Le Nuremberg géorgien: rendre Tbilissi responsable de la guerre de 2008?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Sébastien GobertFait
« On l'appelle le Nuremberg georgien. À Tibilie se tient depuis le début de l'année une commission d'enquête pour déterminer si l'ancien gouvernement de Michel Sakvili a été responsable de la guerre de 2008. »
- 4:00Sébastien GobertChiffre
« six chefs de parti sur les neuf composantes que compte l'opposition sont derrière les barreaux »
- 6:00Sébastien GobertFait
« le parti le rêve geéorgien bénéficie d'un soutien populaire qui est réel notamment dans les zones rurales, dans les classes ouvrières, parmi les minorités nationales. »
- 9:00Sébastien GobertFait
« Bidina Ivanishvili l'appelait le Nuremberberg georgien en référence au fameux procès qui a jugé les dignitaires nazis après 1945. »
- 11:00Sébastien GobertFait
« la commission d'enquête s'est transformée en un outil de répression contre cette opposition »
- 13:00Sébastien GobertChiffre
« plus de 50 manifestants et protestataires qui ont été arrêtés ces derniers mois »
- 16:00Sébastien GobertFait
« la Géorgie ancienne bonne élève du processus d'intégration européenne a suspendu son processus d'adhésion à l'Union européenne »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
On l'appelle le Nuremberg georgien. À Tibilie se tient depuis le début de l'année une commission d'enquête pour déterminer si l'ancien gouvernement de Michel Sakvili a été responsable de la guerre de 2008. Ce qui s'inscrit dans un virage géopolitique sans précédent de l'oligarque bidina Ivanichili qui contrôle tout le pays et qui lui permet par la même occasion de mettre au pas l'opposition.
Déjà six chefs de parti sur les neuf composantes que compte l'opposition sont derrière les barreaux et en coulisse la consolidation d'une verticale autoritaire se poursuit. Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette vidéo où l'on s'intéresse à la situation en Geéorgie. Ma dernière vidéo sur ce pays date de janvier, donc il était plus que temps.
On a très souvent l'impression qu'il ne se passe plus grand-chose en Geéorgie, hormis les manifestations quotidiennes qui occupent chaque soir pendant quelques heures le centre de Tibilici qui bloque l'avenue principale Roustabelli et qui sont assez notables de par leur constance puisque ce mouvement horizontal et sans leader qui est né essentiellement en 2019 et qui a vécu des grandes heures ces dernières années en fonction de l'actualité politique, il parvient donc à rassembler chaque jour quelques dizaines quelques centaines de manifestants et à se mobiliser à plus grande échelle comme il y a 3 jours dans le centre de Tibilici et là on est le 2 juillet et on en est au 217e jour de manifestation ininterrompu. Alors pourquoi ces manifestations ? Pour protester contre la dérive autoritaire et très complaisante vis-à-vis de la Russie du parti le rêve geéorgien qui est au pouvoir depuis 2012.
Ça a été petit à petit que ce parti a diabolisé l'ancien gouvernement donc de Mirel Sakagevili, l'héritage de la révolution des roses de 2003 qu'il a fait passer des mesures les unes après les autres restreignant la liberté d'expression, la liberté d'assemblée pour mettre la société civile au pas par exemple à travers une loi sur les agents de l'étranger ou encore dernièrement en truquant les résultats des élections législatives d'octobre 2024 pour maintenir sa main mise sur le pouvoir. Ce parti, le rêve geéorgien est contrôlé par l'oligarque Bizzina Ivanishvili qui est un pur produit de l'oligarchie post-soviétique russe et qui depuis son investissement dans la politique georgienne règne sans partage sur le pays tout en conservant des liens très intimes avec Moscou. Avec les années, Bizzina Ivanish Phil instrumentalisé de plus en plus sa volonté de revanche vis-à-vis de Mirel Sakeville qui l'a fait arrêter d'ailleurs en 2021 et cette volonté de revanche s'applique désormais à l'ensemble de l'équipe issue de la révolution des roses de 2003.
Et donc en octobre 2024, il a validé sa victoire aux élections législatives grâce à des fraudes qui ont été bien documentées. Quand je dis ça, ce n'est pas pour insinuer que l'élection a été volée par une petite minorité de 20 ou 30 % de la population qui imposeraient leur volonté sur 70 ou 80 % de la population. parce que le parti le rêve geéorgien bénéficie d'un soutien populaire qui est réel notamment dans les zones rurales, dans les classes ouvrières, parmi les minorités nationales.
Et tout ça est encouragé par des performances économiques qui sont assez remarquables puisque là pour l'année 2025, les projections c'est entre 6 et 8 % de croissance du PIB. Mais il n'empêche que en octobre 2024, il y a eu un certain nombre de fraudes qui ont permis au rêve geéorgien de s'assurer une main mise incontestable sur le Parlement et donc de lui donner toutes les marges de manœuvre dont il avait besoin pour consolider sa verticale autoritaire. Dans le contexte de la guerre russe contre l'Ukraine, Bizzina Ivanish Phili a vraiment décidé de faire tomber les masques et de ne plus s'encombrer d'un jeu d'apparence.
Et donc maintenant lui et ses exécutants mettent en œuvre leurs promesses de campagne et notamment à travers les travaux d'une commission d'enquête qui a donc été lancée en janvier et qui doit établir les responsabilités dans le déclenchement de la guerre de 2008. Et ça a d'emblé pendant la campagne électorale. Bidina Ivanishvili l'appelait le Nuremberberg georgien en référence au fameux procès qui a jugé les dignitaires nazis après 1945.
Il y a deux objectifs principaux. Le premier, c'est effectivement d'établir la responsabilité du gouvernement de Mirel Sakevili dans le déclenchement de la guerre en 2008 et de surcroix sans avoir prévu de mesures pour protéger les populations civiles. Et ça, établir cette responsabilité, ça serait une rupture catégorique avec la position de la Géorgie qui est que la Russie a attaqué sans justification et que la Geéorgie s'est retrouvée dans une position de légitime défense.
Cette rupture, elle permettrait de présenter des excuses aux habitants de l'éti selon les mots de Bidzina Ivanish Philip. Ce qui ensuite pourrait permettre d'initier processus de réintégration de cette région d'Oséti du sud et peut-être aussi de l'API. Et là, par réintégration, on entendrait un rapprochement entre une oséti de facto russes et une Géorgie qui serait en cours de russification.
Et dans le même temps, ça permettrait aussi à Tibilicide de renouer une relation diplomatique, économique, politique, culturelle pleine et entière avec Moscou. Et ça c'est un terrain que le rêve georgien cultive déjà depuis de nombreuses années à travers des mesures plus ou moins symboliques et aussi un travail de réécriture de l'histoire de la geéorgie et des relations russo-géorgiennes. Le second objectif de cette commission d'enquête, c'est de briser l'opposition une bonne fois pour toutes.
En Geéorgie, il y a beaucoup de parties d'opposition, mais il y en a un certain nombre qui sont compatibles avec la politique du pouvoir. Là, en l'occurrence, l'opposition qui dérange vraiment Bizzina Ivanish Phil, c'est celle qui est issue de la révolution des roses de 2003 et de l'air sachevili. C'est celle qui soutient Mordicus le processus d'intégration euroatlantique donc vers l'Union européenne et vers l'OTAN, celle qui représente les couches urbaines, la classe moyenne, l'intelligentia et plus généralement les Geéorgiens qui expriment plus que de la défiance vis-à-vis de la Russie, même une hostilité.
Et ce qu'on a vu ces derniers mois, c'est que la commission d'enquête s'est transformée en un outil de répression contre cette opposition puisque des anciens ministres aujourd'hui chef de parti d'opposition ont été convoqués par la commission et soit ils ne sont pas venus, soit ils ont refusé de répondre aux questions des enquêteurs, soit ils ont refusé de s'acquitter d'amendes qui leur avaient été infligées pour manque de respect à cette commission et en conséquence un certain nombre d'entre eux ont été condamnés par des peines de prison et on a actuellement six chefs de partie d'opposition qui sont actuellement sous les verrou pour des périodes plus ou moins longues et si chefs de parti sur les neuf composantes qui constituent l'opposition, ça fait beaucoup. Évidemment, il faut aussi y ajouter Mirel Sakeville qui est donc en prison depuis 2021 et il faut aussi y ajouter plus de 50 manifestants et protestataires qui ont été arrêtés ces derniers mois, ces dernières semaines pour des raisons diverses, soit à cause d'affrontement contre les forces de police, soit à cause de doigts d'honneur lancé aux forces de l'ordre ou soit même à cause de drapeau et slogans brandis dans la rue. Sachant que en plus de ces détentions, donc de cette répression évidente, le pouvoir a fait passer, comme je l'ai déjà dit, plusieurs mesures pour restreindre la liberté de la presse, l'indépendance de la justice, les capacités de l'action de la société civile et ce qui fait que la dérive autoritaire de la géorgie est assez évidente.
Elle est dénoncée comme telle par des sanctions américaines, européennes et britanniques qui sont à la fois appliqué contre des dirigeants du rêve geéorgien, mais aussi contre des acteurs économiques qui ont aidé la Russie à contourner les sanctions internationales. Parce que la Geéorgie, comme la plupart des pays du Caucas et d'Asie centrale, a été très actif pour aider la Russie à contourner ses sanctions, notamment les sanctions bancaires, ce qui a contribué à renouveler les relations commerciales, économiques, culturelles avec la Russie. Tout ça s'inscrit dans un virage géopolitique du régime dont j'ai déjà parlé et qui s'est accéléré ces derniers mois puisque la géorgie ancienne bonne élève du processus d'intégration européenne a suspendu son processus d'adhésion à l'Union européenne.
Et là évidemment c'est intéressant puisque le régime prétend toujours être pro européen et en fait ce ne serait pas la Géorgie qui ne veut plus d'Union européenne mais l'Union européenne qui ne veut plus de Géorgie. Et donc en fait la solution ce serait de réformer l'Union européenne pour qu'elle ressemble plus à une Europe des nations, une Europe illibérale, une Europe de la paix et donc entendez une Europe prorusse. Et ça c'est l'ambition de Victor Orban en Hongrie ou encore de Robert Fitzo en Slovaquie.
Et ça ça en dit long sur les conivances politiques qui existent entre ces régimes. Un autre signal du virage géopolitique, c'est que Bidzina Ivanich Philier a refusé plusieurs fois une rencontre avec l'ambassadeur des États-Unis, ce qui est assez révélateur ou encore que ce samedi 28 juin, c'est la première fois que les autorités d'État n'ont pas envoyé un cortège officiel pour accueillir la dépouille d'un soldat georgien qui est tombé en Ukraine. Et ça c'est la première fois depuis 2014, depuis que des Geéorgiens se sont portés volontaires pour défendre l'Ukraine contre l'agression russe.
Et ça c'est une série de signaux qui ne trompent pas. Alors quelles peuvent être les perspectives pour la Geéorgie ? Ce qu'il faut voir quand on parle de perspective et j'en ai pas encore parlé, c'est qu'il y a des fissures dans l'appareil d'état puisque ces dernières semaines, on a assisté à pas moins de cinq démissions des dirigeant du rêve geéorgien, des collaborateurs de Bidzina et Benich Philis de longues années et ça c'est une réaction aux sanctions notamment américaines et britanniques qui effectivement font mal à ses dirigeants et qui cherchent donc à se retirer du jeu.
Mais malgré ça, malgré cette défection de loyaliste du régime qui trahit incontestablement des faiblesses en interne, on a plutôt l'impression que le régime va tenir. D'abord et avant tout parce que l'opposition est affaiblie, l'opposition est morcelée, l'opposition est un mouvement en horizontal qui n'est pas animé par un leader charismatique en particulier et en plus de ça, ses marges de manœuvre sont limitées hormis ces manifestations quotidiennes. On a vu aussi que une représentante de l'opposition avait entamé une greffe de la fin qui s'est achevée en fait au bout de quelques jours quand elle a été rejointe par d'autres partis d'opposition pour annoncer officiellement un boycotte des élections locales qui se tiendront en octobre.
Et boycotter des élections, c'est évidemment refuser de reconnaître leur légitimité. C'est quelque chose qui handicape quand même le bon fonctionnement d'un système politique, mais c'est aussi se sortir volontairement du jeu et accepter le fait que on ne pourra pas influencer le système de l'intérieur. Dans le cas de l'opposition geéorgienne, c'est aussi une manière de reconnaître que cette opposition très urbaine n'a finalement pas beaucoup d'ancrage dans les territoires.
Et puis de manière plus structurelle, ce qu'il faut voir c'est que quelle que soit l'évolution en interne du régime ou queles que soient les nouvelles sanctions qui seront décidées par les Américains, les Britanniques ou les Européens, la Russie reste toujours très proche et les troupes russes en Céti du Sud sont à une cinquantaine à une quarantaine de kilomètres de la capitale. Ça, je l'ai déjà dit dans mes précédentes vidéos, l'opposition geéorgienne se trouve du mauvais côté de la mer Noire. Elle est physiquement séparée de l'OTAN et de l'Union européenne qu'elle entend rejoindre par le conflit en Ukraine et dans la mer Noire.
Et donc même si l'opposition en venait à enregistrer certaines victoires ou même si le régime en venait à s'effondrer sur lui-même, le potentiel de changement resterait relativement limité. Mais en tout cas, tout ce qui est en train de se passer reste très important, ne serait-ce que la consolidation de cette verticale autoritaire et les travaux de cette commission d'enquête de ce Nuremberberg georgien. La commission doit rendre, si tout se passe bien, ses conclusions en septembre et si effectivement elle conclut à la responsabilité de la Géorgie dans le déclenchement de la guerre de 2008, alors ça pourrait enclencher une nouvelle dynamique vis-à-vis des régions d'Osséti du Sud et d'Abkasi.
Évidemment, une nouvelle dynamique dans les relations entre la Russie et la Geéorgie, mais ça serait aussi une victoire russe retentissante qui créerait un précédent que les Russes pourraient bien être tentés d'appliquer à la Moldavie vis-à-vis de la transnistrie ou à l'Ukraine, le casé échéant vis-à-vis du Donbas. Et donc ça reste très important à suivre. Merci d'avoir suivi cette vidéo jusqu'au bout.
Je file et je vous retrouve très vite.