François Bayrou - On n'est pas couché 12 novembre 2011 #ONPC
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:30OuverteRéponse directe
Elles ont été bonnes les vacances ?
- 2:10OuverteRéponse partielle
En 2012, il y aura deux candidats du centre, vous et M. Hervé Morin ?
- 2:38RelanceÉludée
M. Morin vous appelle l'incroyable monsieur Zigzag, vous allez être monsieur Zigzag ?
- 4:38FerméeRéponse directe
Ça vous arrangerait plutôt que ce soit M. Strauss-Kahn qui soit le candidat socialiste ?
- 8:53RelanceRéponse partielle
Depuis trois ans, vos électeurs ne savent plus où vous êtes.
- 14:09RelanceRéponse partielle
Simplifiez sur le point qu'a soulevé Zemmour.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:26Locuteur 6Fait
« Il y en aura un et un seul. »
- 8:15Locuteur 6Fait
« Ils ont voté pour Sarkozy, souvent. »
- 19:58Locuteur 6Chiffre
« Je pense que passer en 8 ans de 60 à 62 ans, c'est acceptable. »
- 25:09Locuteur 6Fait
« Agression sur les personnes, incivilité de toute nature. »
- 26:57Locuteur 6Fait
« Dans toutes les zones de non-droit, vous mettez un sous-préfet, un chef de tous les services de l'État, et qui, avec obligation d'habiter dans la cité. »
- 34:36Locuteur 6Fait
« Il faut une réponse qui soit rude et forte dès les premières infractions. »
- 36:31Locuteur 6Promesse
« Je suis favorable et déterminé à soutenir ce genre d'idées. »
Temps de parole
- Locuteur 651 %
- ?14 %
- Locuteur 1011 %
- Présentateur11 %
- Locuteur 45 %
- Locuteur 75 %
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Merci d'être là. Merci d'avoir accepté d'être le premier invité politique de la saison, François Bayrou.
Je suis
très content de vous retrouver.
C'est vrai, c'est
gentil. Merci. Nous, si vous avez passé de bonnes vacances, commençons par des banalités. Elles ont été bonnes les vacances ? Oui, absolument. Très bien. Peut-être que vous connaissez même, Zoé Chepard, parce qu'elle
est dans... C'est ma région, en tout cas, et
ce sont mes amis qui l'ont défendue.
Ah, c'est vrai, ça
?
Absolument.
Les seuls qui l'aient défendu.
Parce que vous pensez que ça se passe mal au conseil régional d'Aquitaine ?
Non,
parce que je pense que raconter sur le mode humoristique, et même franchement comique quelquefois, des choses qui sont la vérité, c'est pas à punir. Ça serait plutôt du côté de ce qui fait du bien. Absolument débordé. Vous l'avez lu ? J'ai lu des extraits. Des extraits ? J'ai fait vite. Pas aussi bien que Sacha Guitry.
Ah,
vous irez voir le... Oui, j'irai voir.
Mais
vous
résidez, je vous dis que ça va être bien.
Et moi, j'ai une passion pour Guitry et pour les mots de Guitry. Je me remémorai en attendant, en haut de l'escalier, dans un roman qui s'appelle Le roman d'un tricheur.
Il
y
a
un mot extraordinaire. Il raconte, donc c'est de Monte-Carl que ça parle.
Il
raconte la conquête du rocher par la famille Grimaldi,
qui
est une famille de gènes.
Et
il dit de ce noble génois, admirons le sans-gènes.
Et rien
que ça, ça mérite le voyage.
Abordons tout de suite la politique, si vous le voulez bien, et on va commencer. Abordonnons le sans-gènes.
Ah
oui,
oui, oui.
Parce qu'on va s'éclater. Ah oui,
mais
moi, je... Moi, c'est une bombe en politique. J'attaque tout de suite par ce qui fâche, monsieur Bayrou, comme ça on est tranquille. Si j'ai bien compris, en 2012, il y aura deux candidats du centre, vous et monsieur Hervé Morin. Vous cherchez le nom, vous avez raison. Non, je ne cherche pas le nom, je cherche ce qu'il a dit de vous.
C'est dégueulasse. Mais ça, je l'attends bien.
Il
ne
faut pas laisser traîner les balles.
Je cherchais ce
que monsieur Morin avait dit de vous. L'incroyable monsieur Zigzag, il vous appelle. Alors, vous allez être monsieur Zigzag, et lui,
il
va être quel centre à la prochaine présidentielle ? On ne peut pas avoir deux centres, quand même. Moi, quand j'ai un compagnie,
je n'ai qu'un centre. Il n'y en aura pas, ni
trois, ni... Bon, il y en aura un, et point à la ligne, et arrêtons-nous là. Mais peut-être on peut essayer de
placer
la question pour qu'on sache de quoi on parle. Alors, allons-y.
Il
y a des millions de gens,
et
moi je me sens porte-parole de ces millions de gens,
qui
disent ce qu'on est en train de vivre en ce moment, le gouvernement, où sont tous ces gens-là. Ça ne peut pas durer sept ans de plus.
Parce
que c'est ça la vraie question.
C
'est 2 plus 5, ça fait 7 ans de plus. Donc ça,
c
'est le premier choix. Stop ou encore. Et stop ou encore, ça veut dire, pour moi, changement. Deuxièmement, il y a des millions de gens
qui
n'ont pas envie de se retrouver avec le PS ayant tous les pouvoirs en France, ayant la carte du PS, ou étant soumis au PS, ou étant... Et je suis de cela. Puis voilà, c'est simple, le positionnement est réglé.
Et
tous ceux qui pensent ça, il faudra qu'ils aient un candidat et un seul. Point à la ligne. Ce sera vous et ce ne sera pas M. Morin, donc. De qui, comment, tout ça, c'est des questions qui viennent après. Mais je peux avoir le droit de penser que ça tourne bien, mais ce n
'est
pas ça la question. La question politique, en dehors de la préférence que chacun d'entre nous a légitimement pour lui-même, ce qui est le cas de Zemmour, par exemple. Et donc, en dehors...
J
'attaque avant que j'attaque. Ah non, mais c'est les nouvelles manières de cette saison. C'est les invités attaquant avant. D'accord.
En dehors de cette préférence, il y en aura un et un seul. Si on veut être raisonnable, sérieux, si on veut que c'est à une chance de gagner...
Ça
veut dire que ça vous arrangerait plutôt que ce soit M. Strauss-Kahn qui soit le candidat socialiste ? Parce qu'il est plus au centre que les autres ?
Alors, un,
je
réclame le droit
de
pouvoir estimer des gens, même s'ils ne
sont
pas
de
mon parti.
Ça, il vaut mieux. Si vous voulez gouverner, de
toute façon, il faut bien que vous trouviez des gens. Et à gauche, et à droite.
Il y a des gens... Dans votre
parti, il n
'y a
pas
beaucoup de gens, donc
évidemment, il vaut mieux... Oui,
c'est vite dit. Je vous ai dit des millions.
Ce n
'est
pas votre parti,
ça. Ce que j'ai... Si... C'est vous, peut-être, mais pas votre parti.
Non,
c'est ce parti-là. C'est ce courant. Le parti au sens large, alors.
Pas le parti au sens de parti politique. Oui,
c'est plus difficile de faire un parti nouveau que de prendre un des deux partis anciens. C'est
juste. Je le sais, je l'ai
fait.
C'est vrai. Vous n'avez jamais vu au suffrage universitaire quelqu'un
l'emporter, accéder à la présidence de la République, sans un grand parti derrière lui. Et c'est vrai, votre parti au sens strict, ce n
'est
pas grand monde. Il
y a
assez peu de militants et très peu d'élus. Donc,
vous n'avez pas
de parti.
Alors,
comment vous comptez vous y prendre pour faire mentir
cette loi ? En faisant
un peu mieux que la dernière fois. Ah oui.
La
dernière fois, j'ai fait presque 20%.
Le
seuil de qualification, bon, il faut faire un peu plus, à supposer que les choses tournent comme on le souhaite.
Sauf
que depuis, il y a aussi la concurrence des écolos qui, on l'a vu au régional, se sont recentrés aussi. Les verts ne sont plus aussi verts qu'ils l'étaient. Et avec la présence de Mme Eva Jolie ou de M. Daniel Cohn-Bendit, ça fait quand même une concurrence plus forte, supplémentaire.
Mais
on a le droit. Ils ont le droit.
Tout
le monde a le droit de penser à se présenter à l'élection présidentielle. Tout le monde a le droit d'imaginer qu'il peut faire un bon score. Mais
vous avez vu quand même qu'au
régional,
vous pensiez faire un meilleur score, M. Bayrou. Pour avoir
vécu l'élection présidentielle,
pour
avoir vécu
de
l'intérieur, on sait
que
ce n
'est
pas exactement un scrutin comme les autres.
On
choisit un homme, une femme. Que dans l'élection présidentielle,
il
se passe quelque chose qui est profondément humain.
C
'est-à
-dire
les gens, tout d'un coup,
et
c'est une expérience dont je parle
presque
avec la chair de poule, parce que
ceux
qui ont vécu ça ne
l
'oublient jamais, ils ne peuvent le dire jamais. Tout d'un coup, un peuple se met
à
croire,
à
mettre des espoirs en vous. En vous comme homme,
pas
en vous comme étiquette, pas en
vous
comme homme. Et je crois que ce filtre-là, est-ce qu'on peut mettre des espoirs en vous comme homme, différencie complètement l'élection présidentielle des autres
élections
? Mais
pas
au point
de le déconnecter, vous avez eu des résultats catastrophiques aux élections
intermédiaires. Donc on
ne
peut
pas quand même complètement déconnecter en disant, on repart, ce sera table rase et il
y aura une des hommes.
Vous aurez tout le temps de le dire, de le commenter. Non,
mais est-ce que
vous y croyez vraiment ou on est un peu dans la méthode Coué ?
De
toute façon, la présidentielle, c'est un homme, un
peuple. Je ne parle pas
de méthode Coué, j'ai fait des élections présidentielles. À la dernière élection présidentielle, les sondages du début étaient effrayants, impressionnants. Et puis tout d'un coup, on vit ça. Je ne parle que de ça. Et je dis, ceci, moi ou un autre,
est
nécessaire. Moi ou une autre, femme, homme, ceci est nécessaire. Il y a
les
millions dont je parlais à l'instant, les millions de gens
dont
je parlais à l'instant,
qui
ne se retrouvent pas ou ne se retrouvent plus
dans
le gouvernement actuel. Ils ont voté pour Sarkozy, souvent.
Et
souvent, quand depuis la première minute, j'ai dit, mais ça va dans le mur, vous ne
vous
rendez pas compte ? Souvent, ils ne
m
'ont pas compris.
Ils
ont dit, mais qu'est-ce qu'il a ? Bayrou, en réalité, il est quoi, jaloux de Sarkozy ? Il ne s'entend pas avec lui ? Et je suis venu sur votre plateau pour expliquer. J'ai écrit un livre pour dire
qu
'il y avait des raisons profondes à tout ça. Que les choix qui avaient été ceux du pouvoir actuel, ces choix-là conduisaient, selon moi, inéluctablement, ou en tout cas conduisaient à quelque chose qui serait mauvais pour le pays.
On y est. Sauf que depuis
trois ans, vos électeurs ne savent plus non plus où vous êtes. C'est-à-dire que...
Ben, je viens de... Ben non, mais
c'est
important. Vous étiez là au début de l'émission ? Ben oui, j
'étais là.
Si vous étiez là, Éric Zemmour... Peut-être pas moi, mais...
Il
vous fait rire, Éric
Zemmour.
Ça fait longtemps. Ça fait longtemps.
Le
clown de Zemmour était là, en
tout cas, et
le clown de Zemmour aurait dû entendre ça. Ceux qui disent que
ça
ne peut pas continuer comme ça pendant sept ans, sérieusement, et qui disent qu'on n'a pas envie de prendre notre carte OPS pour autant, ceux-là, ils sont des
millions, ils ont le droit d'être représentés, ils le
seront.
Alors,
d'accord.
Et j'espère qu'ils seront
plus nombreux que les autres. J'ai compris, mais le clown de Zemmour aussi, il connaît un petit peu la vie politique française.
Le six clown
de
Zemmour.
Un petit peu la vie politique française depuis si longtemps. Et quand Morin, dont vous vous moquez avec raison parce qu'il fera 1%, quand Morin dit, il n'empêche, quand il dit que c'est M. Zig et Zag, en parlant de vous, c'est-à-dire qu
'avant
les vacances, on vous laisse, vous recevez Sarkozy, vous êtes reçu, il vous instrumentalise, n'empêche que vous vous laissez instrumentaliser par lui et vous faites tout sourire avec Sarkozy. On vous retrouve là, vous dites, je suis prêt, je peux avoir des passerelles d'idées avec Dominique Strauss-Kahn. J'entends bien. Je sais que vous pouvez avoir des passerelles d'idées avec Dominique Strauss-Kahn, que vous pouvez recevoir courtoisement Nicolas Sarkozy. Il n'empêche, il n'empêche, il n'empêche, la politique s'est devenue simpliste, c'est fait par la télévision et vous le savez très bien. Et sauf que les électeurs ne savent plus où vous habitez.
Et que quand, en fait, vous avez réinventé, non mais moi il
y a
un truc qui me frappe, vous avez réinventé la 4ème République à l'ère de la télé. Bon, Éric Zemmour,
c'est une
formule, mais c
'est une formule qui n'a
pas de sens. Vous dites, la politique est simpliste.
Elle est simpliste quand vous la rendez simpliste. Non,
jamais, au contraire,
on
reproche d'être trop compliqué.
Non, mais
vous pouvez être compliqué et en même temps rendre les choses tellement simplistes qu'elles n'ont plus de sens.
C'est pas à la portée du premier venu. Non, c
'est pour ça qu'il est là. Revenons à la question. Sarkozy est président de la République. Nicolas Sarkozy est président de la République. Je ne l
'ai
pas voulu.
Il
est président de la République. Il m'invite à aller parler des retraites. J'espère qu
'on
va parler de ce sujet qui
est
tellement incroyablement important. Je vais le voir. Et je lui dis, il y
a
un certain nombre d'erreurs que vous êtes en train de faire.
Et
une erreur majeure, magistrale, c'est de faire une réforme injuste alors qu'il faut faire une réforme juste. On y viendra dans une seconde. Je suis, selon moi, dans mon rôle de député, quand il sollicite un avis, je le lui donne.
Sans
la moindre complaisance.
Et
vous pouvez chercher, fouiller, vous avez fouillé, vous n'avez pas trouvé. La moindre phrase
qui
puisse indiquer une complaisance de
quelqu'un. Je n'ai pas dit ça. Non, mais
tout le monde s'en fiche
des phrases. Je n'ai pas dit ça. Alors, deuxièmement, il est venu chez moi. Oui, mais il va
dire que c'est simpliste. Attendez. C'est simpliste.
Oui, mais vous êtes... C'est même
simpliciste. Non, mais vous ne
faites
pas de la politique en 1860. Vous en faites en 1900,
en 2010. Ce n'est pas de ma faute.
Très
bien.
Je reviens au
sujet.
Moi, je
préférerais être avec vous en 1860. Je
reviens au sujet. En 1860,
il n'y aurait aucune chance.
En 1860,
il
n
'y
aurait aucune chance que je sois élu parce que le suffrage était censitaire.
Ah, censitaire en 1960 ? Et
donc, aucune chance. Précisément, si on a fait la République, c'est pour que les gens qui viennent, comme vous
et comme moi... J'étais en train de
réfléchir, là. C'est Napoléon III qui a restauré le suffrage universel et on est sous Napoléon III.
Donc, je suis désolé,
c'était le
suffrage universel. C'est vrai. Des hommes.
C'est
bien ce que je me disais. Merci.
Un zéro pour Zemmour.
Et
donc,
il
vient,
un
mois après, inaugurer dans mon village, ou presque, la plus grande usine qui va être construite cette année en France.
Eh
bien, je l'accueille. Si vous voulez que je fasse, je ne
vais
pas dire... Excusez-moi, parce que comme on est au temps de la télévision,
et
pas en 1860, comme disait Mour, je ne viens pas vous voir parce que, pour le risque qu'on puisse nous photographier... Faites
pas naïf, vous
savez que vous serez instrumentalisé,
vous
savez... Non, non,
non,
je... Je vous crois pas. Je raye tout ça. Je vous crois pas. J'efface toutes ces choses. Elles n'ont aucune importance. La seule question importante, c'est, est-ce que vous voulez,
chacun
là, que ça dure pendant 7 ans, ou bien est-ce que vous voulez que ça change ? On
a compris que c'était votre message.
Ça va juste...
Si vous... Pardon, excuse-moi. C'est pas mon message. C'est ma vie. Bon. Est-ce que vous voulez que ça change
? Moi,
je pense qu'il est nécessaire pour le pays que ça change. Comprenez ça ? Ah, mais j'ai très bien compris. Si vous avez compris ça, vous avez compris
qu'elle est le sens de la politique. Alors, on va aborder le sens de la politique ensuite.
Simplifiez sur le point qu'a soulevé Zemmour. Moi, je suis très content de vous recevoir à On n
'est
pas couché, parce que pendant une heure ou deux, au moins, je sais où vous êtes. Parce que le reste du temps,
je
ne sais pas où vous
êtes.
Et ça, vous l'avez déjà dit. Non, mais...
Vous ne
répondez pas à la question, vous zigzaguez. En effet, Sarkozy, vous êtes loin d'être un homme politique naïf. Vous savez très bien que ça va être instrumentalisé. Là, votre offensive de charme envers Strauss-Kahn me laisse un peu pantois.
Quelle
offensive de charme
? Vous faites des déclarations très aimables.
Je n'ai fait aucune déclaration.
Vous souhaitez qu'il se présente, ce serait bien, etc. Un jour, Mme Monchand, qui est une collaboratrice très proche de Mille de Villepin, dit « Tiens, ce serait sympa de faire un groupe commun à l'Assemblée avec Bayrou. » Bref, on ne sait pas trop. Moi, voilà comment je vois les choses. J'ai l'impression que, puisque vous ne pouvez pas fédérer l'archipel centriste, qui est divisé entre des tas de mouvements, vous cherchez à vous agréger soit avec l'aile droite du Parti Socialiste, soit avec l'aile gauche de l'UMP. Et vous n'avez pas choisi. Et ça donne une
impression d'indécision
et de zigzague et Morin. Et pas entièrement... Ce
que vous
dites, excusez-moi de vous dire ça, ce que vous dites est entièrement dirigé
par l
'idée qu'en France, il faut être contre
les
gens qui ne sont pas de votre parti.
C
'est exactement ça. C'est plutôt qu'on ne
peut
pas être avec tout le monde.
C
'est plutôt ça mon idée. Avec, précisément, je récuse ce qui est en train de se faire.
Il
n'empêche que je réclame le droit de ne pas détester un certain nombre de gens. Il y en a quelques-uns avec qui je ne suis pas en accord. Excusez-moi. Ce n
'est
pas faire ce que vous dites de l'incertitude que de dire que je trouve Fillon
convenable.
Je ne
suis
pas en train de faire s'écrouler la cathédrale républicaine.
Non, mais on a l'impression que vous suivez vos électeurs. Mais
non ! Vos
électeurs, ils partent avec Sarko, vous
tournez avec
Sarko, vos électeurs vont avec
DSK, ils vont avec
DSK. Non, mais je vous assure, on a l'impression que vous
suivez... Je
me suis battu contre
le régime de Nicolas Sarkozy depuis le
premier jour. Mais d'accord ? Oui,
très bien,
stop. Alors arrêtez-vous
là.
Mais vos électeurs de droite... Arrêtez-vous là. Non ! Parce que vos électeurs de droite ne voulant pas pardonner. Et ensuite, vos électeurs de gauche, ils vont avec Strauss-Kahn.
Vous voyez à quel point votre logiciel, le vôtre,
est
complètement à côté de la plaque. Vous dites électeur de gauche, électeur de droite.
Non, j'ai dit vos électeurs.
Vous dites électeur de gauche, électeur de droite. Précisément, moi je crois que électeur de gauche, électeur de droite, c'est ça qui nous a plantés.
C
'est parce qu'on coupe la vie politique entre gauche et droite. Et que si on veut une alternance la prochaine fois,
et
dans la profondeur de crise où on est, dont vous êtes... Je suis responsable pour ça.
En
simplifiant... Oui !
En simplifiant les choses comme ça.
Moi, je vais vous dire.
Attendez.
Précisément, le
choix de mon engagement politique,
c
'est d'être... On appelle ça centre.
Il
y a d'autres mots. J'espère qu'un jour, on aura un courant
démocrate
comme Barack Obama est en train de l'illustrer courageusement, et seul contre tous, aux États-Unis. J'espère qu'on aura ça. Et c'est en tout cas mon envie.
Mais
c'est précisément dans ce refus que toujours on vous renvoie, gauche ou droite, qu'admirable... Aïe, aïe, aïe !
Gauche, droite ! Je ne sais pas, c'est pour ça que j'ai failli voter pour vous...
Eh bien, la prochaine fois, à l'heure où vous faites travailler. Non, non, quand même.
Attendez, parlons du choix, si vous voulez bien. C'est exactement ça. C'est vrai ! Mais c'est vrai ! Excusez
-moi, il y a tellement de gens qui ne veulent plus juger par votre filtre, là. Mais
non, mais moi, je suis
d'accord. Non, mais... Eh bien, si
vous
êtes d'accord,
alors dites, je suis d'accord,
et c'est très bien.
Vous oubliez
qu'il y
a
le scrutin majoritaire à deux tours en
France, et c'est tout. Mais non, j'oublie rien du tout. Mais je sais que vous n'oubliez pas, mais en fait, bon, comme si... Oui, mais c'était
Ségolène Royal, et les électeurs de gauche n
'avaient pas confiance à Ségolène Royal. Si
vous êtes capable de dire sur le plateau la phrase que vous venez d'exprimer, en disant, je suis d'accord au fond. Eh bien, écoutez, arrêtez-vous là. Je suis d
'accord,
c'est bien, et puis avançons
sur autre chose. Parlement de fond, alors voilà,
les retraites, l'immigration, les Roms,
c
'est les sujets... Les retraites, c
'est
un très bon exemple.
Alors, les
retraites, commençons par les retraites. Première question politique avant d'aborder le fond du sujet. Est-ce que M. Vort, qui doit mener cette réforme des retraites, selon vous, aurait dû démissionner
? En
tout cas, je pense que ça ne peut pas durer longtemps comme ça. C'est-à-dire que la situation qui est créée par cette affaire rend son travail dans la réforme des retraites très difficile à défendre. Et donc, pour moi, enfin, il me semble que le président de la République, qui a annoncé un remaniement,
à
mon sens, Nicolas Sarkozy a annoncé ce remaniement imprudemment. Mais maintenant, la situation est créée, et c'est une situation qui déstabilise tellement le gouvernement que je ne vois pas comment ça peut durer longtemps. Ce n
'est
pas sain, comprenez ?
C
'est en tout cas mardi prochain que les syndicats ont appelé les Français à manifester contre cette réforme des retraites, mardi 7 septembre. Vous serez dans la rue avec les syndicats ? Non.
Je
ne serai pas dans la rue parce que je pense que la réforme des retraites est indispensable.
Et
je pense que
tous
ceux qui
disent ou
laissent entendre
qu
'on pourrait éviter la réforme des retraites, cela raconte des histoires.
Et
ce sont des histoires qui coûteront très cher au pays. Donc je dis
que la
réforme des retraites est indispensable. Je suis même allé plus loin,
moi
qui suis un
élu
de l'opposition actuellement en France, je suis même allé plus loin.
J
'ai dit,
je
pense que passer en 8 ans de 60 à 62 ans, c'est acceptable.
Raisonnable.
Raisonnable. C'est même le mot que j'ai utilisé.
C
'est raisonnable. Parce que la vie s'allonge et parce qu'il y a de plus en plus de retraités et de moins en moins de gens pour payer les retraites. En revanche, utiliser la réforme, la nécessité de la réforme,
pour
cibler
les
plus fragiles,
ceux
qui n'ont pas fait des retraites complètes,
et
leur dire, mesdames et messieurs, c'est plus souvent mesdames que messieurs, parce que
c
'est des femmes qui élèvent des enfants et qui interrompent leur carrière, leur dire, vous n'aurez pas le droit
de
faire valoir les droits que vous avez acquis à la retraite. Ça,
c
'est dégueulasse.
Tout
le monde entend retraite à 65 ans à taux plein. Mais ce n
'est
pas vrai.
Ce
n
'est
pas la retraite à 65 ans à taux plein.
C
'est la retraite à 65 ans proportionnellement aux cotisations que vous avez.
Si
vous avez la moitié des cotisations, vous avez la moitié des retraites correspondantes. Et s'il vous manque un tiers des cotisations, il vous manquera un tiers de la retraite. Ce n
'est
pas à taux plein.
C
'est
les
droits que vous avez acquis
sans
pénalisation. Et bien dire, tout le monde a le droit de partir. Les régimes spéciaux,
avant
60 ans. Les carrières longues... Oui,
mais ils
vont être eux-mêmes retardés quand
même.
Oui,
mais
d'ici 10 ans,
ils partiront comme ça.
Les carrières longues partiront avant 60 ans. Tous ceux qui auront accompli leur carrière partiront à 62 ans. Mais ceux qui vont avoir les retraites les plus basses et les plus faibles, ceux qui ont le plus galéré dans la vie, ceux qui s'en sont vus le plus, c'est ceux-là qu
'on
va cibler pour gagner quelques milliards pour la réforme des retraites. Et bien ceux-ci, pour moi en tout cas, c'est inacceptable. Et je ne voterai pas la
réforme
des retraites s'il n'y a pas la disposition sur le maintien à 65 ans du droit, pour ceux qui ont des carrières incomplètes, de faire valoir les droits qu'ils ont acquis. Sur ce sujet, Nono Zemmour.
Il manque un point complémentaire sur qui doit porter l'effort de l'argent qu'il faut trouver. Qui doit porter
l'effort
? Il demande...
Est
-ce que comme l'EPS, on doit... Vous traduisez Nono
Zemmour. Mais oui !
Quel duo ! Quel
coup
!
Est-ce
que
ça doit porter principalement
sur... On doit avoir une augmentation des
impôts, des cotisations, etc. sur les sociétés, les riches, etc. Est-ce que c'est les salariés
qui vont se
faire tout le
poids ? En tout cas, pour moi, ça ne peut pas être... L'équilibre d'un régime social ne peut pas se faire par l'impôt. Les choses saines, justes, c'est que... Un régime social, cotisation,
notamment
sur les retraites, et pas l'impôt. Ajoutons que l'impôt,
ça
sert déjà pour les retraites des fonctionnaires, de la fonction publique.
C
'est l'impôt qui paie la retraite de la fonction publique. Et donc, pour moi, je dis, en tout cas, que c'est là
que
se situera le critère de juste ou injuste pour cette réforme. Donc
ça rend l'équilibre encore plus difficile à trouver, si vous ne voulez pas
retrouver l'impôt. Oui, mais de
toute façon, pour l'instant, il n'est pas trouvé. L'idée,
c
'est au moins de dire ce qu'a dit le responsable de la CFDT. Il a dit quelque chose de raisonnable. Il a dit, écoutez,
on
a un rendez-vous
pour
juger de l'équilibre de la réforme en 2018. Au moins d'ici 2018, touchez pas à ça. 65, 67. Regardez tous les pays européens.
L
'Allemagne vient de passer à 65.
Oui, 67.
Non, non, passe à 65.
Pour
tout le monde.
Oui, ah oui, d'accord. Mais parce qu'ils n'ont pas notre système d'autos. Enfin, c'est compliqué.
Mais on n
'avait pas notre système non plus.
C
'est la décision de mettre la retraite à 60 ans en 81 qui a fait créer le seuil entre 60 et 65 ans.
D
'accord, génial.
Qui,
dans la vie politique française, dit,
en
même temps,
il
faut une réforme des retraites
?
60 à 62 ans, c'est acceptable. Mais je ne tolérerai pas l'injustice des 65-67. C'est vous. Qui le dit ? Non, mais c'est ce courant politique-là. Il est donc, ce courant politique-là, légitime,
parce
qu'il défend une position qui est, me semble-t-il, la position la plus juste du jeu, de tout le champ politique.
Alors, le discours de Grenoble, l'insécurité, la façon de combattre cette insécurité et, effectivement, les départs des Roms, le retour vers, est-ce qu'on peut appeler ça leur pays, d'ailleurs ? Parfois, on peut se poser la question. L'amalgame avec les gens du voyage. Vous avez suivi tout ça pendant l'été. Vous avez déjà réagi, d'ailleurs, sur ces nombreux sujets. Mais quand même, d'abord, sur l'insécurité, c'est un constat, il y a une insécurité en France. Elle est plus forte, selon vous, moins forte qu'avant ?
Elle est plus forte. S'agissant des choses qui heurtent les gens, qui sont dans la vie de tous les jours déstabilisantes, elle est plus forte. Agression sur les personnes, incivilité de toute nature. Et si ça n'apparaît pas, c
'est qu'il y a... Les crimes de sang
diminuent depuis 50 ans
et,
au contraire, les attaques sur les personnes augmentent
depuis
50 ans.
Et si ça n'apparaît pas, c'est qu'il y a, comme vous savez, une politique du chiffre
qui
fait qu'il y a des
manières
d'organiser les choses pour que les chiffres soient meilleurs et pas pires.
Mais,
remarquez, ça, c'est sans doute toujours un peu fait. Ça, c'est le premier point. Il y a une insécurité. Cette insécurité, est-ce qu'on y apporte les bonnes réponses ? Non.
Pour
moi, la politique d'insécurité est à reprendre du tout au tout. Elle est à reprendre sur deux questions principales. Première question.
Dans
les zones de non-droit, est-ce qu'on fait ce qu'il faut faire
? On
ne le fait pas parce que l'État est absent. Comme vous l'aurez observé, moi, je suis quelqu'un qui vient du monde rural et qui a donc beaucoup regardé la gendarmerie.
Qu
'est-ce que c'était la gendarmerie dans le monde rural
? C
'était
de
la présence attentive au long cours.
Est
-ce qu'on a une présence attentive au long cours dans les zones de non-droit ?
Là,
vous dites à peu près la même chose que les socialistes,
la police de proximité. Non,
je ne dis pas la même chose que les socialistes.
Je
vais essayer
d'aller au
bout de ce que je pense, moi.
On
a une absence de l'État. Moi, je ne parle pas seulement de la police. Je parle de l'État avec tous les services de l'État. Services publics
autant
que sécurité. Plus de fonctionnaires, alors. Et non, et c'est la raison pour laquelle j'avais
proposé
pendant la campagne présidentielle
une
démarche complètement différente. J'ai dit, dans toutes les zones de non-droit, vous mettez un sous-préfet, un chef de tous les services de l'État,
et
qui, avec obligation d'habiter
dans
la cité. Ça, c'est salaud. Non ! Les gendarmes, ils habitent, la gendarmerie, avec obligation d'habiter dans la cité, et avec autorité sur les services publics,
qu
'ils puissent dire, écoutez, là, du point de vue des profs, ça ne va pas. Là, du point de vue, alors, ce n
'est
pas l'État, mais
comme
si, du point de vue de la poste,
le
nombre de gens qui vous disent, mais il faut faire la queue 4 heures à la poste, chez nous, il ne faut pas la faire ailleurs, qui fasse en sorte qu'il y ait, oui, de la police présente et visible. Il y a des quartiers de Paris où vous avez des policiers tous les 50 mètres.
Et
puis, il y a des zones entières en France où
il
n'y
en
a pas du tout, sauf quand il y a des incidents.
Et
à ce moment-là,
c
'est une police qui vient de l'extérieur.
Pas
la police de l'intérieur. C'est la BAC.
C
'est une police qui débarque, qui y a... choc comme ça.
Et
me semble-t-il, ce n
'est
pas la bonne réponse. Ça, c'est la première réponse.
Je vais prolonger ça parce que... Mais après, on
viendra à la
deuxième idée parce que j'ai
dit qu
'il
y a deux idées.
Avec
plaisir. Mais la première, déjà, elle mérite d'être approfondie parce que, bon, je ne
veux
pas vous taquiner, mais comparer la gendarmerie en pays rural avec ce que vivent les flics en banlieue, c'est quand même un peu drôlatique, on dira. Parce que ça n'a rien à voir. Ou alors, il faut revenir, non pas à 1860, mais au XVIIe siècle, quand on envoyait
l'armée
pour faire payer les paysans, pour faire payer l'impôt par les paysans.
Et on était heureux
à cette époque-là.
Ça, c'est une première
chose.
Ceci
est
une caricature. Écoutez, c'est...
Si
vous aviez, excusez-moi de dire, si vous aviez
des femmes
et des hommes
qui
soient présents, à
qui l'État demande
d'être là,
pas de débarquer,
pas de faire des
opérations coup de poing... Non, j'ai compris.
J'ai compris. Seulement, pourquoi, d'après vous, il n'y a pas l'État et les services publics ? Pourquoi ? Pourquoi il n'y a plus la poste
? Parce
que les facteurs se
faisaient... Je veux
finir. Parce que les facteurs se faisaient casser la gueule. Pourquoi il n'y a plus les pompiers ? Parce que quand ils arrivent pour éteindre les incendies, ils se prennent des parpaings sur la gueule et ils se prennent les réfrigérateurs sur la tronche. Pourquoi il n'y a plus de médecins ? Parce que quand ils arrivent, ils se font décinguer. Donc, en fait, il faut prendre votre raisonnement à l'invers. Il n'y a plus de service public parce qu'il n'y a pas de sécurité. Et même... Et les flics, en fait, la police de proximité, en fait, c'est eux qui avaient les chocottes. Donc c'est pour ça qu'on les a enlevés. C'était ridicule. C'était...
L'ordre n'était pas réglé par la police, mais était réglé par les voyous. C'est exactement ce qui se passe
aujourd'hui. Alors, la solution...
Il est faux de dire qu'il y a une zone de non-droit, pardonnez-moi, mais c'est à l'agrégé de l'aide que je parle. Il y a un droit.
Il
y a un ordre. Mais il est imposé par les voyous.
Et
les voyous payent
comme
dans les mafias. C'est-à-dire, ils financent l'achat de la maman qui va acheter au supermarché, ils font du social, ils font peur, ils interdisent de parler. L'ordre règne. Simplement, ils ne règnent pas avec la police. Deux raisonnements
arrivent au même point.
Qu
'est-ce qu'on fait ?
Non, non,
non, non, non, non, non, non, non,
non,
non, non, non, non, non,
non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non.
Pour une fois, il ne
faut
pas rire. Mais je ne ris pas,
c'est très sérieux. Parce que là, pour une fois, on est
dans des vrais durs sujets. Mais absolument. Alors, un,
moi,
je ne crois pas
que
toutes les banlieues françaises en soient dans cet état-là,
totalement,
où il
n'y
a rien à faire, où il n'y
a
plus rien à faire. Parce que ce que vient de dire Zemmour, c'est qu'il n'y a plus rien à faire. Je ne crois pas ça.
Et
en tout cas, dans la responsabilité qui est la mienne, excusez-moi, je ne signerai jamais cette déclaration d'impuissance-là. Je pense qu'il y a beaucoup à faire. Je veux même vous dire,
je
pense qu'il y a beaucoup de gens qui attendent désespérément, vivant, là, sur place, qu'on fasse quelque chose. Je pense qu'il y a beaucoup de gens, bien,
qui
font des efforts formidables pour en sortir, qui ne supportent plus ce que vous avez décrit, qui ne supportent plus,
et
qui simplement disent, mais on n'est tout seul, personne ne pourrait être avec nous.
Vous
allez sonner à quelle porte
?
Et donc, je dis,
si
vous ne rebâtissez pas un État présent,
et
s'il faut affronter, non, vous ne
m'avez pas répondu, vous avez
fait le tableau désespéré, d'ailleurs,
vous avez vu
même les flics de la BAC à Grenoble, ils ont mis leur nom, ils les ont menacés, c'est les flics qu'on a enlevés. Non, mais il faut voir où on
en est, quand même.
Non,
mais vous n'allez pas dire, c'est pas faux.
C
'est vrai ou pas ce que je
dis ? Non,
mais c'est
vrai ce que je dis.
C'est vrai ce que vous dites. Il est inacceptable que l'État, au lieu de renforcer, de sécuriser ceux qui étaient menacés,
il
les enlève et
il s'en va. C'est pas avec votre police de
proximité qu'on va leur
faire peur.
C'est pas... Parce que quand vous dites ça, reprenant les mots qu'un certain nombre de gens dans le
pouvoir
actuel ont utilisé...
Ah, je reprends rien.
Vous aussi. Je
suis comme vous,
moi, je suis ma voix. Vous dites
police de... Oui, ben, c'est bien. Vous dites, si c'est ça, c'est bien. Mais vous dites police de proximité avec un petit accent de mépris.
C
'est vrai,
vous avez raison. Genre,
ils jouent au foot. C'est vrai.
Vous avez raison, je pense ça. Eh bien,
excusez-moi, les gendarmes en zone rurale, ils jouent pas au foot. Ils sont la présence de l'ordre, vigilant, attentif, et ne croyez pas qu'il n'y ait pas d'incident en zone rurale. Ne croyez pas qu'il
n
'y ait pas de gens du voyage, comme on dit dans les populations aujourd'hui ciblées dans les zones rurales. Ne croyez pas qu'il
n
'y ait pas de très pauvres, de gens qui ont... Ah, si, si, il y a beaucoup de gens très pauvres, ça vous avez raison. ... qui sont partis... qui ont plus de repères. Mais il y a plus de gens pauvres
dans les pays ruraux
qu'en banlieue. Ne croyez pas qu'il n
'y ait
pas de trafic.
Vous
croyez que les trafics de drogue, ils s'arrêtent à la banlieue ?
Non, non, absolument
partout. Ne peignez pas la France comme ça, avec d'un côté les banlieues, mais les gosses de banlieue qui vous écoutent là en ce moment...
Mais ils le savent. ... ils sont désespérés.
Non, mais ils le savent ce
que je dis,
ils le vivent. Il y a
quelque chose à faire et il est nécessaire qu'on réunisse les forces et les moyens de le faire, en changeant la philosophie de cette intervention. Mais, mais, avant que Eric Nolo
ne
parle... Votre deuxième idée. Il y a une deuxième chose à faire. Les types de Grenoble
qui
font un hold-up à main armée et qui tirent sur les policiers, vous croyez qu'ils en sont à leur première infraction ?
On
en arrive à ces situations-là,
au
bout d'une longue chaîne, qui a commencé à 11 ans, à 12 ans, à 13 ans, et on a laissé se multiplier les contraventions d'abord, les constats, les rappels à la loi, ils en sont quelquefois à la 30e, 35e, 35e maillon de la chaîne où on les a attrapés. Parce qu'il
y
en a beaucoup d'autres où on ne les a pas attrapés. Eh bien, je pense qu'il est nécessaire
de
dire,
il
faut que pour ces garçons, là, c'est des garçons souvent, beaucoup plus souvent que des filles,
pour
ces garçons-là, il faut une réponse qui soit
rude
et forte dès les premières infractions. Le caractère précoce
de
la sanction, moi, je n
'ai
pas peur des mots de sanction,
et
de l'éducation, voire de la rééducation. En tout cas, on leur donne des repères qu'ils n'ont pas dans leur famille et on les sort de là. Tant qu'on n'aura pas fait ça, tant qu'on en blablatera, on n'aura pas apporté de réponse. Et donc, ça fait deux réponses d'une politique qui n'est pas la politique actuellement suivie.
Non, non. D'abord, un petit mot sur la banlieue, parce qu'il faut arrêter de mettre toutes les banlieues dans le même sac. Il se passe des choses formidables. Voilà, je réponds à Zemmour, quand même. Ben, quand même. Moi, je t'ai invité dans une émission de télévision à l'île Saint-Denis.
J
'ai rencontré vraiment que des gens formidables.
Et
ce n
'est
pas Tintin au pays des soviets. Ce n'était pas une façade. Il y a des gens qui se débrouillent, qui sont d'ailleurs ravis de vivre en banlieue, qui ne voudraient pas vivre ailleurs. Donc, il faut quand même être un tout petit peu plus nuancé. Ensuite, moi,
je
suis plutôt d'accord avec vous sur la police de proximité. Je pense qu'elle a été très caricaturée. En effet, ils ne passent pas leur temps à jouer au foot. Mais ce que vous dites ne correspond pas au sentiment d'urgence. Alors, dans la deuxième partie de votre exposé, vous avez répondu à ça. Mais très concrètement, qu'est-ce que vous pensez de deux propositions radicales ? Une faite plutôt du côté de Sarkozy et d'autre de Ségolène Royal. Ségolène Royal, un encadrement militaire pour les gamins les plus durs, les plus réfractaires. Et du côté de Sarkozy, sous la houlette de M. Ciotti, des établissements de réinsertion avec un encadrement très musclé. Est-ce que vous êtes favorable à
l'encadrement par l'armée
et
par
une
forme de...
Alors,
armée, je ne
sais
pas si c'est le boulot de l'armée. Mais des gens qui ont cette expérience-là, en effet, de conduire des hommes, de ne pas se laisser impressionner, parce qu'il faut aussi avoir, au sens moral et quelquefois physique, les épaules du choc. Je suis favorable et déterminé à soutenir ce genre d'idées. Ça fait sourciller Canemérat.
Non,
non,
non, ça ne fait pas sourciller. Permettez que je prenne part à ce débat. Non, moi, je... Moi, je vous entends parler de tout ça très bien. Moi, j'ai envie d'essayer de remonter un peu aux sources.
C
'est-à-dire, pourquoi on en est arrivé à cette situation en banlieue ? Moi, j'ai grandi en banlieue. Voilà, Ressort Angis, Grigny, la Grande Borne, les Tarterelles, où on entend maintenant tout le temps des problèmes. Et à l'époque, donc là, aujourd'hui, j'ai 22 ans, donc c'était... Non,
non.
Donc, il y a 30 ans, la banlieue était finalement assez agréable. Moi, quand je retourne à Ressort Angis, je suis content de retourner dans cette ville. J'ai grandi là-bas, j'ai fait de la musique, du théâtre, tout ça.
Je
crois qu'il faudrait peut-être savoir pourquoi on en est arrivé là. Et je me demandais si on n'a pas
créé,
en fait, un fossé entre ces jeunes, donc ces fils d'immigrés qui sont français, parce que là, je pense qu'on parle quand même, si on est bien d'accord, hors de la banlieue, des cités, des ghettos aujourd'hui, est-ce qu'on n'a pas, finalement, stigmatisé, on n
'a
pas eu des préjugés,
on
n'a pas imposé des images, des fausses images, des mauvaises images de ces jeunes, de ces gens, ce qui fait qu'on n'a pas, après, il n
'y a
plus eu de dialogue entre les jeunes et les autres. Je ne sais pas, Éric, je parle comme ça me vient. Je n
'ai
pas votre talent et votre pouvoir.
Je n'ai rien dit, je n'ai rien dit.
Non,
non,
mais aujourd'hui, par exemple, vous parlez qu'ils se sont créés une loi et un ordre, parce que, justement, ils se sont retrouvés tout seuls, c'est
-à-dire
que plus personne n'osait parler,
n'osait discuter, parce que je crois qu
'on a créé des fausses images de ces gens-là, parce que je vous assure que moi, quand j'ai grandi en banlieue, tout ça se mélangeait très, très bien, et je ne sais pas, petit à petit, ça s'est distendu, je ne sais pas, il y
a
vraiment eu un fossé créé entre la banlieue et la non-banlieue, et qu'il faudrait savoir comment régler ça plutôt que de... Enfin, je sais qu'il faut faire des choses, mais par exemple, moi, je prends un exemple tout con, mais la police aujourd'hui, quand je vois la tenue de la police aujourd'hui, j
'ai
l'impression de voir des CRS ou des militaires à chaque fois.
Je
trouve que la police n
'est
pas élégante, n'a pas une tenue, et là, je parle de costume carrément. L'autre fois, j'ai vu, ils ont des rangers, les policiers...
Ils sont des soldats,
quoi, en
gros.
Oui, il y a quelque chose d'agressif, il
y a
quelque chose de... Et je trouve que, je ne
sais
pas, si on était un peu plus... Je ne
sais
pas, même dans le look, dans la façon de s'habiller... On
en revient en gendarme, mais à
la police de
proximité. Oui,
et puis voilà.
À la police enracinée, on ne
va
pas dire de proximité parce que c'est dévoyé maintenant. On peut essayer de répondre à
ça. Je suis en paye. Oui, mais bon,
moi, je... Voilà.
Mais
j'ai failli voter pour vous, quand même.
Écoutez... Je l'ai dit tout à l'heure, vous
aurez
une chance dans deux ans. C'est mieux de passer votre temps à dire. Parce que j'aime bien, moi, le côté. Je prends les deux
côtés.
Parce que ça,
c'est intéressant. Parce que, comme vous dites, moi, je ne peux pas dire si on est de gauche ou si
on
est de droite. Aujourd'hui, on a envie de prendre des personnes, des gens. Voilà. Et
vous avez
ce truc.
Et pourquoi vous n'avez pas... Écoutez, la prochaine fois,
la prochaine fois, au lieu de faillir, vous votez. Vous votez. Et puis après... Après, j'ai voté Ségolène Royal. Ça va
? Très
bien. Et donc... Non, ça ne veut pas du tout
pour lui.
Pas
du tout.
Non,
non, mais... Non, mais je ne reprends sur le dossier... C'est ce qu'il y avait de pire, même.
Il n'aura pas fallu que vous votiez sur le
pot. Mais au moins, il était loin devant. Non, mais
que s'est-il passé, selon vous ?
Ce
que vous avez dit, c'est très important. Bon, qu'est-ce qui s'est passé ? Moi, je vais essayer de dire avec toute la prudence nécessaire.
Un, on
a fait un urbanisme délirant qui n'a été fait dans aucun autre pays comme chez nous.
On
est d'accord. C'est-à-dire que l'urbanisme,
normalement... François, voyez-vous que je peux vous en dire
30 secondes
?
Oui. À Grenoble, et pardonnez-moi de vous interrompre, mais à Grenoble, là où il y a eu les émeutes et tout, l'urbanisme est magnifique. Non, mais c
'est pas... C'est un contre-exemple terrible. Parce que, non... Mais vous avez raison sur le... En général...
Vous,
vous
dites... Vous, en parlant d'urbanisme, vous parlez des bâtiments. Moi, je parle des gens.
L
'urbanisme, c'est
les gens, maintenant.
Oui, l'urbanisme, c'est les gens. Voilà. Moi, je suis pour un urbanisme qui permet de mélanger les classes sociales dans les mêmes immeubles. Vous, vous savez... Ah, d'accord, d'accord, d'accord, d'accord. Comment le Paris, une grande ville comme Paris, c'était au XIXe siècle ? Oui. Vous aviez le...
La
mixité, c'était l'escalier. Oui. Pourquoi ? Parce que vous aviez au premier étage les gens qui étaient riches
et
pour monter
au
septième étage, il y avait les plus pauvres parce qu
'il
n'y
avait
pas d'ascenseur. D'inventer l'ascenseur, ça a provoqué la situation dans laquelle
il
n'y a plus eu que les mêmes avec les mêmes. Oui. Si
vous avez lu quand même Philippe Ariès, vous savez qu'avant même l'ascenseur, les bourgeois se sont séparés des ouvriers et qu
'ils
sont partis à
l'ouest.
Non, mais parce que... Vous savez trop de choses pour moi.
Oui, je
sais
trop de choses. Excusez-moi. Et
de toute façon, on ne va pas supprimer les ascenseurs. Grosso modo. Je vais vous dire... Non, non. Poursuivons. J'aime
bien le tour du débat.
Poursuivons.
Ça me plaît
bien. D'ailleurs,
il y a même des problèmes d'ascenseurs. Il n'y
en
a plus parfois dans certains
domaines. Souvent. Mais
pourquoi ?
Poursuivons
en
disant
ceci.
A partir
du
moment où il est casse... Pourquoi il est casse ? Voilà une bonne question. Pourquoi il est casse ? Voilà une bonne question. Il
devrait faire de la politique, Zemmourini. C'est une bonne question. À partir du moment
où
on a fait ce qu'on a appelé la politique d'aide à la pierre et pas la politique d'aide à la personne,
ça
a l'air d'une décision techno vachement compliquée. Ça veut dire quoi
?
J'aide à construire des immeubles pour telle catégorie de la population
et
on met tous les mêmes dans les mêmes immeubles.
Au
lieu de faire l'aide à la personne qui consiste à dire on fait des immeubles pour tout le monde, il
y
a à l'intérieur des gens aidés et des gens qui ne le sont pas.
Eh
bien, je pense que concevoir un urbanisme, pas les bâtiments, mais les personnes
qui
soient un urbanisme
qui
fassent vivre, qui presque, j'allais dire, obligent,
il
y
a
des moyens d'inciter, faire vivre ensemble des gens différents,
tout
ça, c'est une des causes principales parce qu'il
y a
des gens qui se sont sentis relégués.
Je
me souviens très bien en campagne présidentielle,
j
'avais des garçons et des filles avec qui je parlais qui étaient très sympas
et
ils me disaient mais vous savez, nous,
on
ne nous reçoit jamais,
quand
on envoie un CV, on ne nous répond jamais, quand on téléphone, et je m'attendais à ce qu'ils disent parce que je m'appelle Mohamed, je ne
sais
pas quoi, c'était formidable, ils disaient,
parce
que nous, on est du 9-3
ou
on est des tartarets.
Et
ils considéraient que l'adresse était une condamnation. Oui, mais pourquoi ? Je
viens de vous expliquer. Non, c'est parce que c'est devenu comme ça. Non, la politique d'urbanisme. Au départ,
il a raison, moi aussi j'ai grandi en
banlieue, c'était pas du tout comme ça. La politique
d'urbanisme qui a été faite, c'est une politique qui a entraîné les ghettos. M.
Bayrou, vous avez un peu perdu vos réflexes politiques parce qu'il y a quelques années, quand vous étiez plus vie, vous auriez mis dans la gueule de Zemmour qu'il est contre
les
20% de
l
'élection.
Je suis contre, absolument. Donc il
est contre la mixité sociale.
Mais
parce
que je vais l'exprimer. Donc là, vous avez
un désaccord de fond, il est contre la
mixité sociale. Moi, je suis pour et je pense même que c'est essentiel. Mais évidemment, vous êtes pour. Tous les
politiques sont pour
et que ça fait bien d'être pour. Non, moi aussi je suis pour. Voilà, Nolo aussi est pour. Seulement,
moi je vais vous dire quelque chose. Il faut arrêter de penser qu'on va mélanger des gens alors qu'ils ne vivent pas de la même façon et qu'il y a... C'est ça le problème de fond.
Je
suis désolé de le dire et qu'il y a des gens qui vivent différemment parce que moi j'ai grandi de la même façon en banlieue. Ils étaient minoritaires. Donc on vivait tous petit à petit.
Qui
ils étaient ? Les étrangers. Donc les gens qui venaient de l'étranger.
Ils
venaient et ils s'adaptaient au mode de vie français.
Tout
le monde s'adaptait. On l'a tous fait. On s'adaptaient au mode de vie français. Nos parents, nos grands-parents, etc. Et on vivait à la française. C'était comme ça. À partir du moment où il y
a
un déséquilibre démographique et c'est tout à fait humain, les gens vivent comme ils étaient au pays puisqu'ils sont les plus nombreux. Et donc les autres se sauvent. Vous n'allez pas les forcer à se mélanger. Ils ne veulent pas vivre comme ça. Ils veulent vivre à la française. C'est triste mais c'est comme ça. Donc ils se sauvent et après on dit on fait des ghettos. Et après les petits voyous prennent le pouvoir. Tout ça est mêlé. C
'est un drame
mais c'est comme ça. Mais il ne
faut
pas dire on va forcer les gens à se mélanger. Ils ne veulent pas. Ça marche pourtant dans certains...
Non, ça
marche pas.
Ça marche dans tous les pays européens. Ça marche
nulle part. C'est pas vrai.
En Allemagne ça ne se marche pas. À Londres en Angleterre il n'y a pas de plus communautaristes. À Marseille ça
se passe... À Marseille je suis désolé
à Marseille ça se passe très très bien. Et encore il y a
les quartiers nord.
Tout
le monde se retrouve sur la plage qu'on soit les quartiers nord ou d'ailleurs.
Non mais il n
'y
a pas non mais
c'est... On est là dans le dur du dur du dur.
Ah bah oui,
ça je suis d'accord. Excusez-moi. Moi
je ne veux
pas d'un pays
dans
lequel on dit
on
vivra plus jamais ensemble les étrangers et les gaulois. Moi non plus je
veux pas. Si c'est ça que vous voulez... Mais c'est ce qui se passe.
Si c'est ça
que vous voulez... Mais moi je ne veux pas.
Non.
Je
le regrette.
Non,
parce que vous le... Non. Alors Eric. Parce
qu
'on décrit alors
on le souhaite. Oui. Bah non, au contraire moi j'ai vécu
le contraire. Je suis comme caméra j'ai vécu le contraire. Il y a François.
Je vous s'appelle François maintenant. Non
mais...
Ça marche.
On
va vous parler... Eric, tu parles d'étrangers. Moi
je parle de français. Mais évidemment. Mais
au
départ il y a des français qui veulent vivre dans
leur
pays comme tout le monde. C'est tout. C'est étranger. Il y a un grand par an ou un grand par an. Vous parlez de français Eric Zemmour. Mais je suis d'accord parce que le mode de vie... Oui, mais parce
que leur mode de vie... C
'est ça. C'est toujours ce que j'ai expliqué. Mais c'est pas... Leur mode de vie il est en France. Il est en France. Mais il est pas
forcément français. Je connais Eric Zemmour depuis longtemps. Je ne
veux
pas caricaturer ce qu'il dit. Mais... C'est pas la peine. Vous vous rendez compte
? Vous vous rendez compte ? Non mais je
caricature pas. J'essaie de décrire la situation objectivement. C'est tout.
C'est une description de la situation objective qui porte un message qui est chacun chez soi. Au contraire. Non ? Je
vous assure, François. Au contraire.
Sinon,
on n'est pas couché. On n'est pas couché. C'est le type de l
'émission. C'est ça. En tout cas, pour moi,
quand
on est un responsable public,
quand
on n'est pas là en situation d'observateur facile,
quand
on est un responsable public,
on
essaie de tirer son pays vers l'idée que
on
va devoir
qu
'on doit vivre ensemble et que d'ailleurs on vit
ensemble.
Mais pour ça,
il
faut se ressembler, François Bayrou.
Il faut arrêter de
dire le droit à
la différence, etc. Il
faut
se ressembler sinon
les
gens ne vivront pas ensemble.
Non, tu ne
peux pas dire ça.
Bah si. Tu
ne peux pas. Bah si, si, si. Tu ne peux pas vivre avec... Je veux dire dans le mode de
vie, évidemment, pas dans le physique.
Écoute, mes enfants, ils sont allés au lycée,
ils
sont allés jouer dans le club sportif de la cité qui, comme tu sais, est une réputée, une des plus difficiles de France à Lousse-des-Bois. Ce n
'est
pas les mêmes. Mon fils, il est roux. Je
ne parle pas de physique, c'est pour ça que j'ai précisé. Je ne parle pas de physique. Je parle de mode de vie.
Je
parle de
mode de vie,
pas de physique. Le mode de vie n'était pas le même. La
religion n'était pas la même. La religion n'était pas la même. Et pourtant, ils sont amis comme les deux doigts de la main. Et donc, je ne peux pas accepter... Excuse-moi. Il faut
y
croire.
Je ne peux pas
accepter. Mais ce n
'est
pas qu'il faut y croire. C'est notre destin où on n'a pas de destin. C
'est notre destin où on craint.
Allez,
dernier mot
de...
On
a un territoire.
Moi,
ce qui me prouve, c'est que... Évidemment, il y a des problèmes en Lyon,
on
ne peut pas le nier. Moi, j'habite un coin dans le nord-est de Paris qui est un des quartiers les plus mélangés. Ça se passe bien. On ne peut pas dire que ce soit la guerre entre
les communautés. Ça se passe plein dans plein de quartiers.
C
'est
pour ça que c'est
possible. C'est possible. La preuve. Alors, les Roms, votre réaction à ce qui se passe en ce moment
?
C'est très simple.
Un, que
l'État fasse respecter la loi. Très bien.
Très
bien. S'il y a des occupations illégales de terrain, s'il
y
a de l'insalubrité, il fait respecter la loi. C'est très bien. Deux, qu'il transforme ça en un étendard pour regrouper autour de lui des électeurs qu'il croyait perdus, ça, vous verrez qu'au bout du compte, c'est quelque chose qui est dangereux. Parce que, qui trinque
?
Ceux qui trinquent, c'est ceux qui sont de ces communautés-là
et
qui font un gros boulot pour envoyer leurs enfants à l'école et ce n
'est
pas facile.
Pour
s'intégrer...
Il
se trouve que, Éric Zemmour l'a connu, c'est de qui je parle, un homme que j'aimais fraternellement était de cette communauté-là. Manouche, tzigane, du cirque, Jojo Fanny, puisqu'il s'appelait comme ça et qui est mort il
y
a quelques années.
C
'est ceux-là qui trinquent.
On
appelle Rome,
ils
ne sont pas plus Rome, enfin, je veux dire, c'est une dénomination... Politiquement correcte,
ça veut dire Rome.
Oui, il y a... Ça veut dire quoi ? Ça veut dire homme ? Oui, homme. C'est un truc politiquement correct, on va dire gitane ou tzigane. Voilà, gitane, tzigane, manouche, il y en a... Manouche ? La très grande, la plus grande partie
de
ces communautés, ils sont français depuis bien avant beaucoup de ceux qui les cibrent. D'accord,
mais ce n
'est
pas ceux qu'on chasse, il ne
faut
pas exagérer. Non,
ce n'est pas ceux qu'on chasse. c'est les Roumains. Non, non, non, ce n'est
pas ça. On
renvoie les
Roumains et on en fait un drapeau pour faire de ça un signe de ralliement. Eh bien, je considère moi que c'est dangereux parce que je reviens à la question. Normalement, la mission d'un responsable, d'un pays, d'un peuple, sa mission, c'est de rassembler et pas d'antagoniser. Je vais vous dire quelque chose.
Comme
ça,
vous
rendez les gens enragés. Enragés. Alors, Zemmour, il dit, ils sont enragés. Ben oui.
Vous
rendez les gens enragés les uns contre les autres. Mais ils sont capables de s'étriper si vous continuez comme ça.
Alors,
il y a plein de gens qui peuvent le faire. Les démagogues peuvent le faire. Des gens qui veulent faire des succès de librairie peuvent le faire.
Il
y a une seule personne qui ne
peut
pas le faire.
C
'est le président de la République dans un pays comme ici. Dans un pays comme ici, le président de la République, il doit avoir la charge
de
ceux-là autant que des autres. Et puis, je ne
suis
pas en train de décrire un truc idéal. Vous imaginez De Gaulle faire le truc au Rhum
?
Vous imaginez ?
Avec De Gaulle, il ne serait pas rentré. Parce que c'est ça aussi le problème. Eh oui, excusez-moi, c'est l
'Union Européenne, Il n'y avait pas de gens du voyage du temps de
De
Gaulle ? Si, il y avait des gens du voyage. Mais seulement,
il n'y avait pas la Roumanie qui était dans l'Union Européenne.
Il y en a 12 000.
Combien
? Il
y en a 12 000 ciblés roms étrangers. Excusez-moi de vous dire, les gens du voyage sont venus d'Inde en l'an 1000. Je sais.
Ils
se sont déplacés lentement en roulotte depuis l'an 1000. et ils nous ont apporté des trucs formidables.
D'accord,
très bien, formidable. Ben formidable. Mais oui, je ne dis pas ça ironiquement,
je dis formidable. ce n'est pas rien.
Est-ce que je n
'ai
pas dit ça ironiquement, je suis incapable de manier l'ironie,
je
ne
suis
pas
comme Nolo. C'est ça.
Allez, on a en tout cas bien entendu votre réponse. On termine par la tradition de l'émission, le dessin de la semaine dans les nombreux dessins qu'on vous a proposés de la presse satirique. Je cite Marianne qui n
'est
pas un journal satirique mais il se trouve qui a de nombreux dessins dedans. Charlie Hebdo, le canard enchaîné. Vous avez choisi celui-ci, signé Grosse. On y reconnaît le président de la République, M. Sarkozy, avec ce titre. Il n'y a pas assez de manuels scolaires et le président qui dit parce qu'il
y a
trop de profs. Pourquoi avoir choisi ce dessin
?
Ben écoutez, c'est la rentrée scolaire que... C'est l'ancien prof
et ministre de l'éducation qui parle. c'est
la rentrée scolaire, j'allais dire aujourd'hui parce qu'on enregistre l'émission un peu avant la diffusion. À peine ! J'aurais pas dû le dire, c'est ça ?
Non,
si on est
en décembre. Voilà.
Et donc, c'est la rentrée scolaire aujourd'hui et pour moi, ça devrait être le plus beau jour de l'année,
le
plus important jour de l'année parce que quand Cadmérat disait tout à l'heure pourquoi,
la
réponse, elle est là en partie, l'école.
Il
y a eu un moment où l'école était intégratrice et elle est moins intégratrice
et
moi, je ne dis pas que ce soit uniquement une question de moyens mais avouez qu'il y a quelque chose de totalement illogique à dire c'est notre priorité et à dire on supprime 15 000 postes par an. Vous voulez
réduire la dette
?
Je
veux réduire
la dette par le supprimer des droits. Il faut donc réduire le budget et la
défense publique.
Si vous avez suivi ma campagne de 2007, j'avais dit qu'il
y aura
un seul secteur sanctuarisé, un
seul
secteur où on protégera, c'est l'éducation nationale. C
'est la moitié
de la fonction publique,
et vous le savez
très bien.
Comme disait Philippe Séguin que nous avons bien aimé l'un et l'autre,
ce
n
'est
pas là que vous devez faire les économies. Il avait raison. De ce point de vue-là, en tout cas pour moi, dire priorité, ça veut dire qu'on garantit
les
moyens sur le long terme,
pas
d'année sur année, sur le long terme.
On
sécurise.
Je
suis le premier, je crois, à avoir fait voter une loi de programmation, et le seul peut-être même, une loi de programmation de l'éducation nationale. Pourquoi ? Pour que les profs, les responsables, les parents d'élèves, ils sachent que dans cinq ans,
ils
auront encore
le
minimum nécessaire pour bien fonctionner.
En
tout cas pour moi, c'était un sourire de le montrer, c'est le seul, au fond, si on veut commencer à répondre à la question de Cadmerade,
il
faut commencer par l'école.
Le
dessin de Laurent Lafitte, son choix.
C
'est un dessin signé Jules, paru dans Charlie Hebdo, avec, on y reconnaît, Brice Hortefeux et Nicolas Sarkozy, les Gypsy Kings, Joby et Joba. Pourquoi
c'était ça ?
Déjà, je croyais que c'était Nolo et Zemmour.
C
'est vrai que c'est toujours un peu angoissant quand on stigmatise comme ça d'un coup une population et puis d'un coup en plein été. Je me
suis
dit pourquoi d'un coup on est passé sur ces gens
-là ? À cause
de M. François-Marie Bagné,
je vous l'ai dit, tout part de lui au départ. C'était très beau. Ça se tient. Parce que je
crois que c'est juste.
Oui, ça se tient complètement.
Il fallait détourner la tension de Wörth et puis ça tombait très bien. Et puis, ça fait un peu peur. qu
'Anne
Mérade a
choisi
un
dessin publié dans Charlie Hebdo. Si tu n'as pas une retraite à 60 ans,
c
'est que tu as raté ta vie s'est signé Catherine.
Alors,
pourquoi celui-là
?
Est-ce que c'est Catherine Deneuve
?
Catherine ? Non,
non.
Pourquoi ? On ne sait pas si c
'était
Catherine Deneuve.
C'est une des rares
dessinatrices
de
Charlie Hebdo. Non, mais ça m'a fait marrer. Chimène Badie, il avait choisi un qui ne faisait pas rire. C'est vrai. Vous nous suivez.
Qu
'est-ce qu'elle
devient ? Je ne peux
rire, moi. Julie Depardieu. Alors là, vous êtes gonflée, Julie.
Moi, je
n
'ai
rien compris à vos dessins.
Vous avez choisi votre père. Je ne sais pas.
Depardieu s'attaque à Juliette Binoche. C'est signé Luz. D'un côté, l'insoutenable légèreté de l
'autre. De l'autre, l
'insoutenable lourdeur de l'autre.
Ben oui. Je n'ai rien à dire d'autre que c'est marrant puisque tout à l'heure, on ne s'appelle pas souvent mais il m'appelle tout à l'heure. Et il me dit dis donc, ça me fait rire. Je fais quoi ? Parce que c'est moi qui lui ai appris qu'il avait une connerie sur Juliette Binoche.
Je l'ai vu
dans l'internet. Il me
dit
ah bon, j'ai dit ça ? Ben je fais ouais, t'as dit ça ? Non, c'était en Allemagne, j'ai rien compris, je ne
sais
pas. Et là, il me dit c
'est
ce qu'ils ont répondu les fans de Juliette Binoche ? Ben je dis non. ou c'est pareil ? Il me
dit
je crois que c
'est
Stéphane. Alors ils ont dit oh ce gros con, donc lui, il doit avoir des problèmes sexuels. Et il me dit peut-être que j'en ai finalement. Et ça me fait rire.
Camille Lacour a choisi un dessin signé Pétillon publié par le Canard Enchaîné. Climat actuel dans la politique. On voit les ministres qui sont en rang devant le président de la République qui leur dit si certains envisagent de démissionner, qu'ils se dépêchent.
Pourquoi
celui
-là alors
Camille ?
Je
trouve que ça résume bien la politique de nos jours. Beaucoup qui parlent, pas beaucoup d'actes, donc il m'a fait rire.
Vous avez été bien reçu à l'Elysée quand même avec les autres
nageurs ? Oui par
contre très bien.
Vous avez déjeuné ou pas
?
Oui, oui. Ah ? C'était bon ?
Pâte au beurre. C'est la crise. Ah ben,
c'est Carla qui cuisine. Le dessin choisi par Zoé, c'est Charlie Hebdo. Zoé Shepard a choisi le dessin de Schwarz publié dans Charlie. A-bra-ca-da-bra-rangement, c'est pas facile à dire. On voit Bertrand Delanoé qui reçoit M. Chirac qui lui apporte des valises et il dit je ne pensais pas qu'un jour je porterais moi aussi des valises de billets au maire de Paris. C'est désespérant.
Pourquoi
celui-là ?
Déjà
parce que je savais que vous alliez avoir du mal au niveau du titre et que je suis un peu sadique et non parce que les emplois fictifs moi c'est ce qui me fait bondir mais de manière incroyable. Ça et les emplois de complaisance c'est quelque chose trop
de népotisme dans
l'administration. C'est quelque
chose que je ne supporte pas et je pense qu'on pourrait faire des économies et mieux utiliser les deniers publics si on les
s'en serve autrement.
Et c'est vrai que là le fait du remboursement je trouve ça quand même assez jouissif.
Pas
tous contents à l'UMP Dédé Chirac finalement c'est la suite du dessin précédent et c'est le dessin choisi par Eric Nolot on voit Madame Bettencourt qui regarde la télévision elle voit Chirac elle dit quand je pense que ce que j'ai donné à Eric Wirt va servir à payer de l'anneau.
Voyez
qu'elle a encore toute sa tête. Eric Zemmour a choisi un dessin qui représente Bernard Kouchner dessin signé Pancho dans le canard enchaîné. Kouchner ne désertera pas et on voit le ministre des affaires étrangères qui dit c'est très difficile de déserter la droite après avoir déserté la gauche.
M.
Kouchner c'est quelqu'un avec qui par exemple vous pourriez être au centre J'aurais pu. Vous auriez pu.
C
'est trop tard maintenant. C'est un peu compromis on va dire.
J'ai choisi un dessin concernant l'affaire Bettencourt moi aussi
c
'est un dessin signé Cardon et on terminera par celui-là. Bagné n'est plus légataire universel Liliane cherche un autre nécessiteux elle dit j'ai pensé à Chirac il est drôle ces histoires de cul de vache ça me changerait de Bagné. Voilà ce sera le dernier dessin de la semaine
et
c'est nouveau désormais chaque samedi l'invité repartira vraiment avec un cadeau alors on a réfléchi un peu Je l'ouvrirai en coulis si ça ne vous embête pas parce que Ah
non non non on vous demande
non mais il n
'y
a pas de mauvaise surprise il
n'y a
pas un truc qui
va sortir
vous
pouvez l'ouvrir et
on aimerait avoir votre réaction il n
'y a
rien de méchant là
-dedans Il peut y
avoir
pire que le truc qui sort
Non non non
c'est toujours en liaison avec l'actualité de la semaine M. Bayrou c'est votre cadeau vous me dites si vous êtes content ou pas C'est un cadeau qu'on a trouvé aux universités d'été du parti socialiste Il paraît que c
'est
le t-shirt qui a le mieux fonctionné là-bas What would Jaurès do
? Qu
'est-ce qu'aurait fait Jaurès ? Est-ce que vous êtes prêts à enfiler ce t-shirt aux prochaines universités du
Modem ? Je n'aurai pas de difficulté parce qu'il se trouve qu'à la prochaine université de rentrée les journées de rentrée qu'on a il y aura le grand historien de Jaurès qui s'appelle Jean-Pierre Rioux ceux qui n'ont pas lu La vie de Jaurès par Jean-Pierre Rioux j'invite à le lire parce que c'est un formidable bouquin
et
bien vous pouvez repartir avec ce t-shirt c'est votre cadeau monsieur Bayrou merci beaucoup François Bayrou était notre premier invité politique de la saison merci à vous d'avoir accepté notre invitation
et
à bientôt merci beaucoup
merci
à vous
c'est
un tour alors j'espère
à
bord de vous tout à
l'heure et
qu'on suit le théâtre
tout
de suite