INCENDIES : ATTENTION ! NOS POMPIERS RISQUENT DE CRAQUER
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- 0:15Sébastien DelavouxFait
« Il y a une usure de se dire qu'on a beaucoup de promesses, on a des félicitations. Mais finalement, il n'y a pas grand chose de concret qui se produit. »
- 1:00Sébastien DelavouxFait
« On nous dit maintenant qu'il y a des ambitions dans la loi de programmation pour le ministère de l'Intérieur qui a été déposée en mars. Mais aujourd'hui, on n'a pas la queue d'une cerise. »
- 3:00Sébastien DelavouxChiffre
« On a vu diminuer le nombre de camions spécialisés pour les feux de forêt, les CCF de 1000 depuis 2006. »
- 4:30Sébastien DelavouxChiffre
« 80% des agents qui sont sapeurs pompiers volontaires et avec une disponibilité de plus en plus difficile à capter. »
- 10:30Sébastien DelavouxFait
« Il nous manque des camions et il nous manque aussi des bonhommes. »
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Il y a la chaleur, il y a le feu, le climat. Mais il y a aussi une privation de sommeil, un engagement physique extrêmement intense. Les gens, ils ont besoin de se reposer.
Mais nous ne sommes qu'au début de la saison. Encourageons plutôt les sapeurs pompiers. Réjouissons-nous qu'il n'y ait pas de morts.
Nous venons d'apprendre le décès d'un adjudant chef engagé dans la lutte contre un feu de forêt à Tarascon. Je voudrais lui rendre hommage. Il y a un manque de vision.
C'est pas du tout à la hauteur. Les pompiers sont en souffrance. Il y a une usure de se dire qu'on a beaucoup de promesses, on a des félicitations.
Mais finalement, il n'y a pas grand chose de concret qui se produit. Sébastien Delavoux, animateur du collectif CGT des SDIS, les services départementaux d'incendie et de secours. Pour les SDIS, se projeter dans l'avenir face au réchauffement climatique, c'est un peu compliqué à cause des problèmes de financement et de gouvernance.
Il faut voir qu'il y a une dualité entre le préfet, représentant du Premier ministre qui s'occupe du domaine opérationnel, et celui qui fait les chèques qui est le Sdis affilié au conseil départemental. Le Livre blanc paru en 2019 était l'occasion pour l'État d'afficher ses ambitions. Et manifestement, même si le terme "sapeurs pompiers" et "protection civile" y apparaissent, sécurité civile, ce n'est pas du tout à la hauteur.
On nous dit maintenant qu'il y a des ambitions dans la loi de programmation pour le ministère de l'Intérieur qui a été déposée en mars. Mais aujourd'hui, on n'a pas la queue d'une cerise. Avant de revenir aux pompiers proprement dits, je vais parler de l'ONF et de tous les gens qui contribuent à la prévention.
Les gens sur le terrain qui s'assurent que les règles de débroussaillage sont effectuées. Eux aussi, ils manquent de moyens. Et on voit bien que ça a pêché dans un certain nombre d'incendies.
Sur l'organisation de la sécurité civile, vous voyez bien qu'avec 80% des agents qui sont sapeurs pompiers volontaires et avec une disponibilité de plus en plus difficile à capter. Effectivement, il faut revoir cette organisation pour s'assurer qu'en tout point du territoire il y a une égalité du secours qui ne soit pas juste conceptuelle. Aujourd'hui, je plaide pour les pompiers, et donc pour le curatif, mais le préventif, c'est l'essentiel.
Parce que le curatif, avec tous les événements qu'on nous annonce, à l'image de ce qui s'est passé par exemple dans la vallée de la Vésubie qui est un phénomène extrême. La montagne aussi est concernée par le dérèglement climatique. Effectivement, c'est bien toute une chaîne.
Réjouissons nous que nous puissions aujourd'hui, avec la sécurité civile, déplacer des personnes, sauver des animaux, sauver des entreprises plutôt que de chercher ici des polémiques qui n'ont pas lieu d'être. Il y a une inégalité du secours en France et on voit pas aujourd'hui le gouvernement se saisir de cette question. On a vu diminuer le nombre de camions spécialisés pour les feux de forêt, les CCF de 1000 depuis 2006.
Aujourd'hui, c'est essentiellement les conseils départementaux qui financent. Vous êtes dans un département rural avec un conseil départemental qui n'a pas les mannes liées au tourisme, qui a peu d'argent. Vous aurez donc peu de moyens.
Vous êtes dans un département urbain qui a beaucoup de moyens. Eh bien, vous aurez plus de moyens. Ce qu'on voit, c'est que quand on a des feux aux monts d'Arrée, il faut faire venir les avions.
C'est des avions qu'on ne peut plus utiliser dans le sud. Aux yeux de la flotte, il y a toujours un litige entre les pilotes, c'est-à-dire le nombre d'avions qui volent. Les pilotes, on en trouve toujours moins que le nombre annoncé par le ministère de l'Intérieur, le nombre de commandants de bord pour les faire voler, et puis leur positionnement géographique qui a été une partie du débat autour des feux en Gironde, puisque les appareils aujourd'hui sont stockés à Nîmes-Garons dans le Gard.
Depuis 2010, le ministère de l'Agriculture a un certain nombre de rapports qui dit que le risque va monter jusqu'au Pays de la Loire, au dessus de la Loire, avec une saison qui commencera plus tôt, qui finira plus tard, qui s'étalera sur une plus grande partie du territoire qu'hier. Et pour autant, les Sdis n'ont pas investi à la hauteur de ce qu'on pourrait attendre. Il nous manque des camions et il nous manque aussi des bonhommes.
Il faut savoir qu'en France, 80 % des sapeurs pompiers sont des sapeurs pompiers volontaires qui s'engagent donc en dehors de leur activité professionnelle. Les problèmes pour les avoir en journée ou pour des longues durées, comme par exemple les feux de forêt, c'est tout simplement que les employeurs ne peuvent pas systématiquement les lâcher. Vous imaginez bien qu'un sapeur pompier volontaire qui fait du transport routier ne peut pas être disponible au moment où on en a besoin.
Ça veut dire qu'on a des fois des camions qu'on ne peut pas armés parce que le personnel nous fait défaut et que les sapeurs pompiers professionnels, je vais prendre l'exemple de la Seine et Marne qui, entre 2016 et 2020, faisait le constat que chaque jour, en moyenne, il lui manquait 49 agents en garde postés. Comment aussi améliorer la solidarité européenne ? Nous l'avons vu l'année dernière comme l'année qui précédait.
Nous avons beaucoup été en solidarité des Grecs, des Algériens ou d'autres. Nous avons pu bénéficier de la solidarité de plusieurs Européens durant cet épisode de feu. Il faut encore améliorer les choses pour avoir une flotte européenne beaucoup plus complète et encore plus réactive.
Donc il faut davantage acheter au niveau européen, c'est à peu près sûr, et il nous faut là aussi sur cette filière, redéployer une stratégie industrielle. C'est une nécessité, cette flotte européenne. Il faut qu'elle vienne en plus des flottes nationales, parce qu'on voit bien que les phénomènes s'accélèrent et que la saison des feux de forêts en Italie, en Grèce, en Espagne, au Portugal et en France, c'est au même moment.
Donc il nous faut aussi des réponses matérielles sur le terrain. Donc les camions qui aujourd'hui nous font défaut, il faut que l'État les achète pour que les départements qui sont le moins concernés par ces risques et bien qu'ils en aient pour pouvoir venir en renfort. La solidarité aujourd'hui qui joue entre pays, entre régions, ne sera peut être plus possible si tout le monde est dans le besoin.
A un moment, on sera peut être obligé de faire des choix pour privilégier untel ou untel. Le Sénat va produire un rapport. Aujourd'hui, il y a de l'émotion.
Il faut transformer cette émotion en actions concrètes qui ne rejoignent pas le rapport de 2019 du Sénat qui disait « Nous n'avons pas les moyens humains et matériels de faire face aux phénomènes qui nous attendent. » Les pompiers sont connus partout, peu importe leur statut. Les pompiers ont une cote d'amour auprès de la population.
Mais l'amour, ça aide pas à faire fonctionner le service. Aujourd'hui, on a besoin que les 5 milliards d'euros qui sont consacrés aux services de secours au niveau de la France, eh bien, ils se concrétisent, ils soient étoffés pour que le secours, ce soit sans rupture. Donc les politiques, ils ne peuvent pas se contenter de commenter l'actualité et de féliciter les pompiers au moment des grandes crises.
Il faut qu'il y ait bien un souci permanent des moyens pour répondre aux crises de sécurité civile, celle du quotidien, de l'ambulance, parce qu'il y a une chute à domicile, de celle d'ampleur, comme on a vu aujourd'hui avec les grands feux.