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Discours / meetingyoutube.com· 18 novembre 2018 68 minAutoproduitFond programmatiqueInstitutions & électionsÉducation & rechercheCulture, médias & sportEnvironnement & énergie

François-Xavier BELLAMY - Rencontres Littéraires « Les Idées mènent le Monde » à Pau - 2018

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:46Invité politiqueFait
    « faut-il demeurer ou bien faut-il être en mouvement comme moi dit aujourd'hui où en marche on m'avait dit qu'il fallait pas faire de politique ici mais on va pas en faire on va essayer de prendre de la hauteur ensemble sur les débats contemporains »
  • 7:29Invité politiqueFait
    « c'est la première fois dans l'histoire humaine que les hommes sont responsables de la nature elle-même »
  • 28:32Invité politiqueFait
    « le progrès technique ça n'existe pas en fait il n'y a pas de progrès technique qu'est ce que c'est que la technique la technique c'est un ordre de moyens »
  • 52:17Invité politiqueFait
    « je vois pas les bras qu'ils lèvent si voix la gta v l'écouté votre discours vous n'avez pas parlé d'un mot mais vous n'avez parlé que de cela en réalité ces mots racines ce qui me paraît fondée »
  • 53:01Invité politiqueFait
    « je me sens profondément héritiers de de simone veil lorsqu'elle produit cette magnifique déclaration des droits de l'homme qui s'appelle l'enracinement »
  • 53:41Invité politiqueFait
    « l'homme n'a pas seulement besoin de s'abriter de se loger il a besoin d'habiter le monde et habiter le monde ça veut dire faire toujours plus que se loger »
  • 55:38Invité politiqueFait
    « le beau le bon et le juste sont des valeurs absolues ou est-ce que ce qui est beau bon et juste pour certains ne l'est pas pour d'autres »
  • 57:01Invité politiqueFait
    « le tort du monde contemporain c'est dans cette fascination pour le mouvement d'avoir inclus même la vérité dans le mouvement comme si la vérité changé c'est ce qu'on appelle le relativisme »
  • 58:52Invité politiqueFait
    « la seule question qui se pose c'est est ce que c'est juste et si on défend ses réformes on doit les défendre au motif qu'elles sont justes »
  • 59:28Invité politiqueFait
    « la démocratie avait été inventé dans deux lieux dans l'histoire humaine à athènes et à pau »
  • 1:00:34Invité politiqueFait
    « le but de la politique n'est pas d'imposer son opinion aux autres mais que le but de la politique c'est de vivre un dialogue qui nous permettent de nous approcher tous ensemble avec le plus de chances possibles de ce qui est vrai et de ce qui est juste »
  • 1:01:16Invité politiqueFait
    « le bien le vrai le juste ne sont pas des valeurs de hors jeu je suis assez réticent à travers de cette idée de valeur le propre des valeurs c'est que ça fluctue »
  • 1:02:10Invité politiqueFait
    « la demeure individuelle et la demeure collective sociétal qui prend sa dimension politique »
  • 1:02:55Invité politiqueFait
    « le sens de la demeure commune semble peut-être s'effacer se défaire tout se passe comme si la politique était le lieu de l'opposition des communautés d'intérêt »

Temps de parole

  • François-Xavier Bellamy97 %
  • non_speech3 %

≈ 0,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:05
Non speech

[Musique] [Musique] [Musique] [Musique] [Applaudissements]

0:58
François-Xavier Bellamy

bonsoir mesdames et messieurs ou plutôt bonjour qui n'est pas si tard que ça et je voulais vous dire quel était mon plaisir personnel et j'imagine le vôtre puisque vous êtes venus pour écouter cette conférence de rencontrer xavier françois bonamy parce que c'est le prototype de l'esprit bien formés la belle intelligence et la formulation claire des choses difficiles donc nous avons devant nous un jeune professeur de philosophie de 33 ans et qui incarne me semble-t-il l'excellence française en la matière et peut être aussi est-il un de ses héritiers dans bourdieu a pourfendu la nature et qui a traumatisé des générations de lecteurs voire d'enseignants pendant des années avec la force de sa toile analyse sur la transmission de la culture sur le capital culturel qui s'avérait discriminant et qui faisait en sorte que les des hommes et les femmes n'étaient pas égaux devant l'éducation et qui fera que cette réflexion-là occupera beaucoup d'esprits et j'ai été très étonné très heureux de vous découvrir mois à travers ce premier livre que vous avez écrit qui porte sur la transmission justement mais je voudrais dire aussi que petite conversation nous avons eu tout à leur ensemble j'ai vu dans vos yeux l'amour de la philosophie et l'amour de l'enseignement de la philosophie et j'ai vu que vous étiez quelqu'un d'attaché à l'enseignement ce que vous enseignez encore que vous aimez enseigner et que non seulement vous enseigner mais un petit peu comme on ferait avec d'autres d'autres perspectives vous avez passé le cap de la de la classe de la salle de classe pour aller dans la cité de différentes manières d'ailleurs parce que vous avez aussi eu un rôle dans la cité tant que qu'élu municipal à versailles mais mais que vous avez été dans la cité et dans seulement aujourd'hui vous animez toutes les semaines je crois ou tous les mois je sais plus toutes les semaines des semaines des conversations philosophiques au théâtre saint georges à paris et que la philosophie passe par le théâtre pour les amateurs de la philosophie antique et pour les amateurs de théâtre et je me situe parmi ceux là je trouve ça très touchant parce qu'effectivement ces deux matières ces deux univers honte à voir l'un avec l'autre je disais à l'instant que le fait que vous ayez traiter cette question avec un livre dont le titre man m'avait alerté quand je les lui qui était les déshérités a fait que bon il fallait absolument que j'aille voir s'il y avait dedans et j'ai trouvé que votre approche de la question était extrêmement lumineuse et parfaitement au centre du sujet puisque vous avez traité de la question de l'héritage les héritiers bourdieu et passeron je faisais allusion et quelle était la conséquence c'était le déshérite âge et vous développez une cette idée dans ce lire qu' il y avait il y a eu une génération la mienne par rapport à la vôtre la mienne un petit peu avant qui a refusé de transmettre car renoncé à transmettre et c'est vrai dans le champ de la philosophie c'est vrai dans le sens de la culture dans le champ de l'enseignement et cette question là me semble avoir été formulée pour la première fois avec une acuité extraordinaire et si je ne pouvais me permettre de vous donner un conseil c'est ce livre qu'il faudrait commencer à lire me semble-t-il parce qu'il touche à l'essentiel de cette question car en fait je m'aperçois que le second livre c'est encore une histoire de transmission ce livre dont le nom est demeure d'ailleurs qui me qui m'a alerté quand j'ai lu j'ai trouvé très beau quand vous offre la collection rouge de grasset parce qu' il y en a des bouquins important là cette collection et demeure du vide hier mais demeure c'est quoi c'est la maison c'est le la demeure des rois la demeure où l'on vient se reposer s'il y avait eu un point d'exclamation ç'aurait été une injonction demeure et pour quelqu'un qui pourfend le mouvement et qu'ils aient de sortir de la logique des mouvements ça avait du sens d'autant plus que vous dit quelque part que andré gide disais ne meurt pas voilà donc je vous pose la première question faut-il demeurer ou bien faut-il être en mouvement comme moi dit aujourd'hui où en marche on m'avait dit qu'il fallait pas faire de politique ici mais on va pas en faire on va essayer de prendre de la hauteur ensemble sur les débats contemporains et je crois qu'on en a besoin et c'est d'ailleurs ce que nous offre ce moment que nous partageons et l'occasion de cette rencontre et je voudrais commencer par vraiment vous remercier pour votre invitation a remercié tous les équipes qui portent l'organisation de ce bel événement vous remercier tous ceux ci d'être d'être si nombreux ce qui me touche beaucoup bien sûr je suis très marqué par les mots aussi bienveillant vous avez prononcé je ne suis pas sûr d'être à la hauteur de tout ce que vous avez dit mais ce qui compte le plus c'est que nous puissions chacun là où nous sommes avec notre intelligence tenter de contribuer à réfléchir à ces grands enjeux qui traverse le monde contemporain est derrière ce mot de 2 meur il y avait en effet peut-être la totalité de la petite contribution que j'ai essayé d'apporter ce mot a été l'occasion d'une vigoureuse polémique avec mon éditeur qui ne voulait pas de ce titre j'ai réussi à emporter la décision on peut au dernier moment j'en suis très heureux parce que ce titre demeure ils dit vraiment la réponse à la question que vous venez de poser faut-il être immobile ou faut-il bouger c'est exactement dans ces termes là que le débat nous est proposé aujourd'hui c'est dans ces termes là que nous sommes confrontés à la plupart des grandes questions que nous allons devoir prendre en charge qui sont des questions politiques au sens le plus fort du terme bien sûr je pense par exemple à la question de l'avenir de notre pays à la question de l'avenir de notre continent de l'avenir de l'europe dans le monde de demain la mondialisation de fête impose son rythme à nos décisions et nous sommes sommés d'être adaptable et de suivre les cadences qu'elle nous impose mais nous n'avons pas seulement devant nous la responsabilité de nos institutions nous n'avons pas seulement devant nous même la responsabilité de notre culture et vous avez parlé de ses prises de la transmission nous avons même devant nous la responsabilité de notre nature chose inouïe c'est la première fois dans l'histoire humaine que les hommes sont responsables de la nature elle-même oui pendant des millénaires il a pu sembler aux hommes que les affaires humaines consistait à tenter de s'orienter le mieux possible à l'intérieur de ce monde mais que ce monde lui il allait continuer à durer quoi qu'il arrive que le cycle des saisons reviendrait éternellement que la nature dans sa stabilité imposé une forme d'humilité à nos pauvres action humaine est bien pour la première fois dans l'histoire nous avons aujourd'hui par le pouvoir technique tout à fait inédit qui est entre nos mains la capacité de détruire peut-être la survie même de cette nature en tous les cas de la perturber de polluer la nature de la déséquilibrer d'une manière tout à fait inédite et donc nous avons devant nous la responsabilité de la nature-même nous aurons devant nous chose inouïe je terminerai par là nous aurons devant nous selon toute probabilité dans les années dans les décennies qui viennent nous aurons devant nous à décider de l'avenir de la condition humaine elle-même la question du transhumanisme la question de l'intelligence artificielle la question de l'homme augmenté la lutte contre la mort tout cela est une forme de rupture avec toute l'histoire humaine parce que dans l'histoire des hommes nous n'avions pas le pouvoir ni de détruire l'humanité ni non plus de la transformer je relisais récemment vous parliez de théâtre antique je lisais récemment une des pièces de sophocle dans laquelle un aéro s'emporte contre eux s'est lui dit the espèce de quelle chose étonnante as-tu et quelle catastrophe a tu causes et en inventant cette réalité étonnante et si embarrassante que l'on appelle la femme et quelle malédiction que même nous les héros grec nous soyons obligés de passer par elle pour avoir des enfants avec tout ce que ça suppose d'encombrement et de difficultés parce qu'au fond on a beau être des héros on n'y comprend rien du tout et bien pour la première fois je me disais en lisant ce texte pour la première fois nous sommes en train de nous poser la question de savoir si il faut que par le jeu de la technique par le soutien du droit que nous puissions donner la vie sans avoir besoin de passer par l'autre c'est une question qui est posée je ne prétends pas là répondre ici mais la question est posée elle est vertigineuse en soi et devant toutes ces questions voilà comment le débat est configuré on nous dit faut-il bouger ou faut-il rester immobile voulez vous aller de l'avant on voulait vous retournez en arrière est-ce que vous acceptez pardonnez moi on est presque des transhumants non c'est pas encore guérir les mauvaises grève qui dure un peu est ce que vous voulez choisir résolument avec enthousiasme ce qui va arriver ou est-ce que vous êtes trop peureux et que vous voulez retourner en arrière moi je crois que le débat est mal posée et le mot demeure il me paraissait correspondre à lui tout seul à cette intuition que je voulais défendre je ne crois pas qu'il faille arrêter le mouvement pour répondre à votre question d'ailleurs on ne peut pas arrêter le mouvement la vie humaine est faite de mouvements elle est faite de changements je crois en revanche que la question et vers où se dirige les mouvements que nous décidons quels sont les buts que nous voulons poursuivre qu'est-ce que nous tenons comme étant bon et juste et qu'est ce qui nous paraît être mauvais et injuste et encore une fois en disant cela je ne prétends avoir résolu aucune des questions que je viens de poser avec vous mais simplement peut-être avoir tenté d'apporter ma petite pierre pour que le débat soit mieux poser la question n'est pas l'opposition entre ceux qui veulent d'un côté bouger changer avance et ceux qui veulent être en mouvement ce qu'ils veulent être en marche pour reprendre votre expression et de l'autre côté ceux qui ne veulent pas bouger et ceux qui veulent être immobile ceux qui veulent revenir en arrière le débat doit se faire autour de cette seule et unique question qu'est ce qui est juste qu'est ce qui est bon qu'est ce qui est vrai or le propre du juste et du vrai et du bon c'est qu'il ne change pas avec l'afflux des opinions pour le scientifique cherche à connaître la vérité sur l'univers il ne cherche pas à faire du nouveau il ne veut pas bouger pour bouger si einstein est un progrès par rapport à newton c'est pas parce que einstein est nouveau c'est parce qu'il s'approche de la vérité de l'univers que newton avait entrevu mais que la proposition d'einstein nous permet de mieux comprendre encore et donc c'est lorsque nous nous approchons de quelque chose qui ne change pas que nos changements ont du sens c'est lorsque nous marchons vers un but fixé stable que notre marche trouve son sens et la marché en disant cela je n'ai pas du tout l'intention polémique il s'agit pas du tout parlé d'un parti ou d'un des on-dit pas partie ont dit mouvement aujourd'hui il s'agit pas de parler d'un mouvement particulier parce que toute la vie politique française est saturé par cette fascination pour le changement comme un but en soi souvenez-vous 2012 le changement c'est maintenant et 2007 c'était la rupture comme si le changement était en soit le but que nous pouvons chercher or il me semble que nous ne pouvons donner 200 ch changement que lorsque nous le dirigerons vers quelque chose qui demeure est la demeure n'est pas l'immobilité tous ceux qui parmi vous ont une demeure tous ceux qui parmi vos ont une maison savent à quel point entretenir une maison faire en sorte qu'elles tiennent debout faire en sorte qu'elle soit le lieu où vit en foyer animé est vivant et aimant que tout cela est une énergie de chaque jour un travail incroyable est que pour que la demeure tiennent debout il faut faire beaucoup d'efforts il faut changer beaucoup de choses si vous changez pas la toiture de temps en temps vous êtes sûr que la demeure va finir par s'écrouler donc il n'y a pas d'un côté le parti du mouvement et de l'autre côté celui de l'immobilité et personne d'ailleurs ne devrait par peur de ce qui nous est présenté comme des progrès se définir lui même comme étant un partisan de l'immobilité ou du retour en arrière la seule question que nous devons nous poser et c'est la seule configuration possible pour les débats qui nous attendent c'est qu'est ce qui est bon et juste et ce qui n'est pas bon et juste n'est pas bien que ce soit nouveau n'est pas nécessairement un progrès tout ce qui est nouveau n'est pas nécessairement un progrès voila voila l'intuition je voulais proposer à travers de moeurs qui vous l'avez dit est un mot et qui désigne cette magnifique réalité de la demeure qui donne sens à nos vies donne sens à nos mouvements quoique nous puissions voyage et nous avons tous une demeure qui habitent ce monde qui fait que ce mandat un sens cette magnifique intuition qui tient aussi évidemment dans une forme non pas d'injonctions mais d'invitation si vous voulez ou d'appels de supplique que je me lance à moi-même d'abord le premier si nous pouvions réapprendre un peu à demeurer sans avoir peur de passer pour des demeurés si nous avions peur si nous étions capables de de reprendre un peu de temps en temps conscience de ces points fixes qui structurent notre existence et qui lui donne sa signification alors sans doute déjà le monde irait un peu mieux et alors ce qui me frappe dans ce que vous dites l'instant c'est que ce questionnement là qu'apparaît site si précisément moderne si actuel si préoccupant aujourd'hui bas au fond c'est le même que celui qui divisait les citoyens dans l'athènes du 4e siècle c'est la même chose les mêmes les mêmes débats sur le lettre qui reste stable le lettre le monde qui passe le fameux panta rei de da d'héraclite c'est donc comme si rien n'avait changé quant à vos questions sur le vrai le bon etc sont des questions éthiques donc vous nous donnez tout d'un coup à entendre que cette intuition elle est au fond traversent les siècles et que c'est la même et c'est peut-être la raison pour laquelle quand on vous lit on découvre que il y à un étayage philosophique à ce que vous dites qui empêche que ce que vous dites ce soit des opinions mais qu'elles viennent du plus loin et d'une articulation intellectuelle qui est parfaitement fondées j'aurais aimé puisqu'on année là que vous fassiez ce pont puisque vous le faites si bien de fait c'est à soi seul quelque chose qui nous permet de perdre soudainement toute espèce d'orgueil contemporain dans l'idée que nous avons tout inventé que nous sommes le sommet de l'histoire humaine celui une certaine vision de l'histoire qui est habité par la certitude du progrès et qui par conséquent induit l'idée que nous sommes le sommet de l'histoire et que demain ce sera forcément encore mieux en réalité c'est vrai que nous sommes d'abord des héritiers qui s'ignore est ce que j'avais essayé de montrer dans les déshérités c'est vrai que cette question du mouvement je dirais pour répondre à vos questions qu'elle est à la fois très ancienne et très nouvelle elle est très ancienne parce qu'elle a construit la conscience occidentale le monde occidental à travers la philosophie grecque s'est structurée autour de la question du mouvement qui est même antérieur à la philosophie c'est le débat archaïque pourrait-on dire c'est à dire fondateur a littéralement entre parménide et héraclite parménide c'est celui qui affirme que comme l'être et comme il faut comprendre la réalité du réel alors le changement ne peut être qu'une illusion parce que qu'est-ce que ça veut dire le changement ça veut dire que ce qui n'est pas de vient de l'être c'est pas possible après par mais ni de ses disciples comme et non par exemple vont faire tous les efforts logique possible pour nous montrer que le changement ça n'existe pas accès d'une fiction que rien ne change jamais que tout demeure toujours identique que tout est toujours pareil à quoi répond la perspective d'héraclite que vous connaissez sans doute qui nous dit que tout s'écoule titre et mini sens de vos années de terminale peut-être tout s'écoule panta rei que tout c'est cool que la réalité est semblable à un fleuve quand vous passez au dessus d'un fleuve je passais au bord de la seine un livre ancien sous le bras le fleuve est pareil m à peine il s'écoule et ne tarit pas comme dit apollinaire dont on a fêté l'anniversaire de la mort récemment quand nous passons au bord d'un fleuve nous disons à le fleuve est toujours là le gave coule toujours mais en réalité le sentiment que le gave et là est une illusion parce que les eaux du fleuve elles sont passées depuis très longtemps vous passez un jour et le lendemain ça n'est plus du tout la même eau l'impression que le fleuve demeure est une impression illusoire alors qu'est-ce qui est illusoire est ce que c'est le mouvement où la stabilité les et fascinant parce que cette question elle date de cinq siècles avant jésus christ et à dire qu'elle a vingt-cinq siècles aujourd'hui est au fond le débat qui habite l'inquiétude des hommes autour de la question du mouvement ce débat nous en hérite ont profondément en même temps la question est aussi profondément nouvelle parce que pendant des siècles même pendant des millénaires la conscience humaine a été habité par la certitude que même si beaucoup de choses changent et à la fin tout se diriger vers une espèce de point d'aboutissement de point fixe ce qu'aristote appeler un lieu naturel pour la physique d'aristote cette bouteille c'est un corps lourd et donc elle veut comme tous les corps lourd aller vers son lieu naturel et son lieu naturel c'est le bas si je lâche cette bouteille d'eau elle va faire ce qu'elle a envie de faire là je l' empêche de le faire et c'est pour ça qu'elle me résiste hoyé elle exerce sur moi une certaine pression qui est le signe de sa volonté d'aller vers son lieu naturel et si je la laisse faire elle va vers le bas et là elle ne tombera pas plus bas elle est bien comme ça elle est heureuse elle est arrivée dans son lieu naturel et à quoi ce qu'on reconnaît quelque chose qui est dans son lieu naturel on le reconnaît au fait qu'il est en repos toute chose qui est en repos et accompli dans son être achevée tout ce qui est en mouvement est en train de s'accomplir il ya peut-être des jeunes dans cette salle qu'est ce que ça veut dire être jeune dit haristoy quatre jeunes ça veut dire est en train de changer on change très vite quand on est jeune on grandit et une fois qu'on a fini de grandir on a fini sa croissance on est devenu un adulte et la voilà on est achevée on est un homme accompli on est une femme accomplie de telle sorte que dit aristote plus on vieillit plus on a de chances d'être accomplie plus on vieillit plus on a de chances d'être heureux eh bien nous vivons dans un monde qui a renversé cette perspective la modernité qui est le monde dans lequel nous vivons l'étape de la conscience humaine et de l'histoire humaine non dont nous sommes solidaires la modernité c'est celle qui à partir de la révolution scientifique notamment découvre qu'il n'y a pas de point fixe dans l'univers il n'y a pas de lieu naturel pour galilée pour copernic pile puisque la terre tourne autour du soleil tout ce que nous croyons être immobile en réalité se déplace et nous ne disons que c'est ea mobile que pour une seule raison c'est que ça se déplace à la même vitesse que nous là vous pensez que vous êtes tranquillement immobile confortablement installé dans votre fauteuil ici dans ce palais beaumont mais attention vous ne croyez que vous êtes en repos que parce que le fauteuil sur lequel vous êtes assis tourner exactement à la même vitesse que vous au milieu d'un univers potentiellement infinis accrochez-vous bien vous êtes en train de vous déplacer à des centaines de km h surtout ne lâchez pas votre fauteuil et donc ce que montre la modernité c'est que tout ce que nous croyons immobile en fait en train de bouger et la modernité c'est le triangle d'héraclite en quelque sorte tout s'écoule tout bouge on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve il n'y a plus de point fixe à chercher ses hommes ce qui nous dit la vie humaine peut être comparée à une course mais c'est une course dans laquelle on n'a pas d'autre but que de devancer perpétuellement ses concurrents c'est une course dans laquelle on n'a pas d'autre but que de devancer perpétuellement ses concurrents quelle image incroyable de notre vision de la vie de notre vision de la vie professionnelle de notre vision de la vie en société de notre vision de la vie personnelle et collective c'est une course dans laquelle on n'a pas d'autre but que de devancer perpétuellement ses concurrents nous ne savons plus dire où nous conduit notre course nouvelles sont d'ailleurs notre vie à courir j'espère si vous avez remarqué à quel point la course a envahi nos vies nous passons nos journées à nous plaindre que ça court tout le temps mais dès qu'on a fini de travailler on va faire des footings on va courir tourner en rond d'ailleurs vous le remarquez avec moi pour revenir au même endroit mais enfin il faut courir et le week end vient nous réclamant de pouvoir aller faire nos courses même le dimanche dans les supermarchés saisir la course est devenue une métaphore de l'existence et la modernité s'accomplit je crois sur le plan politique précisément maintenant y'a pas entrer longtemps les hommes ont couru mais il avait encore un point d'arrivée pendant très longtemps le consensus religieux a prédominé et donc on avançait encore malgré tout dans la mobilité de c'est ici bas vers un au-delà qui était la patrie éternelle qui était donc un point d'arrivée et puis ensuite la religion a perdu son importance à l'intérieur de la société elle a été remplacée par des grandes idéologies les grandes idéologies voulait tout changer mais elle aussi avait un point d'arrivée un marxiste voulait faire la révolution il voulait tout changer mais faire la révolution c'était faire la lutte finale d'hier après la révolution c'était fini c'était la fin de l'histoire on entrait dans ce que hegel appelait le dimanche de la vie à une espèce de moment où il allait plus rien se passer en tous les cas les grands mouvements serait terminée ce serait le grand soir et après le grand soir ce serait la fin de toutes les péripéties de l'histoire et donc les grandes idéologies avait encore une destination elle avait encore un point d'arrivée elle voulait que notre mouvement est un sens par quelque chose qui lui mettrais fin on fait pas la révolution on indéfiniment pour un marxiste ça s'arrête un jour et puis le mur de berlin s'est effondré les grandes idéologies ont chuté avec le fracas conseil et maintenant nous vivons je crois pour la première fois dans l'histoire de la modernité une sorte d'accomplissement et de crise de la modernité nous voulons toujours tout changer nous voulons l'innovation la disruption le changement le mouvement nous voulons précisément être en marche pour être en marche ne savons plus du tout quel serait le point d'arrivée auxquels nous pourrions nous dire voilà nous sommes arrivés et c'est vrai de tous les aspects de notre vie encore une fois c'est pas seulement une question politique jeu je parlais il ya quelques jours à à des coachs en management jean faure sérieux qui me disait attention aujourd'hui c'est très important de faire la pédagogie du changement parce qu'une entreprise pour survivre elle se transforme totalement tous les 18 mois aujourd'hui ça veut dire qu'un chef d'entreprise ne peut pas dire à ses salariés écoutez nous allons faire des efforts parce que nous avons des choses à changer mais quand les efforts seront fait nous pourrons nous dire que nous sommes arrivés à ce que nous avions visé nous pourrons continuer notre travail continue de faire ce que nous avons faire mais nous n'aurons plus besoin de tout transformer non aujourd'hui nous vivons dans un monde où tout doit se transformer tout le temps et la marche et de ce point de vue là devenu un buteur moi je crois que là l'accomplissement de la modernité c'est à dire l'accomplissement du triomphe du mouvement il n'y a plus rien qui soit immobile tout est toujours en mouvement le mouvement et la fin ultime je crois que le triomphe du mouvement est en même temps la crise du mouvement parce que courir pour courir ça n'a en fait aucun sens vous pouvez faire courir des joueurs de football vous pouvez les faire courir longtemps et très vite en leur disant on va gagner la coupe du monde peut-être que vous n'avez pas la gagner d'ailleurs mais enfin ce but donne un sens à tout l'effort que vous faites mais les joueurs qui vont en réussit ne disent pas à vous allez faire quoi bon on va courir très vite non ils disent on va pour gagner la coupe du monde et nous ne savons pas quelle est notre coupe du monde en quelques sortes on nous dit qu'il faut changer qu'il faut se réforme et qu'il faut se transformer on nous parle de disruption d'innovation nous parle de réformes perpétuelles mais nous ne savons pas exactement vers où aller et d'une certaine manière ce qui manque à notre monde héraclite et 1 et de ce point de vue là rien n'est nouveau c'est peut-être la conscience de ces demeures que la conscience humaine installe précisément bien sûr que du point de vue physique tout bouge il n'en reste pas moins que nous sommes capable d'habiter le monde c'est-à-dire d'installer dans le monde quelque chose qui dépasse le flux de la matière et les fluctuations des atomes pour que nous puissions nous repérer dans cet univers en mouvement et à travers ses grands repères donner sens à tout changement alors vous écoutant je me dis mais alors il nous plonge en plein déterminisme d'un nous sommes en porter par ce port ce mouvement et puis on ne va pas il va pas y échapper et puis je me dis mais attends mais tout de même le progrès ça signifie quelque chose on appris des choses on a réussi à comprendre déjà le mouvement c'est pas mal on le malgré tout ceux qui ont inventé la modernité ont inventé aussi la conscience la conscience de soi et donc on a pu avancer un petit peu avec un ayant conscience de ce que nous avons fait de ce que nous faisons on a eu des progrès un philosophe bien plus âgée que vous qui s'appelle michel serres sortait un petit livre orly c'était mieux avant non c'était pas mieux avant c'est mieux maintenant la santé est meilleure le décor n'en répare les vivants aujourd'hui la plaignante pensez vous que il y a une limite au fait de réparer les vivants d'améliorer la vie les conditions de vie de régler les problèmes de la survie en temps de démographes de démographie galopante ou bien vous pensez vous que il eût été mieux que nous restions dans notre chambre comme dit pascal il ya beaucoup de questions de votre question mais des questions qui sont passionnantes et je reviendrai à la question du déterminisme dans un instant mais pour l'instant arrêtons nous un instant s'il voulait sur le sentiment que nous avons fait des progrès et bien sûr le fait que l'humanité puisse progresser est un signe de l'humanité je veux dire par là que nous avons cette différence massive par rapport au règne animal loyer le règne animal à quelque chose de cyclique bien sûr la conscience de l'évolution des espèces avec cuvier avec darwin évidemment avec tant d'autres nous a permis de comprendre que le vivant lui aussi était capable d'adaptation pour évoluer dans son milieu mais l'humanité a une capacité d'apprendre qui est infiniment plus grande qui nous rend plus plastique que toutes les autres espèces si bien que nous ne nous laissons pas avoir continuellement par les mêmes défauts que nous tentons de les réparer de les améliorer que nous parvenons précisément à améliorer notre vie à réparer les vivants pour reprendre votre belle expression bien sûr nous avons fait des progrès mais ces progrès sont toujours des progrès par autre chose que la seule nouveauté ce que j'essayais de dire tout à l'heure ils sont les progrès en tant qu il nous approche d'un but qui lui même est fixé stable prenant cependant la question politique par exemple l'humanité a petit à petit pris conscience pour une immense partie d'entre elles que l'esclavagé était un scandale et une faute contre la dignité humaine et donc nous avons aboli l esclavage c'est un progrès c'est pas un progrès parce que c'est nouveau c'est pas un problème parce que c'est une vérité nouvelle en tant que telle la vérité elle n'a pas changé les esclavages a toujours été une atteinte à la dignité humaine toujours même quand toute l'humanité pratiquait la chose que ponot a mis les grecs ça ne les choquait pas mais c'était pourtant une injustice et c'était déjà une injustice l'esclavagé n'a jamais été juste même quand tous les grecs le penser même quand aristote quelle quelle tristesse démontré que l' esclavage c'était tout à fait normal et naturel et qu'il fallait continuer de le pratiquer aristote se tromper quand toute l'humanité pensait que la terre était immobile et que le soleil tournait autour d'elle la terre tournait déjà autour du soleil galilée n'a pas fait tourner la terre il s'est rendu compte qu'elle tournait mais ne fallait-il pas le progrès technique pour remplacer les lavages et faire en sorte que l'on puisse avoir une belle âme parce que on avait résolu les problèmes matériels et mais justement au risque de vous choquer voilà la réponse que j'apporterai à la question que vous posiez le progrès technique ça n'existe pas en fait il n'y a pas de progrès technique qu'est ce que c'est que la technique la technique c'est un ordre de moyens la technique c'est sont les outils que nous utilisons et vous remarquerez avec moi que nous pouvons utiliser des outils pour le meilleur et pour le pire avec un couteau de cuisine vous pouvez faire un délicieux gâteau que vous allez offrir à ceux auxquels vous allez donner le sentiment de l'amour que vous partagez avec eux et ça va aller combler et vous allez leur faire du bien avec un couteau de cuisine vous pouvez tuer quelqu'un le couteau n'est pas responsable du bien et du mal la technique est ce par quoi notre pouvoir d'agir s'augmenter donc elle est de l'ordre des moyens le bien et le mal le juste et l'injuste le beau et le laid sont de l'ordre des fins et ça pour le coup ça ne change pas avec le pouvoir de la technique vous pouvez faire vous pouvez vous pouvez guérir des êtres humains et vous pouvez les tuer en masse on invente vous savez qu'en grec le pharmakon veut dire le remède est le poison la science a pu mettre au point des moyens de plus en plus sophistiquées de guérir les hommes qui sont aussi des moyens de plus en plus sophistiqués les anéantir si on veut est ce que est ce qu'on peut parler de progrès techniques dans les armes chimiques inventé pendant la première guerre mondiale non c'est plutôt une innovation technique mise au service d'une barbarie et d'une régression absolue donc il n'ya pas de progrès technique et c'est pas parce que nous avons devant nous une nouveauté technique qu'elle est forcément un progrès elle ne peut être appelé un progrès qu'au regard de quelque chose qui est extérieur à la technique ce que d'ailleurs nous découvrons de façon tout à fait naïve et est plein de d'innocence touchante à travers le truck la conversion écologique que nous vivons collectivement est ce que la voiture est un progrès par rapport aux vélos mais tout dépend de ce que vous voulez préserver la question c'est qu'est-ce qui tient vraiment pour vous qu'est ce à quoi est-ce que vous tenez vraiment si ce à quoi vous tenez vraiment c'est le temps si vous voulez économiser du temps alors la voiture est indéniablement un progrès par rapport aux vélos si su à quoi vous tenez vraiment beaucoup c'est la préservation des équilibres de la nature le fait de ne pas polluer de ne pas videz la nature de ces ressources fossiles alors dans ce cas le vélo est un progrès par rapport à la voiture et je le vois comme élu local nous nous mettons à construire nos villes entières autour du vélo en nous disant qu' il faut vraiment qu'on s'oriente vers le vélo si on raisonne en termes d'avant et derrière c'est une régression infinie pendant très longtemps l'avenir de l'agriculture le progrès la nouveauté la modernité absolue c'était le glyphosate c'étaient les pesticides c'était les engrais c'était évidemment les élevages intensifs c'était la ferme des millevaches c'était les grandes exploitations industrialisés et maintenant nous voulons les circuits courts maintenant nous voulons connaître un agriculteur qui connaît ses vaches par son nom maintenant nous voulons absolument de l'agriculture raisonnée avec le moins de pesticides possible et nous allons seuls ceux nous désignent eux collective me dit l'associé en tous les cas c'est globalement la tendance qui traversent la société contemporaine vous ça vous avez occupé qu'il englobe globe globe trump se noue non mais justement dans notre débat avec trèbes nous avons l'impression qu'il est archaïque alors qu'ils représentent parfaitement ce que nous avons considéré pendant trente ans comme étant le progrès absolue je reviens du coup à la question de 2 de ceux de ce progrès bien sûr qu'il faut faire des progrès mais laquelle la question que nous devons nous poser à chaque fois qu'on nous parle d'un progrès technique c'est au regard de quoi s'agit-il vraiment d'un progrès est ce que c'est vraiment un progrès et vous me demandiez est ce qu'il ya une limite à la réparation de l'humain moi je crois que vivre en bonne santé c'est un bien pour les hommes et donc il n'y a aucune limite tout ce qui pourra faire que les hommes vivront en meilleure santé toutes les nouveautés techniques qui pourront servir les exploits de la médecine me paraissent s'ils sont évidemment respectueux de la dignité humaine me paraissent être bon en soi et donc me paraissent être des progrès le problème n'est pas dans la technicité plus grande la question n'est pas de d'être frileux devant la nouveauté en revanche je ne suis pas du tout sûr qu'il y à un progrès dans le fait de vouloir transformer le corps humain je crois que quelqu'un qui a perdu un bras à cause d'un accident ou d'un handicap nous gagnerons tous à tenter d'inventer des exosquelettes qui lui permettront de retrouver l'usagé de ses deux bras mais que le jour où on viendra demander à un chirurgien nous greffer un troisième bras parce que ça nous plairait le jour on viendra non pas seulement demander à quelqu'un de mieux vieillir et de mieux mourir mais on viendra demander à un chirurgien de ne plus mourir je suis pas sûr qu'on aura progressé et c'est sur ce débat là que les choses doivent engagé et quant au sexe et au genre alors et justement ce qui me paraît tout à fait frappant c'est que dans l'idée du progrès que nous faisons aujourd'hui dans l'idée de cette mobilité l'idée que tout ce qui change est forcément meilleure que ce qui n'est pas changé voyez c'est ça qui fait au fond le regard que nous portons sur l'histoire aujourd'hui peut-être pas le l'idée de progrès mais l'idée d'un certain progressisme si vous voulez le sentiment que tout ce qui est reçu et forcément moins bon que ce que nous pouvons faire nous même que l'ancien monde est forcément moins bon que le nouveau monde que ce qui est en l'état est forcément moins intéressant que ce qui est nouveau le sentiment que nous avons si vous voulez quand sort le dernier smartphone nous nous disons qu'il est forcément meilleur que celui qu'il y avait avant je crois que ce sentiment là contribuent à nous faire regarder avec un peu de mépris de façon systématique le smartphone que nous avons dans nos mains en nous disant qu'il est quand même vraiment moins bien que celui qui vient de sortir pour le dire autrement il me semble que cette fascination pour le changement ne nous enrichit pas qu'elle nous appauvrit d'une manière structurelle parce que nous ne voulons pas de ce qui est réel nous voulons toujours de la promesse de ce qui est encore à venir c'est le philosophe ernst bloch qui était un passionné de la technique qui disait dans les années 70 moi je ne m'intéresse pas à l'être la réalité c'est nul je m'intéresse à ce qui n'est pas encore au ne pas encore être je veux le nouveau monde seulement mais si vous considérez que le monde de demain est forcément moins bon est forcément meilleure place du concert que le monde de demain est forcément meilleur que celui d'aujourd'hui alors en fait vous n'allez jamais habité vraiment celui d'aujourd'hui est la question du genre et du sexe elle renvoie à ça c'est à dire que est ce que nous pour moi la grande question politique de l'avenir c'est la suivante elle elle tient entièrement là dedans est ce que nous voulons accepter que quelque chose nous précèdent ou est ce que nous voulons que tout ce qui nous précèdent soit remplacé parce que nous aurons décider nous mêmes aujourd'hui nous vivons dans cette passion du remplacement universel de la transformation universelle qui fait que nous ne supportons pas de devoir recevoir quelque chose que nous n'avons pas fait nous mêmes je suis né je suis un homme c'est insupportable j'ai pas choisi on m'a pas demandé mon avis et pourquoi je pourrais pas changé derrière la question du genre il y à ce que nietzsche appelé je crois profondément qu'il y à ce que nietzsche appelait une forme de ressentiment une incapacité à aimer les choses telles qu'elles sont c'est que c'est ce que nietzsche prochain à la religion catholique qu'il disait mais vous les chrétiens vous parlez toujours du paradis et parce que vous parlez du paradigme vous en venez à détester le monde et des ailes eh bien je crois que derrière la fascination pour le progrès et il y a aussi une sorte de ressentiment on nous présente ça comme un optimisme en fait celui qui dit que tout ce qu'il va transformer sera forcément meilleur que ce qu'il a pu recevoir il dit de manière structurelle et définitive une forme d'incapacité à aimer ce qui est réel et du coup je ne veux pas subir mon sexe je veux pouvoir choisir mon genre je veux cette mobilité absolue je vais être gender fluide comme on le dit aujourd'hui pouvoir changer de genre quand je veux comme je veux je veux pouvoir vous avez vu qu'il ya un britannique qui a décidé qu'il avait là des pris la décision de changer d'âge pourquoi ce que j'aurai l'âge que j'ai il n'y a pas de raison que je subisse mon âge ma date de naissance donc ils exigent que l'état civil transforme sa date de naissance pour qu'il soit rajeuni de vingt ans du point de vue de son état civil un mois je me sens pas trente trois ans ça m'a vraiment stressé cette année là mon anniversaire je l'aimé beaucoup mieux 32e donc c'est l'âge du christ en croix comme gisèle vidallet pour ça que ça m'a stressé peut-être je me demande quelle passion m'attend en tous les cas il ya dans le dans le la volonté de mobilité perpétuelle quelque chose qui n'est pas du tout de l'ordre de l'optimisme souriant qu'on nous présente mais peut-être d'une incapacité à habiter ce qui demeure justement demain on va on va nous inventer le transhumanisme l'homme augmenté mais ne croyez pas qu'on se raconte en un jour parce que après l'homme 2.0 il y aura la promesse de l'homme 3.0 on sera toujours trop à l'étroit on en voudrait toujours plus et après l'homme 3.0 yoram 10.0 regardez il ya dix ans vous étiez tellement fière de sortir dans la rue avec le premier iphone aujourd'hui vous sortez avec le même vous avez l'air ridicule de fait le progrès technique fait fans et les choses que nous tenons dans nos mains tout ce qui est réel et par là même dénoncé par la promesse de ce qui vient si vous achetez un smartphone qui vous a coûté très cher et que vous le mettez dans une vous acheter un smartphone je vous dis à la mva un côté tellement cherche v6 quand même de de l'économiser de lui faire garder sa valeur et d'ailleurs pour être sûr qu'il ne perde pas sa valeur je vais même pas m'en servais retient vous le laisser dans sa boîte vous le mettez dans un coffre fort vous touchez pas cinq ans après vous ouvrez le coffre fort vous avez beau avoir laissé le smart dans sa boîte il a perdu 90% de sa valeur le changement perpétuel nous a conduit à inventer cette chose inouïe par exemple que l'obsolescence programmée il ya des ingénieurs qui de façon très rare j'espère heureusement qu'ils travaillent pour faire en sorte que que les objets qu'ils inventent soit plus rapidement dépassée qu' il soit plus rapidement épuisé nous avons une bande de tarés mais le réel la date de procès ce qui se sait ce qui se traduit à travers je crois cette fascination pour le mouvement perpétuel je disais la date de péremption la lumière les ampoules qui sont prévus pour éclater un certain moment etc et voiliers et vous disiez d'ailleurs la date de péremption ça me renvoie ce livre de frédéric beigbeder qui s'appelle 99 francs peut-être certains l'avez vous déjà vu justement un livre sur le fait que la publicité nous pousse à changer tout le temps qu'elle accompagne le mouvement de la modernité à la hauteur la modernité et la première époque dans toute l'histoire de l'économie ou le secteur de la publicité et à qui un développement autonome c'est la première fois ce qu'il faut justement nous pousser à tout changer tout le temps et dans ceux dans ce texte le personnage principal qui est un publicitaire d abuser commence sa réflexion en disant tout s'achète tout se vend l'amour le temps la planète terre vous moi surtout moi l'homme est un produit comme les autres avec une date de péremption et pour finir avant de passer la parole à la salle j'aimerais que vous racontiez à nouveau ce qui clôt le livre dont on vient de parler et qui m'a paru très beau ou vous raconter que l'histoire d'ulysse au fond la grande errants qui est fait par les maires après la guerre de troie est ce que raconte au maire c'est le retour vers la demeure et le détail qui va faire qu'il reconnaîtra sa demeure alors ça me permet de répondre un peu à michel serres qui a été un ancien mari mais vous l'évoquiez total a été un marne qui est un philosophe passionnant mais à titre personnel j'ai j'éprouve un peu de difficulté à me reconnaître complètement aussi bien dans petit poucet qui me paraît être le signe justement de la péremption de la transmission à laquelle je crois pourtant je pense que contrairement à ce que michel serre semble parfois indiqué jamais les parents jamais les grands parents n'ont été aussi nécessaire à la construction personnelle de leurs enfants dans le monde du numérique ne pouvons pas rester spectateur de la génération qui vient elle a besoin absolument de ses points de repères que peut-être l'héritage de tous ceux qui l'ont précédé pour faire venir jusqu'à elle ce qui lui permettra de s'approprier ces outils on nous le voyons bien je le vois en moi même le premier le défi intérieur est immense pour que les outils que nous possédons nous n'en devient nous ne nous soyons pas posséder pour que nous restions maître de ses outils et que nous ne devenions pas à l'esclave de nos propres instruments et je crois que pour cela il faut précisément que nous puissions et c'est plus nécessaire que jamais dans le monde du numérique refaire notre liberté par la fréquentation de la lettre des textes de la parole et qui mieux que nos aînés que nos parents nos grands parents peuvent incarner pour nous cette parole qui vient faire venir jusqu'à nous vous le voyez nous en avons parlé cet après-midi les questions que nous nous posons nous ne sommes pas les premiers à les rencontrer et notre liberté gagne beaucoup à pouvoir découvrir ce que d'autres que nous ont élaboré pour nous permettre de mieux comprendre le monde dans lequel nous grandissons et surtout je crois que de ce point de vue là il est très nécessaire de renoncer à cette espèce de superbes moderne qui consiste à croire que nous sommes le sommet de l'histoire de l'humanité je ne serai pas prêt à dire pour ma part qu' il faut renoncer absolument à l'idée que c'était mieux avant je trouve c'est une aberration en fait condamner le c'était mieux avant me paraît à une absurdité intellectuelle je ne veux pas dire par là que tout était mieux avant considérer que tout était mieux avant considérer que le monde d'hier est forcément meilleur que le monde d'aujourd'hui est tout aussi aberrant mais il ya des domaines dans lesquels oui c'est vrai peut-être certaines choses ont mieux réussi vous demandiez tout à l'heure si nous étions déterminés et si l'histoire était déterministe pour le var je ne le crois pas du tout je pense que l'avenir est en nos mains je pense que l'avenir sera exactement ce que nous en ferons et je parle aux plus jeunes parmi nous en particulier et je pense que nous sommes devant l'évidence vertigineuse de notre liberté nous pouvons réussir et nous pouvons échouer et sur certains terrains nous pouvons remporter des succès et sur d'autres terrains faire des erreurs et de fait ceux qui nous ont précédés sur certains terrains en fait des erreurs quand j'ai écrit les déshérités je n'avais pas du tout pour but de me faire le juge de la génération qui m'avait précédé mais simplement d'essayer de comprendre ce qui n'avait pas marché pour que l'école soit dans une telle crise oui je crois que sur le terrain éducatif à certains égards c'était mieux avant quand on ferait bien de s'inspirer de ce que ceux qui nous ont précédés avait bien réussi pour éviter de répéter les erreurs que nous sommes en train de commettre dire que par définition nous sommes la meilleure période de l'histoire pour moi ça n'a pas grand sens je reviens de graisse j'ai eu la chance de découvrir pour la première fois de ma vie la grèce il ya quelques jours quand vous visitez epidaure à vous qui êtes un homme de théâtre quand vous visitez epidaure quand vous allez à delphes quand vous montez sur l'acropole vous pouvez vous dire que nous avons beaucoup pas recevoir des périodes qui nous ont précédés et que on a beau avoir inventé l'aspirine on n'est pas forcément le sommet de l'histoire de l'humanité on y est il ya des choses qu'on a réussi et qui méritent d'être conservés ya des choses qu'on a ratée qui appelle des changements c'est cette lucidité qui fait la question politique cirque est ce qu'il faut améliorer la question n'est pas encore une fois faut-il aller de l'avant ou repartir en arrière en disant c'était moins bien avant et donc ne retournons pas vers les heures les plus sombres de notre histoire l'autre jour quelqu'un me disais oh là là mais parfois on a l'impression qu'il ya des gens qui veulent revenir au moyen-âge au moyen-âge il s'est passé des choses magnifiques je crois que la modernité n'a pas inventé la conscience de l'individu que c'est le résultat d'une maturation progressive en tous les cas ce qui me paraît touchante dans la figure du lys sur lequel je conclus à ce livre c'est que précisément ulysse est un homme de la nostalgie cette nostalgie qui est comme banny aujourd'hui de dire que c'est nous que vous êtes nostalgique dire que vous regrettez ce qu'il y avait avant c'est quasiment vous ranger dans le camp des cette chose horrible qu'on appelle les conservateurs peut-être même pire encore si vous êtes réactionnaires si vous voulez revenir en arrière en tous les cas c'est que si vous dites que c'était mieux avant c'est que vous êtes sans doute un demeuré oublié quelqu'un qui justement a du mal à changer a épousé avec enthousiasme l'avenir tel qu'il se présente comme s'ils étaient des cris d' avance ulysse est un homme de la nostalgie est pendant 20 ans ulysse ne pense qu'à une chose c'est à retrouver sa maison il est hanté par la nostalgie à tel point que quand il est dans son épopée qui le conduit d'îles en îles et de bataille en bataille il est piégé sur l'île de la nymphe calypso alors rendez vous compte la situation catastrophique pour le pauvre us c'est un mortel un homme comme vous et moi voilà il sur son bateau il cherche à rentrer chez lui d'un seul coup il arrive sur cette île et calypso le prend en otage calypso est une nymphe ce lien c'est pas une ds mais presque c'est un être divin elle est donc divinement belle qui plus est elle est immortelle et elle est folle amoureuse du lys il ya pire quand même ça ressemble à l'île de la tentation ce truc là un oeil et calypso dit à ulysse mais écoute si tu m'épouser tu deviens un immortel tu te rends compte la chance ulysse d'iéna moi je veux retourner chez moi calypso à elle comprend pas oui au bout de l le garde sept ans quand même au bout de sept ans ça devient vexant quand même un écoute ta femme pénélope la bon d'accord je comprends que c'est un peu d'affection etc mais enfin c'est quoi ta femme c'est mortel coin et peut-être joliment fin va vieillir tu veux pas d'une immortel tu ne veux pas devenir immortel ulises veut retourner chez lui ulysse est un homme habité par la nostalgie mais pourtant c'est un héros est dans ce livre je ne voulais pas me faire le prophète de l'immobilité ulysse est un héros est un homme inventif au maire nous le décrit comme un homme aux mille ruses dire il a toujours plus d'un tour dans son sac il a toujours un expédient il sait toujours comment s'en sortir il est créatif imaginatif ne savais pas du tout ainsi mobile au contraire il passe 20 ans et c'est tellement pas un immobile que c'est à partir du nom d'ulysses qu'on a formé le mot odyssée ulysse est un aventurier mais c'est un aventurier de la nostalgie pourrait-on dire il est hanté par ce qui demeure et c'est ce qui demeure qui donne sens à son mouvement est au bout de vingt ans il parvient enfin à retourner à ithaque alors c'est pas complètement fini c'est le chant 28 de l'odyssée c'est absolument magnifique ulysse retourne à ithaque ça fait 20 ans qu'ils attendaient ce moment mais maintenant ce qui est difficile c'est qui va devoir vaincre les prétendants qui assiègent sa femme depuis tellement d'années qui cherche à prendre sa place et surtout il va devoir se faire reconnaître parce que ça fait 20 ans qu'il est parti comment est-ce qu'on va savoir que c'est lui le premier qui reconnaît ulysse et son chien le fidèle argos qui reconnaît ulysse et qui meurent ils l'avaient attendu vingt ans ensuite le gardien de la maison ensuite sa nourrice replay qui le reconnaît à une blessure qu'il s'était faite quand il était adolescent et qu'il avait été à la chasse au sanglier et de fait bien souvent nous pouvons être reconnus à nos blessures nous aussi ensuite il est reconnu par son fils télémaque et il ne reste plus que sa femme pénélope ça fait 20 ans qu'elle attend l'image de la fidélité elle aussi elle attend depuis 20 ans elle avait dit qu'elle épouserait un des prétendants quand elle aurait fini sa toile tous les jours elle tisse toutes les nuits elle des tice vous connaissez l'histoire et voilà qu lice arrive ça fait 20 ans qu'il est parti soit il va se faire engueuler soit elle va lui tomber dans les bras ni l'un ni l'autre elle le regardait se dit est-ce que c'est vraiment lui parce que si ça se trouve c'est peut-être un de ses prétendants qui s'est déguisé en mon mari pour pouvoir mieux prendre sa place comment est ce que je peux être sûr alors télémaque est un peu irrité quand même le fils d'ulysse qui comprend pas et du bpm et mère ton coeur est dure comme la pierre pourquoi est-ce que tu ne t'en tobias me par garde ton mari revient à mon père est hélas ellis via son fils ne t'inquiète pas je comprends je comprends que ta mère maître du temps c'est normal mais pour l'instant je vais prendre un bain et ensuite je vais me reposer je vais dormir dans mon lit alors pénélope dit à ulysse tu ferais attention on a on a bougé ton lit il est plus dans la même chambre et là pour la première fois dans toute l'histoire de l'iliade et de l'odyssée réuni pour la première fois de l'histoire ulysse se met dans une colère noire pour la première fois il est complètement perdue il est totalement déconcertés et il dit femmes as tu bien dit ce mot qui me torture qui donc a déplacé mon lit parce que ce que les lecteurs de l'odyssey ne sais pas encore à travers ce qui paraît être un détail c'est qu'en fait tu lis et c'est le secret qu'il partage avec sa femme et elle seule ulysse a construit son lit conjugal autour d'un olivier millénaire il a construit sa maison autour de son lit conjugal et le monde entier se construit pour lui autour de sa maison pour nous d'ailleurs vous le reconnaîtrez tous nous avons une grande facilité de déplacement aujourd'hui nous traversons les maires comme ulysse mais toujours nous savons où est notre maison familière saint-exupéry perdu au milieu du désert dans terre des hommes racontant qu'il est sur le point de mourir de soif dit que la seule chose qui le consoler c'est qu'il se souvenait de la maison de famille avec l'odeur des draps laver avec cette ambiance si particulière cessons cette lumière qui n'appartient qu'à l'endroit où vous avez grandi et où vous avez vos souvenirs le monde est habité par la demeure le monde est habité par ses points fixes qui donne sens à nos aventures et ulysse d'un seul coup à l'idée qu'on est déplacé son lit crois que d'un seul coup son monde a perdu son centre c'est à dire qu'on a coupé l'olivier millénaire c'est à dire qu'on a cassé quelque chose de ce à quoi il tenait le plus en réalité ulysse l'homme aux mille ruses a trouvé plus rusé que lui c'est à dire sa femme c'est toujours comme ça et pénélope avait joué de ce tour pour reconnaître son mari parce que seul ulysse avait cette histoire d'olivier et donc elle dit à ulysse mais je te reconnais maintenant c'est bien toi ulysse ne t'inquiète pas ton lit est toujours au même endroit et ils vont dormir ensemble il eût fallu catena retint l'aurore aux doigts de rose pour qu'ils puissent goûter plus longtemps la douceur du retour bonheur de naufragés reprenant pied sur la terre ferme c'est par ces mots que se termine le 10 et bonheur de naufragés reprenant pied sur la terre ferme je crois que dans le monde dont nous héritons dans la période historique qui est la nôtre dans ce monde marqué par l'idée d'un mouvement perpétuel nous avons besoin nous aussi de savoir quelles sont nos points fixes de savoir à quoi nous tenons calais notre demeure non pour la ferme et bien sûr la demeure c'est là qu'on dise on de l'accueil c'est de là que vous pouvez partir et c'est à partir de là demeure que toutes les aventures peuvent se vivre c'est elle qui donne un sens à laventure est précisément je crois que la nostalgie ne devrait pas être interdite pour que les questions les plus nécessaires puisse nous être posée aujourd'hui qu'est ce qui est bon et qu'est ce qui est juste vers où faut-il avancer qu'est ce qu'ils méritent d'être conservés qu'est ce qu'ils méritent d'être protégés d'être préservé parce que nous héritons d'un monde qui est fait de merveilles bien sûr et de merveilles fragile et nous ne devons pas être pessimiste ou anxieux mais nous devons être amoureux de ces merveilles fragile dans notre monde est formé dans l'optimisme de principe qui dit que tout ira bien demain il ya aucun problème qu'il faut choisir résolument l'avenir et détesté le monde ancien il y a peut être un refus d'épouser ce monde pour en prendre soin ce qui est me semble-t-il la tâche de la politique nous avons besoin je crois vraiment de retrouver cette paire faire mais surtout de retrouver ce bonheur de naufragés reprenant pied sur la terre ferme c'est ce que je nous souhaite de meilleurs en tous les cas et avant n'a pas terminé

51:09
Non speech

[Musique] [Applaudissements] [Applaudissements] [Applaudissements]

51:34
François-Xavier Bellamy

ça fait du bien de vous voir nous allons passer aux questions vous avez un petit quart d'heure pour poser les questions que vous souhaitez et pendant que les mains se lèvent j'en profite pour dire à olivier bellamy que pendant françois-xavier bellamy que le choix de son livre dans la dans la forme qui l'adopté paraît extraordinairement littéraire et poétique dans la mesure où il s'ouvre par une réflexion sur saint-exupéry et il se termine par une réflexion sur au maire ce qui m'avait donné à penser que finalement leur lit n'avait pas tort quand il disait que c'est plein de mérite que l'homme habitant cette terre des seuls ceux qui demeurent les poètes le fond' bon question je vois pas les bras qu'ils lèvent si voix la gta v l'écouté votre discours vous n'avez pas parlé d'un mot mais vous n'avez parlé que de cela en réalité ces mots racines ce qui me paraît fondée l'homme est ce que je me trompe alors c'est un mot à la fois magnifique nécessaire et peut-être un peu problématique je veux dire par là que je suis je me sens profondément héritiers de de simone veil lorsqu'elle produit cette magnifique déclaration des droits de l'homme qui s'appelle l'enracinement et je crois qu'effectivement l'enracinement c'est le premier des droits de l'homme de fait il ya quelque chose de deux fondateurs aujourd'hui que nous avons sans doute trop oublié c'est que nous avons d'abord besoin d'habiter le monde et habiter le monde ça ne veut pas dire seulement répondre à cette nécessité fonctionnelle d'un repos temporaire entre deux mouvements de nos vies nous n'avons pas besoin de nous loger je veux dire par là que le en tous les cas nous n'avons pas seulement besoin de nous loger le logement une considération purement physique voyez comme on dit d'une balle de flipper qu'elle vient se loger dans son emplacement avant de repartir instantanément le logement c'est quelque chose qui répond aux besoins du corps mais l'homme n'a pas seulement besoin de s'abriter de se loger il a besoin d'habiter le monde et habiter le monde ça veut dire faire toujours plus que se loger de se rendre village je crois que nos politiques du logement ont été souvent une forme de violence envers les droits de l'homme précisément depuis la grotte de lascaux vouliez même dans sa pauvreté matérielle dans tous les cas dans l'extrême précarité de sa vie l'homme cherche non seulement à s'abriter des intempéries mais il habite le monde il en fait toujours trop il fait quelque chose de plus il parle des fresques justement cette intuition poétique c'est le sens du beau de la gratuité du bo qui fait que nous avons besoin de ce lieu familier que nous construisons qui donne sens ensuite qui irradie le monde dans lequel nous sommes mais ça n'est pas un enracinement au sens concret de ce terme parce que nous ne sommes pas des végétaux je veux dire par là que les racines ne sont pas pour nous l'occasion d'une forme d'immobilité ce qui définit le végétal c'est que son enracinement le fixe au point où il a poussé ses racines alors que nous au contraire notre enracinement à nous tous métaphorique et toute image et est l'occasion de se projeter dans le monde il faut avoir une demeure non pas pour y rester enfermé il faut avoir une demeure parce qu'elle est la condition pour les aventures que nous avons à vivre il faut avoir une demeure pour accueillir ceux qui peuvent rentrer il faut avoir des murs autour de soi non pas pour s'enfermer mais au contraire pour avoir un chez soi dans lequel on peut faire venir celui qu'on a décidé d'accueillir et tout cela fait que la la métaphore de l'enracinement qui définit une relation solitaire et figée de l'individu à son milieu cette relation me paraît métaphoriquement peut-être un peu insuffisantes pour déterminer ce dont nous avons fondamentalement essentiellement besoin c'est la raison pour laquelle je choisissais ce mot de 2 meur qui me paraît plus complet peut-être que le mode racines il ya une question ici là bas allez-y allez-y oui vous disiez au début de votre intervention que le mouvement devait être dirigé vers le beau le bond juste par le problème c est ce que le beau le bon et le juste sont des valeurs absolues ou est-ce que ce qui est beau bon et juste pour certains ne l'est pas pour d'autres est-ce que c'est pas peut-être le problème de la société actuelle alors c'est une question décisive que vous posez il me semble que une fois qu'on a dit ça on n'a pas encore répondu à toutes les questions politiques qui se présentent mais on les a peut-être mieux poser c'est ce que j'essayais de dire tout à l'heure la question qui se présente à nous n'est pas est-ce qu'il faut le faire parce que c'est nouveau ou bien est-ce qu'il peut le faire parce que de toute façon ça va arriver ou bien est ce qu'il faut le faire parce que c'est l'avenir ou bien est ce qu'il faut le faire parce que ça se pratique déjà ailleurs et que c'est l'évolution du temps et l'évolution de la société la seule question qui se pose devant une réforme à faire c'est est ce que c'est juste une fois qu'on a posé la question il n'y a pas encore répondu et tout le débat démocratique repose précisément sur le fait que la vérité existe mais qu'elle n'est pas évidente je crois que le tort du monde contemporain c'est dans cette fascination pour le mouvement d'avoir inclus même la vérité dans le mouvement comme si la vérité changé c'est ce qu'on appelle le relativisme comme si la vérité dépend des de nos opinions vous avez employé ce mot d'opinion bien sûr nous avons tous des opinions différentes la vérité ne dépend pas de nos opinions elle est ce que nous cherchons regarder dans le champ de la science les scientifiques peuvent avoir des réponses différentes grandes questions qui se posent la science mais il ne s'arrête pas à la constatation de leurs divergences ils essayent de savoir où est le vrai et le vrai pour le coup il est universel aujourd'hui vous n'avez pas dans le champ de l'astronomie des gens qui arrivent en disant voilà moi je suis plutôt les méens c'est ma vérité je pense que la terre est immobile et je vous demande de me respecter dans mes convictions dans la question c'est qu'est ce qui est juste quand on décrit la réalité de cet univers qui est autour de nous comme le disait aristote il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée si nous regardons tous la même porte et que nous donnons tous le même sens au mot et si quelqu'un dit maintenant est ce que tu peux fermer la porte parce qu'elle fait un courant d'air et que tu réponds pas en fait non elle est déjà fermé a pour toile est fermé à bas coût de chacun sa vérité pas de problème non soit la porte est ouverte soit les fermer mais si quelqu'un dans la pièce dit que la porte est ouverte et quelqu'un d'autre dit que la porte est fermée en parlant de la même porte en donnant le même sens au mot alors il ya forcément quelqu'un qui a raison et que rien d'autre qui a tort et la question qui se présente à nous c'est comment déterminer ensemble ce qui est le plus vrai possible et c'est tout le débat politique qui se joue dans cette difficulté de déterminer ce qui est juste et ce qui est bon prenons les questions bioéthiques j'évoquais tout à l'heure je suis pas la question de la question de la pma de la gpa qui vont venir en débat bientôt la seule question qui se pose n'est pas est-ce que ça va se faire de toute façon ou bien est-ce que ça se pratique ailleurs c'est des questions qui sont ces des arguments qui sont humiliant pour l'intelligence et c'est ridicule personne ne dit pour la fiscalité qu'on est obligé de s'aligner sur la fiscalité suisse parce que ça existe bien ailleurs et qu'il ya des gens qui vont placer leur argent en suisse pour éviter l'impôt en france la question n'est pas non plus est ce que ça se pratique déjà envoyé il ya des gens qui cambriole tous les jours des maisons et on n'a pas à légaliser le cambriolage la question la seule question qui se pose c'est est ce que c'est juste et si on défend ses réformes on doit les défendre au motif qu'elles sont justes et c'est pour cela qu'elles seront un progrès et si on s'y oppose on doit s'y opposer seulement en affirmant qu'elles ne le sont pas et en disant cela je ne prétends pas avoir la réponse à la question je pense seulement que ce qui donne un sens au dialogue démocratique c'est l'incertitude dans laquelle nous sommes que notre opinion est la bonne et qui nous obligent à confronter notre pensée à la pensée d'autres que nous c'est ce qui se joue dans ce lieu magnifique et j'ai vraiment je je je crois que l'expérience que nous vivons ensemble est à elle seule un signe d'espérance au moment où la fragilité de notre vie démocratique parrainent ou sauté aux yeux je crois que nous avons plus besoin que jamais de vivre des moments de rencontres comme celui que nous partageons aujourd'hui et c'est dans ces lieux là et hier françois bayrou me disait que la démocratie avait été inventé dans deux lieux dans l'histoire humaine à athènes et à pau

59:49
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59:57
François-Xavier Bellamy

j'allais dire je sais pas s'il est là mais je le remercie de me donner l'occasion de cette expérience je remercie infiniment parce que prendre l'initiative d'une rencontre comme celle-ci c'est nous offrir de quoi confronter nos idées il n'est pas nécessaire que nous soyons tous d'accord au contraire il est très important que nous puissions organiser nos désaccords c'est ça qui fait la beauté de la démocratie mais la seule chose qui peut nous permettre d'organiser le désaccord c'est la conscience que nous avons que le bien le bon le juste le vrai ne sont pas dépendants de notre opinion que le but de la politique n'est pas d'imposer son opinion aux autres mais que le but de la politique c'est de vivre un dialogue qui nous permettent de nous approcher tous ensemble avec le plus de chances possibles de ce qui est vrai et de ce qui est juste comme le travail de la science n'est pas de permettre à chacun d'exprimer son opinion mais de constituer un dialogue fécond qui permette que la totalité de la communauté scientifique s'approche progressivement de la vérité et la vérité elle pour le coup elle ne dépend pas des fluctuations sondagière le juste ne dépend pas de la variation des opinions et c'est par conséquent notre responsabilité c'est la tâche de notre intelligence de nos intelligences collectives de tenter de s'en approcher le plus qu'il est possible pour le dire autrement le bien le vrai le juste ne sont pas des valeurs de hors jeu je suis assez réticent à travers de cette idée de valeur le propre des valeurs c'est que ça fluctue précisément ça varie selon les gens d'abord il ya des choses qui ont beaucoup de valeur pour moi qui ont très peu pour vous c'est pas du tout un problème ça pour le coup c'est relatif une photo de la maison où j'ai grandi a beaucoup de valeur pour moi un très peu pour vous et c'est tout à fait normal et deuxièmement le propre des valeurs c'est que ça varie quelque chose qui avait beaucoup de valeur hier on a moins aujourd'hui j'ai fait l'erreur d'acheter une voiture diesel il ya trois ans on m'avait dit que ça pollue et moins et que ça coûtait moins cher maintenant elle a perdu beaucoup de sa valeur le propre des valeurs c'est que ça fluctue sur un marché le bien le vrai et le juste ne fluctue pas précisément c'est nous qui pouvons tendre vers eux et c'est ça qui donne sens au mouvement que nous pouvons faire changement que nous pouvons choisir aux réformes que nous pouvons mener ce qui donne sens à tout mouvement c'est d'avancer vers ce qui demeure

1:02:01
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1:02:10
François-Xavier Bellamy

je vous signale simplement a dépassé le temps mais s'il ya une autre question oui pour pour résumer il ya la demeure individuelle et la demeure collective sociétal qui prend sa dimension politique et je crois que la demeure commune est effectivement quelque chose qui nous appartient de repenser parce que si je fais le lien avec la question précédente nous vivons aujourd'hui un moment tout ne va pas mal bien sûr est à bien des égards nous sommes heureux de vivre dans cette période plutôt que dans bien d'autres c'est vrai que la france n'est pas en mai 40 n'est pas en 1914 né en 1918 nous nous vivons un moment de paix un moment de relative prospérité bien sûr qu'ils aient qui est à bien des égards une chance dont nous héritons et aussi du coup une responsabilité mais quelque chose qui peut paraître inquiétant dans l'époque que nous vivons c'est que précisément le sens de la demeure commune semble peut-être s'effacer se défaire tout se passe comme si la politique était le lieu de l'opposition des communautés d'intérêt des communautés de valeur tout se passe comme si chacun devait défendre ses convictions et comme si chacun devait parvenir à imposer par le lobbying par les masses mise en oeuvre imposée ce qui sert c'est sa propre représentation du monde moi je ne je fais un peu de politique modestement comme comme un élu local j'essaye aussi de prendre part au débat public à travers la contribution dont je suis capable mais je ne le fais pas pour défendre mes convictions je fais pas de la politique pour défendre mes valeurs je vais pas de la philosophie pour sauver mes opinions je ne vois dans deux sens dans l'engagement politique que pour chercher quelque chose de bon qu'il soit bon en dehors de moi au delà de moi bien sûr au delà de tout ce que je peux personnellement avoir d'opinion ou de représentation du monde nous ne devons pas défendre nos convictions le but de notre existence n'est pas de défendre nos convictions le but de nos existences et d'avancer vers la vérité et vers le bien est d'avancer ensemble vers quelque chose qui nous relient et ça ce que ça suppose pas d'être tous d'accord au contraire précisant la vérité n'est pas évidente on va voir si la terre tourne ou pas c'était pas tout à fait évident au départ et beaucoup de confrontations entre scientifiques mais justement la confrontation est nécessaire pour que nous puissions cheminer ensemble et dans la confrontation il s'agit pas de défendre ses opinions mais de chercher ensemble la vérité c'est ce qui a été

1:04:33
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François-Xavier Bellamy

incarné à bien des égards par un responsable politique que vous connaissez bien ici et je crois qu'il voulait justement déjà dépassé l'absurdité des clivages installé quelque chose épouvantable qu'on invite tous les matins sur les émissions de radio 1 et est un vraiment un éditorialiste de gauche et un historique de droite et maintenant tapez vous voyez dans le corps gît à son trouve ce dialogue magnifique socrates parle avec gorgias et il fait comme d'habitude il remet souvent ses interlocuteurs en question il leur pose des questions avec l'ironie qui lui est propre jeu c'est que il ya une ironie béarnaise qui est aussi légendaire que l'ironie socratique et qui est sans doute tout aussi pénible c'est vrai parce que quand on vous remet en question vous avez pas envie vous d'abandonner vos opinions donc du coup vous vous vivez mal alors gorgias le vit mal à un moment il dit à socrate mon écoute ça suffit comme ça si tu remets tout ce que je dis en question j'arrête de parler avec toi secrète lui dit écoute moi bien je vais te dire quel genre d'homme je suis et toi dis moi quel genre d'homme tuez moi dit socrate je suis un homme qui aime être réfutée j'aime quand on me montre que j'avais tort parce que personne n'aime se tromper personne n'aime être trompé imaginer une seule seconde que vos amis ont décidé de vous maintenir dans l'erreur sur un point précis c'est insupportable comme idée nous n'aimons pas être dans l'erreur et nous n'aimons pas l'idée qu'on nous maintiennent dans l'erreur nous aimons la vérité nous cherchons la vérité elle est une forme de tropisme pour nous quand nous que nous tenons à une vérité nous ne voulons pas la remplacer par quelque chose que nous savons il faut vous pouvez fermer les yeux vous convaincre absolument que vous êtes à new york vous n'y arriverez pas vous savez que vous êtes à pau vous êtes très bien ici et vous n'avez pas du tout envie de vous convaincre de quelque chose dont vous savez que c'est inexact donc dit socrate moi j'aime bien quand on a remplacé dans mon esprit une erreur par une vérité on m'a rendu un grand service j'aime être réfutée bon évidemment je suis aussi un garçon serviable donc quand ça arrive j'aime bien réfuter les autres ça me plaît de leur faire du bien mais comme je suis malgré tout encore un peu trop égoïste je préfère encore être réfuté que réfute et imaginer comme la vie politique retrouverait tout son sens si on pouvait s'engager dans un 10 l'ogre politique dans un débat politique en disant si vous montrez que j'ai tort je serai capable de vous remercier de fait le monde serait peut-être un peu meilleur

1:06:42
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1:07:02
François-Xavier Bellamy

c'est la conclusion donc la conclusion on en restait là l'impression est bonne tout a été dit reste les livres qui sont formidables dépêchez vous les achetez plus tard ça sera des ouvrages qui voudront souvenir j'étais à pau j'ai entendu ce jeune philosophe et maintenant voyez ce qu'il publie mais moi je joue avec beaucoup de fierté rendez vous compte j'ai eu la chance de rencontrer le meilleur public possible j'ai été à pau merci encore infiniment

1:07:31
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1:07:49
François-Xavier Bellamy

m

1:07:54
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