« Avec 2 000 euros, on vit correctement » : Lescure provoque la colère
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 85 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:35OuverteRéponse partielle
Qu'entendez-vous par 'vivre correctement' avec 2000 euros de retraite ?
- 6:47RelanceRéponse directe
Que proposez-vous pour éviter que le pays 'aille dans le mur' ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:10Invité politiquePromesse
« Et moi, je souhaite que la France reste sur les rails de la croissance et de la soutenabilité budgétaire. C'est ma responsabilité. »
- 7:11PrésentateurChiffre
« Le gouvernement annonce 54 milliards d'euros d'économies. »
- 7:27PrésentateurChiffre
« la dette française devrait continuer à grimper jusqu'à atteindre 121,7% du PIB en 2027. »
- 7:41PrésentateurChiffre
« le déficit est bien parti pour rester à 5,4% du PIB cette année et encore à 5% l'année prochaine. »
- 4:36PrésentateurChiffre
« En 2024, 10,4% des retraités vivaient sous le seuil de pauvreté. »
- 4:48PrésentateurChiffre
« l'État français a lui-même fixé le minimum vieillesse à 1 043 euros à la louche par mois. »
- 5:10PrésentateurChiffre
« Seuls 8% des retraités touchent une pension supérieure à 3 000 euros brut par mois en France. »
Temps de parole
- Présentateur80 %
- Locuteur 28 %
- Locuteur 44 %
- Roland Lescure3 %
- Locuteur 63 %
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Bonjour et bienvenue dans le récap. Nous sommes le mardi 22 septembre et je préfère vous prévenir, l'épisode d'aujourd'hui risque de vous rester un peu en travers de la gorge. La Macronie nous a encore sorti une de ces petites phrases dont elle a le secret, inconcentré de mépris et de déconnexion, servie avec cette désinvolture qui fait tout le charme de la maison. Et pour une fois, ce n'est même pas Emmanuel Macron qui s'y colle, c'est Roland Lescure, le ministre de l'économie. Mais je ne vous fais pas davantage languir, écoutez plutôt ce qu'il a cru bon de dire hier matin sur France Inter.
Dans un moment grave, on dit, et moi j'en connais autour de moi, à des retraités qui ont des retraites correctes. Voilà, 2000 euros c'est correct, on vit avec 2000 euros correctement.
Et juste avant de poursuivre cette chronique, un tout petit message pour vous. Cette année, notre objectif aux médias est d'atteindre 10 000 donateurs mensuels, évidemment pour continuer à vous proposer le récap du lundi au jeudi, mais aussi toutes les autres émissions, les reportages et les enquêtes. Le tout en accès libre et gratuit, bien évidemment. Pour un média indépendant, savoir qu'on peut compter sur un soutien récurrent tous les mois, et bien ça change tout, ça permet de voir venir, de préparer des sujets, d'envoyer des journalistes sur le terrain, et tout ça sans dépendre d'intérêts politiques ou financiers, juste de vous.
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D
'après le ministre de l'économie, 2 000 euros, c'est donc correct comme retraite. On vit correctement, dit-il. Alors on ne sait pas très bien ce qu'il entend par correctement. Le dictionnaire, en revanche, lui, il parle d'une situation convenable, satisfaisante, voire suffisante. En gros, avec 2 000 euros, on serait plutôt peinard. C'est en tout cas la théorie du ministre, mais visiblement, entre Bercy et le reste du pays, il y a quand même quelques petits problèmes de conversion. La semaine dernière encore, un sondage Elab révélé qu'un Français sur deux ne parvenait pas à boucler ses fins de mois. Depuis 2017, le prix du plein de course a bondi de 25 à 30%.
Le carburant, qui tournait alors autour de 1,20
euro,
vient de franchir allègrement les 2,50
euros
et pourrait même bientôt tutoyer les 3 euros sur fond de guerre menés par les Etats-Unis et Israël au Moyen-Orient. Se loger coûte également beaucoup plus cher, avec une hausse moyenne du loyer de 17% sur la dernière décennie. Même ordre de grandeur pour l'énergie. Et pendant ce temps-là, les loisirs, les sorties, les vacances et tous ces petits plaisirs qui font qu'on ne passe pas sa vie à travailler pour payer ses factures deviennent eux aussi de plus en plus difficiles à financer. Alors forcément, quand on connaît le quotidien de millions de Français, les 2 000 euros de Roland Lescure prennent une toute autre dimension.
Parce qu'entre vivre correctement et survivre convenablement, il y a parfois quand même tout un monde. Mais alors, 2 000 euros de retraite en France, ça représente quoi concrètement ? Alors déjà, première en tourloupe. Roland Lescure ne nous précise pas s'il parle en brut ou en net. Un détail apparemment. Sauf que quand on parle de pouvoir d'achat, c'est quand même mieux de savoir combien il reste réellement à la fin du mois. Alors bon, généralement, les gens comme lui, les économistes de formation, hommes d'affaires, de profession, comme le mentionne sa fiche Wikipédia, ils parlent plutôt en brut.
Alors si c'est bel et bien le cas, vos 2 000 euros de retraite, après les prélèvements obligatoires, c'est déjà plus que 1 800 euros à la louche. Premier coup de rabot. Mais partons sur le scénario le plus favorable, parce que nous sommes bon esprit ici. Disons que Roland Lescure s'exprime en net. Avec une telle retraite de 2 000 euros donc, vous vous situez bel et bien dans la moitié supérieure des retraités français, dont la pension moyenne se situe autour de 1 700 euros. Mais attention, être mieux loti que la moyenne, ça ne
veut
pas non plus dire vivre confortablement. Ça veut dire qu'il y a des retraités qui vivent avec moins que vous. Et quand on en arrive à présenter une pension supérieure à la moyenne comme la preuve qu'on vit correctement, on ne démontre pas que tout va bien dans le pays. On révèle surtout à quel point le niveau de vie d'une partie des retraités est devenu préoccupant. Alors je vous propose d'ailleurs de poser le décor général. D'abord, la France est un pays de retraités. Environ 1 habitant sur 4 dans le pays est à la retraite. Ça représente un peu plus de 17 millions de personnes tout de même. En 2024, 10,4% des retraités vivaient sous le seuil de pauvreté. Ça, c'est les données de l'INSEE.
Soit environ 1,6 million de personnes plus âgées. Rappelons au passage que l'État français a lui-même fixé le minimum vieillesse à 1 043 euros à la louche par mois. Soit un montant inférieur au seuil de pauvreté fixé à 1 337 euros.
Bon,
autrement dit, l'État a fixé un minimum encore plus bas que le minimum. Fallait oser. Alors de l'autre côté du spectre, parlons-en quand même parce que ça dit quelque chose. Seuls 8% des retraités touchent une pension supérieure à 3 000 euros brut par mois en France. Voilà, faut le savoir. Et pour en revenir à la petite phrase de l'escur, il oublie surtout une chose assez essentielle. 2 000 euros, ça ne veut pas dire grand-chose sans savoir pour qui et pourquoi.
Parce que 2 000 euros pour une personne retraitée, en bonne santé, propriétaire de son logement, dans une petite ville ou à la campagne, c'est évidemment pas le même budget que 2 000 euros pour quelqu'un qui doit payer un loyer à Paris et encore moins pour une personne âgée dépendante qui doit financer un EHPAD dont le loyer moyen est de 2 700 euros en France. Je vous laisse imaginer. Et c'est là que le raisonnement du ministre devient particulièrement pratique. Il transforme un montant en niveau de vie, comme si 2 000 euros avaient la même valeur selon l'endroit où vous vivez, votre loyer, votre santé ou votre degré de dépendance.
Les gens ne sont pas évidemment des lignes dans des tableurs Excel à Bercy, mais c'est peut-être plus facile à oublier quand on est ministre de l'économie, passé par Polytechnique et qu'on affiche près de 3,7 millions d'euros de patrimoine immobilier. Autant vous dire que ça doit faire un moment que Roland Lescure n'a pas eu à survivre avec 2 000 euros en poche. Mais qu'à cela ne tienne, le ministre de l'économie compte bien demander aux plus âgés, notamment, de faire des efforts. Pour l'instant, il se contente de préparer le terrain avec des petites interventions médiatiques.
Dans les prochaines semaines, vous le savez, les projets de budget de l'État et de la Sécu vont être présentés puis débattus au Parlement. Et vous ne serez pas surpris d'apprendre que
c
'est la mouise.
La réalité, c'est que si on ne fait rien,
on
va dans le mur. Donc moi, je souhaite pouvoir présenter un budget global, équilibré,
je
dirais aussi juste que possible. Et j'entends bien chez tes rapporteurs généraux de la loi PACTE,
quand
j'entends Bruno Le Maire dire « il ne
faut
pas faire ça », je l'entends. Mais si on ne fait rien, on va dans le mur. Et moi, je souhaite que la France reste sur les rails de la croissance et de la soutenabilité budgétaire. C'est ma responsabilité.
Pour sortir de cette situation délicate, le gouvernement annonce 54 milliards d'euros d'économies. Une somme absolument vertigineuse et qui ne réglera pas tout, puisqu'en parallèle, la dette française devrait continuer à grimper jusqu'à atteindre 121,7% du PIB en 2027. Malgré les économies envisagées, le déficit est bien parti pour rester à 5,4% du PIB cette année et encore à 5% l'année prochaine. L'objectif de repasser sous les 3% est désormais repoussé à 2029.
Et
pour trouver ces 54 milliards d'économies, le gouvernement macroniste a ressorti sa recette préférée,
faire
les poches de celles et ceux qui ont le moins. Les retraités donc, qui seront priés de passer à la caisse avec près de 6 milliards d'euros d'économies attendus sur le dos de leurs pensions. Et le tableau dressé par l'économiste Henri Sterdignac de l'Observatoire français des conjonctures économiques n'est pas vraiment réjouissant. On l'écoute sur France Info.
Il y aurait à peu près 70% des retraités qui seraient touchés et parmi ces 70%, on aurait 30% des retraités qui subiraient à plein le fait que leur retraite serait fixe. Et en plus, ces malheureux retraités, ils subiraient la mesure fiscale de baisse de l'abattement pour frais professionnels. Donc on pourrait avoir des retraités
qui
ont des retraites de l'ordre de 2 500
euros
par mois qui perdent 4% de pouvoir d'achat l'année prochaine, ce qui est quand même important.
Parmi les autres pistes d'économie envisagées par le gouvernement, on retrouve encore les arrêts maladie, un grand classique qui devrait être davantage encadré. On ne sait plus ce qu'ils encadrent à force. Et puis les fonctionnaires, évidemment, qui devraient voir leur rémunération et leurs conditions de travail mises sous pression. Les aides au logement et les dépenses sociales seront également, évidemment, dans le viseur. Bref, quand il faut trouver de l'argent, il y a toujours quelqu'un pour ouvrir le portefeuille. Et ce quelqu'un ressemble furieusement au même quelqu'un que d'habitude.
Pendant ce temps, les aides publiques aux entreprises, elles, elles continuent de bénéficier d'un traitement, disons, beaucoup plus délicat. On parle de compétitivité, d'emploi, d'investissement. On nous explique qu'il ne faudrait surtout pas fragiliser les entreprises. La grande rigueur budgétaire s'arrêtera donc, curieusement, à la porte de certains bilans comptables. Et c'est là que le fameux effort collectif devient intéressant. Quand il concerne les retraités, les malades, les services publics, c'est évidemment une nécessité absolue. Quand il s'agit de remettre en cause certains soutiens au capital, les fraudeurs fiscaux, au hasard, tout devient soudainement beaucoup plus compliqué.
Vous connaissez la chanson avec Macron, l'effort est collectif, l'addition beaucoup moins. Alors, on nous répète que les comptes publics nous imposent des choix. Très bien. Mais les comptes publics ne prennent pas les décisions à la place des gouvernements. Quelqu'un décide de ce qu'on coupe, ce qu'on protège, et à qui on fait porter l'addition. Et ça, ce n'est pas une fatalité comptable. C'est aussi et surtout de la politique. Et on commence à bien la connaître, la politique de Macron. En 2018, tout juste arrivé à l'Elysée, Jupiter nous promettait de s'attaquer à la pauvreté et lancer un grand plan censé permettre de l'éradiquer à moyen terme.
Alors bon, deux mandats plus tard, il a hérité du sobriquet président des riches. Et ce n'est pas pour rien. Le nouveau baromètre du Secours populaire et d'Ipsos montre une précarité qui s'installe et s'aggrave en France. 26% des Français se déclarent en situation de précarité. 4 travailleurs sur 10 disent que leur salaire ne suffit plus à couvrir leurs dépenses. 1 sur 5 termine le mois à découvert. Et quand il faut arbitrer les dépenses, évidemment, on commence par couper dans ce qui n'est pas strictement vital. C'est un classique. Résultat, 73% des sondés disent avoir renoncé à des sorties ou à des loisirs en famille, faute d'argent. Mais ce n'est pas tout.
La moitié d'entre eux déclarent avoir eu froid chez eux, faute de pouvoir augmenter, voire carrément allumer le chauffage en hiver. 3 sur 10 ont aussi dû renoncer à de la nourriture ou à des soins. Et 4 sur 10 craignent ne plus pouvoir payer leur loyer ou leur crédit. Voilà où on en est. Merci patron, comme dirait l'autre. Et Yann Brossat, le sénateur communiste, estime tout bonnement, lui, que Macron transforme les classes moyennes en mendiant. Je vous propose de l'écouter.
C
'était au micro de BFM.
La grande performance d'Emmanuel Macron,
c
'est d'avoir réussi à transformer les classes moyennes en mendiant qui passent leur temps à condamner d'une certaine manière à quémander des aides. Un jour, c'est la prime d'activité. Un jour, c'est le chèque énergie. Un jour, c'est le chèque carburant. Râle-bol.
12 millions de personnes sont désormais touchées par la précarité énergétique en France. Un quart ont dû sacrifier leurs dépenses essentielles pour payer l'énergie ou le carburant. Et ça ne risque pas de s'arranger avec les conflits en cours au Moyen-Orient. Il se murmure que les prix pourraient rapidement atteindre les 3 euros du litre. Si rien n'est fait. Mais ne comptez pas sur des mesures spectaculaires de la part du gouvernement. Vous serez déçus. Tout juste concède-t-il, comme à son habitude, quelques miettes. Pour le budget 2027, l'exécutif promet ainsi une règle d'or.
Si
la flambée des prix du carburant génère davantage de recettes de TVA pour l'État, ce surplus serait alors intégralement reversé aux Français sous forme d'aide, comme toujours. Autrement dit, plus votre plein coûte cher, plus l'État encaisse de TVA. Ça,
c
'est mécanique. Et donc, il promet de vous la rendre en partie sous forme d'aide. Enfin, ça, c'est sur le papier. Parce que depuis le début de la crise, le gouvernement assure qu'il n'aurait pas gagné d'argent grâce à la hausse des prix de l'essence. Il aurait même perdu des recettes. Alors, je ne
sais
pas ce que vous en pensez, mais ça ressemble encore à une grosse douille, cette affaire-là. Mathilde Panot, la chef de groupe LFI à l'Assemblée, n'a d'ailleurs pas manqué de le souligner. Lors de sa conférence de presse hebdomadaire, elle dénonce, quant à elle, un tour de magie insupportable. On l'écoute.
C
'est un gouvernement qui est décidément un gouvernement d'incapables. Je rappelle que c'est le gouvernement qui avait décidé de donner la légion d'honneur à Patrick Pouyanné, qui est à la tête de Total. et qui, décidément, préfère privilégier Total et l'argent qui est donné aux actionnaires, aux gens qui sont en train de souffrir dans des proportions inimaginables. Je rappelle que beaucoup de gens, y compris dans les territoires ruraux, sont entièrement dépendants de la voiture, se trouvent parfois à 50-60 kilomètres d'une petite gare, de la possibilité d'avoir un bus. Donc,
c
'est insupportable d'avoir un gouvernement qui ne propose absolument rien, une règle d'or pour répartir la TVA.
Mais
alors, je ne sais pas ce qu'ils peuvent inventer d'autres. Il y a quelque chose de simple qui existe déjà dans ce pays. Je rappelle qu'à la Réunion, il y a des prix administrés sur le carburant, que le carburant est à 1,68 € à la Réunion, et que donc, ce que nous demandons, non seulement a déjà existé dans l'histoire, existe en ce moment même en France. Et la seule manière de faire payer ceux qui se gavent et ceux qui sont des profiteurs de guerre, c'est-à-dire Total, plutôt que d'aller chercher dans les poches des gens qui n'en peuvent déjà plus.
Alors, de nouvelles mesures d'aide et autres habituels dispositifs de soutien, probablement anecdotiques, qu'on se le dise, doivent être annoncées ce mardi à 17h, juste après le tournage de cet épisode. Mais pour l'heure, les oppositions, disons-le, sont loin d'être convaincues. À ce stade, les pistes budgétaires évoquées par le gouvernement ne sont pas définitives. Elles doivent être étudiées par les parlementaires, puis votées, à moins que l'exécutif ne décide évidemment encore de passer en force. Une perspective que tout le monde envisage, évidemment. La patronne des insoumis à l'Assemblée a d'ailleurs d'ores et déjà évoqué la possibilité d'une motion de censure spontanée. Sur
la question de la motion de censure spontanée, effectivement, tout est possible. Mais vous nous laisserez annoncer en temps voulu ce que nous voulons faire. Mais oui, il est tout à fait possible que nous faisions une motion de censure spontanée. Et en tout cas, comme à chaque fois, s'il y a un 49.3 ou un passage en force, à chaque fois, nous y répondrons pour défendre la dignité du Parlement avec une motion de censure.
Et
puis les Français, oui,
ils
commencent à en avoir sérieusement ras-le-bol de serrer la ceinture et de se sacrifier. La coupe pourrait bien déborder dans la rue avec le nouveau projet budgétaire à venir. Sur les réseaux sociaux, d'ailleurs, l'ombre d'un retour des gilets jaunes plane. On en a parlé dans le récap avec une date butoir, le 17 octobre prochain. Après tout, peut-être que ce sera l'occasion pour la Macronie de redécouvrir un concept qu'elle semble avoir un peu oublié, celui de la réalité. Voilà, parce que derrière leurs milliards d'économies, leurs règles d'or et leurs tableaux budgétaires, il y a des gens qui font les comptes en fin de mois, des gens qui renoncent à des sorties,
à
du chauffage et parfois à des soins ou à même à manger. Des gens à qui on demande encore de faire un effort alors qu'ils ont déjà supprimé tout ce qu'ils pouvaient supprimer. Et pendant ce temps, un ministre de l'économie leur explique qu'avec 2000 euros, on vit correctement. Alors peut-être que le 17 octobre, certains Français auront envie de lui répondre directement devant Bercy, depuis la rue. Puis moi, pour le reste, je me la joue un peu flémarde. Je laisse le mot de la fin à Philippe Poutou, histoire de vous détendre un peu.
Il n
'y a
pas eu de baisse d'effectifs ? Ben oui. Ben oui. Il n
'y
a pas de démantèlement des services publics.
Non, c'est vrai. Ben non, c'est vrai. Alors c'est
bien un plateau télé parce qu'il y
a
un
déni. Alors
le déni, c'est à la mode. On fait un déni, il n
'y a
pas de génocide en Israël, en Palestine. Et puis là, il n'y a pas de pauvreté qui s'augmente puisqu'en fait les riches sont vraiment bien taxés et qu'il
y a
la redistribution des richesses comme il faudrait. Et puis le déni aussi,
c
'est finalement, il n
'y a
pas de problème dans la société. Par contre, le problème, ce serait si jamais on osait s'en prendre au capitalisme. Là, oui, ça créerait des problèmes. Bon, là, il y a vraiment un déni de la réalité. Vous ne
vous
rendez peut-être pas compte qu'il y a plus de 10 millions de pauvres en France qui vivent sous le seuil de pauvreté. Vous
ne vous rendez peut-être pas compte qu'il y a un cynisme de l'ultra-ricien.
Ça,
vous ne le voyez pas. Vous êtes dans vos fauteuils, dans vos bureaux. Et puis vous ne voyez rien. Il y a des difficultés entre vous. Tout est
bien, finalement.
Merci
d'avoir regardé cette nouvelle édition du Récap. N'hésitez pas à nous laisser vos impressions en commentaire si vous nous regardez sur YouTube ou par e-mail si vous nous regardez à la télé. Vous le savez, si vous voulez nous aider à faire durer l'aventure du média, rendez-vous sur capsur10k.lemédiatv.fr pour devenir un de nos 10 000 donateurs mensuels. C'est très important, j'insiste. Puis si vous aimez particulièrement le Récap, que vous avez rendu qu'on discute ensemble, de choisir et de proposer des sujets, et bien moi, je vous attends sur le canal Instagram dédié à l'émission. Le lien pour le rejoindre est dans la barre d'infos YouTube.
Un grand merci à vous et une très bonne soirée sur le média.
Roland Lescure