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Discours / meetingUnion Populaire Républicaine· 3 mars 2019 18 minAutoproduitFond programmatiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Le financement des partis politiques

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:05Invité politiqueChiffre
    « Nous avions publié sur notre site un dossier tout à fait intéressant signé Charles-Henri Gallois, qui nous montrait notamment que l'UPR était le 3e parti politique, probablement, en nombre d'adhérents payants. »
  • 1:45Invité politiqueChiffre
    « Le RN a un endettement fin 2017 qui correspond à 6,5 années. »
  • 2:24Invité politiqueChiffre
    « Le PS, quant à lui, avait un endettement fin 2017 qui correspondait à 8 ans et demi de cotisations. »
  • 9:34Invité politiqueFait
    « Si la France est dans la situation dans laquelle elle est, du fait de son endettement, c'est quand même d'abord et avant tout la gestion du PS et la gestion de LR qui en est la cause. »
  • 15:16Invité politiquePromesse
    « Je considère que l'on devrait interdire à tous les partis politiques français de s'endetter auprès d'un établissement bancaire. »
  • 15:59Invité politiquePromesse
    « Je suis d'avis que désormais, lorsque nous, nous serons arrivés au pouvoir, les partis politiques devraient ne dépendre que de l'argent de leurs adhérents et sympathisants. »
  • 16:39Invité politiquePromesse
    « Un parti politique ne devrait pouvoir se développer que s'il reçoit l'argent de ses adhérents et de ses donateurs sous un plafond de 7 500 € maximum par an. »

Temps de parole

  • François Asselineau100 %

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François Asselineau

(Musique) En mars sur UPR TV, retouvez nos nouvelles émissions. (Générique) Mes chers compatriotes. Je voudrais vous parler aujourd'hui des questions financières concernant notamment les finances des autres partis politiques.

C'est un sujet que j'aborde régulièrement, en fait, depuis maintenant plusieurs mois, et sur lequel nous avons attiré l'attention du grand public voici plusieurs semaines à l'occasion de la publication des comptes des partis politiques de 2017, validés par des experts-comptables, par des cabinets de commissaires aux comptes, puis par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements des partis politiques (CNCCFP), qui a rendu les comptes 2017 de tous les partis politiques publics le 11 janvier dernier.

Nous avions publié sur notre site un dossier tout à fait intéressant signé Charles-Henri Gallois, qui nous montrait notamment que l'UPR était le 3e parti politique, probablement, en nombre d'adhérents payants. Payants, je dis bien, puisqu'En Marche ou FI, ça n'est pas payant, de telle sorte qu'ils peuvent annoncer 0,3 ; 0,5 ; 2 ou 500 millions d'adhérents, ça serait pareil. Là, je parle des nombres d'adhérents payants. C'est la seule chose qui compte vraiment. Qui est-ce qui est d'accord pour financer un parti ? Et puis dans ce dossier, nous montrions que l'UPR – en tout cas, on le rappelait – a 0 € d'emprunts bancaires. C'est très important.

Alors j'insistais sur ce dossier parce que – je l'ai déjà dit à plusieurs reprises et j'y reviens – les grands partis politiques qui dirigent la France font assaut auprès du grand public pour expliquer qu'on doit leur donner les manettes du pays parce qu'ils vont redresser l'endettement catastrophique de notre pays. Le problème – c'est ce que je montrais –, c'est que les plus grands partis politiques sont eux-mêmes extrêmement endettés. Le RN a un endettement fin 2017 qui correspond à 6,5 années.

Et comme, en 2018, le Parlement européen s'est rappelé au bon souvenir de Mme Le Pen en lui réclamant – je crois – quelque chose comme 2 millions d'euros, qui sont des fonds du Parlement européen qui ont servi en fait à financer des collaborateurs du RN en France. Donc c'est en fait du détournements des fonds européens. Mme Le Pen s'est vu réclamer de restituer l'argent. J'ai eu l'occasion d'expliquer que Mme Le Pen avait demandé et obtenu une audience auprès du Premier ministre Édouard Philippe le 17 décembre dernier où elle était venue lui expliquer ses problèmes financiers, plus exactement ceux du RN.

Et comme je l'avais souligné, maintenant, entre les 6,5 années de cotisations qu'elle devait déjà fin 2017 et l'argent que lui réclame le Parlement européen, on peut estimer que l'endettement du RN doit pas être très loin de 8 ans de cotisations. C'est pour ça qu'elle est venue voir Édouard Philippe. Et vous l'avez noté, quelques semaines après, le 16 janvier dernier, le RN, comme par miracle, décidait de laisser définitivement tomber l'idée de la sortie de l'euro. Il y a peut-être – peut-être – une relation de cause à effet, puisque lorsque l'on a besoin des banques pour vivre, il est difficile de taper sur l'euro ou de se défaire de l'emprise des banques.

C'est difficile de mordre la main qui vous nourrit. J'ai eu l'occasion d'expliquer que le PS, quant à lui, avait un endettement fin 2017 qui correspondait à 8 ans et demi de cotisations. Mais le pompon, c'est LR, le parti de M. Wauquiez, celui de Nicolas Sarkozy auparavant, qui affichait fin 2017 un endettement de l'ordre de 54 millions d'euros pour des ressources de cotisations d'adhérents de 2,7 millions d'euros, c'est-à-dire 20 ans de cotisations. Je m'adresse ici à toutes celles qui m'écoutent et tous ceux qui m'écoutent. Et parmi eux, peut-être, des commerçants, des artisans et des chefs de PME.

Est-ce que vous imaginez d'avoir un commerce ou bien une PME dont l'endettement bancaire représenterait 20 années de chiffre d'affaires, puisque les cotisations des adhérents, on peut comparer ça à un chiffre d'affaires ? C'est évidemment un parti en faillite. Alors j'expliquais cela depuis plusieurs semaines et même depuis plusieurs mois en expliquant qu'il était assez grotesque de voir ces partis politiques donner des leçons de bonne gestion alors qu'ils ne sont même pas capables de bien gérer leur propre boutique. Nous avons 0 € d'emprunt bancaire, 0 € d'emprunt bancaire. (Applaudissements). Ça veut dire qu'on n'est dans la main de personne. — Du public : « Exactement ».

— Si vous allez regarder, on a publié un dossier là-dessus sur le sujet à partir des comptes de la CNCCFP, de cette commission nationale qui prend les comptes des partis politiques, qui doivent tous être tenus par un expert-comptable et ensuite validés par deux cabinets de commissariats aux comptes différents, s'il vous plaît, et ensuite validés par la CNCCFP. Nous avons montré là-dedans... Il suffit de prendre les données qui sont disponibles. Figurez-vous que le parti LR, leur endettement bancaire est égal à 20 ans de cotisations. Il leur faut 20 ans de cotisations pour rembourser leur endettement bancaire. Ça veut dire que virtuellement, ils sont en faillite, en fait.

Donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire que vous n'êtes pas libres de vos propos, puisque si vous dites des choses qui déplaisent à votre banquier, votre banquier, qui vous fait des crédits revolving, comme on dit, c'est-à-dire régulièrement, va vous dire : « Écoutez, pour le prochain crédit, vous irez voir ailleurs ». Ils vous donnent des leçons de bonne gestion... Et les socialistes, je suis d'accord avec vous. Mais LR, c'est du pareil au même, et le RN idem. Au FG, qui est également perclus de dettes, ils vous donnent des leçons de bonne gestion pour la France. Ils font tous campagne en disant : « C'est scandaleux. La France vit au-dessus de ses moyens. C'est une honte ».

Et quand on regarde les comptes de leur propre boutique, ils sont même pas capables de gérer leur propre boutique sans faire des déficits énormes. Faites confiance, pour la gestion du pays, à un parti politique comme le nôtre qui ne reçoit aucun argent public, aucun argent de milliardaire – Ça, je peux vous l'assurer. Les héritiers de Mme Bettencourt n'ont pas jugé bon de nous donner même 10 centimes – et qui ne reçoit aucun prêt bancaire. Et nous faisons tout ça uniquement grâce aux dons et aux cotisations de nos adhérents.

Si je vous parle de ça ce soir, c'est parce que l'on a appris voici 2 jours – là, nous sommes le 1e mars – que, justement, le parti LR vient de se désendetter de façon substantielle en vendant son siège, le siège qu'il avait acheté, qui se trouvait (NDLR : 238) rue de Vaugirard à Paris XVe, un siège prodigieux de 5 000 mètres carrés, s'il vous plaît, installé dans un ancien garage qui avait fait l'objet d'une rénovation complète. Donc le parti de M. Wauquiez a décidé de vendre ce siège. Il l'a vendu – si j'ai bien compris – 46 millions d'euros. Il l'a vendu pour ne plus être endetté. Et ce qui est drôle, c'est ce qu'a dit le trésorier de LR, M. Daniel Fasquelle.

Il a dit : « On ne pourrait pas prétendre demain gérer la France si on n'avait pas été capables de désendetter le parti ». Ça me fait sourire, parce que j'ai l'impression qu'il doit y avoir un certain nombre de dirigeants de LR qui doivent de temps en temps aller zieuter ce que je dis, mes conférences. Et notamment, ils ont dû avoir des remontées du terrain en disant : « Ce que dit Asselineau est quand même pas faux. Il est difficile de donner des leçons de bonne gestion et de prétendre devant les Français qu'on va rétablir la situation lorsqu'on est à la tête d'un parti en faillite ».

Rappelons d'ailleurs que si la France est dans la situation dans laquelle elle est, du fait de son endettement, c'est quand même d'abord et avant tout la gestion du PS et la gestion de LR qui en est la cause. Il faut quand même pas l'oublier. Alors donc voilà que ces dirigeants de LR, finalement, suivent les conseils de bonne gestion que je fournis. Seulement, voilà, ce qui est assez cocasse, en fait – c'est quasiment tragi-comique –, c'est que sur cet argent, les 46 millions, ils avaient un certain nombre de dépenses : 3 millions d'euros pour sortir de contrats sur les taux d'intérêt, ils ont voulu garder une petite poire pour la soif, un fonds de roulement de 4 millions d'euros.

Enfin bref, on apprend au bout du compte que le parti LR, après toutes ces opérations, va rester endetté à hauteur de 13,1 millions d'euros. Alors c'est vrai que par rapport à 54 millions, passer à 13,1 millions d'euros... C'est vrai qu'il y a une sacrée amélioration. Personne ne peut en disconvenir. Mais ce qui est drôle, c'est que M. Wauquiez a dit, en parlant de cette opération, que c'était une gestion rigoureuse. Il a dit : « Je veux montrer au parti comme dans la région que je préside » – la région Auvergne-Rhône-Alpes – « que ce que nous voulons pour la France est possible : la baisse de la dépense publique, une gestion rigoureuse pour diminuer la dette », etc. En d'autres termes, M.

Wauquiez dit que la gestion dont il faisait preuve était rigoureuse et qu'il allait donner ça en exemple aux Français. Alors pourquoi je rigole ? Je rigole pour deux choses. La première, c'est qu'il faut savoir que la vente du siège a été faite à qui ? À un fonds d'investissement allemand. Et que M. Wauquiez a eu l'idée lumineuse de rester dans l'immeuble, dont il devient désormais locataire. D'ailleurs, 4 millions d'euros ont été consacrés à une espèce – si j'ai bien compris – de garantie comme quoi les loyers seront payés au fonds d'investissement allemand.

Ça veut dire très exactement que le parti LR, qui prétend être gaulliste, qui prétend être un ardent défenseur de la bonne gestion et de la gestion rigoureuse et de l'indépendance nationale, eh bien il dépendait des banques, et le voilà maintenant locataire d'un fonds d'investissement allemand. C'est quand même assez extraordinaire. Le fonds, d'ailleurs, s'appelle Real. Real comme le réalisme, pour ne pas dire le cynisme.

Donc maintenant, LR, au lieu de dépendre peut-être de la Société générale ou de LCL, dépend directement – il est le locataire – d'un fonds d'investissement allemand qui se méfie tellement, d'ailleurs, de la mauvaise gestion de LR qu'il a demandé qu'il y ait déjà une espèce de compte séquestre, si j'ai bien compris, de 4 millions d'euros pour être sûr qu'il sera bien payé de ses loyers. Ça, c'est la première chose. Quant à la deuxième chose, quand M. Wauquiez parle de gestion rigoureuse, c'est quand même une gestion modérément rigoureuse. En fait, LR conservent 5 000 mètres carrés – 5 000 mètres carrés – alors qu'ils ont 2,7 millions de cotisations.

Je rappelle que nous, en 2017, nous avons eu – je crois – 2,2 millions de cotisations. Donc on a eu à peu près... Pas loin mais un peu moins, sans doute, d'adhérents payants que LR, mais pas beaucoup moins. Et que nous, nous nous contentons de 180 mètres carrés. Voilà. Donc nous, on a 180 mètres carrés. Et LR, ils ont besoin de 5 500 mètres carrés à louer. On se demande ce qui s'y passe, dans leur truc. Mais ça n'est pas tout. Ils gardent un endettement de 13,1 millions d'euros. Si vous divisez 13,1 millions d'euros par 2,7 millions d'euros qui sont les rentrées de cotisations, ça vous fait encore 4,8 années de cotisations, presque 5 ans. C'est-à-dire que ce que M.

Wauquiez appelle la gestion rigoureuse, celle-là même qu'il voudrait montrer en exemple pour ce qu'il ferait en France, consiste à conserver un endettement qui correspond à près de 5 années de chiffre d'affaires. On pourrait dire 500% du PIB, si on comparait ça au produit intérieur brut. Et de surcroît se mettent dans la main d'un fonds d'investissement allemand. En fait, de gestion rigoureuse... C'est tout simplement une catastrophe. Même en se désendettant en vendant le siège, LR sont en fait dans l'incapacité de faire preuve d'une vraie gestion rigoureuse, d'une gestion parcimonieuse et d'une gestion qui soit totalement indépendante.

Cela n'a rien à voir avec l'UPR qui – je le rappelle – a 0 € d'endettement bancaire. Le lieu que vous voyez autour de moi a été totalement et entièrement autofinancé grâce à vos dons, à vos cotisations annuelles en tant qu'adhérent ou que sympathisant. Et nous avons – je l'ai dit – un siège qui fait 180 mètres carrés et qui est un siège dans lequel nous avons des bénévoles qui travaillent, nous avons très peu de salariés, parce que nous faisons attention à votre argent. Je terminerai d'ailleurs ce propos... En conclusion, je voudrais revenir sur ce que j'avais dit pendant l'élection présidentielle pour renouveler cette promesse que j'avais faite, cette promesse programmatique.

Je considère que l'on devrait interdire à tous les partis politiques français de s'endetter auprès d'un établissement bancaire. Parce qu'il y a une logique dans les lois sur le financement des partis politiques. La loi sur le financement des partis politiques, elle interdit à un parti politique d'être financé par une entreprise, privée ou publique, ou par une association. Les seules ressources qui sont autorisées pour les partis politiques, ce sont les ressources de personnes physiques, sous forme de cotisation, d'adhésion ou de dons, ou bien c'est un apport de l'État si on a obtenu aux dernières élections législatives précédentes 50 candidats dépassant 1% des suffrages.

Mais tout le reste est interdit. Tout le reste est interdit, sauf l'endettement bancaire. Mais qu'est-ce que c'est que l'endettement bancaire ? C'est quand même de l'argent prêté justement par des sociétés privées. Je confirme ce que j'avais dit dans mon programme. Je suis d'avis que désormais, lorsque nous, nous serons arrivés au pouvoir, les partis politiques devraient ne dépendre que de l'argent de leurs adhérents et sympathisants. On pourrait même non seulement interdire tout financement bancaire mais même d'ailleurs toute subvention de l'État. Après tout, nous, nous avons 0 € d'endettement bancaire et 0 € de financement de l'État.

C'est-à-dire qu'un parti politique ne devrait pouvoir se développer que s'il reçoit l'argent de ses adhérents et de ses donateurs sous un plafond de 7 500 € maximum par an. L'impact d'une telle mesure, c'est que l'on verrait d'un seul coup se dégonfler tous les partis politiques qui sont en fait sans adhérents payants. Je pense notamment à En Marche. Je pense aussi, pour une large mesure, au PS. On verrait se dégonfler ces partis politiques qui sont financés en réalité derrière par des hommes de paille ou par des sociétés écran ou par des grandes banques. Réfléchissez-y.

Je pense que la bonne solution pour commencer à rendre à la France sa démocratie, c'est que les partis politiques ne puissent être financés que par les citoyens, de telle sorte, d'ailleurs, qu'ils seraient bien obligés de défendre l'intérêt des citoyens. Vive la République et vive la France. (Générique)