Bruno Retailleau face aux GG - 26/10
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 42 %Attaque 42 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:23FerméeÉludée
Est-ce que vous envisagez de jeter l'éponge ?
- 1:18RelanceRéponse partielle
Comment vous expliquez qu'une offre à droite différente de la vôtre soit en train de séduire des électeurs ?
- 2:32RelanceRéponse directe
Est-ce que ce n'est pas votre association au bloc central qui vous plombé ?
- 3:05OuverteRéponse directe
Vous êtes associé à Macron, est-ce un vrai argument ?
- 4:36RelanceRéponse directe
La droite républicaine que vous incarnez se dirige-t-elle vers des alliances avec le RN ?
- 5:03RelanceRéponse directe
Est-ce que vous n'êtes pas en train de suivre la voie de la gauche réformiste d'il y a dix ans ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:57Invité politiqueFait
« Moody's n'a pas dégradé, mais les marchés financiers nous ont dégradé. »
- 1:50Invité politiqueFait
« Une hirondelle ne fait pas le printemps. »
- 1:58Invité politiqueChiffre
« 40% des Français s'étaient fixés dans leur choix de vote dans les trois jours auparavant. »
- 7:31Invité politiquePromesse
« La proposition, c'est de faire en sorte qu'en travaillant un petit peu plus, une demi-heure de plus par jour, on mette sur la table l'équivalent de deux mois nets supplémentaires. »
- 7:43Invité politiquePromesse
« On plafonne à 70% du SMIC la totalité des aides sociales. »
- 9:49Invité politiqueChiffre
« Pour ceux qui viennent au resto du cœur, un sur deux sont des jeunes de moins de 25 ans. »
- 10:30Invité politiqueFait
« C'est mentir à ces jeunes de dire que le bac doit être un grade universitaire. »
- 19:38Invité politiquePromesse
« Je suis favorable, y compris pour l'inscrire dans une charte de l'ordre républicain que j'annexerai à la Constitution. »
- 25:44Invité politiqueFait
« Le Pen, en 1989, avait au moment d'un meeting joué avec la consonance juive d'un certain nombre de noms de journalistes, exactement comme M. Mélenchon l'a fait. »
- 25:58Invité politiqueFait
« un parti qui, clairement, joue avec l'antisémitisme »
- 26:03Invité politiqueFait
« un parti qui a théorisé la violence et qui l'applique. »
- 26:20Invité politiqueFait
« Ils veulent mettre en prison les préfets. »
- 26:34Invité politiqueFait
« Il y a sans doute des racistes, il y a sans doute des antisémites et j'espère qu'ils feront un certain nombre de ménages. »
- 26:42Invité politiqueFait
« jamais lui, voyez, regardez ce qui s'est passé avec Quentin de Roque. Il y a eu ce qu'on appelle une inversion de la responsabilité, une inversion accusatoire. »
- 26:57Invité politiqueFait
« il l'a bien cherché parce que c'était un militant identitaire. »
Temps de parole
- Bruno Retailleau56 %
- Présentateur12 %
- Invité9 %
- ?7 %
- Invité 27 %
- Invité 36 %
- Invité 43 %
≈ 43,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bruno Retailleau, bonjour. Bonjour Olivier Truchot. Votre campagne présidentielle, ce n
'est
pas des vacances.
Je
reviendrai
ce week
-end, il y a la puissance affichée par Marine Le Pen, archi-favorite de cette élection présidentielle. Et puis il y a David Lysnard, le maire de Cannes, qui est en train de vous doubler dans les sondages. Est-ce que vous envisagez de jeter l'éponge ?
Pas
dans les derniers sondages. Une hirondelle ne fait pas le printemps. Non, non, moi j'ai un projet qui est singulier, que je veux porter jusqu'au bout. Mon projet n'est pas celui du Rassemblement National, ce n
'est
pas non plus celui des ex-premiers ministres, notamment des deux ex-premiers ministres. Donc c'est un projet qui va renverser la table, mais qui est à la fois radicale mais crédible. Et je pense qu'aujourd'hui on est au bord du gouffre. Demain il peut y avoir une crise à la grecque. Ce n
'est
pas parce que vendredi Moody's n'a pas dégradé la note française que le problème il n'est pas là. Moody's n'a pas dégradé, mais les marchés financiers nous ont dégradé. Alors on peut toujours se dire, on s'en fiche des marchés financiers. Sauf que si on a des taux d'intérêt aussi élevés, notamment pour acheter la dette française, ça veut dire que les Français qui vont vouloir se loger par exemple,
qui
vont devoir aller trouver un prêt bancaire pour emprunter dans une banque, ça leur coûtera de plus en plus cher. C'est ça qui est très
grave.
Oui, mais comment vous expliquez qu'une offre à droite différente de la vôtre, plus libérale peut-être, celle qu'incarne David Lissnard, est en train de séduire, de convaincre des électeurs de droite qui devraient plutôt se porter sur vous
? Je
pense que c'est un problème de moment. Simplement, on est aujourd'hui dans une France qui est totalement sidérée par la violence, à la fois partagée entre la colère et l'émotion. Partagée entre la colère et l'émotion. Vraiment.
L
'élection présidentielle, la campagne, elle va commencer en début d'année prochaine. Pas avant. Souvenez-vous, c'est Pascal Perrineau, un politologue, qui avait démontré pour les municipales que les Français, pour 40% d'entre eux, ce qui est incroyablement important, 40% des Français s'étaient fixés dans leur choix de vote dans les trois jours auparavant. Donc aujourd'hui, ça ne veut rien dire. Ah bon ? Je pense que ça ne veut rien dire.
Mais dans tous les sens alors. Mais dans tous les sens.
Mais aussi bien pour moi que pour d'autres. Mais regardez, essayez de faire une sorte de flashback sur les dernières élections présidentielles. Vous voyez six mois avant, et vous verrez que les surprises ont toujours été énormes.
Elles
le seront d'autant plus aujourd'hui qu'on est au bout d'un système
et
que tout peut advenir.
Vraiment. Mais par exemple, vous, quand on vous associe au bloc central, on dit même qu'il faudrait faire une primaire de Rotaillot à Gabriel Attal. Est-ce que ce n
'est
pas ça qui vous plombe ? Parce que visiblement, aujourd'hui, ce que les Français veulent rejeter avant tout, ils n
'ont
peut-être pas encore choisi, mais enfin, ce qu'ils semblent vouloir rejeter, c'est ceux qui ont incarné le pouvoir pendant dix ans. On voit aussi bien les codes de popularité de l'exécutif ou des difficultés que rencontrent Édouard Philippe ou Gabriel Attal. Et vous-même, vous êtes un peu associé à ça parce que vous avez été ministre, même si vous étiez peut-être un ministre de cohabitation, vous avez été ministre de gouvernement macroniste.
Non,
mais ça, c'est un vrai argument. Et c'est important que vous le mettiez sur la table pour que je puisse y répondre. Moi, je pense, l'analyse que je fais,
c
'est que le bilan d'Emmanuel Macron est tellement cataclysmique que ceux qui l'ont approché de trop près, ses anciens premiers ministres, seront vraisemblablement irradiés, si j'ose dire. Ce que je veux simplement dire...
Et
vous, vous êtes irradié aussi ? Je ne le crois pas.
C
'est comme si on reprochait à Charles Parthois,
parce
qu'il a été ministre de cohabitation de François Mitterrand,
d
'être devenu mitterrandiste.
La
première chose que j'ai faite lorsque j'ai vu Michel Barnier, qui voulait me nommer à Beauvau,
qui
venait d'être nommé premier ministre, c'était avec Gérald Archer.
La
question que nous lui avons posée,
c
'est est-ce que tu respecteras la Constitution ? L'article 20 de la Constitution.
L
'article 20 de la Constitution, c'est le gouvernement gouverne, pas le président de la République.
Et
c'est à partir de là que je suis rentré au gouvernement. En clair, je n'étais pas nommé ministre, si j'ose dire, de M. Macron, mais j'étais ministre dans un gouvernement dirigé par Michel Barnier. Oui, vous l'avez dit, un ministre de cohabitation. Et souvenez-vous, les désaccords que j'ai eus sur l'immigration, sur l'Algérie, sur la Corse d'ailleurs, on en parle encore aujourd'hui, avec le président de la République, je crois qu'il y a peu de ministres de l'Intérieur qui ont eu cette liberté de parole, y compris en Conseil des ministres, y compris en Conseil des ministres, autant que je l'ai eu. Flora Guevally.
Bonjour. Bonjour. Je ne
suis
pas exactement de votre famille politique, moi je viens plutôt de ce qu'on appelle la gauche réformiste, peut-être il y a dix ans le Parti Socialiste, sauf qu'aujourd'hui je suis orpheline politique, parce que depuis dix ans, le Parti Socialiste s'amuse à faire des alliances avec la France insoumise, il y a eu la NUPES,
il y
a eu le nouveau Front populaire, ce qui a conduit à vider totalement de son essence, de sa sève, ce qu'incarnait cette gauche réformiste, qui aujourd'hui peine à être présentée dans l'échiquier. Ma question pour vous, c'est, on voit la droite, dix ans plus tard, la droite républicaine que vous incarnez, se diriger vers le même chemin qui est de concéder certaines alliances, de refuser le Front républicain, de faire des alliances circo par circo, selon les sujets.
Là, je parlais avec des députés de votre groupe à l'Assemblée, qui me disaient, non mais le RN ne nous mettra pas de sortant, en tout cas on est en train de négocier ça, nous mettra pas de, c'est peut-être de la politique fiction pour l'instant, mais on espère que le RN ne nous mette pas de sortant face à nous, ce qui est en fait déjà la base d'un accord électoral. Cependant, moi je crois, au même titre que je crois qu'il y a deux gauches irréconciliables, je crois qu'il
y
a deux droites irréconciliables et que le RN est en train de piller vos principes, vos valeurs et surtout votre héritage gaulliste. Je ne sais pas si vous avez vu certains députés RN se promener avec la croix du général sur leur veste actuellement et se comporter
quand même
comme des charognards de l'héritage du général de Gaulle. Bref, est-ce que vous n'êtes pas en train de suivre la triste voie que nous avons empruntée, nous, la gauche réformiste, il y a dix ans ? Et est-ce que vous n'êtes pas en train de quitter le pouvoir républicain pour la décennie qui s'ouvre
?
Alors, parfaitement d'accord. On a besoin d'une gauche. Moi, je suis pour un rapport démocratique droite-gauche.
Que
la droite s'assume, que la gauche s'assume, sans tomber justement sous la domination de M. Mélenchon. Donc, 100% d'accord avec vous. Pardon, quand j'entendais Marine Le Pen hier dire qu'elle n'était ni de droite ni de gauche, c'est dû en même temps.
Moi,
je n
'ai
pas envie d'un nouvel en même temps. J'ai lutté contre le « en même temps » d'Emmanuel Macron pendant dix ans. Ce n
'est
pas pour retomber dans un autre « en même temps ». Très clairement, en fait, ce que je veux dire,
c
'est qu'on peut effectivement avoir un certain nombre de solutions sur la fermeté, évidemment, parce que c'est des solutions de bon sens.
Mais
quand j'entends Marine Le Pen sur la retraite, sur son projet économique, je me dis que ça ruinera la France. Ce n
'est
pas le projet que je porte. Et comment dirais-je ? La légitimité d'un candidat à la présidence de la République,
c
'est d'avoir un projet très particulier, très singulier.
Le
projet que je porte, vous voyez, c'est un projet d'ordre public
parce
que je pense que sans ordre public, il ne peut pas y avoir de liberté
et
je suis plutôt libéral en économie.
Mais
on est au bord du gouffre. Donc moi, je dis,
c
'est possible
pour
les Français d'avoir plus de prospérité,
de
niveau de vie, mais à condition que le travail paye et à condition qu'on arrête l'assistanat. C'est pour ça
que j'ai fait la
proposition. Quelle est votre proposition là-dessus ?
La proposition, c'est de faire en sorte qu'en travaillant un petit peu plus, une demi-heure de plus par jour, on mette sur la table l'équivalent de deux mois nets supplémentaires et que parallèlement, on tape l'assistanat
et
qu'on plafonne à 70% du SMIC
la
totalité des aides sociales. Vous demandez aux Français de travailler une demi-heure de plus, mais en étant payant plus. Voilà. C'est-à-dire que admettons, un Français fait 35 heures, l'entreprise ne peut pas avoir plus d'heures parce qu'il est contingente, parce qu'il n
'y
a pas de carnet de commandes. Déjà, je libère les charges, j'allège les charges et ça fait 500 euros de plus.
Mais, si
on va un peu plus, un peu plus haut que les 35 heures, alors là, c'est vraiment quelque chose d'important et on arrive
à
payer beaucoup plus, ce qui fait que les 500 premiers euros sur les 35 heures plus le reste sur les heures supplémentaires,
c
'est quasiment deux mois de plus, deux mois nets de plus. Et je décourage aussi l'assistanat parce que c'est plus possible. J'ai rencontré, vous voyez, samedi ou vendredi, un couple de gilets jaunes.
C
'était une famille recomposée, il y avait quatre enfants.
Les
deux travaillent. Un des deux fait des heures sup' et malgré ça, ils n'arrivent pas à boucler les fins de
mois.
Mais c'est à cause de ceux qui y sont assistés ? Je pense que la dépense, je pense, oui, que l'État-providence est allé trop loin. Je pense, très franchement, qu'il faut donner, et c'est ce que je veux, moi, faire en sorte que le travail paye plus, donner plus à ceux qui travaillent et moins à ceux qui parfois profitent.
Comment on sort de cette crise lycéenne, étudiante, enfin qui est mélangée d'ailleurs parce que dans la rue, on a vu samedi, à la fois des jeunes mais aussi ceux qui dénoncent la vie chère. Comment on sort de cette crise ? Sébastien Lecornus, cet après-midi, rencontre les syndicats d'étudiants et va faire ensuite des réponses très concrètes.
C
'est ce qu'on annonce à Matignon. Quelle serait votre solution, vous
? D
'abord, en disant la vérité,
que
nos jeunes soient profondément inquiets qu'ils ne le seraient pas. Depuis 1945, c'est la première fois, c'est la première génération
où
les jeunes vivront peut-être moins bien que leurs parents. Et il faut voir les restos du cœur. Quasiment un jeune sur deux
? Vous
vous rendez compte ?
C
'est-à-dire que pour ceux qui viennent au resto du cœur, un sur deux sont des jeunes de moins de 25 ans.
Donc,
il
y a
un vrai problème. Jadis, étudier, c'était l'assurance
de
bétonner son avenir. Ce n
'est
plus le cas maintenant. Donc, moi, je pense qu'il
y a
des choses qu'il faut entendre. Je pense que Parcoursup est d'évaluer. Il faut une nouvelle plateforme avec des critères qui soient des critères visibles, lisibles, pas d'algorithme, pas de boîte noire. Mais il faut des critères méritocratiques. Donc,
il faut une sélection,
quand même. Je suis pour une sélection. Je suis pour la sélection.
Parce que
tout à l'heure, on recevait Coppelia Moreau, c'est l'une des figures du mouvement, qui dit, le bac, c'est la sélection. Une fois qu'on a son bac, on peut pouvoir s'inscrire n'importe où.
C'est mentir à ces jeunes de dire que le bac doit être un grade universitaire. Je pense que c'est faux. Dans la mesure où, aujourd'hui, la sélection, c'est par l'échec,
vous
avez
un
jeune sur deux
qui
sort de l'université au bout de cinq ans sans aucun diplôme. Sans aucun diplôme. Et aujourd'hui, il est plus facile, parfois, de rentrer dans des filières langues universitaires que de rentrer dans un bac plus deux, un IUT, un... Et là, c'est sélectif. Mais voilà. Donc, je pense qu'on a gâché des générations avec ce mensonge. Le mensonge... C'est des magots, en fait ? C'est totalement des magots. Mais le grand mensonge, c'était de dire 80% d'une classe d'âge au bac. Non, c'est 100% d'une classe d'âge. Moi, ce que je veux,
c
'est arracher l'éducation nationale, toute la formation professionnelle
pour
la confier aux régions
et
mettre dans le coup les entreprises. Je veux qu'on ait une double filière, un peu comme en Allemagne, une filière généraliste et une filière d'excellence professionnelle. J'en ai marre que des gamins, je vais vous dire, soient dévalorisés parce qu'ils ont l'intelligence de la main et qu'il faudrait faire des études longues. C'est comme ça qu'on fait des générations aussi qui sont frustrées parce qu'on leur donne un master, etc. et après, ils ne trouvent pas de travail.
Donc,
il faut une sélection. Oui, c'est ça la vie et de toute façon, aujourd'hui, la sélection, il faut le dire, clairement, elle existe. C'est la sélection par l'échec. Abel Boyy,
moi, je suis un ancien électeur de droite dans une ancienne vie et aujourd'hui, je suis un peu comme Flora, je suis un orphelin politique et je ne sais pas vers qui va se diriger mon vote, quoique je sais qu'il ne se dirigerait pas vers le Rassemblement National. Ce qui m'embête, c'est que la droite, aujourd'hui, lorsqu'elle n'est pas en responsabilité, elle est très forte pour dire ce qui ne va pas et quand elle accède aux responsabilités, elle est très forte pour expliquer pourquoi elle n'a pas fait les choses.
Et quand je vous vois, je me dis, elle est où cette droite qui était pleine d'énergie, même quand les situations étaient compliquées, c'est-à-dire même, je vous écoute depuis tout à l'heure, il y a beaucoup de terminologies assez négatives, assez violentes. Donc, je comprends qu'on est face à une situation compliquée mais j
'ai
l'impression que vous arrivez un petit peu comme un président de ma convention obsèque avec votre cercueil et vous annoncez que c'est la guerre mais on a besoin de rêver et c'est pour ça que le Rassemblement National et que LFI, indépendamment de ce que l'on pense, il prévoit, comment dire, il propose un programme d'espoir qu'il soit applicable ou pas, ce n
'est
pas le sujet. Mais moi, j'ai envie de retrouver une droite un peu façon époque chiracienne qui me fait rêver à nouveau, qui me dit mais tout comme j'ai envie de retrouver une gauche aussi, ces deux parties de gouvernement qui savaient donner un rêve d'espoir et ne pas que parler de ce qui ne va pas parce que
quand
je vous entends, je me dis mais en fait, demain si vous êtes président, mais comment allez-vous faire pour relever la France réellement ? Mais on ne peut pas mentir aux Français.
Mais ça je suis d'accord. Je
vais vous dire, pourquoi je ne suis pas un électeur du Rassemblement National ?
Parce
que je ne suis pas démagogue, voyez. Parce que je dis aux Français, c'est possible, moi je veux qu'il y ait une France prospère, je veux que ceux qui bossent aujourd'hui arrivent à boucler leur fin de mois. Comment vous expliquer que trois Français sur dix, y compris ceux qui travaillent, se trouvent dans le rouge le dix-sept, le dix-sept de chaque mois, il y
en
a un tiers dans le rouge qui travaillent. Mais tout ça, on le sait en fait, puisque
les Français le vivent dans leur chair au quotidien. Non, attendez, vous voulez
rire. Le Français qui a, comment dire, qui est dans le rouge le dix, il le sait. Est
-ce
qu
'il a
besoin qu'on vienne lui répéter ? Mais oui. Ben non. Mais si,
en disant, il y a un chemin d'espoir. Oui, mais quel est votre chemin d'espoir
?
Justement, c'est ça que j'appelle. Deux mois de salaire de
plus ? Pardon ? Deux mois de salaire de plus ? Vous croyez que ce n
'est
pas un espoir
?
Le fait que ceux qui profitent ne soient pas justement contraints, parce que, pardon, les prestations sociales,
c
'est nos impôts, nos cotisations. Mais ceux qui profitent, c'est
qui
? Ceux qui profitent, c'est qui ? Eh ben, c'est des gens qui, voilà, touchent des aides, qui sont assez malins pour toucher des aides et qui restent, ceux-là, dans le canapé. Est-ce que vous supprimez l'AME, l'aide médicale d'État
?
Bien sûr que je le supprime. On est un des seuls pays européens. Là encore, question de justice. Moi, je veux la justice. C'est ça, l'espoir de la justice. Que celui qui travaille, ça va lui profiter. Pareil, pardon, l'AME, comment voulez-vous ? Un clandestin vient, il va avoir 100% remboursé. Vous avez un Français qui bosse, qui travaille, qui cotise, qui va se faire soigner chez le chirurgien dentiste, et lui, il va avoir que 70%.
Mais
attendez, mais on
marche sur la tête. Donc le premier exemple d
'espoir que vous donnez, c'est l'étranger qui prend les droits des Français. Mais par exemple, un jeune
de 13
ans,
parce que moi,
je
suis engagé sur la jeunesse, vous voulez taper sur les jeunes délinquants et vous avez raison. Mais que proposez-vous à un jeune pour qu'il ne bascule pas dans la délinquance ? Ce que je lui propose, enfin... Parce que votre programme est très punitif, mais où est le préventif
?
Bah si,
dans les mots si. Non, je lui propose un avenir. Je lui propose, par exemple, de casser le collège unique.
Parce
que c'est une idée folle en France.
qu
'on demande à des enfants de 13 ans, de 11 ans, de 12 ans, d'être dans le même moule. Les enfants ne sont pas, nos jeunes ne sont pas des produits standards. Je suis
d'accord avec ça. Et donc, il faut
des groupes de niveau, des vrais groupes de niveau, pour que ceux qui visent l'excellence puissent grimper et ceux qui ont des difficultés, on puisse les rattraper. Je propose, justement, le pré-apprentissage à 14 ans. Je propose que chaque enfant soit considéré en fonction de ses talents. Pourquoi est-ce que le talent de la main n'est pas autant reconnu que le talent... Je suis d'accord, mais parlez plus de cet aspect positif, en fait, le
côté tout sécuritaire
de la droite.
On
a besoin de ça. C'est vrai. Bruno Retailleau, je retiens le conseil. Bruno
Retailleau, face aux grandes gueules, Charles Consigny, dans un instant. Et
puis,
on parlera aussi des lettres aux Français que vous avez écrites de combat et d'espoir
aux éditions de l'Observatoire,
parce que vous écrivez à différents Français, aux Gilets jaunes, à vos petits
-enfants, mais
aussi à Jean-Luc Mélenchon.
Et
vous vous posez une question concernant Jean-Luc Mélenchon. A tout de suite sur RMC, RMC Story. RMC.
Alain Marshall, Olivier Trussaud,
les grandes gueules.
1,
2,
3, 4.
11h24, la suite des grandes gueules sur RMC, RMC Story avec Charles Consigny, Abel Boyi et Flora Guevary. Et face aux grandes gueules, c'est Bruno Retailleau, candidat à
l
'action présidentielle, auteur de ce livre. On va en parler dans un instant, de combat et d'espoir. Ce sont des lettres personnelles que vous avez écrites aux Français, à certains Français, aux éditions de l'Observatoire. Mais je voudrais qu'on dialogue et que vous dialoguez, vous, avec Audrey, qui est commerçante au 32-16. Parce que les commerçants en ont ras-le-bol de voir tous ces samedis finalement privatisés par des casseurs, des émeutiers. Ils sont obligés de se barricader, de mettre des planches de bois et ils perdent à chaque fois une journée de commerce. Audrey, bonjour.
Bonjour.
Vous êtes président de l'Union des commerçants de Coulomiers et vous vouliez interpeller Bruno Rotailleux. Expliquez-nous.
Oui, oui, parce qu'en fait, on ne parle pas suffisamment, je pense, des petites villes comme les nôtres. Moi,
je
suis dans une ville qui est donc Coulomiers, 15 000 habitants et on n'est pas touchés directement par les manifestations et par les casseurs mais on est touchés par un impact important, c'est-à-dire que les gens, les clients, fuient les centres-villes. Voilà, nous, pour un exemple, ce samedi-là, on a fait moins 70% de chiffre d'affaires et on n'en parle pas suffisamment mais nous aussi... Parce
que les gens ont peur
de se retrouver face à des manifestants violents donc ils s'en vont.
Exactement. Ils fuient les centres-villes et tous les centres-villes. Voilà, moi, j
'ai
un commerce à Coulomiers, j'en ai un autre sur la ville de Provins et ce samedi-là, enfin, on va dire, depuis mercredi dernier, il ne se passe plus rien. Les gens désertent les centres-villes. Donc, c'est vrai qu'on en a un peu ras-le-bol et qu'on aimerait que ces manifestations s'arrêtent parce que,
clairement,
on va tous mourir.
Ce matin, Laurent Nunez disait qu'il y aura d'autres couvre-feu, d'autres journées de manifestations, l'acte 3, l'acte 4, l'acte 5, donc c'est parti jusqu'à Noël, Bruno Rottagé
? Non, mais
elle a totalement raison. J'entendais Emmanuel Macron la semaine dernière dire aux commerçants plein d'empathie, rassurez-vous, vous serez remboursés. Oui,
mais on ne sera pas
remboursés, nous.
D'abord, ils ne seront pas tous remboursés, complètement remboursés, mais ce n
'est
pas ce qu'on demande à un chef de l'État, de rembourser. C'est de protéger. C
'est
de protéger. Et moi, ce que je pense, parce que c'est vrai que, en plus, vous avez, je crois, une année qui n'est pas terrible sur le plan du chiffre d'affaires. On arrive à Noël, donc ça va être capital. Moi, je pense que, un, il faut la plus grande fermeté possible. Il faut aussi taper, quand je vois, en matière de justice, on me signalait un individu, 23 ans, son prénom, c'est Andy, il a participé à toutes ces exactions du 17 octobre et il a tiré avec un tube artifice, vous voyez, un mortier, et c'est très dangereux, cire les policiers. Il comparaît
pas une
journée de prison ferme. Donc,
tant
qu'on n'aura pas
ce courage, bien entendu. On a dit le contraire, on a dit,
regardez, comparution immédiate,
il y a des gens en
prison.
Jérôme
Darmanet, Mise de la Justice, en félicite.
Je
suis favorable, y compris pour l'inscrire dans une charte de l'ordre républicain que j'annexerai à la Constitution. Je suis pour que, dès lors qu'on agresse un policier, un gendarme, voire même des sapeurs-pompiers, eh bien, c'est casse-prison, parce que sinon, l'autorité, on la dilue. Et je pense que, pour répondre, il faut justement un État qui soit très, très, très ferme, qui ne tolère rien.
Laurent
Nunez aurait dû démissionner.
Il
a présenté
sa démission,
elle a été refusée, il est resté. Voilà, donc ça concerne Emmanuel Macron. Ça concerne Emmanuel Macron. Mais c'est vrai qu'il y
a
eu un fiasco. Et ce fiasco, pardon, il venait après ce qu'avait dit le chef de l'État en demandant aux policiers, aux gendarmes,
de
l'empathie. Pardon, mais un gendarme ou un policier, ce n
'est
pas un animateur socio-culturel. Voilà. Regardez le va-et-vient sur les grenades assourdissantes.
Un
jour, on suspend et le lendemain, on rétablit. On en a besoin ? Non, mais je vais vous dire, le fond du fond, c'est que le pouvoir des gens remets, malheureusement, à peur. Ces hésitations, c'est le symbole d'un pouvoir qui, finalement, refuse d'assumer le monopole de la force légitime.
On
a toujours peur. Ben non, il faut, quand j'étais à Beauvau, j'ai donné, je me souviens, sur Bloquantou, la doctrine que j'avais demandé à appliquer aux gendarmes et aux policiers, c'est d'aller au contact et de ne pas se laisser quand il y avait des violences, des dégradations pour pouvoir interpeller systématiquement.
Mais comment expliquez-vous qu'en France, on ait besoin de la grenade de désencerclement ? C'est la seule police en Europe qui l'utilise.
Non,
non, vous avez ce qu'on appelle des moyens intermédiaires. Entre l'arme létale, c'est-à-dire une arme qui peut tuer, et puis la matraque ou d'autres moyens, vous avez ce qu'on appelle justement des forces intermédiaires. Et si vous supprimez ces forces-là, compte tenu de l'hyperviolence, vous aurez des policiers et des gendarmes dos au mur qui n'auront plus pour se défendre. Mais pourquoi
les armes de police ? Alors, je m
'intéresse plus à votre candidature sur le plan politique. Il me semble que vous subissez
un
peu deux phénomènes.
D
'abord, l'héritage de Macron qui fait que chacun se dit que sans parti politique,
il
peut se lancer dans la présidentielle.
C'est
clair.
Et voilà. Ce qui fait qu'on a ce phénomène étrange où des candidats sont désignés par leur parti, c'est votre cas, c'est le cas de Raphaël Glucksmann, même si ce n
'est
pas son parti, il a été désigné par le PS. Et vous en avez toujours
à
chaque fois un autre à côté qui dit « Coucou, je suis là ». Vous avez François Hollande pour la gauche, David Lissnard vous concernant, d'autres qui la ramènent moins maintenant mais qui sont quand même un peu en embuscade, Bertrand, etc. Xavier
Bertrand a
prévu d'annoncer bientôt
sa candidature.
Le suspense sera
bientôt
rompu. premier phénomène. Deuxièmement, vous aviez un côté punk un peu à droite à une époque qui plaisait.
Ah punk ! Je sais que ça ne plaira
pas aux Inrocs mais à mon sens Retailleau est punk. Voilà. Il n'est pas punk qui veut. Je pense qu'il est plus punk que Guillaume Meurice et compagnie. Que Nova, etc. Et vous avez été aussi là un peu débordé sur votre droite par des gens encore plus radicaux avec le verbe encore plus tranché. Bon.
Et
en même temps,
moi
je me demande est-ce que vous ne
vous
dites pas que
s
'agissant de LR précisément
tout
le boulot qu'a fait Lissnard là sur le programme, les slogans, une certaine nouveauté, tout le boulot qu'on peut ne pas aimer du tout mais la radicalité
de Zemmour, etc.
tout ça. Est-ce que vous vous êtes pas un peu reposé sur vos lauriers en vous disant je suis président du parti, j'étais ministre, roule, ça va aller tout seul et vous n
'avez pas un peu...
Pas
du tout.
Je n'ai rien vu d'ailleurs comme proposition originale parmi ceux que vous citez soit qui n'ait pas été parfois pillé dans notre propre programme et je pense avoir un projet un des plus aboutis. Alors là où je vous donne le point, c'est sur cette idée qu'il y
a
une forme d'individualisation, c'est-à-dire que chacun après Macron se dit tiens je peux être président de
la
République.
En
revanche, je suis sûr, côté punk par exemple, je suis certain que les Français vont demander au fur et à mesure de la dureté du moment à la fois une radicalité et je vais d'ailleurs, je veux renvausser la table par exemple en changeant une partie de la Constitution pour rendre au peuple le pouvoir de choisir,
le
pouvoir de choisir son destin, de peser sur son destin.
De
la radicalité mais en même temps de la crédibilité.
On
est dans un moment tellement difficile qu'il faudra progressivement et les Français le sentiront parce que ce sera leur retraite, leur salaire, le pouvoir d'achat qui s
'envoulent.
Il
faut des gens
sérieux. Il faut aussi du sérieux. Il faut la radicalité mais aussi le sérieux.
On va parler de des lettres mais... Vous
m'avez répondu sur Marine Le Pen sur le volet économique mais vous ne
m
'avez pas répondu sur le sujet des valeurs et notamment du cadre républicain et dans votre livre vous écrivez à Jean-Luc Mélenchon et vous terminez votre lettre par « Vous êtes Jean-Luc Mélenchon mon seul adversaire puisque vous êtes...
Vous
seul êtes une menace politique pour la République. »
Est
-ce que post-Révélation Mediapart sur l'antisémitisme de Bardella et l'étude qui a suivi qui montre que 57% des parlementaires RN ont un sujet affiché avec le racisme et l'antisémitisme, vous écrirez encore ce livre de la même manière ?
Un, je ne suis pas au Rassemblement National. C'est
bien parce qu'il y a des raisons. Vous dites que seul Jean-Luc Mélenchon est une menace pour la
République. J'assume. Non, une menace
pour la République. Oui,
je l'assume. Je vais vous dire pourquoi.
L'URN n'est pas une
menace pour la République.
Je l'assume,
je l'assume, je l'assume. Quand j'ai dissous la jeune garde comme ministre de l'Intérieur avec un dossier de violence très lourd
et
d'antisémitisme. Il s'en était pris d'ailleurs à un jeune juif de 15 ans, compatriote juif d'une quinzaine d'années.
Je
dissous.
Et très
peu de temps après,
M.
Mélenchon dit dans un meeting « Écoutez, je leur donne raison, bravo, continuez ».
M.
Le Pen, en 1989, avait au moment d'un meeting joué avec la consonance juive d'un certain nombre de noms de journalistes, exactement comme M. Mélenchon l'a fait.
On
en est rendu à un parti qui, clairement, joue avec l'antisémitisme,
joue avec le racialisme, joue
avec la violence. Oui,
les tweets
de
Bardella, ils sont
moins graves que les blagues de Mélenchon
?
Mais pas du tout. Pas du tout. Simplement, vous avez un parti
qui
a théorisé la violence et qui l'applique.
Et
qui l'applique. Le racialisme, l'antisémitisme, la violence, le côté antidémocratique. Ils veulent mettre en prison les préfets. Le
RN, ils ont tabassé les militants de l'UEF
hier.
Quand
ils disent, quand ils
disent, par exemple,
écoutez, j'assume parfaitement qu'au point où on en est, ça n'est plus le rassemblement de Jean-Marie Le Pen. Il y a sans doute des racistes, il y a sans doute des antisémites et j'espère qu'ils feront un certain nombre de ménages.
Vous avez plus peur de Mélenchon que de Marine Le Pen
pour la France. Oui, parce que jamais lui, voyez, regardez ce qui s'est passé avec Quentin de Roque. Il y a eu ce qu'on appelle une inversion de la responsabilité, une inversion accusatoire. On en interne. Le jeune type meurt
et
on nous fait comprendre que finalement,
il
l'a bien cherché parce que c'était un militant identitaire. Je n'ai jamais entendu sonne, Mme Le Pen. Je suis en profond désaccord avec elle, encore une fois.
Mais
très franchement, objectivement, les choses sont différentes.
Merci Bruno Rotaillot de Combat et d'Espoir. Lettre aux Français, si vous voulez lire les lettres que Bruno Rotaillot adresse à certains Français, dont Jean-Luc Mélenchon. il
n
'y a pas François Hollande.
C'est l'ancien Français, François. Il y a vos 10
enfants notamment aux éditions de l'Observatoire. Merci Bruno Rotaillot.
Bruno Retailleau