Retailleau parle comme le RN mais agit comme Macron ! - Franck Allisio (Sud Radio)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:34OuverteRéponse directe
A-t-il eu raison de s'y rendre, Franck Alizio ?
- 0:58OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est un geste pour vous, le fait qu'il soit présent pour ce match-là ?
- 1:58OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il fallait délocaliser ce match ?
- 2:30OuverteRéponse directe
Vous êtes néanmoins encore inquiet par rapport à ce match-là ?
- 3:17OuverteRéponse partielle
Que pensez-vous du rassemblement pro-israélien Israël Forever ?
- 4:38OuverteRéponse directe
Est-ce que vous soutenez la décision du préfet de police de ne pas interdire cette manifestation ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:40Invité politiqueFait
« Évidemment que le chef d'État, on lui a assez reproché, nous les premiers d'ailleurs, de ne pas avoir participé en d'autres temps à la marche contre l'antisémitisme. »
- 1:19Invité politiqueFait
« Autour de début de pogrom, de petite nuit de cristal. C'est hallucinant. »
- 8:22Invité politiqueChiffre
« Aujourd'hui, la part de l'industrie dans notre économie, c'est 10%. En Allemagne, ça reste près de 20%. »
- 9:56Invité politiqueChiffre
« Nous, nous sommes opposés. Vous n'avez pas échappé que nous sommes 143. »
- 10:28Invité politiqueChiffre
« Et notamment, on a rendu 5 milliards aux Français via la baisse de la contribution nette de la France à l'Union européenne. »
- 13:22Invité politiquePromesse
« À partir du moment où, véritablement, il prendra des décisions qui mettront en danger la sécurité des Français, via l'immigration ou via le laxisme judiciaire. »
- 15:09Invité politiqueFait
« Ce que Didier Migaud aurait dû annoncer à Marseille, c'est ce qu'ils ont annoncé, mais c'est surtout des places de prison. »
- 15:48Invité politiqueChiffre
« Et il vote contre. Eh bien ça, par exemple, ça aurait pu libérer 20 000 places de prison. »
- 17:19Invité politiqueChiffre
« On en est à 37 homicides et tentatives d'homicide. Alors 7, c'est la moitié de l'an passé. »
- 17:43Invité politiqueFait
« Mais chaque jour, les points d'île sont tenus par des mineurs clandestins recrutés à la gare Saint-Charles. »
- 19:26Invité politiqueChiffre
« Trois députés sur sept à Marseille, c'est-à-dire que la moitié des circonscriptions à Marseille sont tenues par des députés rassemblement national et alliés. »
Temps de parole
- Franck Allisio74 %
- Présentateur22 %
- ?4 %
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Mon invité à politique ce matin, c'est le député RN des Bouches-du-Rhône, Franck Alizio. Bonjour. Bonjour. Et merci d'être avec nous ce matin, ce lundi 11 novembre, jour farié, mais actualité très dense. Au menu, les plans sociaux qui s'accumulent dans l'industrie.
L
'État est-il impuissant ? On parlera également du budget, vote crucial, attendu demain à l'Assemblée. On parlera également de ces mesures du gouvernement pour lutter contre le narcotrafic. Sont-elles à la hauteur de l'enjeu ? Mais nous allons, avant de parler de tout cela, évoquer ce match sous tension jeudi entre la France et Israël. Emmanuel Macron a déclaré qu'il sera bien présent en tribune au Stade de France. Il a confirmé hier le chef d'État. A-t-il eu raison de s'y rendre, Franck Alizio
? Oui,
clairement. Évidemment. Évidemment que le chef d'État, on lui a assez reproché, nous les premiers d'ailleurs, de ne pas avoir participé en d'autres temps à la marche contre l'antisémitisme. Ce geste fort a manqué. Donc, le geste fort qu'il va faire en assistant à ce match est une bonne chose, évidemment.
Est-ce que c'est un geste pour vous, le fait qu'il soit présent pour ce match-là, France-Israël, jeudi ?
Oui, vous avez bien compris les risques, les inquiétudes qu'il y a autour de ce match. On est quelques jours après ce qui s'est passé à Amsterdam, ce qui est quand même le retour de
la Château-Juif. Les
Israéliens agressés en pleine rue, oui,
après le match. Exactement.
Autour de début de pogrom, de petite nuit de cristal. C'est hallucinant. On est dans une capitale européenne. Enfin, je veux dire, il est hallucinant qu'aujourd'hui, nos compatriotes juifs, en Europe, en France, chez moi, à Marseille, à Paris, ne se sentent plus en sécurité. Donc, évidemment, il faut des gestes forts et il faut aussi des réalités. Évidemment que le match devait se dérouler. J'ai vu qu'il y avait eu un match à Budapest-Hongrie-Israël qui s'est bien passé.
Donc,
quand on veut...
Belgi-Israël
qui avait eu lieu délocalisé
en Hongrie à huis
clos, ça aurait pu être un exemple à suivre pour la France ou est-ce qu'il fallait délocaliser ce match ? Ah non, il
ne fallait pas le délocaliser. Mais il se trouve qu'à Budapest, ça s'est bien passé. Il n
'y a
pas eu de trouble. Donc, il ne faut pas qu'il y
ait
de trouble.
C
'est impensable qu'en France, on ne puisse pas faire respecter l'ordre public sur un tel match. C'est très inquiétant. Donc, il faut le faire
respecter. Avec en tout cas un dispositif de sécurité qui sera exceptionnel, 4 000 policiers et gendarmes présents pour assurer la sécurité. Vous êtes néanmoins encore inquiet par rapport à ce match-là. Vous avez des craintes, des inquiétudes particulières,
malgré ce dispositif
?
Oui, encore une fois, dans un pays où vous avez en un an, en un an, pas en 12 mois, un triplement des faits antisémites, des actes antisémites, oui, il y a de quoi être inquiet. Mais non, j'ai confiance. Regardez, les Jeux Olympiques, on a mis les moyens. Il y
a
eu un respect de l'ordre public. De hockey, il y aura un respect de l'ordre public. Il faut mettre les moyens. Et le simple fait de mettre les moyens en s'inquiétant de débordements antisémites, un sort de match en France-Israël, c'est déjà pas un bon signal pour notre pays.
Franck
Alizio, que pensez-vous du rassemblement pro-israélien, le gala Israël Forever, qui se tiendra à Paris mercredi, soit la veille de ce match France-Israël ? Le préfet de police de Paris, Laurent Nunez, a dit qu'il n'interdirait pas cette manifestation. Est-ce que vous soutenez sa décision
? Alors,
je ne sais pas à quoi consiste ce gala. Désolé, je n
'ai
pas suivi. Il consiste en quoi ?
C
'est un gala, justement, de rassemblement, manifestation de rassemblement pro-israélien, qui a décidé d'être maintenu, mais le symbole est peut-être fort, à la veille d'un match France-Israël qui s'annonce sous tension.
C'est compliqué d'interdire une manifestation de soutien à un pays étranger. Il n
'y
a pas de haine,
il
n
'y a
pas d'incitation à la haine qui sont annoncées. On a toujours laissé également les manifestations de soutien à la cause palestinienne. Donc, il est normal, je pense, de laisser encore une fois, si ce type de manifestation n'est plus possible dans notre pays, tout en restant, en gardant la mesure, évidemment, qu'il n'y ait pas non plus de débordement lors de cette manifestation, mais je trouve que c'est légitime. Pour
vous, il n'y a pas de raison d'annuler ce rassemblement. Bruno Retailleau a par ailleurs signalé à la justice un tweet d'une députée à
la
FI, je ne sais pas si vous l'avez vu, à propos des supporters israéliens agressés à Amsterdam. On en parlait tout à l'heure. Marie Mesmer qui a déclaré que les supporters du Maccabi Tel Aviv n'ont pas été lynchés parce qu'ils étaient juifs, mais bien parce qu'ils étaient racistes et qu'ils soutenaient un génocide. C'est un tweet qui vous a choqué, Franck Alizio ?
Oui,
évidemment, de même que c'est M. Guirault qui a parlé de hooligans délinquants. Évidemment, on les a vues les images, ce n
'était
pas des hooligans, ces images étaient choquantes. On se serait cru il y a 80 ans. Donc le ministre de l'Intérieur a raison de porter plainte, de dénoncer, il faut que ça aille jusqu'au bout. Il est temps que cela cesse. Je veux dire, l'antisémitisme d'atmosphère, l'instrumentalisation du conflit israélo-palestinien par l'extrême gauche, par LFI, il est temps que cela cesse et que cela soit clairement sanctionné.
Vous êtes membre du groupe d'amitié France Israël, vice-président du groupe d'études. Sur l'antisémitisme, vous connaissez bien ce sujet. Pour conclure sur ce qui s'est passé à Amsterdam, on a vu aussi d'autres vidéos où des supporters du Maccabi Tel Aviv chantaient « Mort aux Arabes, on va gagner » ou encore « Laissons de Sahal, gagner pour finir les Arabes ». Est-ce que vous condamnez par ailleurs ces chants également
?
Évidemment, évidemment. Mais la question c'est qu'à chaque fois qu'il y a de tels propos tenus sur Israël, ensuite il n'y a pas les personnes qui ont tenu ces propos qui sont ensuite à la sortie de la manifestation, à la sortie du match, lynchés. Voilà. Donc la conséquence, il n
'y
a jamais de telles conséquences lorsque c'est Israël qui est attaqué. Donc bien évidemment que ces propos n'avaient pas leur place, comme tous les propos dans les stades de cette nature. Mais le fait que la sécurité des personnes de confession juive dans la rue après ce match n'ait pas pu être assurée est beaucoup plus inquiétant.
L'actualité, Franck Alizio, ce sont aussi ces plans sociaux qui se multiplient au champ. Valeo, Michelin, Sanofi, est-ce que vous pensez que le pire est à venir ? Et est-ce qu'il faut prendre des décisions importantes, notamment conditionner un certain nombre d'aides publiques envers les entreprises qui ne joueraient pas le jeu contre le maintien de l'emploi ?
Alors tout d'abord, ce n'est pas moi qui crains le pire, c'est le ministre lui-même qui a été très clair là-dessus, donc qui a
été
assez alarmiste et probablement à raison. Normalement, le ministre est là pour rassurer s'il le dit. C'est que malheureusement, on va vers une situation
difficile.
Oui, globalement, sur le principe, il faut de plus en plus conditionner le fait lorsque l'on donne de
l
'argent public, lorsque l'on distribue de l'argent public pour aider une entreprise, pour aider un secteur, il faut le conditionner de plus en plus au maintien de l'emploi.
Donc
de quelle manière ça pourrait se faire justement ce conditionnement
?
Oh ben, récupérer les subventions, récupérer les aides au cas où il y aurait de la destruction d'emploi. Le conditionner au maintien de l'emploi. Mais vous savez, c'est toujours pareil, on ne s'attaque pas aux racines du mal. La racine du mal,
c
'est que depuis 20 ans, plus 25 ans, la France a laissé la désindustrialisation faire son pareil dans le pays. On
disait encore il y a quelques
jours du côté du gouvernement que le paquet a été mis sur la réindustrialisation du pays.
Oui, manifestement, ce n'est pas le cas. Vous savez, il y a deux façons de protéger, de relancer, de fortifier notre industrie, de la redresser. Surtout, je vous rappelle que la part de l'industrie dans notre économie a été divisée par deux en 25 ans, par deux. En Allemagne, elle a été stable. Vous imaginez la différence ? Aujourd'hui, la part de l'industrie dans notre économie, c'est 10%. En Allemagne, ça reste près de 20%. Donc, il y a deux manières efficaces de fonctionner. Et tous les grands pays le font. C'est la baisse des impôts. Lorsqu'on est les champions du monde, les champions d'Europe, des prélèvements obligatoires, on a une marge pour baisser les impôts sur nos entreprises.
Et nos entreprises qui produisent, nos entreprises de l'industrie, nos entreprises qui vont créer de l'emploi et de la richesse, pour les rendre davantage compétitifs, c'est comme ça. Et de l'autre côté, un protectionnisme intelligent. Un protectionnisme intelligent tel que le pratiquent tous les grands pays. On protège bien. Il y a une exception culturelle en France. Eh bien, il faudrait qu'il y ait une exception industrielle. Tout simplement pour protéger ce que font les États-Unis, ce que fait la Chine, ce que devrait faire,
évidemment,
l'Europe. J'aimerais qu'on parle du budget également, Franck Alizio. Vous êtes membre de la commission des finances. Le texte, aujourd'hui, n'a plus rien à voir avec le projet initial du gouvernement. Vote crucial attendu demain à l'Assemblée sur la partie des recettes. Est-ce que le RN, est-ce que vous avez prévu de voter en faveur de ce texte-là ?
Non, bien évidemment. Non seulement le texte du gouvernement était déjà une mauvaise copie. On était déjà sur beaucoup d'augmentation d'impôts et peu d'économies. Là, on est sur beaucoup, beaucoup, beaucoup d'augmentation d'impôts, grâce à la gauche qui est passée par là. D'ailleurs, nous nous sommes sentis bien seuls pour résister à la gauche lorsque la gauche est venue voter ses 30 milliards d'impôts en plus durant l'examen du budget. Vous
n'aviez pas
le pouvoir au RN, justement, de vous opposer à
cette tâche ? Nous étions sur les
bancs. Nous, nous sommes opposés. Vous n'avez pas échappé que nous sommes 143. Donc, par définition, en l'absence des macronistes sur les bancs, nous n'avons pas pu résister à la gauche. Mais soyons honnêtes, dès le départ, ce budget était déjà, pour nous, un mauvais budget parce qu'il mettait l'accent sur les augmentations d'impôts et pas sur les économies. Nous avions proposé dans notre contre-budget toute une série d'économies qui n'ont évidemment pas été reprises. Et nous souhaitions une stabilité fiscale. Au final, il y
a
eu quelques victoires de notre côté. Et notamment, on a rendu 5 milliards aux Français via la baisse de la contribution nette de la France à l'Union européenne. Il est normal que la bureaucratie européenne fasse des économies. Et il y
a
eu, vous voyez, il y a quelques
impôts...
L
'Europe, c'est
les agriculteurs, notamment quand même avec la PAC.
Oui, enfin... Est
-ce que ce n'est pas
mettre en menace tout cela ?
Non, ce n
'est
pas mettre en menace tout cela. La France toute seule pourrait très bien financer sa PAC compte tenu de ce qu'elle donne chaque année à l'Union européenne. Donc, vous savez bien qu'on est contributeurs nets, c'est-à-dire que l'on donne beaucoup plus à l'Union européenne. Que ce qu
'on
les récupère, PAC comprise.
Certains députés appellent le gouvernement à accélérer le déclenchement du 49-3 pour voter le budget. Est-ce que vous l'appelez également de vos voeux
?
Non, on n'appelle jamais un 49-3 de nos voeux. Est-ce que le gouvernement doit mettre un terme à tout cela ?
Et
passer en force ? Non, enfin, par définition, le 49-3 n'est pas une bonne manière de gouverner. Maintenant, si le gouvernement n'a pas de majorité, pas d'autre choix, libre à lui d'utiliser les outils qu'il a à disposition dans la Constitution. Mais nous,
nous
n'avons pas un 49-3. Ça fait deux ans que toutes les oppositions critiquent le 49-3, le dénoncent. Je veux dire, ce gouvernement n'a pas de majorité parce qu'il ne présente pas un budget non plus qu'il a pu négocier, qu'il a pu travailler avec ses oppositions. Et nous étions constructifs. Nous avions proposé une voie qui était faisant de réelles économies et n'augmentons pas les impôts des Français parce que c'est porté atteinte à leur pouvoir d'achat, parce que c'est porté atteinte au dynamisme de notre économie. Il a fait un autre choix par définition. Il ne peut pas avoir le soutien de son opposition qui était pourtant constructive là-dessus. Et donc, il s'achemine vers un 49-3.
Mais c'est
ça la responsabilité. Il y aura un
49-3. Il y aura très probablement un 49-3.
Et
il y aura motion de censure déposée par la gauche. Quelle sera la position du RN
? Alors, vous nous laisserez décider de ça en réunion de groupe. Pour l'instant, je vous le dis, nous allons voter contre ce budget. Lorsqu'il y aura un 49-3, lorsqu'il y aura une motion de censure, alors je reviendrai chez vous pour vous dire ce que nous allons voter. Pourquoi le RN cache son jeu là-dessus ? On ne cache pas notre jeu là-dessus. Aujourd'hui, censurer M. Barnier, c'est pour avoir quoi ? Jusqu'en juillet prochain, jusqu'à ce qu'il y ait de nouveau le droit de destruction du problème public, c'est remplacer par un Barnier bis, peut-être pousser le pays dans la crise
et
dans le chaos. Ce qui n'est pas notre but. Ce qui est, en revanche, évidemment, le but de l'extrême gauche. Donc nous, nous sommes une opposition responsable. Lorsque nous censurons ce gouvernement, c'est parce que, véritablement, il sera nocif pour le
pays, et ce sera pour avoir une voix.
– Ça veut dire quoi, concrètement
? – C'est lorsqu'il y aura une... – À
partir de quand ?
–
Oh, à partir du moment où, véritablement, il prendra des décisions qui mettront en danger la sécurité des Français, via l'immigration ou via le laxisme judiciaire. Ce n'est pas encore le cas, mais nous sommes vigilants. Lorsqu'il augmentera de manière scandaleuse les impôts sur les classes moyennes et qui portent véritablement atteinte au pouvoir d'achat, pour l'instant, ce n'est pas le cas, mais nous serons vigilants également. Donc voilà. Et surtout, l'idée, c'est d'avoir une alternative pour le pays. Et le but, c'est d'avoir une alternance pour le pays, en réalité. Alors ça peut être une dissolution... –
Ce
qui serait pas
le cas avant
un an
pour la dissolution. –
Exactement.
Donc à partir de là, il faut être responsable. Lorsqu'on prend des décisions politiques, il
faut penser aux conséquences des décisions. – Franck Alizio, vous êtes député RN des Bougiraux. Le ministre de l'Intérieur et le Gard des Sceaux était à Marseille, vendredi, pour présenter leur plan de lutte contre le narcotrafic. Il va dans le bon sens, ce plan ou pas, selon vous ?
–
Il y
a
quelques mesures que l'on demandait, que l'on revendiquait. J'ai fait un plan marseillais en ordre il y a quelques mois avec ma collègue députée Gisèle Lelouis. Et notamment, la création d'un parquet national antidrogue, c'était une proposition. Le fait de remplacer les jurés par des magistrats spécialisés lorsqu'on parle de ces affaires devant les cours de justice, c'était une proposition. Le renforcement de tout ce qui est contrôle des flux, etc., c'était dans notre proposition. Maintenant, il manque évidemment…
– Donc vous êtes contents
de ce plan ?
–
Le problème, c'est qu'il y
a
eu 10% du chemin qui a été parcouru. – Qu'est
-ce qui manque ? – Et le problème, c'est qu'il manque beaucoup de choses.
Et il manque l'essentiel, c'est que lorsque vous mettez le paquet en matière de répression, lorsque vous voulez reprendre le contrôle, au bout de tout cela, vous savez qu'il faudra des places de prison pour mettre les gens en prison, le moment où vous les avez écroués, il faut qu'ils aillent en prison. Et aujourd'hui, en matière de places de prison, rien n'a été fait, rien n'a été avancé. Ce que Didier Migaud aurait dû annoncer à Marseille, c'est ce qu'ils ont annoncé, mais c'est surtout des places de prison. Or, il y a une baisse du budget de la justice, c
'est
l'un des rares budgets, qui baisse de 500 millions cette année dans l'examen du budget. –
Le Gard des Sceaux qui a d'ailleurs enterré l'objectif
des 15 000 places supplémentaires
en prison d'ici à
2027. Et lorsqu'on fait, nous, une proposition de loi lors de notre niche, par exemple, en disant que les délinquants et les criminels étrangers qui sont condamnés ne doivent plus être dans nos prisons, mais doivent être expulsés, doivent faire leur peine de prison dans leur pays d'origine, le gouvernement donne un avis défavorable. Et il vote contre. Eh bien ça, par exemple, ça aurait pu libérer 20 000 places de prison. Vous voyez, c'est toujours pareil, il y
a
un double discours dans ce gouvernement, y compris chez M. Bruno Rottadio. Il parle comme nous, il parle comme la Rassemblement Nationale. –
Il parle
de narco
-criminel notamment, ce sont des mots forts. – Mais
oui, ce sont des mots forts, il n
'y a
pas d'acte fort. Voilà, c'est l'éternel problème.
Il parle
comme Marine Le Pen, il continue à agir comme Emmanuel Macron.
–
Du côté de Marseille, vous appelez à ce que la ville soit placée en état d'urgence local, ça veut dire quoi concrètement ?
– Ah ben c'est l'état d'urgence, ça a été déjà fait plusieurs fois dans notre pays, en tout je
crois 55 fois. – L'armée à Marseille, c'est ça ? – Non, pas du tout l'armée à Marseille, non.
C'est donner ce qu'on appelle en droit administratif des pouvoirs exorbitants, c'est-à-dire plus de pouvoir à la police et à la justice pour pouvoir faire son travail.
Il y
a toute une série de règles, ces règles doivent être assouplies parce qu'on est en
une
initiation extraordinaire. Dans une initiation extraordinaire, il faut des pouvoirs plus importants. Ça a été mis en place notamment au lendemain des émeutes urbaines en 2005. Cet état d'urgence a duré deux ans notamment dans les cités en Ile-de-France et il a eu des résultats, voilà. C'est donné plus de pouvoir. Aujourd'hui, nous avons besoin de ça à Marseille. –
Pour combien de temps alors ? – Ne pas
décréter d'état d'urgence. Ah ben autant que ce sera nécessaire, autant que ce sera nécessaire. Ça a duré de 2005 à 2007. Oui, mais ça permet d'avancer véritablement, significativement. C'est ça, on a besoin, Marseille est en train de mourir de ce trafic de drogue. Vous vous rendez compte ? On en est à 37 homicides et tentatives d'homicide. Alors 7, c'est la moitié de l'an passé. Mais pourquoi ? Parce qu'il n'y a plus de concurrence entre les cartels. Parce que la DZ mafia a fait diminuer le nombre de
domiciles. Parce que tout
simplement, elle a pris le pouvoir. C'est désespérant. Il faut agir. Et les Marseillais demandent que l'on mette véritablement les moyens. On ne
parle
pas non plus de l'immigration qui nourrit à Marseille le trafic de drogue. Mais chaque jour, les points d'île sont tenus par des mineurs clandestins recrutés à la gare Saint-Charles et qui tiennent des points d'île en dessous des fenêtres du président de la région, du maire de Marseille. Tout cela est hallucinant.
Pour changer la donne, il y a les municipales. En 2026, est-ce que le RN peut conquérir la mairie de Marseille, deuxième ville de France ?
Oui. En tout cas, je ferai tout pour en tant que responsable du Rassemblement national dans le département. Nous nous y préparons. A
ce titre, vous êtes
d'ailleurs le mieux placé pour être candidat pour ces élections municipales à Marseille.
Oui. Et en tout cas, je m'y prépare. J'y réfléchis. Je n
'ai
pas encore pris ma décision. Ça arrivera
assez vite. Ça fait quelques temps que vous y
réfléchissez. Ça veut dire
que c'est pour quand ?
Quand est-ce que vous vous officialisez
cette candidature ? Nous
sommes à 18 mois des élections municipales. Pour l'instant, il n'y a pas de candidat nulle part dans aucune famille politique. Laissez-moi encore quelques semaines. Je m'y prendrai assez tôt pour pouvoir avoir le temps de construire une équipe, un projet d'exprimer une véritable volonté, un projet de rupture pour Marseille, pour redresser Marseille, pour remettre Marseille en ordre dans tous les domaines que ce soit.
Vous dites que vous avez le temps, que c'est trop tôt, mais sans doute, ça ne vous a pas échappé, vu l'insoumis Sébastien Dologu, qui se prépare pour ses élections municipales à Marseille. Déjà, il dit que c'est gagnable pour les insoumis. Ça ne
vous
donne pas envie justement de réagir ?
Comment dire ? On est en train de se préparer. On réagit, on a réagi depuis longtemps. Vous savez, on a déjà réagi aux élections législatives en ayant trois députés. Trois députés sur sept à Marseille, c'est-à-dire que la moitié des circonscriptions à Marseille sont tenues par des députés rassemblement national et alliés. Ça veut dire que les Marseillais considèrent que le Rassemblement national et ses alliés sont en réalité le véritable rempart contre l'exclame gauche et la véritable alternance face à un socialomacronisme qui en réalité dirige notre ville depuis maintenant des années et des années. Il est temps de tourner la page. Il est temps de construire un Marseille en ordre.
C'est ce que nous allons faire, c'est ce à quoi nous allons travailler dans les 18 mois qui arrivent. Et vous serez donc bientôt candidat pour cette élection municipale.
Et
je viens de vous donner ma décision dans quelques semaines.
Et voilà, Jordan Bardella a publié ce week-end son livre « Ce que je cherche ». Je
ne sais pas
si vous l'avez déjà lu. Acheté, pas encore lu parce que j'ai acheté
hier.
Si Marine Le Pen est condamnée à une peine d'illigibilité, Jordan Bardella ferait un bon candidat ou pas pour la présidentielle de 2027 ? Ça ressemble un peu à un manifeste ce livre, non ?
Si Marine Le Pen... C'est un témoignage. C'est un témoignage d'une personnalité qui est au cœur de notre vie politique maintenant depuis quelques années. Et pour répondre à votre question, si Marine Le Pen était condamnée à l'illigibilité, ce serait un scandale. Ce serait un scandale judiciaire,
ce
serait un scandale démocratique. C'est
selon
moi inimaginable. De toute manière, il aurait, je remercie à notre pays, des procédures d'appel. Mais je n'ose imaginer que Marine Le Pen soit condamnée. Là où, par exemple, sur les mêmes faits, François Bayrou n'a pas été condamné. Et je n'imagine pas que
la
justice de mon pays
soit politique. Ce livre détourne
un peu l'attention vis-à-vis de ce procès.
C'était l'objectif ou pas ? Ce livre était prévu. Jordan réfléchissait à écrire, à publier un livre depuis maintenant deux ans. Il est sorti quand il est sorti. On ne fait pas non plus... Jordan ne prend pas ses décisions.
Et
Marine non plus en fonction des juges et de l'agenda judiciaire.
–
Dernière question, rapidement, la COP29 qui s'ouvre aujourd'hui en Azerbaïdjan, ce chiffre, un tiers des Français qui se déclarent climato-sceptiques. C'est un chiffre qui est en hausse. C'est un chiffre qui vous interpelle, qui vous inquiète, Franck Elisio
? –
Vous savez, moi je suis climato-réaliste.
C
'est-à-dire que je vois les sujets, je vois la réalité,
je
vois les faits, je fais conscience aux scientifiques. Maintenant, je pense que cette espèce de défiance français est également liée à l'écologie punitive. Lorsqu'on leur parle matin, midi et soir, qu'on les culpabilise, alors qu
'on
ne leur parle pas des vrais sujets. Les vrais sujets, c'est la remise en cause d'un livre-échangisme devenu fou qui va nous faire chercher à l'autre bout du monde des tomates qu'on peut produire en Provence, qu'on va tous chercher à l'autre bout du monde alors qu'on peut produire et consommer beaucoup de choses sur place. C'est ça aujourd'hui qu'il faudrait remettre en cause. C'est là qu'on serait efficace sur l'écologie et sur la protection de l'environnement. Et les Français leur disent toujours, c'est votre faute,
c
'est votre faute,
c
'est votre faute. Alors qui sont les meilleurs élèves ? Alors évidemment, il y a peut-être dans cette réaction une colère,
un
ras-le-bol par rapport à ça. Mais je ne pense pas que les Français remettent
en cause leur... Un mot très rapide,
11 novembre, jour férié. Est-ce qu'il faut supprimer un nouveau jour férié pour financer les EHPAD ? C'est votre avis ou pas ?
Il y a des dizaines de milliards d'économies à faire sur les gaspillages publics, sur une immigration non maîtrisée,
sur la fraude sociale fiscale. On commence
par ces dizaines de milliards qui sont des dépenses indues, qui sont des dépenses inutiles. Et après, on ira demander aux Français de
refaire, de faire encore un effort.
On n'y est pas favorable.
Franck Alizio, député RN des Bouges-Journes. Un grand merci d'avoir été avec nous ce matin sur ce radio. Et très belle journée à vous.
Franck Allisio