Propositions de lois LR : droite et RN ne font plus qu’un à l'Assemblée
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Chapitres
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Questions et réponses
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Peux-tu nous présenter deux ou trois textes et nous parler de cette philosophie de niche ?
- 0:41OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'une niche parlementaire ?
- 1:22OuverteRéponse directe
Ces textes sont-ils d'urgence prioritaire face à la situation internationale ?
- 4:58OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que cela dit du rapport de LR à l'État de droit ?
- 7:43OuverteRéponse directe
Cette liste de textes ne révèle-t-elle pas une stratégie pour 2027 ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:18InvitéFait
« une niche parlementaire, non officielle, c'est tant d'initiatives parlementaires. »
- 2:36InvitéFait
« la droite sert de marche-pied au Rassemblement national en reprenant chacune de ses lubies. »
- 2:50InvitéFait
« Il y a au moins deux textes visant à stigmatiser nos compatriotes musulmans. »
- 2:58InvitéFait
« la présomption d'innocence pour le port d'armes des policiers. »
- 4:12InvitéFait
« une proposition de loi pour retirer l'APL, le RSA, les allocations familiales aux gens qui auraient commis des délits en manifestation. »
- 6:13InvitéFait
« ça veut dire que tout le monde n'est pas égal devant la loi. »
- 7:10InvitéFait
« la proposition initiale faisait que c'était automatique cette peine complémentaire. »
- 9:12InvitéFait
« l'interdiction du voilement des filles mineures dans l'espace public. »
- 9:18InvitéFait
« le premier à en avoir fait la proposition, il s'appelle Gabriel Attal. »
Temps de parole
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On va revenir un peu plus longuement sur le contenu de cette niche LR. La résolution européenne visant à inscrire la mouvance des frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes. Une proposition de loi visant à reconnaître la présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre. Le texte sur le 1er mai. La proposition de loi visant à interdire le voilement des mineurs dans l'espace public. Une proposition visant à interdire le maintien de l'hébergement d'urgence aux immigrants illégaux. Gail, tu es journaliste au service politique en charge de l'actualité parlementaire. Est
-ce
que tu peux nous présenter deux, trois textes qui sont présents et nous parler un peu de cette philosophie, de cette niche ? Et en fait, peut-être d'ailleurs, qu'est-ce qu'une niche parlementaire ?
Alors, pour commencer, une niche parlementaire, non officielle, c'est tant d'initiatives parlementaires. Pour chaque groupe, il vient présenter une série de textes. Ça peut être des propositions de loi, ça peut être des résolutions. qui sont soumises aux députés pour qu'elles soient votées. Donc, ça permet quelque part aussi de montrer pour chacune des familles politiques qui composent l'Assemblée, quelle est la vision du monde
qu
'ils défendent. Et là, on parlait de philosophie. Dans cette niche, on voit quand même que c'est pas joli, joli, cette vision politique, cette philosophie qui est défendue.
Ce sont des textes d'urgence prioritaire quand on connaît la situation internationale, politique et économique. Ah non, pas douter, je dis ça avec moi.
Exactement. Par exemple, je ferais presque la comparaison lors de la niche du groupe communiste au mois de juin dernier.
Il
y a un texte qui a été voté, une résolution,
disant
que l'Assemblée nationale demandait l'abrogation de la réforme des retraites qui avait conduit à porter l'âge de départ en retraite à 64 ans. Dans la niche socialiste au mois de décembre, il y avait un texte visant à garantir le renouvellement automatique des titres de séjour pour les personnes immigrées, parce qu'il y a beaucoup de gens qui se retrouvent privés de papiers, non pas du fait qu'ils n'ont pas le droit à ces papiers, mais parce que, tout simplement, l'administration n'est pas capable de leur en fournir en temps voulu. Et donc là, avec la liste de textes que tu viens de signaler, Naïm, il y a une volonté, premièrement, d'ouvrir la fenêtre d'Overton.
La fenêtre d'Overton, c'est ce qui devient acceptable dans le débat public. Et là, on voit que
la
droite sert de marche-pied au Rassemblement national en reprenant chacune de ses lubies. Il y a au moins deux textes visant à stigmatiser nos compatriotes musulmans. Il y a des lubies. Voilà la présomption d'innocence pour le port d'armes des policiers. Ça laisserait entendre que les policiers seraient systématiquement condamnés quand ils font usage de leur arme, ce qui est plutôt rarement le cas. rarement le cas, les familles des victimes, quand il y a un problème, quand il a été fait un usage illégitime de la force, ce qui
est
une minorité de cas, mais quand il est fait usage illégitime de la force, les familles des victimes ont du mal à faire valoir leurs droits. Donc voilà, on reprend, LR reprend tout le discours du RN. Et pour finir, il
y a
une troisième, il y a la fenêtre d'Overton, copier le Rassemblement national. Et également, comment dire,
faire
d'une actualité un projet de loi. On va prendre l'exemple. Cédric de la CGT nous disait que le 1er mai, il y avait cette proposition de loi pour pousser, j'ai envie de dire, les gens à travailler le 1er mai dans le commerce. En vrai,
c
'est parce qu'il y
a
eu un débat le 1er mai, parce qu'une boulangerie n'a pas pu ouvrir pour vendre son pain. Et ça a fait toute la journée, plutôt que de traiter des manifestations, sur certaines chaînes d'info en continu, on a parlé de la baguette de pain. Et par exemple, il y a une proposition de loi pour retirer l'APL, le RSA, les allocations familiales aux gens qui auraient commis des délits en manifestation ou lors de rassemblements.
Ils
se sont saisis d'un match du PSG où il y a eu des débordements...
— Pendant la finale de la Ligue des champions. —
Pendant la finale de la Ligue des champions. Ils se saisissent de cette actualité-là pour faire une mesure liberticide, parce que
ça
va toucher les supporters de football, mais ça va aussi toucher les syndicalistes, les gens qui sont en manifestation et qui pourraient être nassés par la police. Donc voilà, ils sont dans cette philosophie de courir après l'extrême-droite et après le buzz.
— Et qu'est-ce que cela dit du rapport de LR à État de droit ? On rappelle quand même que LR, c'est le parti dit héritier du gaullisme, qui, dans sa famille politique, a eu plusieurs présidents de la République. Voilà. Qu'est-ce que ça interroge de cette tendance qu'est en train de prendre les LR
? —
Vous voyez pas mal de fois dans le débat public, il y a des remises en cause, des décisions de la Cour européenne des droits de l'homme, ou quand il y a eu il y a 2 ans la loi immigration, des décisions du Conseil constitutionnel qui ont cassé tout un tas de dispositions qui avaient été ajoutées au texte de loi immigration. On voit qu'il y
a
une remise en cause de
l
'État de droit, à savoir les juges qui pourraient prendre des décisions ou le Conseil constitutionnel qui fait office de contre-pouvoir. Mais on voit aussi que dans la philosophie du droit,
il
y
a
un changement. Par exemple, on va prendre l'exemple de cette proposition de loi pour retirer les APL ou autres, les allocations, les aides d'État aux gens qui se seraient montrés coupables de violences lors de rassemblements. Alors déjà, pour dire, ça veut dire que tout le monde n'est pas égal devant la loi, parce que quelqu'un qui ne touche pas d'allocations va pas être condamné de la même façon que quelqu'un qui touche des allocations. Donc on a un deux poids,
deux
mesures qui a été relevé dans le débat en commission des lois. Mais à cela s'ajoute, c'est qu'en commission des lois, il leur a été fait remarquer que, normalement, il y a une individualisation de la peine. Parce que ce qui, d'ailleurs, pose souci, cette mesure, c'est que pour une personne dans le foyer, on peut se retrouver, ces allocations, c'est fait pour que les enfants puissent nourrir sa vie et aller à l'école, pour que toute la famille puisse se loger, l'APL. Et donc la proposition initiale faisait que c'était automatique cette peine complémentaire.
Et en commission des lois, pour se mettre d'accord avec d'autres forces politiques, la portrait du projet de loi a été amoindrie pour faire en sorte que c'est au juge de prononcer ou pas cette peine complémentaire, comme certains juges prononcent une interdiction d'aller en manifestation, une interdiction d'aller au stade. Mais ce n'est pas automatique. Là, on voit qu'il y avait la volonté d'un caractère automatique à la peine, comme par le passé, on a vu ça quand il voulait des peines planchées et autres. Donc il
y a
une remise en cause, petit à petit, d'état de droit, par la remise en cause des contre-pouvoirs et par la remise en cause de l'individualisation de la peine.
Quand on regarde cette liste de textes, de résolutions, de propositions de loi, on voit que ce sont des textes qui peuvent à la fois être votés par les LR, bien évidemment, mais aussi par l'extrême droite, et également par les macronistes. Est-ce que ça ne dit pas quelque chose aussi de la stratégie que les LR, Bruno Routaio, Laurent Wauquiez préparent pour 2027, de se poser en point central d'un futur rassemblement des droites qu'on peut voir à l'œuvre notamment en Italie ?
Oui, bien
des droites et de l'extrême droite. Parce que l'extrême droite est une droite bien particulière. Mais en plus, on voit qu'il y
a
un glissement. Voilà l'exemple italien en est un exemple. C'est-à-dire que pendant des années, il y
a
eu des coalitions dites de centre-droit avec Berlusconi, qui était allié avec l'extrême droite de la Ligue du Nord, puis il s'appelait la Ligue, et avec frère d'Italie de Giorgia Meloni. Et au bout d'un moment, il y
a
eu un versement des rôles et où la force dominante dans cette coalition, ça a été l'extrême droite. Et on voit que,
quelque
part, cette porosité est présente. Et le problème est que le centre droit, c'est ainsi qu'ils se présentent, les macronistes, depuis 2022, travaillent main dans la main avec les Républicains et lâchent les choses. Le voilement des filles mineures, l'interdiction du voilement des filles mineures dans l'espace public, certes, la PPL, la proposition de loi vient de LR, mais le premier à en avoir fait la proposition, il s'appelle Gabriel Attal,
et
il est patron du ancien Premier ministre,
et
il est patron du groupe EPR, le groupe macroniste à l'Assemblée. Donc il y a quand même, sur cette volonté de ne pas faire payer les riches et d'instaurer une société de plus en plus autoritaire et qui s'autorise la stigmatisation d'une partie de la population, il y a quand même une dérive.
Il
y
a
l'extrême droite, mais il y a une dérive de plus en plus forte de la droite. Et c'est quelque chose d'inquiétant, parce que c'est une dérive que nous avons vue en Italie, mais c'est une dérive également... Le cas Orban, c'est quelqu'un qui a commencé dans les années 90 au centre droit et qui maintenant finit à l'extrême droite. Les ultraconservateurs polonais, à l'origine, c'était des conservateurs qui sont devenus ultraconservateurs. Donc on a ce problème que dans le cadre d'une union de plus en plus forte avec l'extrême droite, on a une société de plus en plus conservatrice et attentatrice, et qui atteint de plus en plus aux droits individuels qui se dessinent. Eh bien merci beaucoup Gaël.
Merci. Merci. Merci.
Merci.