Les élus locaux face à la violence : le témoignage de Laurys Le Marrec, maire de Coudes, dans le Puy-de-Dôme
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Défensif 60 %
Questions et réponses
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- 0:34OuverteRéponse directe
Cette agression de la mer de Marsa, est-ce que ça vous a surpris ?
- 0:58OuverteRéponse directe
On parle des élus locaux, mais ça concerne aussi le personnel de mairie.
- 1:27OuverteRéponse directe
Vous-même, vous avez été victime de violences, de menaces, c'était en novembre l'année dernière, on en est où ?
- 1:43RelanceRéponse partielle
C'était rapide, donc ? Est-ce que c'était à la hauteur, selon vous ?
- 2:21OuverteRéponse directe
C'est suffisant ? Ou encore, il y a du retard à rattraper ?
- 3:05OuverteRéponse directe
Ça a fluidifié vos relations ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« plus de 2500 cas de violences en France l'année dernière, ça ne cesse d'augmenter. »
- 0:13PrésentateurFait
« Dernier épisode en date chez nous, dimanche, c'est la mer de Marsa, au sud de Rion, dans le Puy-de-Dôme, qui a été prise à partie, jetée à terre, toujours dans le Puy-de-Dôme. »
- 0:25PrésentateurFait
« Des violences aussi cet été, à la piscine de Châtel-Guillon. »
- 0:42Invité politiqueFait
« ce n'est pas notre quotidien, mais effectivement, il y a de temps en temps des phénomènes, on va dire, éruptifs, qui nous confrontent avec une violence régulière, qu'elle soit verbale ou physique »
- 1:35Invité politiqueFait
« La personne a été jugée en comparution immédiate, dans les jours qu'on suivit, et a reçu une peine équivalente à sa faute, on va dire. »
- 2:22PrésentateurFait
« Il y a une loi, la loi principale, elle date de 2024. Elle a été renforcée l'hiver dernier, le 22 décembre, une nouvelle loi sur le statut de l'élu, justement dans ce contexte de violence »
- 2:31PrésentateurFait
« avec la création d'un statut d'élu local, entre autres, une simplification d'accès à une protection fonctionnelle. »
- 3:41PrésentateurChiffre
« Plus de 2500 agressions l'année dernière en France contre des élus. »
- 4:03Invité politiqueFait
« Je me suis posé la question de repartir, mais pas du tout de ce fait-là. »
- 5:01Invité politiqueFait
« Il n'est pas simplement aux élus, parce que la violence, elle n'est pas dans la société qu'envers les élus, elle est envers tout le monde. »
Temps de parole
- Laurys Le Marrec65 %
- Présentateur35 %
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Il est 7h45, Delphine Marion avec l'invité d'ici Pays d'Auvergne, on va parler des violences qui se multiplient sur les élus. Oui, plus de 2500 cas de violences en France l'année dernière, ça ne cesse d'augmenter. Dernier épisode en date chez nous, dimanche, c'est la mer de Marsa, au sud de Rion, dans le Puy-de-Dôme, qui a été prise à partie, jetée à terre, toujours dans le Puy-de-Dôme. Des violences aussi cet été, à la piscine de Châtel-Guillon. Et on en parle avec le maire de Coude, lui-même victime de menaces il y a près d'un an, c'était en novembre l'année dernière. Loïs Lemarec, bonjour.
Oui, bonjour.
Cette agression de la mer de Marsa, est-ce que ça vous a surpris ? Ou à l'inverse, vous allez dire, c'est quasiment le quotidien pour un élu désormais ?
Alors, je ne voudrais pas rentrer dans la psychose, donc ce n'est pas notre quotidien, mais effectivement, il y a de temps en temps des phénomènes, on va dire, éruptifs, qui nous confrontent avec une violence régulière, qu'elle soit verbale ou physique, comme avec la mer de Marsa, que je salue au passage.
On parle des élus locaux, mais ça concerne aussi le personnel de mairie.
Oui, effectivement, lors de mon agression, c'est ce que j'avais souligné, c'est ce que je souligne encore, c'est que nous, on est un peu la tête de pont, mais derrière nous, il y a nos secrétaires de mairie, ou même nos employés techniques et autres, qui subissent souvent, effectivement, des agressions verbales, sans forcément de forme de violence, mais qui sont les premiers en ligne contre cette violence verbale ou physique dans nos communes.
Vous-même, vous avez été victime, vous le disiez, de violences, de menaces, c'était en novembre l'année dernière, on en est où ? La personne a été condamnée, finalement ?
La personne a été jugée en comparution immédiate, dans les jours qu'on suivit, et a reçu une peine équivalente à sa faute, on va dire.
C'était rapide, donc ? Est-ce que c'était à la hauteur, selon vous ?
Alors, je crois que c'est peut-être là-dessus qu'a changé la loi. Il y a maintenant, effectivement, une rapidité, avec la comparution immédiate, pour sanctionner la personne qui commet des actes face aux élus. Est-ce que ça a été proportionnel à la faute ? Pour mon cas, je pense, oui, largement. Après, tous les cas ne se ressemblent pas, et on pourrait discuter de ça très très longuement, mais là, je n'ai pas assez d'expérience face à ce genre de délit pour pouvoir répondre à cette question.
En tout cas, la loi a changé, vous le disiez, il y a une loi, la loi principale, elle date de 2024. Elle a été renforcée l'hiver dernier, le 22 décembre, une nouvelle loi sur le statut de l'élu, justement dans ce contexte de violence, avec la création d'un statut d'élu local, entre autres, une simplification d'accès à une protection fonctionnelle. C'est suffisant ? Ou encore, il y a du retard à rattraper ?
Là où la loi apporte des choses supplémentaires, c'est qu'elle s'étend à tous les élus, pas simplement aux maires et aux adjoints, mais aussi à tous les conseillers municipaux. Et c'est vrai qu'elle nous permet d'être en relation vraiment directe avec la gendarmerie, ce qui était déjà le cas auparavant, mais qui est maintenant ancré un petit peu de manière institutionnelle.
Ça a fluidifié vos relations ?
Oui, oui, oui. Alors ça les a surtout institutionnalisés un peu plus en termes de protection, parce que moi je suis élu quand même depuis 2008, et j'ai toujours eu des rapports quand il y avait des soucis avec la gendarmerie qui étaient déjà assez fluides, mais là ça l'inscrit dans la loi. Donc on a un référent, on peut même avoir un bouton d'alerte si on s'en menaçait régulièrement, donc il y a quand même des choses qui sont mises en place, qu'on n'utilise pas forcément. Vous voyez, moi, d'aujourd'hui je rencontre justement les gendarmes qui vont me reparler de ce pacte de sécurité envers les élus.
Plus de 2500 agressions l'année dernière en France contre des élus. Est-ce que ces comportements, on l'a entendu, la maire de Marsa qui a été choquée, qui a été surprise par cette agression, est-ce que ça vous fait repenser, vous, élu, quand vous candidatez ? Est-ce que ça peut faire renoncer ? Ça a été votre cas, vous étiez candidat à votre réélection en mars dernier, est-ce que vous vous êtes posé la question ?
Alors je me suis posé la question de repartir, mais pas du tout de ce fait-là. Je me suis posé la question de ma légitimité à repartir, des conditions dans lesquelles je repartais, etc. Mais moi, je ne vis pas dans un sentiment de peur perpétuel. Je n'ai pas peur d'aller en mairie, je n'ai pas peur de rencontrer mes administrés. Moi, ça m'est arrivé une fois. Il y a d'autres fois où ça a pu être chaud avec d'autres administrés, mais ça reste quand même très, très ponctuel. Je crois qu'il ne faut pas instiller la psychose parmi nous. Mais effectivement, je pense que peut-être que l'acte qui a été fait contre moi n'était pas violent, d'une violence extrême.
Et donc, je n'ai peut-être pas pu être choqué, je n'ai jamais été jeté à terre ou reçu des coups. Peut-être que si ça avait été le cas, peut-être que je me serais posé la question, effectivement.
Est-ce qu'il faut une prise de conscience générale au-delà de faire des lois, au-delà de faciliter vos rapports, par exemple, avec les forces de l'ordre ? Une prise de conscience générale dans la société ?
Alors moi, je crois que le problème, il est très, très large. Il n'est pas simplement aux élus, parce que la violence, elle n'est pas dans la société qu'envers les élus, elle est envers tout le monde. Je crois qu'on devrait retisser le lien national, c'est-à-dire qu'à un moment, savoir pourquoi on est là ensemble et ce qu'on va faire ensemble, eh bien, on voit bien que ce sont des questions qui n'existent plus. On voit que la société est devenue très, très individualiste et que cette notion de collectif a disparu, alors pour des raisons très, très diverses.
Et je pense qu'il faut retisser ce lien entre tous les gens, entre toute la population, de dire qu'on a un bien commun ensemble, que les institutions sont là pour, eh bien, mettre de l'huile dans les rouages pour pouvoir vivre ensemble. Et je pense que ça, c'est une question de fond. Et j'aimerais bien qu'à un moment, elle soit portée au niveau national.
Merci beaucoup, Loris Lemarec, maire de Coude, dans le Puy-de-Dôme. Merci d'avoir été avec nous ce matin sur ICP d'Auvergne.
Merci à vous. Au revoir. Il est 7h51. Merci d'avoir regardé cette vidéo !