Macron : un passage à vide ? #cdanslair 04.06.2022
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 53 %Défensif 27 %
Questions et réponses
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- 1:45OuverteRéponse directe
Que dit l'étude de Bernard Sananès sur la confiance des Français en Macron ?
- 3:55OuverteRéponse partielle
Cette interview vise-t-elle à redonner de l'élan à Macron ?
- 4:14RelanceRéponse partielle
Le Conseil national de la refondation est-il un écran de fumée ?
- 5:29OuverteRéponse directe
Le Conseil national de la refondation rappelle-t-il la Convention citoyenne ?
- 6:50OuverteRéponse partielle
Emmanuel Macron a-t-il trouvé un outil pour remobiliser les Français ?
- 10:14FerméeRéponse directe
La réforme des retraites sera-t-elle lancée après le CNR ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:58InvitéChiffre
« Il recule chez les retraités, chez les cadres de 8 points, chez les sympathisants de La République en marche. »
- 2:08InvitéChiffre
« En juin 2017, à la même époque, Emmanuel Macron était à 45% de confiance. »
- 3:34InvitéChiffre
« Aujourd'hui, 28% pour Emmanuel Macron pour le tour présidentiel. »
- 4:34InvitéFait
« Il veut associer les Français à ses décisions, à ses réformes, à sa politique. »
- 5:15PrésentateurFait
« Il veut réformer l'école, les services publics, l'hôpital. »
- 5:19PrésentateurFait
« Il veut continuer la réforme des retraites. »
- 8:48PrésentateurFait
« Les Français sont fatigués des réformes qui viennent d'en haut. »
- 8:51PrésentateurFait
« Ils sont fatigués que je décide tout seul dans mon bureau à l'Élysée et que ça tombe sur eux. »
- 12:03PrésentateurPromesse
« La réforme des retraites sera faite. »
- 14:08InvitéFait
« Le projet de Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, c'est le désordre et la soumission. »
- 14:18InvitéFait
« Aucun parti politique ne peut imposer un nom au président. »
- 16:12InvitéPromesse
« Quant au travail sur la réforme des retraites, il commencera après ce conseil et la réforme entrera en vigueur dès l'été 2023. »
- 17:19PrésentateurFait
« La France va continuer d'apporter son soutien financier et militaire à Kiev. »
- 17:45PrésentateurFait
« Le président choisit la personne qu'il nomme Premier ministre. »
- 30:57InvitéFait
« Je n'ai jamais violé une seule femme de ma vie. »
- 33:29PrésentateurFait
« J'ai été, comme nous tous, indigné par les désordres sous toutes ses formes et par ce que nous avons vu. »
- 42:55PrésentateurFait
« il ne sait pas gérer la sécurité, il a nommé une première ministre de gauche, vous vous êtes fait rouler »
- 43:05PrésentateurFait
« il n'y a pas eu de transfert massif de figure de droite vers Emmanuel Macron, à part Damien Abad »
- 43:25PrésentateurFait
« Il est aujourd'hui lui-même en campagne dans l'Ain face à des électeurs qui seront peut-être un petit peu déboussolés »
- 43:44PrésentateurFait
« Le deuxième problème, c'est ces viols présumés, ces accusations qui planent sur lui »
- 44:31InvitéFait
« Elle a été nommée il n'y a encore que deux semaines, finalement »
- 44:51InvitéChiffre
« 27% de code de confiance, c'est bas, c'est moins que Jean Castex et Philippe »
- 46:15PrésentateurFait
« Ceux qui vont perdre les législatives ne pourront pas rester ministres »
- 48:08PrésentateurFait
« l'ambiance, bien sûr, est morose »
- 49:01InvitéChiffre
« On me dit la relance économique, mais on a un pays, la balance commerciale, c'est 100 milliards de dettes »
- 52:40InvitéFait
« généralement, un perdant à l'élection présidentielle, sauf s'il perd alors qu'il est qualifié au deuxième tour, on l'a vu avec François Mitterrand, on l'a vu avec Jacques Chirac, généralement, il quitte la scène »
- 53:52InvitéFait
« Soit cette élection, c'est une élection, on n'aime pas Valérie Pécresse, on n'a pas voulu voter pour elle, ou on a voté utile »
- 54:10InvitéChiffre
« la barre, elle est aux alentours de 50 députés »
- 56:21InvitéFait
« 1988, deuxième mandat de François Mitterrand, Michel Rocard, Premier ministre, et il n'y a pas de majorité absolue »
- 58:30PrésentateurFait
« c'est d'abord que c'est rare qu'il y ait un tel temps qui sépare l'élection présidentielle des élections législatives »
- 1:02:49InvitéFait
« ce scrutin qui s'annonce très incertain avec une participation très faible »
Temps de parole
- Présentateur72 %
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Bonsoir à toutes et à tous. Pas question de Mélenchon à Matignon. Emmanuel Macron veut reprendre la main dans une interview accordée à la presse quotidienne régionale où le président rappelle qu'en tout état de cause, c'est lui et lui seul qui choisit le Premier ministre. Emmanuel Macron qui promet aussi la création d'un Conseil national de la refondation avec des citoyens tirés au sort pour mener une politique plus collaborative et moins jupitérienne que lors de son premier mandat.
Une interview à 8 jours du premier tour pour redonner du peps à un début de mandat pour le moins à Tone et surtout marqué par les crises successives, que ce soit les violences au Stade de France ou encore l'affaire Damien Abad, le tout avec une Première ministre Elisabeth Borne plutôt discrète. C'est le sujet de cette émission de ce C dans l'air intitulé ce soir « Macron, un passage à vide ». Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Yves Tréard. Vous êtes éditorialiste, directeur adjoint de la rédaction du Figaro. Le Figaro qui titre aujourd'hui « Pénurie d'enseignants, les raisons d'une désaffection ». Aurélie Herbemont, vous êtes journaliste politique à RTL.
On vous retrouve tous les matins avec votre chronique « Un air de campagne ». Alex Bouillaguet, éditorialiste politique à France Télévisions. Et Bernard Sananès, politologue, président de l'Institut de sondage Elab. Selon votre enquête publiée le 2 juin dans les échos, 32% des Français font confiance à Emmanuel Macron. C'est deux points de moins qu'il y a un mois. Mais surtout, vous notez un recul au sein même de l'électorat d'Emmanuel Macron. Merci de participer à cette émission en direct. Justement, on va peut-être commencer avec votre étude. Que dit-elle, Bernard Sananès ? Elle dit qu'Emmanuel Macron perd des points auprès de sa base, auprès de ses fans.
Oui, effectivement, qu'il recule ou qu'il soit stable chez les gens qui ne sont pas des électeurs d'Emmanuel Macron, ce n'est pas une surprise. Mais effectivement, qu'il recule chez les retraités, chez les cadres de 8 points, chez les sympathisants de La République en marche, même s'il reste très élevé, ça donne en tout cas un petit signal d'alerte. Mais surtout, il y a un autre chiffre qu'il faut rappeler. En juin 2017, à la même époque, Emmanuel Macron était à 45% de confiance. Même s'il n'y avait pas eu d'état de grâce, le président de la République dans notre baromètre n'a jamais passé la barre des 50%, il y avait quand même cet élan de la campagne. Alors comment on peut l'expliquer ?
Moi, je dirais qu'il y a deux choses. La première, c'est que finalement, l'exécutif cumule l'impopularité du premier quinquennat et l'absence de ce nouvel élan. La présidentielle n'a pas remis les compteurs à zéro. Parfois, la présidentielle remettait les compteurs à zéro. Et même quand un président a été réélu, c'était en cohabitation, pour François Mitterrand ou pour Jacques Chirac, il y avait du nouveau. Là, c'est une continuité. D'ailleurs, Emmanuel Macron avait eu conscience de ce risque dans le discours de Marseille. Il avait insisté pour dire « je n'ai aucune envie de faire 50 plus, je ne veux pas le faire en plus, je veux refonder ».
On va sans doute parler de la refondation tout à l'heure. Donc oui, il peut y avoir l'impopularité de l'exécutif qui s'est empilée, j'allais dire qui s'est enquistée. Elle touche le président de la République, elle touche la première ministre qui était déjà ministre. Et cette absence de nouvel élan. Cette absence de nouvel élan, on le voit également dans les intentions de vote pour les législatives. En 2017, c'est intéressant de le rappeler sans trop citer de chiffres, Emmanuel Macron, 24% au premier tour de la présidentielle. La majorité qui allait devenir la majorité présidentielle, c'est-à-dire En Marche plus Modem essentiellement à l'époque, premier tour législatif, 32%.
Progression de 8 points. C'est ça qui donne cette majorité, cet élan, ce fait majoritaire à Emmanuel Macron en 2017. Aujourd'hui, 28% pour Emmanuel Macron pour le tour présidentiel, un peu plus, il part avec un socle un peu plus élevé. Mais dans les intentions de vote, pour l'instant, on verra dimanche prochain, c'est toujours les électeurs qui ont le dernier mot, il ne réédite pas ce score, il est même légèrement en dessous de ces 28%. Donc, impopularité du premier mandat et absence de nouvel élan.
Alors, c'est sur ce passage à vide, sondagier et à 8 jours du premier tour, Yves Tréhard, qu'Emmanuel Macron, ce matin, a donné une interview à toute la presse quotidienne régionale. Est-ce qu'avec cette interview et ce qui a été dit, l'objectif, c'est de redonner du peps, de redonner de l'élan pour sortir de ce passage à vide où Emmanuel Macron perd des plumes, y compris auprès de sa base ? Oui, évidemment, s'il s'exprime, c'est pour dire quelque chose. Et il n'avait pas beaucoup eu l'occasion de s'exprimer ces derniers temps où il n'avait pas pris la parole. Il avait fait quelques voyages, mais on ne savait pas trop exactement dans quel cap il voulait donner à son nouveau mandat.
Et d'ailleurs, est-ce qu'on le sait encore mieux avec cette interview ? Ce n'est pas très évident. Alors, il nous parle d'un Conseil national de la refondation, qui est une espèce d'écran de fumée, finalement. Alors, c'est quoi ? Il veut associer les Français à ses décisions, à ses réformes, à sa politique. Parce que... Ce serait une espèce d'assemblée où, dit-il, il y aurait les forces vives et des citoyens tirés au sort. Au sort. C'est-à-dire que, de Jupiter, on serait passé à Vulcain. C'est-à-dire que, maintenant, il serait le forgeron qui serait au milieu de la société et qui associerait tout le monde à ses décisions.
Donc, c'est un changement complet de méthode par rapport à son premier quinquennat. Il veut, en fait, associer les Français à cela. Mais on ne sait pas beaucoup plus sur les axes de réforme. On sait qu'il veut réformer l'école, les services publics, l'hôpital. On sait qu'il veut continuer la réforme des retraites, mais... Et donc, à chaque fois, ce Conseil national de la refondation serait sollicité pour avivre. Voilà. Exactement. Mais, Alix Bouillaguet, ça rappelle étrangement la Convention citoyenne. C'était pareil. Il y avait eu des citoyens tirés au sort. Et avec quelle réussite ? Finalement, pas grand-chose.
C'est vrai que c'était censé, justement, être l'exemple de la démocratie participative pour pouvoir alimenter, infuser de nouvelles idées, donner de nouveaux outils au président de la République. À l'arrivée, c'est vrai qu'il en a conservé très peu, parce qu'il y a la réelle politique qui prend tout d'un coup le dessus, et qu'il y a des choses qui sont plus compliquées que d'autres à mettre en place. Donc, c'est pour ça que ce Conseil national de la refondation, ça part peut-être d'une bonne intention. Mais déjà, il y a déjà le Conseil économique, social et écologique, qui ressemble un tout petit peu à ça. C'est eux. Je me suis dit, tiens, pourquoi ? C'est eux.
Il y a une Assemblée nationale qui peut aussi… Donc, c'est quand même quelque chose… J'entendais, je crois que c'est Alexis Corbière qui parlait de bidule. Voilà, on entend à nouveau l'opposition parler d'usine à gaz, de bidule, de coups de com'. Bon, en même temps, il nous avait expliqué qu'il y aurait un changement de méthode. C'est vrai que ça fait un mois et demi depuis le second tour de l'élection présidentielle qu'on attend ce cap. Voilà, il a mis 22 jours pour choisir une première ministre. Il a mis 4 de plus pour choisir un gouvernement. On connaissait des petites pistes, l'éducation, la santé. Mais c'est vrai que pour le reste, on était un peu dans le flou.
Puis surtout, cette méthode, bon, ben voilà, nous l'avons. Je ne sais pas trop ce que ça… Donc, des forces vives, des syndicats, etc. Et des citoyens tirés au sort. Donc, l'opposition tire à boulet rouge. Aurélie Herbemont a commencé par François-Xavier Bellamy ce matin sur France Info pour le Parti des Républicains qui dit « Emmanuel Macron est à deux doigts de réinventer le Parlement ». Parce que c'est vrai que les réformes, elles sont instruites par nos députés.
Dans ce nouveau CNR, puisque vous remarquerez que l'acronyme est le même que pour le Conseil national de la résistance, il y a donc les forces vives, les syndicats, les associations, des citoyens tirés au sort, mais aussi les forces politiques. Donc, ça ressemble à une espèce de mix entre une Assemblée nationale. Le Conseil économique et social, Alix, le rappelait. C'est un peu un objet politique non identifié à ce stade. Et puis après, il doit y avoir des débats dans les 1200 bassins de vie. C'est ce qu'annonce Emmanuel Macron. Donc, c'est un peu aussi un retour du grand débat.
Bon, vous citiez François-Xavier Bellamy, il y a aussi Jean-Luc Mélenchon qui, cet après-midi, à Lyon, je crois, dit « c'est le retour du grand blabla ». Donc, c'est vrai qu'on ne voit pas bien, mais c'est l'affichage surtout qui compte, de montrer qu'il ne va plus tout décider d'en haut. Je ne sais pas si vous vous souvenez, le jour de son investiture, il y a Marisol Touraine, l'ancienne ministre de François Hollande, qui lui dit « Emmanuel, bravo, maintenant tu as les mains libres, tu peux faire tout ce que tu veux ». C'est l'antithèse de ce que veut incarner Emmanuel Macron pour ce second quinquennat.
Il ne veut surtout pas donner l'image de ce président jupitérien qui décide tout d'en haut. Donc, ça, ce n'était vraiment pas un très joli cadeau de félicitations de Marisol Touraine. Donc, Emmanuel Macron invente, voilà, avec des réformes qui seront constituées aussi en accord avec la base. Le problème, c'est qu'il va falloir mettre un cadre à tout ça. Là, la Convention citoyenne, il avait dit qu'il reprendrait son filtre, pas du tout. Là, si c'est le même principe, ça risque de créer des déceptions et des frustrations chez les gens qui seront consultés. Il n'empêche, Yves Tréard, Emmanuel Macron promettait une nouvelle méthode. Il s'en est expliqué ce matin dans cette interview à la PQR.
Il dit « les Français sont fatigués des réformes qui viennent d'en haut. Ils sont fatigués que je décide tout seul dans mon bureau à l'Elysée et que ça tombe sur eux, le genre les 80 km heure ». Oui, mais moi, je crois qu'en fait, ça cache une espèce de... De la part d'Emmanuel Macron, c'est qu'il ne sait pas trop, effectivement, comment il veut prendre le pays. Parce que ce pays est éruptif. Ce pays est fatigué, mais il est en colère aussi. Ce sont des colères sourdes. On n'est pas vraiment... On n'est toujours pas sortis des gilets jaunes.
Certes, il y a eu la crise sanitaire, mais aujourd'hui, il y a un climat économique qui est extrêmement dégradé, qui n'est pas du tout le climat, d'ailleurs, de l'élection présidentielle. L'élection présidentielle ne s'est pas passée dans un climat économique, je dirais, dégradé comme aujourd'hui. L'horizon est quand même sérieusement bouché avec de l'inflation, un pouvoir d'achat qui est menacé. De la colère, vous avez vu que cet après-midi, il y a Jean-Michel Blanquer qui s'est fait asperger le jeu de chantilly. Marine Le Pen qui s'est pris un oeuf. Et donc, il y a... Je crois que moi, il ne sait pas trop comment s'y prendre pour essayer...
Je pense qu'il y a une crainte, une grande crainte d'Emmanuel Macron, mais aussi d'une grande partie du personnel politique face à un pays qui est quand même sérieusement... Enfin, qui est bousculé, qui a été bousculé et qui, quand même, n'est pas satisfait. Et la preuve, c'est que l'abstention n'a jamais été aussi élevée pour une élection présidentielle. Alors, Bernard Sananès, est-ce qu'avec ce Conseil national de la refondation, Emmanuel Macron a trouvé l'outil pour remobiliser les Français à huit jours du premier tour de la législative ?
Je ne pense pas que ça ait un impact pour la participation des législatives qui s'annoncent très basse. Non, puis ce n'est... Aujourd'hui, Yves le disait, les difficultés sont d'abord économiques, sociales, très fortes. Elles impactent le quotidien des Français. Ce qui se passe notamment sur la hausse des prix de l'alimentation est évidemment extrêmement récurrent. Ça crée une pression du quotidien sur les gens. Je pense que c'est plus ça et donc plus la colère qui peut mobiliser que la promesse, même si elle est intéressante.
C'est plus les prix que le CNR.
Ce sont les sujets du quotidien, les sujets de sécurité qui, cette semaine, sont revenus dans le débat après quelques mois d'absence de manière un peu surprenante. On les voit revoir. Donc, c'est vrai que ces sujets-là sont des sujets du quotidien. Mais surtout, pour Emmanuel Macron, il fallait donner un peu un cadre, un cap politique. Et ce cap, on l'a un peu cherché pendant la campagne électorale. Finalement, on disait un second mandat. Pourquoi faire ? Là, c'est donnez-moi une majorité. Mais pourquoi faire ? Il a essayé de répondre à cette question avec ce Conseil national de la refondation, avec les cinq priorités qu'il rappelle.
Et ça, c'est important, notamment, vous parliez tout à l'heure dans l'enquête de son électorat. Son électorat, il a besoin de retrouver la promesse du macronisme. Même si cette promesse, elle est altérée parce qu'elle n'est pas la même qu'en 2017, où c'était une promesse de réforme, de réforme à tout craint, de réforme à rythme très rapide.
Même si, même dans l'électorat d'Emmanuel Macron, il y a un changement d'attente par rapport à cela, c'est vrai qu'un mandat qui serait marqué par du surplace ou pas beaucoup de changements, ça pourrait désarçonner ceux qui font confiance à Emmanuel Macron, soit parce qu'ils ont toujours voté pour lui, soit parce qu'ils l'ont rejoint depuis 2017, je pense notamment à l'électorat de droite.
Et de ce point de vue de l'interview de ce matin, trouvez-vous qu'elle a donné un élan disruptif, une promesse de réforme qui avait été la marque de fabrique du Macron 2017 ?
Il y a la question des retraites et la réaffirmation que la réforme des retraites sera faite. C'est toujours un totem, un marqueur important. Pour le reste, certains, en tout cas, resteront peut-être sur leur fin. Alex Bouillaguet.
Oui, sauf que c'est vrai que l'ADN du macronisme, c'est la réforme. Et que finalement, à partir du moment où on met en place un Conseil national de la refondation avec 150 000 personnes autour de la table et tout, ça me semble un tout petit peu dangereux de se dire qu'on va réformer très très vite le pays. D'autant que, si on se souvient bien, la réforme des retraites, elle avait déjà eu une grande consultation de deux ans avec M. Delevoye à sa tête, qui a fait pchit à l'arrivée. Donc là, heureusement qu'il nous met effectivement un point d'arrivée 2023. C'était 2023 pour lancer la réforme des retraites. On n'entend pas beaucoup parler.
Après, je pense qu'il fait aussi une opération politique avec ce Conseil national de la refondation parce qu'il a récupéré, piqué, si j'ose dire, la planification écologique à Jean-Luc Mélenchon, en nommant effectivement auprès de la Première Ministre, deux ministres chargés de la stratégie écologique. Et il récupère aussi un petit peu son assemblée constituante, cette démocratie participative qui était vraiment aussi, pour le coup, incarnée par Jean-Luc Mélenchon. Donc c'est un petit coup politique au passage. Est-ce que ça parlera aux gens ? Ça, en revanche, je ne suis pas certaine.
Alors, le président est donc entré en campagne ce matin, plutôt absent de la scène nationale depuis sa victoire. Emmanuel Macron a accordé un long entretien à la presse quotidienne régionale. Morceau choisi avec Anne Mackignon et Erwann Illion. Mardi à Cherbourg, auprès du personnel soignant. Jeudi à Marseille, dans une école. Emmanuel Macron repart en campagne, quelques jours seulement avant le premier tour des élections législatives. Et ce matin, pour étaler ses ambitions, le voici à la une de tous les journaux de la presse quotidienne régionale. Première interview depuis sa réélection, avec un objectif, cibler ses adversaires.
Le projet de Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, c'est le désordre et la soumission.
Il calme même les ardeurs de Jean-Luc Mélenchon, qui se rêve en premier ministre.
Aucun parti politique ne peut imposer un nom au président.
Pas de quoi impressionner le principal concerné. En déplacement à Lyon, en pleine campagne lui aussi, Jean-Luc Mélenchon annonce même avoir déjà réfléchi à son éventuel prochain gouvernement. Il en profite aussi pour se moquer de l'interview présidentielle.
Le gars, il n'en peut plus. Il a zéro idée. Il a fait une interview pour dire du mal de moi et aussi qu'il allait ouvrir une nouvelle saison du grand blabla.
Par blabla, Jean-Luc Mélenchon cible la dernière idée du président.
« Je veux réunir un conseil national de la refondation avec les forces politiques économiques, sociales, associatives, des élus des territoires et de citoyens tirés au sort. Il faut rassembler la nation autour de ses priorités. »
Un conseil déjà décrié par l'opposition.
« Personne n'est dupe. Le deuxième mandat d'Emmanuel Macron commence et il est à peine entamé qu'on n'en peut déjà plus de ce nouvel artifice de communication, conseil national de la refondation. Une allusion d'ailleurs qu'il assume en effet avec le conseil national de la résistance alors qu'il me semble qu'il y a quelque chose d'un peu indécent à tenter de transposer une telle époque dans la nôtre. » Le conseil national de la refondation proposé par Macron, c'est le conseil national de la manipulation. Le président décidera seul.
Priorité de ce conseil, le pouvoir d'achat. Le chèque alimentaire sera versé en une seule fois. Pour faire face à la hausse des prix de l'essence, Emmanuel Macron confirme qu'un système sera mis en place dès cet automne pour aider les gros rouleurs. Emmanuel Macron fait la politique de l'autruche. Malgré l'inflation, il n'annonce rien de nouveau pour le pouvoir d'achat. Autre dossier, l'école, les hôpitaux et une réforme chère à Emmanuel Macron, celle des retraites.
« Quant au travail sur la réforme des retraites, il commencera après ce conseil et la réforme entrera en vigueur dès l'été 2023. »
Un calendrier trop lointain pour la droite qui redoute aussi la capacité du président à tenir sa parole.
« Moi, ce qui me gêne beaucoup, c'est l'ambiguïté sur le fond. C'est-à-dire, il va faire quelle réforme des retraites, en fait ? Parce qu'il est parti flamberge au vent. Il nous a parlé de décisions très ambitieuses. Et puis, à l'occasion d'un déplacement de campagne, il est tombé sur une militante des Gilets jaunes qui lui a dit « 65 ans, c'est insoutenable. » En deux minutes, il a dit « Bon, pas de problème, on passe à 64. » Je me suis dit « Au rythme, ça va, on va finir à 55.
» On a beaucoup de débats à avoir sur la question du nombre d'annuités cotisées, qui est l'essentiel, en fait, du but de la réforme, davantage que la question de l'âge légal, qui est l'accessoire, la question vraiment du nombre d'annuités cotisées, des carrières longues, respecter les carrières longues, respecter les départs anticipés pour ceux qui ont des métiers pénibles, avec une classification des métiers pénibles par branche, pour savoir qui a le droit de partir avec de l'avance. Ça, c'est essentiel. Et c'est cette discussion qui doit avoir lieu, je pense, dès cet été même.
Dans cette interview, Emmanuel Macron aborde également la guerre en Ukraine. Il affirme que la France va continuer d'apporter son soutien financier et militaire à Kiev. Le chef de l'État n'exclut pas non plus de se rendre dans la capitale ukrainienne. Alors, question téléspectateur Aurélie Herbemont, c'est Jean-Pierre dans le Barin. Si l'ANUP est majoritaire à l'Assemblée nationale, Macron pourra-t-il éviter de choisir Mélenchon comme Premier ministre ? Puisque ça, il en a parlé, Emmanuel Macron, dans l'interview ce matin, il dit, le président choisit la personne qu'il nomme Premier ministre. Et en ça, Emmanuel Macron a tout à fait raison.
Ce n'est pas du tout l'opposition qui dit, c'est forcément Jean-Luc Mélenchon. Donc, Emmanuel Macron fait un joli coup avec cette sortie, parce qu'il sape, du coup, toute la stratégie de campagne et tout le message de l'ANUP qui est d'envoyer Mélenchon à Matignon. Sauf qu'après, si jamais la gauche devait gagner, on imagine mal comment Emmanuel Macron, il peut tout à fait nommer quelqu'un d'autre de gauche. Sauf que moi, j'avais soumis ce sujet, justement, il y a quelques semaines déjà, parce que je me disais bien qu'Emmanuel Macron ne voudrait sans doute pas faire ce cadeau à Jean-Luc Mélenchon de le nommer.
J'avais demandé à un proche de Jean-Luc Mélenchon, mais si jamais il nomme quelqu'un d'autre de l'ANUP. Parce qu'après tout, il en a tout à fait le droit. En plus, Emmanuel Macron fait bien remarquer que Jean-Luc Mélenchon n'est lui-même pas candidat aux législatives, donc il regarderait plutôt du côté du Parlement. Si je veux prendre quelqu'un du Parlement. Voilà, quelqu'un qui est dans la majorité de l'Assemblée nationale. Et ce proche de Jean-Luc Mélenchon m'avait dit, mais si jamais il ne choisit pas Mélenchon, on ne votera pas la confiance au nouveau gouvernement.
Puisque quand on nomme le Premier ministre, après il y a un discours de politique générale devant l'Assemblée nationale, qui est donc validé par la nouvelle majorité. Donc je pense que ça pourrait donner un petit bras de fer assez sympathique avec Emmanuel Macron, qui tente de nommer un autre Premier ministre. D'ailleurs, est-ce que quelqu'un d'autre de l'ANUP accepterait, parce que ce n'est pas tout à fait dans l'accord de la gauche, tous les partis quand même se sont engagés à ce que ce soit Jean-Luc Mélenchon qui aille un matin dans ce cas-là. Ça pourrait donner, je pense, une séquence politique assez vaudevillesque.
Je ne veux pas nommer Mélenchon, je nomme quelqu'un d'autre, qui refuse peut-être, et ou alors qui après est nommé, les Insoumis refusent de voter la confiance. Crise institutionnelle peut-être. Je pense que potentiellement ça serait assez compliqué, mais je parle sous contrôle de Bernard Sananès. A priori, la victoire de la gauche n'est quand même pas le scénario le plus probable à ce stade à 8 jours des législatives.
Bernard Sananès. Alors d'abord, c'est vrai, il y a le juridique. Sur le juridique, Emmanuel Macron a raison, mais sur le politique, ça semble plus compliqué. C'est lui qui prend qui il veut à Matignon. Oui, mais quand on se souvient de l'histoire politique, notamment de 1986, pour la première cohabitation, François Mitterrand et son entourage font courir le même bruit qu'ils pourraient choisir une personnalité incentriste. On évoque même le nom de Valéry Giscard d'Estaing à l'époque, etc. Bon, et finalement, ça termine par Jacques Chirac, parce que le rapport de force politique, au-delà du texte, l'impose et l'impose au président. Donc voilà pour le premier point.
Pour le deuxième point, effectivement, on est dans un scénario aujourd'hui, à 8 jours du scrutin, évidemment, beaucoup de choses peuvent changer. On dira peut-être pourquoi tout à l'heure, où le bloc majorité présidentielle, c'est-à-dire qui s'appelle maintenant Ensemble, avec Renaissance et ses alliés, serait dans toutes les enquêtes publiées, l'enquête Elab cette semaine nous confirme, devant la NUPES, mais ne serait pas sûr d'avoir la majorité absolue. Il y a une possibilité, le bas de la fourchette, comme on dit, où la majorité ne serait pas acquise.
Pour l'instant, dans les meilleures projections pour la gauche, qui fait un très bon score, Jean-Luc Mélenchon a réussi pour l'instant à garder son électorat mobilisé, ce qui n'avait pas été le cas en 2017. Dans les meilleurs scores de la gauche, nous sommes autour de 175 sièges, certains de nos confrères vont jusqu'à 200 sièges. C'est 279, la majorité. En tout cas, pour l'instant, dans toutes les enquêtes, encore une fois, pour l'instant, le bloc majorité présidentielle devance le bloc de gauche. On verra ce qui se passe dans les derniers jours, mais c'est intéressant.
Vous savez, traditionnellement, depuis le quinquennat, le fait majoritaire, c'est-à-dire le camp du perdant, se démobilise entre la présidentielle et la législative, ce qui s'était passé pour Jean-Luc Mélenchon et pour Marine Le Pen en 2017. Jean-Luc Mélenchon passe de près de 20% à 11%, même s'il n'y avait pas d'alliance de gauche à l'époque, et Marine Le Pen passe de 21% à 13%. Pour l'instant, les deux blocs qui n'ont pas gagné l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, il faut le rappeler, a été éliminé. Troisième. Troisième, mais en tout cas, il réussit à conserver la mobilisation de son camp. Ce serait un fait politique majeur.
Yves Tréhard, quand Jean-Luc Mélenchon dit, il accorde une interview pour dire du mal de moi, il y a un peu de ça quand même, Jean-Luc, l'ennemi qu'il faut traquer ou qu'il faut combattre, c'est quand même la nupesse de Jean-Luc Mélenchon qui représente la menace pour Emmanuel Macron. C'est assez surréaliste d'ailleurs tout ça. Parce que, si je ne me trompe pas, à l'élection présidentielle, la personne qui était qualifiée pour le deuxième tour, c'était Marine Le Pen. Donc la personne, la personnalité qui devrait lui faire peur, enfin qui devrait être la plus menaçante, c'est le Rassemblement National, avec à sa tête Marine Le Pen et donc l'extrême droite.
Et là, il se trouve que c'est l'extrême gauche, parce que Jean-Luc Mélenchon, qui est arrivé troisième à l'élection présidentielle, a fait un coup de communication, un coup de bluff, mais absolument remarquable, en faisant croire à tout le monde qu'il pourrait être Premier ministre. Il ne sera pas Premier ministre parce qu'il n'aura pas, je ne crois pas beaucoup me tromper, la majorité ni relative ni absolue à l'Assemblée Nationale.
En revanche, il est probable que le premier groupe d'opposition, qui est aujourd'hui les Républicains, qui sont quelques centaines, cent trois précisément, je crois, eh bien ça ne soit plus les Républicains, mais que ça soit effectivement cette fameuse nupe, avec une réserve. C'est que chacun reprend ses billes une fois que l'élection est terminée. C'est-à-dire que les socialistes restent socialistes, les verts restent verts, les communistes restent communistes, et je doute que tous arrivent à s'entendre sur la plupart des sujets.
Néanmoins, si cet ensemble-là fait le premier groupe de l'Assemblée Nationale, la présidence, puisque maintenant depuis 2007 c'est la règle, la présidence de la Commission des Finances reviendrait effectivement à la nupe. Alors, pas à M. Mélenchon. Quel est le rôle ? A quoi ça sert ? Alors là, c'est très important, c'est très très important d'être à la tête de la Commission des Finances, parce que vous avez accès à toute la documentation financière, et à tous les comptes, et aux comptes des particuliers aussi, ou aux comptes des députés, des autres députés.
Vous avez accès à tout, quand vous êtes à la présidence de la Commission des Finances, parce que vous demandez à tout moment, vous pouvez contrôler, vous pouvez contrôler tout ce qui se passe. Je vous laisse... Donc si c'était François Ruffin, la présidente, il pourrait dire, sortez-moi le dossier du patron de Total. Par exemple, tout à fait. Je ne pense pas qu'il le ferait comme ça, mais c'est possible. Il y a de quoi mettre le bazar. Et ça sera une... Si c'est le cas, on va au devant d'une Assemblée Nationale qui risque d'être assez bouillonnante, assez agitée.
Et dans ce cadre-là, faire les réformes, les quelques réformes qui sont envisagées par le président de la République, me paraît aussi assez compliqué. Donc, voilà la situation qui est assez inattendue, quand même. On va voir si, effectivement, Jean-Luc Mélenchon arrive à mobiliser son électorat. Ce n'est pas encore acquis. Et je rappelle qu'une élection législative, ce n'est pas une élection. C'est 577 élections avec une équation locale qui est forte. Et rien ne dit... Tous les sondages qu'on fait, pardon Bernard, mais tous les sondages qui sont faits nationalement n'ont finalement qu'une valeur relative. À l'extrait relative.
Alix Bouillaguet, est-ce qu'on peut quand même dire que c'est un sacré coup de maître qu'a réussi Jean-Luc Mélenchon ? Et même sur la forme, Michel Sardou, le critique dans Paris Match, en disant « S'il gagne, je me tire ». Alors on aurait imaginé un Jean-Luc Mélenchon vituperant, disant « qu'il s'en aille, qu'il aille à Monaco avec ses millions, mauvais français ». Pas du tout. Il répond « Monsieur Sardou, ne partez pas, restez, on vous aime trop ». On vous l'a changé, Jean-Luc Mélenchon ? On vous l'a un petit peu changé. Alors, chassé le naturel, il revient au galop. Concernant Jean-Luc Mélenchon, je lui fais confiance pour redevenir assez vite lui-même.
Mais moi, j'ai essayé de savoir à un moment qui avait eu cette formidable idée. Parce que c'est vrai que c'est un coup de poker politique assez génial de rendre concret une élection. Les législatives, les Français disent « Ouh là, qu'est-ce que c'est que ce truc ? ». Mais quand on dit « Vous allez mettre un bulletin dans l'urne parce que vous allez mêlir Premier ministre », c'est vrai que c'est un énorme raccourci, mais c'est un raccourci extrêmement payant. Un slogan mobilisateur. Et d'ailleurs, on a vu que ça fonctionnait. Alors, j'ai demandé si c'était Jean-Luc Mélenchon lui-même qui avait trouvé ça.
Dans son entourage, on me dit « Non », mais que c'est une émulsion à plusieurs comme ça, pour avoir trouvé ce biais-là. En sachant que, c'est vrai que Marine Le Pen, on en parlait tout à l'heure, elle a pris le contre-pied total. Son alitmotiv, c'est « Je dis la vérité ». La vérité, c'est que je ne vais pas gagner, pour plein de raisons, ces élections législatives. J'essaye d'avoir un groupe le plus grand possible. Mais moi, je ne vous dis pas n'importe quoi. Contrairement à mon petit camarade Jean-Luc Mélenchon, c'est vrai qu'à ne rien promettre, elle ne peut pas décevoir.
Alors que Jean-Luc Mélenchon, en faisant ce raccourci énorme de « Je serai Premier ministre », effectivement, il y a quand même peu de chances qu'il y arrive, eh bien risque de décevoir sans doute une partie de son électorat. Bernard Sananas, comment se fait-il que le Rassemblement national fonctionne si bien à la présidentielle et si mal aux législatives ?
Le mode de scrutin, et on est pour beaucoup l'explication, le mode de scrutin, dans une participation qui sera très basse, il n'y aura quasiment pas de triangulaire. Or, le Rassemblement national a beaucoup de mal à l'emporter en duel. Dans des duels, il y a toujours, même si c'est moins fort qu'auparavant, il y a toujours une trace d'un, on va l'appeler un front républicain citoyen. C'est-à-dire que même quand les États-majors n'appellent pas vraiment à voter contre le Front national, il y a des électeurs de gauche, des abstentionnistes, qui vont voter contre le Rassemblement national. Ça ne veut pas dire que le Rassemblement national n'aura pas d'élus.
Ils en ont eu huit la dernière fois, alors que Marine Le Pen était déjà au second tour. Ils peuvent espérer 30, 40, 50 députés, mais pas beaucoup plus. L'autre élément qui est très intéressant et qui explique aussi la stratégie d'Emmanuel Macron face à Jean-Luc Mélenchon, pourquoi prend-il Jean-Luc Mélenchon comme son premier ennemi ? Oui, parce que dans les sondages, qui sont assez fiables, point de désaccord avec Yves, parce qu'à partir de cette semaine, nous sommes passés sur ce qu'on appelle l'offre réelle, c'est-à-dire que nous proposons aux personnes qui sont interviewées les vrais candidats dans leur circonscription.
Et que malgré tout, la législative reste d'abord obéie à des mouvements nationaux, corrigée par des situations locales. Mais en tout cas, on voit une chose là-dessus, je pense qu'on sera d'accord, sur les configurations. Les configurations de second tour, en 2017, il y avait près d'un second tour sur deux qui opposait un candidat En Marche et Modem à un candidat de droite, parce que la droite était encore forte. Aujourd'hui, dans nos projections, on verra si elles sont confirmées, c'est la même proportion, près d'un sur deux, qui opposerait un candidat ensemble à un candidat Nupes. Et donc le second tour, la configuration majoritaire, ce sera ensemble contre Nupes.
Et donc Emmanuel Macron va devoir mobiliser contre Mélenchon. Finalement, il va faire, au présidentiel, il a essayé d'appeler les électeurs de gauche à faire barrage à Le Pen. Au législatif, il va essayer d'appeler les électeurs de droite à faire barrage à Mélenchon.
Alors, un président qui ne connaît aucun état de grâce, un gouvernement qui, citot nommé, a dû affronter une série de polémiques. Des candidats aux législatives controversés, retour sur une période difficile pour la majorité, avec Constance Meyer et Ilana Azinko.
Stade de France hier soir.
Aux abords de l'enceinte, une sécurité renforcée. Les supporters entrent sans encombre. L'ambiance est festive. Des images loin du fiasco du week-end dernier. Lors de la finale de la Ligue des Champions, des milliers de supporters de Liverpool sont restés bloqués derrière les grilles du stade. Malgré leurs billets,
certains sont gazés par des forces de l'ordre débordées. La polémique est lancée. Gérald Darmanin visé. Mes aventures de M. Darmanin annoncent le quinquennat qui vient, c'est-à-dire le quinquennat de l'avènement de racailles qui font la loi de plus en plus.
Le ministre de l'Intérieur est sommé de s'expliquer au Sénat face au président de la Commission des lois.
La gestion de cet événement a été unanimement qualifiée soit de scandaleuse, voire même par certains responsables politiques de honte nationale. Est-ce que ces moyens de dispersion sont adéquats pour un événement comme celui-ci ? Manifestement, l'expérience mérite d'être très largement revue. Le gaz écrémogène a permis de sauver un certain nombre de personnes de l'écrasement. Il a aussi causé des grands dégâts, notamment sur des enfants. J'ai vu comme vous les images, je voudrais m'en excuser très sincèrement de cette utilisation disproportionnée et les sanctions seront prises, je vous les communiquerai. Une polémique qui s'ajoute à une autre.
Les premières heures du nouveau gouvernement ont été entachées par les accusations de viol par deux femmes visant Damien Abad.
Est-ce que vous contestez formellement les accusations, M. Abad ? Le nouveau ministre des Solidarités prit dans la tourmente. Ce sont ici ma dignité et mon intégrité qui s'en trouvent atteintes. Je le répète avec fermeté, je n'ai jamais violé une seule femme de ma vie.
Le parquet de Paris a depuis indiqué qu'il n'ouvrirait pas d'enquête préliminaire en l'état. Mais les affaires ne s'arrêtent pas là pour la majorité. Une dizaine de candidats aux législatives investis par Renaissance sont sous le coup d'une enquête judiciaire, d'autres condamnés. Mais pas de quoi écorner l'image de la République exemplaire voulue par le président Macron pour ce député.
On attend ce que la justice se prononce sur ces questions. Il y a d'ailleurs des candidats qui ont eu des non-lieux sur ces questions. Et pour ceux qui ont des affaires, c'est la justice qui décide avec ensuite des peines d'éligibilité. C'est arrivé à certains députés, de la majorité comme de l'opposition. Et dans ce cas, les députés ne peuvent plus siéger à l'Assemblée nationale. Et là encore, c'est bien parce qu'il y a une question d'exemplarité. Des premiers pas difficiles pour le gouvernement d'Elisabeth Borne. La première ministre qui concentre toutes les critiques de l'opposition.
Plutôt que de répondre à un besoin qui était un besoin de proximité avec les Français, de chaleur, tout ce qui a manqué pendant cinq ans d'empathie avec les Français, il choisit exactement l'inverse. Il choisit une technocrate froide, brutale dans les négociations qu'elle a eues à mener. Et en réalité, le double de lui-même. Elisabeth Borne, dont on n'a plus entendu parler depuis qu'elle a été nommée. Alors c'est peut-être le nouveau mode de fonctionnement du gouvernement façon Elisabeth Borne. C'est-à-dire qu'on a nommé des gens et finalement on ne les entend jamais. Il n'y a pas de son, il n'y a pas d'image. On les a déjà oubliés.
La première ministre travaille dans l'ombre, rétorque ce député de la Macronie. Il y a une explication assez simple, mais derrière laquelle je ne veux pas seulement me retrancher. C'est la période de réserve. La période de réserve qui interdit à la première ministre de faire beaucoup d'annonces qu'elle pourrait faire sur l'indexation des pensions et des retraites sur l'inflation, je vous l'ai dit, sur le DGL du point d'indice des fonctionnaires, sur la prolongation du GL du prix de l'électricité ou du gaz, sur le montant du chèque alimentaire qui est aussi une des mesures qui sera prévue dans la loi anti-inflation. Bref, il y a plein de choses. Ça ne l'empêche pas de travailler.
Des affaires qui plombent toutefois la campagne de la majorité à huit jours du premier tour des élections législatives.
Selon un récent sondage, ensemble, la coalition portée par la Macronie et la nupesse de Jean-Luc Mélenchon seraient dans un mouchoir de poche avec une légère avance pour l'union de la gauche.
Alors, question de téléspectateurs Aurélie Herbemont. Gérald Darmanin est-il sur un siège éjectable après le chaos au Stade de France ? Je cite Emmanuel Macron ce matin qui a été évidemment interrogé là-dessus. Il a répondu « J'ai été, comme nous tous, indigné par les désordres sous toutes ses formes et par ce que nous avons vu. » Je ne pense pas, même si effectivement Emmanuel Macron est très sévère avec ce qui s'est passé au Stade de France, comment ne pas l'être d'ailleurs, je ne pense pas que pour autant Gérald Darmanin soit sur un siège éjectable.
D'ailleurs, il y a une petite caresse aussi à l'égard de Gérald Darmanin dans cette interview sur la question de ne plus retirer les points pour les petits excès de vitesse. Emmanuel Macron dit qu'on peut avoir du bon sens, donc garder les contraventions, mais éventuellement travailler sur le non-retrait de points. C'est ce qu'avait proposé Gérald Darmanin la semaine dernière. Je ne pense pas que Gérald Darmanin soit sur un siège éjectable parce qu'il est très important politiquement pour Emmanuel Macron. Il vient de LR, il incarne la droite, il vient tout juste d'être confirmé place Beauvau. C'est-on comment Emmanuel Macron… Ce serait très très…
Quelle reculade pour Emmanuel Macron s'il devait se séparer de Gérald Darmanin ? C'est-on comment Emmanuel Macron a jugé d'ailleurs cette séquence du Stade de France et la réaction de Gérald Darmanin ? Il a trouvé que Gérald Darmanin n'avait peut-être fait un petit peu trop sur le côté « Tout s'est très bien passé dans les premières heures ». Donc voilà, il fallait… On l'a vu d'ailleurs devant l'audition par les sénateurs, Gérald Darmanin, sur le fond, maintenait sa version, mais sur le ton, ça avait beaucoup changé. Parce que ça, évidemment, à l'Élysée, ils ont trouvé qu'il était peut-être un petit peu trop sûr de son fait et circulait, il n'y a rien à voir.
Alors que manifestement, il y avait quand même quelque chose à voir de ce qui s'est passé au Stade de France. Cette position circulée, il n'y a rien à voir et puis tout est de la faute des Anglais. Est-ce que pour un Gérald Darmanin qui vient de la droite, donc qui est censé incarner l'ordre, le régalien, c'est le premier flic de France, est-ce que là, il n'a pas failli en incarnant la droite du gouvernement ? C'est exactement ça. D'ailleurs, Emmanuel Macron pense aussi que son ministre de l'Intérieur s'est défaussé en quelque sorte. Vous l'avez dit, il incarne l'ordre, la sécurité.
Donc il aurait été dans son rôle de dire, écoutez, l'ordre et la sécurité n'ont pas été exactement ce que ça aurait dû être sur cette séquence-là. Et voilà, parce que moi, je suis garant de l'ordre et de la sécurité. Ça, c'est la première chose. Il aurait dû assumer ça. Entre nous, on ne l'a pas trop vu. Le dimanche, il y avait une pauvre porte-parole qui, sans doute, faisait ses premières télés du ministère de l'Intérieur, qui s'est débattue comme elle a pu pendant deux jours toute seule, a essayé de répondre à toutes les incohérences et toutes les questions des journalistes. Donc ce n'était pas très sympa de sa part.
Le lundi, il fait cette conférence de presse, mais au ministère des Sports, comme si c'était quand même un problème exclusivement de sport, de supporters britanniques notamment. Et enfin, il faut attendre, effectivement, il s'est repris quand même à trois fois pour essayer de... Effectivement, il n'a pas vraiment beaucoup changé dans son mode, dans ses explications. Mais en revanche, sur le ton, oui, il a retrouvé ce qu'il avait totalement oublié, c'est-à-dire de dire, il y a quand même des familles qui ont été gazées, excusez-moi pour elles. Il y a quand même des supporters qui ont payé leur billet, qui n'ont peu vu le match, excusez-moi aussi pour eux.
C'est vrai que cette séquence-là, Gérald Darmanin, on sait que c'est sa technique. La meilleure défense, c'est l'attaque. Donc, c'est vraiment, on est purement dans du style. Mais là, il a manqué juste d'appréciation, de bon sens, carton rouge, si je peux me permettre. Et Yves Tréhard, ce matin, François-Xavier Bellamy, de nouveau, a dit, en attente du ministre de l'Intérieur, qui est le premier flic de France, qu'il nous dresse un état des lieux clinique et qu'il tienne un langage de vérité. Il lui reprochait, au fond, d'avoir été plus partisan que ministre de l'Intérieur dans sa gestion de cette crise.
Cette histoire est absolument incompréhensible parce qu'on cherche encore, et moi je cherche encore, la raison pour laquelle Gérald Darmanin avait intérêt soit à nier la réalité, soit à mentir. Sincèrement, ça ne lui rapporte que des ennuis. Que des ennuis. Il est effectivement l'incarnation de l'ordre, puisque c'est le premier flic de France. Il vient d'être promu numéro 3 du gouvernement derrière la première ministre et Bruno Le Maire, autre recrue venant de la droite d'ailleurs.
On est dans une période électorale où, je suis désolé, l'insécurité, même si on n'en a pas beaucoup parlé pendant la présidentielle, reste une des préoccupations majeures des Français, et surtout des Français des quartiers populaires, des quartiers qui ne sont pas toujours très favorisés. Et donc je ne vois pas pourquoi il a intérêt à mentir. Parce qu'il ment. Sur quoi il ment ? D'abord, il nous raconte ces histoires de fausses billetteries, qui existent probablement, mais certainement pas dans le volume et dans la proportion dans laquelle il veut nous faire croire cela. Deuxièmement, il crée quasi un incident diplomatique avec la Grande-Bretagne.
Est-ce qu'à l'heure de l'Ukraine, on a intérêt à se fâcher avec les Britanniques ? Je ne suis pas certain. Troisième chose, il ne parle quasiment pas de toutes ces bandes de petites frappes, puisque c'est comme ça qu'il faut les appeler, qui sont venus détrousser les Anglais qui attendaient et qui ne pouvaient pas rentrer dans le stade. Et ça, c'est en plus des images qui ont été montrées partout dans le monde entier. Tout le monde les a, elles sont toutes disponibles sur les téléphones portables, sur les ordinateurs, et ça, il n'en parle quasiment pas, alors que c'est le problème majeur.
C'est le problème majeur du non-maintien de la sécurité et de la sécurité des spectateurs qui venaient au stade de France, en famille en plus, avec femmes, enfants, tout ça. Donc c'est un raté total, et moi je suis un peu plus pessimiste que vous. Je pensais au début que ça pouvait lui coûter son poste. Eh oui, dans n'importe quel pays, ça se passe, le ministre de l'Intérieur est mis à pied. Là, on ne comprendrait pas, et on comprend mieux pourquoi d'ailleurs il prend la défense du préfet de police de Paris, parce que si le préfet de police de Paris paye, à mon avis, lui, il doit payer.
Parce qu'il y a une chose que, alors ça c'est pareil, qu'on ne sait pas bien, on dit oui, mais à l'intérieur du stade, c'est l'UEFA qui est responsable, après il y a le stade de France, après les responsabilités sont partagées. Non, non et non. Quand ça dégénère trop, le ministre de l'Intérieur, en l'occurrence le préfet de police de Paris, peut reprendre la main sur tout, sur tout, et donc le ministre de l'Intérieur, évidemment. Donc là, après l'affaire Abad, après, d'ailleurs, on remarquera que le président de la République s'est tenu très à l'écart de tout ça, comme s'il fallait ignorer la chose. Il doit être très très mal à l'aise, à mon avis.
Bernard Salonès, est-ce qu'on sait comment l'opinion a jugé toute cette séquence, et est-ce que ça part une influence sur les élections législatives ?
L'opinion a porté un jugement critique, une enquête publiée notamment dans Le Figaro, cette semaine, par nos confrères de Doxa. Après, qu'est-ce qui a le plus d'impact ? Évidemment, ça ne crée pas de dynamique positive, c'est évident. Qu'est-ce qui crée le plus d'impact par rapport à ce qu'on disait au début, sur son sentiment que finalement, le nouveau quinquennat n'est pas marqué par un élan, par une impulsion ? C'est plus, à mon avis, le fait qu'il n'y ait pas de nouvelles annonces, de nouveaux chantiers lancés, que ces incidents, même s'ils sont évidemment très graves. Ça, c'est le premier point.
Deuxième point, il y a visiblement, du côté du ministre de l'Intérieur, une erreur de gestion de communication de crise. C'est vrai qu'il y a une chose qu'on sait dans l'opinion, c'est qu'il y a une stratégie qui ne fonctionne jamais, c'est la stratégie du déni. L'opinion peut entendre la stratégie de... On s'est trompé. On s'est trompé, on va faire mieux, on va nous expliquer comment, on va en tirer des leçons, mais la stratégie du déni, ça ne fonctionne jamais.
Et puis, troisième point, c'est vrai que Gérald Darmanin, il est un maillon important du dispositif politique du président de la République, d'autant plus que le Premier ministre a quand même, même si les frontières politiques se sont estompées, a changé de camp. Il y a eu deux premiers ministres qui venaient de la droite, Édouard Philippe-Jean Castex et Elisabeth Borne, qui viennent plutôt de la gauche. Donc, dans l'équipe du « En même temps », il y a Bruno Le Maire, il y a Gérald Darmanin, il y a Sébastien Lecornu, qui viennent plutôt de la droite.
Même si, il faut le rappeler aussi, dans ses ministres, si on compare par exemple la popularité de Gérald Darmanin à celle de Bruno Le Maire, Gérald Darmanin est nettement moins populaire, que ce soit dans l'opinion ou que ce soit chez les sympathisants de la majorité présidentielle, que le ministre de l'Économie.
Ça veut dire, Aurélien Herbemont, qu'Emmanuel Macron aurait un problème sur sa droite maintenant. Et je vais citer votre édito d'hier, « Législative 2022 », elle est revigorée par les débuts difficiles du quinquennat de Macron, comme si la droite se disait « Tiens, de nouveau un petit espace pour nous ». Alors, la droite était forcément rassurée en voyant que l'homme fort de la Macronie qui vient de la droite, qui est censé gérer la sécurité, pour le coup, a failli la semaine dernière.
Donc, ils se disent « Là, voilà, les électeurs de droite qui avaient voté pour Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle, parce qu'ils n'avaient pas envie que Marine Le Pen arrive en tête, ou que Jean-Luc Mélenchon arrive au second tour, ils se disent « Peut-être qu'ils peuvent rentrer à la maison pour les législatives ». C'est ça, un petit peu leur espoir. Alors, bon, l'espoir fait vivre, comme on dit. Donc, voilà, ils se disent « Voilà, Emmanuel Macron montre bien que, ben, voyez, il n'est pas de droite, il ne sait pas gérer la sécurité, il a nommé une première ministre de gauche, vous vous êtes fait rouler ».
C'est un petit peu ça, le message des Républicains, pour se dire « Peut-être qu'on ne va pas finir à 15 ». Et puis, il n'y a pas eu de transfert massif de figure de droite vers Emmanuel Macron, à part Damien Abad. Écoutez, ça ne lui a pas réussi, je pense que… Alors, c'est à son corps défendant, mais ça peut dissuader d'autres parcours. Damien Abad, du coup, l'affaire a été éclipsée par le Stade de France, mais ça reste… Elle a été éclipsée, mais pour lui, c'est du poison lent. C'est-à-dire qu'il s'est coupé radicalement de toute sa famille politique.
Il est aujourd'hui lui-même en campagne dans l'Ain face à des électeurs qui seront peut-être un petit peu déboussolés de se dire « Bon, ben, alors lui, c'est jamais bon de faire campagne avec une étiquette de traître ». Voilà, c'est son premier problème. Le deuxième problème, c'est ces viols présumés, ces accusations qui planent sur lui. En plus, il se peut qu'il y en ait d'autres éventuellement. Ça va être une espèce de supplice de tantale. C'est vrai que c'était la prise de guerre de la droite pour Emmanuel Macron. Alors, là où il a un tout petit peu de chance, Damien Abad, c'est que la droite n'en a pas fait des caisses non plus par rapport à cette affaire.
Parce qu'on peut aussi leur dire « Attendez, si c'était finalement un criminel, entre guillemets, naturellement, je dis ça, vous auriez pu vous-même saisir les instances compétentes pour essayer de l'arrêter ou pour le signaler en tout cas ». Et au milieu de toutes ces crises, Bernard Sananès, est-ce qu'on a une première ministre, finalement, très en retrait, très effacée, qui semble même ne pas être aux manettes ? Oui, effectivement.
Pour l'instant, elle a du mal. Alors bon, elle a été nommée il n'y a encore que deux semaines, finalement. Elle a du mal à impacter l'opinion. Et sa nomination, alors qu'on l'a souvent dit, c'est la première fois qu'une femme était nommée depuis 30 ans, on pensait que ça créerait un impact, elle est plus jugée comme une ancienne ministre qu'elle était, que comme une nouvelle Premier ministre. 27% de code de confiance, c'est bas, c'est moins que Jean Castex et Philippe, on l'a dit. Et on voit bien qu'il y a à la fois un sujet de notoriété, mais qui va vite s'estomper. Quand vous êtes Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin dit ça souvent, en quelques jours, vous êtes réconnu.
Mais c'est vrai que pour l'instant, comme elle ne porte pas de texte, finalement son premier grand rendez-vous, pour elle, ce sera d'abord sans élection ou pas comme députée du Calvados, élection qu'elle aborde en position de favori dans une circonscription qui est plutôt favorable à la majorité présidentielle. Et l'autre grande échéance qui la dévoilera et qui dévoilera son programme, c'est le discours de politique générale qui devra intervenir début juillet. Mais début juillet, on se rend compte, on sera presque deux mois après, un mois et demi après le second tour de l'élection présidentielle.
Et d'ailleurs, quand on voit l'interview d'Emmanuel Macron ce matin, il dit, parce que le journaliste lui pose la question, est-ce que finalement vous avez le choix entre Catherine Vautrin et Elisabeth Byrne ? Et il répond, qui vous dit que j'ai hésité ? Et alors, beaucoup de gens, sans être à des esprits très critiques, pourraient se dire, mais s'il n'a pas hésité, pourquoi il ne l'a pas nommé plus tôt ? Ce qui aurait permis, pour répondre à votre question, Axel, qu'elle puisse dérouler, effectivement, déployer une première partie du programme présidentiel.
Aurélie Herbemont, il va y avoir les élections législatives. Est-ce que certains ministres pourraient perdre ces élections ? Et dans quel cas, d'ailleurs, ils seraient obligés de démissionner ? Alors, on pense à Damien Abad, d'ailleurs. Est-ce que ça ne pourrait pas, d'ailleurs, être un fiefet service à la majorité ? Alors, c'est vrai que la règle est très claire. Ceux qui vont perdre les législatives ne pourront pas rester ministres. Évidemment, s'ils sont désavoués par le suffrage populaire, c'est compliqué de rester ministre après. Alors, il y en a quelques-uns qui, potentiellement, peuvent être en difficulté.
Alors, d'abord, elle n'est pas très connue, je suis désolée, mais celle qui est sans doute la plus en difficulté, c'est Justine Bénin, qui est la secrétaire d'État à la mer et qui est membre du Modem et qui est candidate en Guadeloupe. Dans ses circonscriptions, Jean-Luc Mélenchon a fait 52% des voix au premier tour. Donc, ce n'est pas gagné. Alors, il y a l'implantation de chaque candidat, le fait d'être ministre au gouvernement, ils se disent, ça peut l'aider. Mais elle ne part quand même pas en situation extrêmement favorable quand Jean-Luc Mélenchon fait 52% et Emmanuel Macron, de mémoire, moins de 15% dans cette circonscription.
Donc, et au second tour, c'est Marine Le Pen qui est arrivée en tête. Sinon, il y a Amélie de Montchalin. Alors, ça, ça pourrait être un petit sujet parce qu'elle est quand même numéro 6, je crois, dans l'ordre protocolaire. C'est elle qui est en charge de la transition écologique. Elle est candidate dans l'Essonne. Une circonscription qui va être très disputée puisqu'elle va être face à Jérôme Gage qui est candidat de l'ANUP. Et Jérôme Gage, ce n'est pas n'importe qui. C'est l'ancien député de cette circonscription qui a été président du Conseil général de l'Essonne. Donc, ce n'est pas un candidat. Vous avez des candidats à gauche qui ne sont pas très identifiés.
Là, elle a un vrai candidat de gauche très identifié sur le territoire. Donc, potentiellement, c'est elle qui va avoir la législative la plus à risque. Sinon, il y a Clément Beaune qui est ministre des Affaires européennes, qui, lui, n'est pas sortant, qui veut se faire élire dans le centre de Paris où la gauche, pareil, a fait des scores très, très forts au premier tour de la présidentielle. C'est ceux-là, surtout, qu'il va falloir surveiller. Et on verra s'ils sont en balottage, comme on dit, favorable ou défavorable dimanche prochain. Alors, du côté des Républicains, après l'échec de Valérie Pécresse à la présidentielle, l'ambiance, bien sûr, est morose.
Et certains candidats aux législatives ont même préféré jeter l'éponge, portrait de deux d'entre eux, avec Pierre de Horne et Benoît Thébault. Vous allez bien ? Très bien, vous ? Voilà. Moi, je suis votre conseillère départementale. Je ne sais pas si vous me connaissez. À bientôt. On pourrait presque croire qu'elle est en campagne. Je vais devant ? Choisique Perrault, 45 ans, est membre des Républicains depuis 15 ans. Je suis à la campagne, toujours en campagne.
Finalement, non, je ne suis pas en campagne, là, puisque je ne suis pas candidate, je ne suis plus candidate aux élections.
La vice-présidente du département du Morbihan avait été investie pour les élections législatives, avant que le score de Valérie Pécresse ne la démotive complètement. On a mis sous le tapis, finalement, pendant ces élections, tous les sujets dont j'entends parler tous les jours. On me dit la relance économique, mais on a un pays, la balance commerciale, c'est 100 milliards de dettes. On pose des questions sur l'habitat, on pose des questions sur la vie associative, on pose des questions dans les écoles de la ville et dans les écoles du territoire. Donc, c'est des sujets majeurs et il faut absolument s'emparer. Elle se saisit donc de ces sujets sur son territoire.
Donc maintenant, vous avez quatre médecins à quelle fierté, quoi. Faire campagne pour les législatives, c'était aussi prendre le risque de perdre. Faire les élections, ça veut dire qu'on n'a pas la confiance des électeurs. Et souvent, les électeurs, ce sont nos patrons, donc c'est aussi la crédibilité de la parole publique. Parce que les lecteurs, ils regardent le vainqueur, ils ne regardent pas le vaincu. La crainte de l'échec pour celle qui a connu les heures de gloire de la droite. Chirac, Sarkozy et François Fillon.
Ah bah si, bah voilà, j'en ai une, ici. Il m'a reçue à Matignon et donc j'y suis allée un peu très très impressionnée.
Je me souviens de ce qu'il m'a dit. Il m'a dit, j'ai remarqué chez vous une énergie formidable. L'énergie de... l'envie d'agir. L'énergie aussi de toujours croire que son parti a les armes pour rebondir. Je crois au collectif. Et la droite, c'est du collectif. Et à droite, dans la famille, les Républicains, il y a plein de talents. Et c'est pas des gens du passé, parce que j'entends les stéréotypes qu'on fait sur nous. Mais moi, je suis absolument pas d'accord avec ça. A l'autre bout de la France, dans une petite commune près de Montpellier, François Lagarde, ancien élu de la ville d'Orléans, a lui opté pour la rupture au grand air. Un grand écart avec la vie politique.
Ça, ce sont des giroflés. Alors qu'il a été investi dès le mois d'octobre par les Républicains pour faire campagne, le militant a finalement fait le choix de se consacrer au jardinage. J'aime bien, j'aime bien, ça me détend. Et puis c'est un environnement apaisant, loin du tumulte de la vie politique. Le score de Valérie Pécresse a évidemment été une humiliation. Mais pour le militant, le plus dur à digérer reste son positionnement politique. Madame Pécresse incarnait finalement une volonté d'être plus macroniste que Macron. Plus européiste, plus néolibérale, plus atlantiste. Alors qu'il fallait au contraire développer une ligne de rupture plus sociale, plus nationale, plus patriote.
Et réconcilier, faire en sorte que les Français se réconcilient avec la politique. Vous avez gardé votre carte chez les Républicains ? Je ne l'ai pas reprise pour l'année 2022. Et c'est quelque chose que vous allez refaire ? Je ne sais pas. Je ne sais pas. J'attends de voir l'évolution du mouvement. Lui rêve d'une ligne politique proche de celle de Charles de Gaulle, de Charles Pasquois. Il se souvient avec nostalgie du RPR des années 90 et de la droite qui parlait aussi aux classes populaires. Il faut engager de manière urgente le débat sur la souveraineté française, le débat sur la démocratie directe et le débat sur la justice sociale.
Et je crois qu'il est nécessaire de revenir là encore aux sources du gaullisme qui considéraient qu'il fallait parler aux ouvriers comme aux petits patrons, aux gens de gauche comme aux gens de droite. Comme François Lagarde et Soisic-Perrault, ils sont une vingtaine à avoir refusé de représenter les Républicains pour les élections législatives. Alors, question téléspectateur Yves Tréhard. Valérie Pécresse, a-t-elle un avenir chez les Républicains ? Non, je ne crois pas vous me tromper en disant que ça me paraît assez compromis. Pourquoi ?
Parce que généralement, un perdant à l'élection présidentielle, sauf s'il perd alors qu'il est qualifié au deuxième tour, on l'a vu avec François Mitterrand, on l'a vu avec Jacques Chirac, généralement, il quitte la scène, j'ai même presque envie de vous dire, il quitte la scène politique, la scène nationale, je dirais. Donc, ça me paraît très étonnant que Mme Pécresse soit la candidate de son parti en 2027. Je ne pense pas, je ne sais même pas si elle-même en aura envie, parce qu'il faut voir les preuves que c'est, de perdre dans ces circonstances-là, avec un score final aussi médiocre, et le mot est faible. Pour elle, c'est terrible. Même si elle a été remboursée.
Oui, oui, mais il y a quand même l'amour propre, et puis c'est une personnalité qui a été considérée comme une personnalité de premier plan pour l'avenir de ce parti. Et voilà, ça n'a pas marché. Alex Bouillaguet, quel est l'enjeu pour les Républicains à cette élection législative ? Qu'est-ce qu'ils vont jouer au soir du 12 et du 19 juin ? C'est vrai que c'est une très très bonne question. Ils ont aujourd'hui une centaine de députés sortants, donc grosso modo, ils se disent, voilà, de deux choses l'une. Soit cette élection, c'est une élection, on n'aime pas Valérie Pécresse, on n'a pas voulu voter pour elle, ou on a voté utile.
Mais en revanche, mon député de droite, que je connais, je l'aime bien, je vais voter pour lui. Donc, ils sont tous en train de croiser les doigts et en train de se dire, ça va passer parce que c'est un scrutin qui est un tout petit peu différent. Après, si ça ne passe pas, la barre, elle est aux alentours de 50 députés. 50 députés, ça veut dire que là, oui, on le dit beaucoup depuis quelques années, quelques mois, la droite explose, elle n'aura pas le choix. Elle aura, sans doute, certains, l'hémorragie continuera vers Emmanuel Macron. Emmanuel Macron aura peut-être d'ailleurs besoin, s'il n'a pas une majorité suffisante, de s'appuyer éventuellement sur certains LR dits constructifs.
Enfin, donc, ça partira du côté de Macron. Sans doute que d'autres constitueront peut-être un petit village gaulois de résistance, voilà, et de faire le gros dos pour passer le cap. En sachant qu'aujourd'hui, il y a un homme qui voudrait reprendre le parti, c'est Laurent Wauquiez. On va voir ce qui va se passer. La succession de Christian Jacob. Christian Jacob, normalement, fin juillet, c'est fini. Donc, on va repartir avec un nouvel élan. Bernard Salinas, quelle sera l'attitude des députés LR à l'Assemblée nationale ? Est-ce que ce seront des opposants farouches à Emmanuel Macron ou est-ce qu'ils se diront, tiens, est-ce qu'on ne peut pas coopérer et être en co-construction ?
Ça se partagera, comme vous le disiez à l'instant, sans doute, entre deux tendances. Ça dépendra aussi, ces députés, si finalement, ils ont été élus au second tour contre un candidat en marche ou contre un candidat de gauche. Ça comptera beaucoup le fait que vous ayez à affronter un adversaire qui ne soit pas le même dans une circonscription qu'une autre. Donc, ça, c'est important. On va voir surtout, et je pense que c'est ça, on va voir si l'implantation électorale des sortants permet d'amoindrir, de diminuer ce qui s'annonce sur la base de la présidentielle, ce qui s'annonçait comme une déroute. Pour l'instant, le pire n'est pas sûr pour LR.
On voit bien, notamment dans les sondages qui sont faits sur ce qu'on appelle l'offre réelle, c'est-à-dire avec les vrais candidats, que l'implantation permet, peut-être un sortant sur deux, à peu près, d'espérer conserver son siège. Par contre, quand vous êtes un nouveau candidat LR, passé à l'assaut d'une circonscription, ça, ça semble très compliqué. Et c'est important parce que plus LR sera haut, moins, ensemble, aura les chances d'avoir une majorité absolue. Ça se joue comme ça. Donc, c'est vrai que c'est un...
S'il n'y a pas de majorité absolue pour Emmanuel Macron, il pourrait être tenté d'aller... Effectivement.
Avec LR ? Effectivement. Vous savez, il y a un scénario, c'est le scénario 1988. 1988, deuxième mandat de François Mitterrand, Michel Rocard, Premier ministre, et il n'y a pas de majorité absolue. Le Parti Socialiste fait 275 de mémoire députés. Et là, vous avez, à l'époque, Michel Rocard, avec son conseiller Guy Carcassonne, décédé depuis, qui, parfois, va chercher du côté des voix communistes, parfois, va chercher des voix centristes, pour avoir une majorité sur certains textes. On est dans la politique fiction, mais ce n'est pas complètement impossible.
Aurélie Herbemont, est-ce que le coup de barre à gauche d'Emmanuel Macron peut ressusciter un vote de droite à l'ancienne, qui dirait, ben, moi, je retourne chez LR, maintenant, il est trop gauchiste, Emmanuel Macron ? Ils espèrent ça. Tout leur argument, c'est de se dire, ben, voilà, Emmanuel Macron n'est pas de droite. Il a une première ministre de gauche, il a un ministre de l'éducation qui est limite wokiste, ce sont les accusations de la droite et de l'extrême droite, Papendiaï. Pendant le deuxième tour de la présidentielle, il a fait des appels du pied aux électeurs mélenchonistes. Donc, vraiment, la droite se dit, Macron n'est pas de droite, votez pour nous.
Et surtout, il mise à fond sur un seul élément qui est l'ancrage local. En fait, il joue ses législatives comme si c'était une élection locale, parce qu'ils ont gagné les municipales, ils ont gagné les régionales, ils ont gagné les départementales, en disant, ben, voilà, quand on est implanté localement, on arrive à gagner les élections. Ce qui leur avait fait croire qu'ils pouvaient gagner la présidentielle et ce qui n'est pas arrivé. Donc, il joue vraiment ses législatives, c'est l'élu du territoire. Après, il y a toujours une dimension nationale dans une élection législative. C'est là qu'on va voir la puissance de l'ancrage.
Et ce qui est assez drôle, c'est que les députés LR sortant, certains n'ont pas mis l'étiquette Les Républicains sur leur affiche et sur leur tract. Ils comptent sur leur personne, les électeurs qui sont de droite. Et ils n'ont pas mis l'étiquette. Les entrancis, parce qu'eux, ils ne sont pas connus, donc il fallait quand même donner une indication aux électeurs. Allez, tout de suite, on revient à vos questions. Alors, Yves Tréard, question d'Antoine dans la mare. Un peu tardive l'entrée en campagne du président, non ? Point d'interrogation. Oui, alors, on rappelle quand même que ce sont des élections législatives. Donc, lui, il n'est pas candidat, par définition. Néanmoins, c'est vrai.
Alors, il y a plusieurs raisons à cela. La première des raisons, c'est, dans le désordre, c'est d'abord que c'est rare qu'il y ait un tel temps qui sépare l'élection présidentielle des élections législatives. Là, je crois que c'était au-delà de 50 jours. Donc, ça fait près d'un mois et demi. Ordinairement, l'élection législative a lieu trois semaines après l'élection. Parce que le président est élu en mai, oui. Voilà. Ça, c'est la première raison. La deuxième raison de ce silence, c'est que je crois qu'il ne savait absolument pas sur quel cap fixer son deuxième quinquennat. Je ne suis pas sûr qu'il le sache encore.
Je crois qu'il y a, dans le personnel politique aujourd'hui, le personnel politique de gouvernement, une crainte, une grande crainte face à ce pays qui est divisé, fragmenté, fragmenté entre générations, fragmenté ville-campagne, fragmenté ethniquement même, j'ai envie de dire. Donc, c'est inquiétant. Vous dites, Emmanuel Macron, il ne sait pas très bien où il va. Non, parce que tu me rappelles quand même que c'est le président des crises pendant cinq ans, à part la première année où c'était très calme dans le pays. Après, il y a eu les gilets jaunes, après il y a eu les retraites, après il y a eu cette crise sanitaire, maintenant, après il y a eu la crise ukrainienne.
Donc, tout ça fait qu'on est, et là, on va au-devant, sincèrement, d'une crise économique qui me paraît compliquée, très compliquée, et qui rappelle, d'une certaine façon, pour parler d'un autre centriste, l'arrivée de Giscard d'Estaing au pouvoir en 1974, avec le premier boom pétrolier, dont il n'est jamais sorti, et dont on n'est jamais vraiment sorti. Donc, c'est compliqué. Et il a, face à lui, il n'y a pas d'alternative de gouvernement. Non, ce ne sont que des alternatives populistes. Et eux, ces populistes en question, ce n'est pas le pouvoir qu'ils veulent. Ce n'est pas le... Enfin, peut-être Mme Le Pen, maintenant, qui a un petit peu évolué.
Mais ils veulent mettre les Français dans la rue. C'est ça, ils ne le diront jamais comme ça. Mais ils veulent mettre les Français dans la rue. C'est l'objectif de Jean-Luc Mélenchon, qui était déjà, d'ailleurs, son objectif au début du précédent quinquennat. Il avait dit, vous savez, on va mettre un million de Français sur les Champs-Elysées. C'est arrivé, mais sans lui, puisque les Gilets jaunes. Alors, il l'a dit ce matin, le projet de Jean-Luc Mélenchon, de Marine Le Pen, c'est le désordre et la situation. C'est vrai. Mais c'est exactement ça. Et Mme Le Pen, c'est aussi le désordre, d'une certaine façon. Alex Bouillagui, question de Philippe Danliser.
Le Conseil national de la refondation, n'est-ce pas un comité théodule de plus ? C'est un petit peu le risque qu'Emmanuel Macron prend. C'est vrai qu'on nous parlait d'une nouvelle méthode, dont on ne s'attendait pas forcément à voir, effectivement, pour certains, ce qui s'apparente déjà comme une usine à gaz. Il fait le parallèle, qui me semble quand même un petit peu curieux, avec le Conseil national de la résistance. Donc, on rappelle 1942, de Gaulle, c'est Jean Moulin qui a la tête de ça pour organiser un peu la vie politique, sociale. Sauf qu'il y avait une forme de consensus politique. Et puis, c'était une période très particulière.
Je trouve que c'est assez osé de sa part de comparer les deux, même si, effectivement, en Europe, il y a aujourd'hui une guerre. Mais, oui, c'est un petit risque politique. Et le risque, c'est que ce soit, effectivement, un énième... Si je peux ajouter à l'X, en plus, à l'époque, au Conseil national de la résistance, il y a tous les partis politiques. Oui, il y avait les communistes. Il y avait les communistes, certes. Mais ça, de Gaulle savait très bien s'accommoder des communistes. Et il l'a prouvé. Mais là, qu'est-ce qu'il fait ? Emmanuel Macron, il va dialoguer et préparer les réformes avec Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. À quoi vont servir Aurélie Herbemont ?
Question de Françoise dans la marne. À quoi vont servir les concertations, entre guillemets, puisque la réforme des retraites sera effective dans un an ? C'est vrai, il l'a annoncé ? C'est une vraie question en termes de calendrier. Il va falloir que ce soit des concertations assez rapides et efficaces. Quand on voit, Alix l'a rappelé tout à l'heure, que pour la réforme des retraites, version 1, il y avait eu deux ans de concertation de Jean-Paul Deloye avec les syndicats, là, on se dit qu'il va falloir que ça concerte, mais vite et bien pour que ça entre en vigueur l'été prochain. Bernard Salamès. Peut-être que ce ne sera pas vraiment une déconcertation, qui sait ?
Question de Jean-Pierre dans le Barin. La NUP a-t-elle de réelles chances de remporter les législatives ? Est-ce qu'il n'y a pas un petit trou de souris, quand même, là ?
Écoutez, on est à huit jours du scrutin. Il faut évidemment être très prudent, ce scrutin qui s'annonce très incertain avec une participation très faible, donc qui peut donner beaucoup de surprises. Aujourd'hui, ce n'est pas une hypothèse qui apparaît possible, mais par contre, le score de la NUP est déjà très impressionnant. Encore une fois, il y a aujourd'hui 70 députés de gauche dans l'Assemblée. Nous faisons des projections entre 70, 180, parfois 200 députés de gauche. Donc c'est très important. Yves le disait tout à l'heure, la France insoumise, à elle toute seule, pourrait être le premier parti d'opposition.
Et de toute façon, si c'était le cas, ça changerait considérablement la configuration de l'Assemblée, y compris avec l'arrivée d'une nouvelle génération politique autour de Jean-Luc Mélenchon, qui est très importante, on l'a vu dans les lieutenants qui l'entourent. Donc ce sera un événement politique très important. Après, est-ce que ça peut aller jusqu'à 240, 250 députés ? Ça semble, encore une fois, aujourd'hui improbable, mais on n'est jamais à la prédiction.
Alors, Alix Bouillaguet, Emmanuel Macron ne veut pas de Jean-Luc Mélenchon comme Premier ministre. D'accord, mais si la NUP l'emporte, aura-t-il le choix ? À la fois oui et non. La Constitution, elle est claire. Il doit choisir un Premier ministre issu de la nouvelle majorité. Donc effectivement, sur le papier, il a le choix. Mais effectivement, il y a cet accord qui existe. La NUP, écologiste, socialiste, communiste, sont tous mis d'accord pour soutenir à ce poste-là de Premier ministre Jean-Luc Mélenchon. Ce qui veut dire que si Emmanuel Macron décide de choisir quelqu'un d'autre, le risque, c'est effectivement un vote de confiance qu'il n'obtient pas.
Et ce serait un sérieux revers, donc un sérieux risque. Eh bien voilà, merci beaucoup d'avoir participé à cette émission. Les élections, c'est dans huit jours. Ce n'est pas demain, c'est dimanche d'après. Lundi, vous retrouverez Caroline Roux pour C'est dans l'air. Mais d'ici là, il y a C'est l'hebdo avec Ali Badou. Bonsoir Ali, qu'y a-t-il au programme ? Salut Axel, au programme ce soir, on va évidemment parler de la vie. La vie toujours plus chère, les prix montent, le pouvoir d'achat baisse. Quelle solution face à l'inflation ? On reviendra évidemment sur les temps forts, les images du jubilé de la reine Elisabeth II. Et puis, petite philosophie de la colère.
Et si la colère était une émotion positive, Axel, vous qui êtes si calme. Et si la colère pouvait même être indispensable à notre vie démocratique, on va en parler avec nos invités et avec l'équipe qui est très sage pour le moment. Salut Axel ! Allez, tous en colère ! Merci, c'est tout de suite. Ali Badou, c'est l'hebdo. Bonne soirée sur France 5.