Nous sommes le nombre, la force, la Nouvelle France ! - Anne Stambach-Terrenoir
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Mesdames et messieurs, les jurés, au nom des générations futures, nous voilà rassemblés aujourd'hui pour juger de l'action du gouvernement le Cornu 2, 4e gouvernement illégitime bafouant le résultat des élections de 2024. Les faits d'abord, en ce lundi 6 juillet 2026, nous sortons d'une canicule historique, la deuxème en quelques semaines. Et alors que la France compte ses morts, une troisème canicule commence.
Rien n'a été anticipé. C'est un cauchemar. Les gens meurent dans la rue quand plus de 3 millions de logements vides pourraient les mettre à l'abri.
Les gens meurent chez eux dans des logements devenus bouilloirs thermiques. Les étudiants et les personnes fragiles suivent fo sous les toits pendant que Yan Bartes se moque d'eux depuis son studio climatisé. Les gens meurent dans des hôpitaux à plus de 35 degrés.
Les nouveaux nés convulsent, les soignants font des malaises et ceux qui souffrent de troubles psychiques voient leurs symptômes aggravés et leurs traitements rendus inefficace par la température. Nos aînés souffrent dans des épes vêtustes. Les écoles ont fermé prématurément parce que les salles de classe surchargées mettaient nos enfants en danger.
Plus de 90 personnes enfin sont mortes d'avoir voulu se baigner pour se rafraîchir. Les chambres funéraires refusent des corps, faute de place et certains se décomposent si vite qu'ils ne sont plus présentables aux familles. Les animaux meurent eux aussi par dizaines de milliers dans les élevages intensifs.
Étouffés dans des bâtiments fermés devenus fournaises. Plus 1000 % de mortalité pour les volailles, plus 200 % pour les ports. Entendez leur cri.
L'écombe est si violente que les entreprises des carissages ne peuvent suivre et qu'on enfouit les cadavres dans la terre risquant la pollution des nappes fréatiques et une catastrophe sanitaire. Les cours d'eau deviennent cimetière de poisson à ciel ouvert. Les animaux sauvages meurent dans les forêts desséchées.
Hondelles et Martinées tombent littéralement du ciel. Les agriculteurs pleurent leur récolte brûlée et leur travail anéanti. La gorge nouée par l'angoisse de la sécheresse qui arrive.
Dans les Pyrénées orientales, 4600 hectares sont déjà partis en fumée. 10000 personnes ont été évacuées. Les pompiers luttent et partout dans le pays, on scrute les terres asséchées dans la antise d'une étincelle.
Les scientifiques enfin sont invités sur les plateaux télé pour répéter ce qu'ils ont dit depuis des années dans votre indifférence la plus totale. Notre maison brûle et vous nous envoyez dans le mur climatique à toute vitesse. La parole à la défense maintenant.
À la barre, le président Macron qui a déclaré : "Nous nous sommes adaptés au réchauffement climatique, mais on ne s'adapte pas à un pic qui n'a pas d'équivalent aujourd'hui en Europe et qui n'a jamais eu d'équivalent dans notre histoire. Mais de quoi parle-t-il ? On sait que chaque année est plus chaude que la précédente, que notre trajectoire nous mène en France vers 10 fois plus de vagues de chaleur en 2100 et que les 50°grés seront dépassé à Paris peut-être dès 2050.
Et vous n'avez rien prévu. Pas de plan pour des volets, pas de rénovation massive des bâtiments publics, pas de réquisition des logements vacants, pas de protection des travailleurs. Débrouillez-vous dans les hôpitaux avec des couvertures de survie et surtout surtout buvez de l'eau, nous dit la ministre.
Un gros travail a été fait, dit pourtant le président. Et ça c'est vrai, un fabuleux travail même de mépris des scientifiques, de fabrique du doute, de criminalisation des militants, d'aggravation des inégalités. On vous accuse beaucoup d'inaction climatique, mais ce n'est pas juste.
Vous agissez, vous menez une politique violemment climaticide, climaticide et antisociale parce que ça va ensemble, parce que ce sont toujours ceux qui à la fois participent le moins au réchauffement climatique et à la pollution qui pourtant en subissent le plus les conséquences. Oui, mesdames et messieurs les ministres, vous êtes coupable coupable de couper chaque année dans les budgets écologiques quand le rapport pisaniféri réclamait 66 milliards supplémentaires par an. Coupable d'avoir créé le fond vert pour le détruire aussitôt et avec lui l'espoir pour les collectivité de rénover école, hôpitaux et autres bâtiments publics. 1,65 milliards en 2 ans.
Voilà votre bilan. Même chose pour ma prime Rénove. passer de 4 à 2,5 milliards et encore raboté entre deux canicules.
Vous êtes coupable d'avoir piétiné la convention climat et laminé tous les objectifs que vous aviez annoncés. Pour respecter la trajectoire fixée par votre loi climat, nous devrions réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 4,6 % par an. Bilan : - 1,8 % en 2024 - 1,5 % en 2025.
C'est trois fois trop lent et on ralentit quand le climat lui accélère. Vous êtes coupable de la loi simplification de la vie économique à la loi d'urgence agricole en passant par la loi du plomb de massacrer à la tronçonneuse toutes les normes environnementales qui nous protéaient de sacrifier les espèces protégées au profit du béton roi et des data center de faciliter la destruction de précieuses zones humides d'espaces naturels et des terres agricoles les plus fertiles pour une A69 passée en force et autres projets d'un temps révoluable de ne tolérer enfin aucune contrainte pour les industriels qui polluent notre air nos sols et nos cours d'eau. Quand les bombes sanitaires que sont les PFC ou encore le Cadmium contaminent tout autour de nous, vous êtes coupable d'imposer pour les profits de quelques-uns un modèle agricole productiviste et exportateur qui ent plus d'animaux dans des bâtiments fermés au mépris de leurs souffrances et de leurs besoins biologiques nourris par de gigantesques monocultures de soja qui saccagent la forêt et expulsent les autochtones à l'autre bout du monde ou bien avec du maïs lourdement irrigué quand l'eau nous manque. le monde vivant vous hurle que ce n'est plus tenable, qu'il faut un modèle agroécologique à taille humaine qui développe les légumineuses et réduit notre consommation de produits animaux qui demande moins d'eau et moins d'intrans chimique qui permettent aux agriculteurs de vivre de leur métier.
Mais vous préférez obéir à la FNSEA et construire des fermes usines, renflouer l'agrobiness qui règne par l'endettement massif des paysans et autoriser les pesticides les plus dangereux au mépris de la biodiversité, au mépris des épidémies de cancer pédiatrique et d'infertilité qui font rage ? Vous êtes coupable aussi de sacrifier le développement des énergies renouvelables pour un eldorado nucléaire auquel plus personne ne croit. Trois réacteurs arrêtés la semaine dernière, quatre à la puissance réduite parce que les fbles sont trop chauds.
Avec quelle eau refroidirez-vous les réacteurs dans 15 ans ? Dans 30 ans ? En attendant, on rallume des centrales à gaz pour faire tourner les climatiseurs.
Chapeau et c'est Total énergie qui se frotte les mains. Eux qui dès 1971 savaient que leurs activités provoquaient un réchauffement planétaire et qui s'empresser donc d'organiser lobbying et climatoscepticisme. 50 ans après, vous voilà décorant de la Légion d'honneur son PDG, monsieur Pouyané, chantre de l'extractivisme, responsable entre autres du désastre néocolonial ICOP, un oléoduc de 5000 km qui multipliera par 7 les émissions de CO2 de l'Ougandaa, menacera la ressource en eau de 40 millions d'habitants et déplacera sans état d'âme plus de 100000 personnes.
Mieux, vous avez sans honte emmené ce grand bienfaiteur de l'humanité à la COP 30 dans les bagages présidentiels d'où il a pu s'aborder les négociations climatique et s'assurer qu'aucune mesure contraignante ne pèse sur l'industrie des hydrocarbures au détriment donc du monde entier. Vous êtes coupable enfin de détruire nos services publics budget après budget tout en refusant de taxer les super profits fait à nos dépends par Total et les autres multinational. Bernard Arnaud et ses amis des 500 familles les plus riches ont plus que doublé leur fortune sous Emmanuel Macron pendant que la pauvreté a atteint le taux record de 15,4 %.
Or, non seulement les ultrariches sont bien à l'abri de la chaleur dans leurs multiples résidences secondaires, mais leur mode de vie, leur jet privé, leur yacht, leur quête du profit permanent et surtout l'investissement massif de leur patrimoine exorbitant dans les industries les plus polluantes du monde constitue une menace directe sur nos vies. Mais pas touche à ces héros des temps modernes si méritants. Pas question de leur demander un centime alors qu'il payent moins d'impôts que l'infirmière qui s'épuise en ce moment même à protéger ses patients avec de pauvres draps mouillés.
Cependant, il faut être honnête, il n'est pas vrai que vous n'avez rien anticipé. Quand il s'agit de faire terire les voiles pour la justice climatique et sociale, là vous vous préparez et vous y mettez les moyens. Écoterroriste a dit monsieur d'Armanin de celles et ceux qui se battent contre les mégabassines qui accapare notre ressource en eau au bénéfice de quelques-uns.
Et côté, celles et ceux qui montent aux arbres pour empêcher qu'on les sacrifie sur l'hôtel des A69, Canal Sen nord et autres lonturins plus inutiles et destructeurs les uns que les autres. Des militants comme Julien Leget font aujourd'hui face à un acharnement judiciaire sans précédent, à des condamnations hallucinantes et le ministre Nunè continue lui de défendre la répression sanglante de Sainte Soline malgré les vidéos, malgré les tirs interdits, malgré celles et ceux qui ont failli y rester alors qu'il défendaient l'intérêt général humain. La semaine passée, on a vu la police lacérer les piscines de jeunes qui suffoquaient dans leur quartier bétonné à Clairmontferrand.
Et à Paris, on a passé les menottes à un enfant armé d'un pistolet à eau, jeté en pâure sur ses news pendant que Boloré sirotéit un verre sur son yacht, assis sur sa fortune néocoloniale issue de contrats corrompus en Afrique. Et vous voudriez demain donner un permis de tuer aux forces de l'ordre, une mesure de Jean-Marie Le Pen. Logique.
Vous nous conduisez au précipice et vous le savez. Alors, il faut pouvoir mater le peuple qui se lève contre vos politiques. C'est cet effondrement de notre état de droit que vous préparez.
Réprimez plutôt que protéger. Par ma voix aujourd'hui, nous sommes des milliers, des millions peut-être à nous tenir devant vous pour vous dire que nous savons ce que vous avez fait. Vous dire aussi que le monde pour lequel vous œuvre n'existe plus.
Place au nôtre, place à l'harmonie des êtres humains entre eux et avec la nature. Ce monde que nous allons construire parce qu'il n'y a pas d'autres salut possible. Place à la planification écologique pensée avec le vivant depuis les écorégions autour des bassins versants.
Place à la 6e République qui permettra qui mettra le passage des des richesses et le respect des limites planétaires au centre de toute notre organisation politique. Nous voulons vivre. Nous ne voulons pas de votre terre brûlée, pas de vos guerres, pas de vos discriminations haineuses.
Nous voulons vivre ensemble dans un monde respirable à tout point de vue. Ainsi, je fais mienne cette phrase de la romancière indienne Arundatiro : "Un monde, un autre monde n'est pas seulement possible, il est en route. Par temps calme, je peux l'entendre respirer.
Nous sommes le nombre, nous sommes la force, nous sommes la Nouvelle-Fance." Et mesdames et messieurs les ministres, au terme de cette plaidoe, notre verdict est sans appel. Nous vous déclarons coupable d'action climaticide en bande organisée et nous vous condamnons à l'censure.
Anne Stambach-Terrenoir