Mobilisation lycéenne et débordements... Le "8h30 franceinfo" de Mathilde Panot
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 50 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:28OuverteÉludée
Le Premier ministre promet des annonces pour la fin du mois sur les lycées. Est-ce un premier pas que vous saluez ?
- 2:31OuverteRéponse directe
Sur la réponse du gouvernement, vous dites qu'elle n'est pas à la hauteur. Vous appelez les lycéens à poursuivre le mouvement ?
- 3:54OuverteRéponse directe
LFI est accusé de surfer sur la colère des lycéens. Est-ce le cas ?
- 4:23FerméeRéponse partielle
Vous voulez profiter par des voix, par des résultats électoraux de ce mouvement ?
- 5:42RelanceRéponse directe
Est-ce que c'est la place d'un élu de se retrouver au milieu des lycéens à attiser la colère, à appeler à manifester, à filmer pour faire des millions de vues ?
- 6:23OuverteRéponse directe
Jean-Luc Mélenchon appelle ses troupes à s'interposer face à la sauvagerie policière. Comment interpréter ces propos ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:34Invité politiqueChiffre
« M. Lecornu a mis une lettre qu'il adresse à cinq de ses ministres dans lequel il explique que le budget de l'éducation nationale va augmenter l'année prochaine de 1,2 milliard d'euros. »
- 1:02Invité politiqueChiffre
« Et dans ce budget, figurez-vous qu'il y a même la suppression de 1 588 postes de professeurs supplémentaires. »
- 1:55Invité politiqueChiffre
« que 10 ans de Macronie ont supprimé 10 000 postes de professeurs »
- 2:04Invité politiqueChiffre
« Ça veut dire 20,2 millions d'heures qui sont perdues chaque année pour les élèves. »
- 5:03Invité politiqueFait
« Rendez-vous compte que dans la septième puissance économique au monde, il reste un médecin scolaire pour 13 000 élèves. »
- 5:08Invité politiqueFait
« Il reste une infirmière pour 1 500 élèves. »
- 6:51Invité politiqueFait
« Je rappelle que Nunez a dit qu'il n'y avait aucune consigne de retenue, ce qui est complètement irresponsable de la part d'un ministre de l'Intérieur. »
- 7:01Invité politiqueFait
« Et que Nunez a même dit que les forces de l'ordre pouvaient utiliser toutes les armes à leur disposition. »
- 7:24Invité politiqueFait
« Nous sommes le seul pays en Europe où des jeunes qui manifestent pour avoir des professeurs en cours perdent des yeux. »
- 12:05Invité politiqueFait
« les trois lycéens mutilés dont je parlais juste avant »
Temps de parole
- Mathilde Panot63 %
- Présentateur17 %
- Présentateur 215 %
- ?6 %
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Bonjour
Agathe. Bonjour. Et bonjour Mathilde Panot. Bonjour Mathilde Panot. Merci d'être avec nous. Le Premier ministre Sébastien Lecornu tente donc de répondre à la colère des lycéens en promettant des premières annonces pour la fin du mois sur les remplacements des professeurs absents, sur l'amélioration des locaux et des emplois du temps, sur Parcoursup aussi. Il promet que ces annonces seront issues du dialogue direct avec les lycéens via notamment les conseils de la vie lycéenne. On sait que les lycéens se plaignent beaucoup de ne pas être écoutés. Est-ce que c'est un premier pas que vous saluez
? Je
crois que surtout c'est basé sur un mensonge. M. Lecornu a mis une lettre qu'il adresse à cinq de ses ministres dans lequel il explique que le budget de l'éducation nationale va augmenter l'année prochaine de 1,2 milliard d'euros. Or, si on rapporte cette augmentation à l'inflation, ce qu'il faut faire pour voir réellement comment vont évoluer les moiliens, eh bien il y a une baisse pour les collèges et les lycées de 560 millions d'euros. Donc on est très très loin de ce qu'il promet. Et quand on regarde les universités, c'est moins 830 millions d'euros. Donc de nouveau, il coupe. Et dans ce budget, figurez-vous qu'il y a même la suppression de 1 588 postes de professeurs supplémentaires.
Or, vous le savez, la jeunesse manifeste notamment pour avoir des professeurs de maths, de SVT, de philo en phase 2. Et donc, on est d'abord face à un mensonge et à des annonces qui sont en fait un peu des gesticulations. 1 500
postes
supplémentaires, Mathilde Panot, mais juste une précision quand même, parce qu'à la rentrée
de 1027... En moins, si c'était supplémentaire, ça serait mieux.
1 500, 1 600 postes en moins dans le budget, mais 180 000 élèves de moins attendus, après une baisse de 160 000 cette année. Et le gouvernement met en avant un volume 1 600 postes qui est bien inférieur aux 9 000 qu'il devrait supprimer, si jamais il se basait sur l'évolution
démographique. Alors,
j'ai entendu ces arguments de la part du gouvernement. Le problème de ce gouvernement, c'est qu'ils ont déjà supprimé 4 000 postes de professeurs l'année dernière, que 10 ans de Macronie ont supprimé 10 000 postes de professeurs, et qu'on se retrouve avec 10% des heures qui ne sont pas assurées parce qu'il n'y a pas un professeur remplacé. Ça veut dire 20,2 millions d'heures qui sont perdues chaque année pour les élèves. Et ça veut dire des jeunes
qui vont
passer le bac sans avoir, par exemple, leurs cours de maths qui sont dispensés, sans avoir leurs cours de SVT qui sont dispensés. Donc, ce qu'il faudrait faire, c'est au contraire augmenter le nombre de professeurs pour pouvoir réduire le nombre d'élèves par classe. Et
même si les élèves baissent, vous vous
dites déjà qu'il faut quand même plus de profs. Qu'il y ait des remplaçants qui puissent être là, effectivement.
Donc,
sur la réponse du gouvernement, vous dites
ce matin « elle n'est pas à l'auteur ». Et donc,
vous appelez clairement, le Premier ministre dit aussi « il faut que les cours reprennent partout, la sécurité et l'état des locaux le permettent ». Vous appelez clairement ce matin les lycéens à poursuivre le mouvement.
Et nous, nous serons à leur côté demain, d'ailleurs, avec une convergence inédite, puisqu'il y aura à la fois les lycéens et les lycéennes, mais aussi les étudiants qui les rejoignent, une inter-syndicale de l'éducation qui sera là, des syndicats de salariés qui se joindront à eux. Et j'ai même vu, par exemple, la Confédération Paysanne, qui viendra en soutien aux revendications. Vous savez, moi, j'ai été sur des blocus. Et tout le monde dit qu'il ne fait pas le blocus par plaisir. Ces jeunes ont, pour la plupart, le bac à la fin de l'année prochaine. Donc, ils savent l'enjeu que cela représente pour leur propre avenir.
Donc, s'ils font un blocus et s'ils réclament des choses, c'est parce qu'ils se retrouvent dans des situations d'inégalité et qu'ils sont en train de dénoncer un système à deux vitesses dans l'éducation qui est insupportable, notamment pour les quartiers populaires et la ruralité.
Et on reviendra tout à l'heure un peu plus longuement sur les revendications précises des lycéens. Mais vous parliez de cette journée de mobilisation demain avec, effectivement, les syndicats étudiants et enseignants. Jean-Luc Mélenchon considère que ce sera un point de bascule, un point de départ, dit-il, qui ouvrira une série à coup sûr. Et il espère que ça débouchera sur des votes en votre faveur en 2027. LFI est accusé de surfer, justement, sur la colère des lycéens. Est-ce que c'est le cas
?
Mais nous, nous sommes en appui des revendications des lycéens. Mais si vous voulez chercher, vous n'avez pas besoin d'une note blanche des renseignements pour savoir qui est responsable de ce mouvement. Le responsable
a un nom, il a une adresse. C'est un
groupe proche
d'ailleurs. Exactement. Et il s'appelle Emmanuel Macron. Parce que s'il n'y avait pas eu 10 ans de casse de l'éducation nationale, comme tous les services publics dans ce pays, nous n'en serions pas là.
Est-ce que
vous voulez profiter par des voix, par des
résultats électoraux de
ce mouvement ?
Nous, nous sommes des responsables politiques. Et donc, nous voulons offrir une issue politique et un débouché politique à ce mouvement. Notamment en disant qu'il faut réinvestir dans les services publics. Mais juste, je rappelle que contrairement à ce qui est dit régulièrement sur les plateaux, les lycéens, comme d'ailleurs les enseignants et la communauté éducative, ont essayé à maintes reprises de manifester pacifiquement, de redire par des pétitions, de redire par des mobilisations, par des rendez-vous avec les rectorats, les DAZEN, les revendications qu'ils portaient.
Le résultat, c'est qu'à la rentrée 2026, il y avait la moitié des établissements dans lesquels il manquait au moins un professeur et deux tiers des établissements dans lesquels il manquait au moins un membre de la communauté éducative. Rendez-vous compte que dans la septième puissance économique au monde, il reste un médecin scolaire pour 13 000 élèves. Il reste une infirmière pour 1 500 élèves.
Et nous avons dans la septième puissance économique au monde des jeunes qui sont obligés de manifester parce que les plafonds leur tombent sur la tête, parce qu'il y a de l'amiante dans leurs écoles, parce qu'il y a des rats, parce qu'il pleut dans le réfectoire, comme c'est le cas à Darius Miliot au Crème-Limbicêtre. C'est une honte absolue.
Bien
sûr, et il y a aussi un lycée qui venait d'être rénové et qui était un modèle de rénovation écologique et qui a été incendié. Donc là, on essaye de prendre les différents problèmes. Et il y a des élus LFI qui se font filmer, parfois à côté de débordements, même s'ils n'y participent pas. Est-ce que c'est la place d'un élu de se retrouver au milieu des lycéens à attiser la colère, à appeler à manifester, à filmer, à poster sur les réseaux sociaux pour faire des millions de vues ?
Oui, c'est la place des élus. Et d'ailleurs, je me demande où sont les autres élus, parce que la place des élus, comme de toute la société, c'est de pouvoir protéger la jeunesse et les enfants de ce pays. C'est de pouvoir garantir un droit qui est un droit reconnu à l'international, le droit à l'éducation pour chaque enfant. Et donc, moi, je demande où sont les autres élus, où sont les
autres adultes ? Vous vous dites qu'ils
devraient tous venir avec nous.
Bien sûr, pour protéger la jeunesse face à des revendications qui sont des revendications légitimes. Il y a votre
présence.
Et il y
a
aussi des propos, Mathilde Panot, notamment Jean-Luc Mélenchon, mardi dernier, qui appellent ses troupes à s'interposer face à la sauvagerie policière. À ce moment-là, il mentionnait la sauvagerie policière seulement et d'ajouter, il n'y aura ni oubli, ni pardon pour personne. Comment ça doit être interprété ? Bien, nous, nous ferons
des commissions vérité et justice quand nous arriverons au pouvoir. Et nous n'acceptons pas l'impunité policière. C'est quoi des commissions vérité et justice ? C'est ce qui permet que ceux qui donnent des ordres rendent des comptes parce que ce sont d'abord eux les responsables. Je rappelle que Nunez a dit qu'il n'y avait aucune consigne de retenue, ce qui est complètement irresponsable de la part d'un ministre de l'Intérieur. Et que Nunez a même dit que les forces de l'ordre pouvaient utiliser toutes les armes à leur
disposition. Le gouvernement a
aussi dit que pour les forces de l'ordre,
c
'était très difficile de maintenir l'ordre avec des mineurs et qu'au contraire, il fallait être
particulièrement prédents. Non, non. Je vous cite exactement
ce qu'il a dit. Il n'y a aucune consigne de retenue. C'est absolument irresponsable de dire ça. Il
parle aussi de violences urbaines.
Nous voulons que ceux qui donnent des consignes rendent des comptes, mais ceux aussi, notamment ceux qui ont tiré les LBD, qui ont fait que d'ores et déjà deux jeunes ont perdu un oeil. Nous sommes le seul pays en Europe où des jeunes qui manifestent pour avoir des professeurs en cours perdent des yeux. Je ne sais pas si vous réalisez la gravité. Celui qui a lancé une grenade qui fait qu'un lycéen a perdu toutes ses dents supérieures est obligé de manger avec une paille ne pourra pas parler pendant six semaines. Lui aussi devra rendre des comptes.
Voilà ce que nous disons. Parce que l'impunité policière
détruit la
République.
Mathilde Panot, si comme certains, notamment le gouvernement, vous le reproche, vous attisez la colère des lycéens, est-ce que vous les mettez en danger en les incitant à affronter les forces de l'ordre ? Vous venez de dire, je reprends vos propos, les enseignants, les élèves ont essayé de se mobiliser pacifiquement. Ils ont essayé et ils n'ont pas obtenu gain de cause. Ça veut dire que, si je vous entends bien, la violence était le seul moyen désormais de se faire entendre ? Non,
le blocus.
Je n'ai jamais dit... On peut faire un
blocus pacifique.
Vous savez, personne n'appelle à la violence. Nous, nous tenons à l'existence des jeunes et à l'existence des gens. Nous prenons nos existences au sérieux. Et la raison pour laquelle les jeunes se mobilisent, j'avais vu un jeune qui avait eu cette pancarte que j'ai beaucoup aimée qui disait désolé du dérangement mais nous sommes en train d'essayer de sauver notre avenir. Donc, tout le monde comprend que ce qui est en train de se jouer pour eux, c'est derrière toute leur vie qui va être concernée par ça, à la fois par le bac, à la fois par Parcoursup avec l'année dernière 125 000 élèves sans affectation.
Sur la question du rôle de LFI, puisque vous avez fait l'objet d'accusations graves, donc on vous donne l'occasion d'y répondre, notamment après les propos du maire de Saint-Denis, votre collègue Bali Bagayoko, qu'on a reçu d'ailleurs ici sur France Info et qui a pu s'en expliquer, il a dit je maintiens ses propos quand il a dit oui, la violence peut être légitime mais quand on peut l'éviter, c'est mieux. Ensuite,
Jean-Luc
Mélenchon, et il a eu l'occasion de s'en expliquer encore une fois sur France Info, Jean-Luc Mélenchon, votre coordinateur Manuel Bompard, ont précisé dans les heures qui ont suivi non, non, la méthode d'action de LFI c'est la non-violence, toujours. Est-ce que vous avez eu des propos ambiguës que vous
graissez aujourd'hui ? On n'a pas
eu de...
La violence
peut-être
légitime Nous prenons
le fait qu'il n'y ait pas de violence, les personnels et les personnes parce que c'est le moyen de massifier le mouvement. Ça, c'est la méthode qu'utilise la France Insoumise. Mais je vais aller sur ce qu'a dit Bali Bagayoko, sur la violence peut-être légitime même si, dès qu'on le peut, il faut l'éviter. Je ne sais plus exactement la
fin de la phrase. Si on peut l'éviter, c'est mieux.
Si on peut l'éviter, c'est mieux. Mais le gouvernement lui-même l'admet. Rappelez-vous, au moment où les agriculteurs manifestaient, il y a eu l'explosion d'un bâtiment public,
l
'Adréal. Il y a eu des incendies de préfecture. Il y a eu un attaque du centre des impôts. Et là, aucun des journalistes, aucun des politiques ne parlait de violence. Et y compris
le ministre de
l'Intérieur de l'époque disait quoi ? On ne répond pas à la souffrance en envoyant des CRS et
il y a des coups de sang légitimes. Je vais vous dire pourquoi... Il y a un deux poids de mesure
qu
'avec les jeunes, on
est intraitable
et qu'avec les agriculteurs... Pourquoi il y a un deux poids de mesure
? Parce que d'un côté, vous aviez des agriculteurs de la FNSEA une dérégulation, ce qui allait dans le sens de la politique du gouvernement. Et de l'autre côté, vous avez une jeunesse qui pointe la responsabilité de la Macronie dans le mouvement qui est en train de se faire pour
dire nous voulons des moyens. Vous dénoncez des violences policières et vos mots sont très durs. Jean-Luc Mélenchon parle de sauvagerie policière, de ce qui tabasse nos enfants, de ce qui frappe, ce qui insulte, ce qui laisse libre cours à leur racisme. Voilà comment Jean-Luc Mélenchon dépeint la police. Votre indignation, est-ce que c'est la même quand un lycée est incendié, quand des professeurs sont agressés ?
Oui,
mais vous comprenez que derrière, il y a des
ordres, il y a une différence entre des responsabilités individuelles dans lesquelles la justice va se saisir. Il y aura, vous avez vu qu'il y
a
eu 5000 interpellations et rien que le jeudi 1er octobre, il y a eu 2000 interpellations,
c
'est-à-dire plus qu'au plus fort du mouvement des Gilets jaunes, donc une répression jamais vue, au point que le syndicat de la magistrature s'en est ému en disant qu'il faut arrêter de criminaliser et de tenter de faire taire
la jeunesse. Mais il y a eu des émeutes urbaines des ministres de l'Intérieur. Est-ce que vous entendez aussi, vous avez vu les images de jeunes cagoulés, les feux de poubelle, les agressions, ça, ça n'existe pas pour vous ? Mais ça peut exister,
mais
la question, c'est les ordres politiques qui sont donnés et la réponse qui est donnée. Aujourd'hui, il n'y a qu'une réponse policière. Il n'y a pas de réponse politique aux revendications légitimes qui sont données. Or, ceux qui sont responsables de cette situation, c'est Emmanuel Macron et le gouvernement. Donc, c'est à eux de répondre. Qu'il y ait des jeunes qui puissent utiliser des feux d'artifice ou je ne sais quoi. Oui, ça existe. Je ne dis pas que ça n'existe pas. Mais l'immense majorité des jeunes qui perdent des jours de cours parce que ce n'est pas par plaisir, encore une fois, qu'ils bloquent, c'est pour exiger des réponses politiques.
Et moi, j'aimerais qu'on parle de violences dont on n'a pas beaucoup parlé parce qu'il y
a
eu les trois lycéens mutilés dont je parlais juste avant, le nombre de gardes à vue qui est impressionnant. Mais moi, j'aimerais vous lire, par exemple, ce que donnent comme témoignage vos collègues de Mediapart sur ceux qui ont été en garde à vue pendant 48 heures. Je cite un jeune de 15 ans à qui on a diagnostiqué et
on
a donné 7 jours d'ITT. Un policier m'a demandé de me déshabiller. J'ai refusé d'enlever mon bas. Il m'a baissé mon pantalon et mon caleçon de force. Deux policiers me raccompagnent dans ma cellule. Dedans, l'un m'attrape par le col et me plaque contre le lit en béton. L'autre me met des patates derrière la tête en me disant « T'es seule maintenant, ton avocate, elle est partie, petite salope. » D'autres racontent inadmissibles.
Les policiers doivent être exemplaires.
Il y a trois enquêtes qui sont ouvertes par la police des polices actuellement. Pour vous, ça ne suffit pas ? On laisse libre cours à ces violences ?
En tout cas, j'observe que ce qui a été fait pendant les Gilets jaunes, quand je vous disais que c'était plus d'interpellations qu'aux plus forts des Gilets jaunes, vous savez combien de garde à vue des Gilets jaunes ont donné lieu à un non-lieu ? C'est-à-dire qu'on a retenu les gens pour rien. Combien
?
Dites-le nous.
Quasiment 50%. Et même si on prend juste le rappel à la loi, 70%. Donc en fait, c'est juste une manière d'intimider cette jeunesse. Et ça suffit. Il faut répondre politiquement à ce qu'ils demandent.
Et les policiers, encore une fois, sont souvent, et on l'a vu sur des images, victimes également de violences. Et vous en avez parlé, ça existe aussi.
Le
830 France Info, Agathe Lambret, Simon Le Baron. Avec Mathilde Panot, députée et présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale. Conséquence de ce mouvement, notamment lycéen, des dégâts en France. Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, déplore le saccage de ses lycées. 7 millions d'euros partis en fumée, selon elle. Autant d'argent qui ne sera pas mis dans la rénovation des lycées, déplore le ministre de l'Éducation. L'exécutif veut donc engager la responsabilité civile et financière des parents de casseurs mineurs pour rembourser ses frais. Est-ce que c'est légitime ? D'abord, Mme Pécresse devrait faire
profil bas. Je rappelle que c'est elle qui est en charge avec la région notamment de la question des locaux et de la dignité des locaux dans lesquels les jeunes étudient et qu'on voit ici un plafond qui est tombé sur la tête. À d'autres endroits, des états de vétusté tels que, par exemple, les jeunes qui sont sur les bloquies se battent, par exemple, pour avoir du savon, du PQ et une porte aux toilettes des garçons.
C
'est ce
genre de choses.
Mais d'autres ont été rénovés, par exemple,
le
lycée Paul-Éloire, 45 millions d'euros selon la présidence
de la région. Elle devrait faire profil bas parce que depuis
le temps où elle est là, elle devrait faire profil bas et elle devrait même se tourner vers le gouvernement parce que le gouvernement, dans ce nouveau budget, va encore supprimer des dotations aux collectivités qui vont encore aggraver le
problème. Mais donc là, c
'est encore pire, Mathilde Panot. Qui va payer ces dégâts ? Est-ce que c'est aux impôts des Français de payer alors qu
'il
y avait déjà des sommes qui étaient fléchées pour rénover certains lycées ? Là,
il
va falloir réparer. Qui doit payer ? Qui doit
réparer ? Ceux qui ont cassé le service public de l'éducation, c'est-à-dire la Macronie. Je rappelle que...
Mais donc, c'est aux impôts
? Oui,
je
rappelle que, par exemple, sur les agriculteurs, lorsqu'on parle de l'explosion d'un bâtiment public, personne n
'a
demandé qui allait payer. Personne n
'a
demandé aux agriculteurs d'aller payer cela. Vous faites le parallèle français entre les lycéères et les
agriculteurs. Et par ailleurs, s'il y a des
agriculteurs qui sont condamnés en justice pour des actes de vandalisme, mais ils payent.
Oui, donc en fait, ça existe déjà.
En
fait, la question de casseur-payeur, c'est-à-dire de la responsabilité individuelle, existe déjà. Pourquoi cette loi, elle est grave qu'il va le faire ? Cette loi est grave, déjà parce qu'il trouve que la principale réponse à faire au mouvement lycéen, c'est non pas, par exemple, de faire en sorte qu'il
y ait
un plan d'urgence pour embaucher massivement des professeurs, de faire un corps de fonctionnaire pour les accompagnantes d'élèves en situation de handicap, alors que je rappelle que 50 000 enfants en situation de handicap, sont mal scolarisés ou déscolarisés parce qu'ils n
'ont
pas d'accompagnants d'élèves en situation de handicap qui sont payés 900 euros par mois.
Et vous avez
raison, avec
quel
argent vous faites tout ça, Mathilde Panot ? Attendez, je vais vous répondre là-dessus, mais d'abord, je réponds juste sur casseur-payeur. Pourquoi cette loi est grave ? Ça existe déjà, vous avez raison, lorsque vous passez devant un tribunal, vous pouvez être condamné à des amendes, à des travaux d'intérêt général, etc.
Là, il s'agit de faire en sorte
que si vous avez participé à
des violences, même si vous n'avez pas commis les
dégradations
directement, vous pouvez être condamné.
Exactement. C'est-à-dire
que, du coup, c'est une norme de répression massive contre toutes les manifestations. Et donc, vous devrez prouver que ce n'est pas vous qui avez cassé, c'est une inversion totale par rapport à l'état de droit et je crois que c'est anticonstitutionnel.
Juste sur les rénovations, je reprends ce que disait Agathe, votre collègue de maire de Saint-Nibes, Ali Bagayouko, s'est rendu, parmi beaucoup d'autres élus LFI qui étaient sur d'autres lycées, lui, il est allé, presque tous les jours de la semaine dernière, au lycée Paul-Éluard de sa ville de Saint-Denis. Valérie Pécresse dit « Ce lycée est en train d'être rénové, il
y a
un plan de 45 millions d'euros. » Lui, quand on lui a posé la question sur France Info la semaine dernière, dit « J'étais pas au courant. Est-ce que c'est normal ?
» Je
ne
crois
pas qu'il ait dit qu'il n'était pas au courant. Je crois qu'il a dit, si j'ai bien entendu ce que disait Ali Bagayouko, mais vous lui reposerez la question, c'était une question sur la manière dont les travaux étaient menés. Donc, je ne crois pas qu'il ait dit qu'il n
'ait
pas été au courant.
Il
a dit qu'il n'avait pas de rendez-vous personnel avec Valérie Pécresse.
C
'est quand même autre chose. Donc, je mets ça de côté. Mais sur la question de la rénovation collège, lycée et école, nous sommes complètement en retard. Vous avez beaucoup de jeunes qui se retrouvent avec 8 degrés en glace
l'hiver et 40
degrés en glace l'été. Effectivement, il y a des bâtiments très vétustes et
c'est insupportable, notamment l'été. Ça peut être difficile aussi l'hiver. Oui,
mais par exemple, le fait de diviser
par 5 le
fond
vert, ce qu'ils annoncent en juin de revenir dessus en septembre, ce qui aide, pour que tout le monde comprenne, les communes à rénover les écoles primaires, notamment, c'est un
scandale absolu. Dans un contexte où le gouvernement cherche de l'argent alors que la situation économique de la France se dégrade. La France qui emprunte à près de 4,8% à 10 ans, c'est du jamais vu depuis 20 ans. Il faut faire des économies. Vous vous dites, avec nous, il y aura plus de preuves, des lycées flambant neufs. Vous avez budgété le plan de la France insoumise pour l'école ?
Alors,
on le
budgette
chaque année. Nous faisons depuis 10 ans chaque année un contre-budget. Cette année sera un peu spécifique puisque nous sommes en année présidentielle et donc nous allons budgéter directement notre programme. Donc, vous allez avoir l'ensemble des nouveaux calculs qui ont été faits avec l'ensemble des propositions proposées par la France insoumise. Donc, ça va arriver, mais nous le faisons chaque année. Et à tous ceux qui veulent faire croire qu'il n'y a pas d'argent en France, nous sommes la septième puissance économique au monde. Le problème principal, c'est qu'on a laissé s'enrichir une poignée de gens au détriment du peuple de France.
Je vous donne des chiffres qui sont très concrets, je crois, pour comprendre ça. En 1996, les 500 plus grandes fortunes détenaient 80 milliards d'euros et donc, c'était l'équivalent de 6% du PIB de l'époque. En 2026, ils possèdent 1080 milliards d'euros et c'est l'équivalent de 35%.
Donc, votre solution, c'est de taxer davantage. Ça veut dire que s'ils dépensaient
tout,
juste pour qu'on comprenne,
s'ils dépensaient tout, ils pourraient acheter un tiers de la production annuelle de la France. C'est énorme. Mais comment vous faites pour les mettre à contribution, Mathilde Penneau
?
On a proposé plein de choses. La taxe
Zuckman pour
les ultra-riches pour qu'ils payent en moyenne pareil que le reste de la
population française. Justement, la taxe Zuckman, c
'est 15 milliards. Est-ce que c'est comme ça que vous
résolvez l'autre
taxe Zuckman, celle sur la taxe sur les bénéfices des multinationales pour que les multinationales payent réellement selon les bénéfices réalisés en France ? Ça, ça rapporterait 26 milliards d'euros par an. Et je crois que tout le monde comprend que c'est une mesure normale que de payer les impôts dans le pays dans lequel on a une activité. Et je vais même plus loin. La question de la cruauté de ce budget-là, de geler les prestations familiales, de geler les APL, de s'attaquer au déremboursement de médicaments, etc., tout ça ne fait pas disparaître les besoins sociaux. Ça les tourne juste vers le privé, ce qui coûte plus cher aux gens. Nous,
nous
proposons au contraire d'augmenter les salaires, de relancer la consommation populaire et de recréer des emplois. Et ça, ça évite de faire ce que fait ce budget actuel, c'est-à-dire de mettre la France au bord de la récession.
Sébastien Lecornu, Premier ministre, dit que tout le monde, et il vise les oppositions en particulier, est en train de se cogner au mur du réel. On est avec des économistes, par exemple, ici, jeudi dernier, qui disent, et qui n'ont pas forcément d'ailleurs la même approche sur ces questions. Mais tous les deux disent la situation, en effet, est grave. Est-ce que vous niez le réel ?
Non, je ne nie pas le réel, mais ceux qui nous ont mis dans cette situation sont ceux qu'on appelait les Mozart de la finance, c'est-à-dire Emmanuel Macron et ses gouvernements
successifs. C'est la responsabilité, mais les économistes disent aussi qu
'ils ont proposé.
La
situation va, le prochain président ou la prochaine présidente va en hériter, au moins pour les 5 ans à venir. vous êtes prêts à
faire face à cette situation si vous dites qu'il n'y a pas de problème aujourd'hui en France. Ceux qui ont
tout détruit et y compris qui ont détruit le patrimoine de ceux qui n'en ont pas,
c
'est-à-dire les services publics, qui ont détruit la consommation populaire, qui ont fait qu'un parent sur trois se prive régulièrement de repas pour nourrir ses enfants. Donc oui, il y a urgence à changer radicalement de méthode. Et je voudrais juste vous dire que là, on parle de 54 milliards de coupes. C'est les mêmes recettes qu'on nous sert à chaque fois en nous expliquant que ça aura des effets différents. Ça n'aura pas d'effets différents. La grande différence entre ce que nous proposons et ce que les macronistes font année après année en passant en force par 49-3, c'est qu'ils refusent constamment d'aller chercher des recettes nouvelles.
Ils ont enlevé 62 milliards de recettes par an chaque année à l'État. Donc ils ont pratiqué une politique de la caisse vide. Il faut remettre de l'argent dans les caisses et vous verrez que nous avons de quoi répondre aux besoins de l'ensemble des gens.
Un vote solennel est prévu à l'Assemblée le 13 octobre sur la loi contre les violences sexistes et sexuelles. Une manifestation est organisée aujourd'hui à
l
'appel de la Fondation des Femmes et d'une coalition d'associations en faveur de cette loi. Mais la France Insoumise s'oppose à cette loi. Pourquoi ? Alors
déjà, vous avez mal regardé je crois ce qui s'est passé en commission puisque là, vous avez raison, cette loi est en hémicycle. En commission, nous avons voté pour et notamment parce que nous avions obtenu beaucoup d'avancées. Par exemple, le fait que les crimes sexuels soient enlevés des
cours criminels départementales, qu'il y ait plus de
prévention, etc. Moi d'abord, je veux saluer les associations féministes et enfantistes sur le fait qu'elles disent qu'il faut effectivement une loi intégrale pour pouvoir véritablement lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants.
Et on le voit en Espagne, quand il y a une loi avec du
budget, eh bien, ça diminue par deux les féminicides. Nous,
on dit
loi intégrale, budget intégral. Et c'est là que le bas blesse.
Donc 3 milliards
d'euros.
Normalement, c
'est
que pour les femmes. Et vous avez vu qu'il n
'y
a que 1,5 milliard d'euros dans le budget actuel.
Donc ça nous pose problème,
effectivement.
Si le budget va jusqu'à 3 milliards, vous la voterez
?
On verra. Selon comment vont se passer les discussions cette semaine, vous comprendrez. Mais en tout cas, on a voté pour en commission parce qu
'on
s'est battu et on va se battre en hémicycle.
Mathilde Panot, députée du Val-de-Marne et présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale. Merci
beaucoup. Et donc le
6 octobre et le 10 octobre pour la Palestine, évidemment, après 3 ans de génocide.
Merci d'avoir été l'invité de France Info ce matin. Agathe,
je
vous dis à demain. Et merci à vous
de nous avoir suivis. Merci Mathilde
Panot.
Mathilde Panot