Entretien d'actualité n°2 - 05/03/2015
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Sʏʀɪᴢᴀ, avec les rodomontades dont je parlais l’autre fois, a avalé son chapeau, et qu’en réalité ce sont les européistes et les forces euroatlantistes qui l’ont emporté. »
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« Ce Nemtsov en question, paraît-il qu’il avait cinquante-cinq ans, mais qu’il était sur le déclin : ce n’était pas du tout le premier ou le deuxième opposant le plus important à Poutine. »
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« Vladimir Poutine serait quand même le dernier des crétins pour faire abattre au pied du Kremlin quelqu’un qui est l’un de ses nombreux opposants. »
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Nous avons évoqué la Grèce la dernière fois, où en est on ? Alors, d’abord, avant de répondre à votre question, je voudrais préciser un point, c’est que, suite à la première émission que nous avons faite de cette nouvelle série, nous avons eu beaucoup de félicitations, de remerciements de beaucoup d’internautes, qui nous ont remerciés de ce premier numéro de l’autre fois (nous avons eu d’ailleurs beaucoup de connexions), et qui nous ont demandé si nous allions poursuivre. La réponse est oui, nous allons essayer de poursuivre ces entretiens d’actualité, dans le même format, à peu près une fois tous les quinze jours, si possible avec une grande régularité.
S’agissant maintenant de votre question, sur la Grèce, il y a plusieurs choses à dire. La première, j’ai un petit peu de scrupules à le dire, c’est que l’UPR, encore une fois, avait raison, avait fait les bonnes analyses. Je rappelle que lorsque Sʏʀɪᴢᴀ a eu plus de voix que les autres partis, a pu former une majorité avec un mouvement souverainiste de droite, que M. Tsípras est arrivé comme premier ministre de Grèce, je rappelle que ça a été un certain enthousiasme dans la société française ; en particulier, le FN, DLF de M. Dupont-Aignan et le FDG de M. Mélenchon se sont tous les trois extasiés, et ont félicité M. Tsípras. On allait voir ce qu’on allait voir !
Nous, nous nous sommes démarqués, certains ont d’ailleurs considéré qu’encore une fois on faisait bande à part, etc. On a publié un communiqué pour dire : maintenant les Grecs vont pouvoir mesurer à quel point ils se sont fait avoir et enfumer par Sʏʀɪᴢᴀ. Résultat des courses, maintenant, depuis une quinzaine de jours, trois semaines après ce changement politique en Grèce, on en est exactement à ce que nous avions prévu, c’est-à-dire que Sʏʀɪᴢᴀ, avec les rodomontades dont je parlais l’autre fois, a avalé son chapeau, et qu’en réalité ce sont les européistes et les forces euroatlantistes qui l’ont emporté. Il y a M.
Junker, qui est le président de la Commission européenne, ancien premier ministre luxembourgeois, qui a fait une déclaration pour dire qu’il rappelait que les élections ne changeraient en rien les traités. Ça a été une espèce de concert de vociférations en France, à l’extrême droite et gauche, de gens qui se sont offusqués de cette déclaration. C’est vrai que la déclaration est assez choquante, puisqu’elle revient à dire effectivement que voter ne sert plus à rien. Mais nous, nous n’avons pas participé à ce concert d’indignation, puisque c’est ce que nous disons, nous, depuis bientôt huit ans.
Nous sommes les seuls à expliquer, que ce sont les traités européens qui commandent toute la politique de tous les partis de l’Union européenne, y compris dans le détail. Nous sommes le seul mouvement politique à expliquer que rien n’est plus important, n’est plus urgent que de faire sortir la France de cette prison des peuples qui décide de toute leur politique. Donc, les cris de stupéfaction devant les propos de M. Junker nous ont paru assez comiques, ou en fait un festival d’hypocrisie. Ce qui se passe, c’est que, en réalité, ça continue. M.
Tsípras est passé sous les fourches caudines, nous sommes aujourd’hui le 5 mars : le 9 mars, dans quatre jours, la BCE va décider si elle accorde une aide, tout ce petit monde est en train d’examiner les réformes proposées par la Grèce. Enfin, tout ceci est en train de partir, comme on le dit vulgairement, « en eau de boudin ». En réalité, le gouvernement grec a accepté ce qu’il avait promis de ne pas accepter. Il a obtenu comme concession que la « Troïka », c’est-à-dire la BCE, le FMI et la Commission européenne, ne s’appelle plus la Troïka, mais s’appelle « les institutions ». Voilà effectivement une grande percée conceptuelle ! C’est se moquer du monde.
Il a obtenu également qu’il y ait un apport « d’argent frais » aux Grecs, mais il l’a obtenu en échange, tout simplement, d’une défaite en rase campagne. En fait, ce qu’il vient de se passer en Grèce est quand même très important. C’est triste pour le peuple grec, mais d’une certaine façon c’est une « leçon de choses », ou un « cas d’école ». C’est très exactement ce que l’UPR ne cesse de dire depuis huit ans. Les Grecs se sont fait avoir parce qu’ils n’ont pas fait suffisamment attention à ce que disaient et plus exactement à ce que ne disaient pas M. Tsípras et Sʏʀɪᴢᴀ.
Ils étaient présentés dans les médias grecs ou occidentaux comme la gauche radicale qui allait s’opposer à l’Europe, et ci et ça. Mais, en réalité, ce qui était important, c’était de voir que M. Tsípras et Sʏʀɪᴢᴀ ne proposaient absolument pas de sortir ni de l’UE ni de l’euro. Donc ça voulait dire qu’il acceptait, en réalité, les contraintes de tous les articles des traités. Et donc, en fait, il était en train de manipuler les Grecs. Alors, c’est important, parce que, comme le disait le sage chinois Confucius, en – 500 av. J.-C. : « Faire une erreur, c’est pardonnable, mais c’est ne pas corriger son erreur qui constitue la véritable erreur.
» J’en appelle donc ici à tous les internautes qui m’écoutent et qui disent parfois que nous « chinoiserions », justement, que nous serions trop pointilleux dans le détail des traités, etc. Je leur dis : « Allez regarder ce que dit, et ce que ne dit pas, surtout, le Front national. Ce que dit et ce que ne dit pas Debout la France. Ce que dit et ce que ne dit pas le Front de gauche. Ces différents mouvements politiques refusent bec et ongles de dire et de proposer aux Français de sortir de l’UE par l’article 50 du TUE et de sortir de l’euro par le même article. Le FN et DLF refusent de proposer aux Français de sortir de l’Oᴛᴀɴ par l’article 13 du traité de l’Atlantique Nord.
Nous, nous sommes le seul grand mouvement politique à le proposer. Donc vous pouvez être certains que si vous votez pour le FN ou pour le FDG, si un jour le FN parvenait au pouvoir, dans une espèce d’alliance avec la droite de l’UMP – puisque semble-t-il que c’est un petit peu ce qu’ont à l’esprit les élites euroatlantistes et les médias, on va en parler tout à l’heure, je pense –, mais les Français se retrouveront dans la même situation au bout de deux mois que les Grecs avec Sʏʀɪᴢᴀ. C’est qu’ils se rendront compte : « Bon sang ! Mais c’est pas vrai !? Je croyais que le FN allait nous faire sortir de l’UE et de l’euro, en fait il n’en est rien.
» Il n’en est rien, je l’ai dit, je le redis : nous offrons une caisse de champagne à toute personne qui est capable de nous présenter une seule profession de foi du Front national, ou du Front de gauche, ou de DLF proposant la sortie de l’Union européenne. S’ils ne le disent pas, c’est qu’ils ne le feront pas. Point. Alors, maintenant, je sais bien qu’il va y avoir des « trolls » ou des cybermilitants, notamment du FN qui viendront me dire : « Mais si, M. Philippot, le 29 février à 2 h 53 du matin sur Radio Berry Sud a dit qu’il fallait sortir de l’euro. » Oui, mais ça, c’est se moquer du monde.
On a mis sur notre site la liste des quinze ou seize versions proposées par ce parti politique, comme d’ailleurs par les autres, sur l’Union européenne et sur l’euro : vous verrez (je vous y renvoie sur upr.fr) Mᵐᵉ Le Pen, par exemple, disant carrément qu’elle n’a jamais voulu sortir de l’euro (c’était dans une émission à la télévision) ; on voit également le responsable du FN de la jeunesse qui dit : « Nous, on n’a jamais voulu sortir de quoi que ce soit », etc. RE-GAR-DEZ, soyez comme saint Thomas ! Ne vous contentez pas des on-dit. Ne vous contentez pas de ce que disent les journalistes.
Allez voir ce qui se passe pour de bon, et ce que vous proposent pour de bon ces mouvements politiques. Voilà. La Grèce, c’est triste pour les Grecs. C’est une excellente leçon de choses pour les Français. C’est un signal rouge qui doit leur dire : « Attention, il faut vraiment que je porte attention au programme précis des partis politiques qui se présentent à des suffrages. » C’est encore une affaire bizarre, trouble, malsaine qui est apparue. Moi, je suis comme tout le monde, je regarde, j’écoute les grands médias.
D’un seul coup, on nous apprend qu’il y a un type qui s’appelle Nemtsov, qui était « le plus grand opposant » à Poutine, qu’il a été abattu au pied du Kremlin – et donc, en gros, c’est Poutine qui a décidé : « Tiens ! il passe là, en bas. Il faut aller le descendre. » En gros, c’est à peu près le message, plus ou moins implicite, que les grands médias occidentaux ont fait passer. Alors, d’abord, la première chose. Je me suis un peu renseigné : ce Nemtsov en question, paraît-il qu’il avait cinquante-cinq ans, mais qu’il était sur le déclin : ce n’était pas du tout le premier ou le deuxième opposant le plus important à Poutine. Donc, ça, c’est la première chose.
C’est un peu comme si on apprenait aujourd’hui que, sur le pont de l’Alma, quelqu’un aurait assassiné Jean-Pierre Raffarin. On ne peut pas dire que ce soit le plus grand opposant à François Hollande. Non, c’était quelqu’un qui était un petit peu « passé de mode », semble-t-il. La deuxième chose que je retiens, c’est qu’il y a donc des opposants à Poutine. Encore une fois, je ne suis pas là pour défendre la Fédération de Russie, elle est suffisamment grande pour se défendre elle-même, mais enfin on présente la Russie en France comme si c’était une espèce d’abomination de la désolation, un régime de terreur.
On découvre qu’il y a une opposition, qu’il y a d’ailleurs des manifestants, des gens qui manifestent après la mort de Nemtsov, donc c’est peut-être pas exactement ce qu’on nous avait dit. La troisième chose, c’est que je trouve quand même assez extraordinaire, le cadavre est encore « chaud », qu’on nous explique tout de suite que les regards se tournent vers le Kremlin. Je ne sais pas, mais a priori et à mon avis, Vladimir Poutine serait quand même le dernier des crétins pour faire abattre au pied du Kremlin quelqu’un qui est l’un de ses nombreux opposants, et quelqu’un qui est un peu passé de mode, comme ça ! Je ne comprends pas.
À supposer même que les dirigeants russes aient voulu se débarrasser d’un opposant, il y a des moyens maintenant beaucoup plus sophistiqués pour se débarrasser de quelqu’un, avec des produits chimiques ou radioactifs, qui permettent de s’en débarrasser l’air de rien. D’ailleurs, les Américains en savent quelque chose. Donc, ça me paraît d’un seul coup très étrange, cette affaire. Il y a un quatrième point également que je remarque, c’est qu’il y a eu les obsèques.
Selon la mode orthodoxe, le cadavre du défunt a été présenté dans un cercueil ouvert, je lisais dans la presse que, parmi les gens qui se sont précipités pour rendre hommage au défunt, il y a quand même l’ambassadeur des États-Unis en personne. Il est allé voir le défunt, présenter ses condoléances à la famille, et puis dire tout le soutien des Américains au peuple russe. En disant que c’était un « grand patriote ». De quoi se mêle l’ambassadeur des États-Unis ? Il y a eu des élections en Russie et des sondages par ailleurs qui montrent que Vladimir Poutine bénéficie d’un soutien qui n’est pas exclusif, bien entendu, mais qui est très majoritaire en Russie.
En tout cas, le soutien que le peuple russe apporte à Poutine est très supérieur au soutien que le peuple français apporte à ce pauvre François Hollande, ou au soutien que le peuple américain apporte à Barack Obama. Donc qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Et puis, d’ailleurs, en vertu de quoi un ambassadeur d’un pays étranger – déjà, qu’il aille aux obsèques d’un opposant, pourquoi pas, mais qu’en plus il fasse des déclarations du style « Suivez mon regard », « On a tous compris que les directives viennent du Kremlin », c’est quand même tout à fait scandaleux.
Au volet des curiosités, j’ai également noté que, parmi les personnalités qui étaient allées se recueillir devant la dépouille, il y avait un « revenant », John Major, qui a été premier ministre britannique à la suite de Margaret Thatcher et qui coule maintenant des jours heureux en Californie au conseil d’administration du fonds d’investissement Carlyle, vous savez, ce célèbre fonds d’investissement qui gère entre autres choses la fortune de la famille Bush et de la famille Ben Laden, qui est une famille saoudienne dont le nom vous dit peut-être quelque chose. Donc, John Major est venu rendre hommage.
C’est quand même quelqu’un qui a soixante-douze ans, le défunt avait cinquante-cinq ans, je ne sais pas… Il n’est plus premier ministre britannique depuis une quinzaine d’années, je vois mal le rapport qu’il y a entre les deux. C’est un petit peu comme s’il y avait une espèce d’internationale… non pas comme l’internationale des cours qu’il y avait au temps de Louis XIV, de Catherine de Russie et de Frédéric II, mais une espèce d’internationale de l’oligarchie, comme ça, qui se soutient. Quant au côté patriote du défunt, il avait quand même pris fait et cause pour l’Ukraine contre la Russie. Il était scandalisé par le référendum en Crimée, etc. Bien.
Encore une fois, je ne suis pas là pour défendre le régime russe, il est suffisamment grand. D’ailleurs,je sais qu’il y a des gens qui critiquent le régime russe en interne, ils en ont parfaitement le droit, et ils ont sans doute des raisons de le faire. D’ailleurs, dans quel pays ne critique-t-on pas le régime en place ? Néanmoins, ce que je vois, c’est encore une fois le deux poids, deux mesures et l’information complètement biaisée et orientée depuis le début, où on essaie de faire croire aux populations occidentales que décidément Vladimir Poutine est un monstre. Le cadavre est encore « chaud » qu’on a déjà la conclusion…
Enfin, je ne sais pas, normalement, la moindre des prudences serait d’évoquer d’autres hypothèses, et de dire qu’à ce stade de l’enquête on ne sait pas. Il est quand même notable, par exemple, de savoir que le défunt en question était à minuit moins dix sur un pont, près du Kremlin, bras dessus, bras dessous avec sa compagne du moment, qui était un mannequin ukrainien, qui d’ailleurs ensuite est reparti en Ukraine, elle a fait un scandale parce que la police l’a interrogée pendant quelques heures. Les médias occidentaux ont dit : « Regardez ce scandale ! » C’était la femme qui avait assisté à l’assassinat, c’était quand même normal que la police l’interroge.
Elle est ensuite repartie en Ukraine. On se demande d’ailleurs pourquoi elle s’est précipitée pour repartir en Ukraine. Enfin, tout ça est… bizarre. Encore une fois, espérons que la justice suive son cours, mais n’oublions pas non plus les deux cent dix-sept morts de l’avion de la Malaysia Airline 17 qui a été abattu le 17 juillet 2014 et sur lequel l’omerta la plus complète est désormais tombée. On ne sait toujours pas ce qu’il y a dans ces boîtes noires, qui ont été, comme je le disais l’autre fois, retrouvées dès le 30 juillet. Normalement, il faut quelques jours pour décrypter des boîtes noires. Nous sommes le 5 mars. Toujours rien. Oui, j’ai plus qu’un mot à dire sur cette affaire.
Ça fait partie de ce genre d’information dont 98 % de nos compatriotes restent non informés, ça ne les intéresse pas beaucoup, ils ont le sentiment que c’est quelque chose qui ne les concerne pas du tout. C’est pourtant très intéressant de regarder ça de près. Effectivement, le président du prix Nobel de la paix, c’est-à-dire ce comité qui est à Oslo et qui attribue chaque année le prix Nobel de la paix, a été rétrogradé au poste de simple membre du comité Nobel de la paix. Alors, vous allez me dire : « Quelle est l’importance ? » Eh bien, si, ça a beaucoup d’importance, et les observateurs internationaux se perdent en conjectures. Pourquoi ?
D’abord, le prix Nobel de la paix, c’est dans l’esprit général, celui du public, en tout cas dans l’esprit de l’ensemble du monde occidental (l’Europe, les États-Unis, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et un certain nombre de pays d’Amérique du Sud, et puis même un peu ailleurs), le prix Nobel de la paix, c’est la récompense, le prix le plus prestigieux au monde. C’est censé récompenser quelqu’un ou une organisation qui a œuvré pour la paix. En réalité, depuis maintenant un certain nombre d’années, ce prix Nobel de la paix va de scandale en scandale, on se rappelle qu’en 2009, par exemple, il a été octroyé à Barack Obama.
Quand on voit le nombre de morts et de conflits que Barack Obama a couverts de son autorité depuis les États-Unis d’Amérique depuis cette date, il y a de quoi hurler de rire ou hurler de rage de voir que ce prix lui a été accordé, de façon totalement scandaleuse et irraisonnée. Le suivant, c’était pas beaucoup mieux, il a été donné en 2010 à Liú Xiǎobō qui est un prétendu dissident chinois, sauf que, on le sait, ça a été répertorié, ce « dissident » a été financé, et toujours aujourd’hui, par la National Endowment for Democracy (NED), qui fait le travail de la CIA depuis une quinzaine d’années, qui est d’ailleurs financée par la CIA et par le département d’État américain.
Ce monsieur a pris fait et cause pour l’intervention militaire de George W. Bush en Irak, il a d’ailleurs dit que les Chinois avaient besoin d’être colonisés pendant encore cent ans pour devenir civilisés. Enfin, c’est quand même inouï. Ce type a reçu le prix Nobel de la paix, ce qui a provoqué l’ire, la colère, du régime de Pékin, que je ne suis pas là non plus pour défendre, mais enfin le régime de Pékin a considéré que c’était quelque chose d’absolument extravagant que de donner ce prix à en fait ce qui est un agent américain.
Que ne diraient pas les États-Unis si le prix Nobel de la paix était octroyé demain, par exemple, à quelqu’un qui est emprisonné à Guantánamo depuis maintenant treize ans, sans jugement, contrairement à toutes les conventions internationales, et au droit de Genève, notamment ? Que ne diraient par les États-Unis si le prix Nobel de la paix était octroyé, par exemple, à quelqu’un qui est dans le couloir de la mort aux États-Unis d’Amérique, ou bien, tout simplement, à toutes ces organisations qui, aux États-Unis même, œuvrent pour que le gouvernement américain arrête sa politique d’agression tous azimuts.
Je rappelle que les États-Unis d’Amérique sont, depuis le début du XXᵉ siècle, le pays au monde qui a été pratiquement en guerre sans arrêt ; il n’y a que quelques années où ce pays n’a pas été en guerre, mais c’est le pays au monde qui fait la guerre sans arrêt depuis maintenant des décennies et des décennies. Alors, c’est donc très important d’essayer de comprendre ce qui s’est passé avec ce départ, qui n’est qu’un faux départ, d’ailleurs, du président du comité Nobel. Il s’appelle Thorbjørn Jagland, il a été premier ministre de Norvège. Il faut savoir qu’il y a au comité Nobel de la paix seulement cinq membres.
Le président et quatre membres qui sont tous élus par le Storting, c’est-à-dire le parlement d’Oslo, c’est-à-dire les parlementaires norvégiens, et qui essaient d’avoir un comité pluripartite avec la droite, le centre et la gauche. J’ai fait une longue conférence, à laquelle je renvoie les auditeurs, qui s’appelle « La Tromperie universelle comme mode de gouvernement », où pendant toute la première partie j’explique en détail quelles sont les personnes qui composent ce comité. Ce qu’il est intéressant de savoir, c’est qu’il y a un « homme de l’ombre » qui est le secrétaire général de ce comité et qui présélectionne les candidatures chaque année pour le prix Nobel de la paix.
Il s’appelle Geir Lundestad, c’est un Norvégien. C’est en fait l’homme des Américains ; il a travaillé aux États-Unis dans des institutions financées par le département d’État américain, il est au pouvoir dans cette institution depuis vingt ou vingt-cinq ans, c’est en fait lui qui présélectionne tous les dossiers. Et lui est resté en place. Quant au président Thorbjørn Jagland, il vient simplement de permuter avec une dame qui a pris sa place et qui était la vice-présidente du comité, et qui maintenant devient la présidente. Elle était d’ailleurs membre du comité depuis douze ans.
Alors, les observateurs se perdent en conjectures sur cette affaire, certains ont dit que c’est parce que la Norvège a voulu donner un gage à la Chine, car elle est tellement mécontente de l’affaire du dissident chinois qui a eu le prix en 2010 que la Chine a rompu les relations avec la Norvège, qu’elle a interdit les importations de saumon en Chine, etc. Donc certains ont dit qu’en fait c’est le gouvernement d’Oslo qui a donné une espèce de satisfaction à la Chine.
Moi, je ne pense pas que ce soit la bonne réponse, on ne voit pas du tout pourquoi le gouvernement chinois serait satisfait que le président devienne un membre et que la vice-présidente le remplace, sachant que tout ce petit monde a participé à l’octroi du prix à Liú Xiǎobō en 2010. Je rappelle également, même si ce n’était pas le même comité, mais qu’il avait déjà octroyé le prix au Dalaï-Lama dans les années 1980. D’ailleurs, Pékin a fait savoir que toutes ces supputations qui avaient circulé dans toutes les agences de presse, ce n’était pas du tout suffisant, et que ça ne les intéressait pas du tout de savoir que Thorbjørn Jagland avait changé de poste.
Alors, il y a une deuxième hypothèse qui a été lancée, j’ai vu ça sur des sites Internet, et qui disent qu’en fait il y aurait une espèce de rébellion contre le président parce que c’est lui qui aurait été à la manœuvre pour octroyer le prix Nobel de la paix à Barack Obama en 2009, et ce prix est tellement scandaleux, il discrédite tellement le prix Nobel de la paix – maintenant, de plus en plus les gens « rigolent » quand ils voient le prix Nobel de la paix —, alors il aurait été mis sur la touche pour essayer de redorer le blason du prix.
Je rappelle au passage que ce prix a été octroyé en 2012 à l’Union européenne, ce qui montre les objectifs politiques qu’il y a derrière, en félicitant l’UE pour les soixante années de paix qu’elle avait réalisées. J’ai fait remarquer que, l’UE existant depuis 1992, c’est quand même un peu fort de café de dire que ça fait soixante ans qu’elle assure la paix ; donc, probablement, ce que les membres du jury Nobel voulaient décorer, c’était la « Construction européenne » et qui remonte à ce moment-là effectivement à la déclaration Schuman. Mais, à ce moment-là, c’était pas l’Union européenne, enfin, bref !…
Tout ça est un peu flou, c’est quand même un peu fâcheux, pour octroyer cette décoration, qui est la plus prestigieuse de l’univers. Moi, je ne crois pas trop non plus à cette thèse, parce que ça voudrait dire d’abord que si effectivement M. Jagland avait été corrompu et s’il y avait eu une révolte contre l’octroi du prix Nobel de la paix à Obama, à ce moment-là, cette révolte aurait dû toucher tous les membres du comité Nobel, puisqu’ils ont tous participé à cette décoration, et donc toucher également Geir Lundestad, et l’ensemble du processus, et puis surtout : qui a décidé ? Qui a pu prendre cette décision ?
Croire que c’est pour sanctionner le prix Nobel de la paix à Obama, c’est faire tout simplement abstraction de qui tire les ficelles – quel est le rôle joué par les États-Unis d’Amérique dans toute cette opération, et notamment par l’affaire de Geir Lundestad. Donc, moi, j’ai évoqué une troisième piste, qui me paraît intéressante. C’est que le président de ce comité Nobel a été rétrogradé au rang de membre, sans quitter le comité Nobel. Donc, c’est vrai que c’est une décision sans précédent dans l’histoire, qui fait jaser toutes les chancelleries du monde, mais ça n’est pas une sanction totale, puisqu’il reste quand même l’un des cinq membres de ce comité.
Si on a procédé à cette opération, ça veut donc dire que l’on a voulu non pas le sanctionner, mais qu’il ne soit plus le président. Donc, on suppose que, dans les années à venir, ou peut-être dès la mi-octobre prochaine pour le prix Nobel de la paix 2015, il est peut-être prévu d’octroyer ce prix à quelqu’un qu’il serait difficile à M. Jagland de décorer. J’ai à cet égard fait remarquer que Thorbjørn Jagland n’est pas seulement président du comité, il est également le président du Conseil de l’Europe, qui n’a rien à voir avec les institutions européennes, ni la Commission européenne, ni la BCE : je sais que ça peut être un peu compliqué à comprendre, mais c’est une tout autre structure.
Le Conseil de l’Europe, c’est une espèce de petite « ONU régionale », qui avait été d’ailleurs créée sous influence américaine en 1949 par le traité de Londres, et qui s’est complètement élargie après la chute du mur de Berlin à tous les pays de l’Est, avec désormais tous les pays d’Europe, y compris ceux qui ne sont pas dans l’UE, puisque ça n’a rien à voir, donc y compris la Suisse, la Norvège, l’Islande, mais aussi l’Ukraine et la Russie, qui sont désormais membres du Conseil de l’Europe qui n’a pas du tout les mêmes pouvoirs que l’UE et la Commission, c’est une espèce d’« ONU régionale » qui a vocation à défendre les droits de l’homme sur le continent européen, et notamment la Convention sur les droits de l’homme.
Donc M. Thorbjørn Jagland est également président du Conseil de l’Europe, et, à ce titre, celui-ci compte parmi ses États membres la Russie. Tous les États de l’Europe, à la seule exception de la Biélorussie, sont au Conseil de l’Europe.
Et la Russie a très finement joué d’un point de vue diplomatique au moment des affaires de l’Ukraine, et ça continue d’ailleurs encore ; c’est-à-dire que, au cours de l’année 2014, les Russes et notamment Sergueï Lavrov, qui est le ministre des Affaires étrangères, la Russie a demandé que le Conseil de l’Europe fasse une commission spécifique pour voir ce qui s’est passé en Ukraine, notamment avec l’affaire dite « des émeutes de Maïdan », ce qui a provoqué le coup d’État et le départ du président ukrainien Ianoukovytch, et puis, régulièrement, les Russes demandent qu’il y ait cette commission d’enquête pluripartite.
Il faut savoir qu’au Conseil de l’Europe il y a également la Suisse, qui s’est fait remarquer au cours des années écoulées par son représentant, qui s’appelle Dick Marty, qui est un avocat d’origine, et c’est lui qui a sorti notamment le scandale du trafic d’organes organisé par le Kosovo et par Hashim Thaçi, qui est le premier ministre du Kosovo prétendument indépendant, qui a été arraché à la Serbie et qui abrite l’une des plus grandes bases militaires américaines en dehors de l’UE. Ce sont donc les Suisses au Conseil de l’Europe qui ont sorti ça.
Le Conseil de l’Europe a également sorti le scandale des prisons de la CIA en Europe, avec le soutien de la Suisse, mais aussi bien sûr de la Russie. Au Conseil de l’Europe, la Russie est membre, mais les États-Unis n’ont qu’un statut d’observateur. Donc M. Thorbjørn Jagland a été en fait pris un peu « entre deux chaises », pris en otage : il a été obligé, à la demande de la Russie, de diligenter des missions d’enquête pour voir qui viole les droits de l’homme en Ukraine. Il s’est même rendu, je crois le 23 ou 24 octobre 2014, à Moscou, où il a rencontré le ministre des Affaires étrangères, M.
Lavrov, où celui-ci a fait valoir très finement tout le soutien que la Russie apportait à l’action internationale du Conseil de l’Europe. Donc, moi, je dis que peut-être ce jeu de chaises musicales est important, parce que, peut-être, ça signifie que les États-Unis ont compris qu’on ne peut pas avoir un président du comité Nobel de la paix qui octroierait demain le prix Nobel de la paix 2015 ou 2016 à quelqu’un qui serait très politique, comme ceux des années précédentes, et qui par exemple serait une espèce de prix Nobel « anti-Poutine ».
Pourquoi pas, par exemple, accorder le prix à titre posthume à Nemtsov, ou bien à tel opposant à Poutine, ou bien aux nouvelles autorités ukrainiennes, etc. ? Tout ça participant à des manœuvres de déstabilisation de la Russie, comme il y a eu des manœuvres de déstabilisation de la Chine, du Moyen-Orient, avec ces prix Nobel de la paix. En conclusion, c’est pas un sujet qui est d’une importance colossale pour l’homme de la rue, je suis d’accord.
Mais c’est quand même un sujet qui est très intéressant, parce qu’on voit bien, pour les gens qui s’y intéressent, à quel point il y a des forces, et notamment à Washington, qui n’ont de cesse, comme dans une espèce de jeu d’échecs planétaire, de viser en permanence à faire des coups médiatiques, des coups pour déstabiliser tel ou tel pays et à quel point finalement tout se recoupe un petit peu lorsque l’on connaît le dessous des cartes. Au jour d’aujourd’hui, le 5 mars 2015, d’abord, permettez-moi de dire que le mouvement, l’UPR, se porte comme un charme, de mieux en mieux.
La dernière fois, j’ai rappelé que nous avions franchi le cap des 7 000 adhérents le 5 février 2015, donc il y a un mois jour pour jour. Donc, en fait, en vingt-huit jours, nous avons grimpé à 7 254 adhérents : ça veut donc dire que l’on a eu un peu plus de 254 adhésions en un mois. Ça veut dire que l’on est presque sur le rythme de dix adhésions par jour. C’est plus qu’au début de l’année 2014. Ça veut donc dire que le rythme continue à s’accélérer. Nous ne sommes pas sur un mouvement qui commencerait à s’essouffler, nous sommes sur un mouvement qui continue à accélérer une dynamique qui est déjà de nature exponentielle. C’est quand même assez extraordinaire pour le souligner.
Alors, les cantonales, je l’avais dit la dernière fois, nous sommes présents dans quatorze cantons, que nous avons un peu voulus de façon « équirépartie », enfin, pas tout à fait, mais dans une dizaine de régions : il y a des cantons urbains, des cantons très ruraux, et d’autres entre les deux ; il y en a au nord, à l’est, à l’ouest, au sud, on est un petit peu partout. Ce n’est pas beaucoup, quatorze cantons sur deux mille, mais ça coûte très cher. J’ai mis en ligne sur notre site, parce que nous jouons toujours la transparence, le coût que ça représente, c’est nettement supérieur par électeur au coût pour les européennes, puisqu’on a beaucoup plus de candidats.
Il faut faire à chaque fois une profession de foi et des bulletins de vote différents, sur de petites séries, donc ça coûte nettement plus cher que les très grandes séries, quand on tire sur des millions de bulletins de vote ou de professions de foi identiques. Alors, nos candidats et candidates, puisque ce sont des binômes, plus leurs suppléantes et leurs suppléants, ont commencé à faire des campagnes dans les quatorze cantons. Il y a des points communs, et d’autres différents.
Parmi les points différents, c’est que, selon les régions, ou les connaissances et les réseaux des uns et des autres, il y a certains cantons où les candidats sont parvenus à avoir une couverture médiatique vraiment satisfaisante. Enfin… on n’a encore jamais eu FR3 – je ne parle même pas des grands médias. Mais on a eu des médias locaux une couverture honnête, correcte, un article relativement long, par exemple un quart de page de journal, avec des journalistes honnêtes qui décrivent ce que nous sommes. On n’en demande pas davantage, finalement.
Mais il y a d’autres cas où ça se passe beaucoup moins bien, en particulier dans l’Indre et Loire, où la télé Web locale « TV Tours » a tenu et tient absolument à nous décrire comme un mouvement d’extrême droite. Donc on les a contactés, on leur a demandé de modifier. On en est là, à l’heure même où je parle. Voilà, c’est comme ça. Impossible de leur faire entendre raison. Impossible de leur parler de la classification faite par le ministère de l’Intérieur. Enfin, quand je dis « impossible », c’est pas tout à fait ça, d’ailleurs, parce que la journaliste a dit : « Oui, mais moi, je suis d’accord avec vous, mais c’est mon rédac-chef qui a dit “Non, non, non, ils sont sur une liste”, etc.
» Je ne sais pas de quelle liste elle voulait parler, mais tout ça n’est pas clair. Parmi les points communs que nous avons remarqués, c’est également la surprise de voir la classification qui a été faite par les préfectures. Sur les quatorze cantons, il y a quand même douze préfectures qui nous avaient classés en « liste de droite ». Il y en a une qui nous avait classés en « divers », et une en « extrême droite ».
Donc nous sommes remontés au créneau, on a repris contact avec l’administration centrale du ministère de l’Intérieur, le service spécialisé dans le suivi des partis politiques, qui a donc confirmé, après réexamen de notre dossier, de notre programme et nos analyses, que nous étions classés en « listes divers », c’est-à-dire ni à droite ni à gauche, et encore moins à l’extrême droite et à l’extrême gauche.
Pour ceux d’entre vous qui connaissent l’UPR, ça va de soi, ceux qui connaissent bien notre charte fondatrice, nos analyses et notre programme, qui est directement inspiré de celui du Conseil national de la Résistance (CNR), mais il est vrai que pour les gens qui nous découvrent, et malheureusement ils sont encore des millions qui ne nous connaissent pas, eh bien, c’est évidemment un point très important, sur lequel nous devons faire respecter nos droits. Donc, maintenant, l’affaire s’est réglée, on a dit aux préfectures qu’ils avaient fait ça un petit peu vite, et qu’il fallait regarder comment nous avions été classés.
Il faut retenir quand même de ces incidents que dans l’esprit général, et notamment dans l’esprit des préfectures en question, l’idée de vouloir sortir de l’UE et de l’euro est « obligatoirement »… c’est forcement dans leur esprit quelque chose de droite, sinon d’extrême droite. Ce qui prouve finalement que les agents des préfectures sont comme l’homme de la rue, c’est-à-dire qu’ils regardent la télévision et qu’elle n’arrête pas de dire que le FN veut sortir de l’UE et de l’euro. Ce qui est faux. Il est d’ailleurs extraordinaire que personne ne soit capable de nous dire quel est le programme du FN sur ces questions stratégiques.
Vous demandez autour de vous à quinze personnes : « Qu’est-ce que veut faire le Front national ? » Les gens ne savent pas – en gros, vaguement, « il veut sortir de l’Europe » —, mais ils n’en savent pas plus. Parce que les gens ne vont pas regarder le programme. Eh bien, donc, les agents des préfectures ont réagi de la même façon, c’est-à-dire qu’ils nous ont classés de façon « pavlovienne », si j’ose dire, puis, après ça, quand ils font l’effort de découvrir, ils se rendent compte que c’est pas du tout ce qu’on leur avait dit, c’est pas du tout ce qu’ils pensaient. Pour le reste, je me déplace personnellement.
Je vais soutenir ce week-end nos candidats en Loire-Atlantique, qui se présentent dans le canton de Saint-Herblain. J’irai ensuite en Indre-et-Loire soutenir ceux qui se présentent dans le canton de Joué-lès-Tours, et puis, la semaine prochaine, j’irai soutenir les candidats qui se présentent dans le Val-d’Oise dans le canton de Sarcelles, puis j’irai également soutenir nos candidats qui se présentent dans le canton de Grandvillard dans le Territoire-de-Belfort, à la fin de la semaine prochaine, et j’irai également soutenir nos candidats qui se présentent dans le canton de Saint-Dié-des-Vosges dans les Vosges.
Voilà, je ne peux pas être partout, mais je vais soutenir les candidats là où je peux aller facilement, pas trop loin de Paris. J’invite tous nos adhérents et sympathisants, ceux qui le peuvent, qui habitent dans le département, même s’ils ne sont pas dans le canton, à aller soutenir nos équipes, à distribuer des tracts, à coller des affiches, c’est important, et aller les aider aussi à faire du porte à porte. À aller voir les gens, aller parler aux gens, parce que c’est ce qui est le plus efficace. C’est de parler aux gens, et de les convaincre. Non pas de voter UPR… Si vous dites aux gens « Votez UPR », ils ne vont pas voter UPR, bien entendu.
Ce qu’il faut, c’est convaincre les gens d’aller se renseigner sur qui nous sommes, les inciter à aller voir les conférences sur Internet. Je terminerai ce propos en disant que la très grande majorité des gens qui me regardent ne vont pas avoir de candidats UPR dans les cantonales, puisque nous ne nous présentons que dans quatorze cantons. Donc un certain nombre d’entre eux, et même beaucoup, nous demandent : « Mais qu’est-ce que l’on va faire ? Qu’est-ce que vous nous conseillez de faire ? » Alors, d’abord, nous, on considère que les citoyens sont suffisamment grands. Ils n’ont pas besoin de savoir ce que l’UPR ou moi-même leur disons.
Mais néanmoins, si on a un conseil à donner, ce que nous suggérons, c’est soit de s’abstenir dans les cantons où nous ne sommes pas représentés, soit d’aller voter et d’aller glisser dans l’enveloppe un petit bulletin qui sera un bulletin UPR, que vous trouverez en ligne en téléchargement sur notre site pour qu’il y ait marqué « UPR », de telle sorte qu’au moment du dépouillement, dans le plus grand nombre possible de bureaux de vote à travers France, des gens découvrent qu’il y a des bulletins UPR, en découvrant un parti qui n’a pas pu se présenter partout et qui est barré des grands médias. Je pense que c’est une bonne démarche, ça montre que finalement on fait son devoir électoral.
Bon, ça fait monter un petit peu la participation, mais c’est pas grave, le bulletin sera de toute façon comptabilisé comme un bulletin nul, mais il y aura une vertu peut-être pédagogique, notamment auprès des présidents de bureau de vote, des assesseurs, des représentants des autres partis, qui se diront : « Mais qu’est-ce que c’est que cet “UPR” qui apparaît un petit peu partout ? » Oui, c’est une très bonne question, parce qu’effectivement le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a publié il y a quelques jours une espèce de communiqué sous forme de mise en garde.
Vous savez que le CSA demande au moment des périodes électorales aux chefs de télévision de donner un relevé du nombre de minutes et secondes qui ont été accordées aux candidats des différentes listes, pour voir s’il y a une certaine équité. Et donc le CSA a fait un communiqué il y a quelques jours, que nous avons nous-mêmes commenté, pour dire que les trois grandes chaînes de télévision en continu (comme le CSA ne s’occupe que de la presse audiovisuelle, comme son nom l’indique) que sont LCI, I-Télé et BFM-TV avaient consacré pendant la période qu’ils avaient examiné, une quinzaine de jours, une part écrasante de ses émissions politiques au Front national.
Mais c’est à un point, c’en est presque cocasse ! C’en est presque à se tordre de rire. C’est-à-dire que le Front national, que l’on nous présente comme l’abomination de la désolation, l’opposant qui fait peur à tout le monde, a été couvert à 55 % du temps politique consacré par LCI, 44 % du temps de BFM-TV ! C’est-à-dire que même le PS et l’UMP, maintenant, sont pratiquement éclipsés, tellement les médias font de la publicité au Front national. Je le disais tout à l’heure, la télévision de Tours qui a fait un reportage absolument calomniateur à notre encontre récemment a accordé en revanche des minutes et des minutes au Front national.
Donc nous avons saisi le CSA par une lettre qui est partie il y a deux jours, où j’ai demandé d’abord une audience à M. Olivier Schrameck, conseiller d’État, président du CSA, et je lui ai envoyé un long dossier pour lui expliquer à quel point l’UPR était extrêmement maltraitée.
Puisque la seule émission de Ruquier à laquelle j’ai eu droit au mois d’octobre de l’année dernière, qui en fait n’est pas une émission politique, c’est une émission de divertissement, je rappelle d’ailleurs au passage que cette émission avait duré à l’enregistrement une cinquantaine de minutes, puis a rétréci au lavage, puisque la diffusion n’a plus duré qu’environ dix-huit minutes, on a retiré à peu près 60 % de ce que j’avais dit, puis le montage a été fait pour que ça apparaisse simplement comme une espèce de pugilat où j’aurais été prétendument un petit peu mis en difficulté, ce qui n’était pas du tout ce qui s’était passé dans le studio d’enregistrement.
Mais ce n’est pas une émission politique, ça, c’est un match de catch. On a fait un relevé très précis que l’on a envoyé au CSA. Je rappelle que le NPA de M. Besancenot a 2 100 adhérents, de son propre aveu. Nous, nous en avons 7 250, on en a plus que trois fois plus… Et aux européennes nous avons eu plus de suffrages au niveau national que le NPA. Eh bien, le NPA a bénéficié, tout au long de l’automne dernier, de 220 minutes, où M. Besancenot a été invité dans une dizaine d’émissions. Et moi, et nous, j’allais dire, les responsables de l’UPR : 0 heure, 0 minute, 0 seconde. Voilà.
Alors, quand on met ça sur notre page Facebook, de temps en temps, il y a des cybermilitants du FN qui viennent s’extasier en disant : « Ah ! ils sont jaloux ! » Mais on n’est pas jaloux. On veut simplement que soit respecté le droit. C’est totalement scandaleux que Mᵐᵉ Le Pen bénéficie de 55 % du temps de parole sur LCI. C’est tout simplement scandaleux. De même qu’il est tout à fait scandaleux que nous ayons 0 heure, 0 minute, 0 seconde alors que le NPA a 220 minutes. Je voudrais là aussi, comme tout à l’heure je le disais en préambule, que les gens réfléchissent à ce que ça signifie. En 1941, Charles de Gaulle n’avait pas 55 % du temps de parole sur Radio Paris.
Il était obligé de parler depuis la radio de Londres. De la même façon que nous, à l’UPR, nous sommes obligés de faire nos propres émissions de télévision, comme celle à laquelle vous assistez. Parce que nous n’avons pas accès aux médias de grande diffusion. Donc ça veut bien dire ce que ça veut dire : un parti politique qui bénéficie d’une telle sollicitude des médias du système est un agent du système. Oui, nous allons faire quelque chose pour les huit ans, parce que le mouvement se porte très bien.
Je rappelle que j’ai créé ce mouvement le 25 mars 2007, que les premières années ont été extrêmement difficiles, bien entendu, mais que depuis 2010-2011, on a commencé vraiment à décoller, notamment avec le programme que j’ai présenté le 3 décembre 2011 et puis ensuite avec les problèmes en Grèce, à Chypre, qui ont révélé au grand public que les analyses que je développais depuis maintenant 2007 en fait étaient des analyses pertinentes et percutantes, et qui permettaient de prévoir l’avenir. Donc, depuis maintenant 2013-2014, et 2015 commence encore plus fort, nous sommes sur une tendance de nature exponentielle. Nous avons vraiment des raisons de nous réjouir.
Alors, pour fêter ces huit ans, il y aura deux événements. Il y en aura même trois, avec un événement interne qui revient régulièrement, qui est la réunion du bureau national, donc de l’équipe dirigeante du mouvement. Et les deux événements destinés à nos adhérents, à nos sympathisants, mais aussi au grand public qui peut s’y intéresser, eh bien, nous ferons un petit événement le mercredi 25 mars, le jour même des huit ans, nous aurons un gros gâteau d’anniversaire et on fera l’inauguration de notre nouvelle permanence nationale, qui se situe à Paris.
Grâce aux dons et aux adhésions de nos généreux adhérents et donateurs, nous pouvons nous offrir et offrir au mouvement ces locaux, qui ne sont pas gigantesques, hein, c’est pas le château de Versailles – d’ailleurs, les donateurs ne seraient pas satisfaits si on dilapidait l’argent. Nous avons donc trouvé une permanence qui fait une quarantaine de mètres carrés sur deux étages, et qui est dans Paris intra-muros. Donc nous inaugurerons cette permanence et ce siège national. Il n’y a pas énormément de place, mais comme c’est sur une rue dégagée, où l’on pourra être dehors, ça sera une rencontre amicale.
À la fin de la semaine, nous aurons une manifestation un peu plus significative avec une grande salle de réunion qui pourra nous accueillir, avec sans doute plusieurs centaines de personnes, où je ferai le bilan des huit ans écoulés, et il y aura peut-être une petite surprise, avec peut-être une nouvelle conférence. Vous serez évidemment avertis de tout ceci en temps utile. Honnêtement, Mᵐᵉ Fioraso, pour les gens qui connaissent le monde universitaire ou le monde de la recherche, était extrêmement critiquée. Les noms d’oiseaux dont elle était entourée dans ces milieux fleurissaient.
Il faut dire d’abord que Mᵐᵉ Fioraso, on a découvert ces jours-ci, et je pense que ce n’est pas sans lien avec sa démission, où on a dû lui montrer la porte de sortie : en anglais, « exit » – je dis « anglais » parce que, justement, on a découvert, et c’est minable, qu’elle avait en fait un diplôme d’anglais, option économie. C’est-à-dire une maîtrise d’anglais. Et elle avait déclaré, dans un certain nombre de revues, de magazines, qu’elle avait deux maîtrises : anglais et économie. Quand on est ministre de l’Enseignement supérieur, c’est quand même inouï ! Elle avait truandé, comme une grande, en racontant des histoires sur ses diplômes. Alors évidemment, comme d’habitude : « Comment ?
Qu’est-ce que c’est que ça ? J’avais délégué ça à des collaborateurs qui se sont trompés ! », etc. Bon, enfin… Comme l’a signalé la presse, même le journal « le Monde », ça fait plusieurs années qu’elle rééditait le truc. C’est misérable. C’est minable. Donc cette dame qui se prévalait d’un diplôme d’enseignement supérieur qu’elle n’avait pas, elle était ministre de l’Enseignement supérieur. Donc je pense qu’à l’Élysée on a dû lui dire qu’il fallait dégager, alors il s’est trouvé qu’elle avait, paraît-il, un lumbago ou je ne sais quoi.
Alors, c’est possible qu’elle soit malade, ce que je ne lui souhaite pas, j’espère qu’elle est en bonne santé, mais enfin c’est ce que les Anglo-Saxons appellent, et je vais le dire en anglais puisque c’est finalement le seul diplôme de Mᵐᵉ Fioraso, le « face-saving device », c’est-à-dire une façon de sauver la face. Voilà, elle quitte le gouvernement pour raison de santé prétendue. Quel est le bilan de Mᵐᵉ Fioraso ? Elle aura laissé son nom à une loi que nous avons combattue, qui est la loi qui permet maintenant à tout l’enseignement supérieur d’enseigner en anglais. Ça tombe bien, puisque finalement c’était la seule chose qu’elle savait faire !
Donc on comprend qu’elle se soit dit : « Bon, allez, tout le monde va faire comme moi ! » Donc maintenant, ça veut dire qu’à la Sorbonne, qu’en fac, dans de grandes écoles comme Polytechnique, HEC, l’Eꜱꜱᴇᴄ, Sup de Co, Centrale, les Mines, etc., comme dans les instituts d’études politiques, les écoles de commerce et d’ingénieur de province, etc., bref… que partout on va avoir non seulement des cours d’anglais, ça, je trouve ça très bien qu’il y ait des cours d’anglais, comme d’ailleurs je trouve qu’il devrait y avoir des cours de chinois, de russe, de japonais, d’espagnol, de portugais, d’arabe, d’hindi, etc., mais non seulement même, des cours entiers qui sont en anglais.
Donc, maintenant, par exemple, dans beaucoup d’écoles de commerce vous avez des cours d’économie, de finances qui sont obligatoirement, entièrement et exclusivement en anglais. Et ça n’a pas encore suffi à Mᵐᵉ Fioraso et à sa loi, c’est que désormais il est autorisé que des établissements d’enseignement supérieur puissent faire tous les cours en anglais. Ce qui à mon avis est contraire à la Constitution de la République, puisqu’elle prévoit que la langue de la République est le français. Et puis ce qui témoigne d’une espèce d’asservissement volontaire, comme disait La Boétie dans son « Discours de la servitude volontaire », à la langue anglaise. C’est bête, et c’est méchant.
C’est méchant parce qu’il y a quand même beaucoup de gens qui ne sont pas à l’aise en anglais et qui légitimement, étant citoyens français, peuvent trouver normal de parler le français et de faire leurs études en français, fussent leurs études supérieures. D’autant plus que le français est une des très grandes langues du monde. Et en plus c’est bête, parce que, si tous les chercheurs du monde un jour se mettaient à parler l’anglais, ça serait évidemment quelque chose de terrible pour la recherche mondiale, puisque les langues véhiculent des façons de raisonner qui permettent de faire des percées et des découvertes scientifiques différentes, selon l’esprit et la façon dont on a été formé.
Alors, le deuxième bilan que laissera Mᵐᵉ Fioraso, eh bien, c’est le désastre, le désastre général de l’enseignement supérieur et de la recherche. Alors, dans les milieux de chercheurs, on accuse beaucoup Mᵐᵉ Fioraso de ne pas avoir défendu son budget, il est vrai qu’aujourd’hui même on ne sait toujours pas quel sera le budget de la recherche en France pour l’année – paraît-il qu’il manque la bagatelle de cent millions d’euros. Enfin, bref, c’est la catastrophe, et donc un certain nombre d’universitaires qui ont eu tendance à faire porter le chapeau à Geneviève Fioraso.
Là, pour le coup, j’aurais tendance à ne pas l’accabler, puisqu’il faut savoir que les ministres dits « dépensiers » (comme on dit à Bercy), c’est-à-dire tous les autres ministères sauf le ministère des Finances, sont en fait tenus par le ministère des Finances, par le ministère du Budget, et beaucoup plus généralement par le premier ministre et le président de la République, qui sont eux-mêmes actionnés par la Commission européenne et la BCE.
Donc, en fait, c’est pas Mᵐᵉ Fioraso qui ne s’est pas battue : en fait, c’est tout simplement que l’enseignement supérieur et la recherche en France sont victimes absolument directes des contraintes budgétaires imposées par les traités européens, notamment pour sauver ce miracle prétendu qui est l’euro. Il y a deux informations qui m’ont pas mal plu au cours de la quinzaine écoulée. Il y a une information qui a indiqué que des chercheurs britanniques auraient trouvé une espèce de micrométéorite, qui fait, je crois, quelques millimètres, même peut-être moins, qui serait dans la haute stratosphère et qui semble-t-il, dispenserait des molécules d’ADN.
Alors je ne suis pas un spécialiste, mais ça a fait le tour de la planète scientifique, parce que certains y voient la confirmation de ce que certains astrophysiciens estiment comme une des possibilités de la vie sur Terre. C’est qu’en fait la vie sur Terre serait venue de l’espace par des micrométéorites qui auraient été porteuses du génome de l’ADN [sic]. C’est en tout cas un des grands mystères de l’Univers, moi ça me fait toujours un peu rêver, d’autant plus que ce ne sont pas des fantaisies, ce sont vraiment des chercheurs de très haut niveau qui auraient fait cette découverte.
Et puis il y a une autre découverte qui a eu lieu il y a quelques jours, c’est la découverte d’une mandibule avec deux molaires et trois prémolaires d’un hominidé qui a été trouvé dans un site en Éthiopie, à peu près, si j’ai bien compris, à quelques centaines de mètres de l’endroit où avait été découverte l’australopithèque dénommée « Lucy ». Et ce qui est intéressant, avec cette mandibule, c’est que ça serait un de nos très lointains ancêtres de la famille des hominidés qui remonterait non plus à 2 400 000 années comme on le croyait jusqu’alors, mais à 2 800 000 années.
Il paraît que les fossiles d’hominidés sont exceptionnellement rarissimes, c’est pour ça que c’est une découverte d’une très grande importance du point de vue de la paléontologie et de l’histoire de l’humanité. C’est que, semble-t-il, ça recule de la bagatelle de 400 000 ans l’ancienneté de l’espèce de laquelle nous sommes un des rameaux. Voilà, tout ce genre de choses, j’aime bien de temps en temps m’abstraire de la politique, de l’économie, du social, et des questions internationales, et puis m’intéresser à ce genre de sujet, parce que ça nous rappelle aussi quelle est notre condition.
C’est qu’en définitive, eh bien, nous sommes des hommes, avec une vie limitée sur Terre, et on doit ne jamais oublier notre histoire, ne jamais oublier d’où nous venons. C’est ce proverbe africain que j’aime bien, puisque je parlais de l’Éthiopie : « Si tu ne sais pas où tu vas, regarde d’où tu viens. » UPR.fr
François Asselineau