Motions de censure contre Michel Barnier : examen dans l'hémicycle - 04/12/2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 13 %Attaque 70 %Défensif 17 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:58InvitéFait
« Vous allez être le seul Premier ministre à être censuré depuis Georges Pompidou en 1962. »
- 5:24InvitéChiffre
« Nous apportions 56 milliards d'euros en revenant sur les cadeaux fiscaux faits éhontément aux ultra-riches et aux très grandes entreprises depuis 2017. »
- 29:42InvitéChiffre
« Vos prédécesseurs, il faut le dire, vous ont privé de 40 milliards de cotisations par an depuis 2017. »
- 45:46InvitéFait
« la censure ça va être l'augmentation de l'impôt sur le revenu »
- 45:59InvitéChiffre
« 400 000 travailleurs qui vont devenir imposables »
- 47:49InvitéChiffre
« c'est 30 milliards d'euros de dettes supplémentaires et d'intérêts dans les années qui viennent »
- 47:55InvitéChiffre
« c'est trois fois le budget de la justice »
- 59:36InvitéChiffre
« 55% d'entre eux n'arrivent que difficilement à assumer leurs dépenses courantes »
- 1:00:01InvitéFait
« la censure d'un gouvernement sans soutien populaire, sans majorité parlementaire et sans dialogue avec son opposition républicaine est inéluctable »
- 1:03:47InvitéFait
« leur seule solution c'est de jeter en pâture les étrangers à qui ils refusent toute aide »
- 1:10:28InvitéChiffre
« c'est plus de 6500 postes d'aide dont nous priverions nos aidés »
- 1:11:42InvitéFait
« pas de contributions exceptionnelles pour les plus hauts revenus »
- 1:22:16InvitéFait
« la vérité c'est que si nous empruntons le second chemin celui de la chute du gouvernement »
- 1:24:58InvitéChiffre
« Près de 400 000 français parmi les plus fragiles financièrement deviendront imposables »
- 1:30:43InvitéChiffre
« il n'y a plus que 22% des français qui font confiance aux députés de la nation »
- 1:30:47InvitéChiffre
« 63% considèrent le personnel politique comme corrompu »
- 1:30:49InvitéChiffre
« 78% comme non représentatif »
- 1:30:52InvitéChiffre
« 80% comme agissant pour leurs seuls intérêts personnels »
- 1:36:31InvitéChiffre
« les 500 plus grosses fortunes qui ont doublé en 7 ans de pouvoir macroniste culminant désormais à plus de 1200 milliards d'euros »
- 1:36:49InvitéFait
« je leur ai balancé une grenade dégoupillée dans les jambes »
- 1:45:45InvitéFait
« l'augmentation des prélèvements obligatoires »
- 1:45:50InvitéFait
« la désindexation des retraites qui pénaliserait nos petits retraités »
- 1:48:48InvitéChiffre
« évalué à près d'un pour cent de croissance les conséquences du choc fiscal que vous voulez imposer à l'économie française »
- 1:49:04InvitéChiffre
« plus 60 milliards en valeur »
- 1:51:39InvitéFait
« la désindexation des retraites dès le 1er janvier pour tous les retraités y compris les plus modestes »
- 1:51:52InvitéFait
« le retour de l'ISF au Sénat »
- 1:53:29InvitéChiffre
« 7 milliards d'économies potentielles »
- 1:54:35InvitéFait
« toutes les retraites seront même désindexées sur l'inflation »
Temps de parole
- Invité20 %
- Invité 219 %
- Invité 312 %
- Invité 410 %
- Invité 58 %
- Invité 68 %
- Invité 78 %
- ?7 %
- Présentateur6 %
- Invité 83 %
≈ 51,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Alors,
la séance est en train de reprendre. Regardez, les députés sont en train de s'installer. Le gouvernement est présent pour soutenir Michel Barnier, confronté donc à deux motions de censure. Elles sont discutées en même temps. La première du nouveau Front populaire défendue par Éric Coquret, la deuxième du Rassemblement national défendue par Marine Le Pen. On en a à peu près pour trois heures minimum de discussion, à part s'il y a une interruption de séance. Et puis ensuite, la séance sera suspendue. 45 minutes de vote. À ce moment-là, nous reviendrons, celles des pas perdus, avec nos invités pour le décryptage.
Et
on suivra le vote en direct.
Merci de
bien vouloir prendre place.
L
'ordre du jour rappelle la discussion commune et les votes sur les motions de censure déposées en application de l'article 49 alinéa 3 de la Constitution. D'une part,
par
Mme Mathilde Panot, M. Boris Vallaud, Mme Cyrielle Châtelain, M. André Chassaigne, et 181 membres de l'Assemblée nationale.
D
'autre part, par Mme Marine Le Pen, M. Éric Ciotti, et 138 membres de l'Assemblée nationale.
Premier
ministre ayant engagé la responsabilité du gouvernement sur l'adoption du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025, compte tenu du texte de la commission mixte paritaire modifiée par les amendements déposés ou acceptés par le gouvernement.
La
parole est à M. Éric Coquerel pour la France Insoumise pour une durée de 10 minutes.
Madame
la Présidente,
M.
le Premier ministre, M. les Dames et les Ministres, chers collègues,
M.
le Premier ministre, nous faisons aujourd'hui l'histoire. Vous, parce que vous allez être le seul Premier ministre
à
être censuré depuis Georges Pompidou en 1962. Moi, parce que j'ai l'honneur de porter cette notion de censure.
Ne
voyez dans cette introduction ni de quoi adoucir votre déception, ni de quoi me glorifier. Simplement, je veux dire toute l'importance et la solennité de ce moment.
J
'apprécie tout le sérieux et l'ampleur de ce jour.
Et
je sens une responsabilité d'autant plus grande
qu
'à l'inverse de Georges Pompidou,
la
majorité de nos concitoyens n'est ni derrière votre gouvernement, ni encore moins derrière le Président qui vous a nommé à cette place.
La
majorité du peuple est bien derrière la motion que je porte. Au fond, cette motion va emporter votre gouvernement, parce que vous n'avez jamais su déjouer la malédiction que vous a transmise le vrai responsable de cette situation, Emmanuel Macron.
Cette
malédiction, c'est l'illégitimité.
Votre
illégitimité absolue devant le suffrage universel. Vous qui êtes issu de la force politique parlementaire qui a eu le plus mauvais résultat aux élections législatives.
L
'illégitimité de la coalition
qui
était censée vous porter, et plus encore, l'illégitimité du programme économique et social puissamment rejeté par les Françaises et Français en juillet 2024. Ce même programme que vous aurez vainement tenté de perpétuer, puisque telle était la mission pour laquelle vous aviez été choisis, vous minoritaires, par un Président lui aussi minoritaire. Votre échec était annoncé et il fut finalement cuisant. En témoigne le budget de la Sécurité sociale, transformé par les amendements du nouveau Front populaire, qui ont été adoptés contre votre gré. Mais vous avez esquivé son adoption en jouant la montre, car elle est la dernière arme des gouvernements faibles.
Par
ailleurs, le débat sur le budget de l'État, déserté par vos troupes,
a
eu lieu en présence de seulement 20 à 30 députés de votre socle présumé commun, qui s'est révélé un dernier bataillon en déroute.
Ce
socle fissuré fut incapable d'éviter l'adoption des amendements de justice fiscale et sociale portés par le NFP.
Un
budget transformé contre lequel votre seule parade fut ici non la montre, mais l'appui du Rassemblement national. Cette illégitimité provoque votre chute aussi,
car
vous n'avez pas tenu vos engagements.
Vous
disiez que vous respecteriez le Parlement après le record de 49-3 déclenché par les gouvernements précédents pour expédier une politique déjà minoritaire.
Nous
ne vous avions pas cru, d'où notre motion de censure en octobre. La suite a montré que nous avions eu raison.
Vous
avez montré que les seuls compromis que vous étiez prêts à admettre étaient ceux négociés avec vous-même.
Vous
n'avez même pas esquissé le moindre mouvement en faveur des amendements adoptés dans cette Chambre, ni dans le budget de la Sécurité sociale, où pourtant nous réglions une grande partie des déficits des comptes sociaux en faisant, par exemple, cotiser les dividendes, ni dans le budget de l'État, où pourtant nous apportions 56 milliards d'euros en revenant sur les cadeaux fiscaux faits éhontément aux ultra-riches et aux très grandes entreprises depuis 2017.
Or,
ces recettes supplémentaires permettaient d'éviter d'augmenter les taxes sur l'électricité ou de pénaliser le pouvoir d'achat des actifs et des retraités.
Et
ces recettes permettaient aussi de réduire le déficit en dessous de 3%, ce qui libérait directement des marges de manœuvre pour investir dans l'écologie, l'éducation, la santé.
Voilà
le résultat que vous avez évacué d'un revers de main. Ce résultat adopté grâce au NFP s'avérait pourtant largement préférable à la sueur et aux larmes que vous promettez aux Français au détriment de l'activité économique et de la bifurcation écologique.
Pire, vous
avez finalement tenté des compromis, mais avec l'extrême droite. Ce Rassemblement national que vous avez privilégié en violation du barrage républicain qui s'est exprimé majoritairement en juillet dernier. Ce barrage dont vous auriez aminimable, M. le Premier ministre, dû être le garant. Mais cette compromission n'empêchera pas votre chute. Vous chuterez de surcroît dans le déshonneur puisque vous étiez même prêt à remettre en question l'aide médicale d'État. Jusqu'au bout, vous-même, où vos ministres, comme M. Rotaillot hier en question de gouvernement, auraient invoqué des valeurs communes avec l'extrême droite afin d'éviter que ces députés ne votent la censure.
Cette aspiration à un front réactionnaire est une insulte vis-à-vis de tous les électeurs qui ont permis à vos maigres soutiens de siéger encore dans cette chambre pour faire barrage. Vous vous inscrivez ainsi dans cette tendance qui voit dans beaucoup d'autres pays les partisans du néolibéralisme et du marché s'accorder avec l'extrême droite, s'approprier ses idées et mettre en œuvre son programme. Illégitime, vous l'êtes aussi parce que vous avez refusé d'entendre, après le puissant message du mouvement social de 2023, l'écrasante majorité qui veut l'abrogation de la réforme des retraites.
Cette
volonté qui s'est exprimée de nouveau en juin dans les urnes,
comme
les vôtres ont contourné le refus des Français du traité consulé européen en 2005, vous avez aujourd'hui considéré que le peuple avait tort puisque vous estimez avoir toujours naturellement raison.
Cette
illégitimité remonte à ce passage en force contre la population exigée par le président de la République. Hier, par le 49.3 du gouvernement Borne, aujourd'hui par l'obstruction parlementaire organisée par votre gouvernement pour éviter l'abrogation.
Ce
mépris explique le crépuscule qui tombe sur l'avenir politique du président et dans l'immédiat sur le vôtre.
Comme
certains de mes collègues ici l'ont fait,
je
vais vous raconter, chers collègues, mon rapport personnel à l'âge de départ à la retraite. Marcel Mercier était mon grand-père maternel, ouvrier chez Michelin dans la banlieue parisienne. Il part à la retraite en 1969 à l'âge de 65 ans. Il rejoint son pays natal, le pays rouennais.
Mais
il meurt six mois après. En 1980, la gauche arrive au pouvoir et abaisse l'âge de la retraite à 60 ans. Or, je n'ai jamais pu moter de l'esprit le fait que mon grand-père aurait eu le droit de vivre heureux au moins cinq années supplémentaires. Ces histoires-là, chers collègues, nous les partageons par millions en France. Et nous sommes beaucoup à penser que la question n'est pas de travailler jusqu'à l'épuisement, mais bien le droit de profiter en bonne santé de ces années de vieillesse.
Ce
choix, il appartient aux travailleuses et aux travailleurs.
Et
ils disent qu'ils aspirent à un meilleur partage de la valeur plutôt que de travailler deux années de plus. Voilà ce que vous n'avez pas compris. Car les salariés estiment, par exemple, que deux ans de vie va largement 0,15% de cotisation en plus pendant sept ans. Ainsi, nous pourrions garantir l'équilibre du régime. Or, à cette préférence, vous n'avez rien d'autre à opposer que les éléments de langage du MEDEF et des fonds de pension désireux de mettre la main sur ce pactole. Ce serait, monsieur le Premier ministre, une raison déjà suffisante pour vous censurer.
Enfin,
arrêter ce mauvais coup porté au pays qui consiste à dire, après moi, le déluge. Le chaos est déjà là. Il est politique, économique et sociale.
Ce
n'est pas la politique économique que nous voulons qui explique les chiffres catastrophiques du déficit, les plans de licenciement massifs, le chômage qui remonte, l'incapacité à faire face aux besoins en matière d'investissement écologique. C'est votre politique économique et fiscale qui a consisté à appauvrir le pays au bénéfice des ultra-riches et du capital. Et pour le plus grand malheur du reste du pays.
C
'est pourquoi la censure populaire se fait chaque jour plus vivre. Celle des agriculteurs, des taxis, des salariés d'Auchan, des soignants et demain des enseignants. Votre navire prend l'eau, la colère monte. Cette politique échoue ici et partout en Europe. Il est donc vital de rompre avec elle.
Le
chaos est déjà là.
Et
il n'adviendra pas avec votre chute. Si le budget de la sécurité sociale n'est pas adapté, on appliquera celui en cours. Les cartes vitales fonctionneront toujours et les retraites seront même indexées sur l'inflation, ce qui bénéficie aux retraités.
Sans
compter que rien n'empêchera un gouvernement de déposer un nouveau budget de la sécurité sociale.
Et
après votre chute,
il
y aura tôt ou tard un budget pour l'État. Arrêtez de faire croire que la lumière s'éteindra. La loi spéciale évitera tout dechote donne. Elle permettra de passer la fin de l'année en décalant de quelques semaines l'examen du budget pour 2025. Et contrairement à votre propagande, cela ne fera pas payer d'impôts de plus aux Français, puisque cette loi n'aura pas vocation à durer plus de quelques semaines.
Il
existe une meilleure solution qui respecterait le suffrage universel. Nommé un gouvernement NFP qui pourrait avantageusement amender le budget, qui reviendra le 18 décembre à l'Assemblée. Il pourrait reprendre tous les amendements qui avaient trouvé une majorité ici même. Il lui restera alors deux semaines pour essayer de faire passer la partie recette avant fin décembre, comme la loi l'y oblige. Mais il semble que le chef de l'État ne veuille toujours pas de cette solution qui contredit les fondements de sa politique au service de la finance. Voilà pourquoi se posera à nouveau et rapidement la question de la sortie de cet impasse. Cette sortie de crise passera par le suffrage populaire.
Elle ne pourra tant de juillet et doit concerner le responsable de tous ces chaos, j'ai nommé le président de la République. Mais plus que tout, nous sonnons le glas d'un mandat, celui du président. Collègues, notre main n'a pas à trembler. Je vous incite à censurer ce gouvernement en ce jour, ouvrons un avenir, la promesse du nombre après le crépuscule.
Et
c'est donc Éric Coquerel, le président de la commission des finances, un soumis qui a défendu la motion de censure qui est présentée par tous les groupes du nouveau front populaire. C'est à présent Marine Le Pen qui va défendre sa motion de censure.
Le
rôle est à présent, madame la présidente Marine Le Pen, pour le Rassemblement National. Je vous reprécise comment cela fonctionne. Les deux vont défendre leur motion. Il y a ensuite une discussion commune. Tous les groupes s'expriment. Ils disent ce
qu
'ils vont faire sur ces deux motions de censure. Et puis ensuite, le moment du vote, 45 minutes pour voter. Les résultats autour de 20h30. La présidente du groupe du Rassemblement National s'exprime.
Monsieur
le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les ministres, chers collègues. Allez, s'il vous plaît, s'il vous plaît. Nous voilà arrivés
à
un moment parlementaire inédit depuis 1962 qui va sceller, selon toute vraisemblance, la fin d'un gouvernement éphémère, un gouvernement de circonstance et finalement d'apparence.
Monsieur
le Premier ministre, dès votre nomination à Matignon, le Rassemblement National avait fait un choix responsable, transparent et loyal.
Vous
prendre au mot lorsque vous vous disiez prêt à construire un texte garantissant, je vous cite, des dépenses maîtrisées, un effort juste et une France souveraine et à tenir compte des attentes légitimes de nos 11 millions d'électeurs pour atteindre ces trois objectifs.
Nous
avons voulu croire manifestement à tort que vous ne seriez pas le simple continuateur d'un système rejeté lors des dernières élections, mais un bâtisseur sincère, conscient des souffrances du pays, capable d'appréhender les nouveaux équipements
de l
'équilibre politique et de rendre enfin la parole à ces millions de Français ignorés comme effacés de l'esprit des gouvernants.
Mais
au fil de ces trois petits mois, il est apparu que vous étiez en réalité à la tête d'un gouvernement dépourvu de toute assise démocratique, y compris au cœur de votre soi-disant socle commun, un socle par ailleurs miné par les ambitions personnelles et les manœuvres de couloirs qui le rongent.
L
'Assemblée nationale va très vraisemblablement censurer dans quelques minutes cette illusion d'optique.
Vous
vous êtes dit surpris de cet épilogue.
Ce
qui est surprenant dans cette affaire, c'est la surprise d'un Premier ministre qui sait mieux que nous que c'est dans ses rangs que l'intransigeance, le sectarisme et le dogmatisme lui ont interdit la moindre concession, ce qui aurait évité ce dénouement.
Le
choix de prolonger l'hiver technocratique dans lequel est plongée la France depuis l'élection d'Emmanuel Macron en 2017.
La
déconnexion des attentes démocratiques, la verticalité des décisions, le refus des consultations et des compromis, en somme le respect de la volonté du peuple français en matière migratoire, sécuritaire ou fiscale ou en matière de construction européenne, et ce, malgré les résultats sans appel des élections de juin et juillet derniers.
Rien
d'étonnant dans ces conditions à ce que ce budget s'inscrive dans la continuité des 50 derniers qui l'ont précédé, des budgets de déficit chronique et de gaspillage qui ont porté notre dette à un niveau jamais atteint, 3 300 milliards, dont la facture est invariablement présentée aux Français, sommée d'épongée césairement.
Depuis
50 ans, la France a perdu le contrôle de ses finances publiques. Elle s'est rendue prisonnière de ces budgets qui auberrent désormais son avenir, celui de nos enfants et même de nos petits-enfants.
Ils
n'ont pas seulement découragé le travail, mais la création de richesses, pas seulement la volonté d'entreprendre, mais la possibilité de le faire. Ce budget ne s'adresse pas seulement à la France, il prend en otage les Français, et singulièrement les plus vulnérables, les retraités modestes, les personnes malades, les travailleurs pauvres, les Français considérés comme trop riches pour être aidés, mais pas assez pauvres pour échapper au matraquage fiscal. Ces Français
qui
se posent où va l'argent.
La
politique claire, rendre du pouvoir d'achat aux Français, défendre les entrepreneurs, lutter contre les rentes, la spéculation et la fraude, dégraisser l'État et le recentrer sur ses missions régaliennes, stopper les dépenses contraires à la volonté populaire.
Vous
avez refusé jusqu'au bout de retenir ne serait-ce qu'une partie raisonnable, mais essentielle de ces mesures, pourtant détaillées et chiffrées.
Vous
n'avez apporté qu'une seule réponse, l'impôt, l'impôt, toujours l'impôt. Et ces chiffres, ce sont les milieux économiques.
Vous
avez même refusé de soutenir l'indexation des retraites sur l'inflation, mesure qui, il y a quelques mois, était un marqueur, voire une ligne rouge du soi-disant socle commun.
Ce qui a
été abandonné depuis trois mois, ce sont finalement celles de vos députés.
Je
voudrais rafraîchir ici,
d
'ailleurs, la mémoire de certains d'entre eux, car ils semblent comme frappés d'amnésie générale. Messieurs Wauquiez et Attal, au hasard, Elmel nous affirmait qu'il y aurait une règle d'or pour revaloriser chaque année les retraites à hauteur de l'inflation ou qu'il n'y aurait aucune augmentation d'impôts pour les Français. Le tout a été admirablement résumé par l'une de vos députés devenue depuis ministre de votre gouvernement. Hausses d'impôts, disait-elle, diminution des retraites, aggravation du déficit public, ça, pour le coup, on l'a dit très vite au président de la République, c'est le déclenchement de la censure. Ne fais pas que renier vos promesses. Il ne comporte ni cap ni vision.
C'est un budget technocratique qui continue à dévaler la pente en se gardant bien de toucher au totem qu'est l'immigration hors contrôle, en s'abstenant de s'attaquer à la vie chère, en métropole comme en s'attaquer aux causes, plutôt que de parler des conséquences de la vertigineuse glissade sécuritaire et criminelle que connaît le pays. Permettez-moi de m'arrêter un instant sur les Outre-mer, chère à mon cœur. Manifestement, vous n'avez pas pris la mesure de leur désespoir. Crise sociale due à la vie chère, accès à l'eau potable, insécurité et immigration clandestine. Sur tout cela, vous n'avez rien entrepris.
Le
budget que nous rejetons aujourd'hui apparaît clairement comme le contraire d'une politique pensée et pesée.
Il
n'est qu'une comptabilité froide, issue de logiques bureaucratiques, de choix d'habitude ou de routine dépensière.
Sans
se soucier des postes et des personnes,
en
ayant à l'esprit que le mandat que nous ont confié nos électeurs est le sens de l'intérêt national, nous avions éclairé le chemin qui mène au compromis avec trois balises. Immigration, pouvoir d'achat, sécurité.
Ces
balises, le gouvernement n'a pas voulu les voir, comme s'il était pour lui déshonorant déshonorant de chercher en ces circonstances les voies de la conciliation nationale.
Les
petits pas qu'il a timidement et très tardivement tentés ne peuvent s'appeler des concessions. Ce sont des miettes.
Je
le déplore, mais c'est ainsi.
Alors, à
ceux qui me croient animé de l'intention de choisir par un vote de censure la politique du pire, je veux leur dire
que
la politique du pire serait de ne pas censurer un tel budget, un tel gouvernement, un tel effondrement,
un
budget, avec un nouveau gouvernement des lois de finances pour 2025. Et d'ici là, une loi spéciale que nous voterons, évidemment, permettra à l'État de continuer à percevoir l'impôt et d'exécuter les dépenses publiques indispensables à la continuité de la vie nationale. En revanche, nous lui évitons la prolongation des tragiques erreurs économiques et fiscales du passé.
Nous
permettons, par notre défense de l'intérêt national, à rebours de 40 ans de politique économique toxique, dont vous êtes le continuateur, d'éviter le chaos.
Que
l'on soit juste,
la
dissolution, nous la devons à la rupture profonde et ancienne entre la volonté du peuple et les réalisations de leurs dirigeants.
La
censure est la conséquence, non seulement des manœuvres électorales des élections législatives qui ont privé la France, mais également du chantage de votre propre minorité qui vous a interdit de trouver les voies de passage avec vos oppositions, ce qui est pourtant le fondement de la démocratie. Enfin, la situation de notre pays, nous la devons aussi à un président qui s'est ingénie sans discontinuer à déconstruire tout ce qu'il pouvait.
Le
Quai d'Orsay, la préfectorale, la police judiciaire, le droit à la retraite, l'assurance chômage, la SNCF, la souveraineté nationale, les fleurons de notre industrie. Et cette liste n'est pas exhaustive. Emmanuel Macron s'est attaqué depuis sept ans à tous les murs porteurs de l'État et de la nation et a terriblement affaibli la fonction présidentielle, clé de voûte de l'édifice institutionnel français.
La
logique constitutionnelle le commande.
En
attendant que le peuple reprenne la parole et la main, c'est au chef de l'État et à lui seul qu'il appartiendrait de sortir le pays de cette pathétique ornière.
Je
le dis ici, j'ai trop de respect pour la fonction suprême,
de
déférence à l'égard de nos institutions, de révérence vis-à-vis du suffrage universel, pour participer à une quelconque entreprise, même parlementaire, de demande de destitution.
Je
laisse cela aux tchégévaristes de carnaval qui sans nul doute se reconnaîtront.
C
'est en mesure de rester ou pas.
C
'est à sa conscience de lui commander s'il peut sacrifier l'action publique et le sort de la France à son orgueil.
C
'est à sa raison de déterminer s'il peut ignorer l'évidence d'une défiance populaire massive que dans son cas, je crois, définitive.
S
'il décide de rester, il sera contraint de constater qu'il est le président d'une République qui n'est plus tout à fait, par sa faute, la cinquième.
Il
devra se résoudre, enfin, au respect de l'Assemblée nationale élue, au respect de tous les citoyens sans exception et évidemment au respect des logiques démocratiques.
Alors,
mes chers collègues,
aujourd
'hui, où la censure nous apparaît comme une nécessité pour mettre fin au chaos, pour éviter aux Français un budget dangereux, injuste et punitif qui, de surcroît, aggrave les déficits, les institutions nous contraignent à mêner nos voies à celles de l'extrême-gauche.
Il
n
'y
a pas de gaieté de cœur que nous le faisons.
L'extrême
-gauche et de la gauche extrémisée sont dévastatrices pour l'unité, la sécurité et la prospérité du pays, étant leur comportement est terriblement éloigné de l'idéal français et du respect de nos institutions. Ces institutions, ces mêmes institutions, nous contraignent aujourd'hui à utiliser le NFP comme un simple outil pour éviter l'application d'un budget toxique.
Des
alliés, justement, de candidats insoumis, n'est-ce pas, M. Wauquiez ? C
'est
l'adressement qui l'attend. C'est la vocation même de la France, d'ailleurs, de renouer avec le sursaut et la grandeur.
Je
veux dire à ceux qui souffrent
et
qui désespèrent que le temps n'est plus très loin avant que ne se profile la grande alternance, cette grande alternance que nous appelons de nos voeux et qui sera synonyme pour tous les Français de délivrance. Ce jour viendra bien.
Ce
sera là le vélo. Qu'attend la France ? Je vous remercie.
Et Marine Le Pen applaudit, évidemment, par les députés de son groupe du Rassemblement National et ceux du groupe d'Éric Ciotti. Elle a présenté sa motion de censure. Elle a dit que le gouvernement était un gouvernement éphémère, un gouvernement d'apparence, qu'il ne lui avait pas fait de concessions, mais donné des miettes.
La
présidente de l'Assemblée continue. La discussion, c'est à présent un membre par groupe qui vont se succéder à la tribune de l'Assemblée Nationale pour donner la position de son groupe par rapport à ses motions de censure. Souvent, ce sont des présidents de groupe qui s'expriment. Là, le président du groupe socialiste, Boris Vallaud. Chaque groupe va donc pouvoir prendre la parole, puis un député non inscrit. Et enfin, ce sera le moment du vote. 45 minutes de vote. On écoute Boris Vallaud.
Mesdames et
messieurs les ministres, chers collègues,
c
'est avec gravité que je me présente devant vous
dans
un sentiment mêlé de colère,
de
déception, d'inquiétude et avec une totale incompréhension.
Au
moment de la constitution de votre gouvernement, vous aviez annoncé une nouvelle méthode, revendiqué une culture, celle du compromis et fait la promesse de la concertation.
Vous
nous aviez également assuré au moment de son dépôt que votre projet de budget de la sécurité sociale était perfectible.
Nous
vous avons pris au mot, soucieux de l'intérêt général, de l'intérêt de la France et des Français, désireux de faire vivre ce parlementarisme auquel nous sommes attachés. Dans la fidélité aux engagements pris devant nos électeurs,
nous
avons avec les groupes écologiques ZDR et de la France insoumise, mais également en quelques autres occasions avec d'autres, voulu améliorer votre budget de la sécurité sociale. En partant des besoins des Françaises et des Français, en défendant quelques principes simples, exonérer les classes populaires, les malades et les retraités, des efforts d'économie demandés, soutenir l'hôpital à la peine et les hôpitals exandes avec des ressources nouvelles,
faire
de la prévention une priorité pour améliorer durablement la santé des Français au défi du grand âge, alors que nous attendons depuis huit ans une loi jamais présentée.
Nous
avons en commission
et
dans cet hémicycle défendu ce chemin, cherchant pas à pas des compromis et posant devant chaque dépense nouvelle ou chaque économie que nous récusions des prélèvements sociaux justes, équilibrés, efficaces sur le plan sanitaire, économique, social.
Vos
prédécesseurs, il faut le dire, vous ont privé de 40 milliards de cotisations par an depuis 2017.
Monsieur
le Premier ministre, à aucun moment, vous ne l'avez laissé améliorer votre projet. Il est injuste et inefficace. Il fait payer les malades, abauvrit les retraités, fragilise l'hôpital et ne prépare pas le pays au défi de la société du vieillissement. Vous nous avez refusé la possibilité d'aller au bout de son examen et être demeuré obstinément sourd aux propositions encore formulées lors de la CMP. Nous n'avons jamais, pour ce qui nous concerne, été dans le tout ou rien.
À
aucun moment, aucun, vous n'êtes entré en dialogue avec l'opposition de la gauche et des écologistes, ni n'avez donné suite à aucune de nos propositions, que ce soit à l'occasion du débat parlementaire, que vous avez déserté,
ni
à la suite des courriers que nous vous avons adressés et de nos récents réponses, ni lors de notre récente entrevue à votre invitation, pourtant,
lors
de cette entrevue, vous avez eu cette confidence saisissante.
Je
connais vos propositions, certaines sont intéressantes, mais je ne peux pas prendre le risque de fracturer mon socle commun.
Toute
votre énergie était donc consacrée à apaiser les ambitions de M. Attal, à contenter M. Wauquiez, à vous assurer de la bienveillance de Mme Le Pen. Je comprends que c'est d'abord entre eux et avec eux qu'il vous a fallu trouver des compromis.
Cette
motion de censure,
c
'est d'abord votre échec,
l
'échec de la méthode Barnier.
Elle
n'aurait été en définitive qu'un bruit qui court.
Mais
il y a plus grave.
Le
7 juillet dernier, des femmes et des hommes, unis dans l'idéal d'une république laïque, sociale, fraternelle, épris de justice et de démocratie,
comme
à chaque fois que l'histoire l'exige, se sont retrouvés pour défendre l'essentiel et empêcher l'arrivée de l'extrême droite au pouvoir.
Les
députés, vous, chers collègues, élus par l'élan démocratique de ce front républicain, n'étaient tenus que par une seule promesse, une seule loyauté, un seul engagement, ne rien céder à l'extrême droite. Pourtant,
M.
le Premier ministre, c'est avec le seul Rassemblement national que vous avez engagé des discussions qui, loin de se borner aux questions budgétaires, cède aux plus viles obsessions de l'extrême droite une nouvelle loi immigration après la débâcle politique et morale de l'an dernier et une réforme de l'aide médicale d'État pendant des semaines et hier soir encore à la télévision.
Vous
êtes enfermés dans un tête-à-tête humiliant avec elle.
M.
le Premier ministre, il est manifestement devenu plus convenable de parler avec l'extrême droite qu'avec la gauche et nous ne pouvons nous résoudre à cela comme nous ne pouvons nous résoudre à la trahison du Front républicain qui justifie à elle seule cette motion de censure.
Et
je m'adresse à vous, collègues du socle commun.
N
'êtes-vous vraiment pour rien dans ce qui se joue ? Cette censure, ne sentez-vous pas qu'elle est aussi la vôtre ? La censure de votre désertion, la censure de votre silence, la censure de votre défense obstinée, d'une politique qui a échoué et que les électeurs ont rejeté ?
Vous
n'avez été définitivement que dans la défense du bilan, tout le bilan, rien que le bilan d'Emmanuel Macron.
Cette
motion de censure,
ceux
qui la déposent,
prennent
en effet la responsabilité d'affirmer leur capacité de gouverner.
Et
nous revendiquons à gauche de gouverner et de nous engager sur les chantiers prioritaires que nous avons défendus avec le nouveau Front populaire devant les électeurs.
Mais
je sais aussi
que
le vote des Français n'a pas destiné de majorité au sein de l'Assemblée. Nous en avions même pris acte en août dernier dans un courrier signé par l'ensemble des présidents du groupe du nouveau Front populaire auquel vous n'avez jamais répondu. Nous nous faisions déjà les garants d'une nouvelle méthode et de la recherche de majorité texte par texte. Certains redoutent le changement d'alliance. Je les rassure, nous plaisantons le changement de méthode.
Un
chemin de dialogue et d'action concrète avec les seules forces républicaines, ce chemin que le Premier ministre n'a pas trouvé.
C
'est le contrat, je le dis, qui nous lie à nos électeurs qui espèrent de la gauche un changement dans leur vie.
Je
pense aux chômeurs, aux sacrifiés des plans sociaux qui viennent, aux agriculteurs, aux artisans, aux travailleurs précaires.
Je
pense aux chômeurs, aux jeunes, aux familles en grande difficulté accablées par votre budget, aux fonctionnaires, aux enseignants, aux soignants dont les conditions de travail vont se dégrader, à tous ces Français modestes d'Hexagone et de l'Outre-mer qui peinent à envisager l'avenir écrasé par le poids du quotidien, aux classes populaires
qui
ont conscience de leurs intérêts,
qui
ne peuvent se payer le luxe d'attendre la délivrance d'une hypothétique nouvelle élection, qui savent qu'un pas en avant vaut mieux que mille programmes et préfèrent l'action même imparfaite au verbe s'il est impuissant.
Un
Premier ministre de gauche conduisant la politique de la nation en cohérence avec la volonté de changement des électeurs qui nous ont fait confiance et une Assemblée
qui
cherche des compromis et les majorités les plus larges autour de quelques priorités pour répondre à l'urgence et aux attentes des Français. C'est cela que nous appelons un accord de non-censure pour gouverner 149.3.
Nous
pouvons convenir ensemble tout président de groupe ayant bénéficié du Front républicain d'un accord de méthode pour y parvenir. C'est une constriction politique difficile je le sais mais c
'est
la seule possible et raisonnable devant nous. Mes chers collègues
le
pouvoir n'est plus à l'Elysée
le
pouvoir n'est plus à Matignon le pouvoir est ici à l'Assemblée nationale et ceux qui comme moi définitivement croient au Parlement à ceux qui espèrent du réveil démocratique à ceux qui espèrent d'une sixième république je le dis la voici
oui nous
pouvons changer de budget changer de premier ministre et changer la vie
et
trouver un chemin pour cela
je
crois dans le génie de la démocratie mais elle a besoin de démocrates sincères de républicains ardents elle a besoin de parlementaires adultes chers collègues du bourgeois central qui vociferaient
je
le dis avec gravité
cette
censure est un appel au sursaut moral la majorité de compromis que vous avez voulu
s
'est transformée en un moment de connivence avec l'extrême droite que vous subissez et qui des armées vous achèvent à tout républicain authentique le prix à payer est devenu beaucoup trop élevé le choix qui est devant vous est désormais clair préférez-vous négocier avec une gauche au pouvoir que certains jugent imparfaite mais avec laquelle vous partagez la plupart des combats républicains ou continuez-vous à courber les chines aux injections de madame Le Pen du rassemblement national l'éternité du pays
chers
collègues la stabilité ce n'est pas de continuer de livrer le gouvernement au maître chanteur de l'extrême droite
le
bon sens ce n'est pas de régler la crise budgétaire en poursuivant la politique qui l'a mise en cause
cette
motion de censure n'est pas une fin en soi notre responsabilité de présenter une issue et des solutions je les sais esquisser les socialistes y prendront leur part nous pouvons sur cette base nous retrouver dès demain cette motion de censure n'est pas non plus un outil qui vise à la déstabilisation et au chaos institutionnel cette motion de censure n'est pas c'est pour retrouver le chemin du progrès du dialogue républicain pour donner à la France un budget juste et aux français cette motion c'est pour gouverner sans plus jamais négocier avec l'extrême droite c'est pour donner au gouvernement de légitimité pour exercer son autorité et ne pourra la trouver que dans cette assemblée pour que vive la France le
président du groupe socialiste ici à l'Assemblée nationale Boris Vallaud a donc défendu la position de son groupe on peut changer de budget on peut changer de premier ministre on peut changer la vie a dit Boris Vallaud
la
parole est à présent à monsieur le président Laurent Wauquiez pour le groupe droite républicaine je vous le rappelle les motions sont mises en discussion commune Eric Coquerel Marine Le Pen ont parlé maintenant chaque groupe va s'exprimer va donner sa position c'est Laurent Wauquiez le président de la droite républicaine qui parle il a 15 minutes pour parler chacun donc son tour donne sa position et ensuite 45 minutes le temps de voter
Madame
la Présidente
Monsieur
le Premier ministre chers collègues
il
y a deux mois devant vous
j
'évoquais les phrases de Georges Pompidou
lorsque
le 5 octobre 1962
faisant
face à une motion de censure
il
dénonçait la passion de tout renverser
le
mauvais génie d'autrefois disait-il
qui
hantait à nouveau l'hémicycle
ici
même alors le 5 octobre 1962
un
gouvernement pour la première
et
jusque là la dernière fois de la 5ème République tombait
avec
une coalition des contraires
celle
de l'extrême gauche et de l'extrême droite
je
me souviens encore des propos sur les bancs de la gauche lorsque j'évoquais il y a deux mois cette réalité et vous disiez nous jamais avec le Rassemblement National
et
je me souviens
des
propos que l'on entendait Madame Le Pen sur vos rangs
où
vous disiez jamais avec la France insoumise
et
bien nous y voilà
nous
y voilà vous faites semblant ici de vous injurier les uns les autres et vous vous apprêtez juste à voter les uns avec les autres vous vous apprêtez à voter ensemble pour faire tomber un gouvernement
C
'est une surprise
je
ne le crois pas
cette
jonction de la France insoumise et du Rassemblement National
on
la voyait déjà à l'oeuvre depuis quelques semaines lorsque vous tentiez d'abroger la réforme des retraites sans les financer
ce
mauvais génie d'autrefois
le
voilà revenu parmi nous aujourd'hui
et
pour la première fois tout le monde doit mesurer la gravité de ce moment
pour
la première fois depuis 62 ans
un
gouvernement risque d'être renversé
alors
oui bien sûr nous avons tous conscience de la situation politique extrêmement difficile
oui il
n'y a pas dans cet hémicycle de majorité
oui
bien sûr la France traverse une situation trouble et confuse
mais
le choix
le
choix lui que vous avez à faire
il
est parfaitement clair celui-là
le
choix que nous avons à faire chers collègues il est parfaitement clair et il n
'y
en a pas trois
il
n'y a que deux choix possibles
l
'intérêt du pays ou l'intérêt des parties
le
choix de la responsabilité ou le choix du chaos le choix de la solution ou le choix du désordre
les
français n'attendent pas bien sûr
et
nous le savons tous
ils
n'attendent pas de miracle dans cette période
ils
attendent en revanche que nous fassions du travail utile
ce
choix monsieur le premier ministre
cher
Michel
c
'est celui que vous avez fait depuis trois mois avec dignité avec respect avec droiture
et
je veux vous rendre hommage parce que ce comportement contraste tellement avec le visage qu'offrent certains ici sur les bancs de cet hémicycle
vous
vous êtes employés à éteindre l'incendie budgétaire dans un pays en faillite
vous
vous êtes employés avec Bruno Retailleau
à
remettre un cap dans notre politique de sécurité
vous
vous êtes employés
à
ouvrir des chantiers importants
je
pense à la lutte contre les narcotrafiques
je
pense à la volonté de reprendre la main sur l'immigration irrégulière avec la volonté de rétablir le délit de séjour irrégulier
je
pense à la volonté de remettre davantage de justice entre le public et le privé avec le débat salutaire sur les jours de carence
oui
monsieur le premier ministre vous avez essayé dans cette période de porter un choix de responsabilité
avec
les parlementaires de la droite républicaine avec Mathieu Darnot et la majorité sénatoriale
nous
avons fait aussi ce choix de responsabilité en vous soutenant
et
nous avons fait des propositions comme le premier ministre le souhaitait afin d'améliorer le budget
et
je veux remercier ici
le
ministre du budget Laurent Saint-Martin qui a fait un travail courageux dans cet hémicycle
nous
avons ouvert
avec
Véronique Louvagie le chantier de la lutte contre la bureaucratie administrative
contre
ces myriades d'agences administratives si coûteuses à l'origine des normes qui puisent les français
nous
avons porté avec Yannick Noderre et Thibaut Bazin l'idée essentielle de la revalorisation du travail en proposant le plafonnement des aides sociales par rapport au SMIC et en ouvrant le chemin pour une réforme avec une fusion dans une aide sociale unique indispensable garder le social arrêter la cistana revaloriser le travail tous ceux que vous avez oublié et ceux que vous avez abandonné sur les bancs de la gauche
reste
tant à faire
est
-ce que ce que nous avons engagé est perfectible
bien
sûr est-ce que notre pays peut encore se payer de perdre le luxe
de
semaines d'instabilité gouvernementale alors qu'il y a tout à rebâtir sûrement pas
et
nous voilà tous même si vous éructez nous voilà tous aujourd'hui face à nos responsabilités chacun fera évidemment
son
choix en son âme et conscience mais ce choix là
vous
le porterez surtout devant les français parce qu'il y a une chose qu'on ne peut pas accepter ici
on
ne peut pas accepter comme vous vous employez à le faire sur ces derniers jours on ne peut pas accepter que vous expliquiez que la motion de censure ça n
'est
pas grave
on
ne peut pas expliquer avec la légèreté avec laquelle vous le faites
que
la censure n'aura pas de conséquences on ne peut pas mentir aux français en disant qu'il n'y aura pas des conséquences
il
y aura des conséquences
il
y aura des conséquences
et
ces conséquences seront payées par les français et tous ceux qui se prêtent à ce jeu minable aujourd'hui en rendront compte devant les français
la
censure
ce
que vous appelez bullshit
la
censure ça va être l'augmentation de l'impôt sur le revenu tous ceux dont vous vous moquez les 18 millions de français qui vont payer ce fameux bullshit que les députés du RN balayent d'un revers de main ces 400 000 travailleurs qui vont devenir imposables mais qui visiblement sont le cadet de votre souci sur les bords du rassemblement national voilà la façon dont vous défendez la France qui travaille et une fois encore madame Le Pen ce sont eux qui paieront les conséquences de votre légèreté et de votre irresponsabilité la censure
la
censure
la
censure madame Gennevard
c
'est la fin des aides d'urgence pour les agriculteurs
c
'est la fin de tout ce que vous avez cherché à construire ces dernières semaines
la
fin des allégements de charges qu'ils demandent aujourd'hui la fin des exonérations de taxes
la
fin de la revalorisation des retraites des agriculteurs pour des agriculteurs qui travaillent dur et touchent des retraites de misère
il
est facile d'aller sur les ronds-points pour soi-disant flatter les agriculteurs quand on les abandonne ensuite dans l'hémicycle ici
la
censure
c
'est la fin du plan d'urgence
pour
sauver nos maisons de retraite de la faillite
la
censure c'est l'abandon du cumul emploi retraite qui permettrait de lutter contre la désertification médicale la censure et ça vous gêne
c
'est renoncer aux augmentations d'effectifs de gendarmes de policiers de magistrats si indispensables quand la sécurité doit être notre priorité la censure
c
'est le coup d'arrêt à la loi de programmation militaire alors même que l'Europe est menacée à ses frontières la censure
c
'est la dette qui va continuer à filer
alors
même que la France avec tout ce désordre que vous avez conjointement installé est aujourd'hui considéré comme moins crédible que la Grèce un point d'intérêt de taux supplémentaire ce sont les Français qui vont payer l'addition c'est 30 milliards d'euros de dettes supplémentaires et d'intérêts dans les années qui viennent c'est trois fois le budget de la justice
la
censure et visiblement ça vous gêne c'est l'aggravation de la crise immobilière c'est la fin du prêt à taux zéro au moment même où le marché de l'immobilier s'effondre mettant en péril nos artisans et nos entreprises la censure c'est l'incertitude économique pour tous ceux qui prennent des risques c'est l'incertitude pour les entreprises c'est
l
'incertitude pour les PME c'est l'incertitude pour les commerçants c'est l'incertitude pour les artisans c'est l'incertitude pour les professions libérales vous n'en avez même pas dit un mot Madame Le Pen cette incertitude c'est celle des Français qui vont hésiter à consommer demain
et
je prends date aujourd'hui
par
votre irresponsabilité vous allez enfoncer la France dans une crise économique et financière
et
vous en porterez la responsabilité devant les Français parce qu'ils se souviendront de ceux qui ont allumé la mèche un pays a besoin de stabilité
un
pays a besoin de stabilité il a besoin d'un budget il a besoin d'un gouvernement rien n'est pire pour une économie que l'incertitude la censure et c'est sans doute le plus grave parce que c'est l'image que vous offrez aujourd'hui
c
'est faire perdre à notre pays son dernier atout
la
France pouvait au moins compter sur la stabilité de ses institutions
et
vous vous délectez sur ces deux bancs de la plonger dans l'instabilité cette stabilité de nos institutions c'est ce qui nous a toujours protégés même dans les crises les plus graves notre pays demeurait gouvernable
nous
dansons au dessus d'un volcan et vous nous proposez de faire un pas supplémentaire en direction de l'instabilité institutionnelle qui a précipité l'agonie de la 4ème République
vous
vous apprêtez à ouvrir la boîte de Pandore
de
l'instabilité gouvernementale
vous
réveillez les vieux démons qui viennent de l'extrême gauche de la politique française
ceux
de l'impuissance de l'instabilité ministérielle et de l'incertitude économique
et
si encore vous aviez des solutions
si
encore vous aviez des solutions
parce
que vous proposez le blocage sans solution
parce
que que vous le vouliez ou non
il
ne peut pas y avoir de nouvelles élections législatives avant l'été
c
'est ça la vérité
et
que pendant que se joue cette comédie d'une insoutenable légèreté qu'est-ce qu'on a entendu vous ne nous avez pas assez traité voilà ce qu'on a entendu vous ne nous avez pas assez traité et qu'est-ce que cela veut dire cela veut dire que vous vous apprêtez à jouer avec le destin de la France que vous vous apprêtez à faire tomber un gouvernement parce qu'on ne vous a pas assez traité et c'est cela être à la hauteur des enjeux
l
'image que vous offrez
alors
je n'oublie rien de la responsabilité qui est celle de la France insoumise
je
n'oublie rien du danger de ceux
qui
veulent autoriser l'apologie du terrorisme
je
n'oublie rien du danger de ceux qui entraînent des complaisances détestables avec l'antisémitisme je n'oublie rien du danger de ceux qui ont trahi Jaurès et Clémenceau
mais
la réalité c'est que sans vos voix Madame Le Pen la France insoumise ne pourrait rien
la
réalité Madame Le Pen c'est que vous vous apprêtez à voter vous vous apprêtez à voter pour ceux qui traitent les policiers d'assassins la réalité Madame Le Pen c'est que vous vous apprêtez à voter pour ceux qui traitent les terroristes de résistants
la
réalité Madame Le Pen la réalité et honnêtement la dignité vous imposera un autre comportement dans cet hémicycle la réalité Madame Le Pen la réalité Madame Le Pen c'est que quand on lit le texte de la motion de censure on comprend l'hypocrisie l'hypocrisie qui est derrière juste le texte de cette motion de censure
un
texte qui dénonce les plus viles obsession de l'extrême droite et vous allez voter cela un texte qui explique qu'il ne faut pas revenir sur l'aide médicale d'Etat et vous allez voter cela un texte qui explique un texte qui explique
qu
'il ne faut pas de loi d'immigration plus ferme et vous allez voter cela voilà Madame Le Pen ce que vous allez faire voilà à quelles incohérences en sont réduites dans cet hémicycle et se meure de chaos
dans
un parcours politique il y a toujours un moment de vérité
il
y a des moments où on ne peut pas duper on ne peut pas esquiver on ne peut pas feindre
des
moments où il faut choisir entre un intérêt personnel Madame Le Pen et l'intérêt du pays
des
moments où il faut choisir entre son intérêt partisan et le sens de l'Etat Madame Le Pen je n'ai jamais été de ceux qui vous diabolisaient je n'ai jamais été de ceux qui vous donnaient de leçons de morale jamais
et
je vous le dis donc avec d'autant plus de force aujourd'hui les Français jugeront sévèrement le choix que vous vous apprêtez à faire
les
Français jugeront sévèrement le choix de ceux qui prétendent vouloir redresser le pays et font aujourd'hui le choix du désordre
les
Français jugeront sévèrement ceux qui voulaient se montrer responsables et vont faire le choix de l'irresponsabilité
les
Français jugeront sévèrement ceux qui prétendaient incarner l'ordre et qui vont faire le choix du chaos Emmanuel Macron porte peut-être seul la responsabilité de la dissolution mais vous allez porter avec la France insoumise la responsabilité de la censure qui va plonger le pays dans l'instabilité
alors
je vous le dis une dernière fois ressaisissez-vous ressaisissez-vous il est encore temps ressaisissez-vous et changez votre choix ressaisissez-vous parce que sinon nous nous souviendrons longtemps de ce jour désolant nous nous souviendrons longtemps Madame Le Pen qu'une alliance des contraires portée par le cynisme a plongé notre pays dans l'instabilité ressaisissez-vous parce qu'il est toujours temps de faire le choix de la France
Wauquiez
le président du groupe de la droite républicaine s'est exprimé à la tribune de l'Assemblée nationale il a quasiment adressé la totalité de son discours au RN vous pouvez vous ressaisir Madame la Présidente Cyrielle Châtelain pour le groupe écologiste Laurent Wauquiez qui a averti Marine Le Pen les Français jugeront sévèrement le choix que vous vous apprêtez à faire alors que Cyrielle Châtelain la présidente du groupe écologiste et social va maintenant défendre la position de son groupe elle a 10 minutes Madame
la Présidente
Monsieur le Premier Ministre Mesdames et Messieurs les ministres chers collègues
je
souhaite m'adresser à celles et ceux qui nous regardent peut-être souhaitent-ils ou ne souhaitent-ils pas la censure de votre gouvernement mais tous sont inquiets tous se demandent ce qu'il adviendra demain
alors
qu'ils en soient assurés la décision du groupe écologiste et social et de ses partenaires du Nouveau Front Populaire de censurer votre gouvernement a été pris en conscience et avec gravité
nous
en connaissons les conséquences et avec un travail budgétaire à reprendre presque du début pourtant notre main ne tremblera pas au moment de voter la censure car plutôt que de subir encore et encore une mauvaise politique fait de coupes budgétaires aveugles et de concessions à l'extrême droite nous souhaitons nous donner une chance de tout recommencer d'enfin changer le contenu des politiques et de manières de faire de la politique nous ne nous résignons pas au pire et nous choisissons de croire que le meilleur est encore possible
cela
peut vous sembler illusoire et naïf car après cette année de présidence d'Emmanuel Macron toute lueur d'espoir se sent peu à peu asphyxiée il a jeté à la poubelle les propositions de la convention citoyenne il a caché les contenus des cahiers de doléances il a envoyé la police sur les gynéozones il a cherché à dissoudre les soulèvements de la terre pendant que les milices d'extrême droite manifestent dans nos rues il a calmé les agriculteurs par des fausses promesses il a dissous l'assemblée par tactique politique et il a refusé le résultat des élections refusant Emmanuel Macron nous entraîne dans l'impasse il a cherché à maintenir sa politique quoi qu'il en coûte cela vous a permis monsieur le premier ministre d'être nommé et d'arracher 90 jours à la tête de l'état cela a permis à Marine Le Pen de gagner du temps pendant le procès pour lequel elle est accusée d'avoir organisé un système de détournement d'argent public au profit de son parti 90 jours gâchés votre erreur monsieur le premier ministre est d'avoir pensé que Marine Le Pen vous laisserait faire un budget qu'elle se refuserait à vous censurer et vous crédule vous l'avez plus et peut-être que vous la croyez encore et vous vous êtes abaissé de compromis en compromission
mais
la réalité c'est que la censure de ce budget était bien évidemment écrite d'avance le sursis qu'elle vous aura donné n'était qu'un nouveau superfuge d'un parti politique qui ne fait que des coups et qui en fait finalement à son timing qui est accolé à celui de ses poursuites judiciaires
mais
la politique ne peut se réduire à des déclarations anxiogènes sur des plateaux de télévision à des négociations par des déclarations de presse interposées à de la mise en scène d'un dialogue et de fausses promesses la réalité finit toujours par s'imposer au discours de communication car la politique c'est avant tout des choix qui ont des conséquences économiques physiques psychologiques pour de nombreux français des choix qui les impactent dans leur chair et dans leur vie Édouard Louis dans qui a tiré mon père l'exprime mieux que moi je pourrais le faire et donc je veux vous citer son écrit les dominants peuvent se plaindre d'un gouvernement de gauche ils peuvent se plaindre d'un gouvernement de droite mais un gouvernement ne leur boira jamais le dos la politique ne change pas leur vie ou si peu ça aussi c'est étrange c'est ceux qui font la politique alors que la politique n'a presque aucun effet sur leur vie pour les dominants le plus souvent la politique est une question esthétique une manière de penser une manière de voir le monde de construire sa personne pour nous c'était vivre ou mourir en résumé bulle de confort grâce à leur argent enfermée dans l'idée que le privé vaut mieux que le public que leurs moyens se permettront de s'adapter à un monde à 4 degrés et qui reste aveugle aux impacts des politiques austéritaires illusion construite par et pour les forts par et pour les puissants
car
les autres n'ont pas le privilège de pouvoir détourner le regard des conséquences de vos politiques pourquoi donc les 450 salariés devant Corex en Isère se réjouaient-ils de vos grandes déclarations sur la réindustrialisation française alors que comme les salariés d'Arcelor et de Michelin ils risquent dans quelques mois de perdre leur emploi pourquoi les défenseurs de l'environnement s'imagineraient-ils que vous allez encore make the planet great again quand vous sabrez dans les dépenses pour la rénovation thermique et que vous voulez laisser le béton remplacer les zones naturelles et agricoles pourquoi les français devraient-ils vous croire quand vous avez martelé que la France était le pays où l'inflation était la plus faible alors que les prix alimentaires ont augmenté beaucoup plus que partout en Europe pourquoi les français devraient-ils soutenir votre politique alors que 55% d'entre eux n'arrivent que difficilement à assumer leurs dépenses courantes
enfin
pourquoi les électeurs qui se sont mobilisés en masse contre l'extrême droite vous pardonneraient-ils vos compromissions avec le rassemblement national
ils
ne le feront pas et nous non plus ainsi dans peu de temps votre gouvernement sera censuré la censure d'un gouvernement sans soutien populaire sans majorité parlementaire et sans dialogue avec son opposition républicaine est inéluctable après un gouvernement qui est allé à l'encontre du vote des français en méprisant l'assemblée nous souhaitons un gouvernement qui met en oeuvre le changement politique attendu voulu par les français et qui s'appuie sur le parlement ainsi nous réaffirmons qu'il est légitime que la gauche et les écologistes premières forces politiques de l'assemblée nationale gouvernent le pays et cela autour d'une route qui si elle est issue du programme du nouveau front populaire se concentre sur les priorités face aux défis auxquels nous devons collectivement faire face la constitution d'un budget augmentant les ressources de l'état des mesures efficaces et immédiates contre le réchauffement climatique et une conférence pour l'augmentation des salaires et l'arrêt des licenciements boursiers
car
suite à la censure le pays ne sera pas paralysé mais il entrera dans une période incertaine dans laquelle il n'est pas souhaitable que les gouvernements tombent les uns après les autres pour cela il faut profondément changer nos habitudes car si votre gouvernement tombe la composition de l'assemblée nationale restera inchangée tout d'abord le groupe écologiste et social défend la primauté de la décision collective du débat public et du travail parlementaire que les membres de la coalition gouvernementale ont pu pendant des mois il faut en finir avec l'approche verticale du pouvoir qui est aujourd'hui mis en échec le prochain gouvernement devra s'engager à ne pas utiliser le 49-3 c'est la garantie du débat parlementaire et c'est la seule garantie pour qu'un gouvernement ne soit pas censuré ensuite il faut mettre les choses dans le bon ordre j'entends l'ensemble des obsessions médiatiques politiques au cours de quelle serait la personne qui demain gouvernera la France mais en fait on prend les choses à l'envers pour les écologistes pour le groupe écologiste et social la question c'est pourquoi voulons-nous gouverner cela doit être déterminant c'est cette question la question des politiques menées qui doivent être prédominantes c'est dans cet état d'esprit que nous avons proposé 11 mesures prioritaires dans une feuille de route gouvernementale de gauche et écologiste afin de répondre aux urgences et aux préoccupations des français car la première condition de la stabilité c'est la clarté du projet qui réunit un gouvernement et sa coalition pour mettre un terme au triste spectacle d'une coalition gouvernementale qui se contredit continuellement mais aussi chers collègues de la coalition présidentielle pour vous mettre face à vos responsabilités en fait préférez-vous continuer à sabrer dans l'AME avec l'extrême droite ou souhaitez-vous mettre un plan pour l'hôpital public est-ce que vous préférez les fake news à la Bollorée ou enfin agir contre la concentration des médias est-ce que
vous
préférez la remise en cause de l'état de droit à la mise en place de la police de proximité
monsieur
le premier ministre après votre censure il nous reviendra à l'Assemblée nationale de construire un budget qui viendrait parer ce que vous et vos prédécesseurs avez cassé qui viendra combler le trou budgétaire que vous avez créé vous pouvez rester aveuglés par votre dogmatisme du zéro nouveau impôt mais dans ce cas effectivement il sera difficile d'obtenir un budget puisque c'est bien le trou que vous avez fait qui aujourd'hui nous amène le déficit insurmontable
le
rassemblement national sera incapable d'apporter des solutions il s'est rejeté mais ne sait pas construire il refuse la mise à contribution des plus riches il refuse de revenir sur la politique de l'oeuvre qui creuse notre déficile leur seule solution c'est de jeter en pâture les étrangers à qui ils refusent toute aide le refusant la moindre aide et la moindre intention qui est pourtant dû à n'importe quel être humain aujourd'hui seule la gauche et les écologistes ont le courage d'assurer un changement de politique budgétaire qui met à contribution les héritages dorés les hauts patrimoines et qui fait de la question de bonus-manus écologique une constante et de la contribution des pollueurs une nécessité nous saurons propuser un budget parce que oui nous avons les idées et les propositions parce que nous avons aussi le courage de venir les défendre dans cette assemblée et de créer les majorités nécessaires à les faire adopter
Monsieur
le Premier ministre vous censurez aujourd'hui ce n'est pas être sans gouvernement mais c'est donner à la France la possibilité d'avoir un gouvernement qui met en oeuvre les politiques que les français méritent une politique qui les respecte et qui répond à leurs besoins et à leurs attentes Merci beaucoup
Cyril Châtelain applaudit par la gauche et par les bandes de son groupe le groupe écologiste et social à l'Assemblée Éric Coquerel a présenté la motion de censure du nouveau Front Populaire Marine Le Pen s'est également exprimée là un représentant de chaque groupe prend la parole donne sa position sur la motion de censure Marc Fénaud s'exprime il est président du groupe Les Démocrates
Chers
collègues je n'ai nulle intention en ces moments de crise si grave de participer d'un énième échange caricatural et théâtral quand les françaises et les français s'inquiètent
ou
s'interrogent légitimement sur leur avenir et celui de leur pays
je
n'ai pas davantage l'intention par des invectives de creuser un peu plus le fossé entre ceux qui dans cette Assemblée devraient se comprendre se parler et échanger pour bâtir au service du pays
on
ne peut pas en même temps vouloir rassembler et s'employer à diviser les démocrates
j
'ai juste l'intention de dire ce que je vois de la vérité du moment et de notre devoir
Monsieur
le Premier Ministre
dans
ma réponse à votre discours de politique générale je soulignais la principale vérité
du
résultat des urnes du scrutin de juillet dernier personne n'avait gagné les élections législatives et entendre certains
cet
après-midi je crois qu'il n'est toujours pas inutile de le rappeler
aucun
bloc n'avait obtenu de majorité absolue pour mettre en oeuvre son programme seul
et
aucun bloc n'a acquis de mandat ni de pouvoir absolu nous n'avons et nous n'avions qu'un impératif celui du dialogue
et
peut-être plus encore celui de l'humilité et du sens de l'intérêt général
et
les français nous ont demandé
de
nous extraire des contingences politiques et partisanes
pour
travailler ensemble sur l'essentiel et à leur service
et
c'est le choix que nous avons fait en conscience Monsieur le Premier Ministre en vous soutenant avec exigence mais aussi c'est tout aussi important pour moi avec loyauté
nous
avions espéré sans doute comme beaucoup de français qu'il en soit de même pour toutes les forces parlementaires qui comme nous étaient le produit d'une élection sans vainqueur
et
refusaient les extrêmes cette situation n'autorisait donc personne à vouloir prétendre appliquer son seul programme
rien
que son programme et tout son programme
nous
étions prêts à oeuvrer au service de l'intérêt général et je peux témoigner que le Premier Ministre et ses équipes s'y est tenu lui qui assume sa mission avec sens du devoir avec lucidité et responsabilité et avec pour cap l'intérêt du pays
mais
force est de reconnaître
que
le débat que nous sommes en train de tenir et les votes annoncés montrent que malheureusement
nous
n'y sommes pas parvenus certains ont manifestement préféré la facilité du sénisme et du sectarisme et pire encore du laisser faire
plutôt
que l'exigence de l'esprit de responsabilité et de la recherche du compromis
je
le dis devant vous tout engagement
s
'il se veut sincère et s'il se veut utile nécessite des compromis et je sais combien il est évidemment beaucoup plus facile de rester soi-même en ne faisant rien
vous
avez les mains propres mais vous n'avez plus de mains disait Charles Péguy que je serai tenté de citer aujourd'hui pire certains renient le sens même du vote des français en scellant aujourd'hui on l'a bien vu une alliance des contraires
et
pourtant le texte qui nous est aujourd'hui soumis à savoir le projet de loi de financement de la sécurité sociale mais aussi plus largement les textes budgétaires dont nous discutons depuis plus de deux mois et que nous devons considérer comme un tout
ont
été remaniés et sont précisément le fruit d'un compromis jamais sans doute
des
textes budgétaires n'auront été autant remaniés et modifiés à l'aune des débats parlementaires
le
plus évident bien sûr c'est le compromis entre le Sénat et l'Assemblée nationale sur le PLFSS fait suffisamment rare pour être souligné et en dépit de ce que certains voudraient faire croire ce texte est bien le fruit d'un travail entre les différents blocs des différentes assemblées
et
je voudrais devant vous pardon pour ceux que ça gêne citer quelques-unes des avancées nées de ce compromis
je
pense à la meilleure protection des petites retraites que nous étions ici nombreux à porter
je
pense à la fiscalité incitative sur les sceaux d'arbres je pense à la réforme des allégements généraux de cotisations sociales et patronales que pour la première fois nous avons pu envisager et sur laquelle nous avons su collectivement aboutir à un équilibre entre soutien à l'emploi et efficacité de la dépense publique mais ce texte conduit aussi des avancées concrètes pour nos concitoyens plus perceptibles encore sans ce PLFSS pas de renforcement des mesures de prévention ou d'accès aux soins pas d'investissement supplémentaire dans notre système de santé pas de lutte contre la pénurie de médicaments sans ce PLFSS
pas
d'augmentation des moyens de la prise en charge de la perte d'autonomie c'est plus de 6500 postes d'aide dont nous priverions nos aidés
sans
ce PLFSS pas de réforme des retraites pour nos agriculteurs ni d'allègement de charges pourtant crucial pour la compétitivité de leurs exploitations
je
ne cherche pas à faire peur on ne gouverne pas avec la peur mais que ceux qui prétendront ou qui prétendraient ce soir que le vote d'une motion de censure serait sans conséquence je dis qu'ils devront rendre des comptes devant les français
et
le résultat de votre oeuvre sera tout aussi nocif si vous entendez également rejeter le PLF là encore il faudra prendre vos responsabilités sans PLF pas de hausse des moyens de nos ministères régaliens notamment pour notre défense ou pour la sécurité quotidienne des français qu'il s'agisse de la justice ou des moyens des forces de l'ordre sans PLF c'est la trahison assurée garantie des engagements faits à nos agriculteurs en pleine crise agricole que ce soit sur l'accompagnement des éleveurs l'aide à la transmission des exploitations ou l'installation des agriculteurs les mêmes qui poussent ou soutiennent les manifestations s'apprêtent à priver les agriculteurs des réponses pourtant tant attendues
sans
ce PLF pas de contributions exceptionnelles pour les plus hauts revenus et nous portions cette demande et pas de justice fiscale que pourtant vous réclamiez sur ces deux bancs bien sûr ces textes ne sont pas parfaits et j'entends ceux qui disent toujours ce n'est pas assez il faut plus mais ils sont pardon du gros mot le fruit d'un compromis et vous choisissez la rupture contre le compromis et le confort du statu quo contre les avancées mais en balayant d'un revers de main ce compromis vous ne faites pas que cela non vous vous dessaisissez aussi de ce qui fait le rôle du législateur sa capacité à proposer à améliorer à débattre et à se mettre d'accord vous choisissez au fond de vous en remettre aux lois spéciales à la gestion des affaires courantes au hasard du désordre et ce faisant vous affaiblissez le parlement dans son rôle et aux yeux des français et puis évidemment
vous
faites prendre un risque important au pays nos partenaires et nos créanciers nous regardent
voient
notre incapacité à avancer et comme nous pouvons le constater ces derniers jours le coût de financement de notre dette publique augmentera diminuant d'autant notre capacité à financer nos autres politiques publiques
à
terme vous faites prendre le risque d'une perte de confiance dans notre capacité à rembourser cette dette et c'est donc la porte ouverte à une crise comme on a pu connaître d'autres pays européens ces risques
vous
devez les assumer vous devrez les assumer et vous ne pourrez pas vous en défausser
à
nos collègues de gauche je voudrais dire qu'en juillet
vous
avez fait malheureusement le choix de l'immobilisme et du renoncement
et
ce
en
mois de décembre vous vous apprêtez à faire le choix pire de l'irresponsabilité et de l'inconnu
et
à nos collègues du rassemblement national face au désarroi de nos agriculteurs de nos soignants de nos forces de l'ordre dont vous prétendez être les portes étendards face aux difficultés
que
ce chaos produirait pour les plus modestes vous vous apprêtez à trahir vos électeurs les vôtres ceux pour lesquels vous demandiez pourtant du respect
et
au fond à part sur l'organisation du chaos à LFI ou RN vous n'êtes d'accord sur rien
vous
n'êtes pas d'accord sur les économies qu'il faut faire les uns imaginent des économies irréalisables et contre-productives sur les aides d'autres entreprises les autres pensent qu'en transformant simplement l'aide médicale nous allions régler tous les sujets du déficit et de finances publiques vous n'êtes pas d'accord sur les perspectives politiques futures d'un côté les uns veulent supprimer le délit d'apologie du terrorisme de l'autre vous dites que la priorité est la sécurité des français vous n'êtes pas d'accord sur le cadre de nos politiques quand les uns enfin certains à gauche défendent encore l'Europe les autres veulent la mise en place d'une priorité nationale factice qui serait évidemment contraire à cet engagement et surtout à nos intérêts chers collègues de gauche vous reprochez au premier ministre d'être sous la tutelle du rassemblement national mais c'est vous qui vous allez vous allez avec eux pour précipiter la France dans l'inconnu et dans le chaos
monsieur
le premier ministre mes chers collègues les allemands ont dans leur constitution la motion de censure dite constructive
ils
sont obligés de dire en renversant un gouvernement quelle sera la majorité alternative proposée sinon la censure est impossible
et
vous savez pourquoi ils l'ont fait parce que tirant le son de l'histoire ils ont vu les conséquences des extrêmes à gauche comme à droite renversant semaine après semaine les gouvernements sans alternative possible et enfonçant au final leur pays jusqu'au pire ici en France vous vous faites les champions de la motion de censure destructrice vous n'êtes pas fichu de dire aux français l'alternative possible et vous aggravez la crise
et
pour ça mes chers collègues tout ça n'est pas irrémédiable il y a une voie
pour
enfin répondre aux résultats des élections de juillet dernier le meilleur moyen de ne pas être sous la menace et donc sous la tutelle des extrêmes des deux extrêmes c'est enfin d'accepter le dialogue et le compromis la censure ne produira rien ce dialogue n'est pas simple ni à mettre en place ni à maintenir dans la durée il demande d'importants efforts c'est que chacun fasse des pas les uns vers les autres que personne ne joue pour lui-même dans cette période que cessent les arrière-pensées ou les calculs d'arrière-boutique et plusieurs perspectives peuvent permettre d'en jeter les bases cela commence par les attitudes et dans nos discours en respectant nos adversaires en nous abstenant de dramatiser et de caricaturer les politiques publiques en arrêtant de mettre en scène artificiellement des affrancements qui n'en sont pas en assumant nos divergences ça c'est facile mais plus difficile encore en assumant des convergences et c'est peut-être cela le pas qu'il faut faire cela passe par un système institutionnel qui favorise le compromis
il
s'agit je le dis avec une forme de gravité d'une question de survie pour notre démocratie cela passe par un mode de scrutin qui puisse libérer les différentes familles politiques des logiques de bloc tout en respectant les identités de chacun cela passe aussi par une discussion sans tabou sur les sujets auxquels nous faisons face et qui continue de diviser c'est le cas des retraites par exemple et de la révision de la réforme de 2023 qui n'a pas permis le compromis mais nous ne parviendrons pas à rétablir nos comptes publics sans s'y pencher sans démagogie enfin parce que nous devons être honnêtes avec nos concitoyens ce compromis ces compromis ne devront pas être conclus contre nos finances publiques sauf à brader et l'abdire de nos enfants et de fait à renoncer à notre souveraineté
il
faut pour cela sortir de l'ornière et de l'urgence et redonner du sens et du temps long dans la manière dont nous définissons collectivement nos priorités politiques et nos investissements pour l'avenir monsieur le premier ministre mes chers collègues je relisais ces jours les discours de Pierre Mendès France grande figure
non
seulement de la gauche mais grande figure française gouverner c'est choisir disait-il et ce si difficile que soient ses choix et il ajoutait que certains assureront que pour faire face aux défis du pays il faudrait emprunter les sentiers ombragés et faciles que dans une politique gouvernementale il faudrait laisser de côté ce qui est dur pour ne retenir que ce qui est agréable déjà à l'époque la tentation de la facilité contre laquelle ils se battaient et contre laquelle nous nous battons et pour nous les démocrates gouverner c'est d'abord s'interdire de faire des promesses que l'on ne peut tenir c'est refuser la facilité le pessimisme par le choix de la vérité et du courage c'est une question de respect des électeurs et de tous les électeurs et le premier des respect que l'on doit aux français est de ne pas leur mentir
pour
nous gouverner c'est rechercher sans cesse avec les français pas contre eux ni sans eux les voies des réformes nécessaires pour nous gouverner ce n'est pas chercher son avantage immédiat et personnel c'est penser que la victoire de tous par le compromis c'est la victoire de chacun que nous gagnerons ensemble ou sinon que nous perdrons tous enfin
pour
nous gouverner ce n'est pas livrer les esprits et le pays aux puissances de la division et du désordre c'est rassembler les français autour d'un cap d'un projet et j'ose le mot d'un idéal il y a un chemin et une majorité pour cela dans cette assemblée il y a un chemin dans ce pays il y a un chemin à elle de se lever à elle de l'exprimer dès cet après-midi les français ne nous demandent au fond qu'une chose faire en conscience notre devoir c'est ce que le premier ministre et son gouvernement font et c'est ce que nous devons faire en rejetant cette motion de censure
Marc
Fénaud le président du groupe Les Démocrates qui s'en surprise dit que lui et son groupe vont rejeter la motion de censure je vous le rappelle seuls ceux qui votent pour vont voter dans les salons à 45 minutes une fois que tout le monde se sera exprimé
à
la tribune la parole est à présent à monsieur le président Laurent Marc-Angeli pour le groupe Horizon et
voilà le président du groupe Horizon
qui s'exprime à
la tribune Mesdames et
Messieurs les ministres
mes chers
collègues
La
France ne peut être la France sans la grandeur écrivait le général de Gaulle
Alors
que le moment est d'une particulière gravité je souhaite dire ô combien nous avons besoin de cette grandeur retrouvée de ce sens de l'Etat qui manque cruellement au débat public actuel
C
'est ainsi que la République peut fonctionner dans l'intérêt des Français
pas
stagner mais avancer et s'élever
C
'est à nous députés
que
revient à ce jour la tâche ardue d'écrire l'histoire
Je
dois bien admettre qu'à titre personnel j'étais loin d'imaginer
il
y a deux ans lorsque j'étais candidat à cette élection législative me retrouver dans une telle situation
Aujourd
'hui
en
2024
deux
chemins s'offrent à présent à nous
Le
premier chemin le premier sentier est celui de la baisse de la fièvre démocratique
Les
divers appels à la responsabilité auxquels je souscris pleinement avec le groupe que je préside sont entendus et cette motion de censure n'est pas adoptée
Il
est encore temps
La
censure n'est pas une fatalité
Les
yeux sont tournés depuis juillet dernier vers la droite de notre assemblée
Mais
je souhaite prendre un instant pour m'adresser à la gauche sociale-démocrate
Mes
chers collègues
d
'autres issues sont possibles
Nous
l'avions proposé dès août dernier
Vous
pouvez toujours sans vous renier saisir la main tendue pour bâtir un pacte de responsabilité à minima sur des sujets consensuels
Je
suis certain que sur l'accès aux soins sur l'école sur la sécurité et même sur la réduction du déficit public des consensus
sont
possibles
Soyons
clairs
il
s'agirait moins d'un mariage d'amour que d'une entente cordiale temporaire
dans
l'intérêt supérieur des françaises et des français
Je
pense au président Hollande notre collègue qui a occupé la fonction suprême Il connaît parfaitement la difficulté de la tâche budgétaire et les enjeux pour notre nation
Pourquoi
être taiseux sur les conséquences réelles de cette censure Monsieur le Président ?
Nous
devons la vérité à nos concitoyens
La
vérité c'est que si nous empruntons le second chemin celui de la chute du gouvernement
qui
n'ont certes pas tout bien fait
qui
n'ont certes pas eu le temps
de
faire
mais
qui ont eu à coeur d'agir dans l'intérêt du pays
Nous
exposons les françaises et les français à de nombreuses difficultés
Contrairement
à beaucoup de commentateurs je ne souhaite ni dramatiser à l'ultime la situation ni infantiliser les français sur la répercussion de notre vote
Les
faits rien que les faits les voies des extrêmes se mélangent créant une alliance objective pour faire chuter le gouvernement et ensuite et après
Sur
le plan politique je rappelle que personne n'a gagné les dernières élections législatives Nous n'en serions pas là autrement mes chers collègues
J
'affirmais d'ailleurs devant vous le 1er octobre dernier que par leur suffrage les français avaient choisi de confier la stabilité politique et institutionnelle à notre assemblée à nous parlementaires Formuler plus de lignes rouges que de propositions d'économies raisonnables est-ce digne de la confiance du peuple français
à
force de positions inflexibles la censure pourrait devenir un réflexe pavlovien un automatisme qui conduirait à coup sûr notre pays dans l'impasse
Il
se peut même que les budgets de l'état et de la sécurité sociale n'aient toujours pas été adoptés d'ici l'été prochain
La
stagnation de nos politiques économiques qui ne pourraient plus être pilotées nous ferait nécessairement perdre du crédit sur notre dette
Ne
soyons pas naïfs
Les
marchés ne font pas dans l'affect et si cette situation devait se poursuivre il ne manquerait pas d'attaquer
Au
-delà de l'envolée des taux d'intérêt une nouvelle période d'instabilité s'ouvrirait alors pour le monde économique en particulier pour nos entreprises qui ont besoin de lisibilité et de stabilité afin d'anticiper sur leurs investissements
Pour
celles qui ont les freins les moins solides
souvent
des TPE des PME il pourrait s'agir de l'ultime coup de massue porté dans un contexte économique déjà morose
A
court terme
ce
sont les créations d'emplois en moins
A
long terme des licenciements du chômage en plus et donc encore plus de dépenses sociales
La
crise de régime cercle vicieux augmentera la précarité de notre pays
Ce
n'est pas juste
Il
faut aussi dire en toute transparence que l'absence de budget implique automatiquement une hausse de l'impôt sur le revenu dont le barème ne sera pas indexé sur l'inflation pour 18 millions de personnes Près de 400 000 français parmi les plus fragiles financièrement deviendront imposables alors qu
'ils
ne devraient pas l'être Ce n'est pas juste
Les
budgets prévus pour les grandes politiques de l'Etat seraient également suspendus
Ce
n'est pas abstrait C'est un frein au soutien dont nos agriculteurs ont besoin à la lutte contre la fraude aux dépenses de santé C'est un frein à la lutte contre les trafics contre le crime organisé C'est un frein à l'aide de la reconstruction en Nouvelle-Calédonie Ce n'est pas juste
Ce
serait tout autant un coup d'arrêt pour nos armées dont le budget ne suivrait plus la trajectoire votée ici même à une écrasante majorité
et
se retrouverait affaibli dans un contexte géopolitique instable dangereux
Mes
chers collègues
nous
avons été collectivement dans un exercice d'auto-persuasion depuis 1974 année du dernier budget excédentaire
Nous
touchons désormais aux limites de la vie à crédit perpétuel
Le
groupe Horizon Indépendant est convaincu qu'il existe une voie de passage qu'un budget peut à la fois prendre cette réalité en compte tout en évitant d'asphyxier notre économie
A
cet égard il me paraît bon de rappeler les quelques priorités que nous avions portées au cours de nos longs débats budgétaires
Nous
avons prôné en premier lieu le soutien à la France qui travaille pour remédier à deux difficultés que nos compatriotes rencontrent D'une part le phénomène de tassement des salaires au niveau du SMIC et d'autre part le sentiment que le travail ne paye pas assez et parfois moins que le fait de ne pas travailler Le sujet du logement est d'ailleurs intrinsèquement lié à ce problème puisque de nombreux actifs ne peuvent actuellement pas accéder à la propriété Nous avons souhaité apporter des réponses à la crise du secteur Si cette motion de censure est adoptée les français seront notamment privés de l'extension du prêt à taux zéro sur tout le territoire et pour tous les types d'habitats C'est un combat que nous poursuivrons Ensuite sur la relation entre l'état et les collectivités territoriales Les maires ont eu l'occasion de l'exprimer ils sont prêts à prendre leur part à l'effort de redressement du pays de nos comptes mais à condition que les mécanismes proposés soient adaptés c'est pourquoi nous avons proposé plusieurs améliorations dans nos débats Enfin nous avons insisté sur la nécessité de maintenir une trajectoire budgétaire soutenable et réduire encore les dépenses publiques Nous devons impérativement identifier les bons leviers pour retrouver notre équilibre financier conditions indispensables si nous voulons atteindre l'objectif d'un déficit public à 5% du PIB
Mes
chers collègues si les responsabilités devaient prendre le pas sur la raison dans les prochaines heures je souhaite verser une contribution au débat public Je rejoins mon prédécesseur le président Fénaud Inspirons-nous de modèles plus vertueux que la censure pavlovienne qui ne propose pas d'alternative Regardons ce qu'il est possible de faire Proposons des alternatives qui soient en capacité de diriger le pays et non pas censurer pour censurer rejeter pour rejeter Il ne faudrait alors pas longtemps pour se rendre compte qu'une proposition commune de chef de gouvernement entre les extrêmes de cet hémicycle est strictement impossible Cela démontre à quel point cette alliance de circonstances qui mêle des voies dans le seul but de plonger le pays dans l'inconnu est fallacieuse et malheureuse Monsieur le Premier ministre
Vous
l'avez dit vous
l'avez dit
les dettes d'aujourd'hui sont les impôts de demain Nos enfants nous jugeront sévèrement
et
ils auront bien raison de le faire Il ne fait guère de doute qu'ils se demanderont comment en 2024 leur pays a pu sombrer dans un tel chaos intellectuel
J
'invite chacun et je m'inclus à procéder à un examen de conscience et à se demander si son vote d'aujourd'hui fédait davantage de bien ou de mal à la France et à ses enfants
La
République la République a vaincu parce qu'elle est dans la direction des hauteurs et que l'homme ne peut s'élever sans monter vers elle Je souhaite pour mon pays comme Jean Jaurès que le résultat de ce vote nous élève vers les hauteurs Le groupe Horizon et Indépendant quant à lui ne votera pas cette motion de censure Je vous remercie
Laurent Marc Angélie qui s'est exprimé pour les députés Horizon évidemment ceux-là ne voteront pas la censure Je vous rappelle qu'une censure on vote pour on ne vote pas contre ces voix-là ne seront pas décomptées Monsieur Charles de Courson pour le groupe Liberté, Indépendant Outre-mer et Territoire pour une durée de 10 minutes C'est Charles de Courson qui s'exprime pour le groupe Lyot c'est également le rapporteur général du budget il a 10 minutes pour s'exprimer je vous le rappelle chaque groupe parle à la tribune pour donner sa position sur la motion et ensuite 45 minutes de vote
Le
président
ne votera pas à la quasi-unanimité la motion de censure et ceci pour 4 raisons la première raison c'est que voter la motion de censure c'est paradoxalement redonner la main au président de la république c'est-à-dire à celui qui a été à l'origine du chaos politique qui s'est installé à travers la dissolution du 9 juin 2024
D
'ailleurs cette décision du président n'a été comprise ni par l'obtion publique
ni
par ses propres soutiens
La
deuxième raison
c
'est que voter la motion de censure c'est aggraver la crise démocratique
En
effet que vont penser les français d'une assemblée nationale incapable d'adopter une loi de finance et une loi de financement de la sécurité sociale
Le
rejet de la démocratie parlementaire
peut
déboucher sur un régime autoritaire
Le
dernier sondage Ipsos
nous
rappelle qu'il n'y a plus que 22% des français qui font confiance aux députés de la nation 63% considèrent le personnel politique comme corrompu 78% comme non représentatif
et
pour couronner le tout 80% comme agissant pour leurs seuls intérêts personnels
C
'est une catastrophe démocratique
Troisième
raison
Ce
n'est pas le moment de voter une motion de censure En effet la situation économique et sociale n'est pas bonne elle se dégrade et un tel vote accentuerait le sentiment d'incertitude des acteurs économiques qui ont déjà tendance à reporter leurs investissements qu'ils soient immobiliers ou d'équipements
La
poursuite de la hausse des taux d'intérêt de la dette publique qui résulterait d'un tel vote
ne
pourrait que fragiliser encore un peu plus l'économie et accroître le chômage qui je le rappelle augmente déjà depuis plus de 6 mois
Quant
à la situation internationale mes chers collègues elle se dégrade constamment
du
fait notamment de la récession en Allemagne de la tendance au protectionnisme à travers une hausse des droits de douane mais aussi du fait de la guerre russo-ukrainienne ou encore de la déstabilisation du Moyen-Orient Quatrième raison
si
cette motion de censure était adoptée une sortie démocratique paraît aujourd'hui impossible
en
effet le président de la république ne peut dissoudre notre assemblée
qu
'à compter du 7 juillet 2025 c'est-à-dire dans 7 mois
de
plus nul ne peut prédire la composition de notre assemblée qui résulterait de nouvelles élections législatives à l'automne 2025
y
aura-t-il dans cette hypothèse une majorité stable
quant
à l'hypothèse de la démission du président de la république
ce
dernier l'a écarté hier soir
alors
mes chers collègues par-delà ces quatre raisons qui font que notre groupe à la quasi-unanimité ne votera pas cette motion de censure
le
groupe DIOT souhaite faire un appel à tous nos collègues sur tous les bancs de cette assemblée qui se reconnaissent dans les valeurs fondatrices de notre république seul un large rassemblement de l'art républicain pourrait permettre de gouverner notre pays en évitant les risques liés à des solutions extrêmes
je
vous remercie monsieur de Courson
sourire
de la présidente
de l'assemblée c'est vrai qu'on n'avait
pas tout à fait compris que Charles de Courson avait fini son intervention il le dit la grande majorité de son groupe le groupe DIOT ne votera pas la motion de censure c'est maintenant le groupe GDR ce sont les communistes à l'assemblée qui s'expriment Nicolas Sansu est leur orateur messieurs
les
ministres chers collègues
tout
sera plus difficile et plus grave avez-vous martelé monsieur le premier ministre en répondant à l'interpellation de notre excellent président de groupe de la gauche démocrate et républicaine hier André Chassaigne mais plus difficile et plus grave pour qui
pour
Pascal virer comme un mal propre d'une usine d'emboutissage de Saint-Florent-sur-Cher au coeur de ma circonscription et qui voit les factures s'accumuler et l'Etat se défiler devant ses obligations
pour
Malika licenciée il y a 5 semaines de l'hypermarché géant casino de Saint-Doulchar à côté de Bourges et qui ne sait comment remplir le frigo
pour
les 2389 salariés d'Auchan mis dehors alors que la famille Mulies se distribue 1 milliard d'euros de dividendes sur les résultats du groupe via l'enseigne Décathlon
allez
leur dire à elles et eux comme aux 200 000 personnes qui risquent de perdre leur emploi comme aux centaines milliers de retraités que vous laissez dans le dénuement comme aux chômeurs que vous voulez encore plus pénaliser comme aux 330 000 sans-abri comme aux citoyens dits d'outre-mer qui n'en peuvent plus de la vie chère allez leur dire que la vie sera plus douce avec votre maintien au gouvernement ils le savent qu'elle sera plus dure le chaos est déjà là monsieur le premier ministre même si vous n'en êtes pas le seul responsable le chaos c'est le refus d'entendre le peuple et les organisations syndicales qui se sont levées contre l'ignoble allongement du départ à la retraite
le
chaos ce sont ces brancards dans les urgences hospitalières et des prises en charge dégradées qui mettent des vies en péril le chaos ce sont ces classes qui ferment dans les villages comme dans les quartiers où l'abandon n'est plus un sentiment mais une réalité le chaos c'est l'abandon de nos copatriotes des territoires dits d'outre-mer victimes du manque d'infrastructures des services publics de l'empoisonnement au chlordécone et des essais nucléaires c'est un pouvoir qui les humilie confondant politique d'émancipation et de coopération avec maniement du bâton et exploitation
le
chaos c'est un pays qui lâche les peuples en lutte pour leur indépendance comme les palestiniens ou les saraouis c'est l'inaction face à la fuite en avant belliqueuse à Gaza en Ukraine et au Liban c'est le silence face aux cris des victimes civiles palestiniennes c'est l'abandon d'une politique internationale de la paix le chaos c'est tout bonnement l'allégeance à une politique qui a favorisé une poignée de privilégiés avec les 500 plus grosses fortunes qui ont doublé en 7 ans de pouvoir macroniste culminant désormais à plus de 1200 milliards d'euros l'ingénieur de ce chaos c'est le président de la république qui satisfait dans son rôle de tomaturge l'a joué à la perfection lui qui déclarait le lendemain de la dissolution je cite je leur ai balancé une grenade dégoupillée dans les jambes maintenant on va voir comment ils s'en sortent mais on ne déclare pas la guerre à la démocratie comme on ne joue pas avec le respect du résultat des urnes et certainement pas au nom de la déréliction fantasmée d'un monarque las nous sommes issus ici de cette élection de 2024 qui n'a certes pas de données de vainqueur absolu mais qui a livré un perdant évident le bloc central les forces qui composent votre gouvernement monsieur le premier ministre regroupées 473 députés en 2017 contre moins de 230 aujourd'hui tout est dit
face
au risque de voir une gauche au pouvoir qui aurait su changer les équilibres politiques et économiques de ce pays vous avez tenté vainement de bâtir une majorité politique pour les intérêts du capital le nouveau front populaire peut construire un pacte fiscal plus juste et plus efficient comme il l'a démontré lors de l'examen de la première partie du budget pour 2025
il
peut engager les investissements nécessaires en matière de services publics de santé d'éducation de sécurité de mobilité de transition écologique mais aussi en matière de soutien à l'industrie à l'agriculture à l'innovation le nouveau front populaire peut porter une voix singulière en Europe pour appeler à la réforme de la politique budgétaire et monétaire de l'Union européenne pour enfin lui permettre de répondre aux impératifs écologiques et sociaux de notre temps mais c'en serait trop pour le pouvoir exécutif arrogant qui sointe la violence de classe dans un bel élan commun toutes les droites au centre du couloir comme tout au fond à l'extrême se sont retrouvées lors de la première partie du budget dans un refus unanime pour ne pas toucher au dogme d'un capitalisme libéral sans scrupules et n'oublions pas que c'est une constante d'ailleurs monsieur Attal alors premier ministre en exercice qui aujourd'hui prend des airs
graves
pour fustiger une soi-disant irresponsabilité d'un vote de censure envoyer un message à un député de son camp le 25 août dernier en affirmant et je le cite son intention de censurer un gouvernement nouveau front populaire quoi qu'il en coûte parlant de censure inévitable en cela il rejoignait l'extrême droite dans cette grande alliance qui historiquement n'a jamais flanché d'une droite qui estime que la gauche est toujours illégitime à mener les affaires du pays
oui
dès qu'une alternative progressiste pourrait prendre corps ou bien que l'on touche à un cheveu du régime mère-fille que l'on gratte une petite couche des héritages dorés que l'on cisèle des exonérations de cotisations sociales inefficaces à chaque fois hors frais nous casse les oreilles avec les cris des libéraux mes chers collègues du bloc central vous étiez bien moins bruyant quand il s'est agi de mélanger vos voix avec l'extrême droite pour refuser la taxation des 147 milliardaires à 2% de leur patrimoine vous étiez bien moins bruyant pour capituler devant les mécanismes d'évasion fiscale contre laquelle votre combat s'arrête au verbiage habituel ou pour rétablir les 4000 postes d'enseignants supprimés dans le PLF 2025 à l'international la France est discréditée alors que la concurrence nous oblige aujourd'hui plus que jamais à réaffirmer notre souveraineté à ne pas plier devant les Etats-Unis et la Chine à protéger nos emplois et nos industries à empêcher l'Union Européenne de multiplier la signature de traité de libre-échange qui détruise notre agriculture le projet de loi de financement de la sécurité sociale que vous avez tenté d'imposer avec le 49-3 c'est celui qui continue à dégrader l'hôpital public c'est celui qui acte l'abandon d'une loi grand âge c'est celui qui conduit à des mutuelles plus chères c'est celui qui n'offre rien en matière de lutte contre les déserts médicaux c'est celui qui dans un exercice de déshonneur et d'allégeance à l'extrême droite veut diminuer l'aide médicale d'Etat au mépris de toute humanité au risque de laisser prospérer épidémie et contagion et que dire des inepties professées à l'envie par le gouvernement et des membres du socle commun faisant croire que la censure de ce gouvernement serait la onzième plaie d'Egypte la première d'entre elles la carte vitale ne va plus fonctionner foutez et vous le savez il y a plus de risque d'une pluie de grenouilles sur cet hémicycle que d'un défaut de fonctionnement de la carte vitale qui me permet de rappeler soit dit en passant combien cela est un beau modèle que ce modèle socialisé certains le nomment même le communisme déjà là ne vous étranglez pas puis on nous affirme que pas de budget voté cela signifierait une augmentation d'impôt sur le revenu et l'entrée dans l'imposition pour 380 000 de nos compatriotes c'est faux toute nouvelle entrée dans l'impôt n'intervient qu'en mai d'ici là après la loi spéciale le gouvernement de gauche aura eu le loisir non seulement d'indexer le barème de l'IR mais aussi de le rendre plus progressif afin que tous ceux qui gagnent moins de 4 000 euros paient moins et que la justice fiscale soit mieux assurée s'il vous plaît que cessent ces contre-vérités qui n'ont qu'un but faire peur parce que la peur est une arme de destruction massive de la raison nos compatriotes méritent mieux les agriculteurs que nous croisons aux abords des préfectures les VSL qui bloquent les centres-villes les enseignants les fonctionnaires qui vont se mobiliser en masse demain ne brandissent pas des branderoles on veut garder Barnier bien au contraire il ne veut plus être empaumé par vos soins ils nous disent stop dites-leur et dites-lui à celui qui dans son palais cultive l'illusion solitaire de l'omniscience dites-lui ça suffit il est des moments dans la vie d'un pays dans la vie d'un peuple dans la vie des représentants du peuple où l'espoir s'écrit par des ruptures notre pays est fécond en la matière il en a conçu de grandes avancées dans l'union dans la joie dans la fraternité notre responsabilité c'est à la fois de refuser les budgets régressifs de la sécurité sociale comme de l'état et de proposer au président de la république de laver la faute originelle qu'il fait porter comme un fardeau à la France nous sommes prêts nous députés communistes et ultramarins du groupe de la gauche démocrate et républicaine à prendre notre part dans le cadre d'un gouvernement issu du nouveau front populaire capable de construire des majorités ici projet par projet comme nous l'avons montré dans l'histoire de notre pays le vote de ce jour en faveur de la motion de censure n'a rien de personnel monsieur le premier ministre et ce n'est pas l'apocalypse c'est l'ouverture des possibles j'ai envie de dire n'ayez pas peur n'ayez pas peur ouvrez ouvrez toutes grandes les portes au peuple je vous remercie
Nicolas Sensu était l'orateur du groupe GDR gauche démocrate et républicaine ce sont les communistes ici à l'assemblée ce ne sera pas l'apocalypse il y a la motion de censure a-t-il dit
à
monsieur le président Eric Ciotti pour le groupe UDR c'est à présent Eric Ciotti qui va prendre la parole je vous le rappelle Eric Coquerel a défendu la motion Marine Le Pen également maintenant chaque groupe a un temps prédéfini pour donner sa position et ensuite il y aura 45 minutes pendant lesquelles les députés favorables à la motion iront voter
madame la présidente monsieur le premier ministre mes chers collègues
hier
soir monsieur le premier ministre vous avez dit aux français ce n'est pas un vote pour ou contre Michel Barnier mais un vote sur un texte nous sommes d'accord monsieur le premier ministre c'est un vote sur un texte qui va nous guider
c
'est un vote hélas sur un mauvais budget
un
mauvais budget
un
budget socialiste même je vous l'avais dit lorsque vous avez prononcé votre déclaration de politique générale
c
'est pour protéger c'est pour protéger les français protéger nos entreprises et protéger notre économie que nous refusons ce budget
il
y a six mois mes chers collègues
lorsque
je présidais encore les républicains nous avions fixé ensemble trois lignes rouges avec beaucoup de vos ministres
notamment
Bruno Retailleau mais aussi Laurent Wauquiez nous avions dit alors que si ces lignes rouges venaient à être franchies cela aurait automatiquement une conséquence la censure du gouvernement
ces
lignes je vous les rappelle l'augmentation des prélèvements obligatoires la désindexation des retraites qui pénaliserait nos petits retraités la baisse de la prise en charge des soins et des médicaments
monsieur
le premier ministre votre budget votre budget a allègrement franchi ces lignes rouges
c
'est donc en cohérence que nous voterons la censure
nous
avions laissé pourtant en toute responsabilité une chance contrairement à d'autres sur certains
bancs nous
avons refusé de vous censurer a priori
et
ce malgré les alliances électorales contre nature qui ont conduit le chaos dans ce pays malgré l'appel de monsieur Attal à voter LFI qui reste tâche indélébile à voter communiste
et
les adversaires écologistes qui se sont désistés monsieur le premier ministre
votre
gouvernement a voulu comme le médecin de Molière fiscal
mais
vous n'avez pas soigné la France
vous
avez aggravé son mal
face
à ces dérives
le
groupe UDR se voudra toujours comme un bouclier fiscal des français
votre
budget
votre
budget est un budget récessif
les
instituts de conjoncture économique ont souligné et évalué à près d'un pour cent de croissance les conséquences du choc fiscal que vous voulez imposer à l'économie française
votre
budget ne baisse pas les dépenses publiques mais bien au contraire il continue de les augmenter plus 60 milliards en valeur
c
'est aussi un budget incapable de faire des économies un budget qui n'a exprimé aucune volonté de réduire le périmètre d'un état devenu envahissant paralysant pour tous ceux qui veulent innover entreprendre dans notre pays un budget qui est de diminuer même les agences que vous avez citées que vous avez rappelées par centaines OFB ADEME autant d'organismes dont la seule raison d'être est de dépenser et d'empêcher les français de travailler vous n'avez pas voulu porter atteinte aux dépenses somptuaires de ces organismes comme s'attaquer aux millefeuilles territoriales et notamment à ces métropoles inutiles comme dépensières un budget bref qui préfère taxer toujours taxer encore taxer les français et les entreprises
un
budget anti-ménage un budget anti-entreprise bref un budget anti-économique un budget allant encore plus loin dans l'augmentation des impôts que celui présenté par les gouvernements de François Hollande refuse de s'attaquer
un
budget qui refuse de s'attaquer aux dépenses folles liées à l'immigration bref nous arrivons aujourd'hui à un point de rupture nous ne pouvons plus vous laisser menacer l'économie française de faillite définitive
votre
texte fait peser sur la France une sortie de l'histoire par la petite porte
la
censure
la
censure va éviter aux français un choc fiscal qui provoquerait une récession inédite
nous
préserverons ainsi les français des fléaux inscrits dans ce PLFSS et dans ce PLF
les
40 milliards d'impôts oui 40 milliards d'impôts supplémentaires la désindexation des retraites dès le 1er janvier pour tous les retraités y compris les plus modestes la hausse du coût du travail la hausse de l'impôt sur les sociétés la hausse de la fiscalité sur les revenus le retour de l'ISF au Sénat ou même l'invention de la taxe sur l'eau en bouteille même l'eau vous avez voulu la taxer
nos
Dacia les 208 tout ça c'est pas des véhicules de luxe ce sont les véhicules des français qui travaillent et qui en ont besoin pour se déplacer au quotidien
je
vous le dis mes chers collègues à travers ces budgets une certaine droite une pseudo droite s'est renuyée comment un gouvernement prétendument de droite a-t-il pu corriger a-t-il pu refuser de corriger les dérives insupportables de l'AME réservées aux clandestines médicaments et leurs cotisations le gouvernement de droite a-t-il pu alourdir le coût du travail les artisans les professions libérales nos entrepreneurs sont familiales comme nous avions demandé avec Bruno Retailleau pour les étrangers dès le premier jour de présence en France 7 milliards d'économies potentielles alors qu'on a touché au remboursement des soins et des médicaments c'est la vérité le premier ministre
je
vous estime et je vous respecte
ce
respect m'oblige à la vérité
aujourd
'hui seule la censure peut protéger les français de votre budget récessif
il
faut croire d'ailleurs plusieurs jours
plusieurs
jours après l'annonce
de
cette possible censure
que
les marchés sont plus rassurés par l'hypothèse de la fin de votre gouvernement que par la continuité de ses erreurs
top
au fake news et à la ridicule stratégie du chaos
oui
le 1er janvier prochain la France ne s'arrêtera pas toutes les retraites seront même désindexées sur l'inflation cela est sûr loin des fantasmes dans quelques jours le prochain gouvernement sera obligé de procéder à de véritables économies aujourd'hui la censure porte l'espérance de l'alternance la vraie celle qu'attendent qu'exigent et que demandent les français
Eric
Ciotti qui est le président du groupe UDR rappelle qu'ils valent voter la censure aux côtés des troupes de Marine Le Pen Eric Ciotti qui a été membre de la famille politique de Michel Barnier avant de se rallier à Marine Le Pen et c'est Gabriel Attal l'ancien premier ministre qui va prendre la parole à présent il dispose de 35 minutes pour donner la position de lui et de son groupe il devrait sûrement en faire moins pour expliquer qu'il ne vote pas la censure on va écouter Gabriel Attal je le rappelle tous les groupes ont un temps de parole pour définir leur position sur la censure et puis ensuite 45 minutes de vote on aura les résultats un peu après 19h45
Messieurs les ministres chers collègues
dans
pareille situation
il
y a tant à dire
tant
à dire sur la situation de notre pays
tant
à dire sur le quotidien des français qui sont déboussolés par tout ce qui se passe ils doivent être et rester notre seule obsession tant à dire sur le spectacle désolant auquel les extrêmes de cet hémicycle se livrent depuis quelques semaines quelques mois et quelques années maintenant
tant
à dire sur l'alliance entre LFI et le RN qui est en train de se nouer
de
Tocqueville qui écrivait qu'en politique la communauté des haines fait presque toujours le fond des amitiés
oui il
y a tant à dire
tant
à dire
mes
chers collègues
je
crois que l'essentiel tient en une phrase nous en sommes au point où les français n'écoutent plus les politiques parce que tout cela tourne désormais à vide parce que la politique française est malade et nous venons d'avoir la confirmation dans les interventions précédentes que ce n'est ni à l'extrême gauche ni à l'extrême droite que les français pourront trouver l'antidote il nous demande une chose et une seule cesser le bruit de fond des postures et des oppositions stériles écouter patiemment construire sereinement travailler sincèrement non pas pour se donner bonne conscience
mais
pour avoir des résultats
non
pas à la recherche de son intérêt particulier dans un agenda caché mais pour agir dans l'intérêt général le seul qui compte
et
changer changer la vie des français mes chers collègues je vais le dire sans détour
je
crois que ce que demandent les français c'est en somme moins de bruit et plus d'action se taire quand on n'a rien à dire et agir quand on a la chance c'est
en somme c'est en
somme