Dominique de Villepin se compare au loup "mal aimé" d'Intermarché
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:10OuverteRéponse directe
Bonjour et bienvenue sur RTL, Dominique de Villepin.
- 0:15OuverteÉludée
J'aimerais bien savoir à qui je parle ce matin.
- 0:20OuverteRéponse directe
Je vous ai connu Premier ministre de Jacques Chirac, homme de droite assumé.
- 0:32RelanceRéponse partielle
Il paraît qu'aujourd'hui vous êtes de gauche.
- 1:19FerméeRéponse partielle
Est-ce que vous êtes toujours un homme de droite ?
- 1:53RelanceRéponse partielle
Dire aujourd'hui être gaulliste est devenu une tarte à la crème.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:26Invité politiqueFait
« droit dans vos bottes au moment du CPE, projet de loi qui avait mis la jeunesse dans la rue »
- 0:30Invité politiqueFait
« droit dans vos bottes aussi au moment de résister aux Etats-Unis, devant l'ONU lors de la guerre en Irak en 2003 »
- 0:47Invité politiquePromesse
« Mon ambition, c'est de servir. »
- 1:03Invité politiqueFait
« J'ai subi beaucoup d'accusations, Claire Stream, la Chine, le Qatar, sans que je comprenne très bien de quoi il s'agissait. »
- 1:24Invité politiqueFait
« Je suis gaulliste. C'est-à-dire la volonté de rassembler. »
- 2:51Invité politiqueFait
« Moi, je suis comptable de l'histoire de France, depuis Jeanne d'Arc, les fêtes de la Révolution, jusqu'à aujourd'hui. »
- 3:55Invité politiquePromesse
« 2027, c'est un combat essentiel, stratégique pour la France. »
- 5:31Invité politiqueChiffre
« Nous avons en quelques mois réuni près de 50 000 adhérents. »
- 7:18Invité politiqueFait
« Ça m'inquiète d'autant plus que cela justifie mon engagement politique et mon souci de me battre. »
- 8:25Invité politiqueFait
« Depuis le mois de juin en Savoie et Hauts-de-Savoie, nous savons que cette crise est latente. »
- 11:34Invité politiqueFait
« Je n'aurai aucun complexe à dire ce que je dois dire à la Chine. »
- 11:44Invité politiqueFait
« J'ai été l'un des premiers à alerter sur l'importance qu'allait revêtir les nouvelles routes de la soie et la fameuse stratégie de la ceinture et de la route. »
Temps de parole
- Dominique de Villepin74 %
- Présentateur18 %
- ?7 %
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Il a été le Premier ministre de Jacques Chirac, c'était il y a 20 ans. Il a créé il
y
a 6 mois son mouvement politique, la France humaniste. On lui prête une ambition sans limite. Dominique de Villepin est donc l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Dominique de Villepin.
Bonjour.
J'aimerais bien savoir à qui je parle ce matin. Qui les auditeurs de RTL écoutent-ils
?
Devinez. Vous êtes un homme d'imagination.
Oui, mais l'imagination, ça ne fait pas d'effet politique. Je vous ai connu, vous étiez donc Premier ministre de Jacques Chirac, homme de droite assumé, droit dans vos bottes au moment du CPE, projet de loi qui avait mis la jeunesse dans la rue, droit dans vos bottes aussi au moment de résister aux Etats-Unis, devant l'ONU lors de la guerre en Irak en 2003. Il paraît qu'aujourd'hui vous êtes de gauche, donc je manque d'imagination pour savoir vous s'écrivez sur l'échelle politique. Eh bien,
toute cette expérience, tous ces voyages, je veux les mettre au service des Françaises et des Français et au service de la France. Mon ambition, c'est de servir. Vous connaissez l'histoire du loup de
l
'intermarché ? Oui. Bon, il a pris beaucoup de coups.
Il est devenu
végétarien, le loup de l'intermarché. Absolument.
Il m'a l'aimé. Et il est amené à changer, à se métamorphoser. Moi, j'ai subi beaucoup d'accusations, Claire Stream, la Chine, le Qatar, sans que je comprenne très bien de quoi il s'agissait. Et à la fin, tout ça se dissipe et il devient l'ami du village à force. Donc vous êtes l'ami du village ? À force de servir. Oui. Convaincre. Convaincre qu'il n'y a pas aujourd'hui d'autre objet. Est
-ce
que vous êtes toujours un homme de droite ? Que de servir. Mais je n'ai jamais été un homme de droite. Vous n'avez jamais
été un homme de droite ?
Je suis gaulliste. C'est-à-dire la volonté de rassembler. Alors je sais qu'en politique, parler de rassemblement, parler d'intérêt général, ça paraît anachronique, ça paraît même vieux. Et pourtant, c'est une nécessité. Pourquoi ? Mais sauf que,
pardon...
Les
dangers
auxquels notre pays fait face, auxquels l'Europe fait face, sont d'une telle nature que vous n'avez pas le temps aujourd'hui de décliner votre identité. La seule chose qu'il faut décliner,
c
'est sa capacité à monter aux avant-postes pour défendre notre pays. Sauf que, pardon, mais
dire aujourd'hui être gaulliste est devenu une tarte à la crème. Tout le monde se dit gaulliste. Vous,
Jordan Bardet,
Laurent Wauquiez,
Bruno Roteil... Oui, mais enfin, monsieur Soto,
on n'est pas très nombreux à avoir des états de service dans ce domaine. Je me rappelle qu'en 1995, pendant la campagne de Jacques Chirac, on pouvait se compter sur les doigts d'une main. Donc moi,
c'est... Ça, c'est quand vous étiez de
droite, ça c'était avant. J'étais sur le champ de bataille, vous savez, chercher à cataloguer Jacques Chirac, vous aurez autant de difficultés qu'à me cataloguer moi. Nous faisons partie de ceux qui, ayant l'expérience de la vie politique, finissent par se convaincre que l'essentiel, c'est de se rassembler et de servir
dans un moment où nous n'avons pas
le choix de
nous viser. Je reviens sur
le général de Gaulle. C'est pas un peu surrané comme référent... De Gaulle, il est mort il y a 55 ans, il a géré une France qui n'avait rien à voir avec celle d'aujourd'hui.
Oui,
et tout cet héritage,
toutes ces filiations n'auraient plus de sens. Nous serions aujourd'hui amnésiques, nous aurions perdu le souvenir de tout ce qui a fait notre histoire. Moi, je suis comptable de l'histoire de France, depuis Jeanne d'Arc, les fêtes de la Révolution, jusqu'à aujourd'hui. C'est tout cela qu'il faut défendre. Et c'est au nom de cet héritage qu'il faut mener le combat aujourd'hui. Parce que le risque pour la France, c'est de se dissoudre dans un monde où les menaces se multiplient.
Il paraît que vous avez trouvé des locaux de votre parti, de votre QG, dans le 16e arrondissement de Paris. Quand est-ce que vous allez l'inaugurer, Dominique de Villepa ?
Eh bien, ces jours-ci, nous sommes... Avant Noël ? Avant Noël. Pour tout vous dire, je quitte votre studio pour me rendre dans ces locaux et tenir ma première réunion...
Ah, donc c'est pour aujourd'hui
?
Pour
aujourd'hui, la première réunion avec ceux qui dirigent aujourd'hui la France humaniste. Quand on inaugure un QG de campagne, c'est qu'on est candidat à la présidentielle, non ? C'est qu'on est déterminé à avancer, déterminé à rassembler. Et c'est un long chemin. Les Français ont suffisamment de préoccupations en ce moment. Mais viendra le moment où il faudra choisir. Ou de l'excluer par en tout
cas en
récord. Mais bien sûr que non. Toutes les énergies, aujourd'hui, sont tendues vers cet objectif. Pourquoi ? Parce que 2027, c'est un combat essentiel, stratégique pour la France. Et ce qui se passera en France déterminera ce qui se passera
en Europe. Mais il y a qui derrière
vous ? Parce que le loup de la pub Intermarché,
il est un peu seul dans la forêt. Si
nous perdons la bataille identitaire, si nous perdons la capacité à nous rassembler, eh bien, ce sera pour notre pays un triste destin pour les prochaines années.
Est-ce que vous êtes un homme
seul ? Il y
a
qui derrière vous ? Qui sont vos troupes ? Je parle à tout le monde, surtout l'échiquier politique. Je ne vais pas vous dresser une liste de noms, j'ai horreur des listes. Mais je parle à tout le monde et je sens une volonté aujourd'hui de faire différemment. Moi, je crois qu'en politique, il faut tirer les leçons. Un des drames de ce double quinquennat qui se termine, c'est qu'à aucun moment, les leçons des échecs ont été tirées.
Aujourd'hui, il faut s'avancer en
politique avec gravité et avec humilité. Et je pense que ce sont des idées neuves, des sentiments neufs en politique.
Vous avez vu que parmi celles et ceux qui pourraient vous soutenir, il y
a
Ségolène Royal qui se verrait bien en ticket avec vous. Elle a dit pourquoi pas ? Et beaucoup d'autres,
beaucoup
d'autres qui aujourd'hui ont compris que la question n'était pas de choisir un homme ou une femme providentielle. La question... Mais un ticket Villepin Royal, ça pourrait
avoir du sens ou pas
? Mais vous voyez, vous êtes là en train de rechercher les têtes d'affiches. Ce n
'est
pas ça qui compte. C'est important.
J'étais
à Bordeaux le week-end
dernier et en Lot-et-Garonne, nous avons fait un banquier
républicain avec 250 maires. Et croyez-moi, les préoccupations des Français aujourd'hui, ce ne sont pas celles que nous évoquons en ce moment dans
le studio. C'est
important les hommes et les femmes qui
sont
derrière. Parce qu'en 2022, leur dernière présidentielle, il
y a
des électeurs qui disaient « je me laisserais bien tenter par Marine Le Pen », mais qui s'inquiétaient de savoir qui il y avait derrière, qui étaient les hommes et les femmes, et qui trouvaient qu
'à
l'époque,
ce
n'était pas ça. Alors,
je vais vous
répondre. Nous avons en quelques mois réuni près de 50 000 adhérents. Et ces 50 000 adhérents, ils viennent de partout dans notre pays, beaucoup de la jeunesse. Parce qu'il y
a
un appétit de renouvellement des idées politiques. Et tout commence par la capacité à proposer aux Français des idées. C'est ce que je fais semaine après semaine à travers le site de la France humaniste. Une volonté donc de repenser l'avenir de la France. Et croyez-moi, partout en France où je vais, il y a
une
capacité d'optimisme, une capacité à regarder la
vie.
Vous sentez une envie de Villepin ? Je sens surtout une envie de France. Et moi, je suis là pour la France. Je ne suis pas là pour moi. Moi, je ne compte pas. Je suis un serviteur de l'intérêt national français.
Lors de votre week-end en Gironde et en Haute-Garonne, vous avez dit « les Français veulent qu
'on
sorte des ambiguïtés de 2017 et de 2022 avec une grande clarté sur les propositions et sur la vision qu'on a de la France. Alors, on va sortir des ambiguïtés. Dans trois mois, il y aura les élections municipales. Entre une liste LFI et une liste RN, vous votez pour qui
? Une
fois
de plus, monsieur Soto, vous ne m'enfermerez pas ce matin dans la politique politicienne.
Je suis
contre toute forme de radicalité, toute forme d'extrémisme. Je crois que l'avenir de la France se décide au contraire dans le rassemblement. Donc, ne cherchez pas à me mettre dans un coin. Jacques Chirac l'a très bien dit. On ne met pas un chat
dans le coin. Front
républicain anti-FN à l'époque, c
'est
clair, net et précis. Eh bien, je suis resté fidèle à cette règle. Je suis
convaincu qu
'aujourd'hui, la menace, c'est une menace identitaire que représente le Rassemblement national. national, tout simplement parce qu'elle change le régime, le système politique dans lequel nous entrerions, parce que c'est un régime qui différencie selon les Français.
Aujourd'hui, il a 35% le Rassemblement national dans les intentions de vote. Ça vous inquiète ? Est-ce que vous pensez que la France va basculer du côté du RN ?
Ça m'inquiète d'autant plus que cela justifie mon engagement politique et mon souci de me battre. Je pense que c'est une réalité auxquelles nous sommes confrontés, beaucoup parce que la politique a failli tout au long des dernières années. Nous ne faisons plus de politique. Et le RN également. Le fait de seriner un certain nombre de mots d'ordre, le fait de faire de la politique de communication, cela ne fait pas une politique. Regardez ce qui est en train de se passer dans notre pays. La crise viticole, la crise agricole, nos éleveurs confrontés à des drames,
la décision de revenir en arrière sur les pesticides,
de revenir en arrière sur toute une série de sujets, sur la voiture thermique. Nous allons, nous
avançons. C'est une
faute ça ? Mais se renier, c'est toujours une faute. Renoncer à des objectifs importants comme l'objectif écologique, c'est une faute. Nous ne sommes pas capables d'anticiper et de nous donner les moyens des promesses que nous faisons. C'est un manque d'ambition et il en va de même des éleveurs. Regardez la crise d'autorité de l'État qui est derrière.
Il
ne faut pas leur céder aux éleveurs là ? Mais pas du tout. Ce que je dis, c'est qu
'il
y
a
une douleur
devant
la situation d'abattage des troupeaux qui n'est pas prise en compte. Depuis le mois de juin en Savoie et Hauts-de-Savoie, nous savons que cette crise est latente. On aurait pu mettre en place des dispositifs.
Mais aujourd'hui,
nous sommes enfermés dans un choix qui est celui de l'abattage et celui de la vaccination. Expliquons à nos éleveurs et expliquons aux Français les raisons qui nous conduisent à faire ça. Les raisons sont assez simples. Raisons scientifiques qui conduisent parce que l'on veut préserver notre certificat de pays indemne pour pouvoir exporter. Et c'est là où on constate que derrière cette crise de l'élevage, il y a deux crises majeures. La première, c'est une crise à l'intérieur des milieux professionnels. On voit la division syndicale, on voit qu'il
y a
une différence majeure entre les grandes et petites exploitations familiales qui n'ont pas les mêmes objectifs. Eh bien, changeons notre modèle agricole, reconnaissons le statut des exploitations familiales, faisons en sorte que, en particulier sur le plan économique et financier, cette reconnaissance permette d'honorer le travail que font
ceux qui sont les
gardiens
aujourd'hui de la ruralité et de nos territoires. Vous l'avez évoqué tout seul au début de cette interview, il
y a
un sparadrap qui vous colle au basque, ce sont vos conférences. Il
y
a quelques jours, une enquête de nos confrères de Radio France pointait le business présumé douteux que vous auriez fait avec la Chine. On vous a aussi reproché
de faire des conférences. Monsieur Soto,
je vous arrête tout de suite. Faire une conférence, je ne vois pas ce qu'il y a douteux dans le fait de faire une conférence.
Ça
dépend qui paye la conférence. Eh bien, justement. Est-ce que vous avez des choses à vous reprocher ? Rien du tout. Et d'autant plus, monsieur Soto, que si on m'avait interrogé sur cet aspect spécifique et en particulier une conférence faite en 2008, c'est une association Asie-Pacifique à l'invitation d'un général, ancien chef d'état-major particulier de M. François Mitterrand, vice-président de cette association, qui m'écrit en me disant, qui m'écrit en me disant, l'Europe, la France sont complètement absents aujourd'hui de la Chine. 2008, il est important que notre
pays se réengage. On ne va
pas refaire toute
cette enquête. Mais si, justement, c'est vous qui avez pointé du doigt. Vous ne m'avez pas laissé finir ma question. Et donc,
si cette association, qui m'a rémunéré, l'a fait, eh bien, c'est en toute transparence.
Donc, est-ce qu'en toute transparence,
vous êtes prêt à dire combien il y a eu de conférences, combien elles vous ont rapporté, et qui vous a payé ?
Mais
tout est sur la table. Il n'y a aucun souci. Et d'ailleurs, chacun le voit bien, personne n'est capable de me dire ce qui est à reprocher dans tout cela, vous. Qu
'est
-ce qu'on me reproche, M. Soto ? Mais moi,
je ne suis pas juge.
Je ne suis
pas
juge.
Je vous pose une question politique. Je vous rappelle une anecdote. Je vous pose une question politique. M. Deng
Xiaoping, M. Zhuang Lai, ancien Premier ministre chinois, haut dignitaire chinois, sont venus travailler en France au XXe siècle
à
Montargis. Est-ce qu'on leur a reproché à leur retour d'avoir travaillé en France ?
Quand on allait en
Chine,
on reprochait
assez peu de choses aux dignitaires chinois. M. Soto,
l'expérience, c'est justement ce qui nous manque pour aujourd'hui
être capable. Être capable de faire face
à ce que M. Langlais a dit, être capable de faire face à la menace chinoise, c'est aujourd
'hui notre responsabilité. M. Moi,
la
question que je vous pose, et rapidement pour finir, si demain vous devenez président de la République, ce qui est votre ambition, ce qui est légitime, est-ce qu'au premier des accords venus avec Xi Jinping, avec Mohamed Ben Salman ou avec Vladimir Poutine,
ils
ne
vont
pas vous dire « t'es gentil Dominique, mais t'avais moins de pudeur et moins de scrupules quand tu prenais l'argent des conférences ». M.
Ça
ne leur
traversera l'esprit, et je n'aurai aucun complexe à dire ce que je dois dire à la Chine. Vous savez, j'ai été l'un des premiers à alerter sur l'importance qu'allait revêtir les nouvelles routes de la soie et la fameuse stratégie de la ceinture et de la route. La lucidité, la connaissance, l'expérience, aujourd'hui, dans un monde où on se bat contre la science, contre les universités, eh bien, on voit bien d'où ça vient, ce sont les mouvements populistes. Je crois qu'il faut être capable d'apprécier justement encore ce que peut apporter la
connaissance.
Dominique de Villevain
d
'être venu sur RTL ce matin récemment.
Dominique de Villepin