Interview exclusive de Jérôme Guedj sur France Info
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteÉludée
Vous plaidez pour la censure sur la question du travail le 1er mai ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Pourquoi légiférer sur le 1er mai alors que c'est un jour de droits des travailleurs ?
- 4:00OuverteRéponse partielle
Les 3/4 des salariés souhaitent travailler le 1er mai, est-ce qu'il n'y a pas un pas à faire ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Le gouvernement présente un plan d'électrification à 2030, est-ce que c'est dans le bon sens ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Quelle est votre position sur la crise interne au Parti socialiste ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15Jérôme GuedjFait
« On marche sur la tête. Vous avez le sentiment aujourd'hui que dans ce pays la priorité c'est de légiférer sur le 1er mai. »
- 1:00Jérôme GuedjFait
« C'est le jour des droits des travailleurs, c'est le jour de la reconnaissance du dialogue social des syndicats. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Jérôme Gedge. Bonjour. Hier, Olivier Fort a menacé le Premier ministre de déposer une motion de censure avec les autres groupes de gauche sur la question du travail le 1er mai.
L'Assemblée nationale est effectivement en passe de permettre à certains salariés, je pense au aux boulangers, aux fleuristes notamment de travailler ce jour-là. Vous plaidez vous aussi pour la censure ? Non mais on marche sur la tête.
Vous avez le sentiment aujourd'hui que dans ce pays la priorité c'est de légiférer sur le 1er mai. Dans quelques jours ? le 1er mai, vous pourrez aller acheter du pain, vous pourrez aller chez le fleuriste prendre un brin de muguet.
C'est quoi cette volonté de Gabriel Altal de planter un drapeau d'une libéralisation à outrance ? C'est le jour des droits des travailleurs, c'est le jour de la reconnaissance du dialogue social des syndicats. Et là, on viendrait remettre en question ce jour chamé aussi important.
Pourquoi ? Pourquoi faire ? Enfin, voyez là, on a un énorme problème à l'Assemblée nationale.
Ces jours-ci, on a que des textes qui ne sont pas absolument indispensables, qui sont clivant dans le débat politique, qui ne correspondent pas à des priorités de l'ensemble de nos concitoyens. Et euh on a vu ça la semaine dernière avec un texte sur la le statut de l'Alsace. On a cette provocation sur le sur le 1er mai.
On a un problème et je le dis solennellement à Sébastien Lecornu. On est sorti d'une période nous avons voté un budget euh de la sécurité sociale où nous n'avons pas censuré le budget de l'État et donc ils ont fait preuve de responsabilité. C'est pas pour que ça redevienne le bazar à l'Assemblée nationale parce que chacun prépare son élection présidentielle et pense qu'il va délimiter son périmètre.
Ça c'est pas possible. Donc vous ce matin vous dites c'est une provocation et et sur le fond sur le fond il y a un récent sondage opinion qui disent que les 3/4 des salariés souhaitent pouvoir travailler le 1er mai et gagner plus sur la base du du volontariat. On se souvient l'année dernière il y avait eu plusieurs boulangers hein qui avaient ouvert en dépit de l'interdit et qui s'était fait verbaliser.
Est-ce qu'il y a pas quand même sur des des professions précises un petit pas à faire ? Vous savez déjà, vous savez qu'il y a déjà beaucoup de gens qui travaillent le 1er mai tous les services publics, les hôpitaux, les aides soignants, les transports. Donc la vie continue dans le pays.
Donc il y a des gens qui travaillent. Il y a les commerces de bouche, les hypermarchés, les supermarchés. C'est là où il y a des salariés où on considère que c'est le jour, allez, on va dire le plus important de reconnaissance justement des droits des des travailleurs.
Il y a la possibilité pour les boulangers qui sont en statut d'artisan de travailler eux-mêmes. Ça fonctionne depuis des années. Enfin, respectons un petit peu de bon sens.
Et si on commence à libéraliser, alors oui, on va ouvrir les supermarchés, les supermarchés et puis en fait l'ensemble de l'activité du pays, c'est pas la bonne manière. Et puis il y a quelque chose aussi qui est assez terrible. Il y a une réunion tout à l'heure à 18h entre le ministre du travail et les syndicats on marche sur la tête à nouveau.
Je réutilise cette expression. On peut dire que c'est le dialogue social. Oui.
Enfin après que le texte a été déposé monsieur Atal, il a pas pris 5 minutes pour concerter et réunir l'ensemble des organisations syndicales. Bah il sait pourquoi. Parce qu'il y a une opposition qui est une opposition légitime encore une fois et je le redis est-ce qu'on a besoin dans le pays d'avoir cette fracturation supplémentaire ?
Il y a tant d'autres priorités. Moi, j'aimerais qu'on parle justement des vulnérabilités de l'hôpital, de l'accompagnement des personnes les plus fragiles, des personnes âgées. Ce sera la censure s'il y a cette commission mix paritaire demain.
Franchement, il y a des moments où il faut il faut atterrir euh et je le redis là, le fonctionnement de l'Assemblée nationale après une période où on a fait preuve de responsabilité les uns et les autres, où on s'est dit on va offrir un peu de stabilité pour préparer l'échéance présidentielle de 2027, c'est pas pour se retrouver avec de nouveau de l'huile sur le feu et une assemblée nationale qui donne cette impression détestable mais fondée en l'occurrence d'être paralysé. Avec le conflit en Iran, on voit que le gouvernement cherche à se prévenir de sa dépendance au pétrole. Vendredi, le gouvernement a présenté un plan d'électrification à l'horizon 2030 avec du leasing social, interdiction des chaudières à gaz.
Est-ce que pour vous tout ça va quand même dans le bon sens ? Mais vous voyez, voilà un sujet où il y a peut-être bien plus besoin de débattre, de travailler, mais il y a deux temporalités. Il y a celle du moyen et du long terme.
Et évidemment qu'il faut opérer cette transition vers l'électrification notamment des mobilités. Et ça ça s'inscrit dans une politique de transition énergétique qui parfois a été comment dire un peu un peu ambivalente. Donc moi j'ai pas de problème à cette organisation de cette transition mais il y a une urgence du moment.
Il y a le fait que quand vous passez devant une station service vous voyez 2 27 de 38 de de 48 pour le prix du gazol ou du ou du s 95. Donc vous dites qu'il faut des mesures pour tout le monde mais les caisses sont vides. C'est c'est Oui.
Alors est-ce qu'il vaut pas mieux cibler ce que fait en ce moment le gouvernement les pêcheurs ? Oui. Mais alors dans ce cas-là, deux choses.
Dans ce cas-là, il faut pas oublier certaines professions. Euh je vous parlais de l'accompagnement des plus vulnérables euh dans les territoires ruraux, même dans les banlieux. Euh si les aides à domicile, les infirmières libérales ont pas d'aide, vous avez des milliers des centaines de milliers de personnes âgées de personnes en situation de handicap qui peuvent pas avoir leur aide soignante qui vient ou alors celle-ci, elle perd 15 à 20 % de son euh de son salaire.
Et puis il y a la question euh du rôle des distributeurs et des pétroliers. Moi, je reprends toujours cet exemple. En 1990, déjà une guerre là-bas, l'invasion du Cohè par l'Irak.
Et bien Michel Rocard qui était premier ministre à l'époque avait pris immédiatement sans attendre dès le lui ao toutes une mesure de blocage des marges des distributeurs pétroliers. Et le gouvernement, ça fait maintenant 3 semaines ou un mois qu'il nous dit "Il y a pas de problème, je vais régler le problème dans les jours et les semaines qui viennent. Vous allez voir le prix à la pompe qui va baisser." il ne baisse pas le drame.
En tous les cas, les la guerre s'intensifie avec maintenant l'annonce d'un blocuse. Là aussi, on marche sur la tête, troisème fois que j'utilise ce terme, par les États-Unis eux-mêmes. Donc le baril, il va continuer à être autour de 100 dollars euh voir voire plus.
Donc il faut des mesures immédiates, des mesures ciblées pour ceux pour lesquelles la voiture est indispensable et des mesures qui mettent à contribution les super profits des pétroliers parce que il y a pas de raison que même plus aussi se dire que qu'en fléchant le surplu des recettes émanant de la hausse du carburant vers justement l'électrification, Sébastien le Cornu d'une certaine manière fait preuve de courage politique de ne pas céder à la démagogie qui serait de donner d'échecs en blanc à tous les Français et d'investir sur le temps long. C'est ça aussi la politique mais investir sur le talon c'est pas avec cette augmentation qui souhaitons-le sera temporaire du prix du pétrole. Il y a bien d'autres enjeux pour financer cette transition énergétique et je regrette qu'il n'ait pas été mis sur la table depuis plus longtemps.
Là la priorité parce que moi je n'entends parler que de ça à juste titre. Il y a des gens qui ont besoin de leur voiture pour travailler, pour s'occuper de leurs enfants, pour s'occuper de leurs proches parfois en difficulté pour faire leurs courses. Et euh on peut pas se retrouver avec euh les prix que je mentionnais tout à l'heure.
Donc des aides ciblées, la limitation des marges des distributeurs euh et euh cette dentelle pour aider celles des professions qui sont absolument indispensables. Alors, au sein du Parti socialiste, en ce moment, il y a un petit peu d'électricité dans l'air, je pense pas que vous allez me dire le contraire. ou de l'eau dans le gaz si on continue dans la métaphore énergétique.
Voilà. Euh la semaine dernière, Camri Boamran, le maire de Saint-toin appelait à la démission d'Olivier Fort. Hier, c'est l'expremier secrétaire du PES, Jean-Christophe Cambadellis qui lui demandait soit de démissionner, soit d'organiser un congrès.
Quant à Boris Vallot, le patron des socialistes à l'Assemblée nationale, bah il a claqué la porte du bureau national mardi soir. On a le sentiment quand même que beaucoup veulent le mettre en minorité. Euh euh quelle est votre position ?
Dans un an, il y a une élection présidentielle et l'enjeu, c'est d'être en ordre de bataille pour éviter la victoire du Rassemblement national et surtout offrir une réponse aux souffrances, aux inquiétudes et aux espérances de nos concitoyens. C'est dans cet esprit que j'ai présenté ma candidature à l'élection présidentielle pour mettre sur la table ce que moi j'appelle la ligne d'une gauche responsable républicaine, universaliste, laïque, écologiste, sociale qui ne cède pas au bruit, à la fureur mais qui n'est pas dans l'impuissance de la fin d'un macronisme déliquant. Et donc moi, je n'ai qu'une seule proposition à faire aujourd'hui, c'est que nous ayons la formulation d'un projet, le Parti socialiste, Boris Vallot, l'a dit lui-même, n'est pas en ordre de bataille.
Pas de projet euh sur la table, pas de méthode euh pour euh euh désigner un futur candidat à l'élection présidentielle. Commençons par l'essentiel, un projet. Rassemblons les hommes et les femmes de bonne volonté sur cette orientation politique.
Raphaël Gluxman en fait partie. Yannick Jad en fait partie. Boris Vallot en fait partie tous les socialistes.
Carolite une fois qu'il y a un projet, on fait quoi ? Comment on départage quand même la la figure ? Il aura il y aura un moment de responsabilité.
Voilà. Bien sûr qu'il faut pas multiplier les candidatures. Moi, j'ai présenté la mienne pour défendre une orientation politique parce que à gauche, je ne veux pas que il y ait une sorte de fuite en avant et de flou artistique qui n'est pas ferme sur des principes.
La politique, ça commence par des valeurs. Ce sont celles que j'ai rappelé. La laïcité, le refus de la brutalisation du débat politique, mais aussi une orientation radicalement à gauche pour s'attaquer aux problématiques de vulnérabilité, de dignité, de souveraineté. tout ce que nos concitoyens attendent de décideurs politiques.
S'il y a pas de primaire, c'est quoi ? C'est la loi des sondages. On laisse tout ça décis de l'intelligence collective.
Si nous avons une orientation politique sur quelques propositions, sur le logement, sur le soutien au pouvoir d'achat, sur une nouvelle sécurité sociale qui accompagne toutes les vulnérabilités sur notre indépendance énergétique et une logique de souveraineté agricole, alors à ce moment-là nous aurons le candidat ou la candidate qui se dégagera naturellement. Vous savez quoi ? veut pas céder au chrétinisme présidentiel.
Il y a pas d'homme ou de femmes présidentielles. Il y aura un collectif, il y aura une dream team qu'il faut reconstituer à l'occasion d'un homme et d'un peuple cette élection. Écoutez, il faut peut-être sortir de cette verticalité là.
Il faut en effet un homme ou une femme ou une femme avec une vision politique et un amour du pays. Voilà, moi je défends le patriotisme républicain qui doit être au cœur de chaque française et de chaque français. Mais il faut aussi une équipe qui montre la diversité de ces républicains.
La primaire la primaire elle abîmera forcément celui ou celle qui sera venu se présenter dans une compétition et une course de petits chevaux à un moment où on ne sait pas vous savez la fameuse primaire que défendait Olivier Fort on on a plus dynamique prim on a plus passé de temps à parler de la date de cette primaire des modalités de vote que du contenu de l'orientation programmatique. Donc si la primaire c'est à la fois une sorte de casting sur la personne mais aussi pour trancher l'orientation politique, alors on aura des désaccords. Rappelez-vous ce qui s'est passé en 2017 ou en 2016. 2017, il y avait une primaire de la gauche.
Les deux finalistes étaient Benoît Amont et Manuel Vals. Quand l'un a gagné, l'autre ne l'a pas soutenu parce que il y avait deux orientations politiques très différentes. Si on fait ça, alors on est mort.
Donc moi, je veux un rassemblement sur des valeurs, des principes et une gauche radicalement attachée à transformer la société. et Olivier Fort toujours à la tête du parti. Vous demandez pas sa tête.
Non mais il a un problème de enfin tout ça est très secondaire et les Français s'en fichent un petit peu de savoir qui dirige le Parti socialiste. Ils veulent des gens qui formulent des propositions. En l'état actuel Olivier Fort n'est pas majoritaire dans le Parti socialiste.
C'est la il le sait et c'est la raison pour laquelle c'est un peu le bazar et la paralysie. C'est fâcheux, c'est regrettable. J'appelle un sursaut mais c'est d'abord un sursaut devant les Français qui comptent.
Les militants socialistes, ils sont ancrés dans la société. Ils voi bien qu'on va pas continuer comme ça. Merci beaucoup.
Right.
Jérôme Guedj