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InterviewLyon Première — L'invité politique du samedi· 6 mars 2022 40 minComplaisantActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsSécuritéTransports

François-Noël BUFFET : Sénateur LR du Rhône et Conseiller Métropolitain

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 62 %Attaque 15 %Défensif 23 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:08OuverteRéponse directe

    Comment réagissez-vous comme parlementaire face à la guerre en Ukraine ?

  • 3:20OuverteRéponse directe

    Est-ce que cette crise est un tournant politique majeur pour l'Europe ?

  • 6:43OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que la grève de la police municipale lyonnaise vous inspire ?

  • 9:02OuverteRéponse directe

    Vous avez un avis précis sur l'armement et la vidéoprotection des polices municipales ?

  • 10:31OuverteRéponse directe

    Pouvez-vous nous éclairer sur le rôle et le fonctionnement du Sénat ?

  • 12:10RelanceRéponse directe

    Le Sénat est-il devenu une opposition systématique au pouvoir ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:33Invité politiqueFait
    « La crise que nous vivons est une crise extrêmement grave. »
  • 7:21Invité politiqueFait
    « Ce n'est pas acceptable, ce n'est pas normal. Ce qui n'est pas normal, c'est qu'on en soit arrivé à un moment où la police municipale finisse par se mettre en grève. »
  • 9:17Invité politiqueFait
    « J'ai armé ma police municipale, je l'ai décidé en 2011-2012. »
  • 10:33Invité politiqueFait
    « Le rôle du Sénat, c'est constitutionnellement une des chambres du Parlement français qui a une spécificité puisque contrairement à l'Assemblée nationale nous ne sommes pas élus par toute la population mais par un collège électoral qui est un collège d'élus. »
  • 12:47Invité politiqueChiffre
    « 75% des amendements qui sont votés au Sénat sur des textes sont conservés par l'Assemblée nationale. »
  • 19:15Invité politiqueChiffre
    « La métropole de Lyon, c'est 300 000 véhicules qui rentrent tous les jours et qui sortent sur cette métropole. »
  • 25:18Invité politiqueFait
    « C'est notre candidate. »
  • 26:16Invité politiqueFait
    « une femme à la tête de l'état c'est aussi un vrai changement pour tout le monde »
  • 26:52Invité politiqueFait
    « les français sont prêts et puis il n'y a pas de raison de ne pas être prêts parce que la personne est compétente »
  • 26:58Invité politiquePromesse
    « Valérie Pécresse est en capacité de pouvoir porter cela »
  • 28:29Invité politiqueFait
    « je suis en parfait désaccord avec mon collègue et avec ce choix »
  • 28:34Invité politiqueFait
    « les propos d'Eric Zemmour sont sans ambiguïté quand on évoque d'une part la réhabilitation du maréchal Pétain et quand d'autre part on essaye de construire une politique sur quasiment un conflit de civilisation »
  • 28:54Invité politiqueFait
    « c'est éminemment dangereux dangereux pour la France mais dangereux pour tout le monde »
  • 30:16Invité politiqueFait
    « si je rappelle que c'est François Hollande qui avait décidé de rendre public les parrainages »
  • 31:05Invité politiqueFait
    « c'était les intentions de Général De Gaulle en mettant en place ce dispositif c'est d'éviter des candidatures farfelues »
  • 34:33Invité politiqueFait
    « on ne veut pas de communautarisme on se bat contre les communautaristes parce qu'ils sont un début de gangrène au sein de la société »
  • 34:46Invité politiquePromesse
    « on veut par exemple un système fiscal qui soit plus juste »
  • 35:21Invité politiqueFait
    « le débat est un débat faussé en réalité parce que le sujet est utilisé comme étant un chiffon rouge de la politique pour combattre l'adversaire »
  • 35:40Invité politiqueFait
    « les choses sont très très simples on n'a pas le temps de l'évoquer ce matin mais il faut simplement avoir les idées claires »
  • 36:42Invité politiqueFait
    « on risque de se retrouver effectivement avec deux parties à l'extrême droite et à l'extrême gauche qui vont rester entre guillemets vivants »
  • 38:17Invité politiqueFait
    « la première partie du mandat est une partie compliquée pour lui et l'affaire des gilets jaunes a marqué un temps de rupture »
  • 38:29Invité politiqueFait
    « le regard qu'il portait sur la France sur le pays sur la façon de gérer notre pays et des corps intermédiaires en particulier était assez méprisant en réalité »
  • 39:12Invité politiqueFait
    « sur les politiques migratoires ou les politiques de sécurité des fonctions égaliennes c'est pas bon »

Temps de parole

  • François-noël Buffet67 %
  • Présentateur31 %

0,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

A Lyon, vous écoutez Lyon 1ère. Lyon 1ère. Lyon 1ère, l'invité politique du samedi. Avec immédiat positif, Frédéric Duval. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur l'émission L'invité politique de Lyon 1ère, le samedi de 11h à midi. On est heureux de vous retrouver. Vous le savez, cette émission, c'est à la fois une rencontre avec un homme ou une femme politique qui s'occupe de votre quotidien. Et puis c'est un entretien, sans a priori, pour essayer de comprendre, d'analyser, de décortiquer à la fois la situation et parler de votre vie locale. Alors aujourd'hui, je suis très heureux de recevoir François-Noël Buffet. Bonjour. Bonjour.

Vous êtes sénateur LR du Rhône et par ailleurs toujours conseiller métropolitain. Vous connaissez évidemment bien le territoire parce que les plus anciens se souviennent que vous êtes là depuis longtemps. Vous avez été notamment maire d'Houlin, candidat à la présidence de la métropole. Vous meniez une liste métropolitaine aux dernières élections. un fin connaisseur évidemment de la situation. On va parler de tout ce qui se passe à Lyon. Mais vous savez qu'on commence aussi par une question d'actualité qui est souvent locale. Mais là, le contexte nous amène vraiment à réfléchir et j'allais dire à interroger le parlementaire que vous êtes sur la situation ukrainienne et russe.

Non pas pour peut-être comprendre ce qui se passe d'un point de vue géopolitique parce que c'est complexe, mais peut-être qu'est-ce que vous, ça vous inspire par rapport à la situation, par rapport à la position de la France, par rapport à l'Europe. Comment vous réagissez comme parlementaire aujourd'hui ?

1:24
François-noël Buffet

Ma première réaction est une réaction d'abord de responsabilité. La crise que nous vivons est une crise extrêmement grave. Sur le territoire européen, un pays a été agressé par un autre grand pays avec qui par ailleurs nous avons une histoire. Et c'est d'abord cette responsabilité-là.

La deuxième chose, c'est le fait d'être parlementaire et donc d'être encore plus dans l'obligation d'être à l'écoute de la situation, de ce qui s'y passe, de ce que l'on peut savoir, de ne pas se lancer dans des déclarations inutiles à tout point de vue, parce qu'un parlementaire, évidemment, ça a une capacité à pouvoir dire des choses, s'exprimer, mais ça peut aussi, dans ces contextes extrêmement difficiles, envenimer peut-être parfois, ou être mal compris. Créer des situations compliquées, être mal compris, et donc tout ça, il faut être très vigilant. Voilà. Donc c'est ma première réaction, c'est cet aspect de responsabilité.

La deuxième action, qui est la mienne, c'est celle, évidemment, d'être informé, en tant que parlementaire français, de l'évolution de la situation, et peut-être même d'avoir, à un moment ou à un autre, à prendre position sur des votes, sur des expressions. Mais le troisième point pour moi est l'unité, avant tout. L'unité du pays, l'unité du Parlement, parce que quand on vit des moments de cette nature-là, il faut aussi savoir se discipliner, je le crois, profondément.

Ça ne veut pas dire qu'on ne fait rien, qu'on ne pense pas à un certain nombre de sujets, qu'on n'a pas envie de dire des choses, mais quand on doit les dire, on les dit aussi en milieu, je ne dis pas fermé, mais pas de façon forcément publique, parce que dans une telle tension, chaque mot compte.

3:14
Présentateur

La situation est donc vraiment particulièrement grave et préoccupante. Est-ce que vous avez l'impression qu'on est... Alors évidemment, il y a une dimension historique de l'événement, mais est-ce que pour l'Europe, notamment, puisqu'on voit bien que la seule réponse possible, elle est européenne, même si la France est la dernière à avoir, y compris, puisqu'on parle de ça, la dissuasion nucléaire en possession, mais est-ce que vous pensez que pour l'Europe, c'est un tournant politique majeur et que la réponse, elle se fera forcément au niveau européen ?

3:40
François-noël Buffet

Il est incontestable que cette crise aura permis, c'est un paradoxe, à l'Europe de s'unifier fortement, de faire bloc dans cette crise et donc finalement de donner à l'Europe une consistance à la fois politique réelle et en même temps une capacité à pouvoir tenir un discours et des positions de défense réelles. C'est donc un point extrêmement positif. Il faut rappeler que la construction européenne avait d'abord pour objectif de maintenir la paix sur un territoire qui avait vécu des moments de guerre terribles, singulièrement la Seconde Guerre mondiale, bien sûr, mais pas que.

Et donc, cette unité aujourd'hui qui se révèle, qui se voit et qui devient opérationnelle, c'est aussi pour nous, je le crois, une vraie chance. Et demain, de ce point de vue-là, ne sera pas comme hier, c'est un peu ballot de dire ça, mais c'est pourtant ça la réalité. Il y a une consistance politique aujourd'hui en Europe. Il y a une capacité de faire bloc dans des situations de crise majeures. C'est un point extrêmement positif dans cette grande crise et cette guerre qui est en cours.

4:49
Présentateur

J'entends dans vos propos aussi, on reparlera tout à l'heure dans la troisième partie de l'émission de l'échéance présidentielle, mais que face à la situation, il y a comme une pause qui s'impose un petit peu et qu'il faut prendre la hauteur nécessaire, même s'il y a le besoin de débattre, mais qu'à un moment, on doit tous être respectueux et de l'unité et de l'importance de l'enjeu.

5:09
François-noël Buffet

C'est pour moi essentiel. Quand le pays est engagé de cette manière-là, pas que pour lui-même, mais pour l'Europe, vous l'avez dit, et puis peut-être avec une responsabilité encore plus large, c'est l'unité qui doit compter. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas des endroits de discussion, des endroits de contradiction, mais je crois qu'ils se font de façon simple, sans punchline tous les jours, parce que c'est nécessaire d'échanger. D'ailleurs, mardi dernier, il y a eu un débat au Sénat et ça, c'était important. Ce sont des moments importants, mais l'unité doit primer. Et l'unité, ce n'est pas simplement de ne rien dire, c'est être responsable.

Il viendra le moment où, nous l'espérons tous, cette guerre s'arrêtera. On espère que la diplomatie l'emportera le plus tôt possible, évidemment. Et il sera temps à ce moment-là de peut-être faire des bilans politiques. Mais pour l'instant, c'est la responsabilité qui est le maître mot, me semble-t-il.

6:09
Présentateur

Alors, les circonstances sont exceptionnelles qui nous font bousculer un petit peu la structure habituelle de notre entretien, mais on va redescendre un tout petit peu à l'échelle de la métropole et de Lyon pour parler d'une actualité un peu peut-être décalée par rapport à tout ça, mais importante aussi pour ceux qui nous écoutent. Pour la première fois, mardi, c'est mis en grève, il y a un projet de grève de la police municipale. C'est donc la police qui dépend de la ville de Lyon, etc., sur des problématiques de conditions de travail, de précarisation, de salaire, mais pas simplement, etc. Qu'est-ce que ça vous inspire ?

Parce qu'on sait qu'aujourd'hui, les questions de sécurité du quotidien sont importantes, sont essentielles. Qu'est-ce que ça raconte et comment peut-être on aurait pu faire autrement si vous aviez été notamment aux responsabilités ?

6:54
François-noël Buffet

Je rappelle d'abord que la sécurité, c'était un point essentiel de l'engagement que j'avais pris pour la métropole, parce qu'il est absolument nécessaire que chacune et chacun d'entre nous puisse vivre dans un endroit, dans un lieu tranquille et bien normal. c'est la première fois que je vois un mouvement de grève dans la police municipale de Lyon qui est une police importante avec des inquiétudes. Ce n'est pas acceptable, ce n'est pas normal. Ce qui n'est pas normal, c'est qu'on en soit arrivé à un moment où la police municipale finisse par se mettre en grève.

Alors même que des situations de violence sur le territoire existent, des quartiers de la place Gabriel Péry notamment, on le sait depuis des années est en difficulté. Mais bien au contraire, l'idée n'est pas de relâcher mais d'être encore plus présent, d'organiser les choses, de manager les équipes et de montrer cette volonté de gérer les situations de cette nature-là.

Donc c'est assez étonnant de voir cela mais je pense que c'est probablement une position du maire qui n'a pas ce sujet en tête, qui ne considère pas que la sécurité de ses concitoyens est une priorité absolue ou pas absolue en tous les cas essentielle et que le personnel qui est en charge cette sécurité qui vit au quotidien parce que c'est ça qu'il faut penser c'est que le personnel municipal vit le quotidien et le quotidien il n'est pas facile il est même violent aujourd'hui il peut même être extrêmement violent et s'il n'a pas le soutien de son maire qui est son chef s'il n'a pas ne ressent pas la volonté de son chef de l'aider dans sa mission il est évident qu'il s'interroge et qu'il doute et c'est la pire des choses

8:39
Présentateur

peut-être qu'on a fait alors je ne dis pas qu'on a fait un procès d'intention mais c'est vrai que peut-être d'un point de vue partisan et politique les écologistes n'avaient pas forcément ces questions de sécurité en tête le maire répond qu'il a quand même peut-être mis des moyens mis en place de la concertation etc il y en a deux qui reviennent souvent et quand on parle de la police municipale c'est la question à la fois de l'armement et la question de la vidéoprotection bien sûr sur ces sujets vous avez un avis précis

9:04
François-noël Buffet

moi quand j'ai été maire d'Oulin pendant 20 ans c'est moi qui ai installé la vidéoprotection à Oulin il y avait des discussions des inquiétudes on a réussi à les expliquer à expliquer les enjeux et à le mettre en place j'ai armé ma police municipale je l'ai décidé en 2011-2012 ça a été effectif un peu plus tard avec beaucoup de précautions mais je me suis rendu compte à un moment que les policiers municipaux étaient face à un danger notamment c'était au moment de la crise terroriste et donc je l'ai fait et je crois qu'il faut le faire après c'est pas non plus le western mais il faut donner à nos policiers municipaux les moyens de pouvoir se défendre eux-mêmes ils n'ont pas vocation à faire de la police judiciaire mais ils ont vocation à pouvoir se défendre eux-mêmes et les circonstances font qu'ils ont besoin de ce soutien et il faut leur donner naturellement

9:54
Présentateur

le message est passé est clair on parlera de tous ces sujets de la prochaine présidentielle mais aussi de votre fonction on va découvrir un peu à travers vous le Sénat dans la seconde partie de l'émission à tout de suite on se retrouve pour la seconde partie de l'émission l'invité politique le samedi de 11h à midi sur Lyon 1ère je suis toujours avec le sénateur François-Noël Buffet sénateur LR du Rhône est conseiller métropolitain Monsieur le sénateur c'est comme ça qu'on vous appelle officiellement ça tombe bien je voudrais qu'on parte un petit peu à la découverte de votre mandat et même si ça a changé un petit peu je ne suis pas encore certain que tout le monde connaisse exactement et le fonctionnement et le rôle du Sénat est-ce que vous pourriez nous éclairer un petit peu

10:32
François-noël Buffet

le rôle du Sénat c'est constitutionnellement une des chambres du Parlement français qui a une spécificité puisque contrairement à l'Assemblée nationale nous ne sommes pas élus par toute la population mais par un collège électoral qui est un collège d'élus pourquoi ?

parce que en 1958 le général de Gaulle a souhaité avoir deux chambres une qui représente la nation et l'autre qui représente les collectivités locales et les territoires c'était cette volonté d'équilibre plus simplement le critère démographique au Sénat n'est pas le seul critère qui compte le critère des territoires compte si on devait compter que sur le critère démographique il n'y aurait pas de sénateur en Lausère il n'y aurait pas de sénateur dans le Cantal il y en aurait peut-être un peu moins dans le Rhône bon première chose deuxième chose c'est un système d'équilibre démocratique aujourd'hui le Sénat est une forme de contre-pouvoir au pouvoir actuel dont le système a fortement été modifié par le quinquennat l'élection du président de la République aujourd'hui pour une durée de 5 ans avec immédiatement derrière une élection législative fait que l'élection législative a pris à moins d'intérêt finalement aujourd'hui puisque la population donne au président de la République élu les moyens de sa politique mais du coup ça crée une forme de pouvoir unique très vertical et le Sénat assure ce contre-pouvoir ce contre-pouvoir c'est pas seulement de dire non à tout bien au contraire c'est celui d'être en capacité de s'opposer quand il pense que les enjeux ne sont pas bien défendus les directions prises ne sont pas les bonnes mais c'est l'enjeu d'être constructif tous les jours et nous le sommes

12:10
Présentateur

c'est vrai que souvent alors d'abord le Sénat a beaucoup changé on avait une image un petit peu peut-être dépassée et pas tellement vraie d'un personnel politique un peu plus âgé d'un rôle un petit peu endormi on voit bien que d'abord la moyenne d'âge je crois c'est fortement rapprochée de celle des parles il y a un an d'écart voilà donc c'est vraiment pareil et puis ce contre-pouvoir on le sent bien mais est-ce qu'il n'y a pas du coup un risque par rapport à la philosophie de départ d'une sorte de complément de durée un peu plus longue d'une opposition un peu plus systématique c'est-à-dire qu'on sait très bien que d'un côté il y a le président avec sa majorité et de l'autre est-ce qu'on passe pas son temps à défaire ce que l'autre a fait quelque part ?

Je vais vous donner un chiffre

12:47
François-noël Buffet

75% des amendements qui sont votés au Sénat sur des textes sont conservés par l'Assemblée nationale ça veut dire qu'en réalité le Sénat apporte à notre fonctionnement législatif et à notre loi une part importante donc à 75% nous sommes d'accord avec l'Assemblée nationale donc c'est un point essentiel donc nous sommes utiles et puis il y a un moment où nous sommes en désaccord l'exemple le plus connu aujourd'hui de l'exercice de cette indépendance du pouvoir ça a été l'affaire Benalla sans parler du fond des choses mais nous avons pu mener une commission d'enquête et finalement mettre en évidence un certain nombre de difficultés plus récemment le Sénat a eu une commission d'enquête sur la gestion de la crise du Covid-19 avec des propositions très concrètes faites dans une parfaite liberté qui font avancer les choses nous engageons en ce moment une mission sur la gestion des EHPAD et singulièrement la situation d'Orpea du groupe Orpea mais plus largement des EHPAD en France et de la gestion de nos aînés et bien cette mission semaine elle va produire dans quelques temps un rapport extrêmement précis avec des propositions la commission des lois par exemple j'ai porté moi un rapport sur le vote à distance il y a quelques mois au moment où nous avons connu des difficultés du Covid et puis également un rapport sur les dysfonctionnements des élections régionales et cantonales l'année dernière pour les problèmes de distribution de tractors et ces textes-là ce rapport-là a été complètement repris par le gouvernement aujourd'hui en préparation de l'élection présidentielle et législative donc tout ce travail-là il compte

14:24
Présentateur

un vrai rôle à la fois d'efficacité de transparence démocratique c'est dans ce sens que ça va est-ce que c'est aussi peut-être j'allais dire le retour du local parce que vous l'évoquiez par rapport à l'histoire c'est vraiment la représentation des collectivités territoriales on a beaucoup accusé le terme est peut-être un peu fort Emmanuel Macron du fait de l'absence de son ancrage local d'avoir une méconnaissance de ce qui se passait dans les collectivités qu'il a peut-être en partie essayé de rattraper au moment du fameux grand débat mais est-ce que quelque part c'est pas aussi ça qui revient et qu'on entend davantage on voit bien que la place des territoires des communes des villes moyennes ce repositionnement est peut-être flagrant

15:02
François-noël Buffet

au niveau du Sénat maintenant c'est tout à fait clair que le Sénat est la chambre des territoires et a remis sur le devant de la scène l'utilité absolue des territoires des communes et des collectivités au sens large et des territoires au sens encore plus large le président Larcher défend cette hypothèse mais cette stratégie comme le font d'ailleurs tous les sénateurs et je crois que l'exécutif s'est rendu compte de cela rappelez-vous le début du quinquennat où les corps intermédiaires ne comptaient plus il n'y avait plus de c'était plus intéressant les maires encore moins et il a fallu la crise du Covid pour révéler l'utilité de ces territoires l'utilité des maires leur engagement et le Sénat est le défenseur des territoires et je crois qu'aujourd'hui c'est désormais bien clair et bien ancré

15:48
Présentateur

on retrouve un peu de la fameuse horizontalité qui manquait à l'expression verticale du pouvoir présidentiel

15:54
François-noël Buffet

c'est absolument nécessaire absolument nécessaire et puis je rappelle quand même que par exemple la commission des lois que je préside

16:00
Présentateur

oui j'allais y venir parce que vous êtes un sénateur mais pas n'importe quel sénateur c'est-à-dire qu'au sein de l'organisation du Sénat il y a un certain nombre de postes assez importants et une commission qui est sans doute la plus importante du Sénat la commission des lois dont vous êtes le président qu'est-ce que ça fait exactement la commission des lois à quoi ça sert et pourquoi votre rôle est particulièrement important en tant que président de cette commission

16:21
François-noël Buffet

il est vrai que la commission des lois au Sénat est une commission extrêmement importante l'Assemblée Nationale en plus la commission des finances qui est devant voilà l'équipe des assemblées 60% des textes qui sont venus devant le Parlement sont passés par la commission des lois celle de l'Assemblée Nationale mais évidemment celle du Sénat moi je préside la commission des lois et donc nous avons tous les textes importants régalien notamment de sécurité de lutte contre le terrorisme de réforme des collectivités locales avec le texte 3DS récemment de justice pénale ou civile donc tout cela les textes liés à la crise du Covid il y en a eu 14 sont passés devant la commission donc tout cela c'est une intensité de travail très forte et nous avons à chaque fois apporté des éléments très forts me vient en tête un texte sur les agressions sexuelles des mineurs c'est la commission des lois du Sénat qui a fait progresser les choses qui a fait avancer les choses j'ai fait voter un texte sur la dignité dans les prisons le gouvernement a suivi l'Assemblée Nationale a suivi donc on a fait avancer les choses sur le terrorisme nous avons proposé des sujets notamment la gestion des condamnés pour terrorisme et leur sortie de prison c'est le Sénat qui a pris l'initiative de ces affaires là donc nous sommes au premier plan j'allais dire peut-être pas médiatique mais vraiment au premier plan législatif de tous les sujets régaliens et la commission des lois est très très active tous les collègues de la commission des lois travaillent je mets un point d'honneur à ce que chaque choix de rapporteur ne soit pas simplement un choix politicien dans le mauvais sens du terme nous avons des gens compétents dans tous les groupes politiques bien sûr qu'il y a des majorités il y a des oppositions mais j'essaye de faire travailler tout le monde pour avoir une qualité de travail qui soit de très haut niveau parce que c'est ce dont nous avons besoin

18:11
Présentateur

un collectif mais avec quelqu'un qui l'incarne et qui les représente alors je le disais à côté de ce mandat très important vous avez toujours un mandat de conseiller de la métropole de Lyon bien sûr je rappelais tout à l'heure que vous aviez aussi été donc tête de liste à un moment pour cette élection métropolitaine le résultat n'a pas été celui que vous espériez sans doute et il y a donc une majorité écologiste à la fois à la mairie de Lyon et à la métropole de Lyon on est presque à deux ans il fallait dire de cette élection quel bilan vous portez vous qui avez défendu un préfet en partie différent sur ce qu'a fait aujourd'hui le président de la métropole ou ce qui se passe au niveau de cette métropole

18:49
François-noël Buffet

ce que je crois qu'on n'a pas vu encore tous les effets un certain nombre d'actes forts notamment liés sur les mobilités peuvent être intéressants je ne dis pas qu'ils sont parfaits ils peuvent être intéressants constituent un changement de stratégie en matière de mobilité mais je trouve les choses tellement partielles je n'ai pas de vision cohérente de la mobilité par exemple quand on sait que la métropole de Lyon c'est 300 000 véhicules qui rentrent tous les jours et qui sortent sur cette métropole la problématique elle est moins interne qu'externe je n'ai pas entendu de solution proposée aujourd'hui pour traiter ce type de situation donc je ne vois pas de cohérence par exemple dans la politique globale des mobilités c'est un sujet

19:29
Présentateur

il n'y a pas forcément de vision au-delà de la métropole pour effectivement comment est-ce qu'on fait pour que les gens rentrent etc même si vous êtes d'accord que c'est un sujet aujourd'hui bien sûr la pollution qui est liée à la voiture on est d'accord

19:42
François-noël Buffet

on est d'accord ma ligne était claire qu'il fallait gagner de la part de marché sur les déplacements des voitures et décarboner nos transports développer les transports en commun le métro en particulier la ligne E en particulier pour laquelle nous étions battus mais le RER à la Lyonnaise travailler plus avec la région pour favoriser tout cela et moi je vois une métropole qui s'est presque auto-centrée et qui oublie qu'elle est la première métropole de France après l'île de France c'est 1 400 000 habitants sur ce territoire mais qui rayonne au-delà de lui-même et cette composante de mon point de vue n'est pas suffisamment prise en compte je suis inquiet sur le plan du développement économique quand j'entends que l'on nous dit qu'on ne veut plus de grands comptes ou de grandes entreprises sur le territoire je m'inquiète pas simplement parce que l'idée de développer l'économie d'avoir de grandes entreprises serait contraire à l'environnement mais parce que c'est au bout du compte de l'emploi du travail de la richesse et c'est une grande partie de la richesse de la métropole comment voulez-vous mener ensuite des politiques de logement de solidarité si vous n'avez pas de richesse qui rentre ça finit en général par l'impôt mais ça on verra cet effet là que dans quelques années on ne le verra pas tout de suite c'est quelque chose qui est un peu pour l'instant peu visible du grand public

21:01
Présentateur

c'est-à-dire qu'ils ont pris beaucoup de décisions un peu peut-être symboliques au démarrage parce qu'il y avait peut-être aussi la nécessité de l'apprentissage de ce que c'est qu'une métropole au-delà on reviendra sur quelques détails notamment sur le métro sur ce qui se passe mais une petite question quand même de fond à l'expert juriste aussi que vous êtes c'est-à-dire qu'au-delà de cette question de l'attractivité du développement économique il y a une question qui apparaît sur justement peut-être l'envergure ou la trop grande importance de cette métropole dans un contexte où on voit les gens peut-être se réorienter vers plus de villes moyennes vers quelque chose de plus proche est-ce que vous vous avez ce débat-là où vous vous dites que c'est pas la priorité

21:35
François-noël Buffet

à ce sujet ?

Non, non c'est un débat très important le rôle des communes au sein de la métropole c'est un sujet stratégique c'est d'ailleurs même un sujet de polémique dans la gouvernance dans la métropole c'est d'ailleurs pour ça que la commission des lois du Sénat a mis en place une mission et cette mission débute son travail dans le courant de ce mois de mars il y aura des auditions évidemment des acteurs de la vie métropolitaine lyonnaise des acteurs nationaux pour évaluer cette métropole en tant que collectivité locale mais plus simplement au sein de ce territoire évidemment que la proximité est un enjeu fondamental que le rôle des communes est un enjeu fondamental que la possibilité de leur donner un peu plus de pouvoir dans la vie quotidienne était d'ailleurs un de mes projets lorsque j'étais candidat à la présidence de la métropole en disant donnons plus de pouvoir aux locaux on peut déconcentrer un certain nombre de services de la métropole il faut donner un peu d'autonomie parce que le quotidien c'est la priorité il n'y aura jamais vraiment de très grandes difficultés sur les grands sujets de développement quoi qu'il y en a en ce moment sur des stratégies de fond mais la proximité c'est la vie de tous les jours et c'est d'abord de cela dont il faut s'occuper et donc il faut que cette masse qu'est la métropole de Lyon vienne au plus près des territoires c'est un angle stratégique que je ne sens pas pour l'instant

22:51
Présentateur

Si on revient sur l'aspect concret que vous évoquiez des mobilités des transports on a eu toute une agitation autour du fameux transport par câble dont on sait qu'il ne se fera pas vous étiez en tant qu'ancien merdoulin bien concerné a priori ça ne se fera pas mais à côté ça a aussi empêché quelque part peut-être le déploiement la préparation de ce fameux métro E de ce prolongement vers l'ouest lyonnais qui connaît un problème qu'est-ce qu'on peut faire si on prend autant de retard ?

23:17
François-noël Buffet

J'ai vécu j'ai vécu ce moment comme une forme de provocation je ne suis pas contre le principe du transport par câble que les choses soient claires je pense que ça peut être utile à certains endroits j'ai en particulier une idée assez précise mais pas à cet endroit-là pas comme ça déplacement en commun les transports en commun lourds on doit les adapter au territoire je me souviens d'une époque où on ne voulait pas le métro à Oulain et à Saint-Génie-Laval parce qu'on disait il faut y mettre le tram mais on savait très bien que le tram n'y passerait pas on n'a rien contre le tram donc on a fait le métro et on verra on a vu d'ailleurs depuis 2014 que le métro est utile dans le sud-ouest lyonnais et qu'il sera utile lorsqu'il sera ouvert jusqu'à l'hôpital Lyon-Sud que j'ai porté pendant de nombreuses années et obtenu finalement mais la ligne E elle est essentielle stratégiquement aller à l'étoile d'Ali à Tassin filer jusqu'à Craponne pour récupérer la population de l'ouest lyonnais pour l'amener dans le centre je veux dire c'est de la stratégie de long terme on prend du retard il faudrait faire un effort financier considérable immédiat pour positionner les enjeux de développement comme étant le fait majeur de cette métropole maintenant

24:20
Présentateur

et bien on poursuivra sur d'autres exemples concrets dans la troisième partie de l'émission et on parlera évidemment de cette campagne présidentielle un peu étrange on va tout de suite on se retrouve pour la troisième partie de notre émission l'invité politique le samedi de 11h à midi sur Lyon 1ère je suis toujours avec François-Noël Buffet sénateur LR du Rhône et conseiller de la métropole on a parlé juste avant dans les deux premières parties à la fois de votre rôle de votre mandat au Sénat on a mieux compris à quoi ça servait on a évidemment parlé des questions internationales et puis des questions de transport au niveau de la métropole on va maintenant se lancer dans une dimension un peu plus nationale et politique au sens originel du terme on est à moins de 40 jours à peu près on a du mal à compter mais on est tout proche maintenant de l'échéance présidentielle des 10 et 24 avril vous étiez évidemment investi vous êtes LR vous avez une candidate est-ce que c'était votre candidate d'ailleurs Valérie Pécresse ou est-ce que ça l'est devenue comment vous la trouvez ?

25:18
François-noël Buffet

En fait c'est notre candidate j'avais à l'époque maintenant soutenu Michel Barnier que je connaissais bien parce que c'est aussi un Ronald PIN parce que ça fait longtemps que je travaille avec lui ou que je le connaissais et pour qui je pense qu'il avait une vraie vision des choses bien les primaires sont arrivées là c'est fait on soutient Valérie et on le fait bien volontiers force est de constater qu'on a des difficultés en ce moment

25:46
Présentateur

oui parce que ce qui est intéressant si on revient un tout petit peu et le temps passe très vite mais il y a eu une vraie dynamique au moment de son élection une belle élection une ligne assez claire une femme pour la première fois d'ailleurs chez DLR ce qui est plutôt assez nouveau entre guillemets il y avait plutôt quelque chose d'assez positif à ce moment là

26:04
François-noël Buffet

mais je pense que d'abord elle a fait une bonne campagne et que par ailleurs elle incarne un espoir un espoir de changement de sérieux c'est incontestable mais une femme à la tête de l'état c'est aussi un vrai changement pour tout le monde nous savons tous que la gestion d'une femme est différente de celle d'un homme c'est un peu simple de dire ça mais c'est pourtant la vérité beaucoup plus de transparence beaucoup plus de de propos directs et peut-être beaucoup plus de réalisme c'est possible mais en tout cas vous le sentez et le parti mais aussi peut-être les français sont prêts bien sûr les français sont prêts et puis il n'y a pas de raison de ne pas être prêts parce que la personne est compétente d'ailleurs que ce soit un homme ou une femme au demeurant ça ne pose pas de difficulté et je pense que Valérie Pécresse est en capacité de pouvoir porter cela la question c'est que cette campagne électorale aujourd'hui se trouve en difficulté la situation entre la Russie et l'Ukraine fait que la priorité du chef de l'état d'un côté mais aussi dans l'état d'esprit de chacun et de chacun d'entre nous est plutôt la gestion de cette crise qu'une élection présidentielle pourtant elle va avoir lieu cette élection prochainement il faut donc se remobiliser retrouver les réflexes de l'intérêt de cette élection présidentielle parce que c'est pour 5 ans et qu'il y a des enjeux pour la France des enjeux pour l'ensemble de la population moi ce que je souhaite en tous les cas à ce stade c'est que déjà on dit très clairement que les extrêmes ne sont pas possibles de les cas moi je ne soutiendrai pas monsieur Zemmour par exemple ni madame Le Pen je ne l'ai jamais fait et il n'y a aucune raison pour que je le fasse aujourd'hui

28:01
Présentateur

vous avez toujours été très clair dans cet engagement républicain ce qui n'est pas forcément le cas et je ne voulais pas vous embêter avec ça mais je me souviens avoir reçu il y a quelque temps votre collègue sénateur Etienne Blanc qui a par ailleurs accordé un parrainage à Eric Zemmour qu'est-ce que ça vous inspire parce qu'au-delà de cette question peut-être personnelle il y a aussi une dimension assez importante en termes de doctrine sur justement la réunification des droits tout ce que c'est que la droite aujourd'hui au-delà de ça qu'est-ce que ça vous inspire

28:28
François-noël Buffet

je suis en parfait désaccord avec mon collègue et avec ce choix les propos d'Eric Zemmour sont sans ambiguïté quand on évoque d'une part la réhabilitation du maréchal Pétain et quand d'autre part on essaye de construire une politique sur quasiment un conflit de civilisation c'est évidemment à l'opposé de tout ce qu'il faut faire et puis c'est éminemment dangereux dangereux pour la France mais dangereux pour tout le monde donc en soutenant cette personne cette candidature on prend des risques considérables moi je suis absolument en désaccord total avec ça et il n'est pas de question une seule minute une seule seconde que je puisse m'engager derrière ce avec ce monsieur ou avec Mme Le Pen d'ailleurs que les choses soient très claires je suis un gaulliste je ne suis pas autre chose que ça et ma ligne a toujours été très claire

29:23
Présentateur

une petite question juste technique et je vais vous laisser poursuivre sur le fond parce que ça aussi c'est une question qui peut interpeller on est à quelques jours de la décision officielle du conseil constitutionnel pour dire quels sont ceux et celles qui auront le droit de concourir avec ces fameux 500 parrainages on a vu que certains dont peut-être Marine Le Pen et Éric Zemmour risquaient d'en manquer entre guillemets ce qui a amené certains républicains et je pense il l'a expliqué très clairement mais à David Lissnard qui est LR le maire de Cannes président de l'association des maires de France qui a dit moi je veux qu'ils puissent concourir est-ce qu'il n'y a pas une sorte de schizophrénie entre quelque part à un moment dire on veut faire un front républicain contre les extrêmes et en même temps permettre aux extrêmes de concourir

30:06
François-noël Buffet

c'est un paradoxe il faut bien dire les choses telles qu'elles sont je pense qu'il faut changer la règle aujourd'hui si je rappelle que c'est François Hollande qui avait décidé de rendre public les parrainages et bien il faut sans doute conserver l'idée que l'on ait 500 parrainages et probablement rendre à nouveau confidentiels les parrainages donnés par les maires

30:31
Présentateur

pour éviter justement les pressions parce qu'en fait les maires ont souvent peur ils disent je ne veux pas qu'on sache ce que j'ai fait et du coup ça les retient dans un sens ou dans un autre

30:38
François-noël Buffet

bien sûr le président du Sénat a demandé à la commission des lois que je préside de travailler sur ce point donc nous nous mettons au travail pour regarder différents scénarios y compris peut-être en instillant dans le dispositif un parrainage d'élus mais également peut-être une petite part de population donc nous allons travailler là-dessus en tous les cas on ne peut pas rester en l'état il faut que chacun se sente libre de faire ce qu'il veut et un candidat à la présidence de la République je rappelle que c'était les intentions de Général De Gaulle en mettant en place ce dispositif c'est d'éviter des candidatures farfelues ça c'est bien clair ça c'est une chose après lorsque vous avez un candidat qui représente un pourcentage important de la population ça pose un problème qu'il ne puisse pas concourir notamment indépendamment de ses convictions mais je pense qu'il n'est pas forcément nécessaire de lui porter secours à ce moment-là

31:33
Présentateur

alors revenons sur le fond on parlait de votre candidat donc Valérie Pécresse qui effectivement était partie avec une belle dynamique on a quand même le sentiment qu'aujourd'hui ça s'est tassé et on sait très bien qu'une campagne elle se gagne à la fois sur un projet mais aussi sur une manière d'être dans la dynamique de faire une bonne campagne il y a des moments de cristallisation où à un moment les électeurs vont faire leur choix même si c'est de plus en plus délicat on parle beaucoup de ce grand meeting dont on dit qu'il a été quand même raté vous y étiez comment vous l'avez vécu qu'est-ce que vous en avez pensé et est-ce qu'il faut tirer sur l'ambulance

32:06
François-noël Buffet

non bien sûr que non c'est toujours difficile de mener une salle où il y a plus de 7500 personnes dans un meeting sur lequel on s'est soi-même mis la pression en disant ce sera un discours fondamental je pense que c'est la première chose à ne pas faire on voit après si ça l'a été ou pas mais on ne le fait pas comme ça donc il y a eu cette difficulté on peut bien imaginer humainement une certaine pression sur notre candidate et qu'elle s'est retrouvée un peu bloquée il y a eu des problèmes techniques c'est une chose mais bon c'est fait il faut le rattraper et depuis quelques semaines Valérie Pécresse est en déplacement dans des formats qui lui sont plus adaptés avec lequel les choses se passent mieux c'est tant mieux et je crois que ça permettra de repartir sur une campagne plus sereine et en réalité plus efficace l'enjeu de fond c'est d'aller voir les français c'est de les rencontrer et c'est je crois ce qu'elle fait en ce moment ce que je crois surtout sur le fond des choses c'est que nous n'avons pas de candidat aujourd'hui en tous les cas pour raisonner positivement il faut que notre candidat porte un destin collectif il y a trop d'années je le trouve que dans le débat public on n'a plus ce destin collectif incarné par une personnalité qui dise où il veut ou où elle veut emmener les français où elle veut emmener le pays être président de la république c'est en charge de l'essentiel c'est en charge des grandes stratégies des grandes idées des grandes réformes d'un cap

33:38
Présentateur

c'est un peu comme si ça manquait de hauteur de vue cette campagne parce qu'à la fois on a l'impression que ça manque de vision et de cap et qu'en même temps il y a un autre paradoxe qui se fait jour c'est qu'on parle beaucoup de sujets d'immigration ce genre de choses alors que les français eux ils ont envie d'entendre parler pouvoir d'achat sécurité de leur quotidien emploi logement qui est un vrai sujet il y a aussi ce décalage comment est-ce qu'on renoue le dialogue avec eux et où on veut aller

34:02
François-noël Buffet

ensemble parce que c'est ça l'enjeu quels sont les grands enjeux de la France et ça je le trouve qu'on le perd ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas évoquer les sujets de pouvoir d'achat c'est un sujet en soi très important qu'il ne faut pas évoquer les sujets de logement c'est très important mais justement ça s'incarne à travers un discours collectif en disant on veut que chaque français demain puisse acquérir son logement puisse vivre décemment donc on va mettre parce que l'enjeu c'est le destin collectif de tous et pas d'une partie simplement on veut absolument que la nation soit unie on ne veut pas de communautarisme on se bat contre les communautaristes parce qu'ils sont un début de gangrène au sein de la société et qu'ils favorisent les fractions et les divisions au sein du pays on veut par exemple un système fiscal qui soit plus juste qui est très complexe aujourd'hui et bien on veut le repenser et repensons-le pour que chacun puisse se trouver bien dans ce pays et vivre normalement on veut aussi essayer d'incarner l'idée selon laquelle quand on est français on a une certaine fierté on représente des valeurs on a des valeurs on y croit on les défend on les vend au sens promis au sens imagé du terme on va convaincre et on va dire que voilà en France les choses sont possibles à l'égard de l'immigration qui est un sujet que je prétends connaître le débat est un débat faussé en réalité parce que le sujet est utilisé comme étant un chiffon rouge de la politique pour combattre l'adversaire mais le sujet il n'est pas là le sujet il est dans le fait qu'est-ce que l'on veut faire en France comme politique migratoire je crois qu'en réalité les choses sont très très simples on n'a pas le temps de l'évoquer ce matin mais il faut simplement avoir les idées claires et cette grande nation on oublie souvent que notre pays est une grande nation et qu'à force de discussions entre guillemets de petites politiques on est en train de le démonétiser alors qu'on a tout pour réussir

35:59
Présentateur

pour réussir alors ce sera peut-être certainement aussi un des enjeux sur le bilan d'Emmanuel Macron mais au-delà de ça moi ce qui m'interroge aussi vous êtes un fin connaisseur de la vie politique depuis de longues années est-ce que Macron le président Macron n'aurait pas réussi son coup mais c'est un petit peu comme si la créature avait échappé à son créateur de séparer une bonne fois pour toute la gauche et la droite qui au moins offraient l'avantage d'une forme de compréhension on le voit l'état de la gauche et des candidats de la gauche enfin c'est voilà la droite il y a trois droites qui se battent même si c'est trois droites différentes et lui-même du coup est de nouveau au centre ramassant un peu à gauche à droite est-ce qu'il a réussi son coup est-ce qu'il représente quelque chose est-ce que c'était ça l'avenir de la démocratie

36:38
François-noël Buffet

attention à ce que la tactique politique ne nous amène pas des ennuis dans quelques années on risque de se retrouver effectivement avec deux parties à l'extrême droite et à l'extrême gauche qui vont rester entre guillemets vivants et nous allons nous retrouver dans la partie centrale républicaine de ce que j'appelle moi républicaine assez isolée et alors à ce moment-là s'il advenait que le président de la république soit réélu dans ses fonctions il aurait une responsabilité considérable dans la manière de gérer les affaires du pays après et il va devoir à ce moment-là si tel était le cas se donner la capacité d'élargir le prisme politique sous une forme d'unité nationale autour d'un programme qui soit un programme ambitieux pour le pays et pour les français ce sera la seule façon de pouvoir lutter efficacement ensuite contre les mouvements extrêmes parce que si c'est un échec pour lui s'il est réélu ce sont les extrêmes qui prendront le pouvoir attention à cela

37:35
Présentateur

soyons vigilants effectivement par rapport à ce qui fait le ciment de la république dernière question sur le bilan du président Macron alors c'est vrai qu'il n'a pas été aidé comme d'autres avec cette crise quand même assez incroyable qu'aujourd'hui il n'est pas rentré en campagne c'était un choix tactique et à la crise de l'Ukraine voilà on va lui laisser le bénéfice du doute sur quoi il peut être élu parce que ça aussi on le sait et vous le savez dans une campagne on a à la fois un bilan à défendre et puis aussi un projet mais on a l'impression qu'on a du mal à lire quel est véritablement son bilan et quel est le bilan que vous en faites et puis du coup quel est son projet c'est un peu comme un entre deux qu'est-ce qu'il a raté à votre avis pourquoi il devrait cesser ses fonctions selon vous

38:15
François-noël Buffet

je pense que la première partie du mandat est une partie compliquée pour lui et l'affaire des gilets jaunes a marqué un temps de rupture parce que le regard qu'il portait sur la France sur le pays sur la façon de gérer notre pays et des corps intermédiaires en particulier était assez méprisant en réalité et il a créé non pas un élément de confiance ou de dialogue mais un élément de défiance à l'égard du pouvoir malheureusement ensuite pour se rattraper il aurait fallu du temps mais la crise du Covid est venue et dans ces conditions-là il a peut-être commencé à réaliser à cette occasion que tout le monde comptait dans un pays et que tout le monde avait son rôle et que tout le monde avait sa mission finalement au service du collectif mais c'est un peu tard c'est peut-être plus

39:02
Présentateur

sur la forme et dans la manière dont il a géré les relations avec les gens que fondamentalement sur le fond il a raté sa présidente

39:08
François-noël Buffet

sur le fond il y a quelques sujets sur lesquels on a des discussions je pense que sur les politiques migratoires ou les politiques de sécurité des fonctions égaliennes c'est pas bon sur le plan économique la réussite est meilleure mais là les événements internationaux vont peut-être modifier les cartes mais ça c'est le contexte de la vie et donc nous verrons bien mais la campagne est encore ouverte bien sûr

39:33
Présentateur

alors on va se quitter on n'a pas eu le temps de parler de vous de ce que vous faites le dimanche on va se quitter en musique vous avez choisi un titre de Jacques Brel les marquises voilà pour mettre à la fois un peu de poésie puis parce que l'histoire raconte quelque chose qui a du sens aujourd'hui on se quitte en musique on l'écoute avec plaisir merci d'avoir été notre invité et à très bientôt pour une nouvelle émission merci à vous c'était l'invité politique du samedi sur Lyon 1ère en partenariat avec Immédiat Positif le web média qui rend visible l'essentiel retrouvez tous les invités politiques en podcast sur lyonpremière.fr et sur immédiatpositif.fr écoutez votre radio Lyon 1ère en direct sur l'application Lyon 1ère lyonpremière.fr et bien sûr à Lyon sur 90.2 FM et en DAB+.

40:17
Locuteur

Lyonpremière

François-Noël BUFFET : Sénateur LR du Rhône et Conseiller Métropolitain — François-noël Buffet · Pourquijevote