Il faut un double contrôle aux frontières ! - Laurent Jacobelli (CNEWS)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 32 %Attaque 48 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 68 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:04OuverteRéponse partielle
La question, je le rappelle, c'est de savoir si l'enveloppe destinée aux assistants parlementaires a été attribuée comme il se doit ou pas.
- 0:16FerméeRéponse directe
Est-ce que vous dites toujours que pas un centime des contribuables européens et donc français n'a servi à financer votre parti ?
- 1:02RelanceÉludée
Mais est-ce qu'il n'y a pas qu'une vision qui vaut ? C'est ce que dit la loi et ce que dit Bruxelles
- 2:17OuverteRéponse partielle
Est-ce que le RN de Laurent Jacobelli, de Marine Le Pen, ce soir, est fragilisé quand même par l'ouverture de ce procès ?
- 2:43OuverteÉludée
La justice reproche l'enrichissement du Front national, puis du Rassemblement national, sur le dos du contribuable européen, et donc des contribuables français. Il y a dans le dossier, et ce sera présenté là, durant ces deux mois, notamment un mail de Valorant de Saint-Just, qui était trésorier du Front national.
- 3:37FerméeRéponse partielle
Une assistante parlementaire a passé 12 heures au Parlement européen en 10 mois. Elle a pu faire son travail en 12 heures au Parlement européen ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:23Invité politiqueFait
« Ah oui, je vous le redis et je pense qu'il est important de préciser aujourd'hui que personne ne s'est enrichi dans cette affaire. »
- 0:38Invité politiqueFait
« Ce qui est contesté aujourd'hui, c'est la nature de l'emploi des assistants parlementaires. »
- 0:54Invité politiqueFait
« des petits hommes gris comme l'ESEM, la Commission européenne, qui commence à 9h, finissent à 17h et obéissent à Mme von der Leyen. »
- 1:10Invité politiqueFait
« C'est dire que le collaborateur parlementaire, il est attaché à son député. Et que quand le député fait de la politique, le collaborateur l'aide à faire de la politique. »
- 1:58Invité politiqueChiffre
« Cette affaire, elle date de 2015. Ça fait dix ans pratiquement. »
- 3:12Invité politiqueFait
« Je ne voudrais pas perturber un travail judiciaire qui est en cours. »
- 3:49Invité politiqueFait
« Mais si demain, vous me demandez d'écrire vos éléments que vous allez sortir ce soir, je peux très bien le faire de chez moi. Ça, c'est moi qui m'en occupe. »
- 5:26Invité politiquePromesse
« Nous, notre hypothèse, et l'analyse que nous faisons, c'est que Marine Le Pen sera relaxée. »
- 6:37Invité politiqueFait
« si jamais, ce que nous ne croyons pas, il y a une condamnation, et que cette condamnation va jusqu'à l'inéligibilité, ce serait démocratiquement un peu gênant quand même dans notre pays. »
- 11:09Invité politiqueFait
« certains se délectent tellement de ce qui se passe, l'univers médiatique va être tellement pollué par cette question, alors que les Français attendent vraiment des réponses sur d'autres choses, que tout cela va créer quand même un sentiment d'injustice profonde. »
- 13:46Invité politiqueChiffre
« quand vous voyez qu'il y a un demi-million de migrants légaux qui arrivent chaque année, que l'aide médicale d'État, c'est-à-dire le soin aux clandestins, c'est 460 000 personnes chaque année. »
- 14:11Invité politiqueFait
« Ils sont 700 000. Donc aujourd'hui, l'immigration, elle est invivable pour les Français, invivable socialement, invivable culturellement et invivable financièrement. »
- 28:39Invité politiqueFait
« C'est l'Europe qui a décidé que ça ne pouvait pas se faire, ça a été cassé. »
- 36:07Invité politiqueFait
« Imaginez qu'un Marocain sous EQTF ait été tué par une jeune française blanche et catholique. Les mêmes, aujourd'hui, auraient fait des émeutes dans toute la France, cette extrême-gauche. »
- 36:46Invité politiqueFait
« Ce ne sont pas des individus, des hurluberlus. Ce sont des professeurs, des candidats à la France insoumise et les Verts aux élections, des assistants parlementaires. »
- 36:55Invité politiqueFait
« Ce sont donc des décideurs dans leur parti politique. »
- 38:33PrésentateurFait
« Tous les délinquants qui sont étrangers dans ce pays, qui sont visés par des OQTF, si on n'a pas les moyens de s'occuper des délinquants et des criminels français, on a encore moins les moyens de s'occuper des délinquants et des criminels étrangers. »
- 38:44PrésentateurFait
« Il faut exécuter ces OQTF de manière à protéger la société et exécuter en priorité les personnes visées par des OQTF et qui le sont parce qu'elles ont commis des délits ou encore pire, des crimes. »
- 43:51Invité politiqueFait
« Parce que vous avez tellement de recours, ils sont tellement aidés par des organisations non gouvernementales, qu'au final, ils restent sur les territoires français. »
- 52:39PrésentateurFait
« Il avait pris 7 ans alors que l'excuse de minorité n'avait pas été retenue. »
- 55:17Locuteur 7Fait
« La preuve c'est que la justice n'est pas laxiste. »
- 1:02:29Invité politiqueFait
« Les couteaux, tout le monde a un couteau aujourd'hui. Vous contrôlez des jeunes à la sortie d'une boîte, je vous assure, c'est 100%. »
- 1:03:36PrésentateurFait
« On porte rarement un coup de couteau mortel sans avoir un casier judiciaire long comme le bras. »
- 1:06:21Invité politiqueFait
« Le niveau d'orthographe et de syntaxe était un problème chez les jeunes élèves, il est désormais très présent chez les étudiants. »
- 1:06:55Invité politiqueChiffre
« Selon le baromètre du projet Voltaire, seulement 56,6% des 15-25 ans maîtrisent en moyenne les règles de l'orthographe. »
Temps de parole
- Présentateur51 %
- Laurent Jacobelli22 %
- Locuteur 717 %
- ?6 %
≈ 26,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Laurent Jacobelli, on a senti de Marine Le Pen ce matin plutôt prête à en découdre. La question, je le rappelle, c'est de savoir si l'enveloppe destinée aux assistants parlementaires a été attribuée comme il se doit ou pas. Alors il y
a
des pièces confuitées du dossier d'inscription qui sont
quand
même assez accablantes pour le RN. Est-ce que vous dites toujours que pas un centime des contribuables européens et donc français n'a servi à financer votre parti
?
Ah oui, je vous le redis et je pense qu'il est important de préciser aujourd'hui que personne ne s'est enrichi dans cette affaire. On entend beaucoup d'histoires où des politiques sont impliquées, où ils ont détourné de l'argent pour leur bien-être personnel. Pas un centime, pas un euro n'a été détourné à des fins personnelles. Ce qui est contesté aujourd'hui, c'est la nature de l'emploi des assistants parlementaires. Mais en fait, Marine Le Pen a très bien expliqué, ça va être un débat de fond. On va avoir deux mois pour expliquer que deux visions s'affrontent.
La vision du Parlement européen qui voudrait que les collaborateurs des parlementaires soient finalement des fonctionnaires, des petits hommes gris comme l'ESEM, la Commission européenne, qui commence à 9h, finissent à 17h et obéissent à Mme von der Leyen.
Et
puis,
et puis... Mais est-ce qu'il n
'y a
pas qu'une vision qui vaut ? C'est ce que dit la loi et ce que dit Bruxelles
sur ce
que...
On va voir si c'est compatible avec les textes. Mais nous, notre vision, c'est autre chose. C'est dire que le collaborateur parlementaire, il est attaché à son député. Et que quand le député fait de la politique, le collaborateur l'aide à faire de la politique. Et nous,
on
pense que c'est une fonction éminemment politique. Surtout quand on est dans l'opposition au Parlement européen. C'est comme ça que ça marche d'ailleurs au Parlement français. Donc c'est intéressant. Mais sinon, c'est la liberté même des parlementaires qui est en cause. S'ils doivent avoir, eux, à côté d'eux, un fonctionnaire du Parlement qui les aide, alors à ce moment-là, ils n
'ont
plus de liberté d'agir. Or, l'action du parlementaire, c'est lui qui la décide, son action politique. Quand vous
évoquez
ces deux visions, c'est-à
-dire
que pendant deux mois, il va être question de tribune politique, en fait. Il va être question de mettre en avant la façon dont le Rassemblement national voit la politique.
Il va être question de mettre en avant comment les assistants parlementaires de nos parlementaires européens ont servi ces parlementaires pour faire de la politique au Parlement européen. C'est notre manière de faire. Mais c'est d'ailleurs la manière de tous les partis, puisque d'autres partis sont concernés. Voilà. Cette affaire, elle date de 2015. Ça fait dix ans pratiquement. Donc c'est important d'avoir un moment, un moment long, de deux mois, pour s'expliquer, pour tout mettre sur la table. Et en finir avec un certain nombre de choses qu'on peut entendre depuis des années.
Johan Uzaï, est-ce que le RN de Laurent Jacobéli, de Marine Le Pen, ce soir, est fragilisé quand même par l'ouverture de ce procès ? Fragilisé, en tout cas, vous l'avez dit, de ce qui a fuité dans la presse, et on connaît une partie du dossier, effectivement, il y
a
des éléments qui sont quand même accablants. Parce que vous nous dites ce soir, il n'y a eu aucun enrichissement personnel. C'est vrai. Ça n'est d'ailleurs pas ce que la justice vous reproche. La justice reproche l'enrichissement du Front national, puis du Rassemblement national, sur le dos du contribuable européen, et donc des contribuables français. Il y a dans le dossier, et ce sera présenté là, durant ces deux mois, notamment un mail de Valorant de Saint-Just, qui était trésorier du Front national. Et dans ce mail, adressé à Marine Le Pen, il est dit, « Nous sommes dans une situation financière très délicate. Nous ne nous en sortirons que grâce au fond du Parlement européen.
» Il
y a des éléments qui sont là, quand même. Mais c'est l'interprétation que vous en donnez. Alors, je ne
vais
pas me permettre d'analyser chaque pièce, parce que je n
'ai
pas tous les éléments du dossier. Je n'ai ni juge, ni avocat. Je ne voudrais pas perturber un travail judiciaire qui est en cours. Mais ce que je peux vous dire, c'est que les assistants parlementaires étaient rattachés à des députés européens. Mais vous savez, dans notre parti politique, mais je crois qu'à peu près dans tous les partis politiques français, les gens qui sont soit élus, soit salariés, ont souvent aussi des fonctions politiques. C'est-à
-dire
que moi, je suis député et porte-parole du Rassemblement national. Je suis bénévole en étant porte-parole du Rassemblement national. Et bien voilà. Et donc, certains étaient impliqués dans la vie du parti. Ce qui ne les empêchait pas de faire leur travail auprès de
leur
équipé. Une assistante parlementaire a passé 12 heures au Parlement européen en 10 mois. Elle a pu faire son travail en 12 heures au Parlement européen ?
Écoutez, je ne connais pas ce qu'après-ci. Et une fois encore, je ne veux me substituer ni aux juges, ni aux avocats. Mais si demain, vous me demandez d'écrire vos éléments que vous allez sortir ce soir, je peux très bien le faire de chez moi. Ça,
c'est moi qui m'en occupe.
Une fois encore, il faut bien distinguer la présence physique. Mais vous voyez, c'est vraiment l'exemple d'une administration. Si vous n'êtes pas passé par la pointeuse à 9 heures du matin et que
vous
n
'êtes
pas passé par la pointeuse à 17 heures, alors vous n'avez pas fait votre boulot. Nous, on n'a pas cette vision-là. La politique, ce n
'est
pas ça. La politique, c'est avec les tripes.
C
'est 24 heures sur 24. C'est le week-end. C'est un coup écrire une tribune, un coup coller une affiche. C'est ça, la politique. Et c'est ça qu'on va défendre.
Le jugement sera
respecté, quoi qu'il arrive, ou l'accusation de procès politique est aussi une ligne de défense
? Je
ne crois pas. Je ne
crois
pas que ce soit la ligne qui ait emprunté Marine Le Pen et ses avocats. À l'origine, bien sûr, quand Martin Schulz, donc socialiste allemand, déclenche l'affaire, que c'est Mme Taubira en France...
Ça
vient de la gauche. Les premières révélations viennent de la
gauche.
On peut imaginer que le Front National, c'était comme ça que ça s'appelait à l'époque, n'ait pas été choisi au hasard. Aujourd'hui, on a des juges français qui ont des dossiers et qui vont instruire. Et bien, faisons leur confiance, faisons confiance aussi à nos avocats et à Marine Le Pen pour présenter des pièces, des preuves qui vont dans le sens de ce que je viens de vous dire.
Mais le Rassemblement National n'est pas le seul parti à être visé. Il y
a
eu le Modem. Bien sûr. Certains de ses cadres ont été condamnés lourdement, d'ailleurs lourdement condamnés, pas François Bayrou au bénéfice du doute. Mais est-ce que vous vous attendez à ce que Marine Le Pen soit condamnée elle aussi ? Parce que les juges ont déjà tranché, en l'occurrence. Et les juges, dans le cas du Modem, ont dit que non, les assistants parlementaires ne pouvaient pas travailler également pour le parti.
Alors,
travailler pour le parti, mais ce n
'est
pas la même chose qu'être bénévole. Mais une fois encore, je crois qu
'on
ne
peut
pas exactement comparer. Nous, notre hypothèse, et l'analyse que nous faisons, c'est que Marine Le Pen sera relaxée. Voilà. C'est comme ça que nous voyons les choses. Une fois encore, je ne suis pas dans la tête des juges, mais Marine Le Pen, elle vous l'a dit, elle y va confiante et sereine. Elle y va aussi combative, déterminée. Parce que je crois qu'il y a, même si ce n
'est
pas un procès politique,
il
y
a
derrière une vision de la politique à défendre. Une fois encore, nous sommes députés européens ou députés nationaux parce que des gens nous ont élus. Pas parce qu'on est engagé par une administration. Eh bien, c'est pareil pour les collaborateurs que nous engageons.
Vous venez de dire que vous croyez à une relaxe. Est-ce que vous envisagez ce qui serait le pire pour le RN, c'est
-à
-dire une condamnation ? Marine Le Pen inéligible en 2027, c'est une crainte avérée à l'heure où l'on se parle. Il y
a
un plan B ? Un plan B comme Bardella
?
Elle était pas pareille celle-là.
On discute beaucoup avec Johan pour préparer.
Pour nous, ce n
'est
pas l'hypothèse aujourd'hui. L'hypothèse, c'est que Marine Le Pen sera candidate en 2027. Moi,
je vous parle d'une hypothèse où elle serait condamnée puisque c'est une hypothèse crédible à l'heure où l
'on
se parle à ce premier jour de
procès. Oui, mais ce n'est
pas du tout notre optique. Donc si vous voulez, nous, on est des gens optimistes, combattifs.
Donc là, c'est les œillères
pour
le moment.
Ce n
'est
pas des œillères. C'est que si jamais, ce que nous ne croyons pas, il y a une condamnation, et que cette condamnation va jusqu'à l'inéligibilité, ce serait démocratiquement un peu gênant quand même dans notre pays. Donc franchement, ce n
'est
pas l'hypothèse dans laquelle nous nous plaçons. On n'est pas fanat du Sénégal.
D'ailleurs, est-ce que c'est à la justice
de prononcer une inéligibilité dans
une condamnation ? C'est une question
qu'on a posée un petit peu
plus tôt aussi. Ça fait cause, oui. Ça fait cause du code pénal français. Oui, mais est-ce que
c'est du bon sens ? Est-ce que c'est au juge de décider pour les Français pour qui ils doivent, peuvent ou votés ou non ? Ça, c'est une question annexe qu'on peut se poser quand
même. Je vais
vous poser la question à l'inverse.
Alors, Laurent Jacobéli et Jean-Sébastien,
vous reprenez.
Est
-ce
qu
'on peut imaginer qu'en 2027, voire plus tôt, la candidate favori des sondages, qui est à la tête du plus grand groupe au Parlement français, dont le parti est premier au Parlement européen, premier en France, premier dans les intentions de vote ? 11 millions d'électeurs
puissent être empêchés ? Ça serait problématique.
Ça serait problématique.
Honnêtement, moi je vous repose la question comme ça, et je pense que du coup, vous avez probablement une autre analyse. En
effet. Jean-Sébastien Ferjot. Mais c'est une question politique, pas une question juridique.
Il
y a deux aspects.
Bien sûr, bien sûr. Moi je posais la question
juridique. On se demande vraiment si c'est au rôle de la justice de prononcer, alors que ce soit une culpabilité avec des peines d'emprisonnement ferme ou non, des amendes ou pas, ça c'est une question. L'inéligibilité prononcée
par un magistrat, ça c'est une autre question. Dans la
mesure où c'est ce que prévoit le Code de
l
'Ontario, oui, ou alors il faut changer la loi. En tout cas, c'est une possibilité. La loi permet aussi à des violeurs en puissance d'être libérés. Donc
vous voyez, on peut se poser des questions
par contre sur la loi. Il faut distinguer les deux aspects dans ce dossier-là. L'aspect strictement juridique, et effectivement, Yohann l
'a
rappelé, il
y
a un certain nombre d'éléments
qui
ont fuité du dossier d'instruction, qui semblent établir l'existence d'un système, ce qui d'ailleurs serait peut-être la différence avec le cas du Modem, ou avec moins de gens concernés, mais par ailleurs politiquement, ça pose d'autres questions. Est-il normal ? Parce que c
'est
quoi la logique derrière tout ça ? Le Rassemblement National peine à se faire financer. Le Rassemblement
National, en l'a bien vu... Comme beaucoup de parties, non
? Oui,
mais
enfin, tout particulièrement, plus que d'autres, peine à obtenir des financements. Il était contraint d'aller en chercher en Russie, d'aller chercher, me semble-t-il, en Hongrie pour la dernière campagne présidentielle, parce que les banques françaises ne veulent pas financer les campagnes du Rassemblement National. C'est une vraie question démocratique. D'ailleurs, François Bayrou lui-même s'en était saisi, en évoquant la question. Et je pense que ces questions-là, indépendamment de ce dossier-là, de toute façon, ça sera au magistrat, de se prononcer, et on verra bien ce que sera la décision.
Prendront-ils le risque, effectivement, de cet étrange vertige d'empêcher une candidate qui serait, ou pas d'ailleurs, en situation de favorite ? Mais je crois que c'est l'occasion de nous poser collectivement ces questions-là. Parce que la démocratie a un coût, et finalement, on trouve bien des excuses à des gens qui sont en situation de nécessité. M. Jacobelli le rappelait, ça n'est pas l'enrichissement personnel. Non, ça, ça a été avéré. Johan, dernier mot là-dessus, une éventuelle dernière réponse de Laurent Jacobelli. La loi est ce qu'elle est aujourd'hui, et il ne s'agit pas de la contester. Mais à mon sens, peut-être faut-il la modifier.
Parce que, est-ce que c'est au juge de décider si une personne peut ou non être élue ?
Il
y aura un verdict qui sera rendu. Si Marine Le Pen est coupable, elle aura une peine. Mais c'est aux électeurs de dire si elle peut ou non être élue, s'ils veulent ou non l'élire, si elle peut ou non être présidente de la République. Les électeurs peuvent trancher. Et on voit bien d'ailleurs toute la problématique, parce que vous avez toute la gauche aujourd'hui qui se félicite, en espérant une condamnation de Marine Le Pen, une condamnation d'inéligibilité, précisément pour qu'elle ne puisse pas être candidate en 2027. Évidemment.
Donc, les simples mots utilisés par la gauche aujourd'hui montrent que les pouvoirs attribués à la justice, aujourd'hui, ne correspondent pas à ce qu'ils devraient être en réalité.
D
'autant qu'il y
a
la loi, mais il y a aussi le Parlement européen. Parce que dans cette affaire-là, le Parlement européen a une attitude qui était...
Ah, mais de
défiance assez
caractérisée face au RN. On est d'accord.
...présentée par la Défense ou non. Alors que les électeurs, si on raisonne d
'un
point de vue politique, parce que c'est une affaire qui renvoie... Il y a deux mandats en avant pour le Parlement européen, d'une certaine manière. Il me semble qu'il y
a
plus de députés, rassemblements nationaux, aujourd'hui, au Parlement européen qu'il n
'y
en avait à l'époque. C'est donc que les électeurs ont tranché, eux, selon leur point de vue. Un dernier mot, Laurent Jacobi, justement, parlant des électeurs du RN. L'image de la patronne du RN pourrait en souffrir ? Non,
je
ne
nous crois
pas. Je ne nous crois pas, parce qu
'on
voit bien... Mais je parle aussi, non pas
uniquement les électeurs du RN, mais dans cette logique d'ouverture. Ceux qui sont à convaincre encore. Est-ce que vous pouvez les perdre en route avec ce procès ?
Je
ne nous crois sincèrement pas, parce que je pense que nous sommes de bonne foi. Et puis parce que je crois aussi que certains se délectent tellement de ce qui se passe, l'univers médiatique va être tellement pollué par cette question, alors que les Français attendent vraiment des réponses sur d'autres choses, que tout cela va créer quand même un sentiment d'injustice profonde. Et je ne crois pas que les gens imaginent une seconde que tout cela soit vrai et que cela mérite
autant
de couverture
médiatique. Que tout cela soit vrai,
ils peuvent l'imaginer tout en pensant que le rôle d'un député ou d'un assistant parlementaire est politiquement différent. Oui,
oui,
non mais voilà. Il
y a environ deux mois, pour que le procès livre son verdict et on commentera tout cela régulièrement. En effet, ce qui intéresse peut-être un petit peu plus les Français dans leur réalité, c'est la question de l'immigration. On est à la veille du discours de politique générale de Michel Barnier. A priori, il ne sera pas consacré complètement à ce dossier de l'immigration, plutôt au budget. Il en parlera nécessairement. Eh bien, on verra. On verra. En tout cas, les mots de Bruno Retailleau font sensation entre l'interview chez nos confrères et l'interview dans le JDD qu'on a pu lire hier. On a bien compris que pour Bruno Retailleau, l'immigration n'est pas une chance.
Bruno Retailleau, qui ne fait pas dans le politiquement correct, hier soir, on est loin du en même temps sur la question de l'immigration. Ce n
'est
pas une chance, ni pour les migrants qu'on ne peut pas accueillir décemment, ni pour les Français. Il engage de nouveau cette question d'un référendum voulu par beaucoup de nos concitoyens. Je regrette qu
'on
ne puisse pas faire de référendum. Il faudrait réviser la Constitution. L'immigration est un des phénomènes qui a le plus bouleversé la société française sans que jamais les Français n'aient eu à se prendre. J'ai presque l'impression que Bruno Retailleau, Laurent Jacobelli, frappe plus fort que Marine Le Pen sur cette question.
En tout cas, il reprend des arguments que nous avons lancés parce que le référendum sur l'immigration, c'était au cœur du programme de la présidentielle de Marine Le Pen.
Nous
le demandons toujours. Elle a déjà eu ses mots, Marine Le Pen ? L'immigration n
'est
pas une chance pour la France ? Je ne sais pas si elle les a eues textos. En tout cas, clairement, il a bien compris que l'influence que nous avions aujourd'hui au Parlement faisait en sorte qu'il fallait reprendre notre programme. Et le référendum sur l'immigration, c'est notre programme. Qui peut dire aujourd'hui que la phrase « L'immigration est une chance » est toujours réelle ? Voilà. Je ne
vais
pas reprendre le cas...
Votre
voisine qui s'expliquera juste
après.
Je
ne
vais pas reprendre le cas de Philippine. On a encore un cas ce soir. Un Algérien qui avait agressé sexuellement un mineur de 15 ans. Son droit de reconnaissance comme étant réfugié avait été demandé comme négatif, évidemment. Et le Conseil constitutionnel, je crois, a retoqué, a dit que oui, il pouvait être réfugié et que nous devions le garder. Quand vous voyez ça...
Alors, je ne
peux
pas confirmer cette info parce
que vous me
la prenez, là. Quand vous
voyez ça en permanence, quand vous voyez qu'il y a un demi-million de migrants légaux qui arrivent chaque année, que l'aide médicale d'État, c'est-à-dire le soin aux clandestins, c'est 460 000 personnes chaque année. Tous ne sont pas malades. Ça laisse imaginer le nombre de migrants clandestins qu'il y a en France. Quand on voit que les obligations de quitter le territoire français, il n'y
en
a que 7% qui sont effectuées. Et au Sénat, ils ont fait le cumul de tous ceux qui avaient eu des OQTF et qui étaient toujours en France. Ils sont 700 000. Donc aujourd'hui, l'immigration, elle est invivable pour les Français, invivable socialement, invivable culturellement et invivable financièrement. C'est ce que nous disons depuis des années. Si M. Retailleau
est
convaincu, très bien. Après, on peut s'étonner qu'il se soit allié au macroniste pour faire cette politique, plutôt qu'à nous, comme M. Ciotti. On peut aussi s'étonner que lorsqu'il était président du groupe LR au Sénat, il n
'ait
pas voté les amendements de nos sénateurs pour durcir la loi immigration. Mais finalement, il a peut-être vu la lumière.
Yohann Uzair. Et Florence Roise, vous réagirez évidemment. Juste une précision d'abord sur un chiffre que vous donnez. Il est vrai que 500 000 personnes arrivent légalement en France chaque année. Il y
en
a 360 000 qui repartent aussi, ce qui fait un solde positif de 140 000 personnes qui restent... Précision importante.
360 000
personnes qui partent, tous ne sont pas étrangers. C'est le solde migratoire que vous nous donnez. Oui. Oui, mais il y
a
des Français qui partent aussi. Non, non, c'est le solde migratoire.
Ça,
c
'est le solde migratoire. 140 000 personnes, 140 000 personnes... Toujours compliquer
ces
batailles de chiffres quand on ne les a pas
sous les yeux. Il y a
des Français
qui arrivent en France. Florence
Roise, sur cette question et cette phrase choc qui fait s'étrangler, on le verra dans un instant, la Macronie depuis hier soir. L'immigration n'est pas une chance ?
Si, l'immigration est une chance à partir du moment où les gens aiment la France et sont une valeur ajoutée et s'intègrent à la France et souscrivent aux
valeurs de la République. Je pense qu'on est tous d'accord. Oui, d'accord. Ah oui, mais c'est... Non, mais là, on est tous d'accord. Mais ça, c'est que en même
temps.
Oui,
d
'accord.
Mais ça, c'est que en même temps.
Pardon, mais ça, c
'est
quasiment devenu utopique. Mais non, pas du tout. C'est pas la situation actuelle. Alors, Florence France qui n
'a
rien dit encore, si on pouvait laisser parler 30 secondes.
Alors,
ce n'est pas la situation actuelle, certes.
Mais
si on oblige les gens à souscrire à une sorte de pacte républicain,
en leur faisant signer un papier... Oui, oui, pas aux Etats-Unis, en disant, voilà, vous êtes
en France, à partir du moment où vous voulez rester sur le territoire, eh bien, il y
a
des conditions à remplir. Notamment, accepter les principes de la République, accepter les principes de laïcité, accepter un certain nombre de règles qui sont fondamentales, qui sont les lois de la République. Vous voyez ? Et si on explique cela et qu'on conditionne le fait de rester sur le territoire français, d'obtenir des cartes de séjour et à terme des naturalisations, alors on aura, effectivement, l'immigration sera, ce qu'elle a été parfois, sera une chance.
Rudy Mana, qui n
'a
pas réagi non plus encore depuis le début de l'émission. Au sujet des OQTF, en fait, nous, quand on est flics aujourd'hui... Moi, c'est cette phrase qui m'intéresse. L'immigration n'est pas une chance. Alors déjà, pour les OQTF, il faut arrêter
d'appeler OQTF, il faut IQTF,
invitation à quitter le territoire français, parce qu'on en fait tellement toute la journée. On les voit parfois. Il y
a
des individus, les collègues de la PAF de Marseille m
'ont
raconté ça,
il
y
a
des individus qui en ont six des OQTF. Ah, parce qu'on peut les accumuler
? Et
en fait, les mecs, ils partent jamais. Ils partent jamais. Donc oui, il faut qu'on progresse là. Oui, indéniablement, j'espère que le discours de politique générale demain sera axé aussi là-dessus, parce que c'est insupportable. Alors l'affaire Philippine a révélé quelque chose de dramatique, malheureusement. Mais on a besoin d'avoir des réponses à tout ça. Quand on pensait, je donne juste un chiffre, Julien, celui-là, il est vérifié. Allez-y, allez-y, Rudy. Il y a 20 ans. Parce que d'habitude, vous en donnez une leçon. Pas tout le temps. Il
y a 20 ans,
on faisait... Ils marseillisent un peu, parfois. C'est les marseillis, pardon.
Allez-y, Rudy. Il y a 20 ans,
il y avait 20% des OQTF qui étaient exécutés en France. Aujourd'hui, on est à 7%. C'est qu'il
y a
quelque chose qui ne fonctionne pas.
C'est-ce
qu'il y
en
avait moins il y a 20 ans aussi.
Il y en avait un peu moins, mais
20%, mais aujourd'hui, c'est 7%. Donc, à un moment donné,
il
faut trouver des solutions pour qu'on puisse faire repartir ces individus qui ont des OQTF. Sinon, appelons-les IQTF. Et comme ça, plus personne n'est obligé de faire partir qui que ce soit. Avant de continuer les réactions, je voudrais juste que vous entendiez quelques Français à qui on a demandé s'ils étaient choqués par les propos très forts, très fermes, très durs de Bruno Retailleau ce week-end.
On ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais je pense que malgré tout, il faut mettre des limites parfois. Je pense qu'on doit être trop sévère par certains côtés et peut-être pas assez sévère par d'autres.
Je pense que nous sommes beaucoup trop sévères par rapport à la migration, qui est très mal considérée. Et je pense qu'il ne
faut
surtout pas mettre les bouchées doubles. Surtout pas. C'est une question d'humanité. Et je pense que les déclarations de M. Retailleau sont effrayantes.
L'immigration a toujours eu lieu dans tous les pays.
Elle
est seulement accélérée par nos sociétés qui sont de plus en plus rapides.
C
'est vrai qu'on est allé à la rencontre de gens qui ont été plutôt choqués. Maintenant,
il
y
a
des sondages qui reviennent régulièrement et qui rappellent que des millions de Français pensent que l'immigration est
une
menace. Ils veulent ce réforme d'homme, d'ailleurs, qu'ils n'auront jamais.
Ils l'auront à partir de 2027 quand nous serons aux affaires. Ces grandes phrases...
Il
faut
une réforme constitutionnelle pour faire le
référendum. Oui,
une fois encore, l'article 11, vous savez, il a été utilisé par le général de Gaulle. S'il avait fallu une réforme constitutionnelle, les présidents de la République...
Mais c'est vrai que ce serait bien,
une fois de temps en temps, dans
cette
Ve République, de donner un peu la parole aux Français sur ces questions majeures.
Mais
bon...
Juste, ça ne veut rien dire, l'immigration est une chance. Et je dois même le dire, ça ne veut rien dire, l'immigration n'est pas une chance. Il y a des époques, il y a des types d'immigration. Moi, je suis élu d'une région, la Lorraine, où on a vu arriver des Polonais, des Italiens, des Portugais, puis des gens d'Afrique du Nord, pour travailler. Voilà, parce qu'il y avait besoin de main-d'œuvre, parce que la sidérurgie et les entreprises minières étaient en pleine expansion. Ils venaient avec un contrat de travail pour travailler. Ils n'avaient qu'une envie, c'était de rester en France, s'installer, y voir les générations futures.
Ils aimaient la France, ils lui étaient reconnaissantes, ils payaient leurs impôts. Donc, évidemment, cette immigration-là, je crois que tout le monde pense qu'elle fonctionne. L'immigration d'aujourd'hui, qui est décidée par les passeurs, c'est eux qui décident qui arrivent ou qui n'arrivent pas en France. Ce n
'est
pas le ministre de l'Intérieur et ce n
'est
pas les Français. Des gens qui arrivent, qui n'ont pas de boulot, qui n'ont pas de logement, qui n'ont pas le droit d'être ici, qui demandent des aides, qui sont soignés gratuitement, alors qu'au moment donné aux Français des efforts, ça ne peut pas marcher. On
est
à l'heure de vérité sur ces
questions. Il
faut dire aux Français qu'est-ce qu'on veut. Et
on entendra l'ancien président Sarkozy aussi, qui
était ce matin sur notre antenne et qui s'alarme de la situation. Mais qu'envisagent des hypothèses et des points de vue qui seront intéressants à discuter.
Qu
'en est-ce
qu'il y a
là-dessus
? Je
pense que que ce soit en France, au Canada, aux États-Unis, l'immigration comme telle, c'est un enjeu politique,
c
'est un enjeu économique,
c
'est un enjeu social. Donc la politique de slogan, de dire l'immigration c'est une chance, pas une chance, je pense que c'est faire complètement fausse route. Et ça nous conduit où on est aujourd'hui. En
parlant de
slogan,
pardon Karima, je vous rends tout de suite la parole, puisque vous parlez de slogan, Bruno Retailleau, hier encore, je pense qu'une société multiculturelle comporte des risques de devenir une société multiraciste dans l'espace public, c'est la République.
Non mais c'est ce que je disais, c'est que ces espèces de slogans qui ne veulent rien dire, qui sont d'un côté, vont être récupérés dans un camp ou dans un autre, l'enjeu en fait c'est aujourd'hui, quelle est la situation. Comme M. Retailleau fait ce constat, c'est qu'il regarde la situation actuelle et qu'elle est telle, bien ce sont des flux migratoires incontrôlés, c'est un dévoiement du droit d'asile à des fins économiques. Il y a la question des OQTF qui est une forme de tabou, on ne veut pas en parler, tout de suite si on en parle on devient facho alors que c'est quelque chose de très important. Je veux
dire, c'est un pays qui n'a pas à
maîtriser justement ces frontières. Le problème aussi c'est quand certains individus, en fait c'est toujours une question de nombre, c'est le nombre, c'est ça qui fait la différence, c'est ce qui va faire la différence entre la capacité d'intégrer et de s'intégrer et inversement plutôt de vouloir changer les règles quand vous allez dans un autre pays. Et c'est ce qu'on voit partout, c'est-à-dire que le nombre fait en sorte que si on parle par exemple de laïcité, certains vont dire, vous savez quoi, non, ça ne nous intéresse pas nous la laïcité. Et je pourrais donner plein, plein, plein d'autres exemples. Donc c'est vraiment, c'est finalement quelque chose d'assez pragmatique.
Et aussi sur la question, je parlais de l'immigration, des flux migratoires incontrôlés aussi et de ce dévoiement, c'est que parfois aussi aujourd'hui tout ça se confond, on parle de l'immigration irrégulière, régulière. Vous pouvez arriver ici avec un visa, encore là, pas plonger nécessairement dans l'affaire de Philippines, mais c'est tellement gros ce qui s
'est
passé.
Un visa
touristique.
Ben, il y a la question de l'OQTF et la question du visa touristique et on voit finalement que tout ça devient une espèce de magma de choses qui ne sont pas contrôlées.
L'ancien président Nicolas Sarkozy sur CNews ce matin face à Sonia Mabrouk, alarmiste évidemment sur cette question migratoire, mais avec une piste de réflexion intéressante. Regardez.
Nous
ne sommes qu'au début de la crise migratoire.
Elle
ne fait que commencer. Les chiffres sont incontournables.
L
'Afrique est à 14 kilomètres par le détroit de Gibraltar et vous rentrez à pied par la frontière gréco-turque en Europe.
L
'Afrique a 1,9 milliard d'habitants aujourd'hui. Dans 30 ans, l'Afrique aura 2,5
milliards
d'habitants.
L
'Europe a 500 millions d'habitants aujourd'hui. Dans 30 ans, l'un aura 450 millions.
Donc, le
pire de la crise est à venir. Rien n'est plus important à mes yeux
que
l'organisation d'un sommet Afrique-Europe
pour
qu'ensemble nous parlions des conditions du développement économique de l'Afrique, car le développement économique de l'Afrique
est
la seule solution pérenne
pour
répondre aux défis de l'immigration.
C
'est lucide ou c'est naïf de penser qu'on peut, autour d'un sommet européen-africain, trouver des solutions durables et réussir à mettre des dizaines de chefs d'État d'accord sur une question aussi cruciale
?
En tout cas, il vaut mieux essayer quelque chose. Vous avez raison. Évidemment, il y a un défi qui est vertigineux, qui est d'ailleurs très paradoxal, parce que beaucoup d'études montrent que les gens qui partent, qui quittent leur pays d'origine, sont ceux qui ont le plus d'argent et de capital culturel. C'est-à
-dire
que les plus en difficulté restent plutôt chez eux, parce qu'ils n'ont pas les
moyens de travail.
Parce
qu'il faut générer
des moyens pour, évidemment, financer
les traversaires.
Déjà, il faut en avoir la capacité intellectuelle de se projeter dans une autre vie, dans un autre monde. Enfin, la capacité intellectuelle, pas au sens d'intelligence,
mais au sens d'avoir l
'énergie psychique suffisante pour pouvoir le faire. Et donc, c'est très paradoxal, parce qu'il arrive parfois que quand on aide, par exemple, un certain nombre de pays, ça favorise plutôt justement une espèce de fuite des cerveaux vers les pays occidentaux. Après, un vrai développement économique, oui, bien sûr, il y en aura besoin pour l'Afrique. – Mais ce que nous dit Nicolas Sarkozy, en gros, c'est que les pays africains doivent prendre leurs responsabilités
? –
Non, mais l'ensemble des
pays, Laurent Jacobelli, Yohannick… – L'ensemble des
pays doivent prendre leurs responsabilités. Après, ça n'empêche pas qu'il peut y avoir une volonté ferme sur le contrôle des flux migratoires. Regardez ce qu'a fait l'Australie. L'Australie, il
n
'y
a
pas des détroits qui font des centaines de kilomètres non plus. À un moment, ils ont décidé d'avoir une politique extrêmement ferme. Ça a quand même produit des résultats.
Là,
nous sommes aussi des sociétés très hypocrites qui ne veulent pas de nouveaux immigrés, mais qui, dans le même temps, ne veulent pas non plus assumer la part de fermeté et certainement peut-être d'inhumanité qu'il y a à avoir
des moyens
de contrôle. –
Avant
le rappel de l'actualité de 23h, Yohann Uzaï, Laurent Jacobelli, rappelez-vous s'il vous plaît. – Déjà, pardon, mais on parle d'immigration économique, etc. On a pris l'exemple de Philippines. Ce meurtrier, cet assassin venait du Maroc. – Présumé. – Présumé, d'accord, présumé. – Je
suis là
pour maintenir un cadre. –
Mais
il venait du Maroc. Que je sache, le Maroc n'est pas dans une situation économique gravissime. C'est-à-dire qu'il ne répond pas aux critères d'éligibilité de l'asile économique, par exemple. – Bien sûr. – Ça ne rentre pas dans ce cadre-là. Ça n'est pas un migrant économique. Bon, ensuite, il y
a
un mot que je n'entends pas,
que
je n'ai pas entendu depuis l'affaire Philippines, c'est le mot frontière. Personne ne parle de maîtriser les frontières. –
Ce
sont des passoires.
– Votre voisin d'en face va en parler, je pense.
– Non, mais pardon, mais on peut dire, on va construire des centres de rétention administrative en veux-tu, en voilà. On va essayer de demander davantage de laisser passer consulaires, d'expulser davantage ceux qui sont visés par les OQTF. Mais si vous ne maîtrisez pas les flux, si vous continuez à faire entrer en permanence des personnes qui n'ont pas à être ici, mais vous pourrez expulser autant que vous voudrez, il y aura toujours autant de migrants en situation irrégulière. La base, pardon, mais la base,
c
'est de commencer par maîtriser les frontières. Sinon, vous pourrez faire tout ce que vous voudrez, ça ne changera jamais rien. – Alors ce qu'on va faire, puisqu'il est 23h pile, c'est qu'on va faire un point actuel en une minute avec Simon Guilin et on va figer cette conversation pour vous entendre, Laurent Jacobéli. Rudy Mana veut dire un mot aussi. Et puis on parlera de cette dramatique affaire de Philippines qui continue de toucher la France en plein cœur plus d'une semaine après. Simon Guilin, l'essentiel.
– L
'armée israélienne ordonne aux habitants de trois quartiers de la banlieue sud de Beyrouth d'évacuer ce soir. L'État hébreu mène actuellement des opérations terrestres limitées au Liban, selon Washington. Israël prévient qu'il utilisera toutes ses forces pour frapper encore une fois le Hezbollah.
Ce
triste constat, 2 millions de personnes âgées vivent sous le seuil de pauvreté en France. Il s'agit principalement de femmes et de personnes seules qui se retrouvent donc souvent isolées. C'est ce que révèle le rapport annuel de l'association « Les petits frères des pauvres » qui a été publié aujourd'hui.
–
Enfin, cette annonce surprise, Antoine Griezmann prend sa retraite internationale à 33 ans. L'ex-vice-capitaine de l'équipe de France et champion du monde 2018 l'a annoncé ce matin sur les réseaux sociaux. Antoine Griezmann aura joué pendant plus de 10 ans, Julien, avec l'équipe de France.
–
L'annonce surprise du vice-capitaine des Bleus. Merci beaucoup Simon Guilin. On était sur cette question des frontières. Avant de venir voir vous, Laurent Jacobi, je vous ai vu réagir Rudy Mana lorsque Johan expliquait que c'est vrai que depuis une dizaine de jours, cette question légitime autour des frontières, de Schengen.
On
voit que les Allemands, depuis le drame de Solingen, je ne
dis
pas de bêtises, la ville de Solingen a renforcé pour au moins six mois ses contrôles aux frontières. C'est une question sur laquelle on
doit se pencher.
– Les chiffres sont tombés en Allemagne. La presse allemande a rapporté que le premier bilan n'était pas très bon.
– Ah,
bon. –
En
fait, moi ce que je veux témoigner…
– Ce n'est
pas
très
bien fait non plus. – C'est vrai que les frontières aujourd'hui, ce sont des passoires. Il faut se dire les choses. Très clairement, les frontières internes, ce sont des passoires. J'ai fait l'expérience, moi je suis allé voir les copains de la police derrière les frontières de Montgenèvre.
Ce
n
'est
pas là où ça passe le plus, mais ça passe quand même assez régulièrement. On avait, Darmanin avait créé un arrêt pour renvoyer les individus qu'on contrôlait aux frontières dans le pays d
'où
ils arrivaient. Donc on les renvoyait en Italie, c'était un peu du cinéma, mais ils repartent en Italie. –
Pour
mieux
revenir ensuite. – Ils les récupéraient, mais ils
revenaient.
– Et ils reviennent le lendemain. – C'est le chat à la souris.
– Alors,
il y avait au moins ça. Aujourd'hui, ça a été cassé par le Conseil d'État. C'est l'Europe qui a décidé que ça ne pouvait pas se faire, ça a été cassé. Donc aujourd'hui, les collègues, qu'est-ce qu'ils font à Montgenèvre ? Ils prennent les six premiers, parce qu'ils n'ont que six places en cellule. Ils prennent les six premiers, ils font des
procédures
qui durent des plombes. Et tout ce qui passe derrière, ils ne peuvent rien faire.
Donc, c'est aujourd'hui très clairement une passoire. Parce que les policiers de la police d'air et frontières de Montgenèvre, pour cet exemple-là,
ne
peuvent pas agir autrement. Et vous savez, quand vous êtes flic, Julien, que vous voyez ça, et que vous savez que derrière, on ne pourra plus les expulser parce
que…
– Vous avez l'impression de brasser de l'air. –
Mais
c'est un truc de dingue. Je vous assure, quand vous êtes… Moi, je suis allé les voir trois, quatre fois, mais c'est à pleurer. Tellement, ça rend fou de voir ça. Et les collègues ont envie de bosser, parce que c'est tous des bosseurs incroyables. Ils ont envie, mais ils ne peuvent pas. Ils sont limités par le nombre de places. Et face à ça, on n'a pas de solution.
–
Dernier mot là-dessus, Laurent Jacobélé. –
Oui,
je
pense qu'il faut dissuader les gens de venir. Pour ça, il faut effectivement un double contrôle aux frontières, frontières européennes, que Frontex arrête d'être une agence de voyage, mais devienne un vrai organisme de contrôle. Puis les frontières nationales les dissuader en disant, si vous mettez le pied sur le sol français, vous n'aurez pas d'allocation, vous n'aurez pas d'aide, vous n'aurez pas les soins gratuits. Ça ne sert à rien de venir. Et si vous êtes venus illégalement, vous ne serez jamais régularisés. Dissuader, c'est très important. Mais dissuader aussi, c'est aider au développement des pays. Parce qu'il y a deux types d'immigration.
L'immigration souvent très légale, des gens qui sont très diplômés, qui vont trouver du travail en Europe, alors qu'ils pourraient être utiles à leur pays. On parlait de l'Afrique tout à l'heure. Et puis l'immigration des plus pauvres, qui sont prêts à risquer leur vie pour finalement survivre en Europe. Eh bien aujourd'hui, il existe une aide économique, mais elle n'est pas contrôlée. Aujourd'hui, on le sait, elle sert très souvent à la corruption par exemple. Eh bien si on était sûr qu'elle servait à créer des industries et des emplois, on se prémunirait d'avoir des gens qui veulent migrer et on rendrait des pays plus heureux.
Bon,
en tout cas, les récentes déclarations de Bruno Retailleux ne sont pas passées inaperçues. On verra surtout si le nouveau ministre de l'Intérieur est capable de joindre la parole aux actes qui, compte tenu de la
situation parlementaire, en effet, vous lisez dans mes pensées.
Voilà. Les mois autour de la mort de la jeune Philippine se poursuit dans tout le pays avec des rassemblements. Vous avez pu vivre notamment sur nos antennes, organisées dans plusieurs villes hier, notamment à Paris. Je voulais juste vous montrer une image. Vous l'avez peut-être déjà vue, mais ne serait-ce que pour les gens qui ne l'ont pas encore vue, c'est une telle honte. Parmi ces rassemblements, hier, il
y
a eu une perturbation par des militants, a priori, d'extrême-gauche. En tout cas, un a été identifié. On lira son tweet d'ailleurs dans quelques minutes. Ça s'est passé en Isée. Regardez cette séquence. C'est de l'italien. M. Jacobelli pourrait aisément traduire. Nous sommes tous antifascistes. On a l'habitude d'entendre ça. Florence Croix, comment est-ce qu'on peut se comporter d'une telle façon ?
Je veux dire, quels que soient les clivages politiques, les différences, les débats d'idées qu'il peut y avoir, on a juste une poignée de gens qui sont en train de faire une minute de silence pour une gamine de 19 ans qui s'est fait assassiner, enfin qui s'est fait tuer en tout cas, par un individu.
En même temps, ils étaient assez peu, vous avez revu.
Oui, mais peu importe en fait. On peut
appeler agitateurs, comme on en voit dans certaines manifs, des gens comme ça, peut-être, qui se disent de gauche, qui se disent d'extrême-gauche.
Vous
avez à vue de nez,
il y a plutôt du NPA ou de la France Insoumise, à vue de nez comme ça.
Le Siamotuti antifascististe, c'est un slogan bien connu à l'extrême-gauche. C'est vrai, mais qui ne représente... C'est pas qu'à vue
de nez, ils l'ont revendiqué.
Qui ne représente
que
même, qui ne représente que même. En plus, ça n'a aucun intérêt. On ne sait pas pourquoi ils disent... Bon, alors peut-être que c'est révélateur.
Ah
bah
si, on sait pourquoi ils disent, parce qu'ils
partent du principe que tous ceux qui s'émeuvent de la mort et du viol de Philippine, pardonnez-moi, sont des fascistes d'extrême-droite.
Non, mais c'est-à-dire qu'ils partent... Si vous avez... Alors
moi, je ne suis
pas du tout d'accord avec ça, attention.
Je ne suis pas en train de vous accuser de quoi que ce soit, il n'y a pas de souci. Non,
non,
non,
mais je sais, mais ce que je veux dire,
c
'est que dans l'interprétation de la scène, comme vous essayez de le dire, c'est que finalement, on a d'un côté des gens qui rendent hommage, tout simplement. Alors c'est vrai que la légende est quand même assez explicite, parce que... Tu
es par un homme sous OQTF ? Voilà. Bah c'est juste factuel
en fait.
C'est factuel, mais c'est aussi, il y a un message là-dedans, on ne
peut
pas le nier. Ce n
'est
pas parce qu'on est d'accord, pas d'accord, mais en tout cas, on
peut le constater.
Il
y a
un message qui horripile les Français depuis quelques années maintenant.
Non, mais voilà. Et de l'autre côté, on a une forme
de récupération... Plutôt la réalité
du message horripile les Français,
pardon. Et de l
'autre côté, on a une récupération de Benet en fait. Pardon, mais de dire ça, mais...
Parce
que de dire... Non, mais si, mais si.
Non, c'est des cadres,
madame. C'est des cadres qui étaient candidats aux législatives.
Ce sont
des assistants parlementaires, des anciens candidats aux
législatives. Sur un tweet, d'ailleurs, il a tweeté, il a commenté une vidéo de ces news où, sur le plateau, on s'indignait, enfin, ceux qui étaient présents, s'indignaient de cette séquence et de ces slogans antifascistes alors que des gens étaient en train de se recueillir. Et lui, il commente, supercherie de pleurnichards, sous la vidéo, donc, ces journalistes qui essayent de faire croire à la perturbation d'un hommage sont des usurpateurs.
L
'extrême droite s'en fiche des droits des femmes. Nous étions sur place, face à nous, des militants identitaires ultra-violents et racistes. En effet, ces gens tête baissée qui se recueillaient avaient l'air ultra-violents et racistes.
Non, mais en fait, c'est de la récupération de leur côté également.
Mais
évidemment.
En fait, c'est de
la récupération. Et l'orange, vous vous prenez derrière.
Quand il est question, quand ils disent « s'en fiche des droits des femmes », mais en fait, le sujet, il n
'est
pas là.
Eux
aussi s'en fichent des
droits des femmes, j'ai envie de dire.
En
fait,
je veux dire, le sujet, il est ni d'un côté ni de l'autre. Le sujet,
il
est plus complexe que cela. Et ça, je pense que c'est ça qui est intéressant. Si on veut justement tirer les enseignements de cette tragédie, il ne faut pas être dans quelque chose, dans une vision, dans une analyse manichéenne. Ni d'un côté dire « comme j'ai pu entendre, c'est un féminicide, point barre », ni de l'autre dire « c'est un violeur sous OQTF, point barre ». Non, ce n
'est
pas ça la question. C'est quoi la question ? La question, c'est plein de choses. C'est une multitude. Quand on reprend, comme je vous l'ai dit l'autre fois, j'étais sur ce plateau, la chronologie des faits, il y a beaucoup de sujets juridiques qui sont en cause dans cette affaire. Il y
a
la question de l'excuse de minorité qui n'a pas été écartée. Il y a la question de la prison, de la façon de la prise en charge en
prison.
Il y a la question des violeurs, de points d'interrogation de la castration chimique
qui
existent dans le Code et qui exigent le consentement de la personne concernée. Il y a la question de ce qu'on appelle le suivi
socio-judiciel. Vous
n'allez pas en avoir beaucoup avec
le consentement. Mais si, il
y
a
des pays où les gens l'acceptent.
Il y a des gens
dans certains pays qui
l'acceptent. Ce n'est pas généralisé à tous les violeurs. Donc si vous voulez vous répondre
à ce manichéisme, pardonnez-moi, stupide, et de ces espèces d'agitateurs, la meilleure façon d'y répondre,
c
'est de dire « Mais attendez, vous êtes vraiment à côté de la plaque parce que les sujets sont multiples.
»
Laurent Jacobelli, quand on voit ça, franchement, on se pose une question. Est-ce qu'on est encore capable dans ce pays de faire nation sur une question majeure ?
Moi, je vous pose une autre question. Imaginez...
Ah, mais j'aimerais bien que vous répondiez à
la mienne, déjà. Je vous réponds
par une autre question. Vous allez voir, vous allez comprendre où je vais en venir. Imaginez qu'un Marocain sous EQTF ait été tué par une jeune française blanche et catholique. Les mêmes, aujourd'hui, auraient fait des émeutes dans toute la France, cette extrême-gauche. C'est-à-dire que pour eux, il y a des morts qui ont une valeur et des morts qui n'en ont pas. Il
y a
des criminels qui sont excusables. Et des criminels qui ne le sont pas. Et c'est ça qui est terrifiant. C'est-à-dire que pour faire avancer leur agenda politique, qui est un électorat communautarisé, ils sont prêts à accepter toutes les vilainies. Pour eux, là, la victime,
c
'est le Marocain. Clairement, ce n'est pas la jeune fille qui a été tuée. Et ce ne sont pas des individus, des hurluberlus. Ce sont des professeurs, des candidats à la France insoumise et les Verts aux élections, des
assistants
parlementaires. Ce sont donc des décideurs dans leur parti politique.
Et
j'ai encore en tête, bien sûr, cette image à Sciences Po d'étudiante en train d'arracher des portraits de cette jeune femme.
Donc, c
'est extrêmement grave ce qui s'est passé. Ce n
'est
pas, une fois encore, trois, quatre esservelés qui ne comprennent pas ce qui se passe. Ce sont des décideurs politiques qui décident de cranter clairement leur agenda et bien montrer qu
'ils
seront toujours du côté de ceux qui attaquent les Français.
Juste pour donner une petite précision,
il y
a des gens peut-être devant leur écran
qui disent « Mais pourquoi la police n'est pas intervenue ?
» En fait, ce n
'est
pas un délit. Donc,
je
vous le dis, bien sûr, ça nous fait gerber de voir ça. Je vous le
dis,
quand vous êtes sur le service d
'ordre et que vous voyez des chants comme ça alors qu'il y
a
des gens qui se recueillent, ça vous donne envie de gerber. – Mais rien ne les empêche de le faire.
– Mais rien ne les empêche
de le faire légalement. C'est pour ça que je préfère le dire, parce que ce
n
'est pas illégal. – D'ailleurs, les ultra-violents, en l'occurrence, ils ont gardé leur sang-froid parce qu'il y en a d'autres qui seraient allés au coup de poing en disant « Arrêtez de nous saccager cet hommage ». Johan, oui ? – Il est évident que pour l'extrême-gauche dont il est question, Philippine n'a pas le bon profil. Elle est effectivement blanche, elle est catholique et elle est issue d'une bonne famille. Donc, ça ne correspond pas à leurs critères. – Ensuite, Maître, vous avez raison, je crois que nous rencontrons dans ce pays un certain nombre de problèmes liés notamment à la récidive, vous l'avez évoqué. Il n'y
a
pas suffisamment de moyens en prison pour faire en sorte que la récidive baisse dans ce pays parce que le taux de récidive, il est colossal. Il
n'y a
quasiment pas de suivi en prison, les moyens sont à ce point limités que les détenus sont suivis notamment par des psychologues une fois tous les 36 du mois. Donc, on ne sait pas empêcher la récidive dans ce pays, on n
'a
pas les moyens de le faire. Mais c'est précisément parce qu'on n
'a
pas suffisamment de moyens qu'on n
'a
pas besoin d'importer non plus tous les délinquants qui viennent de tous les autres pays, si vous voulez. Tous les délinquants qui sont étrangers dans ce pays, qui sont visés par des OQTF, si on n'a pas les moyens de s'occuper des délinquants et des criminels français, on a encore moins les moyens de s'occuper des délinquants et des criminels étrangers. Et c'est d'autant plus pour cela qu'il faut exécuter ces OQTF de manière à protéger la société et exécuter en priorité les personnes visées par des OQTF et qui le sont parce qu'elles ont commis des délits ou encore pire, des crimes. Je voudrais que vous entendiez le message de cet homme cet après-midi sur Europe 1.
A priori, on ne peut pas l'accuser de militantisme politique d'un bord ou de l'autre. C'est juste un enfant qui a vu sa grand-mère violée et tuée en 2021 par un individu sous OQTF. Et il déplore ce clivage politique et ne comprend pas qu'on puisse créer de telles divisions et tant de haine autour d'une question aussi élémentaire.
Aujourd
'hui, si on pointe du doigt une défaillance
comme
le traitement des OQTF en France,
on
passe immédiatement pour un facho. Et j'en profiter un
petit peu de ce passage radio pour appeler tous les gens de sensibilité de gauche
qui
sont touchés par ce qui s'est passé
à
se manifester
et à essayer de créer un mouvement d'ampleur.
Parce
que ce que je voudrais vraiment dire, la chose sur laquelle je voudrais insister, c'est qu'aujourd'hui, c
'est
la société civile qui doit s'emparer du sujet. Il faut arrêter d'être complaisant par rapport à ça. Je pense qu'au niveau politique,
il
y
a
trop de clientélisme. Donc
il
faut arrêter de regarder du côté des hommes et
des femmes politiques de ce pays qui,
pour
des raisons électorales, n'agiront pas ou seront en permanence dans le dogme. Et moi, j'invite les gens de toute sensibilité politique, de gauche, de droite, à sortir de ce dogme, à juste regarder les choses en face. Sortir des dogmes et juste regarder les choses en face, c'est un message de bon sens, en fait, qui a souffert dans sa chair. Je le rappelle, sa
grand
-mère a été...
Oui, mais je viens très
bien de ce témoignage qui était très émouvant. Violée
et tu as
plus de 90 ans. Non, mais voilà, exactement, morte de ses blessures. Mais après, il y a quand même une forme de contradiction. Enfin, il
y a
un moment, il faut bien que ce soit les élus qui fassent évoluer les choses, qui fassent évoluer le cas échéant, le cadre juridique, les élus qui décident qu'il y ait plus de moyens sur le suivi psychiatrique, qu'on en parlait, sur la réinsertion en prison, sur la prise en charge des violeurs. Parce que je ne
vois
pas ce que les citoyens, eux, peuvent faire. Ce sont des problèmes qui sont des problèmes qui se posent au niveau de la société. Donc, oui, le sujet, il est plutôt pourquoi, malgré une volonté très unanime, je pense, chez les Français, toute sensibilité politique confondue, pourquoi ne sommes-nous pas capables d'avancer sur ces dossiers-là ? Et quel est la... Vous
avez une réponse, vous ?
Mais oui, parce que je crois... C
'est juste une
question de courage, d'électoralisme, comme il l'a dit. Non, ce n'est pas qu'une question de courage. Nous avons fini par créer un piège redoutable.
C
'est-à-dire que nous avons tellement voulu défendre la démocratie contre les emportements populaires, c'était la logique en 1945, donc de créer de plus en plus des blocs de constitutionnalité, des choses qui nous préservaient éventuellement de majorités qui auraient porté au pouvoir des dirigeants considérés comme dangereux, que nous avons fini par totalement restreindre le champ de la souveraineté populaire et de ce qui est encore possible de décider par une assemblée, par exemple. Parce que de toute façon, on le disait, le délit de séjour irrégulière sur le territoire français, c'est le droit européen qui nous impose d'y avoir renoncé.
Et donc il faudra bien un jour avoir le courage de remettre, et moi j'ai de grandes réserves sur la formule de M. Retailleau mettant en cause l'État de droit, je pense qu'on peut remettre en cause l'État du droit, ce qui n'a
rien à voir.
Alors
on en a parlé
tout à l'heure sur le premier plateau avec Judith Weintraub, apparemment il y
a
quand même des soucis de compréhension de ce qu'a voulu
dire Bruno Retailleau.
Il aurait
plutôt
évoqué l'État du droit
sans majuscule, enfin
avec une majuscule, que l'État de droit avec un E majuscule. Je
pense
que c
'était
une maladesse d'expression et que évidemment Bruno Retailleau n'a pas expliqué qu'il voulait renoncer à la
démocratie. Oui, parce que ça a fait
quand même beaucoup
réagir ces dernières heures.
Et
au bas,
ça il a pointé exactement ce que je suis en train de vous dire là. Il y a cette question de le champ de la souveraineté populaire sur des questions et c'est aussi ce que constate Marius, me semble-t-il, le petit-fils de cette dame qui a été violée et assassinée. Et oui, tout simplement, ce qui paraît relevé de bon sens à hauteur des citoyens n'est plus réalisable parce qu'il y a trop d'obstacles juridiques. Ce ne sont même plus des obstacles politiques. Je me pose une question, moi, hier. Alors Rudy, je ne sais pas si vous allez pouvoir m'éclairer. Florence Croisse, peut-être. Pourquoi est-ce qu'on ne hiérarchise pas les OQTF dans ce pays ?
Si on a autant de mal à les appliquer, pourquoi on ne crée pas des catégories en termes de dangerosité ? Parce qu'il
y a
des OQTF qui sont illégalement sur le territoire, qui doivent rentrer chez eux mais qui ne présentent pas une menace directe. Et il
y
en a d'autres qui présentent une menace directe parce que casier judiciaire, parce qu'antécédent, parce que récidive. Pourquoi on n'est pas capable de prioriser, de mettre sur une pile les
dossiers
majeurs
?
Ce sont ceux qui sont dans l'écrasse. Mais
oui, mais qui sont libérés 15 jours avant la délai maximum.
Ah, c'est eux,
d'accord. Ok,
pardon, autant pour moi.
Ce n'est pas la hiérarchisation
le problème.
C'est effectivement
ceux qui sont dans les centres de rétention administratives, c'est les 5% les plus violents et les plus chargés de manière judiciaire, qui doivent partir en de toute urgence, mais qui ne partent pas. Parce que vous avez tellement de recours, ils sont tellement aidés par des organisations non gouvernementales, qu'au final, ils restent sur les territoires français. Il
faut bien
changer la
loi.
Et il y a d'autres, juste, je vous laisse la parole tout de suite, juste sur un point précis. L'administration française considère par exemple le Maroc coopérant avec la France. Le Maroc est prêt à reprendre un certain nombre de personnes sous OQTF. Le Maroc est prêt à reprendre des mineurs isolés. Mais l'administration française considère que les mineurs isolés seraient en situation de danger au Maroc. Dans ce cas-là, on marche sur la tête. Parce que si réellement c'est la conviction de
l
'administration française, allons chercher tous les mineurs marocains pour les ramener en France. Mais c'est totalement délirant comme vision. Et il y a vraiment un problème d'une certaine idéologie qui s'est imposée au sein de l'État et qui fait effectivement que le citoyen lambda, il a de la peine à se défendre contre ça. Florence Roy, c'est juste après, on va entendre la première victime de cet homme, de ce Marocain soupçonné du meurtre de Philippines. C'est important d'entendre ce qu'elle dit. Elle a écrit une lettre à l'AFP et on verra ce qu'il faut en retenir ensemble dans un instant. Florence, d'abord.
En deux mots, les OQTF, de toute façon, je crois qu'il
y a
un projet de loi qui va être mis sur la table pour prolonger justement la durée de rétention. Mais de toute façon, le problème fondamental, et moi j'ai cru comprendre en écoutant la motivation du juge des libertés de la détention lorsqu'il a relâché le...
Elle, en l'occurrence, fait un aveu d'impuissance totale en disant qu
'il
est dangereux, mais je ne peux rien faire. Voilà ce qu'elle dit.
Oui, en gros, ce qu'elle dit aussi, c'est qu'elle parle de la question des laissés-passés consulaires. Et en fait, on comprend très bien dans sa motivation, ce n
'est
pas qu'elle jette l'éponge, mais il reste 15 jours, je crois, juridiquement.
C'est ça.
Et
en fait, elle constate, elle, oui, je ne sais pas, le juge des libertés de la vie.
C'est une femme.
Elle constate, si vous voulez, la dangerosité, l'éventuel risque de récidive, le trouble à l'ordre public que
ça peut
engendrer. Mais elle pointe le doigt sur la question du laissé-passé consulaire, parce qu'ils l'attendent. Ça fait 80 jours,
ou
75 jours, parce qu'il reste 15 jours qu'ils attendent se laisser passer consulaire. Donc la vraie question...
Qui
est arrivé trois jours après, je le rappelle, sa libération.
Voilà. La vraie question, elle est diplomatique. Ça veut dire pourquoi ces pays, il faut aller au front avec ces pays. Il faut absolument exiger, utiliser les moines pressions qui sont en notre possession pour que ces pays, alors le Maroc un peu moins, l'Algérie beaucoup plus.
Oui,
l'Algérie qui
bénéficie des
accords de 1968 qui sont jugés caduques par l'ensemble de la droite française.
Oui, mais en l'occurrence, il était marocain. Il n'était
pas l'Algérie. Oui, oui,
mais là, je parle d'Algérie, puisque
vous avez mentionné les Algériens également. Tout à fait. Et c'est ce
point qu'il faut vraiment mettre, je pense...
Je voudrais vraiment qu
'on
lise la lettre de cette jeune femme et vous voulez encore réagir sur ce sujet. Alors, des réactions rapides, Karima, Rudi Mana et Laurent Jacobelli, s'il vous plaît.
Non, non, mais c'est-à-dire qu'on voit qu'il
y a
une espèce de série de défaillances, que ce soit au niveau administratif, mais aussi, on parle de cette question du laissé-passer constitulaire et que c'était sur quelques jours. Mais quand même, si on se reporte au premier viol, parce qu'on parle ici maintenant d'un récidivisme, ça datait quand même de 2019. Donc, on s'est dit, OK, oui, il y
a
la peine après qu'il purge, mais quand même, que ce soit une question de journée, alors que ça remonte à 2019, on peut quand même s'interroger. Il y a quand même une immense lacune à ce moment-là, si on parle de faire respecter la loi et aussi l'aspect administratif. Et tout ça pour dire plus largement, je disais tout à l'heure, on a parlé de M. Rotailleux, qui est ministre de l'Intérieur, il y
a
aussi M. Migaud, ça va être de voir, est-ce qu'ils vont dans la même direction.
Quand on parle du discours
de politique générale, c'est aussi de voir, est-ce qu'ils vont marcher main dans la main? Ils
mangent ensemble déjà,
donc ça
commence bien. Mais
si d
'un
côté, vous avez cette vision de fermeté d'autorité et de l'autre, M. Migaud, qui semble dire, bien, circuler, il n
'y a
rien à voir, tout va bien, la loi, elle est bien appliquée, quoi que ce soit, on n'avance pas. Et peut-être juste en terminant aussi, parce que la question des EQTF non respectées, on posait la question, est-ce que c'est un mal français? Manifestement, oui, c'est un point qui est sensible, parce que ce n'est pas un fait isolé. On parle de l'affaire Lola, on a parlé de cet homme, de ce témoignage bouleversant
de la grand-mère.
Claire également, qui témoigne ces derniers jours et qui a réussi à survivre,
bien heureusement. Et
malheureusement, sur le pas d'amalgame, c'est que ces individus qui font du mal à des Français ici, qui n'auraient jamais dû se retrouver sur le territoire, font aussi du mal à des Français d'origine immigrée ou d'autres immigrés qui viennent ici, qui aiment la France, qui s'intègrent. Donc il
y a
une responsabilité aussi de l'État, je
vous
dirais, à protéger l'ensemble des Français.
Mais c'est vrai
que là où Karima a tout à fait raison, c'est que les premières victimes de l'image que renvoient ces OQTF, ce sont les immigrés de France, qui vivent parfaitement selon nos règles et nos lois, qui sont parfaitement intégrés à notre société. Rudy Manon, Laurent Jacobéli, vraiment messieurs, s'il vous plaît, rapidement, parce que je voudrais qu'on avance.
Très court par rapport à cette décision de la juge de libérer l'individu 15 jours avant la fête, c
'est
90 jours. Ce qui me rend fou, moi, chez les juges, parfois, c'est qu'on travaille pour le peuple. Nous, moi, je suis un flic pour le peuple. Je
veux protéger mon
peuple.
Elle respecte les règles, Rudy. Elle
a respecté les règles. C'est terrible, ça ne me fait pas plaisir de vous le dire.
Elle a agi selon les règles.
C'est
trop facile de dire ça. C'est trop facile de dire ça. Moi, si elle avait laissé 15 jours de plus, il n'y
avait
pas de souci. Mais le respect des règles, elle se cache derrière les règles. Pour dire, vous comprenez, le laisser passer, on risque de ne pas l'avoir dans 15 jours. Par contre, je vous le dis, il est hyper dangereux. Mais où est le respect du peuple, là ? C'est ça que je ne comprends pas. Et c'est ça qui nous rendait... Si Sandra Buisson était sur ce plateau, elle vous expliquerait mieux que moi, mieux que moi, à quel point toutes les règles et les différentes mesures applicables ont été appliquées jusqu'au moment où elle n'avait plus de raison légale. Quand bien même,
elle
déplorait la dangerosité
de cet homme de
le maintenir.
Mais elle avait 15 jours de corps. Mais
ce n
'est
pas moi que vous avez... Je veux que les gens l'entendent aussi. Bien sûr. Et comme un bonnet, on doit rendre la justice pour le peuple. C'est ça qu'il faut comprendre et arrêter de se cacher derrière des textes.
C'est vrai.
Parfois,
on
peut... Mais
si la règle
n
'est
pas bonne, il faut changer la règle. Mais bien sûr. Je veux bien que les règles soient respectées, mais changeons-les dans ce
cas-là.
Alors,
on
va être rapide.
Rapidement.
Changer la règle ou changer certains fonctionnaires, quand même. Parce que si le laisser passer consulaires est arrivé trois jours en retard, c'est parce que la demande, ce n
'est
pas faite par
le bon tuyau. C'est vrai aussi. C'est vrai aussi. Très juste. Si il avait été pour 30
jours et qu'il n'y avait pas eu d'erreur d'administration, il serait dehors.
C'est juste. Donc, trois
mesures rapides. Contrôler les frontières pour empêcher ce type d'individus d'arriver. Deuxièmement, la double peine. Tu es un criminel, tu es un délinquant, tu sors de prison dehors.
Ce qu
'a proposé récemment encore Jordan Bardella.
Troisièmement, négociation avec les pays, notamment d'Afrique du Nord, mais pas seulement. L'aide au développement avec une clause. Si jamais tu ne reprends pas tes ressortissants, on arrête l'aide.
Depuis, pour la première fois, pardon, depuis la mort de Philippine, sa première victime, la première victime, pardon, de Tahao s'est exprimée. La jeune femme qui a été violée en 2019 par cet homme âgé aujourd'hui de 22 ans, elle appelle notamment à mieux prévenir la récidive des crimes sexuels. Je voudrais qu
'on
voit ce qu'elle dit dans ce sujet de Adrien Spiteri.
C
'est sur un sentier forestier de Tavernie comme celui-ci que la jeune femme a été attrapée puis violée en 2019. Par Tahao, principal suspect de la mort de Philippine.
Dans
un courrier adressé à nos confrères de l'AFP, elle exprime sa douleur.
Je pense à Philippine et à sa famille et je suis immensément triste. J'aimerais les réconforter, la réconforter, mais je ne fais face qu'au vide insupportable laissé par sa mort.
Condamnée en 2021, Tahao a été libéré en juin 2024, soit quelques mois avant la mort de Philippine.
Pourquoi le système pénitentiaire a-t-il failli à prévenir cette récidive ?
Pourquoi
n'a-t-on pas su arrêter cette escalade de la violence jusqu'au meurtre d'une jeune femme
? Le
dysfonctionnement de l'OQTF ne doit pas oblitérer la question primordiale de la récidive.
Éviter la récidive avait pourtant été l'un de ces combats à l'époque.
J'ai porté plainte, tenu bon, au cours des deux ans d'enquête, d'instruction, puis de procès, en me disant que ma démarche protégerait d'autres femmes.
Depuis la mort de Philippine, Thao, marocain âgé de 22 ans, a été arrêté en Suisse. Une information judiciaire a été ouverte pour viol et homicide par le parquet de Paris. La question de la récidive, bien sûr, Rudi Manal, est centrale dans ce dossier. Visiblement, rien n'a été fait pour le suivi du meurtrier. Quelqu'un qui est déviant sexuellement dès l'âge de 17 ans. Il
y a
un moment, il faut le suivre. On ne peut pas se permettre des remises en liberté sèche, mais je vais vous donner un chiffre que je viens de découvrir ce soir, qui vient d'être révélé. On a battu aujourd'hui un record, encore une fois, en termes de population carcérale, qui est de facto une surpopulation. Il y a aujourd'hui 78 969 détenus dans les prisons de France. C'est le plus haut total jamais enregistré. L'un et l'autre sont liés, forcément. C'est pour ça que je l'évoque. Ce n
'est
pas étonnant, mais pour revenir à l'affaire, il avait pris 7 ans alors que l'excuse de minorité n'avait pas été retenue. C'est ça ?
Si, elle
a
été retenue, la minorité. Elle a été retenue, sinon
il aurait pris 15 ans. Ça veut dire que le premier viol était extrêmement grave. Il avait pris le
maximum. Il avait peine le maximum. Pour un mineur, il avait pris le maximum.
Donc déjà, il faut que tout le monde le sache. C'était extrêmement grave. Il a été au maximum de ce qu
'il
puisse avoir. Bien sûr que les
prisons,
je ne
suis
pas surpris par ce chiffre-là des tenues, puisqu'on le voit que l'ultra-violence, elle est de mise dans ce pays. On le voit à travers les interventions que font les policiers à longueur de journée. On le voit à travers les interpellations que l'on fait, où systématiquement, ils se rebellent
contre les policiers ou les gendarmes. Donc on n'est pas du tout surpris par ça. Mais si ça augmente... Et j'aimerais bien savoir aussi le nombre de bracelets électroniques qui sont délivrés. Je pense qu'il est aussi en constante augmentation. Ça veut dire que
la
population française, la
délinquance française est de plus en plus violente et mérite d'aller en prison. Mais la prison n'a pas les moyens de travailler sur les récidivies. Mais c'est là où il y
a
une responsabilité. Et
c
'est là qu
'il
y
a
un problème.
C
'est là où il y a une responsabilité politique. Jean-Sébastien et Florence Roy, c
'est
en avance. C'est là où il y
a
une responsabilité politique accablante. Et malgré tout, on pourrait en venir. On a bien fait condamner l'État pour une action climatique. Donc pourquoi ne ferait-on pas condamner l'État pour une action régalienne ? Là, il y
a
un livre qui vient de sortir d'un magistrat du Conseil d'État qui s'appelle Christophe Eosch-Duval. Je crois que vous l'avez peut-être reçu d'ailleurs. Mais bref, qui parle d'ailleurs, qui traite du coup de l'insécurité en France et qui dit qu'il faut taper au portefeuille. Parce que ce que vous évoquiez, M. Jacobelli, il y a un défaut de l'administration. Alors il y a les défauts que vous avez pointés, vous, déjà plutôt dans la procédure. Mais le laisser-passer consulaire, si ça avait été fait selon la bonne procédure et si l'administration ne s'était pas trompée, il aurait été expulsé et Philippine aurait pu être en vie.
Donc il y a des familles de victimes qui, je pense, seraient fondées à attaquer l'État. Et si nous étions aux États-Unis, je vais vous dire, mais ça se compterait en dizaines de millions. Donc ça ne rendra jamais... De dommages et intérêts, vous voulez dire ? Oui, de dommages et intérêts. Ça n'est pas la culture française et au-delà de ça, rien ne vaut une vie et pour les familles de victimes, de toute façon, rien, aucune somme d'argent ne pourra remplacer les pertes tragiques qu
'ils
subissent. En revanche, peut-être que ça serait le moyen, enfin, d'obtenir de l'administration française qu'elle se bouge parce que malheureusement, le seul truc à l'air de comprendre parfois, c'est la contrainte financière. Oui, Florence Roise, pardonnez-moi.
Oui, vous voyez que quand vous dites...
78
969 prisonniers aujourd'hui.
Ok, alors qu'est-ce que ça veut dire ce chiffre
? Premièrement, que
la justice n'est pas laxiste parce qu'il y a beaucoup de gens en détention. Ah ben attendez, vous permettez
?
C'est pas vrai quand vous
dites...
Il y a un tiers des détenus
ça veut dire qu'ils sont en détention provisoire.
C
'est même pas des condamnations définitives. Quand on entend certaines personnes nous dire « Oui, on interpelle et deux jours après ils sont dehors », ben la preuve c'est que la justice n'est pas laxiste.
Ou
alors
il y a des justices
en plus de
délinquance. Oui, mais justement,
ce que vous n'avez pas compris et je le répète et je le répète souvent ici, c'est que ce n'est pas parce qu'on met en détention des gens qu'on a moins de délinquance. C'est ça l'erreur. L'erreur c'est que...
Mais comment on fait pour avoir moins de délinquance ? Il
n'y a
plus de délinquance.
Si le prix de délinquance est en prison... Quelle est la
fonction de la politique pénale de la sanction pénale ? 1. Réprimer. 2. Protéger la société. 3. Prévoir la réinsertion. C'est ça la fonction
de la peine pénale. C'est plus possible.
Donc, ce qui est très important c'est qu'une peine pénale
quand
elle s'applique elle tienne compte de l'infraction et pas systématiquement qu'on aille vers la casse-prison. Parfois, on peut penser à des peines alternatives à la détention. Attendez. On
peut
toucher au portefeuille mais il y a des infractions financières, cher monsieur, qui ne naît que la société soit protégée. Le viol, le crime, les agressions sexuelles, les violences volontaires. Effectivement, tout cela nécessite
le placement en
détention. Ça ne sert à rien. Des petits délinquants, il y
a
des choses qui sont à faire pour essayer. Il ne s'agit pas de minimiser l'importance de la sévérité
de la sévérité pénale.
Il s'agit de savoir de l'appliquer à bon escient. C'est pour ça que c'est important d'avoir un éventail de peines.
Conclusion
là-dessus, Jean-Ange
Jacobéli. La sécurité,
ça n'a pas de prix. On ne peut pas s'accommoder du manque. Il y a un manque de place de prison. Alors, beaucoup de juges libèrent et d'ailleurs, M. Dupond-Moretti avait fait une circulaire en la matière en disant qu
'il
n
'y a
pas assez de place. Évitez d'incarcérer. Non, non. Parce que demain, ça donnera des victimes. Donc, il faut construire des places de prison. Oui, il faut des peines planchées. Quand on a fait tel ou tel acte, on ne peut pas sortir de manière anticipée parce qu
'on
est dangereux pour la société. Il faut protéger les honnêtes gens. Voilà. C'est ça l'impératif absolu. Et si pour ça, il faut investir dans des prisons, il faut le faire. Si pour ça, il faut dire qu'un mineur qui a dealé, par exemple, il doit faire une semaine dans un centre spécialisé, eh bien, créons les centres spécialisés pour que demain, ce mineur ne vienne pas un caïd de la drogue. Mais à force de baisser les bras, à force de peine alternative, à force de dire « Ah bah ma pauvre dame, il n
'y a
pas de place, c'est pas bien grave.
» On se retrouve avec des
Philippines. Il y a des gens qui meurent. Eh bien, il ne faut pas toucher à un cheveu d'un honnête français.
Mais dans l'affaire Philippines, Allez, on
va s'arrêter là sur ce sujet.
Le suspect principal était récidiviste en matière de viol. Donc sa place était en prison. On n'a pas parlé de ce type de profil. Ça,
c
'est clair. Par ailleurs, quand vous parlez des peines planchers, j'en ai fini. Vous savez qu'à chaque fois, quand il y avait, à l'époque des peines planchers, ce n'était pas systématique. Les magistrats l'écartaient quelquefois la peine planchers.
Elle n'était pas automatique.
Quasiment systématique.
Donc voilà. Donc si vous voulez... Alors
voilà.
Appliquez les lois. Ce serait déjà un bon départ dans ce pays.
Hier, je voudrais qu'on évoque
ce drame qui, pour l'instant, est assez peu relayé mais qui pourrait faire beaucoup plus de bruit dans les jours qui viennent. Un drame qui a secoué la ville de Saint-Lô en Normandie. Et le monde de la boxe, d'ailleurs, en Normandie puisque Kylian Binard, c'est un jeune homme qui était talentueux de 17 ans qui a tragiquement perdu la vie à la sortie d'une discothèque après avoir été poignardée. Assez peu d'éléments et on en discutera avec Rudy.
C
'est vrai que pour l'instant, il y a assez peu d'éléments mais l'origine du différent à la sortie de cette boîte de nuit est pour l'instant inconnue. Un coup de couteau a été porté à cette adolescente de 17 ans malgré l'intervention des paupiers. La victime est décédée des suites de ses blessures vers 6h du matin donc la nuit dernière. Les équipes de CNU sont allées sur place tout à l'heure et la maman de ce jeune homme qui vient de perdre la vie a répondu à nos questions. Écoutez-la.
Je
suis en colère.
Il
a que 17 ans. Il a toute la joie de vivre.
Il
a...
Il
a encore tout à voir. Donc
non,
je ne comprends pas qu
'on
puisse faire des choses comme ça. Julien n'était pas méchant. Il était...
Il
était joyeux. Il avait pas...
Une
once de méchanceté quoi.
Et... Non,
je ne comprends pas. Pourquoi ?
Pourquoi
faire ça ?
Déjà,
si la personne se promène avec un couteau dans une voiture, c'est qu'il a l'intention de faire quelque chose quoi. Je n
'ai
pas dormi de la nuit. Je ne mange presque pas. J'ai toujours l'impression qu'il va arriver. Non,
c
'est...
Tant
que je ne l'aurais pas vu, je ne serais pas...
Pas
bien. Et encore après, je ne serais pas bien non plus.
Mais
là, je voudrais le voir. Je voudrais...
Mais
je ne peux pas. Il a pris la vie d'un...
D
'une personne, d'un gamin. Donc il faut qu'il reste en prison. Il n'a pas... Il n
'a
pas être dehors. Il n
'a
pas...
Il
n
'a
pas être dans les rues.
Parce
qu'il peut recommencer.
Il
peut...
Donc
il reste en tout.
Voilà.
Encore une mère éplorée. Encore une famille déchirée. Alors cette maman, elle dit... Parce que je pense qu'elle a l'écho de cette terrible affaire de Philippines qu'on vit depuis une semaine. Elle a peur que celui qui a porté ce coup mortel soit éventuellement libéré après sa garde à vue sous contrôle judiciaire. On n'en est pas encore là. On suivra cette affaire. Le suspect, Rudy Mana, est un homme d'une vingtaine d'années qui a été arrêté par les forces de l'or. Les autorités mènent actuellement l'enquête pour déterminer les causes exactes du drame. On n'en sait pas encore. On ne sait pas exactement encore le profil de cet individu.
Donc on va se garder pour l'instant de donner des informations qui ne seraient pas vérifiées. Ce qui est certain, c'est qu'on est encore dans de la violence juvénile. 17 ans, 20 ans. Pour le suspect. Et puis des altercations, ce bois de nuit, qui finissent avec des coups de couteau. Voilà la France de 2024. Encore une fois. Exactement. Et je ne suis pas étonné. Donc des 78 000 prisonniers
dont vous parliez tout à l'heure. Dans le Cher, il y a trois jours, pareil, même histoire. Sorti de boîte de nuit, un collègue qui... Un jeune qui défend un collègue,
il
se fait agresser, il prend un coup de couteau, il meurt également. En fait, on en est à ça aujourd
'hui. Et ces fameuses attaques au couteau, alors on dit 120, mais c'est une statistique qui date d'il y a 5 ou 6 ans. Je suis sûr qu'aujourd'hui, on est largement au-delà de 120 parce que moi, dans le département
où je vis, par jour, par jour, dans le département où je vis, j'en vois énormément tous les jours. Les coups de couteau, ça devient un truc de dingue. Il faut vraiment aussi lutter contre ça parce que tous les jeunes... Et comment ça
se fait ?
Comment vous expliquez ça ? Depuis quelques années, il
y a
eu un virage quasi du jour au lendemain où il n
'y a
pas un jour sans une attaque au couteau, sans des
agressions des
jeunes
qui sont avec leur sac à dos et des couteaux dedans. J'ai l
'impression que c'est arrivé du
jour au lendemain.
Et on a décidé de ne plus le compter parce que maintenant, la statistique n'existe plus.
C
'est-à
-dire
qu'il faut aller la chercher. Vous avez différents délits parce qu'une attaque au couteau, elle peut servir à un viol,
elle
peut servir à tuer quelqu'un, elle peut servir à des violences, elle peut servir à un cambriolage. Et donc, il faudrait aller piocher dans chacune de ces catégories-là. Mais pour balayer ou mettre la poussière sous le tapis, on a décidé de ne plus compter. Donc, effectivement, les derniers chiffres, ils datent de 2019.
Et
puis,
les
couteaux, je vous l
'ai
déjà dit ici, Julien,
les couteaux, tout le monde a un couteau aujourd'hui. Vous contrôlez des jeunes à la sortie d'une boîte, je vous assure, c'est 100%. Ils ont tous des couteaux sur eux. 100% ? Non, peut-être pas. Non, mais 100% des jeunes qui sont là pour chercher la bagarre. Ils
ont tous... Ah oui, non, non, parce que vous en êtes assisés. Bien sûr, vous en êtes assisés. Parce que j'ai la
sortie d'une
discothèque avec des jeunes qui cherchent à en découdre.
D
'accord.
Ils ont tous des couteaux sur eux. Bien sûr, je ne
vais
pas contrôler un petit qui sort de l'école, il n
'a
pas un couteau. Mais ces jeunes-là ont
tous
des couteaux sur eux. Il faut se le dire. Et la vie n'a aucune valeur, en fait. Et
la vie
n'a plus de valeur. Et on est dans un jeu vidéo, on va planter l'autre parce qu'on a l'impression qu'il nous a manqué de respect ou peu importe, il y
a
une altercation. C'est ça.
Il
sera intéressant de voir le profil de la personne qui a porté ce coup mortel quand même parce que vous dites que ces jeunes-là se promènent tous avec un couteau. Ce sont manifestement des caïds dont vous parlez, mais on porte rarement un coup de couteau mortel sans avoir un casier judiciaire long comme le bras. Donc on verra bien le plus profil de... Et vous avez des gamins de 15 ans qui vont à l'école avec des couteaux. Yoann, aujourd
'hui, on en
est là. Non,
mais
ce que je
veux
dire... J
'ai l'impression que ça
devient une mode et quelque
chose
de courant d'avoir un couteau
sur soi quand on est jeune.
Ce que je veux vous dire, c'est que je vous fiche mon billet que celui qui a tué Kylian, à mon avis, il est connu défavorablement et très défavorablement des services de police depuis des années. On verra bien. On verra
ça demain. On aura plus d'infos
dessus de la garde à vue. Pour l'instant, vous n'avez pas plus d'infos vérifiées. Un commentaire ?
Non, mais c'est vrai ce que disait Rudi Mana sur le côté le couteau. C'est une culture. C'est vrai qu'avant, il
n
'y
avait
pas ça. C'est vrai, il y a toujours eu des batailles entre bandes plus
ou moins. J'ai
assisté des gardes à vue où ceux qui utilisaient le couteau, c'était une culture. Vous avez raison.
On a un dernier
tweet. Je
montre juste le tweet
de Marion Maréchal qui apparemment s'exprime et je le découvre avec vous sur cette affaire. Valérie Acknin qui me prévient. On l
'a
à
l
'image, les amis ? Voici. Merci beaucoup. On a la photo de ce jeune homme, 17 ans, champion de boxe en Normandie. Je n
'ai
pas eu le temps de lire. Je suis désolé. On n
'a
pas le droit de lire. On va y voir.
Vous avez
dit quelque chose d'intéressant. Vous dites porter un couteau, c'est une culture. Mais c'est une culture de quoi ? C
'est une
culture de bande ?
C
'est une culture de quartier ? À quelle culture est-ce que vous faites référence
?
Une culture, je ne sais pas.
C
'est une façon de... C'est dans le droit fil d'une certaine évolution actuelle qui se... Dans les banlieues, dans certains quartiers, c'est la culture du couteau. C'est tout. Les attaques
au couteau... Mais c'est une culture
qui n
'a
pas le droit de
citer dans ce pays, en fait ?
Non, mais c'est une culture... Non, non. Ce
n
'est pas qu'elle n
'a
pas le droit de citer. C'est qu'il faut arrêter de mettre, vous disiez, la poussière sous le tapis et d'être dans le tabou. Ça, c'est vrai. Ça, en revanche, vous voyez, sur ce sujet-là, il faut dire les choses clairement. Bon,
il nous reste un... Et on va... On prendra le temps de traiter plus en longueur ce sujet demain ou dans les prochains jours parce que, je vous dis, les informations, pour le moment, sont trop fragiles, notamment autour du parcours et du profil du suspect. Je voudrais qu'on s'inquiète quelques instants pour l'avenir intellectuel et... Et j'allais dire... Le vôtre ? L'instruction... Non, le mien, il est fichu, vous savez. C'est cool. Les professeurs s'inquiètent. Je vais aller tout de suite dans le sujet, ce sera plus simple. Les professeurs s'inquiètent du niveau de leurs étudiants en français.
Les fautes d'orthographe posent problème depuis un moment, ça, on le savait, mais ça atteint même l'université. Ils n'arrivent même plus à construire une phrase. De nouvelles fautes apparaissent et vraiment, les professeurs d'université, notamment, tirent la sonnette d'alarme. Charles Pousseau, Raphaël Lazareg, vous en disent plus.
Si
le niveau d'orthographe et de syntaxe était un problème chez les jeunes élèves, il est désormais très présent chez les étudiants.
Le
niveau en français à l'université dégringole à tel point que les étudiants ne savent plus construire une
phrase qui a du sens.
Jusqu'en terminale, on va donner des photocopies aux élèves. Ils n'écrivent plus le cours. Tout le monde dit que ça ne va pas, mais le ministère ne fait rien ou plus exactement, il fait tout pour que le niveau continue de s'effondrer. Les étudiants dont je parle ne sont pas responsables de ce qui leur arrive. Ils sont des victimes.
Selon
le baromètre
du projet Voltaire, seulement 56,6% des 15-25 ans maîtrisent en moyenne les règles de l'orthographe. Parmi les nouvelles fautes, la virgule entre le sujet et le verbe, comme ici, le chat mange la souris ou encore, la confusion entre plusieurs mots, notamment s'implique et s'applique, or et or, ou encore, plus habituel, le ça, c'est
dit A ou ça, est ça. J'ai relu des copies de collèges-lycées, c'est assez effrayant. Ils se détériorent complètement. Pourquoi ? Parce qu'ils ont l'habitude d'écrire, de dicter ça sur le téléphone. La baisse du niveau en français est de plus en plus remarquée. Selon un sondage d'opinion web publié en début d'année, 80% des Français estiment que le niveau en orthographe s'est dégradé. Johan, vous êtes celui autour de cette table qui a quitté les bancs de l'école le plus tard. Pourquoi le niveau d'orthographe veste-il autant ? C'est vrai, je ne pense
pas que le plus récemment. Non, mais
justement, je le mets en valeur.
C'est le plus jeune. Il y a
la même chose le plus tard. Oui, pardon. Moi aussi, j'ai des lacunes. Je suis le plus jeune du
plateau. Vous êtes le plus jeune sur ce plateau. Pourquoi le niveau d'orthographe veste-il
autant en France ? Qu'est-ce que ça révèle ? Je ne sais pas. Peut-être que les jeunes lisent moins aussi parce que de lire, ça aide à faire moins de fautes d'orthographe. Mais ils écrivent plus ?
On
écrit
de plus en plus. On est une société du message permanent. On
écrit aussi avec des abréviations.
Mais tout simplement, mais Julien,
parce qu'on a renoncé à
l
'enseignement,
pas seulement de l
'orthographe, mais de la grammaire et notamment au motif de lutter contre les inégalités. Parce qu'en plus, quand vous êtes parent d'élève, vous vous en rendez compte, à chaque fois, ça change déjà d'un enfant à l'autre. On n'emploie plus les mêmes ou parfois dans les mêmes établissements. Ce ne sont plus les mêmes choses pour désigner ce que nous, on appelait un complément d'objet direct ou je ne
sais
pas quoi ça s'appelle autrement. Vous savez pourquoi on change les noms en permanence ? Ça
n'existe plus le COD
? Les
parents qui
peuvent aider leurs enfants ne le fassent pas. Mais c'est absurde parce que de toute façon, les familles,
quand
on a un capital culturel, il sera transmis quoi qu'il en soit. Et en faisant ça, on a renoncé à permettre aux autres, ceux qui n'ont que l'école pour s'instruire, de pouvoir l'être. Tiens, écoutez juste cette experte, Anne Coffigny, experte en éducation qui était sur notre plateau tout à l'heure. Et vous reprenez, Laurent Jacobé.
On
a tellement réduit le volume d'apprentissage des matières fondamentales à commencer par le français. Ça ne
peut
pas marcher. Si vous voulez, l'orthographe, c'est bête et méchant, il faut quand même le répéter. Ensuite, on a tendance à revoir à l'infini les mêmes choses. C'est-à-dire qu'au lieu de faire une bonne fois pour toutes, par exemple, la conjugaison du temps présent d'indicatif, on la fait un peu, mais on ne fait pas les verbes complexes, on ne
fait
pas les verbes irréguliers. Bon, le résultat, il va falloir la revoir tout au long du primaire puis du collège et on ne la saura pas. Et arrive un moment, il faut bien les apprendre des verbes. Donc, si vous les retardez à l'infini, vous arrivez à la fin du collège, vous ne connaissez toujours pas vos verbes. Et là, arrive un ennui phénoménal avec un sentiment finalement de patauger dans la saumoule et ce qui fait qu'on ne
se
mobilise pas. Si vous savez que la leçon sur une chose fondamentale elle sera faite une fois et qu
'elle
ne va pas repasser, vous vous mobilisez. Bien sûr. Si vous pensez que ça revient toujours à l'identique, que
ça
sera toujours assez vague, vous attendez le prochain coup.
Laurent Jacob et les genotecs, jusque dans les années 80, les collégiens avaient 6 heures de français par semaine. Aujourd'hui, ils n'en ont plus que 4. Je ne dis pas que c'est l'entière explication, mais ça y contribue peut-être aussi.
Ce que vous dites sur le français, on pourrait avoir la même discussion sur les maths et la même discussion sur l'histoire. C
'est vrai.
Le
problème, c'est que les
maths... Et les
classements PISA le montrent régulièrement.
On dégringole à vitesse grand V parce qu'effectivement, il y a moins de temps d'apprentissage parce qu'il y a une espèce d'idéologie post-68-arde, égalitariste, qui est... Vous savez,
l
'école maintenant, c'est l'école des femmes. Tout le monde a la même note parce que sinon, certains vont se sentir déclassés, certains vont se sentir discriminés et donc, on n'ose plus donner des échelles de valeur aux enfants, on ne redouble plus et si les parents ne sont pas contents et appellent le principal ou le proviseur ou le directeur de l'école, on change la note de l'élève pour ne pas le traumatiser. Eh bien, tant qu'on continuera comme ça, on aura des enfants qui n'ont pas les bases pour apprendre dans la vie et c'est très grave.
Il
nous reste 20 secondes. Et c'est pire que ça,
c
'est-à-dire que dans les...
Carrément, les universités ont des études qui notent
aussi leurs professeurs qui,
pour
avoir la paix, finissent par donner des notes moyennes à tout le monde juste pour qu
'on
leur fiche la paix.
Carrément Brick. C
'est quelque chose que j'observe en France, mais aussi... Au
Québec, c'est pareil.
Non, mais ça, aussi au Québec et au Canada, vous savez, vous avez des spécialistes en pédagogie qui vont dire, bon, qui en veulent un peu à l'autorité, à la verticalité et qui vont dire, bon, ben, finalement, on va peut-être faire en sorte de rendre beaucoup plus simple certaines règles, que ce soit pour le participe passé ou pour d'autres règles grammaticales parce qu'on veut faciliter les choses. Donc, on est plutôt vers un nivellement vers le bas, vers la facilité et ça vient
d'une intention de dire... Vous savez que je ne sais plus qui, mais
vous souhaiterez rationaliser la langue française,
c
'est-à-dire vraiment recréer une orthographe,
mettre un S
à
chevaux, arrêter avec les bijoux, choux, cailloux avec
un
X et mettre des S, c'est de
rationaliser l'orthographe pour la
rendre... Et le
savoir, vous
savez, ça peut me permettre
de paraître comme quelque chose de soit très élitiste. voire même... Oui. Voire fasciste, c'est-à-dire que vous allez dire à un enfant, choisissez à la
place
une bande dessinée, n'importe quoi, au lieu vraiment de... disons de lire, je ne
sais
pas, des grands classiques ou des choses comme ça.
Lisez des grands
classiques.
Fasciste
et
intolérant et élitiste.
C'est dommage, il ne nous reste malheureusement plus assez de temps. Je voulais vous rappeler qu'à partir de demain matin, chers amis franciliens, si vous nous regardez, c'est 50 km heure sur le périph. Une partie. Une partie entre la Porte des Lilas et la Porte d'Orléans et puis ce sera tout le périphérique à partir du 10 octobre. On dit merci qui ? Merci Anne. Merci
Madame
la maire. Mais bon, ça va, on verra si tout cela convainc le ministère des Transports. Elle a baissé les impôts, ça va ? Oui,
c
'est vrai. Les impôts ? C'est ironique.
Laurent Jacobelli