Attentat raciste de Trappes, mobilisation du 31 octobre, présidentielle... Le "8h30 franceinfo" de Yannick Jadot
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse directe
Bonjour Yannick Jadot, nous allons évoquer avec vous la mobilisation des lycéens qui continuent, la mobilisation contre la vie chère aussi avec des appels à manifester demain.
- 0:21FerméeRéponse partielle
Vous serez à la manifestation d'ailleurs ce soir ?
- 2:38RelanceÉludée
Mais Yannick Jadot, vous mettez... Et je trouve ça, franchement, indécent, je trouve ça d'une indignité extraordinaire.
- 3:19RelanceRéponse directe
Vous mettez sur le même plan d'égalité Jordan Bardella et Edouard Philippe. Pour vous, ils sont responsables du même racisme qui a pu armer idéologiquement l'assassin de Trappes ?
- 6:03FerméeRéponse directe
Est-ce qu'il faut durcir nos lois sur l'incitation à la haine raciale ?
- 7:44FerméeRéponse directe
Vous êtes sénateur, Yannick Jadot, ce sont des propositions que vous voulez porter aujourd'hui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:09Invité politiqueFait
« Pango Buiasio-Wanji, et puis on sait qu'il y a une troisième victime qui est quand même dans un état extrêmement critique. »
- 2:25PrésentateurFait
« qu'il y avait une surreprésentation des jeunes issus des banlieues dans les violences. »
- 5:01Invité politiqueFait
« des milices d'extrême droite, du GUD, et qui, tous les amis de Marine Le Pen et de Bardella, qui se baladent à visage découvert maintenant des néo-nazis antisémites, racistes, qui se baladent dans nos rues. »
- 6:10Invité politiquePromesse
« Oui. Il faut que la République se protège. »
- 6:41Invité politiquePromesse
« Moi, je pense qu'à un moment donné, si vous voulez, quand vous êtes condamné pour incitation à la haine raciale, vous devez être inéligible, tout simplement. »
- 7:29Invité politiquePromesse
« Première sanction, une heure d'interdiction de diffusion. Avec un bandeau sur l'écran noir de CNews, le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit. »
- 17:52PrésentateurFait
« Est-ce qu'il faut hausser le SMIC ? »
- 17:56Invité politiqueChiffre
« Bien sûr, on a 14 millions de Français. »
- 18:02IntervenantChiffre
« Jean-Luc Mélenchon demande 1 600 euros net aujourd'hui. C'est près de 15% d'augmentation. »
- 18:05Invité politiquePromesse
« Ce que propose Raphaël Glucksmann c'est pour les personnes qui sont au SMIC effectivement de toucher 1 700 euros net. »
- 19:18Invité politiqueChiffre
« la France c'est le pays européen qui a le moins fait évoluer son SMIC on a fait évoluer notre SMIC deux fois moins que nos voisins je parle allemand nord de l'Europe et trois fois moins que l'Espagne. »
- 20:24Invité politiqueChiffre
« c'est l'INSEE qui le dit sous Emmanuel Macron on est revenu 30 ans en arrière sur le niveau des inégalités et on n'a jamais eu depuis très longtemps autant de pauvres dans notre pays. »
- 21:15PrésentateurChiffre
« une hausse de 91% par rapport à l'an passé »
- 21:31Invité politiqueChiffre
« Total Energy va faire entre 25 et 30 milliards d'euros de bénéfices cette année. »
Temps de parole
- Yannick Jadot68 %
- Intervenant11 %
- Présentateur8 %
- ?8 %
- Invité2 %
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Bonjour Yannick Jadot, nous allons évoquer avec vous la mobilisation des lycéens qui continuent, la mobilisation contre la vie chère aussi avec des appels à manifester demain. Mais d'abord cet hommage rendu à Trappes aujourd'hui à l'appel du maire de la ville Ali Rabé une semaine après l'attentat terroriste raciste qui a fait un mort, Pingo Bossio Wangi, et sept blessés dont un est toujours en urgence absolue. Vous serez à la manifestation d'ailleurs ce soir ?
Malheureusement, vous avez peut-être vu, je suis venu avec des béquilles, donc j'ai une mobilité extrêmement limitée en ce moment, mais je regrette de ne pas y aller évidemment, y compris d
'y
accompagner Raphaël Glucksmann. Qui y sera ? Bien sûr, il y sera.
Et
je regrette d'ailleurs que la droite, qui se prétend républicaine, ne fasse pas le déplacement. Je trouve que... Vous pensez à qui ?
Je
pense à Édouard Philippe, je pense à Gabriel Attal, ils sont candidats à
l
'élection présidentielle, je pense à un certain nombre de ministres.
Ça ne doit
pas être
un rassemblement uniquement de gauche, c'est ce que vous dites
? Ça devrait être le rassemblement de la nation, vous savez, que ce soit les enfants, le rabbin de l'école juive de Toulouse, que ce soit les attentats du Bataclan, que ce soit évidemment Pango Buiasio-Wanji, et puis on sait qu'il
y
a une troisième victime qui est quand même dans un état extrêmement critique. Encore
un rassemblement absolu.
En fait, elle et ils sont nous,
ce
sont toutes et tous les enfants de la République. Pourquoi n'y vont-ils pas, selon vous ? Parce que je trouve qu'ils ont aujourd'hui une relation, un rapport, je trouve, extrêmement dégradé
à
la lutte pour la République, à la lutte contre le racisme.
Quand
j'entends, évidemment, vous avez vu les propos qu'a tenus le terroriste,
c
'est quasiment mot pour mot les propos de Bardella.
Les
propos sur trappe, cette
République islamiste miniature.
Donc,
il
reprend les propos de l'extrême droite, qui, même après l'attentat, continue à stigmatiser des Françaises et des Français. Vous avez Édouard Philippe, dont j'ai lu l'interview. Alors, je comprends que ça va mal du côté des sondages, mais en plein mouvement lycéen,
en
plein mouvement social sur la vie chère,
un
candidat à l'action présidentielle fait exactement comme l'extrême droite et reprend l'idée de l'obsession de l'immigration. Pour
être précis dans le point, Édouard Philippe disait
qu'il y avait une surreprésentation
des jeunes issus
des banlieues dans les violences. Vous vous rendez compte que, pour toute une partie de la droite aujourd'hui, il n'arrive pas à intégrer que des Noirs, des Arabes, des musulmans, sont des Françaises et des Français.
Mais Yannick
Jadot, vous
mettez... Et je trouve ça, franchement, indécent, je trouve ça d'une indignité extraordinaire. Nous devons, à tous les enfants de la République, nous devons protection, nous devons égalité des droits, nous devons promesse républicaine d'émancipation. Et vous avez toute une classe politique aujourd'hui
qui
joue sur la division de la société
et
qui continue, encore une fois, à considérer qu'ils n'arrivent pas à dire
qu
'un Noir, un Arabe, un ou une musulmane, ce sont des Français. Et je trouve ça indigne au regard du moment politique que nous... Et
pour
préciser votre pensée, Yannick Jadot, ce matin, vous mettez sur le même plan d'égalité Jordan Bardella et Edouard Philippe. Pour vous, ils sont responsables du même racisme qui a pu armer idéologiquement l'assassin de
Trump.
Quand
j
'entends le ministre garde des Sceaux, ministre de la Justice, M. Darmanin, lui aussi, dire au fond, ce qu'on a vu sur les images, ce sont des jeunes issus de l'immigration. C'est-à-dire qu'en fait, implicitement, qu'est-ce qu'il dit ? Ce ne sont pas des vrais Français. C'est ce que dit Retailleau. Ce sont des Français de papier. Ils sont Français, mais parce qu'ils sont Noirs, Arabes ou musulmans,
ils
ne les considèrent pas comme des Français. Quand vous avez une ministre en charge
de
la lutte contre les discriminations, Mme Berger, qui n'arrive pas à dire que le grand remplacement est une théorie complotiste, raciste.
Ça
s
'est
passé sur
le
plateau de CNews. Elle est revenue après
la position de ses propos, comprenant la polémique que ça avait créé.
Oui, elle a compris la polémique, mais elle n
'a
pas retiré ses propos. Et je trouve ça...
Vous
savez, Edouard Philippe me fait penser à... Vous vous souvenez du Premier ministre David Cameron, qui, par
cynisme, Premier
ministre britannique, qui, par cynisme politique, en se disant « Tiens, je vais aller sur les plates-bandes de l'extrême droite », avait lancé le Brexit, le référendum sur le Brexit, qui s'est, en fait, été
construit comme
un référendum sur l'immigration. La société britannique ne s'est pas remise
de
ce Brexit. Elle est fracturée. Vous avez une libération absolue de la parole raciste. Vous avez une libération absolue, des violences. Vous avez, comme on a vu dans les villes de France, le 24 octobre, des milices d'extrême droite, du GUD, et qui, tous
les amis de Marine Le Pen et
de Bardella, qui se baladent
à
visage découvert maintenant
des
néo-nazis antisémites, racistes, qui se baladent dans nos rues. Ça fait penser au SA du début des années 30 en Allemagne. Sur cette
libération du discours,
le maire Ali Rabé, maire de Trappes, était l'invité ce matin de France Inter. Je vous propose de l'écouter. Il demande des mesures plus strictes pour lutter, justement, contre la haine raciale.
Alors,
on ne peut pas interdire des idées. Il ne le faut surtout pas. En revanche, on peut rendre illégale la parole de ceux qui considèrent qu'il y
a
un ennemi de l'intérieur
et
qui expliquent, en désignant toute une partie de la population, que ce sont des envahisseurs. S'il fallait aller jusqu'à modifier la Constitution pour rendre illégale cette théorie et ceux qui répandent cette parole, les faire condamner plus lourdement et les interdire, en effet, d'expression publique sur les plateaux, eh bien, c'est souhaitable à mes yeux et l'urgence l'exige à la suite de cet attentat.
Yannick Jadot, l'incitation à la haine raciale, le racisme, les propos discriminatoires sont déjà condamnés.
Est
-ce qu'il faut durcir nos lois ?
Oui. Il faut que la République se protège. Il faut que la République se protège. On voit bien qu'il
y a
une forme, au nom d'une prétendue liberté d'expression, qui est une liberté d'exprimer de la haine, qui est une liberté d'être raciste, qui est une liberté d'être antisémite. Alors, toujours en jouant parfois
du second degré. Mais Yannick Jadot, il y a des condamnations.
Éric Zemmour, par exemple, a déjà été condamné pour propos
et incitation à la haine raciale.
Mais vous vous rendez compte que, malgré ces condamnations, il continue à arpenter les plateaux télévision
?
Et donc, il faut l'interdire de plateaux télévision,
l'interdire de médias
? Moi, je pense qu'à un moment donné, si vous voulez, quand vous êtes condamné pour incitation à la haine raciale, vous devez être inéligible, tout simplement. Mais ça va au-delà de ça. Mais c
'est
au-delà de ça, là, ce que vous dites. Oui, ça va au-delà de ça. Par exemple, vous avez CNews, qui continue à diffuser tranquillement.
Il
va quand même falloir, à un moment donné, réveiller l'ARCOM. Vous voulez
affaire à CNews
?
L'ARCOM,
qui est l'organisme qui est censé contrôler l'activité des médias. Et qui a déjà condamné CNews à plusieurs reprises.
D
'accord, mais ça fait quoi, en fait
? Pardon,
mais quand vous avez une animatrice qui dit que les immigrés sont des violeurs, vous avez ? Moi, je pense qu'il faudrait être beaucoup plus raide. Première sanction,
une
heure d'interdiction de diffusion. Avec un bandeau sur l'écran noir de CNews, le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit.
Récidive, une
journée, quand vous avez des éditorialistes qui, sur les plateaux, qualifiaient les maires noirs qui ont été élus
aux
dernières élections municipales de grands singes. Vous
êtes sénateur, ce sont des propositions que vous voulez porter ?
Et après
interdiction de CNews, s'il y a récidive. Vous êtes sénateur, Yannick Jadot, ce sont des propositions que vous voulez porter aujourd'hui
?
Absolument. Que
vous voulez inscrire dans la loi ? Il faut, à
un moment donné, que l'ARCOM fasse son boulot. Il y a une forme, s'installe dans notre pays, une forme de tolérance vis-à-vis de l'inacceptance. C'est pour ça que j'ai été, en début d
'interviews
aussi dures sur Edouard Philippe et Gabriel Attal et les macronistes. Parce qu'ils ne peuvent pas, comme ça, perdre les principes et les réflexes qui fondent le comportement républicain. Notre République est menacée. Notre démocratie est menacée. Vous voyez combien l'extrême droite s'assume raciste et,
heureusement,
grâce au travail des journalistes, on voit à quel point ils sont toujours
anti-Sénu. Yannick Jadot,
pour être clair ce matin sur ce que vous demandez, vous demandez l'interdiction de CNews parce
que vous dites
qu
'il faudra un achat.
Moi,
je ne veux pas interdire. Il
y a déjà eu des sanctions de l
'ARCOM.
Mais moi, il faut avoir un arsenal répressif contre le racisme qui est beaucoup plus dur, notamment dans ce qui se répand dans les médias. Donc, moi, je ne veux pas interdire par principe CNews parce que ça appartient à un milliardaire xénophobe. Ce n
'est
même pas mon sujet. Je le regrette. Je ne vais jamais sur CNews. Mais ce n
'est
pas mon sujet. Mais dès qu'ils font une faute, dès qu'ils laissent passer des propos racistes,
on sanctionne.
Et s'ils ne se corrigent pas, ils dégagent.
Ce que vous avez dit, par exemple, en prenant, pour exemple, Éric Zemmour, il faut l'interdire de micro.
C
'est quasiment ce que vous dites. Bien sûr. Et d'autres. S'il
y
a des propos qui ont été condamnés pour incitation à l'arrivée.
Vous savez qu'en région francophone belge, en fait, les partis
qui
portent des propositions contraires à la Constitution et à l'esprit de la Constitution sont interdits de médias.
Donc,
on n'en est pas là. Mais franchement, laisser se dérouler
autant
de propos racistes qui divisent... Vous vous rendez compte le quotidien dans notre pays des Noirs, des Arabes, des musulmans qui, matin, midi et soir, entendent des responsables politiques qui les stigmatisent, qui les humilient, qui leur disent en permanence vous n'êtes pas des vrais Français ou prouvez-nous que vous êtes des vrais Français sachant que, comme vous êtes Noirs, Arabes et musulmans, ça n'arrivera jamais. Eh bien, on ne peut pas laisser ce climat s'installer dans notre pays. Notre pays, c'est la République. Elle aime tous ses enfants et elle doit les protéger.
C
'est l'égalité des droits et c'est le plus beau des combats, l'un des plus beaux combats que va porter Raphaël Guzman
dans cette campagne.
Mais
ce
que vous demandez ce matin, ça peut être aussi associé à de la censure, à de
la
censure de vos
adversaires politiques qui
sont, en plus, vous visez très clairement le Rassemblement National, qui sont dans les sondages donnés très hauts et dont les
propos
ne semblent pas déplaire à plus de 10 millions d'électeurs.
Eh bien, il
va falloir que chacune et chacun se réveille.
En
fait, il va falloir que chacune et chacun... On peut avoir de la colère
par
rapport à l'affaissement économique, social, écologique de ce pays. On a le droit d'avoir de la colère. Mais on n'a pas le droit de laisser notre République sombrer dans le racisme, l'antisémitisme, la haine des autres avec des milices de Goudard, copains de Marine Le Pen qui, dans nos villes, insultent, intimident, frappent impunément.
On a saisi votre propos sur ce sujet, Yannick Jadot. Dans quelques instants, vous avez parlé de colère. Il y
a
une colère sociale, effectivement, qui s'exprime en ce moment dans la rue. Il y
a
des défilés prévus demain. On va évoquer ce sujet avec vous.
Le
8.30 France Info, Camille Girère, Benjamin Fontaine.
Yannick Jadot, sénateur écologiste de Paris, soutien de Raphaël Glucksmann dans cette campagne présidentielle. Vous êtes notre invité ce matin du 8.30 France Info. Demain, samedi, aura lieu une nouvelle journée de mobilisation sociale. On va évidemment parler des revendications. Mais sur
le
dispositif, tout d'abord, c'est important également. Et vous, en tant que sénateur de Paris, vous l'avez vu, dans les rues de la capitale, le dispositif exceptionnel de la semaine dernière a été reconduit. 70 000 policiers et gendarmes et les centres-villes sont interdits aux manifestations à Paris, mais aussi dans l'ensemble de la France. Est-ce que c'est une mesure de restriction nécessaire
? Il
y a un principe dans notre Constitution et il faut le protéger.
C
'est le droit de manifester. Et il est évident qu'il serait inacceptable de dire vous avez droit à une manifestation, mais c'est sur les causes du Larzac. et uniquement sur les causes du Larzac.
C'est ce qui s'est passé la semaine dernière à Paris.
Ce
n'est pas dans le centre-ville, mais sur les boulevards maréchaux.
Et ça va être la même chose
très probablement.
À partir
du moment où le tracé est négocié entre les organisateurs des manifestations et les préfectures, parce que c'est comme ça que ça se passe, et qu'ils tombent d'accord sur un tracé qui, à la fois, évidemment, protège les manifestants, parce qu'il faut aussi protéger les manifestants des casseurs.
Sauf que les organisateurs ne sont pas d'accord pour ne pas manifester dans le centre de Paris, c'est bien là le problème.
Mais
ce qui s'est fait la semaine dernière a permis quand même d'avoir une manifestation et qu'on protège aussi s'il
y
a un risque de casse et de pillage une partie des commerces. Moi, ça ne me pose pas de problème. Encore une fois, à partir du moment où le droit de manifester est respecté, ça veut dire quoi ? En fait, le droit de manifester, ça veut dire que si vous voulez venir manifester,
vous
pouvez prendre un train, vous pouvez prendre, pour Paris, ou pour un certain nombre de grandes villes, vous pouvez prendre un métro,
un tram, un bus. Et donc, ça veut
dire que c'est quand même, ça doit être en ville parce que c'est là que ça
se passe.
Mais s'il y a des impératifs de sécurité, des menaces clairement identifiées... C
'est ce que dit
Laurent Nunez, le risque de violence urbaine est
très
élevé. J'entends, j'entends. Et j'espère que ça ne tournera pas au fiasco comme la dernière fois. Le
17 octobre.
Le
17 octobre. Et que, encore une fois, pour moi, à partir du moment où c'est sécurisé et que le droit de manifester est garanti,
il
peut y avoir négociation sur les parcours.
Est
-ce que ce droit de manifester, il est en danger, selon vous ? Parce qu'on a entendu beaucoup de voix à gauche le dire.
Écoutez, c'est un droit qui est, depuis un certain nombre d'années, particulièrement depuis la mobilisation des Gilets jaunes, qui est un droit qui est bousculé, pour le moins.
À
partir du moment où, déjà, vous avez une doctrine de maintien de l'ordre qui, à la différence des autres pays européens, parfois, met en insécurité celles et ceux qui manifestent totalement pacifiquement, c'est une forme de remise en cause du droit à manifester. Il faut que, dans notre pays, qui est une grande démocratie, on puisse de nouveau manifester. Et je n'écarte absolument pas le rôle terrible
de
dilution de toutes les revendications sociales que les casseurs amènent dans ces manifestations. Je ne néglige
pas du tout le drame pour beaucoup de commerçants. le
dispositif de sécurité. Les rassemblements aussi sur les places publiques seront interdits après 20h. C'est ce qu'a annoncé Laurent Nunez hier soir lors d'un print-pouest.
Nous
avons de nombreux appels à rassemblements qui invitent les gens à se rendre sur des rassemblements de voie publique à partir de 20h dans de nombreuses villes de France. Avec des messages qui appellent à faire la révolution, à mettre en place l'insurrection. J'en ai quelques-uns sous les yeux. Ces rassemblements, bien évidemment, qui se dérouleront à partir de 20h, peut-être un peu avant ou peut-être un peu après, seront bien évidemment interdits par les préfets. Le prétexte de la nuit d'Halloween ne sera pas un motif légitime pour se dissimuler le visage dans l'espace public pour commettre des troubles à
l
'ordre public. Que les choses soient claires.
Qu'est
-ce
que vous inspire cette déclaration ? Ça dit quoi aussi de l'ambiance ? En France, on ne peut plus se réunir après 20h sur les places publiques ?
Ça dit
une
forme d'affaissement assez profond du débat politique dans notre pays.
Ce
qui se joue là, c'est l'avenir de notre jeunesse qui est désespérée, évidemment, angoissée par les guerres sur le continent européen, par le dérèglement climatique, par des conditions d'enseignement. qui
sont dramatiques.
C'est
assez
incroyable. Vous avez quand même une jeunesse qui ne dit pas nos futurs ou qui ne dit pas on va faire la révolution. Ils disent nous, on veut du papier toilette dans les toilettes. Nous,
on
veut des profs parce que dans certains coins, vous le savez, en Seine-Saint-Denis, on peut perdre jusqu'à une année de scolarité. Des bâtiments
décents.
On veut des bâtiments décents. Donc tout ça est parfaitement légitime. Vous avez en même temps une mobilisation sur la vie chère avec les hausses des prix des carburants des produits alimentaires et des salaires qui ne suivent pas. Donc tout ça est tellement légitime et que ces grands sujets essentiels pour nos concitoyens, essentiels pour notre pays ne puissent pas être débattus, ne puissent pas être traités de manière un peu apaisée, qu'on ne puisse pas apporter des solutions à notre jeunesse alors que tous les jeunes sont concernés. Tous les jeunes sont concernés qu'ils soient en milieu rural, en milieu urbain, en quartier populaire ou je ne sais pas où.
Et donc c'est quand même dramatique que tout le débat tourne autour de la violence parce qu'on a quand même dix ans de macronisme qu'ont tué les corps intermédiaires ou qu'ont bousculé les corps intermédiaires, méprisé les corps intermédiaires dans notre pays et on a une sorte de président qui ne sert plus à grand chose et une
société qui n'en peut plus. Qui n'a pas à
trouver de réponse
face à la crise. Une société
qui n'en peut
plus
et quand le Premier ministre...
Vous
savez quand vous
avez crise... En tout cas les
syndicats ont de nouveau été entendus il y a quelques jours par
le gouvernement. J'aimerais qu
'on avance, Yannick Ladeau, sur les revendications parce qu'il ne nous reste
pas de temps. Je ne vais pas vous faire une
info donc je vous laisse poser vos questions. On vous remercie. Le gouvernement étudie une hausse du SMIC. Ça fait partie des pistes. Est-ce que c'est une bonne piste selon vous ? Ça
dépend
de combien il va hausser. Est-ce qu'il faut hausser le SMIC ? Bien sûr, on a 14 millions de Français.
De combien ? Justement.
Jean-Luc
Mélenchon demande 1 600 euros net aujourd'hui.
C'est
près de 15% d'augmentation.
C'est beaucoup.
Ce que propose Raphaël Glucksmann c'est pour les personnes qui sont au SMIC effectivement de toucher 1 700 euros net mais comme vous le savez ça vient de deux instruments.
C
'est à la fois la hausse du SMIC on a besoin c'est une décision de l'État et c'est aussi pour les bas salaires la suppression de la CSG financée sur les méga-héritages. Le
patronat ne suit pas
du tout sur ces
propositions en
disant c'est intenable vu
le
contexte vu la croissance vu les difficultés
le
patronat dit nous n'avons pas les moyens vous leur répondez
quoi
? Vous comprenez que quand on baisse la CSG
ce
n
'est
pas un coût pour les entreprises donc là l'argument ne tient pas et puis vous savez bon c'est normal le patronat est dans son rôle j'allais dire si on écoutait le patronat depuis la révolution industrielle on aurait des enfants dans les mines mais
il faudrait connaître que le SMIC augmenter le SMIC c'est plus de charges c'est plus de charges donc que
le patronat dise attention c'est normal mais vous reconnaissez qu'augmenter le SMIC c
'est plus de charges pour le patronat bien sûr
il faudra adapter sur un certain nombre de petites entreprises mais sur les dix dernières années
la
France c'est le pays européen qui a le moins fait évoluer son SMIC on a fait évoluer notre SMIC deux fois moins que nos voisins je parle allemand nord de l'Europe et
trois fois moins
que l'Espagne donc
on
a un problème de salaire dans notre pays vous savez que les secteurs qui sont les plus là où il y
a
le plus de personnes au SMIC ce sont souvent les secteurs qui ne sont pas exposés à la concurrence internationale et parfois dans des secteurs de l'agroalimentaire où il y a beaucoup d'argent il ne doit pas échapper qu'il y a eu un record de distribution de dividendes au CAC 40 que les taux de marge ne sont pas un problème aujourd'hui dans notre pays
est-ce qu'on s'adaptera c'est qu'il y a d'argent à
aller chercher et que l'argent existe et qu'il faut accepter de plus se redistribuer aux
salariés et
puis notre pays si vous voulez c'est pas c'est un problème enfin les françaises et les français sont confrontés à une hausse des prix des carburants des prix alimentaires je l'ai dit vous le savez c'est l'INSEE qui le dit sous Emmanuel Macron on est revenu 30 ans en arrière sur le niveau des inégalités et on n'a jamais eu depuis très longtemps autant de pauvres dans notre pays donc à un moment donné vous ne pouvez pas avoir d'un côté on maintient les salaires à un niveau trop faible et on supprime des allocations et puis je trouve qu'il
y a
une réflexion si vous me permettez
rapidement
Yannick Jadot de la CFDT qui est intéressante sur c'est quoi le SMIC
vous
avez des gens qui au bout de 20 ans 25 ans de carrière sont toujours au SMIC c'est inacceptable il
faut qu'il y
ait
une
progression des
salaires plus
rapide une forme
de sentiment de non reconnaissance d'indignité liée au fait de rester au SMIC toute sa vie
et donc il faut que
ça évolue
Yannick Jadot des super profits justement dans l'actualité hier les bénéfices records de Total plus de 7 milliards et demi d'euros au troisième trimestre une hausse de 91% par
rapport à l'an passé
des
résultats portés notamment par la hausse des prix du pétrole quel regard vous portez sur ces chiffres là alors qu'aujourd'hui Total est accusé d'être un profiteur de guerre notamment par la France insoumise
écoutez
probablement Total Energy va faire entre 25 et 30 milliards d'euros de bénéfices cette année c'est plus qu'en 2022 avec la guerre en Ukraine donc franchement deux guerres ça profite plus à Total qu'une seule guerre
ce que répond Total
c'est qu'ils plafonnent aussi les prix à la
pompe et que cela par exemple ça
leur a coûté 500 millions d'euros
écoutez ça il faudra vérifier parce qu'en juin dernier monsieur Pouyanné auditionné à
l'Assemblée nationale
disait que c'était 200 millions là ils sont encore une fois ils vont être à 25 milliards alors même si c'est 500 millions allez on va leur donner le bénéfice ils sont ils ne comptent pas tous les clients qui font venir chez eux parce
que c'est aussi une
opération commerciale et bien on les surtaxe
on
les surtaxe quand vous avez des françaises et des français qui n'arrivent plus à faire le plein qui sont percutés dans leur liberté de se déplacer pour aller voir les parents qui peuvent être âgés et en difficulté pour s'occuper des enfants les emmener au sport ou simplement pour aller bosser qui réduisent le caddie pour aller faire le plein et bien on surtaxe
Yannick
Jadot ça ne serait pas plus efficace
Yannick Jadot ça ne serait pas plus efficace de baisser le prix à la pompe plutôt que ces surtaxes dont on sait qu'ils sont très compliqués
à mettre en place il faut faire les deux
madame nous ce que nous proposons c'est un chèque énergie de 500 euros pour les 6 millions de ménages qui sont les plus vulnérables 200 euros pour 10 millions c'est la moitié des français parce que les
plus riches et on aura l'occasion de reparler de ces propositions les 10% les
plus riches consomment deux fois plus d'énergie que les 10% les plus pauvres tous ceux qui proposent une baisse universelle aident plus les riches que les pauvres nous on fait une mesure ciblée qui est une vraie grande mesure de pouvoir d'achat merci
Yannick
Jadot merci Yannick Jadot sénateur écologiste à l'île de France d'avoir été avec nous merci beaucoup Camille l'info continue sur France Info
Yannick Jadot