l'hiver et on voit que les Ukrainiens ne sont pas allés jusqu'au bout de ces attaques contre le réseau énergétique. Alors, soit que ils n'en ont pas la capacité, ce qui est tout à fait possible, soit qu'ils ont été empêchés de le faire peut-être dans le cadre du cycle de négociation de la fin de l'année dernière ou alors un arrêt du partage du renseignement américain pour viser ce genre d'infrastructure. Et toujours est-il que aujourd'hui, il n'y a que des régions frontalières comme Briansk et surtout Belgorod qui connaissent des destructions d'infrastructure et des situations énergétiques assez tendues.
Mais ça n'a absolument rien à voir avec ce que vivent la plupart des villes ukrainiennes. Ça c'est ce que je voulais dire sur la crise énergétique en cours. On connaît les coupables qui sont bien identifiés, la Russie et un hiver plus froid que les précédents.
Mais ça n'empêche pas que cette situation est devenue un enjeu de politique intérieure et notamment autour de la ville de Kiev. puisque le maire de la capitale Vitalko, donc comme vous le savez un ancien boxeur qui est en place depuis déjà 2014 est accusé de toutes parts pour ne pas avoir suffisamment bien préparé sa ville et en particulier par Volodimer Zelenski lui-même. Vital Kitko lui, il se défend en affirmant que c'est l'État au contraire qui n'a pas suffisamment bien préparé la ville étant donné que cette situation dépasse très largement les compétences de la municipalité.
Pour être honnête, il me semble que les deux ont à la fois raison et tort parce que Vital Klichko et Vilipandé pour une corruption persistante notamment dans le secteur de l'immobilier pour des choix budgétaires mal avisés hein, par exemple l'entretien de parcs municipaux au dépend de dépenses dans le secteur énergétique ou dans l'installation de système de cogénération. Mais dans le même temps, Vital Klichko a quand même fait son maximum pour parer à une situation extrêmement difficile et il en va de même pour l'État qui a aussi fait énormément dans le contexte d'une guerre d'attrition qui va bientôt entrer dans sa 5e année. Mais d'un autre côté, quand on regarde les responsabilités de l'État, il y a énormément de centrales qui auraient pu être mieux protégées, des investissements de modernisation et de diversification qui auraient pu être mis en œuvre plus rapidement et de la corruption dans le secteur énergétique qui aurait dû être plus efficacement enrayé.
Tout cela n'est que le dernier épisode d'une querelle qui remonte à 2019 puisque Volodimir Zelenski a une dent contre le maire de Kief depuis son élection et il a tenté de le démettre de ses fonctions plusieurs fois à travers les élections municipales de 2020 mais aussi à travers d'autres mécanismes. Kief est une ville qui a un statut spécial, c'est-à-dire que c'est une municipalité qui élit son maire par un vote citoyen, mais c'est aussi une entité régionale autonome sur la carte de l'Ukraine qui est censée être gouvernée par un représentant de l'État, c'est-à-dire nommé par la présidence. D'habitude, le maire de Kiev cumule fonctions, mais Volodimir Zelenski, depuis son élection en 2019 a tenté de distinguer les deux fonctions et donc d'enlever une part de responsabilité à Vitel Glitchko.
Il n'a pas pu le faire avant l'invasion à grande échelle de 2022, mais depuis 2022, il a installé une administration militaire et évidemment, il y a une concurrence donc entre les deux chefs de la ville et à la fin et bien ce sont évidemment les habitants de Kief qui y perdent. Vladimir Zelenski a tenté d'utiliser quelques scandales pour démettre le maire de ses fonctions. Par exemple, en 2023, quelques personnes sont mortes pendant un bombardement russe alors qu'elles étaient en pleine rue.
Elles étaient en train de se rendre à un abri souterrain mais simplement la porte de cet abri était fermée et donc elles ont été touchées par l'explosion d'un drone. Mais Vitalko avait réussi à résister à ce scandale comme à tous les autres. Et c'est bien ce qu'il compte faire encore cette fois-ci puisque à l'ô de cette nouvelle crise énergétique, Volodimir Zelenski en a remis une couche en critiquant ouvertement le maire de la capitale.
Pour l'instant, on en est qu'au niveau de l'ajoute verbale sans conséquences concrètes, mais c'est quand même extrêmement intéressant d'observer cette situation. Mais en plus de ça, cela constituerait une tendance claire à la poursuite de la concentration des pouvoirs par l'exécutif dans le cadre de la loi martiale. Ce qu'il faut voir, c'est que depuis 2022, cette concentration des pouvoirs, elle est en grande partie justifiée par le contexte de l'invasion russe, mais que ces dernières années, elle s'est quand même traduite par des décisions assez contestables.
Par exemple, les villes de Tiernikf et d'Odessa sont sous la coupe d'administration militaire qui donc relève directement de la présidence. Tir HIV, c'est depuis la fin 2022 et Odessa, c'est depuis la fin 2025. Et ça c'est particulièrement contestable hein, qu'une administration militaire vienne supplanter une administration civile en particulier dans le cas d'Odessa ces derniers temps, on voit aussi pas mal de rumeurs disant que des poursuites judiciaires pourraient être ouvertes contre les maires notamment de Denipro, de Carkif ou évidemment comme j'en ai déjà parlé de Kief.
On a aussi vu par le passé que l'ancien président Petrop Porochenko a été visé par des dizaines de poursuites judiciaires et qu'il a manqué d'être placé en détention déjà plusieurs fois. Aujourd'hui, c'est Julia Timoschenko, donc l'ancienne égée de la révolution orange de 2004. J'en avais fait une de mes dernières vidéos qui pourrait se retrouver en détention dans le cadre d'une affaire anticorruption.
Dans tous ces cas que je viens de citer, il y a des raisons légitimes de lancer des poursuites et d'appréhender ces individus. Ça, vous pouvez me faire confiance. moi qui suit ces affaires depuis déjà très longtemps.
Et effectivement, on peut traiter tous ces dossiers de manière séparée et leur trouver leur logique propre et tout à fait légitime. Mais ce qu'il faut aussi voir, c'est que ça s'est inscrit en tout cas ces dernières années dans un projet mené notamment par André Hermac, donc l'ancien chef de cabinet de Volodier Zelenski de concentrer de plus en plus de pouvoirs aux mains de l'exécutif. Et ça, ça a été très bien illustré par la tentative de supprimer l'indépendance des organismes de lutte contre la corruption, le Nabou et le SAP, en juillet 2025.
Mais là où cette configuration est un peu différente aujourd'hui, c'est que Andremac n'est plus là. Il a démissionné de son poste début décembre et depuis il n'a plus aucune responsabilité officielle. il est toujours là en coulisse mais de facto il a moins d'influence qu'auparavant et ça ne peut que décroître avec le temps.
Et donc ce qui fait que si la verticale de l'exécutif continue à se renforcer et continue à concentrer de plus en plus de pouvoir et si les opposants politiques sont neutralisés un à un, et bien c'est un mouvement dont Volodimir Zelenski assumera cette fois-ci vraiment directement la responsabilité. Et dans cette perspective, son dernier jeu de remanement ministériel de chaise musicale en fait et bien ça n'est pas très encourageant puisque on voit que il n'a fait que changer de poste des personnes qu'il avait déjà à sa disposition. Il n'a pas du tout ouvert son jeu politique à d'autres forces, peut-être des partis d'opposition ou peut-être la société civile.
Et donc ça veut dire que il n'a pas vraiment envie de changer sa gouvernance. Bon, pour autant, je tiens à le préciser, l'Ukraine n'est pas sous la coupe d'un régime autoritaire. L'Ukraine est très très loin de ce que décrit la propagande russe.
C'est juste un pays qui vit dans un contexte d'invasion généralisée et existentiel avec vraiment des graves problèmes comme cette crise énergétique. Et c'est un pays qui vit dans un régime de loi martiale depuis déjà presque 4 ans. Donc il n'y a pas forcément besoin d'aller chercher plus loin ou de donner des noms d'oiseaux à Vladimir Zelenski et à ses collaborateurs.
Ce que j'ai décrypté dans cette vidéo, ce sont plutôt des tendances de fond et des indicateurs qui prendront tout leur sens au moment où le jeu politique sera rouvert et où on commencera sérieusement à parler d'élection. Mais donc voilà, évidemment, on va continuer à suivre ces développements sur cette chaîne, sachant que si jamais effectivement il y avait quelque chose qui se passait entre la présidence et la municipalité de Kief, ça poserait énormément de questions politiques mais aussi des questions de timing étant donné les défis colossaux. auquel fait face Kiev et auquel fait face l'Ukraine en général en ce moment de crise énergétique.
Donc la pire crise énergétique depuis 2022. Merci d'avoir regardé cette vidéo jusqu'au bout. je file et je vous retrouve très vite.