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interviewFrance Inter — Questions politiques· 21 octobre 2018 54 min

Valérie Pécresse prône le doublement des peines pour les crimes et délits commis dans les quartiers sensibles

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter. Bonjour et merci de nous être fidèles tous les dimanches. L'invité de France Inter du journal Le Monde et de France Info, c'est une femme puissante et libre. C'est le nom de son mouvement. Elle est à la tête de la région de loin la plus riche et la plus peuplée de France. Incontournable sur la scène politique nationale et chez les Républicains, c'est elle que nous voulions entendre alors que nous sommes à un moment important du quinquennat d'Emmanuel Macron. La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, s'est installée au micro et devant les caméras de questions politiques pour intervenir l'appli France Inter ou sur Twitter avec le mot-clé QuestionPol.

France Inter. Questions politiques. Alibadou. Bonjour et bienvenue Valérie Pécresse. Bonjour. Beaucoup de questions à vous poser, vous vous en doutez. A mes côtés pour vous interroger l'équipe de questions politiques, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie. Bonjour Alie. Virginie Malingre du journal Le Monde. Bonjour Virginie. Bonjour Alie. Et Karine Bécart de France Inter. Bonjour Karine. Salut à tous. Karine qui fera votre portrait Valérie Pécresse dans un instant. On va revenir d'abord sur une semaine politique assez folle, marquée par la colère de Jean-Luc Mélenchon suite aux perquisitions à son domicile et au siège des Insoumis.

Quand on lit Laurent Wauquiez aujourd'hui dans le journal Le Parisien Aujourd'hui en France, il dit la chose suivante. Tous les candidats à la présidentielle font l'objet de procédures en justice, sauf un Emmanuel Macron, alors que de lourds soupçons pèsent sur sa campagne. Fin de citation. Il laisse entendre que la justice est à la main du pouvoir, au fond un peu comme Jean-Luc Mélenchon ?

1:35
Valérie Pécresse

D'abord, personne n'est au-dessus des lois et effectivement, il faut que la justice soit la même pour chaque Français. Ça vaut pour Jean-Luc Mélenchon comme pour le président de la République. Et donc, c'est important aussi que tous les citoyens aient le sentiment que la justice est la même pour tous.

1:54
Présentateur

Est-ce que vous aussi vous dites, ah tiens, François Fillon, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, mais pas Emmanuel Macron ?

2:01
Valérie Pécresse

Moi, je dis surtout que tout ce que ça donne à voir de la vie politique est extrêmement triste et que je comprends que les Français en soient dégoûtés. Et que c'est très dangereux d'avoir des Français dégoûtés de la politique parce qu'on sait très bien ce que ça fait. Ça fait le lit de tous les extrêmes.

2:16
Présentateur

En clair, est-ce que vous condamnez, ou est-ce que vous qualifiez de cirque ou de théâtre, tout ce qui a pu se passer au moment de la perquisition, les cris d'orfraie de Jean-Luc Mélenchon, la volonté d'enfoncer la porte, est-ce que vous trouvez que c'est désolant comme certains le considèrent ? Valérie Pécresse.

2:32
Valérie Pécresse

Je crois plus profondément que l'hystérisation du débat politique par Jean-Luc Mélenchon est pathétique. Elle est pathétique et elle est scandaleuse. Parce qu'en réalité, elle légitime toutes les formes de rébellion face à l'autorité publique. Et aujourd'hui, quand une bande va venir attaquer ou agresser des policiers, quand un jeune homme, comme ça a été le cas cette semaine, va pointer un revolver contre sa prof, il pourra toujours dire, il pourra toujours dire, mais regardez, je suis un insoumis, je suis comme Jean-Luc Mélenchon, je me rebelle contre cette autorité qui, par définition, est une autorité injuste. Moi, je crois que la police et la justice sont des autorités justes.

Je crois qu'on doit les respecter. Je crois qu'on doit respecter tous ceux qui, dans notre pays, ont le dur travail de faire respecter la loi. Et cette question de l'autorité de la loi, elle doit être au cœur de notre projet commun. Et je trouve, malheureusement, que le gouvernement, de ce point de vue, est trop laxiste. Karine, puis Virginie.

3:31
Invité

Jusqu'au bout, dans les propos que vous tenez, dans ce que j'entends, Jean-Luc Mélenchon, finalement, met en danger la démocratie dans laquelle on vit. Donc, est-ce qu'il a encore le droit, entre guillemets, je vais aller très loin, d'être député ? Est-ce qu'il peut encore représenter la nation quand il boussule les juges, quand il insulte les policiers ?

3:47
Valérie Pécresse

Je crois que, de toutes les façons, il doit faire l'objet de sanctions exemplaires. Vous savez, on est dans un pays de liberté. Donc, on a le droit d'enfreindre la loi dans un pays de liberté, mais il y a une sanction quand on enfreint la loi. Et c'est ça, le sujet. Les Français ne comprennent plus cette montée de la violence utilisée et instrumentalisée par les politiques. Et ça trouble énormément. Et là encore, je le dis, il y a besoin de retrouver la sérénité. Il y a besoin de retrouver un esprit constructif. La France s'est construite sur un ciment. Ce ciment, c'est la loi de la République qui doit être au-dessus de tout. Et personne n'est au-dessus de la loi. Pas M.

Mélenchon, pas Mme Le Pen, pas non plus le président Emmanuel Macron, s'il se trouve que certains de ses ministres, par exemple dans la campagne, ont enfreint les lois.

4:32
Invité

Mais est-ce que vous pensez que M. Wauquiez a raison d'alimenter ce doute sur l'indépendance de la justice en faisant les insinuations qu'il fait dans le Parisien ?

4:42
Présentateur

Valérie Pécresse.

4:42
Valérie Pécresse

Non, le sujet, c'est que nous avons aujourd'hui des ministres qui ont été mis en cause au sujet de la campagne. Je pense à Mme Pénicaud. Et on aimerait bien effectivement savoir ce qu'il se passe aujourd'hui, où en sont les procédures judiciaires. Moi, je crois aujourd'hui à la justice de mon pays. J'y crois et je la respecte.

5:03
Invité

Dans cette affaire, on a le sentiment quand même que Jean-Luc Mélenchon ne va perdre aucune voix aux prochains élections, aux prochains scrutins électoraux. On a l'impression qu'on a basculé en France en pleine dérive populiste. Comment est-ce qu'on en est arrivé ?

5:17
Valérie Pécresse

Moi, je crois l'inverse. Je pense qu'effectivement, je pense malheureusement que ce qu'il fait, c'est mettre de l'huile sur le feu et inciter à la violence une partie de ses sympathisants. Et que ça, c'est une faute politique. C'est une faute politique, c'est une faute morale. Et c'est totalement condamnable. Maintenant, je pense qu'il y a une grande majorité de Français qui sont des Français qui sont révulsés par ce comportement. Et je pense que ça pourra donner lieu dans certains cas. Je pense par exemple aux prochaines municipales. Mais à des touts, sauf la France insoumise.

5:47
Présentateur

Un mot encore sur cette question. Jean-Luc Mélenchon dénonce une opération politique qui est une opération menée par l'Elysée. Et ça rappelle la ligne de défense de François Fillon pendant la campagne présidentielle qui lui aussi accusait un cabinet noir, la présidence de François Hollande, une justice qui aurait été aux mains du pouvoir. Est-ce qu'on peut comparer les deux situations ? Est-ce que vous retrouvez aujourd'hui sous une autre forme, finalement exactement la même chose que ce que déclarait votre candidat pendant la présidentielle ?

6:14
Valérie Pécresse

Ce que je veux dire à tous les magistrats de France, c'est faites votre travail. Faites-le sereinement et faites-le jusqu'au bout.

6:21
Invité

Une réaction quand même à la décision de Marc Ladré-Lacharrière de plaider coupable. Alors je rappelle que c'est un homme d'affaires, que c'est un très proche de François Fillon qui l'avait embauché à la revue des Deux Mondes, son épouse Pénélope, dans un emploi qui avait été dit fictif. Manifestement, là, il décide de plaider coupable. Ça revient à dire qu'il reconnaît les faits qui lui sont reprochés. Un commentaire sur... Est-ce que ça fragilise la défense de François Fillon ? Est-ce qu'à postériori, vous pensez que vraiment, il aurait dû se retirer ?

6:49
Présentateur

Valérie Pécresse ?

6:50
Valérie Pécresse

Je ne fais aucun commentaire sur les procédures judiciaires en cours, jamais. Je considère que la justice est indépendante et qu'elle doit faire son travail dans la sérénité. Ce n'est pas pour commenter en cours de route un procès qui n'a pas encore eu lieu.

7:02
Présentateur

Dont acte votre portrait Valérie Pécresse. Il est signé, c'est la tradition, par Karine Bécard.

7:07
Invité

Vous êtes une femme organisée, Valérie Pécresse, très organisée. Certains politiques surprennent par leurs intuitions ou par leur vraie capacité d'invention. Non, vous vous observez, vous apprenez et puis vous appliquez. Vous êtes une politique redoutablement méthodique. Du coup, c'est ce qui explique votre parcours. Valérie Pécresse est un très beau parcours, mais on ne peut plus classique. À 30 ans, vous êtes une jeune énarque conseillère de Jacques Chirac à l'Élysée. À 35, sans grande surprise, vous êtes immédiatement élu député. Ensuite, vous devenez ministre.

Vous avez 40 ans et vous le restez bien changement pendant 5 ans avant de batailler, c'est vrai, et de finir par décrocher la présidence de la région Île-de-France. Donc, une bonne élève. Voilà ce que vous avez toujours été, qui s'est progressivement imposée et dont personne ne s'est méfié. Pas même François Baroin, comme vous, un ancien Chiracien. Je la trouve courageuse. Je la trouve combattante. Elle s'enferme parfois un peu dans ce rôle de, parce que je suis une femme et que c'est en politique et que c'est un affreux milieu de macho, il faut en faire plus. En fait, vous donnez surtout l'impression de la surjouer, votre féminité. Très souvent, c'est vrai, vous la rappelez.

Et au final, elle vous aura permis, comme à d'autres, de vous faufiler. Cela dit... Ça, c'est hallucinant venant de vous. Mais ce n'est pas grave, allez-y. On en reparlera, juste après le portrait, si vous voulez. Cela dit, je dois reconnaître que c'est plutôt votre sinuosité, Valérie Pécresse, qui m'a interpellée. C'est-à-dire votre capacité, par exemple, à passer du chirakisme au sarkozisme. Ce n'était pas forcément gagné. C'est vrai qu'il fallait oser. Et vous y êtes arrivée. Si, si, remarquablement. Même flexibilité, si vous me permettez. Quand votre filionnisme, apparemment convaincu, s'est transformé, à deux semaines du premier tour de la primaire, en jupéisme.

Sauf que là, vous avez perdu. Jamais vous n'entendrez dans ma bouche un mot qui alimentera la division dans ma famille politique. Vraiment ? Parce que ce qui est embêtant, c'est que, vous dites cela, Valérie Pécresse, le 4 juillet 2012 précisément, six mois avant la création du RUMP par François Fillon. Le RUMP, c'est le parti qu'il avait lancé pour tenter de se séparer de l'UMP. A l'époque, vous étiez en pleine guerre contre Jean-François Copé pour essayer de récupérer la présidence du mouvement. Aujourd'hui, c'est une autre bataille que vous souhaitez mener, cette fois face à Laurent Wauquiez. La preuve, s'il en fallait une, que jamais vous ne désarmez, que jamais vous ne renoncez.

Dommage pour ceux qui, comme Nicolas Sarkozy notamment, ne l'ont jamais compris. Continue, Valérie, à nous appeler en pleine nuit. Continue à nous réveiller si tôt le matin. Parce que tu as l'affaire la plus essentielle du moment, qui est la tienne. J'aime cet engagement qui est le tien. Alors, c'était il y a trois ans, à Nogent-sur-Marne, grand meeting de campagne pour vos élections régionales. Certains diront qu'il est blagueur, là, Nicolas Sarkozy. Moi, je dirais plutôt qu'il est injustement moqueur.

Parce que, de toutes les jeunes ministres qu'il avait nommés dans ses gouvernements, Ramayad, Rachida Dati, Nathalie Kosusko-Morizet, c'est incontestablement vous, Valérie Pécresse, qui finalement, avez su montrer le cuir le plus épais. Maintenant, vous comptiez peut-être sur les élections européennes pour que vos divergences avec Laurent Wauquiez apparaissent de manière éclatante. Mais non, il va falloir encore être un peu patiente.

10:33
Présentateur

Réaction, Valérie Pécresse ?

10:35
Valérie Pécresse

Je suis un peu choquée sur la question de la féminité parce qu'il me semble justement que j'ai passé toute ma vie politique à faire de la politique comme un homme. Et je le revendique, et je l'ai toujours revendiqué. Comme un homme, c'est pas bien ? Comme un homme, ça veut dire, en n'essayant pas de franchir les étapes pour lesquelles je n'étais pas prête, en allant dans le parti, en allant me faire élire sur le terrain, en devenant effectivement ministre avec une réforme, pardon de le dire, qu'aucun homme ne voulait faire à l'époque. Celle des universités ? Celle des universités. Parce que si j'ai été ministre à 40 ans, c'est parce que j'ai accepté un poste dont les hommes ne voulaient pas.

11:09
Présentateur

L'enseignement supérieur ?

11:11
Valérie Pécresse

L'enseignement supérieur avec la réforme des universités qui était un siège éjectable. Donc le sujet aujourd'hui, il est simple pour moi. Tous mes adversaires ont essayé de me ramener à cette féminité. Mes adversaires m'appelaient la blonde. Pendant les régionales, M. Bartholone m'a accusé d'être en serre-tête et en jupe plissée. Donc franchement, véhiculer le fait que c'est ma féminité que j'aurais utilisée pour réussir, franchement, je crois que ça, c'est injuste.

11:35
Présentateur

Ça a changé Valérie Pécresse ? Ça a changé Valérie Pécresse ? On vous renvoie encore et toujours dans cette fin de guerre-là ? Je veux rapporter une histoire

11:42
Valérie Pécresse

très instructive. Mon opposition, dans laquelle il y a quand même beaucoup de féministes, à la région Île-de-France, puisque mon opposition est de gauche, donc les femmes sont censées être féministes. Quand elles sont à gauche, souvent, elles se revendiquent féministes. Quand ils prennent la parole, ils m'appellent Madame la vice-présidente.

12:00
Invité

Pourquoi ?

12:00
Valérie Pécresse

J'ai demandé le leur. Parce que vous ne pouvez pas être présidente ? Parce que je ne peux pas. Parce que c'est le retour du refoulé. Une femme ne peut sans doute pas être présidente de la première région de France. C'est un truc de dingue, mais ça m'arrive pratiquement à chaque séance. En 2017, vous aviez écrit ce livre. C'est l'école du vice. J'appelle ça l'école du vice.

12:18
Invité

Une femme doit être vice-présidente. Être une femme politique, ce n'est pas si facile. Vous réécririez exactement le même aujourd'hui ?

12:24
Valérie Pécresse

Moi, je crois qu'être une femme dans la société française, ce n'est pas si facile. Et je pense qu'en réalité, derrière un discours politiquement correct, d'égalité, etc., en réalité, les réseaux d'hommes sont extrêmement puissants et veillent à bien garder les places. D'ailleurs, j'ai envie de faire quelque chose d'un peu disruptif, comme dirait le président de la République. J'ai envie de publier la liste de tous les postes qui n'ont jamais été féminisés. Balance ton poste. Et un président de la République balance ton poste. Président de la République pour commencer par celui-là. Ça peut vous intéresser ?

Président de la République en est un, mais je pense qu'il y en a encore beaucoup d'autres. Il y a encore beaucoup de bastions dans lesquelles les femmes n'ont pas encore... auxquelles les femmes n'ont pas pu accéder. Je voudrais faire suite au premier. Maintenant, on ne peut plus dire président de Radio France.

13:06
Présentateur

Au portrait de Karine Bécard. Où sont vos relations avec Laurent Wauquiez ? On a eu l'impression que c'était super tendu. Et puis, on a l'impression que finalement, vous êtes de deux droites réconciliables. Est-ce que c'est bien le cas ? Et est-ce que ça peut encore l'être au moment des européennes ? D'abord, j'ai théorisé

13:21
Valérie Pécresse

qu'il y avait deux droites. Et on voit bien aujourd'hui que c'est la vérité. Il y a deux droites. Il y a clairement deux droites. Il y a une droite qui est plus conservatrice, plus identitaire, moins libérale. Et il y a une droite qui est plus ouverte, qui est plus ouverte sur tous les sujets, plus humaniste et qui veut à la fois de l'ordre, mais aussi du social.

13:40
Présentateur

La droite Pécresse et la droite Wauquiez. Ou plutôt la droite Wauquiez et la droite Pécresse.

13:45
Valérie Pécresse

C'est simplificateur de le dire. En tout cas, j'ai théorisé ces deux droites, elles existent et tout le monde le voit bien. Mais j'ai aussi théorisé, Madame Saint-Crie, qu'elles étaient réconciliables. Et à un moment donné, il faudra qu'elles le soient si on veut incarner une alternance à Emmanuel Macron et desserrer, enfin je veux dire même faire exploser l'étau dans lequel rester à l'intérieur c'est une stratégie, c'est pas quelque chose de fond.

14:06
Présentateur

Ah bah si, je reste dans ma famille parce que c'est ma famille. Mais quand Laurent Wauquiez dit un certain nombre de choses et elle est composée sur Victor Orban, vous pouvez pas penser les mêmes choses. Quand on ne reconnaît plus sa famille.

14:14
Valérie Pécresse

Eh bien je l'ai dit, je suis une famille. Vous savez moi, pardon de le dire, j'ai passé l'âge aujourd'hui de faire de la politique politicienne. Ça ne m'intéresse plus. Xavier Bertrand, il est parti par exemple, on peut dire qu'il en a pas fait. Mais moi c'est ma famille politique, je reste. Pardon de vous dire que quand Nicolas Sarkozy avait pris l'UMP, ça n'a pas forcé ni François Fillon ni Alain Juppé à s'en aller. Quand Jacques Chirac était président de la République, Philippe Séguin qui incarnait une autre droite que lui n'est pas parti.

14:40
Présentateur

Vous considérez que ces distinctions étaient de même nature

14:42
Valérie Pécresse

que celles que vous avez avec Laurent Wauquiez-Papille ? Je pense que la droite c'est plusieurs sensibilités. Je pense que la droite ne regagnera qu'en bâtissant un projet d'alternance crédible à Emmanuel Macron et qu'elle ne regagnera qu'en s'élargissant. C'est la phrase que tout le monde connaît de Nicolas Sarkozy. Quand la droite se rétrécit, elle perd. Quand elle s'élargit, elle gagne. On n'a pas vocation à continuer à faire 15%.

15:06
Invité

Alors malgré tout, dans la perspective des Européennes dans sept mois, le nouveau profil de Laurent Wauquiez peut surprendre. Il est finalement moins eurosceptique que prévu. Du coup, vous avez plus de mal à développer votre politique à vous qui est beaucoup plus pro-européenne. Finalement, il vous a coincé Laurent Wauquiez.

15:24
Valérie Pécresse

Non, c'est tout l'inverse. Pardon de le dire. Laurent Wauquiez voulait revenir à l'Europe à six. Il voulait un nouveau traité. Ou à cinq. Un nouveau traité, ce qui était extrêmement dangereux. Parce que si on faisait voter aujourd'hui les Français sur un nouveau traité, moi je pense qu'on aurait le Frexit. Parce que tout le monde, ça deviendrait un référendum anti-Macron. On risquerait vraiment d'avoir une catastrophe. Donc moi, j'ai plaidé pour une liste pro-européenne de droite. Et aujourd'hui, tout ce qu'on me dit, est plutôt de nature à me rassurer. Plus d'Europe à six, plus de nouveaux traités et un tête de liste qu'on m'annonce pro-européen. Donc c'est déjà un énorme mouvement.

Ça vous est dans des accords totales avec Alain Juppé ? Des accords totales avec Alain Juppé, Jean-Pierre ? Pardon, pardon, pardon, pardon de vous dire que ça veut dire quoi ? Ça veut dire que nous avons réussi, j'ai réussi, en tout cas un certain nombre d'entre nous ont réussi à peser sur la ligne politique de notre parti. Et c'est ça l'objectif. L'objectif, c'est d'arriver à construire une ligne alternative à Emmanuel Macron très ferme sur le régalien, très républicaine, parce que moi, toutes les solutions qui sont contraires à l'état de droit, c'est sans moi.

Tous les populistes, c'est sans moi et qui redonnent l'espoir, c'est-à-dire avec cette touche d'humanisme qui nous a manqué dans la dernière prévision. Juppé Rappara, juste une question. Et pro-entreprise, j'ajoute, et non pas protectionniste, antilibéral, etc.

16:48
Invité

Je voudrais revenir sur le vote qui a justement eu lieu au Parlement de Strasbourg au sein du PPE contre les manquements Orban et ses manquements à l'état de droit. Une grande partie des députés issus de LR ne se sont pas prononcés ou se sont prononcés contre ce vote. Vous l'avez condamné, mais du coup, vous, Victor Orban doit rester au sein du PPE et est-ce que vous pensez que LR doit rester dans le même groupe politique que Victor Orban et d'autres ? La stratégie,

17:15
Valérie Pécresse

vous savez, je rentre de Berlin où je suis allée pour rassurer aussi nos partenaires naturels de la CDU sur l'existence d'une droite pro-européenne, très pro-européenne. Pourquoi ? Non pas parce que je considère que l'Europe marche bien. Je considère que l'Europe, malheureusement, elle est victime de sa bureaucratie et de son absence de résultats. mais je pense aussi que face à la menace de Trump qui a dit quand même que l'Union européenne était l'ennemi des Etats-Unis, face à la déstabilisation organisée par Poutine qui soutient l'extrême droite à la fois en France et en Allemagne, face aux vagues migratoires, face au terrorisme islamiste, nous ne pouvons pas faire sans une Europe forte.

Donc, je suis allée en Allemagne pour dire ça. On a parlé d'Orban. La stratégie, elle est simple. Il fallait voter l'article 7 pour mettre Orban sous procédure d'avertissement et d'alerte pour empêcher les atteintes à l'état de droit à Hongrie qui touchent les Hongrois eux-mêmes. C'est bien que ça ne se fera pas. Oui, mais enfin, quand même, le fait d'être sous une réprobation de l'Union européenne, y compris au sein de son propre parti, le PPE, c'est de nature à faire reculer Orban. Moi, j'ai rencontré l'ambassadeur d'Hongrie qui a souhaité me voir pour me rassurer, pour me dire qu'il n'y aurait pas d'atteinte à l'état de droit à Hongrie.

Donc, pardon de le dire, mais on est dans une stratégie de rapport de force. Je préfère que M. Orban reste au PPE et qu'il arrête ces lois qui pourraient être éventuellement liberticides plutôt que d'exclure immédiatement le président de la Hongrie au risque de voir se durcir une extrême droite européenne qui est extrêmement dangereuse pour les démocraties. Je rebondis

18:58
Invité

sur votre déplacement effectivement à Berlin jeudi. Vous l'avez dit deux fois. Déplacement, en fait, souvent, quand les responsables politiques français se déplacent à Berlin, c'est un peu pour se présidentialiser. Vous y êtes allé un mois pile après Laurent Wauquiez. Pourquoi vous avez fait ce déplacement à ce moment-là ? On a l'impression quand même que vous êtes un peu obsédé par Laurent Wauquiez et que vous n'avez pas envie de vous laisser distancer ?

19:20
Présentateur

Valérie Pécresse.

19:21
Valérie Pécresse

Alors franchement, vous y voyez, vous voyez des arrières-pensées derrière tous mes déplacements. Non, la vérité est plus simple. Il fallait que je présente libre et notre démarche pro-européenne, notre mouvement d'idées et notre démarche pro-européenne à un certain nombre d'interlocuteurs qui s'inquiètent en Allemagne de deux choses. l'absence de résultats d'Emmanuel Macron parce qu'une partie de la droite est très pro-Macron à une partie de la droite merkelienne allemande s'est retrouvée dans le discours européen d'Emmanuel Macron, dans son discours réformateur aussi. Et aujourd'hui, ils sont inquiets. Ils sont inquiets pourquoi ?

Ils sont inquiets parce qu'ils s'aperçoivent que derrière le discours réformateur, il n'y a pas de croissance. Derrière le discours réformateur, il n'y a pas de baisse d'impôts, il y a une remontée des déficits. Et donc, ils se rendent compte qu'en réalité, ce président de la République, auquel une bonne partie des électeurs français de droite ont voulu aussi faire confiance, ne mène pas la politique de réforme, de baisse des dépenses. C'est pour ça que j'ai appelé à un big bang de la dépense publique.

Je pense qu'il faut qu'on réduise la dépense de l'État très puissamment, qu'on réduise les impôts, qu'on redonne de l'énergie de la puissance à notre économie, que les Français consomment plus, qu'ils aient plus de pouvoir d'achat, que les entreprises puissent investir plus. Tout ça, ça n'est pas la politique du gouvernement. C'est pour ça que j'ai dit j'appelle à un sursaut

20:46
Présentateur

de réformes en France. Nathalie Saint-Cré. Je voudrais juste savoir si vous n'êtes pas un peu la championne du en même temps vous aussi. Victor Orban, vous êtes pour un avertissement, mais vous considérez qu'on peut le garder au sein du PPE. Comme Mme Merkel, comme le Premier ministre autrichien, comme nos partenaires. Je ne juge pas. Et deuxièmement, sur l'Europe, je reviens deux minutes à la question que j'ai posée tout à l'heure. Vous considérez que Laurent Wauquiez a fait une inflexion et vous étiez au vendange de Bordeaux avec Alain Juppé, et Jean-Pierre Raffin. Alain Juppé a pris des positions qui sont radicalement opposées aux vôtres, manifestement.

C'est-à-dire qu'il ne considère pas que Laurent Wauquiez va faire une liste Europe compatible. Où est-ce que vous vous situez ? Est-ce que vous n'êtes pas amie avec tout le monde, finalement ? D'abord,

21:24
Valérie Pécresse

j'ai une grande estime pour Alain Juppé, pour son parcours. Il se trouve que j'étais sa collaboratrice quand j'avais 30 ans, quand j'étais chez Chirac et que c'est quelqu'un dont j'admire j'allais dire la modération et le concret. Aujourd'hui, c'est vrai, il y a les amis d'Alain Juppé et ils sont dispersés sur le spectre politique. Vous avez Édouard Philippe qui est parti chez Emmanuel Macron, mais pardon de le dire, il est parti avec sa chemise sur le dos. Il n'a pas emporté ses bagages, il n'a pas emporté le programme d'Alain Juppé de la primaire. Il y a des choses. Il y a des choses. Il y a des choses.

22:02
Présentateur

Jean-Michel Blanquer, on retrouve beaucoup de choses qui étaient dans le programme d'Alain Juppé. Écoutez,

22:05
Valérie Pécresse

il n'a pas emporté. Prenons l'immigration par exemple, les quotas d'immigrés, le refus de naturaliser des enfants dont au moins un des parents serait en situation régulière, dont les deux parents seraient en situation irrégulière. C'est le programme d'Alain Juppé, je suis en train de décrire. La restriction de l'aide médicale d'État à des soins d'urgence et sans pouvoir faire du tourisme médical, tout ça, pardon de le dire, c'était dans le programme d'Alain Juppé et aujourd'hui, ce n'est pas ce qui est mis en œuvre par Édouard Philippe. L'état fort d'Alain Juppé n'est pas mis en œuvre par Édouard Philippe.

Les réformes de l'État avec la baisse des dépenses, la baisse du nombre de fonctionnaires n'est pas mise en œuvre par Édouard Philippe. Donc il y a, j'allais dire, des juppéistes en marche, il y a Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin qui essayent de trouver une troisième voie entre les Républicains et En marche. Et puis, il y a des juppéistes qui sont restés aux Républicains et qui considèrent que la bonne stratégie, c'est de reconstruire ce grand parti de la droite et du centre qui était l'intuition de Jacques Chirac qui a été poursuivie et renforcée de manière considérable par Nicolas Sarkozy.

Moi, je suis un peu nostalgique de cette période où on faisait 30% des voix et où on arrivait à réconcilier la droite

23:17
Présentateur

et le centre-droit pour mener une politique. Est-ce que Laurent Wauquiez est compatible avec les 30% ? Est-ce qu'il a une personnalité qui est suffisamment rassembleuse pour justement que votre nostalgie soit rattrapée par le futur ? L'avenir le dira

23:28
Valérie Pécresse

mais vous savez, la politique, ce n'est pas seulement qu'une question de personne, c'est une question d'idées et de propositions. C'est pour ça que je passe mon temps et je vais continuer à mettre des propositions sur la table. J'en mets en matière de sécurité, j'en mets en matière de pouvoir d'achat, j'en mets en matière sociale et j'en mets tout le temps, tout le temps, tous les jours, j'en mettrai des nouvelles parce que je considère qu'abandonner les banlieues, c'est une faute parce que je pense que ne pas prendre la mesure de la montée des violences, c'est une faute parce que je crois aujourd'hui que la France a besoin de se réconcilier et de retrouver l'espoir.

24:00
Présentateur

Un mot encore sur les Européennes. Juste la tête de liste idéale qui serait à la fois qui vous plairait, qui plairait à Laurent Wauquiez, qui plairait à tout le monde, qui serait suffisamment ouverte.

24:09
Valérie Pécresse

Je souhaite une tête de liste pro-européenne, je souhaite aussi une liste renforcée par des personnalités ultra compétentes dans leur domaine et je souhaite enfin un projet construit sur j'allais dire quelques idées-forces. On est en guerre commerciale totale aujourd'hui. Il faut qu'on mette en place une politique de réciprocité, il faut qu'on ait des champions européens, il faut qu'on arrête de faire de la politique de la concurrence, une politique qui met des boulets au pied de nos entreprises, il faut qu'on ait des frontières sûres, certainement pas sortir de Schengen, mais travailler à une vraie politique migratoire commune.

Tout ça, c'est des sujets absolument essentiels et la France doit avoir une stratégie d'influence en Europe. Les Énarques doivent aller à Bruxelles, nos parlementaires européens doivent parler l'anglais. Tout ça, c'est des sujets...

24:56
Présentateur

On en voit à Bruxelles, avant, c'était un petit peu, non pas un dépotoir, mais une espèce d'endroit où on envoyait les gens qui n'avaient pas été capables. C'est joliment formulé.

25:03
Valérie Pécresse

Je suis pour le recyclage, j'allais dire, des déchets. Voilà, sur le terrain, je suis contre les décharges sauvages. Mais non, la vérité, on ne plaisantant pas là-dessus, c'est qu'effectivement, je crois que c'est important qu'on envoie des talents nouveaux et des forces fraîches Brice Hortefeux

25:22
Présentateur

et Nadine Morano ?

25:24
Valérie Pécresse

Je ne fais pas faire une politique anti-sortant, mais la vérité, c'est qu'il faudrait que chaque sortant vienne nous raconter ce qu'il a fait à Bruxelles et qu'on puisse juger ensemble pour savoir si on renouvelle. Vous êtes quand même

25:35
Invité

sur le fond, sur les questions européennes. Et en tout cas,

25:37
Valérie Pécresse

ne laissons pas Emmanuel Macron ni le monopole de l'idéal européen, ni le monopole de l'accession à la politique de la société civile. Parce que nous avons besoin aussi des forces de la société civile. C'est pour ça que j'ai créé Libre. C'est parce que la société civile s'engagera beaucoup plus facilement en politique dans un mouvement d'idées que dans un parti. Mais c'est important la tête de liste. C'est important la personnalité. La tête de liste. Évidemment. Mais je vois d'ailleurs que sur la tête de liste, il n'y a pas que les LR qui ont des difficultés à en trouver une. Tout le monde, oui. Tout le monde. Ce qui d'ailleurs pose un problème.

Vous savez, la politique, aujourd'hui, elle est totalement décrédibilisée. Les partis politiques, malheureusement, ont montré leur plus mauvais visage. Et donc, aujourd'hui, on a un problème de recrutement. On a un problème de recrutement. On a un problème de compétence. On a un problème d'exemplarité de nos politiques. C'est très compliqué aujourd'hui. Vous êtes la dernière

26:25
Présentateur

à y croire ? Vous vous sentez seule ?

26:27
Valérie Pécresse

En tout cas, j'y crois toujours. Et j'essaye de faire émerger une génération de jeunes talents qui y croient aussi.

26:33
Présentateur

Virginie Malingré, en genre de sujet.

26:34
Invité

Si jamais il devait y avoir une liste commune entre La République En Marche et les amis d'Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin, qui portent quand même des idées très proches des vôtres. Je ne sais pas quel sera le programme porté par Laurent Wauquiez, mais est-ce que vous voyez les combattre de manière virulente ? Mais je ne combattrai

26:51
Valérie Pécresse

jamais de manière virulente des idées qui iront dans la bonne direction. Mais attendez, pardon, François Mitterrand était très pro-européen. J'ai voté avec lui sur la monnaie commune, mais en revanche, je n'ai jamais voté François Mitterrand à une élection européenne. Il y avait une liste pro-européenne de gauche, il y avait une liste pro-européenne de droite et l'idéal pro-européen, il doit être incarné à la fois à droite et à gauche. Je vais vous expliquer pourquoi. C'est très simple. Si Emmanuel Macron, aujourd'hui, n'a pas de résultat en matière de sécurité, si Emmanuel Macron continue l'overdose fiscale, il y aura un vote anti-Macron à ces européennes.

Et il faut donc qu'il y ait une autre liste pro-européenne de droite qui soit en opposition contre l'absence de résultats du gouvernement mais qui défendent l'Europe parce que sinon, on aboutira à ce que souhaite Emmanuel Macron. C'est-à-dire, en réalité, moi ou le chaos, moi ou les extrêmes. Je ne veux pas, je veux casser cet étau entre nationaliste et progressiste dans lequel il essaye d'enfermer la droite. Moi, je suis patriote et je suis humaniste. Et c'est ça, la ligne directrice de la droite européenne.

27:57
Présentateur

La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse est l'invité de Questions politiques.

28:02
Valérie Pécresse

France Inter, Ali Badou, Questions politiques.

28:06
Présentateur

Vous parliez de sécurité, c'est évidemment un dossier important, Valérie Pécresse. Vous disiez tout à l'heure que Laurent Wauquiez avait plutôt rejoint vos positions en matière d'Europe. Lui, dans le Parisien aujourd'hui en France, dit qu'il est content que vous, Valérie, ayez rejoint les positions qu'il défend en matière de sécurité parce que pendant trop longtemps, une partie de la droite, et j'imagine qu'il vous y inclut, s'est soumise aux politiquement corrects et a refusé de voir la dégradation de la sécurité.

28:35
Invité

Ça vous laisse sans voix ? Oui, ça vous laisse sans voix. Mais quand même, qu'est-ce qui s'est passé ? Vous avez fait un virage sécuritaire. Mais absolument pas.

28:42
Valérie Pécresse

Non, mais attendez. Ce qui est incroyable, ce qui est bien, c'est qu'il y a évidemment l'authenticité d'une personne et puis il y a la construction fabriquée de cette personne qui ne sont pas toujours cohérentes. Il se trouve que j'ai commencé ma vie politique sous Jacques Chirac. J'étais conseillère pour les questions de sécurité auprès de Philippe Massoni et de Bertrand Landrieu. C'est moi qui, en 2002, au moment du gouvernement Jospin, ai travaillé sur le plan Tolérance Géraud qui a d'ailleurs en partie fait gagner à Jacques Chirac la présidentielle en 2002 puisque vous savez que c'était au moment où il y a eu une montée très très forte de la délinquance.

Non, du sentiment du sentiment Non, non, non, non, on va y revenir.

29:20
Invité

Non, non, non, non, non, excusez-moi, excusez-moi, excusez-moi, on va ressortir les chiffres.

29:25
Valérie Pécresse

On va faire celle de 2018. La délinquance avait progressé à l'époque en 2002 d'à peu près 20% et nous avions, parce que Cheminement avait quitté le gouvernement Revenons en 2018, revenons en 2018. Aujourd'hui ça n'est pas le cas. Non, Virginie, pardon, pardon, pardon. Laissez Valérie Pécresse répondre. En tout cas, vous avez ouvert les yeux, vous étiez soumise au politiquement correct Valérie Pécresse. En 2002, j'étais à l'origine de cette politique Tolérance Zéro, donc je n'ai absolument pas changé de ligne.

Je rappelle qu'en 2015, c'est moi qui ai convaincu François Fillon, en 2017 pardon, c'est moi qui ai convaincu François Fillon de proposer dans le débat la majorité pénale à 16 ans contre l'avis d'un certain nombre de ses conseillers les plus proches.

30:05
Présentateur

Mais ce n'est pas nous que vous devez convaincre, c'est le président de votre parti. Non, non, mais je le dis, c'est lui qui porte une accusation sévère.

30:10
Valérie Pécresse

Non, ces sujets de la sécurité ont toujours été au cœur de mon engagement. D'ailleurs, en 2015, quand j'ai demandé à Frédéric Péchenard, dont maintenant toute la France sait qu'il est mon vice-président à la sécurité, donc tout le monde sait qu'il est mon vice-président à la sécurité, quand j'ai demandé à Frédéric Péchenard de devenir mon vice-président et de venir travailler avec moi, nous avons mis en place pour l'Île-de-France un programme qui s'appelle le Bouclier de Sécurité. Et qui a copié ce programme ? La région Ronald-Pauvergne. Donc je suis ravie de voir aujourd'hui que cette question de l'ordre et de la sécurité est au cœur du programme des Républicains.

Donc c'est Laurent Roquet qui a rejoint vos positions ? Pardon de le dire deux secondes. Moi, je fais des propositions et j'aimerais aujourd'hui avoir des réponses à ces propositions. Et je lis l'interview de M. Castaner ce matin et il n'y a aucune réponse. Quid de la majorité pénale à 16 ans face à des gangs et des bandes de jeunes ? 90 gangs repérés par le ministère de l'Intérieur qui aujourd'hui font la loi dans les quartiers et qui sont composés de jeunes qui n'ont pas 18 ans ? Qu'est-ce qu'on fait face à ça ?

31:09
Présentateur

Ah bah bonne question. On va s'arrêter sur chacune de vos propositions. Parce qu'on a tous vu Valérie Pécresse ces affrontements entre les bandes rivales d'ados. C'est intéressant parce que vous dites

31:15
Valérie Pécresse

chacune de vos propositions. Moi, j'attendais aussi de ma famille politique qu'elle énumère des propositions qui soient respectueuses de l'état de droit et qui résolvent les problèmes. C'est ça que les Français attendent de nous et c'est ça que je vais faire en femme libre. C'est ça que je vais faire en femme libre. Alors, juste un mot

31:32
Présentateur

pour l'affrontement entre les bandes rivales parce que vous parliez de l'abaissement de manière extrêmement violente. Des bagarres qui sont filmées au portable avec un gamin de 12 ans qui est mort dans un combat entre bandes entre Bagnolet et Lélila. Que faire ? Que faire avec, j'allais dire, des jeunes mais ce ne sont pas des jeunes ce sont des enfants Valérie Pécresse abaisser la majorité pénale à 16 ans ça ne résoudra absolument pas ce problème-là ?

31:57
Valérie Pécresse

Déjà, ce sera symbolique. Ce sera symbolique parce que ce que j'entends dire partout c'est avant 18 ans on ne risque rien. Et quand on laisse dire avant 18 ans on ne risque rien ce qui est faux ce qui est faux vous allez me dire c'est faux mais c'est quand même ce qui se dit et ça se dit ça s'entend c'est entendu par les jeunes et qu'est-ce qui se passe dans ces cas-là ?

Eh bien tous les caïds vont recruter des petits ils vont recruter des petits parce que les petits ne risquent rien mais en aggravant les sanctions on est aussi en train de protéger les jeunes parce qu'on leur dit mais attendez vous risquez quelque chose vous n'êtes pas vous êtes responsable un gamin de 12 ans est responsable ce que je propose dans Libre de toute façon s'il commet un crime il sera malheureusement jugé il ne faut pas croire qu'il y a une impunité il ne faut pas croire qu'il y a une impunité parce qu'on est jeune et aujourd'hui le discours qui s'entend c'est celui-là alors il faut qu'on dise qu'il y a des sanctions ce que propose Libre c'est d'inverser la majorité pénale c'est-à-dire de dire on considère que vous êtes majeur à 16 ans sauf si le juge lui-même voit dans votre parcours des circonstances très atténuantes qui font qu'en réalité vous devez être traité de manière plus douce voilà donc je pense inverser pourquoi ?

mais pour donner un signal le sujet c'est de donner un signal de fermeté à ces bandes aujourd'hui une bonne partie de trafic

33:14
Présentateur

vous considérez soit que le gouvernement n'en parle pas suffisamment et donc là vous vous mettez dans une stratégie qui est d'en parler en quoi il y a un signal de l'axisme ? vous avez considéré l'autre jour vous avez même fait une comparaison avec Christiane Taubira comme si le gouvernement Emmanuel Macron était dans une espèce de bienveillance aveugle sur mais non il n'y a pas de problème les français

33:36
Valérie Pécresse

sont fatigués des paroles viriles qui ne sont pas suivies d'actes viriles et je prends le mot viril et je prends le mot viril à des seins mais je vous refais oui mais écoutez comme dirait madame Thatcher quand vous voulez que quelque chose soit dit demandez à un homme Jean-Michel Blanquer il est totalement demandez à une femme Jean-Michel Blanquer et Nicole Belloubet ils ne sont pas des ramollis excusez-moi Jean-Michel Blanquer n'est pas ministre de l'intérieur et quant au plan prison de madame Belloulet moi j'assume de dire que nous avons une politique pénale trop laxiste aujourd'hui le sujet il est simple mais ça ne démarre pas d'aujourd'hui et je dois à l'honnêteté de dire que personne depuis des années ne s'est vraiment intéressé à la question judiciaire moi-même j'ai fait plancher la semaine dernière des magistrats des avocats des policiers des représentants de l'administration pénitentiaire et des représentants des victimes sur cette question de la sécurité ils m'ont tous dit la même chose aujourd'hui on a un angle mort qui est la sanction quelle est la sanction efficace et je revendique de dire à madame Belloubet que le bracelet électronique dont elle fait l'alpha et l'oméga de sa politique de sanction ça ne marche pas vous avez regardé les chiffres de près c'est une provocation de laisser des agresseurs revenir dans leur quartier avec un bracelet électronique qui n'est pas efficace le bracelet électronique il est en général pas géolocalisé quand vous sortez de chez vous on vous appelle sur votre portable pour vous dire de rentrer chez vous nous on a même eu en Ile-de-France un cas où ils sont allés chercher un camion de drogue sous bracelet électronique de l'autre côté de la frontière française voilà le bracelet électronique alors moi je dis il faut des sanctions efficaces et j'ai le courage de le dire dans une France où tout le monde

35:11
Présentateur

détourne les yeux alors je pense que vous avez une vision quand même un petit peu vous considérez que Nicole Belloubet est angélique elle a un certain nombre de points sur lesquels elle ressemble vos propositions ressemblent aux siennes même si on n'en parle pas trop c'est-à-dire qu'elle considère effectivement qu'il faut des diversifications de prison c'est-à-dire qu'on ne peut pas mettre tout le monde dans une même centrale d'arrêt elle propose notamment des structures d'accompagnement vers la sortie pour les moins de un an donc elle est favorable aux diversifications des peines comme vous et sur le bracelet électronique elle dit simplement que quand on prend des délinquants routiers des délinquants financiers je ne suis pas là pour faire l'avocat Madame Belloubet on ne peut pas considérer que toutes les peines se valent et que tous les lieux d'internement sont de la nature là-dessus je la rejoins

35:46
Valérie Pécresse

là-dessus je la rejoins mais sauf que c'est pas du tout

35:49
Présentateur

et qu'elle veut développer les travaux d'intérêt général parce qu'elle considère aussi que c'est une alternative à l'enfermement ou à l'internement qui peut être utile mais alors le problème

35:57
Valérie Pécresse

je rejoins sur la diversification complètement et d'ailleurs je vais faire des propositions sur cette question c'est pas du tout normal qu'on traite de la même façon des radicalisés dangereux

36:08
Présentateur

elle propose 450 places de places de prison pour les radicaliser donc elle ne veut pas vider les prisons comme vous dites bah écoutez pardon

36:16
Valérie Pécresse

arrêtons-nous un instant arrêtons-nous un instant nous sommes dans un pays mais ça fait des années et là-dessus c'est devenu tellement banal qu'on n'y réfléchit plus ça fait des années que dans notre pays on peut être condamné à de la prison ferme prison ferme et ne pas aller en prison moi je ne comprends pas je suis pardon excusez-moi de vous parler peut-être comme comme un huron qui découvrirait la loi française moi pour moi l'autorité de la loi ça veut dire quelque chose

36:47
Présentateur

c'est drôle j'ai l'expression de Laurent Wauquiez le titre de son premier livre publié au moment où il était élu député un héron à l'Assemblée

36:53
Valérie Pécresse

écoutez vous êtes obsessionnel vous êtes en train d'écrire une biographie vous êtes en train d'écrire une biographie j'aime la mémoire

36:58
Présentateur

un rapport très croisé Valérie Pécresse Laurent Wauquiez

37:01
Valérie Pécresse

pardon de vous dire excusez-moi moi je ne suis pas obsessionnel du tout mais en tout cas non mais pardon de vous dire que aujourd'hui ça n'est pas normal quand vous êtes condamné à de la prison ferme vous devez faire de la prison ferme alors on va me dire les courtes peines servent à rien et bien rendons-les utiles rendons-les utiles il se trouve que la région les régions ont récupéré la formation des détenus voilà et bien typiquement c'est peut-être des sujets qui nous séparent mais moi je crois aujourd'hui que la formation des détenus doit être le coeur d'une mission de réinsertion mais simplement je ne crois pas pardon j'ai entendu madame Belloubet dire les courtes peines ne servent à rien pour le détenu peut-être pas non elle n'a pas dit que ça servait à rien elle l'a dit comme ça elle a dit que ça sert à rien

37:43
Présentateur

Nicole Belloubet

37:43
Valérie Pécresse

pardon pardon Nicole Saint-Christ je ne vous ai pas je voudrais finir Nathalie Belloubet

37:48
Présentateur

et Nicole Saint-Christ

37:49
Valérie Pécresse

ça ça pas Nicole Belloubet excusez-moi Nathalie Nathalie Saint-Christ c'est un lapsus non le sujet c'est que ça sert peut-être à rien pour le délinquant mais pensons peut-être à la victime pensons à son quartier pensons à son voisinage à un moment donné il y a des quartiers dans lesquels on vit au rythme de l'incarcération de certains caïds

38:10
Présentateur

elle veut créer pour ça des centres de semi-liberté pour les moins de un mois de manière à non pas les remettre dans la nature du genre il n'y a pas de problème mon petit bonhomme mais au contraire pour en faire ne pas les crimes les rendre encore pires si j'ose dire à la sortie donc ce que je dis ce que je dis aujourd'hui

38:24
Valérie Pécresse

c'est que ceux qui sont condamnés à de la prison ferme doivent aller en prison et que les peines privatives de liberté ont une vertu et une vertu d'exemplarité par ailleurs ce que je dis aussi c'est qu'il faut absolument que nous travaillions à du travail d'intérêt général non pas pour les condamnés à de la prison ferme pardon de vous dire c'est beaucoup trop tard mais pour les primo-délinquants et les primo-délinquants il ne se passe rien des mois avant qu'ils soient jugés des mois et ensuite et ensuite des peines de rappel à la loi d'avertissement ou de prison avec sursis dernière chose sur le sursis un sursis comme dirait Coluche c'est quand on ne va pas en prison quand on n'y va pas le sursis il devrait être levé automatiquement s'il y a récidive or c'est pas le cas aujourd'hui donc on a fait perdre à la peine sa signification et quand on fait perdre à la peine sa signification et bien on se on se retrouve dans la situation où on est aujourd'hui c'est à dire un sentiment généralisé d'impunité

39:21
Présentateur

alors vous avez

39:22
Invité

vous avez effectivement envie de redonner de la force aux peines à tel point que vous souhaitez doubler les peines dans les quartiers criminogènes ça peut paraître un peu surprenant et surtout on voudrait comprendre comment vous allez faire c'est à dire vous allez écrire une carte des quartiers les plus criminogènes c'est possible en droit de faire une chose comme ça ? Alors c'est très simple

39:40
Valérie Pécresse

d'abord oui c'est possible en droit je vais vous expliquer comment mais le sujet il est simple nous avons un ministre de l'intérieur qui vient de démissionner qui s'appelle Gérard Collomb qui en partant a dit il y a dans la république des quartiers perdu perdu pour la république livré aux narcotrafiquants et à l'islamisme radical il part il dit ça il dit on a longtemps vécu côte à côte j'ai peur qu'un jour on vive face à face il dit ça il part il ne se passe rien le président de la république va à la télévision et nous dit je ne change pas de cap alors moi je vous le dis il faut changer de cap et vis-à-vis de ces quartiers il faut y ramener la paix et il faut y ramener l'espoir deux jambes la paix ça veut dire de la sécurité j'ai entendu monsieur Castaner nous dire avec 30 policiers on résout le problème c'est ce qu'il dit ce matin

40:26
Invité

avec 30 policiers

40:28
Valérie Pécresse

de plus dans chaque quartier

40:30
Invité

on voit des résultats

40:31
Valérie Pécresse

dans chaque quartier et bien j'ai je suis au regret de lui dire que ça ne suffit pas il y a des centaines de quartiers je n'ai pas entendu un plan de recrutement de milliers de policiers donc il y a des centaines de quartiers je ne vois pas comment il peut faire uniquement avec une réponse police nationale moi ce que je propose je propose qu'on généralise les polices municipales armées qu'on donne y compris à Paris et ça nécessite une loi qu'on donne à ces polices municipales armées une vraie formation et que ce soit elles qui fassent la police de proximité que la police nationale elle se concentre sur les bandes les caïds le grand banditisme la police nationale moi je vous parle de doubler les peines

41:10
Invité

dans les quartiers particuliers criminels

41:13
Valérie Pécresse

et le sujet c'est la sanction si vous voulez reprendre pied dans ces quartiers pardon de vous dire que moi j'en ai beaucoup dans ma région j'en ai beaucoup et que ce qu'on me raconte aujourd'hui sur ces quartiers dans lesquels les citoyens ne peuvent pas rentrer sans montrer parfois leur carte d'identité parce que c'est des quartiers qui sont verrouillés qui sont fermés bon et bien je le dis dans ces quartiers là on devrait avoir une circonstance aggravante qui permettrait de doubler la peine pour tous les actes qui sont commis dans ces quartiers là parce que c'est comme ça qu'on tapera dur on a une loi pénale qui est plus moins sévère dans ces quartiers là de fait qu'elle n'est dans les autres quartiers

41:51
Invité

vous êtes conseillère d'état Valérie Pécresse c'est pour ça que je le dis

41:54
Valérie Pécresse

valide à votre avis mais bien évidemment les circonstances aggravantes madame Bécart ça existe quand on s'attaque à quelqu'un qui a l'autorité publique ça existe quand on fait quand on commet un acte et qu'on a autorité par exemple sur un subordonné si vous harceler un subordonné c'est une circonstance aggravantes des circonstances aggravantes dans le droit français il y en a pour tout moi je propose une circonstance aggravantes sur certains quartiers parce qu'on est dans du rétablissement de l'ordre dans ces quartiers et ça c'est tout à fait constitutionnel et ça n'empêche pas du tout l'individualisation de la peine c'est juste que c'est une circonstance aggravantes et moi ce que je veux c'est qu'on pense à un moment donné aux habitants de ces quartiers aux habitants de ces quartiers qui vivent dans la peur qui vivent avec des couvre-feux de fêtes qui n'osent pas sortir le soir de chez eux et qui parfois ces vieilles dames à qui on dit va te promener on fait le deal et c'est chez nous ici bah c'est pas chez eux ici c'est le territoire de la république vous faites du Laurent Wauquiez mais absolument pas mais où est-ce qu'il est mais arrêtez enfin vous êtes obsessionnel je fais du Valérie Pécresse

42:55
Présentateur

vous faites du Valérie Pécresse alors vous faites du Valérie Pécresse

42:57
Valérie Pécresse

pardon j'ai pas entendu j'ai attendu aucune proposition aujourd'hui de ma famille politique sur le plan banlieue et la reconquête de ces quartiers et d'ailleurs Eric Ciotti

43:04
Présentateur

dit que votre proposition de doubler dans les quartiers criminogènes ne tient pas debout et que c'est totalement illégal et bah il a tort et bah il a tort

43:12
Valérie Pécresse

qu'il demande aux magistrats aux avocats que j'ai fait plancher encore pas plus tard que la semaine dernière pour la convention quelles sanctions efficaces de libres qui ont tous dit que les circonstances aggravantes ça fait partie de la sécurité et de l'arsenal pénal et j'ajoute que Frédéric Péchenard et moi nous sommes complètement sur la même ligne sur ce sujet j'ajoute que j'ai toute une autre série de propositions y compris pour sécuriser les transports publics et éviter le terrorisme moi je souhaite qu'on légalise et qu'on travaille sur la légalisation de la reconnaissance faciale dans les transports et je souhaite qu'il y ait des peines d'interdiction de transport pour un certain nombre de personnes particulièrement violentes aujourd'hui si on veut rétablir la sécurité moi je ne veux plus que dans ma région les personnes se sentent en insécurité ni dans les quartiers ni dans les transports en commun

44:00
Présentateur

mais Valérie Pécresse il y a une grande manifestation aujourd'hui manifestation contre l'homophobie ça ne concerne pas seulement les quartiers ça concerne parfois le coeur de Paris avec des couples d'hommes victimes d'agressions

44:12
Valérie Pécresse

certains des territoires dans lesquels il faudrait faire des circonstances agréables

44:14
Présentateur

comment y mettre fin ?

44:16
Valérie Pécresse

sur l'homophobie je crois qu'il faut qu'on travaille sur l'éducation nous à la région nous avons une association qui est une association régionale qui s'appelle le CRIPS qui va dans tous les lycées pour parler de ces choses là et pour faire de la pédagogie nous ne travaillons que dans les lycées parce que le rôle de la région c'est dans les lycées il faut commencer dans les écoles dans les collèges là il y a une question éducative primo et deuxièmement il y a aussi la question du respect de la loi de la loi française donc sur ces deux sujets là aussi pardon de le dire il faut rétablir l'ordre républicain la loi de la république doit s'imposer sur tout le territoire et sur l'homophobie il faut une éducation et ça passe et c'est pour ça que la région finance des actions éducatives je reviens juste

45:00
Invité

sur ces histoires de délinquance et de criminalité à vous entendre depuis quelques semaines on a l'impression que ça explose qu'il y en a de plus en plus quand on regarde les chiffres je ne dis pas qu'il n'y a pas de problème mais quand on regarde les chiffres de 2017 à part la délinquance numérique il n'y a pas d'explosion il n'y a pas de bond ça ne baisse pas mais on n'est pas dans une situation incandescente vous attisez ce truc là est-ce qu'il n'y a pas un danger à faire ça ?

45:26
Valérie Pécresse

non non non ça c'est parce que beaucoup de personnes ont détourné le regard et que malheureusement l'actualité tragique des derniers jours a mis le projecteur sur cette question c'est pour ça qu'aujourd'hui les commentateurs les journalistes s'y intéressent moi je n'ai pas changé de discours j'ai commencé à parler de ça en 2002 aujourd'hui au moment de la présidentielle souvenez-vous de Viry Chatillon de la Grande Borne des policiers brûlés donc je veux dire à chaque fois cette question de la sécurité elle se rappelle à nous dès qu'on commence à regarder ce qui se passe dans un certain nombre de territoires qui sont perdus mais l'insécurité elle n'est pas la même partout le problème c'est que ce qu'on est en train de laisser faire c'est un enfermement des délinquants dans des quartiers et ça fait des années ça fait des années qu'on détourne le regard parce que tout simplement les journalistes et les élites n'y habitent pas dans ces quartiers donc il y a une reconquête à opérer je suis contente que Gérard Collomb ait eu la lucidité de le dire maintenant on attend des actes

46:27
Présentateur

alors on va revenir à la capitale à votre région vous avez combattu la piétonisation des voies sur berge le retour vers vous alliez m'interrompre mais vous avez combattu la piétonisation des voies sur berge

46:40
Valérie Pécresse

j'ai combattu la méthode qui a été employée pour piétoniser les voies sur berge j'ai toujours dit que je considérais qu'il était légitime pour des maires de vouloir apaiser la circulation au coeur de leur ville alors on irait vers un rejet

46:52
Présentateur

des recours contre la piétonisation le tribunal administratif de Paris doit trancher d'ici quelques jours est-ce que avec un peu de recul vous dites que Anne Hidalgo a eu raison et que finalement on ne reverra plus de voitures dans ces espaces-là qui sont aujourd'hui réservées aux piétons et aux vélos

47:06
Valérie Pécresse

mais je continue de dire que l'objectif était certainement louable ou en tout cas mais en tout cas peu importe parce que c'était le projet de la maire de Paris et qu'en tant que présidente de région je n'ai pas à m'opposer au projet d'un de mes maires le problème c'est pas ça c'est la méthode et pardon de le dire mais nous les banlieusards nous ne sommes pas des citoyens de seconde zone et comme on n'est pas des citoyens de seconde zone il n'est pas question qu'aujourd'hui on soit soumis à des souffrances parce que uniquement il n'y a pas eu de concertation parce que uniquement on n'a pas fait ça de manière progressive parce que uniquement on s'est dit c'est pas grave s'il y a 10 millions de banlieusards à l'extérieur qui peu ou prou souffrent d'une décision unilatérale de la ville de Paris

47:47
Présentateur

Vous avez perdu le combat ?

47:49
Valérie Pécresse

Je crois que ce que ça a permis de montrer sur les voies sur berge c'est plusieurs choses c'est que d'abord si on veut résoudre le problème de la pollution à Paris il faut travailler avec la banlieue et on ne peut pas faire autrement parce que le problème c'est d'abord de mettre en place une stratégie cohérente parce que déplacer la pollution sur le périphérique ça ne sert à rien je rappelle qu'il y a quand même des habitants le long du périphérique qui souffrent d'encombrements et de pollution qui ont augmenté avec cette décision donc le sujet aujourd'hui il est simple on doit travailler tous ensemble on doit avoir une stratégie cohérente ce que j'ai obtenu grâce à mon bras de fer sur la piétonnisation c'est quand même qu'on ouvre 1000 places de parking alors que la ville de Paris refusait de les ouvrir à demi-tarif pour les habitants de la banlieue pour qu'ils puissent déposer leurs voitures ça n'est déjà un premier signe de considération vis-à-vis des habitants de la banlieue qui aujourd'hui ne peuvent plus rentrer dans Paris

48:42
Invité

alors malgré tout Valérie Pécresse mais ça ne veut pas dire

48:45
Valérie Pécresse

que la pollution n'est pas un sujet primordial pour moi de santé publique ça l'est puisque je mets 20 milliards d'euros sur la table pour faire plus de transports en commun

48:52
Invité

alors sauf que voilà on vous entend beaucoup plus parler là c'était évocateur enfin éloquent pendant l'émission beaucoup plus parler des sujets alors ça vous êtes une femme de droite mais des sujets régaliens et de la sécurité que des problèmes de réchauffement climatique c'est une plaisanterie quelles sont concrètement les mesures que vous prenez pour lutter contre le réchauffement climatique alors que là cette semaine on parlait énormément de péage urbain vous avez encore une fois dit que vous y étiez opposé et que vous vouliez simplement taxer les poids lourds de transit il me semble il y a des mesures beaucoup plus fortes la planète qui est en train de brûler quelle est la planète qu'on va laisser à nos enfants à nos petits-enfants quelles sont les mesures que vous êtes en train de prendre mais pas des petits pas Madame Bécart

49:34
Valérie Pécresse

ça t'a dit surprendre mais je me considère comme une écologiste et quand j'ai été ministre de l'enseignement supérieur c'est moi qui ai demandé à l'académie des sciences de se prononcer sur le réchauffement climatique ce qu'elle n'avait pas fait parce qu'elle était sous l'influence de Claude Haleine

49:47
Invité

mais ça c'est pas des mesures

49:47
Valérie Pécresse

bah excusez-moi de vous dire c'est symbolique et de demander aux climatologues s'ils ont vécu ça comme un soulagement parce que l'académie des sciences a enfin dit qu'il y avait réchauffement et que c'était l'activité humaine qu'il causait la pollution à Paris Madame Bécart en hiver il reste 3 minutes 30% de la pollution à Paris l'hiver c'est les chaudières défectueuses qu'est-ce que j'ai fait ?

j'ai fait une aide au remplacement des chaudières polluantes personne n'en a fait une autre à Paris donc moi je l'ai fait sur les transports j'ai fait un appel d'offres de 1000 bus électriques pour remplacer tous les bus diesel et j'ai fait voter la première parce que mon prédéceur l'aïe pas fait l'interdiction des bus diesel à Paris en petite couronne et dans toute la zone urbaine de la Grande Couronne d'ici 2025 mais concrètement c'est fait ou pas ? bah concrètement c'est fait les 1000 bus j'ai lancé l'appel d'offres c'est le plus gros appel d'offres d'achat de bus électriques pardon pourquoi ils ne roulent pas ?

parce que les dépôts de bus de la ville de Paris ne sont pas aux normes et qu'il n'y a pas de recharge électrique donc moi j'attends de la ville de Paris qu'au lieu de parler ils fassent que la RATP puisse avoir des dépôts de bus et que ces bus puissent rouler mais je les ai commandés ils sont commandés vous parlez de vous dire que l'urgence écologique est dans toutes les politiques de la région je viens de faire une stratégie énergétique dans laquelle j'annonce que la région sera demain décarbonée nous sommes les derniers de la classe pour les énergies renouvelables en Ile-de-France 2% seulement de production d'énergie renouvelable j'ai annoncé un grand plan de développement de toutes les énergies renouvelables de la méthanisation des déchets du solaire voilà pardon mais venez regarder tout ce qu'on fait à la région et vous me jugerez sur mes actes je ne sais pas sur les préjugés juste une petite question

51:16
Présentateur

vous parlez beaucoup de pouvoir d'achat aussi et je ne suis peut-être pas totalement dans la ligne de mon parti quand je vous dis ça

51:21
Invité

non mais c'est bien de prendre des décisions mais c'est bien mais quand effectivement on apprend des bus par exemple

51:27
Valérie Pécresse

20 milliards pour les transports en commun investis par la région

51:32
Présentateur

qui consiste à augmenter de frapper de taxes le diesel et l'essence de manière à ce qu'à terme dissuader les gens est-ce que vous pensez que c'est une bonne chose dans le cadre justement de la lutte contre le réchauffement de toutes les façons il fallait agrover de plus en plus le pouvoir d'achat des gens

51:48
Valérie Pécresse

depuis le scandale Volkswagen il n'y a plus de confiance dans le diesel et je viens de lancer une première mondiale c'est une enquête scientifique sur la pollution des bus diesel qui va peut-être faire grand bruit puisque pendant un an on va tester les bus diesel en circulation comme pour Volkswagen on va tester les bus diesel en circulation et d'ici quelques mois j'aurai la réponse pour savoir si les bus diesel sont vraiment respectueux des normes même si ça grève

52:17
Présentateur

le pouvoir d'achat des citoyens il faut continuer tenir bon c'est-à-dire renchérir le coût de l'essence du diesel de tout en mettant des taxes sur le diesel

52:25
Valérie Pécresse

moi j'aurais plutôt baissé les taxes mais d'une manière générale je pense qu'il faut qu'on baisse les taxes les français sont en overdose ça plombe la croissance et l'emploi dans notre pays donc il faut baisser les taxes mais il faut mettre les mêmes pour le diesel et pour l'essence c'est une évidence pour moi et j'ajoute et j'ajoute une dernière chose vous avez parlé du péage urbain le péage urbain pourquoi je suis contre c'est parce que l'idée c'est de faire un péage urbain pareil toujours pareil le long de Paris ça veut dire en réalité qu'on fait une barrière territoriale et sociale en Ile-de-France et ça je suis contre en revanche

52:55
Invité

mais qu'est-ce que vous faites contre le conducteur qui est seul dans sa voiture il y en a au moins 30%

52:59
Valérie Pécresse

je fais le covoiturage gratuit et subventionné Madame Bécard ça marche très bien on a fait plus 10% de covoitureurs cette année en Ile-de-France pardon de vous dire et je vais faire aussi une autre expérimentation c'est je vais utiliser les bandes d'arrêt d'urgence des autoroutes pour faire rouler des trains de bus propres de façon à ce qu'on puisse laisser sa voiture le plus loin possible avec 15 000 nouvelles places de parking relais pardon j'agis sur tous les leviers tous azimuts pour essayer de protéger Paris de la pollution

53:28
Présentateur

et vous avez prononcé l'arrêt de mort du ticket de métro mais c'est vraiment pour la plaisanterie

53:34
Valérie Pécresse

c'est-à-dire que je souhaiterais qu'on puisse aller à un moment donné vers une tarification plus intelligente où quand on ne prend pas le métro aux heures de pointe on paye moins cher ce qui permettrait de diminuer l'engorgement du métro et que le plus de monde le prenne c'est ça le sujet

53:48
Présentateur

merci Valérie Pécresse merci Alexandre Gillardy à toute l'équipe de questions politiques merci à toutes les trois je vous souhaite une très bonne fin de week-end merci à tous

53:57
Locuteur

merci à tous merci à tous

Valérie Pécresse prône le doublement des peines pour les crimes et délits commis dans les quartiers sensibles — Valérie Pécresse · Pourquijevote