Bonjour chez vous ! du 16 avril 2026
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous, très heureux de vous retrouver en ce jeudi à 16 avril pour faire le tour de l'actualité politique et de l'information dans vos régions. Au sommaire de cette émission, dans une demi-heure, nous recevons la ministre de l'Agriculture, Annie Gennevard. On parlera notamment de l'impact de la guerre au Moyen-Orient sur nos agriculteurs touchés par la hausse du prix du gazole, mais aussi des engrais. La campagne présidentielle et les prétendants à droite qui accélèrent.
Edouard Philippe, Bruno Rotaillot, Gabriel Attal, qui a la meilleure stratégie pour accéder à l'Elysée. On en parlera dans une heure avec nos éditorialistes politiques, Béran Gerbonte et Mickaël Darmon. Et puis au Sénat, on reviendra sur le texte de la semaine, le projet de loi sur la justice criminelle porté par Gérald Darmanin et qui permet à l'auteur d'un crime de plaider coupable avant même son procès pour réduire sa peine, une procédure très critiquée par les avocats. On interrogera sur ce texte dans quelques instants le sénateur Louis Vaugel, ancien avocat et ancien professeur de droit.
Et puis à la une de nos territoires, on ira en Eureloir, un département touché par le manque de médecins. On en parlera avec Sébastien Besse pour le journal L'écho à Républicain. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. Et on commence avec les repères de l'actualité. Et on commence cette émission avec les repères de l'actualité. Bonjour Clémentine, Louise. On commence avec la guerre au Moyen-Orient.
Oui, l'armée américaine a annoncé avoir empêché dix navires de quitter les ports iraniens au cours des premières 48 heures du blocus imposé par les États-Unis à la République islamique. Le conseiller militaire du guide suprême iranien a menacé de couler les navires américains faisant craindre la fin du cessez-le-feu au Liban. Le Hezbollah a revendiqué ce matin plusieurs attaques visant des positions militaires dans le nord d'Israël. Donald Trump assure que les dirigeants libanais et israéliens se parleront dans la journée, au lendemain des premiers pour parler direct entre les deux pays.
Face à la hausse du prix de l'essence en France, le gouvernement hésite à prendre des mesures supplémentaires et l'opposition s'impatiente.
Oui, faut-il encadrer les marges des distributeurs ? Le projet de décret gouvernemental vise à éviter des effets d'aubaine. Les principaux distributeurs montent au créneau. Côté politique, à droite comme à gauche, la mesure a été critiquée pour son impact marginal. Le président du Rassemblement national plaide, lui, pour une baisse des taxes. On l'écoute.
Et pardon, mais si on vient expliquer aux Français qu'on ne va pas baisser la fiscalité, comme le font toutes les économies de l'Union Européenne, pour 99% des Français, parce que ça pourrait profiter aux 1% de Français qui roulent en Porsche, honnêtement, l'argument n'est pas sérieux. Et le débat s'étendu sur l'autorisation du travail le 1er mai pour les commerces de proximité se poursuit. Et le Premier ministre, Sébastien Lecornu, cherche une solution pour les boulangers.
Oui, le Premier ministre fait deux pas en avant, un pas en arrière. La mesure qui devait concerner tous les commerces de bouche devrait désormais cibler uniquement les boulangers et peut-être les fleuristes. Jérôme Rabier.
Après son refus du passage en force face à des syndicats remontés, Sébastien Lecornu précise sa position sur le travail le 1er mai. Mais pour lui, seuls les artisans boulangers et fleuristes doivent être concernés. On était sur une loi où tout le monde dit dans le débat public que c'est pour les boulangeries artisanales du centre-ville de Meudon ou de Vernon. Et on se retrouve avec un renvoi par décret qui n'est pas négocié et qui n'a pas fait l'objet de négociations.
Et pour cause, il ne s'agissait pas de traiter autre chose que les boulangeries artisanales et les fleuristes.
Et c'est de là d'où vient le déraillement du train en quelque sorte. Le Premier ministre soit ainsi aujourd'hui le patron de la Fédération des boulangers pour tenter d'avancer et si possible, trouver une solution pour ce 1er mai 2026. Nous nous mettons en position de consolider le processus par lequel nous apporterons, comme nous le saitons ensemble, une réponse juridique solide pour 27 et pour sécuriser le 1er mai 2026. Mais pour la droite, c'est le gouvernement qui est fautif. Le Sénat avait voté un texte en juillet dernier, puis précisé les dérogations en fin d'année lors des débats budgétaires. Il y avait des mois et des mois. Pourquoi n'a-t-il pas fait ?
Tout simplement parce que, encore une fois, sa vitesse favorite, c'est la marche arrière, c'est l'immobilisme. Les dérogations prévues par le Sénat étaient toutefois plus larges, incluant tous les commerces de proximité comme les bouchers, mais aussi le monde culturel avec les théâtres et cinémas. Un élargissement dont ne veut pas le gouvernement, qui veut éviter le bras de fer avec les syndicats.
Un mois après les élections municipales, Emmanuel Macron reçoit 500 maires à l'Elysée.
Oui, le président veut saluer leur travail et les soutenir alors qu'ils sont régulièrement attaqués. Selon la FP, les maires insoumis de Saint-Denis et de Roubaix devraient être présents. Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, devrait également venir. Le chef de l'État prononcera un discours devant eux dans la Jourdée. Les débats s'annoncent virulents à l'Assemblée nationale aujourd'hui, où le texte pour lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme commence son examen porté par la députée Caroline Yadant. Le texte est présenté comme une réponse à l'explosion des actes antisémites dans le sillage de l'attaque du 7 octobre 2023 par le Hamas sur le sol israélien.
Son examen est cependant rendu incertain par l'obstruction des insoumis.
Et on finit par un coup de tonnerre dans le monde de l'édition.
Oui, 115 auteurs parus chez Grasset ont annoncé leur départ de cette maison d'édition pour protester contre le licenciement de leur PDG Olivier Nora. Une atteinte inacceptable à l'indépendance éditoriale selon leurs lettres communes. Parmi eux, figurent de grands noms comme Virginie Despentes, Sorschalandon ou Bernard-Henri Lévy.
Merci beaucoup Clémentine. On accueille ce matin, aujourd'hui, Louis Vogel. Bonjour. Bonjour. Vous êtes sénateur de Seine-et-Marne, membre du groupe Les Indépendants, République et Territoire au Sénat et membre du parti Horizon, le parti d'Édouard Philippe. On parlera du président d'Horizon, candidat à la présidentielle, dans quelques minutes. Mais d'abord, on va revenir sur les différentes actualités. On va commencer par regarder la presse régionale avec, comme d'habitude, comme chaque jour, trois titres de presse régionale aujourd'hui que nous allons regarder ensemble. La une de la Marseillaise, carburant, comment faire baisser la note.
Ensuite, il y a la une de la Dépêche du Midi sur les zones à faible émission qui restreignent la circulation dans les grandes villes pour les véhicules polluants. Eh bien, ces ZFE ont été supprimées par l'Assemblée nationale. Et puis, la une du Télégramme est consacrée à la lecture, objectif lecture, pour les adolescents qui lisent de moins en moins. Louis Vaugel, quelle une de la PQR vous choisissez ? Carburant. Sur le carburant. On a l'impression que le gouvernement hésite à prendre des mesures supplémentaires. Il parle d'encadrer les marges des distributeurs, mais ne met pas en action ce dispositif. Il y a une forme d'hésitation, d'atermoiement ?
Alors, la situation est compliquée parce que le gouvernement n'a pas la main sur les prix mondiaux. Nous, on est à l'arrivée, on a des conséquences. Il n'y a pas 36 solutions possibles. Soit c'est une baisse de la TVA sur l'essence. C'est la première à laquelle on a pensé. Tout à l'heure, d'ailleurs, on a vu que les politiques parlaient de ça. Le Rassemblement national demande cette mesure. Jordan Bardella, on l'a entendu. Exactement. Alors, le problème, c'est que le droit de l'Union ne prévoit pas que les carburants… De l'Union européenne. De l'Union européenne ne prévoit pas que les carburants soient assujettis à un taux réduit. Donc, c'est contraire au droit européen.
Et le Rassemblement national, souvent, ça soit sur le droit européen, mais en tout cas, c'est le droit. Alors, ensuite, ça représenterait une masse budgétaire considérable. Là, on parle de 12 à 17 milliards. Donc, il faut trouver cet argent. Parce que l'État n'est pas un tiers. C'est nous qui payons ça. Donc, il faudra bien trouver l'argent. Il faudra le prendre ailleurs. Et puis, je crois que ce serait une mesure générale qui aiderait des personnes qui n'ont peut-être pas besoin d'être aidées. Voilà. Donc, tout ça fait que ce n'est pas idéal comme terrain. Alors, après, la deuxième chose, c'est le plafonnement des marges. Alors, le plafonnement des marges, c'est plus intéressant.
– Envisagé par le gouvernement. – Envisagé par le gouvernement. Le problème, c'est comment choisir la marge. Et puis, le plafonnement des marges, c'est possible en cas de circonstances exceptionnelles. Donc, il y aura du contentieux. Qu'est-ce que c'est ? Est-ce qu'on est dans des circonstances exceptionnelles ? Et surtout, les marges sont déjà très réduites des distributeurs. Ils le disent d'ailleurs. Vous avez vu, il y a une montée de levée de bouclier. – Il n'y aura pas vraiment d'impact. – Voilà. Il n'y aura pas d'impact. Vous allez même plus vite que moi. Alors, le plafonnement des marges, c'est la seule chose possible si on reste dans un cadre légal. C'est sûr.
Ça n'aura pas d'impact considérable. Donc, nécessairement, il faut aller vers des mesures structurelles le plus vite possible. En fait, pas seulement des aides ciblées par rapport à certaines personnes, ce qui est tout à fait justifié. Il faut le faire. Les agriculteurs, on en a parlé. La ministre va venir en parler. – On va en parler tout à l'heure. – Voilà. Mais il faut privilégier des solutions structurelles. Donc, au-delà de la régulation des prix, il faut une fois pour toutes réduire notre dépendance par rapport aux hydrocarbures. Il faut prévoir des mesures de transition écologique. – Mais ça, ça ne se fait pas tout de suite. – Mais non.
– Et les prix fiers de l'usage, c'est à moyen terme. – Il faut profiter, exactement. Mais il faut profiter de cette crise pour prendre des mesures immédiates, conjoncturelles sur, ce que j'ai dit, les marges plafonnées. C'est la seule qu'on puisse prendre dans l'immédiat. Mais tout de suite, mettre en œuvre des mesures structurelles pour traiter sobriété. Enfin, toute chose dont on parle beaucoup, qu'on ne fait pas vraiment. Et c'est le moment, peut-être, de sortir par l'euro de cette crise et d'en profiter. – Et pourquoi ne pas demander un effort au secteur pétrolier qui fait des profits avec cette crise, en taxant ses super profits ? – Pourquoi pas, c'est une bonne idée, pourquoi pas.
Ça fait partie d'un ensemble, ça ne va pas être une réponse immédiate non plus, mais ça fait partie d'un nouveau cadre structuré qu'il faut construire. – Est-ce qu'il y a un risque qu'il y ait quand même des profiteurs de crise, notamment dans le secteur pétrolier ? – Il y aura des profiteurs. Regardez, par exemple, si on prend une mesure générale qui profite à tout le monde, la première mesure sur la baisse de TVA, sans le faire exprès, certains vont en profiter. Donc ça ne me semble pas, rien que pour cette raison, être la bonne direction. Vous voyez, une fois de plus, Rassemblement national, mauvais choix.
– Alors, on ne l'avait pas forcément vu venir, mais il y a depuis quelques jours un débat électrique au Parlement sur le 1er mai, l'autorisation du travail de certains commerces de proximité pour leurs salariés, le jour de la fête du travail, le 1er mai, qui normalement est férié, chômé et payé. On l'a vu, ces derniers jours, le gouvernement a interrompu le débat parlementaire sur cette proposition de loi qui prévoyait cette réforme. Et Sébastien Lecornu veut recentrer la discussion, notamment pour autoriser les boulangers à travailler le 1er mai, boulanger artisanaux à travailler le 1er mai prochain. Sébastien Lecornu a eu raison d'interrompre ce débat et de recentrer la discussion ?
– Il a eu, à mon sens, entièrement raison. Parce qu'il y a un 1er mai qui arrive tout de suite, 1er mai 2026, on ne va pas pouvoir faire grand-chose, donc il faut faire l'essentiel. Ensuite, vous avez vu qu'il a annoncé, au moment de sa réponse au QAG, qui était très longue, qu'il fallait prendre des mesures plus globales par rapport au 1er mai suivant, qu'on ne peut pas faire pour le 1er mai 2026, mais le 1er mai 2027. – Et organiser une négociation dans chaque branche professionnelle. – Bien sûr, si on prend une mesure globale, on peut prendre une mesure immédiate, le cœur de cible tout de suite, 2026, c'est simple à faire. Et puis, la mesure…
Parce qu'il nous a lu, il y a des choses à revoir, et il a lu la liste des professions qui font les dérogations à la loi. Je pense qu'il faut revoir tout ça. – Prévu dans un texte voté l'an dernier par le Sénat, d'ailleurs. – Oui, oui, mais on n'a pas le temps de régler ça. Maintenant, d'ici le 1er mai, on a autre chose à faire. Moi, je trouve qu'il faut arrêter à faire autant de mousse avec si peu de savon. Oui, voilà ma réponse. Et il a tout à fait raison, le Premier ministre. – Vous n'êtes pas d'accord avec la critique de certains sénateurs à droite, on a entendu Bruno Retailleau. – Absolument pas d'accord.
– La critique de l'immobilisme de Sébastien Lecornu qui gouvernerait avec la gauche, le PS. – Non, non, non, c'est une chose dont on ne parlait plus. Ça sort, on se demande, pour des raisons politiciennes, moi, je crois qu'il faut oublier le débat politicien aujourd'hui. La France est dans une situation extrêmement difficile. Il faut arrêter de se battre sur des petites choses comme ça. C'est quand même pas… Notre avenir ne dépend pas de ça. Notre avenir dépend beaucoup plus des carburants. Notre avenir dépend de la réforme de la justice criminelle dont on va parler. Et donc, il faut passer aux choses importantes.
Et il faut que tous les sénateurs, tous les députés du socle commun travaillent ensemble pour offrir une solution aux Français pour nous sortir de la situation désastreuse dans laquelle nous nous trouvons. – On parlera tout à l'heure, notamment du travail sur le programme de la présidentielle. Mais justement, une dernière question quand même sur cette polémique autour du 1er mai. Qu'est-ce que ça dit peut-être de notre rapport au travail avec cette question de travailler, du pouvoir d'achat, d'avoir un revenu, peut-être de travailler plus pour gagner plus comme le disait Nicolas Sarkozy en 2007 ? – Il est sûr que le rapport au travail évolue, la société chante, etc.
Mais cet exemple précis, ça nous renseigne plutôt sur la situation à l'Assemblée nationale, la situation de désordre qui règne à l'Assemblée nationale plutôt que sur le rapport au travail, à mon avis. – Allez, on va parler de justice et du projet de loi sur la justice criminelle qui est examinée cette semaine au Sénat, la Haute Assemblée qui a adopté mardi à 219 voix contre 11. Cette réforme portée par Gérald Darmanin, le garde des Sceaux, est une réforme qui comprend notamment le dispositif très controversé du plaidé coupable. Alors Clémentine-Louise, on va revenir avec vous sur ce dispositif.
– Oui, on parle d'une procédure de jugement des crimes reconnus ou d'un plaidé coupable. Alors ça existe déjà pour les délits, mais ça n'existait pas pour les crimes. Alors concrètement, un accusé qui reconnaîtrait les faits avant son procès bénéficierait d'une peine négociée et souvent réduite. La négociation aurait ensuite lieu entre le procureur et les deux avocats de la victime et de l'accusé. Tous les trois discutent pour s'accorder sur une peine, une peine qui ne peut pas dépasser les deux tiers du maximum prévu par la loi. Donc c'est une peine forcément moins lourde que dans un procès classique.
Le juge va ensuite examiner l'accord lors d'une audience publique sans témoins et sans experts. Et si le juge valide cette proposition de peine, eh bien elle est appliquée. Sinon le dossier retourne vers un procès classique. Petite précision, les sénateurs ont exclu certains crimes sexuels du champ de cette nouvelle procédure, comme le viol sur les mineurs de moins de 15 ans, le viol aggravé et le proxénétisme sur mineurs.
Et l'objectif de ce texte, c'est de désengorger le système judiciaire.
Oui, aujourd'hui en France, il faut en moyenne 8 ans pour attendre le jugement d'un crime lié au narcotrafic ou d'un homicide. Le garde des Sceaux souhaite donc accélérer la procédure. On l'écoute, c'était mardi au Sénat. Nous avons un sujet structurel que d'autres pays ont connu également de traitement de la justice criminelle et nous ne jugeons plus les crimes dans un temps raisonnable à tel point que l'utilité sociale n'est plus au rendez-vous, mais aussi que ces peines n'ont parfois plus vraiment d'intérêt, 8 ans, 9 ans, 10 ans, 15 ans après les faits, pour les victimes, pour les accusés comme pour la société.
Dans le débat au Sénat, les oppositions de gauche ont essayé de supprimer cet article sur le plaidé coupable. La gauche dénonce un mécanisme inefficace pour désengorger les cours criminels.
Oui, c'est la sénatrice socialiste Marie-Pierre Delagontry qui a fait remarquer aux élus que l'étude d'impact du garde des Sceaux a indiqué qu'entre 10 et 15% des procédures seraient concernées, 10 à 15%, moins les cas où les victimes ne seraient pas d'accord pour accélérer la peine. Pour elles, ce n'est pas très parlant. Elles jugent que le principal problème est ailleurs. On l'écoute, c'était mardi dans l'hémicycle.
Ce texte voudrait répondre à la difficulté de durée de l'audiencement criminel. Que les juges d'instruction, ils sont 600 à peu près en France, ont entre 60 et 100 dossiers par juge d'instruction et que donc ils peuvent consacrer à peu près une journée et demie à deux jours par an par dossier. Et donc vous auriez pu faire le choix de doter la France de plus de juges d'instruction pour qu'ils puissent travailler dans de meilleures conditions et donc travailler plus rapidement. Vous n'avez pas fait ce choix. Et puis parallèlement à ce débat parlementaire, dans la rue, les avocats ont dénoncé massivement ce projet de loi.
Oui, et notamment devant le Sénat où nous étions, la colère était palpable pour eux se plaider coupable, réduit le droit des victimes à être entendu, car un procès à huis clos ne permettrait pas à la presse de médiatiser l'affaire et donc à la société de s'emparer du sujet. Le texte sera désormais examiné à l'Assemblée nationale au mois de juin. M. Vogel, est-ce que vous ne craignez pas justement cette invisibilisation de la parole des victimes ?
Non, je crois qu'il faut replacer ce plaidé coupable. C'est un plaidé coupable à la française. Ce n'est pas l'importation des règles américaines chez nous, comme certains l'ont prétendu. Justement, vous connaissez bien le droit américain, vous avez été avocat au barot de New York. Tout à fait. On ne va pas vers le système américain, on est vraiment dans la négociation permanente. Oui, vous savez, dans le monde de la procédure criminelle, les pays occidentaux se divisent en deux groupes. Et là, on les juge d'après la procédure criminelle qui est en place. Il y a des systèmes à procédure inquisitoire, comme chez nous, et des systèmes à procédure accusatoire.
S'il y a une telle résistance, c'est parce que c'est une importation. Nous, on a un système inquisitoire. Ça vient d'où ? Ça vient de l'inquisition. Il y avait un inquisiteur qui cherchait la vérité. D'où le juge d'instruction, qui est instruit à charge et à décharge. Il cherche la vérité. Aux États-Unis, ce n'est pas du tout ça. Dans le système anglo-saxon général, ce n'est pas du tout ça. C'est un système accusatoire, où il y a deux personnes, le procureur et l'avocat, qui se battent l'un contre l'autre. C'est un combat. Et d'ailleurs, dans cette idée, quand il y a un combat, c'est facile d'admettre une négociation après le combat. D'où, chez eux, la justice négociée.
Donc, chez nous, c'est très difficile d'importer le système tel qu'il est. D'où toutes les limites qu'a introduit le garde des sceaux. C'est une réforme pragmatique. Ça va aller plus vite, vous l'avez très bien expliqué. On va passer moins de temps. Et ça répond à un problème énorme. C'est 36 mois la durée d'une instruction, chez nous, en moyenne. C'est énorme. Les premières victimes de cette durée, ce sont les victimes elles-mêmes. Donc, ça me semble être quand même essentiel de faire plus vite. Est-ce que ça a encore du sens d'infliger une peine, 36 mois et plus ? Vous allez donner les chiffres de la durée des procédures complètes.
En médiane, il y a la moitié aujourd'hui des affaires où c'est 29 mois d'instruction. Donc, il faut accélérer le système. D'où toutes les garanties qui ont été mises. On n'a pas du tout importé le système américain. Vous l'avez dit très justement, la victime peut s'y opposer. Pour les crimes les plus graves, ça ne joue pas. C'est très encadré. Il y a des limitations de peine à négocier. Enfin, c'est vraiment le mieux qu'on puisse faire. Donc, si la victime souhaite un procès et être entendue, être visible, elle l'aura. Bien sûr. Donc, on a essayé de garder l'esprit de notre système. On importe une technique qui va nous permettre de diminuer les délais.
Et c'est quand même une priorité parce que notre système pénal, aujourd'hui, souffre de quoi ? Il souffre des retards, de la durée des procédures. La peine n'a plus de sens quand elle arrive trop tard. Et il souffre, du point de vue pénal, pénitentiaire, de la surpopulation carcérale, qui est le prochain axe. C'est la réforme suivante prévue par le garde des Sceaux. On a un garde des Sceaux pratique et qui fait des vraies réformes. La première, c'est celle-là. Il faut juger plus vite. Et la deuxième, c'est qu'il faut vraiment mettre fin à ce problème inadmissible aujourd'hui qui est la surpopulation carcérale. Dans beaucoup de prisons, chez nous, il y a 200% de taux d'occupation.
Ça veut dire qu'il y a des gens qui dorment par terre.
Vous ne craignez pas l'invisibilisation de la parole des victimes ?
Vu tout ce que je viens de dire, c'est vraiment complètement accessoire. Aucune mesure n'est à 100% parfaite. Mais il y a des priorités à mettre dans la vie. Et la première priorité, aujourd'hui, pour les victimes, c'est qu'elles aient un résultat beaucoup plus rapide que ceux dont elles bénéficient aujourd'hui. C'est un des principaux défauts de notre justice qui met en cause tout le système pénal. Une peine qui arrive trop tard n'est plus une peine, n'a plus aucun sens. Pour la victime, évidemment, la réparation va arriver trop tard. Et pour le coupable, pareil.
Comment voulez-vous que celui qui a été condamné puisse comprendre ce qui lui arrive si la condamnation arrive beaucoup trop tard ?
Est-ce que c'est pour ça que les sénateurs ont retiré le viol aggravé de cette proposition-là pour éviter l'invisibilisation de la parole des femmes ?
Oui, mais bien sûr. Mais il y a plein, plein de garanties. Le débat au Sénat était très intéressant. Et justement, les violences intrafamiliales, les violences faites à l'égard des femmes, c'est revenu tout le temps. Il y a eu la victime en général. Il ne faut pas l'oublier. Et il y a eu beaucoup d'améliorations qui ont été apportées en commission des lois par les deux rapporteurs pour justement la mettre en avant. Vous voyez, qui n'existent pas dans les pays anglo-saxons. Bon, je veux dire, on n'est pas en train d'apporter le grand bon-saxon chez nous. Donc, première.
Et puis, c'était très difficile, c'était tout un débat de savoir quels sont les crimes graves, vous l'avez dit tout à l'heure,
crimes sexuels graves, qu'on pourrait exclure du système. C'était très intéressant comme débat. Je pense qu'on a amélioré le texte ici au Sénat très sensiblement, le texte d'origine. Et le ministre a été très ouvert pour introduire toutes ces modifications. Donc, je crois que c'est ça la démocratie. Et vous voyez, c'est quand même l'image, c'est du débat. Et l'opposition a fait plein de propositions. Madame Delagontry, que vous avez fait passer tout à l'heure, elle a fait plein de propositions. Et il y en a certaines qui ont été reçues, d'autres pas. Mais je trouve qu'on a fait du bon travail. Le Sénat a fait du bon travail. C'est ça le travail d'un législateur. Pardon.
– Alors, et ce n'est pas fini, puisque vous le disiez là, c'était l'objectif de désengorger le système judiciaire. Et il y a un autre objectif pour Gérald Darmanin, c'est de lutter contre la surpopulation carcérale. Qu'est-ce qui va être prévu concrètement par le gouvernement ? – Alors, je suis parlementaire en mission, sur le deuxième sujet. – Sur les prisons ? – Voilà, par exemple, je vais ranger demain pour… Je visite, il y a des centres d'expérimentation, il y en a cinq en France, donc je vais les visiter. Alors, comment ça se passe ?
Quand vous parlez à un magistrat, vous parlez à un procureur, il dit, moi, en comparaison immédiate, c'est quand même le moteur de l'alimentation des peines de prison. Donc, je reçois la personne, ça doit aller très vite. Il me faut un dossier pour… Si je ne veux pas condamner à de la prison, si je ne veux pas requérir des peines de prison, il faut que j'ai des éléments. Ce qui veut donner des éléments, c'est les SPIP, les fameux services de protection. Et à l'issue, il y a eu des états généraux, ce qu'on a appelé la probation. Et on s'est dit, mais il y a des peines alternatives possibles. Seulement, il faut que, quand on en décide, il faut qu'il y ait deux choses.
D'une part, qu'on ait un dossier sur la personne pour savoir si une peine alternative peut être appliquée à cette personne, il ne faut pas qu'elle soit trop dangereuse. Et deuxième chose, il faut que le procureur ait la liste de toutes les peines alternatives possibles dans sa circonscription de façon très concrète. Et donc, il pourra demander autre chose que simplement de la prison. Et sinon… – Donc, on va de nouveau vers des peines alternatives à la prison. – On va vers la mise en œuvre concrète d'alternatives à la prison. On essaie de sécuriser.
C'est celui qui va décider en ajoutant des spécialistes autour de lui qui pourront lui dire, un, des gens formés à la criminologie, qui pourront lui dire, cette personne est dangereuse, non, cette personne a un logement, oui, cette personne a un emploi, oui, cette personne n'est pas susceptible de récidiviser. – Est-ce que Gérald de Darmanin va apporter des peines alternatives à la prison ? – Les peines existent et ne sont pas utilisées. C'est ça notre problème. Vous voyez, notre sujet, c'est… – Il faut les utiliser. – Il faut les utiliser. Sinon, on ne réglera jamais le problème de la surpopulation carcérale en construisant des nouvelles prisons. On n'arrivera jamais…
Il faudrait construire une prison par mois. Vous êtes d'accord avec moi, c'est impossible. – Et on verra ce que propose sur ce sujet, notamment Édouard Philippe, puisqu'on va parler politique Louis Vaugel. Et on va retrouver nos partenaires du journal Le Télégramme, Pascal Baudéré, qui est rédacteur en chef adjoint au journal Le Télégramme en direct de Morlaix. Bonjour, Pascal. – Bonjour à vous. – Et justement, Édouard Philippe était en déplacement en Bretagne, un déplacement de deux jours. Alors hier, il a tenu une réunion publique à Brest, notamment.
– Oui, il a été… Avant cette réunion publique, il a été sur le terrain de la France qui travaille. C'est son slogan qu'il a amené ici en Bretagne. C'est vrai que c'est un trait de caractère des Bretons. On nous prête souvent l'idée d'être de grands travailleurs. Donc il a rencontré, avant la réunion publique que vous évoquez, des agriculteurs du côté de Brest. Et effectivement, le soir, on le voit à l'écran, il était à Brest pour une rencontre avec un certain nombre d'acteurs économiques du pays. Il a dit une chose forte sur un débat local, qui n'est pas neutre quand même pour l'ensemble de l'activité économique du Finistère.
Il a misé et dit qu'il serait aux côtés de ceux qui travaillent à la réalisation du stade Arkea Park, qui est le futur stade brestois, qui fait aujourd'hui l'objet d'une polémique sur le secteur de Brest. Et il a dit qu'il se rangerait, lui, du côté de ceux qui défendent ce projet. Avant cela, il avait voulu donc parler aux agriculteurs, comme je le disais, mais également aujourd'hui, ce matin, aux marins pêcheurs. On sait que ce sont des populations de travailleurs en Bretagne qui sont particulièrement impactées par la crise de la hausse du pétrole aujourd'hui.
La crise en Iran impacte lourdement, on le sait, le prix du baril et ses métiers de la pêche et du monde paysan sont lourdement impactés. Donc, ils voulaient, à leur côté, leur assurer de leur présence. C'était un message du candidat Philippe d'être à côté de ceux qui travaillent en Bretagne.
Du candidat Philippe à la présidentielle, il a repris son tour de France dans le cadre de sa candidature à la présidentielle après sa réélection au municipal au Havre. Mais pourquoi ce déplacement, Pascal, précisément en terre bretonne ?
Je crois que la terre bretonne est une terre d'élections à choyer pour Edouard Philippe puisque la Bretagne est une des régions de France, on le sait, qui historiquement a montré une forme d'hermétisme aux idées du Rassemblement national lors des présentes élections présidentielles. En tout cas, c'était vrai. La Bretagne est une terre plutôt social-démocrate. Ici, on vote rose, on vote bleu, on vote beaucoup moins qu'ailleurs, bleu marine. Sur le papier, on dit donc que les Bretons pourraient voter Edouard Philippe en 2027. Sauf que les dernières élections municipales ont un peu rebattu les cartes ici.
Elles viennent de montrer que les temps changent aussi à la pointe armoricaine puisque plusieurs villes phares de Bretagne, comme Saint-Malo ou Lorient, et des villes moyennes comme Lagnon, Fougère, ont vu parfois le score des candidats aérents doublé ici. Donc, c'est un indicateur qu'il ne faut pas ignorer. Je pense à Maëlle de Calan, président du Conseil départemental du Finistère, qui invitait Edouard Philippe aujourd'hui sur ces terres. Victor Bonneau, du côté de Saint-Brieuc et le nouveau maire Horizon, il fallait des piliers aussi régionaux forts pour Edouard Philippe pour arriver ici en Bretagne avec cette notion qu'il y avait des appuis sur cette zone où il peut avoir des électeurs.
Mais il y a effectivement en face la menace RN. Je vous parlais tout à l'heure des agriculteurs et des marins pêcheurs. C'est vrai que la petite musique et le discours anti-européen du RN ici commencent à faire chemin puisqu'on sait que beaucoup de décisions prises par Bruxelles impactent lourdement le métier des agriculteurs et des marins pêcheurs.
Donc, il y a une vigilance particulière à avoir, je pense, sur la Bretagne pour Edouard Philippe parce que peut-être qu'avec une vision européenne qui est parfois un petit peu en déliquescence ici dans certains points de ces métiers que je viens de citer, il y a un risque de voir peut-être un vote du Rassemblement national s'affirmer davantage en Bretagne. Donc, je pense qu'il y a une volonté de marquer le terrain, un terrain qui lui est a priori plutôt favorable. Mais attention, le RN est en embuscade avec les évolutions du monde. On peut voir effectivement peut-être un électorat breton peut-être plus diffus qu'à l'habitude.
Donc, je pense qu'il y avait une volonté aux côtés de Maël de Calan et de Victor Bonneau dans les Côtes d'Armor peut-être d'ancrer sa position et de dire qu'il était là aux côtés des Bretons parce qu'il aura besoin de leur vote pour la présidentielle.
Merci beaucoup, Pascal, pour votre intervention. On va regarder la une du Télégramme qui est consacrée à la lecture. Ado, objectif, lecture pour les adolescents qui lisent de moins en moins. Enfin, merci beaucoup. Louis Vaugel, une question sur Edouard Philippe, candidat à la présidentielle. En quoi peut-il le mieux rassembler finalement l'électorat de droite et du centre ? D'abord, je pense vraiment personnellement qu'il faut une candidature unique dans droite et du centre si on veut gagner la prochaine présidentielle. Et Edouard Philippe, depuis le début, il l'a dit. Il l'a dit en 2022, c'est le premier à le dire. Il l'a dit en 2024 et il l'a répété en 2026.
Si on n'arrive pas à se mettre d'accord sur un candidat dans ce socle commun et sur un programme qui correspond à ce candidat, pour qu'on ait quelque chose à dire aux Français, eh bien, les élections sont perdues, à mon sens. Pour se mettre d'accord, il faut une primaire, rapidement, pour conclure ? Peu importe, ça sera discuté entre les partis. On est tous d'accord pour que… D'ailleurs, ici au Sénat, il y a un groupe de sénateurs qui se réunit toutes les deux semaines. Pour un programme commun. Pour travailler un programme commun et qui a appelé dans une tribune à une candidature unique en disant bien que c'était aux partis. Ce n'est pas à nous de dire comment ils vont s'arranger.
Il fait aux partis de se rencontrer, de se mettre d'accord sur le processus de sélection de ce candidat unique. Et on continuera à en parler dans cette émission avec nos éditorialistes politiques de cette présidentielle à droite avec beaucoup de prétendants. Merci beaucoup, Louis Vogel, d'avoir été le sénateur du jour aujourd'hui. On continue avec l'entretien. Merci Clémentine. On parlera dans la revue de presse, notamment du 1er mai. Tout à fait. Et puis là, place à l'entretien politique. Je reçois Annie Gennevard, la ministre de l'Agriculture. Et c'est l'heure de l'entretien politique.
Aujourd'hui, je reçois Annie Gennevard, la ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Souveraineté Alimentaire. Bonjour Annie Gennevard. Bonjour. On est ensemble pendant une vingtaine de minutes pour une interview en partenariat avec la presse quotidienne régionale qui est représentée aujourd'hui par Fabrice Vesser-Redon, rédacteur en chef au groupe Ébras des journaux de l'Est de la France.
Bonjour Alexandre. Bonjour Annie Gennevard.
Bonjour. Bonjour Fabrice. Alors, on commence par les conséquences finalement en France de la crise au Moyen-Orient. Et avant de parler des conséquences pour les agriculteurs, les conséquences sur notre alimentation. Est-ce que vous pouvez nous dire que dans les prochains mois, le prix de l'alimentation va augmenter, madame la ministre, à cause de cette guerre ? Ça n'est pas une fatalité. J'espère que non. Les Français sont attentifs à juste titre à leur pouvoir d'achat. Mais il est clair que les conditions dans lesquelles on produit aujourd'hui sont plus coûteuses qu'elles ne l'étaient avant le conflit. Le GNR, les engrais… Le GNR, c'est le gazoil non routier.
Le gazoil non routier, l'augmentation du prix du gaz. Enfin bref, un certain nombre de déterminants augmentent les coûts de production. Ça, c'est certain. Cela sera-t-il répercuté sur l'alimentation ? Là, c'est à voir. J'espère que non. Mais il est clair que ça peut amener à renégocier ou à discuter des avenants dans les contrats qui viennent d'être signés entre les fournisseurs et la distribution. Il faudra des nouvelles négociations commerciales ? De réouvrir les négociations commerciales, peut-être pas. Elles viennent de s'achever. Elles ont été dures, comme chaque année.
Mais il est clair que si l'augmentation des coûts de production était importante, il faudrait que les gens se remettent autour de la table pour voir comment cet effort peut être partagé. Alors, vous évoquiez les conséquences de cette guerre sur nos agriculteurs, sur le prix du carburant, sur le prix des engrais. Quelles sont les filières les plus touchées ? Est-ce qu'il y a des filières spécifiques qui sont sensibles ? Alors, toutes celles qui utilisent du gasoil non routier pour faire fonctionner les engins agricoles, au moment où on fauchera l'herbe, au moment où on moissonnera, il est bien évident que ça pèsera lourdement sur les coûts de production.
J'espère que d'ici là, le conflit au Moyen-Orient aura trouvé une solution, un aboutissement. Je l'espère de tout mon cœur. Parce que, voilà, le monde est en guerre. Et ça n'est pas sans conséquence sur chacune de nos démocraties. Alors, vous avez annoncé déjà des aides pour les agriculteurs les plus touchés, une prise en charge de leurs cotisations sociales, une baisse de taxes sur le carburant. Le carburant, ça représente une enveloppe de quelques dizaines de millions d'euros. Que dites-vous au principal syndicat agricole, la FNSEA, qui estime que c'est largement insuffisant ? C'est du saupoudrage, je cite. Et ce syndicat demande une baisse de 30 centimes du litre de gazole non routier.
Alors, les syndicats le savent, chaque année dans le budget, on met 1,3 milliard pour éteindre, compenser la fiscalité du carburant agricole. 1,3 milliard. Donc, on ne peut pas dire que l'État ne soit pas au rendez-vous de la solidarité à l'égard des agriculteurs. Nous avons augmenté cette participation de façon à éteindre, enfin, à compenser en totalité la fiscalité du gazole non routier. Aujourd'hui, ce qu'on appelle les droits d'accise sont entièrement compensés. Donc, voilà le premier volet sur lequel nous agissons. Le second volet, c'est qu'il y a des exploitations pour lesquelles l'augmentation du carburant va poser des problèmes de trésorerie.
Pour ces exploitations agricoles-là, nous avons mis en place un dispositif de prise en charge de cotisations. Donc, le dispositif va se déployer incessamment. Donc, pour l'instant, pas de mesures supplémentaires à l'étude ? Bah, écoutez, ce sont des mesures… Chaque semaine, nous avons annoncé des mesures complémentaires. Mais vous le savez aussi, le quoi qu'il en coûte n'est plus possible compte tenu de l'état de nos finances. D'où le choix du gouvernement de conduire des actions ciblées, des aides ciblées. Pêcheurs, transporteurs, agriculteurs, agriculteurs en difficulté, voilà. C'est la ligne qui a été retenue. Vous évoquiez les engrais par ailleurs.
Cette nouvelle crise met quand même en évidence notre grande dépendance en matière d'engrais à l'égard de l'étranger. C'est une immense fragilité pour notre agriculture. La dépendance dans laquelle nous sommes à l'égard des fournisseurs d'engrais. Alors, avant, on se fournissait chez les Russes un engrais de bonne qualité. Aujourd'hui, pour des raisons évidentes, ça n'est plus possible. Mais l'essentiel de notre approvisionnement concerne une très large partie de nos besoins en engrais. Il faut absolument qu'on reconquière de la souveraineté en engrais, qu'on reconstitue ou qu'on constitue une filière de production en France. C'est possible, ça ? C'est possible. C'est indispensable.
Il faut qu'on réduise nos dépendances, qu'on réduise nos fragilités. Dans un monde qui est devenu de plus en plus incertain, de plus en plus éruptif, tout ce qui nous met en dépendance à l'égard d'autrui est une fragilité maximale. Et comment on fait pour retrouver cette souveraineté sur les engrais ? Il faut reconstituer un outil industriel de production d'engrais. Et nous y travaillons. Alors, on va parler du projet de loi d'urgence agricole que vous avez présenté la semaine dernière. C'est, je crois, la troisième loi agricole en un an pour répondre à la colère des agriculteurs. En quoi cette loi, précisément, va changer le quotidien de nos exploitants ? D'abord, ça répond à un engagement.
Le Premier ministre a donné droit à la demande des agriculteurs d'un texte de loi. Il en a circonscrit le contour, la prédation du loup, l'eau et les moyens de production. Donc, nous sommes partis de cette base-là. J'ai fait beaucoup de consultations avec les professionnels, les syndicats. Et donc, nous avons progressivement, autour de ces trois thèmes, et en débordant même un peu, enrichi ce texte. C'est un texte concret. Vous évoquez les deux précédents. Moi, je ne voulais pas d'un texte de grande déclaration ou de principe. Ça, c'est fait. La loi d'orientation agricole y a pourvu. Là, c'est vraiment un texte qui entend répondre concrètement aux besoins précis des agriculteurs.
En matière d'eau, il faut davantage de stockage. Donc, on simplifie les procédures, on allège les procédures, tout en demeurant, bien sûr, attentif aux conséquences sur l'environnement. Je m'inscris en faux contre le procès qui serait fait d'une dérégulation environnementale au bénéfice des agriculteurs. Ça n'est pas le cas. Mais aujourd'hui, on est dans des complexités de procédures qui sont incomprises et surtout qui compromettent l'aboutissement de projets nécessaires à la production. En France, on irrigue 7% des terres. C'est très peu. Je ne demande pas à ce qu'on irrigue 50% des terres comme en Espagne. Mais enfin, entre 7 et 50%, il y a quand même une marge de progression.
Il y a des territoires qui ont trop d'eau en hiver et avec le dérèglement climatique, on aura de plus en plus d'eau en hiver et qui en manquent en été. Il serait absurde de prélever en été là où elle manque et de ne pas la stocker un peu, raisonnablement, pour un certain nombre de territoires. En tout cas, les associations environnementales estiment que c'est un texte qui va favoriser la constitution de méga-bassines. Avec par exemple une mesure, les réunions publiques sur ces projets de stockage de l'eau pourront être évitées. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que la ressource en eau ne doit plus faire l'objet d'un débat démocratique environnemental sur le terrain ? Non, pas du tout.
On évite le débat ? Non, non, absolument pas. Il prend une autre forme. On propose d'alléger, enfin de modifier un peu la forme que prendrait cette consultation du public, qui est indispensable. La démocratie de l'eau, elle s'exerce dans des tas d'instances. Croyez-moi, le public se fait largement tentant. Il y a parfois trop de pression des associations écologistes ? Non, mais les réunions publiques, vous savez, dans ma vie d'élu local, je me suis livrée à l'exercice une fois, c'est pas le lieu, la réunion publique, où s'expriment les points de vue de façon apaisée. Moi, je veux mettre fin à la guerre de l'eau.
Il faut qu'on soit suffisamment mature pour apaiser ce sujet qui, chez nous, prend des proportions déraisonnables. Et donc, pas de réunions publiques, mais des consultations en mairie avec un commissaire enquêteur, comme ça se fait pour la plupart des projets qui se mènent sur les territoires. C'est une procédure tout à fait classique, efficace. On va en mairie, on consulte le commissaire enquêteur, on lui fait part de ses observations. Comme ça, il y aura moins d'affrontements entre militants écologistes et agriculteurs sur cette question de l'eau. Et chacun exprimera son point de vue, de façon tout à fait libre et démocratique, mais dans un cadre qui favorise l'apaisement.
Il est aussi question d'élevage dans ce projet de loi d'urgence agricole, un texte qui simplifie les évaluations environnementales obligatoires pour des élevages qui rassemblent un grand nombre de bêtes. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que c'est la prime à l'élevage intensif aux fermes-usines ? Non, pas du tout. C'est pas du tout dans l'ADN de l'agriculture française, vous le savez, qui est une agriculture de taille familiale et qui entend le rester. C'est une des richesses. Il y a des tailles différentes d'exploitation et chacun peut y trouver matière à s'épanouir professionnellement.
La disposition qui concerne le bâtiment d'élevage consiste à adopter une disposition qui concerne l'élevage. Aujourd'hui, vous avez une réglementation qui fait que pour créer, moderniser ou agrandir un bâtiment d'élevage, c'est la même procédure que si c'était une industrie lourde. Donc ce qui est proposé, c'est une simplification, un allègement. De la même façon que pour l'eau, les consultations du commissaire enquêteur en mairie remplaceront les réunions publiques, on élève le seuil de nombre d'animaux raisonnablement comparé à d'autres pays européens. On n'est pas du tout dans les mêmes proportions.
On n'est pas du tout dans les fermes-usines ou je ne sais quelle élucubration que je peux entendre ici ou là. Il s'agit simplement de passer d'un seuil d'autorisation à un seuil de déclaration quand ça reste dans une proportion raisonnable.
Sur quel délai ? Vous diriez qu'on passerait de quelle durée aujourd'hui de traitement à quel délai demain ?
En termes de durée ? Oui, oui. Alors ça, c'est une question très importante que vous posez. Parce qu'aujourd'hui, quelqu'un qui a un projet, entre la lourdeur des procédures que nous lui imposons, entre les recours que font les ONG, parce qu'aujourd'hui, vous avez un projet de bâtiment d'élevage, vous avez un recours. Donc, si on veut être condamné à consommer de l'alimentation produite ailleurs que dans notre pays, continuons comme ça. Moi, je ne peux pas m'y résoudre. Moi, je suis là pour défendre la souveraineté alimentaire, pour défendre les agriculteurs et les éleveurs. Donc, il faut limiter les recours sur les bâtiments d'élevage.
Nous avons, dans la loi d'orientation agricole, déjà raccourci la durée des procédures d'un niveau de juridiction. Et puis, dans ce projet de loi, pour qui se rendrait, pour qui ferait un recours abusif, constaté par le juge, le porteur de projet peut se retourner contre celui qui aurait mené un recours abusif. On va parler pesticides, Annie Gennevard, puisque le sénateur, les républicains Laurent Duplomb et la majorité sénatoriale ont déposé une proposition de loi Duplomb 2, après celle de l'an dernier dont on avait beaucoup parlé. Un texte qui réautorise une nouvelle fois des pesticides néonicotinoïdes qui sont interdits en France. Personnellement, qu'est-ce que vous pensez de ce texte ?
D'abord, il n'est pas semblable au premier, puisque deux niveaux les plus hauts niveaux de juridiction se sont prononcés sur le texte. La Duplomb 1, le Conseil constitutionnel, qui n'a pas, je dirais, invalidé le texte sur le fond, mais qui a donné un certain nombre de préconisations pour qu'il soit acceptable. Et puis, la deuxième version, ce qu'on appelle la Duplomb 2, a été examinée à la demande du président du Sénat par le Conseil d'État. Chacune de ces juridictions a donné son avis, ses préconisations. Après, le texte vivra, vivra sa vie parlementaire. Mais vous, qu'est-ce que vous en pensez ?
Moi, j'ai toujours considéré que nous sommes dans un même espace de production qui est l'Union européenne. L'Union européenne a une agriculture exigeante, vertueuse, qui obéit à des règles, et dont il faut protéger les exigences et la qualité. Mais il faut que tout le monde soit mis à égalité de concurrence. Lorsqu'on impose à ces agriculteurs des règles qui sont différentes de celles de l'Espagne ou de l'Italie ou de la Pologne, qui sont nos principaux concurrents, la concurrence dont est victime l'agriculture française, elle est d'abord européenne. Donc, il est important de se mettre au même niveau. Vous êtes favorable à cette loi ?
Moi, je pense que si toutes les garanties sont données, nous verrons bien ce que les parlementaires en décideront. Chacun sait ce que j'en pense. J'ai eu l'occasion de m'exprimer suffisamment souvent. Mais voilà, on verra ce qu'il en adviendra. En tout état de cause, les préconisations qu'ont faites et le Conseil constitutionnel et le Conseil d'État restreignent énormément l'usage de ces produits phytosanitaires. Si demain, les autorités européennes décident d'interdire le produit, la substance, elle sera interdite partout, évidemment. Donc, vous êtes favorable sur le fond à cette proposition de loi du plomb 2.
Mais est-ce que juridiquement, ce texte, il peut être intégré à votre projet de loi d'urgence agricole via un amendement qui serait voté par le Parlement ? Est-ce que c'est possible ? Le Premier ministre n'a pas souhaité que la mesure figure dans la mouture initiale. Est-ce que c'était trop polémique ? Écoutez, moi, ce que je souhaite, c'est que ce texte soit adopté. Parce qu'il est utile, il y a des mesures sur l'eau, il y a des mesures sur l'élevage, le projet de loi d'urgence. Il y a des mesures sur le foncier agricole, il y a des mesures sur l'avenir agricole avec les contrats d'avenir que portent en particulier les jeunes agriculteurs.
Donc, il y a beaucoup de choses utiles et attendues. Moi, je veux que ce texte aboutisse. Et que, donc, si les parlementaires décident d'y adjoindre les éléments contenus dans la duplomb 2 libre à eux, en tout cas… Ce sera possible juridiquement ? Ce ne sera pas un cavalier législatif, comme on dit, c'est-à-dire hors sujet ? Il appartiendra au Conseil constitutionnel d'en décider une fois que le texte sera adopté, s'il est adopté avec ses mesures. Moi, je n'en sais rien. Maintenant, il va vivre sa vie parlementaire. Et vous ne souhaitiez pas l'intégrer, car c'était trop polémique, ce texte sur les pétitions ?
Le Premier ministre n'avait pas souhaité l'intégrer d'emblée, parce que, bon, ce texte a une charge émotionnelle, je dirais. Il a fait l'objet de nombreux débats, d'une pétition, souvent d'ailleurs signée sans qu'on ait une parfaite connaissance du sujet, qui, comme toujours, les choses sont plus compliquées qu'il n'y paraît. Ce qui est vrai, c'est que le gouvernement est engagé dans un dispositif qui existe depuis plusieurs années, qui s'appelle Eco-Phyto, qui vise à réduire l'empreinte phytosanitaire sur l'agriculture française.
Et il se fait que, et l'INRAE en a convenu, puisque je lui ai confié une mission à ce sujet, a convenu qu'il y avait un certain nombre de filières qui étaient en impasse de traitement. Donc, pour ces impasses, il faut bien trouver des solutions. Moi, quand je vais voir les arboriculteurs et qu'en pleure, ils me disent, voilà, la moitié de ma récolte est ruinée parce que les ravageurs se sont attaqués à mes productions. Comment, moi, ministre de l'Agriculture, puis-je y être insensible ? – Une question sur la concurrence déloyale pour nos agriculteurs, Fabrice ?
– Absolument, Annie Gennevar a annoncé en janvier dernier la création de brigades spéciales qui visent à contrôler ces produits, ces denrées importées. Vous avez annoncé, je crois, l'objectif de 3 000 contrôles sur 2026 avec une centaine d'agents. Vous avez annoncé ça à Roissy, aux douanes, si j'ai bonne mémoire. On en est où ? On arrive au mois de mai. – Alors, le projet de loi d'urgence parle de cette brigade de contrôle, en fixe les missions. C'est consécutif. La mobilisation de ces agents de contrôle, des agents de mon ministère, sera possible dès lors que l'accord entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne sera conclu.
ça va donc dégager des postes qui me permettront de les réaffecter sur des opérations de contrôle. Parce que nous sommes très exigeants avec nos agriculteurs, très exigeants sur les modes de production, sur l'utilisation des produits phytosanitaires, sur la façon dont ils travaillent. Ce niveau d'exigence, il faut que nous l'ayons aussi sur les produits importés de pays tiers. Et c'est l'objet des contrôles de cette brigade. – Il nous reste trois minutes. On finit par des questions politiques, Annie Gennevard, avec une séance de questions au gouvernement hier au Sénat, assez tendue.
On a entendu le Premier ministre Sébastien Lecornu interpeller Bruno Rotaillot, le président des Républicains, candidat à la présidentielle, pour lui demander de clarifier sa position entre une volonté de gouverner, de faire des compromis soit avec la gauche républicaine, soit avec l'extrême droite. Est-ce que Bruno Rotaillot doit clarifier sa position sur ce sujet ? – Je crois qu'elle est assez claire. Bruno Rotaillot a eu l'occasion de s'exprimer, y compris d'ailleurs, j'ai lu ça dans la bonne presse du groupe EBRAS ce matin, a eu l'occasion de s'exprimer sur ce sujet. Pas d'alliance avec le Rassemblement national qui ne cesse de proclamer son désir de nous voir mourir.
En revanche, les électeurs doivent être convaincus par le projet que porteront les Républicains. Donc c'est assez clair, me semble-t-il. Je pense qu'il faut bien prendre la mesure de la situation du gouvernement sur la question du 1er mai, puisque c'était à l'occasion de ce sujet que le Premier ministre a été interpellé. Mais quand on est dans une situation d'impasse politique, que cette réforme attendue, espérée, sur le fond de laquelle la droite, le gouvernement sont parfaitement alignés, c'est-à-dire qu'il faut permettre à ceux qui le souhaitent de travailler le 1er mai, moi je suis une femme de droite, je suis pour le travail et pour la liberté.
Donc forcément, je suis favorable à ce qu'on puisse laisser travailler. Mais la cible, c'était quand même les boulangers indépendants et les fleuristes. Sans doute a-t-on trop élargi la cible et insuffisamment consulter les partenaires sociaux qui sont évidemment très attachés à ce 1er mai. Justement, sur la droite, il y a beaucoup de candidats qui sont lancés pour la présidentielle. Le parti Les Républicains, d'ailleurs, dont vous êtes suspendu, puisque vous participez au gouvernement, ce parti-là organise une consultation de ses militants sur le mode de désignation du candidat à l'air à la présidentielle.
Qu'est-ce que vous pensez de cette stratégie de Bruno Retailleau pour la présidentielle ? Il faut un champion LR pour la droite ? Il faut incontestablement que LR puisse se désigner un candidat. Maintenant, on sait aussi que la configuration politique de notre pays nous met en risque si nous ne parvenons pas à nous organiser pour éviter un duel de deuxième tour où nous serions absents. Donc, la responsabilité d'un candidat Les Républicains sera d'évaluer ses chances de rassembler autour de lui. Et LR n'a jamais gagné tout seul. Il faudra donc que le candidat fasse la démonstration qu'il est en capacité de rassembler. Il faudra une primaire, une grande primaire de la droite et du centre ?
Vous savez, moi, je ne suis pas... J'ai vu deux primaires qui n'ont pas produit les effets qu'on en attendait. Maintenant, y a-t-il une autre façon de faire ? C'est ce que détermineront les adhérents Les Républicains ce week-end. Merci beaucoup, Annie Gennevard, d'avoir été notre invitée politique aujourd'hui. Merci, Fabrice. On va regarder la une des dernières nouvelles d'Alsace, journal du groupe Ebra, une des DNA consacrées à l'épargne salariale au secours du pouvoir d'achat et cette proposition de loi adoptée par le Sénat pour permettre aux salariés de débloquer une partie de leur épargne salariale. Allez, on continue notre émission et là, on va au cœur de nos territoires.
On a suivi un groupe de collégiens en Seine-Saint-Denis, des collégiens qui ont participé à un concours d'éloquence, le concours d'éloquence de la jeunesse 2026 et ce concours avait lieu mardi au Sénat. Cette expérience, elle devrait marquer ses élèves pour longtemps. Clément Guillauneau et Emma Fabre les ont rencontrés. Mesdames et messieurs, bonjour.
Tout d'abord, merci de nous accueillir, de nous permettre d'être là aujourd'hui et de nous exprimer en toute liberté.
Dernière répétition pour ces collégiens. En classe de 4e et 3e, c'est une première pour ses élèves de Saint-Denis. Dans quelques heures, ils participeront au concours d'éloquence de la jeunesse organisée au Sénat après trois semaines d'entraînement. Mais avant de se produire devant un jury vêtu de leur robe d'avocat, il a fallu apprendre à vaincre sa timidité.
Moi, de base, je suis très timide. J'ai du mal vraiment à, par exemple, quand je parle à une personne, à bien la regarder dans les yeux. Et ça, ce concours d'éloquence, ça m'a vraiment aidée pour bien aborder les gens et tout.
Ce qui me plaît dans ce projet, c'est la manière de pouvoir bien s'exprimer, savoir comment se tenir, avoir une bonne posture, etc. Pouvoir être plus ouverte au public
et être moins timide, parce que je suis quelqu'un qui est très timide de base, même si ça ne se voit pas. Je peux recommencer encore ?
Accompagnés par leurs professeurs de français dans la préparation de ce concours qui a pour thème la liberté d'expression, les compétences oratoires développées en peu de temps par les collégiens ont parfois même éveillé des vocations, une fierté pour l'enseignante.
Ça leur permet de se projeter au-delà de ce concours d'éloquence. Moi, j'ai entendu certains élèves qui aimeraient s'orienter vers des études de droit, par exemple, et ça, c'est extraordinaire. Et tu parles beaucoup trop vite. Tu dois parler lentement.
Ce concours est organisé pour la huitième année consécutive et pour sa fondatrice, il est bien plus qu'un simple exercice.
C'est une compétence qui va leur permettre, au niveau personnel comme professionnel, de savoir s'exprimer, d'aller rechercher un stage, de postuler pour un job d'été. Quoi qu'il arrive, ça va leur servir dans la vie de tous les jours.
Nous retrouvons ces collégiens quelques jours plus tard au Sénat pour le grand jour. C'est le sénateur de la Seine-Saint-Denis, Ahmed Lawedge, qui les accueille. Ce concours d'éloquence, c'est surtout leur donner la parole, pouvoir leur donner la possibilité de faire en forme, d'évoquer certains sujets qui permettent aussi d'avancer et de leur donner confiance dans le cadre de la règle unique. Donc voilà, c'est pour ces raisons-là qu'aujourd'hui, nous les accueillons ici au Sénat.
N'êtes-vous pas chacun, à titre personnel, contre certaines paroles ? Êtes-vous prêt à interdire certaines idées ? Où placeriez-vous la ligne ? Cette frontière est essentielle, car tout dire peut être dangereux. Et oui, les insultes, la haine ou même les discriminations ne sont pas des opinions. Ce sont bel et bien des débuts.
Le jury, composé de producteurs, d'artistes ou encore de membres
de la communauté éducative, a décerné plusieurs prix à la fin de la journée. Les collégiens que nous avons suivis sont repartis avec le trophée du coup de cœur. Voilà pour ce reportage réalisé par Clément Guillauneau et Emma Fabre. On reste en Ile-de-France. Aujourd'hui, on va parler à des zones à faible émission, alors qu'ils concernent tous les territoires. Ces zones à faible émission qui restreignaient la circulation des voitures polluantes dans les grandes villes et qui ont été supprimées par l'Assemblée nationale. Pour en parler, on va retrouver Anne de Rugy qui est conseillère métropolitaine écologiste au Grand Paris, représentant la ville de Bagnolet. Bonjour, Anne de Rugy.
Bonjour.
Alors, quelle est votre réaction à ce vote de l'Assemblée nationale qui supprime ce dispositif écologique des zones à faible émission ? La première réaction, c'est que c'est un très mauvais signal parce que ça supprime effectivement un dispositif dont on peut discuter et qu'on discutera, mais derrière ce dispositif, il y a la pollution atmosphérique et la pollution atmosphérique, elle est très importante dans les métropoles. Moi, j'habite, je suis la conseillère métropolitaine de Bagnolet, donc Bagnolet, c'est l'échangeur, c'est un endroit où aujourd'hui, en 2026, la pollution atmosphérique, c'est huit fois supérieure au seuil préconisé par l'OMS, l'Organisation mondiale de la santé.
Donc, on est vraiment sur un problème sanitaire majeur. On connaît les conséquences sur la santé, sur les personnes les plus vulnérables, les enfants, les personnes âgées, mais aussi à long terme sur les maladies cardiovasculaires, sur les cancers, sur le diabète. Donc, c'est vraiment un problème sanitaire majeur. Et là, le problème, c'est qu'on enlève un dispositif et il n'y en a pas d'autre, en fait. Il n'y a pas d'alternative. Alors, ces zones à faible émission, vous le disiez, ont un objectif écologique d'amélioration de la qualité de l'air, mais est-ce qu'il n'y a pas un problème social ?
Car les opposants à ces ZFE, parlaient de zones à forte exclusion sociale, finalement, en excluant les personnes qui ont des voitures polluantes, qui ne peuvent pas acheter un véhicule électrique et qui se voient exclues des grandes villes ? Alors, j'ai envie de répondre que déjà, les premières victimes de la pollution atmosphérique, ce sont les quartiers populaires et il y a derrière la pollution atmosphérique une vraie injustice environnementale. Dans le territoire où j'habite, 42% des habitants habitent à moins de 500 mètres d'une autoroute. Donc, on est vraiment touchés et les quartiers populaires en premier lieu.
Ensuite, oui, il y a un problème social dans le sens où les voitures les plus anciennes, donc celles qui vont être exclues de la circulation hebdomadaire entre 8h et 20h, ce sont des voitures qui sont plutôt détenues par des personnes qui ne peuvent pas en changer et qui ne peuvent pas acquérir notamment des véhicules électriques. Donc, il faut des mesures d'accompagnement.
Il y a aussi, il fallait repenser le dispositif parce qu'effectivement, un dispositif comme celui-là, nous, ce qu'on avait pensé dans la métropole, c'est des dérogations, des dérogations pour les travailleurs, notamment pour tous les professionnels qui, les artisans, les commerçants, mais aussi tous les professionnels du lien, infirmière ou des aides à domicile, toutes ces personnes ont besoin de leur véhicule pour se déplacer et donc, il faut une aide à la transition de véhicules ou bien, il faut effectivement des dérogations. Tout ça, on l'avait posé.
Ensuite, on pouvait aussi faire évoluer le dispositif pour plus de justice sociale, notamment dans l'énoncé des critères parce qu'il y a les critères, par exemple, les critères tels qu'ils étaient faits, ne prenaient pas du tout en compte le poids du véhicule et on sait que le poids, c'est quand même un élément important dans les dépenses énergétiques et donc, écologiquement, c'est un élément important. Donc, des gens qui avaient une petite voiture ancienne se voyaient interdire l'accès à la métropole aux heures de pointe, hors week-end alors que des grosses voitures y avaient accès.
Donc là, c'est logique d'avoir un sentiment d'injustice mais il y a des mesures d'accompagnement et là, le problème, c'est qu'il n'y a rien en fait, on a tout jeté mais qu'est-ce qu'on fait ? Donc, c'est un dispositif qui pouvait être amélioré ? Oui, nettement, nettement. Merci beaucoup. Merci beaucoup, Anne de Rugy pour votre réaction à cette suppression des zones à faible émission par l'Assemblée nationale. Place à la revue de presse des territoires avec Clémentine Louise. Clémentine, vous avez fait le tour de la presse régionale aujourd'hui et on commence par parler du travail le 1er mai avec ce débat très polémique au Parlement.
Oui, tout à fait. et c'est à la une de l'Aide Nouvelle ce matin. Travailler le 1er mai, une évidence, demande l'Aide Nouvelle, une évidence pour le gouvernement. En tout cas, ce sera de limiter l'ouverture aux boulangeries et peut-être aux fleuristes et justement à la boulangerie La Pétrie à Saint-Quentin. Les patrons redoutent déjà la journée du 1er mai où ils seront deux seulement à tenir le fournil et la boutique contre six en temps normal. La gérante explique qu'elle préférer faire travailler son équipe au complet et payer le double si elle y était autorisée. Le gouvernement se laisse donc plus de temps pour discuter avec les syndicats.
Sébastien Lecornu assure qu'il recevra les professions concernées ce soir à Matignon.
Et l'inflation atteint 1,7% en mars, un chiffre en hausse par rapport au mois de février.
Oui et jusqu'où vont grimper les prix ? C'est Ouest France qui se pose la question ce matin. Le Quotidien nous présente l'évolution d'un panier moyen à 54 euros en janvier 2025. Il est passé à 59 en avril 2026 avec des produits dont les prix ont particulièrement grimpé. Le jus d'orange pulpé, les steaks hachés pur bœuf surgelé et les cœurs de laitue. Alors première cause de cette inflation la hausse du carburant dû à la guerre au Moyen-Orient mais aussi les mauvaises conditions climatiques et puis les épidémies qui ont touché durement les élevages cet hiver.
On reste dans l'ouest de la France où nos confrères de Paris-Normandie ont mené une enquête dans la ville du Havre sur la vente des puffs, ces cigarettes jetables.
Oui et la vente est illégale depuis un an mais nos confrères de Paris-Normandie n'ont pas eu beaucoup de difficultés pour s'en procurer en épicerie de nuit. Dans une étude d'Euroagency on apprend que la moitié des épiceries de nuit du Havre vendent des puffs. Le président de la Fédération des Buralistes de Seine-Maritime déplore une interdiction qui n'a aucune efficacité et appelle plutôt à réguler les taux de nicotine dans ces produits qui grimpent parfois jusqu'à 30 ou 40%.
Et les premiers touchés par ces puffs ce sont les jeunes, les adolescents et ce n'est pas en période d'examen que ça va s'arranger.
Non et d'autant qu'il y a un petit peu de changement cette année notamment pour les élèves de 3ème. Le brevet du collège des collèges évolue et va devenir plus difficile. Terminer le système par points, désormais un élève devra obligatoirement atteindre une moyenne de 10 sur 20 pour décrocher son brevet. le ministre de l'éducation et le ministre de l'éducation nationale assume ce durcissement nécessaire selon lui pour refléter le niveau réel des élèves. Alors au collège d'Abville, 80 élèves de 3ème se sont levés pendant leurs vacances direction la salle de classe pour des révisions intensives et puis on leur souhaite bien sûr beaucoup de réussite en juin prochain.
Bonne chance pour ce brevet. Merci beaucoup Clémentine Louise pour cette revue de presse des territoires. Allez, on va aller à Chartres retrouver nos partenaires du journal L'éco-républicain avec Sébastien Besse qui est rédacteur en chef à L'éco-républicain en direct de Chartres. Bonjour Sébastien. Bonjour Alexandre. La question des déserts médicaux, elle fait la une de votre journal avec ce triste constat pour le département de Rélois. Votre département est le plus grand désert médical de France. Oui et c'est un constat sans appel, nous dit l'Atlas 2026 de la démographie médicale que vient de publier le Conseil national de l'ordre des médecins.
Le Rélois à une heure de Paris compte la plus faible densité de médecins généralistes actifs. Concrètement, il y en a aujourd'hui 67,4 pour 100 000 habitants. Ils étaient 112 pour 100 000 il y a 15 ans. La moyenne nationale, elle, est de 117 médecins pour 100 000 habitants. Le docteur Patrick Petit, président du Conseil régional de l'ordre des médecins de Centre-Val-de-Loire, confirme qu'en Eurelois, la situation continue de se dégrader. Dans le tableau dressé, le point le plus grave, dit-il, c'est l'accès aux médecins généralistes, d'autant plus que de nouveaux départs en retraite sont prévus.
Et si l'on regarde dans le détail, en France, le nombre de médecins généralistes et spécialistes en activité augmente de 2%. L'ordre constate davantage de nouveaux inscrits que de partants. Mais en Eurelois, c'est une quasi-stabilité. 713 médecins au 1er janvier, seulement 5 de plus qu'un an plus tôt. Mais dans le même temps, la demande de soins augmente, relève le docteur Petit. Il dresse un autre constat. L'écart ne fait que s'accentuer entre les régions bien dotées et celles mal dotées. Et les médecins continuent à aller là où il y en a déjà et ne vont pas là où il n'y en a pas.
Sébastien Besse, pour votre intervention, on va regarder la une de l'éco-républicain qui est consacrée à ce département de l'Eure-et-Loire, toujours en manque de médecins. Place à notre débat entre éditorialistes politiques. On va parler de la campagne présidentielle alors que les candidats à droite accélèrent et peaufinent leur stratégie, leur communication. Un parfum de présidentielle qu'on pouvait sentir hier après-midi au Sénat puisque le Premier ministre Sébastien Lecornu a interpellé Bruno Rotaillot, président du Parti Les Républicains, candidat déclaré à la présidentielle.
Et le Premier ministre lui a demandé de préciser, de clarifier son positionnement politique vis-à-vis de l'extrême-droite. Écoutez cet échange.
Monsieur Rotaillot, Monsieur Darnot, Messieurs, je vous le dis avec beaucoup de gravité, je ne suis pas candidat à l'élection présidentielle.
Donc n'ayez pas de problème avec ce gouvernement. On va faire tout ce qu'on peut pour faire avancer le pays pendant un an. Et bien justement, Président Rotaillot, Monsieur le ministre d'État, Monsieur le président Darnot, si vous étiez à ma place, c'est avec le Rassemblement National que vous iriez bâtir des compromis
ou avec la gauche républicaine ?
C'est aussi simple que ça et c'est le moment de la grande clarification. Nous ne sommes jamais compromis avec le Rassemblement National.
Est-ce que j'ai quitté le LR lorsqu'Éric Ciotti nous a quittés ? Est-ce que je l'ai suivi ? Non. Est-ce que ma main a tremblé lorsqu'il n'y a eu que quelques cas, quelques conseillers municipaux ou quelques,
comment dirais-je, adhérents LR sur des listes ont rejoint le LR ? Ma main n'a pas tremblé et ils ont été exclus dans l'heure. Où sont les preuves ? Vous dites, on maintient les digues avec le RN, sont claires, nettes, précises et elles seront maintenues. Marine Le Pen dit elle-même qu'elle n'est pas de droite et moi je porte un projet de droite.
Moi je soutenais un parlementaire du même parti européen que moi, du PPE, qui est Peter Magyar, notamment en Hongrie. Un conservateur qui a abattu effectivement
avec le Taron-Bas. Et elle soutenait M. Orban, allié de la Russie. Voilà, ces deux lignes qui sont différentes. Il faut s'en rendre compte. Donc il faut clarifier et moi je demande précisément au Premier ministre de clarifier sa position. Est-ce que c'est M. Fort qui est Premier ministre qui impose ces conditions au gouvernement ou si c'est bien lui ? Deux ennemis. Et voilà pour cette campagne présidentielle à droite qui est lancée avec les différents prétendants qui accélèrent pour en parler et pour l'analyser. J'accueille sur ce plateau Michael Darmon. Bonjour. Vous êtes éditorialiste politique pour Public Sénat et aussi pour la chaîne I24 News. Et j'accueille également Béran Gerbonte.
Bonjour. Vous êtes journaliste politique, auteur, autrice du livre Gabriel Attal, justement, l'ange exterminateur aux éditions L'Archipel et puis auteur d'un livre sur Édouard Philippe intitulé Le Sioux, toujours aux éditions L'Archipel. Je précise également que vous êtes présentatrice du podcast Dans l'Hémicycle avec le dixième épisode sur les enquêtes parlementaires et si on remettait du droit dans le show En ligne ce matin. En ligne ce matin, dans le show de ces commissions d'enquête.
Alors, quand on entend, Michael Darmon, cet échange entre Sébastien Lecornu et Bruno Rotaillot sur la clarification vis-à-vis de l'extrême droite, est-ce qu'on se dit qu'il pourrait y avoir seulement un seul candidat de la droite et du centre ou que ça va être très compliqué de tous les unir ? Déjà, avant d'être un peu amateur de science-fiction ou on va dire d'avoir une foi dans un coup l'intelligence collective qui pourrait surgir, on peut se dire que ça peut arriver. Mais, bien évidemment, on regarde les vicissitudes au jour le jour, les difficultés au jour le jour. On comprend qu'il y a déjà de très grandes divisions concernant l'union.
Ils ne savent pas comment en étant organisé qu'il va être le périmètre d'une union autour d'un candidat unique dans ce bloc central ex-métenant le bloc présidentiel macroniste. Certains regardent plutôt du côté de la droite, d'autres regardent plutôt de la gauche. Paradoxalement, en fait, ils vont tenter de dépasser le dépassement mais ils vont être rattrapés quand même par le fait qu'il y a quand même des inclinations naturelles d'aller là ou là. Donc, on a du mal. Je vois qu'il y a un comité de liaison qui s'est mis en place et ce qui m'a stupéfait, c'est qu'il va se réunir toutes les six semaines.
Donc, vraiment, on a le sentiment qu'il n'y a pas d'urgence alors qu'en fait, il devrait se réunir tous les jours étant donné l'état de la situation. Donc, pour l'instant, je suis assez pessimiste mais j'aimerais pouvoir me tromper. Bérangère, c'est possible, un candidat unique de la droite et du centre. Est-ce qu'il y a urgence tactiquement, politiquement à le trouver, à se rassembler ?
Je pense qu'il y a urgence pour eux à trouver la façon de se réunir mais oui, effectivement, l'urgence de déterminer le candidat est peut-être moindre. Je veux dire, c'est quelque chose qui se décantera à l'automne, je pense. Un an avant la présidentielle, on le sait tous, la situation n'est jamais la situation finale.
et quand vous avez les personnages qui sont en l'occurrence sur la ligne de départ et pour les principaux Edouard Philippe et Gabriel Attal, vous avez aussi des personnalités différentes et Edouard Philippe fait tout ce qu'il peut pour ne pas, comme on dit, sortir de l'ambiguïté, ce qui se fait toujours à son détriment, donc il va attendre le plus possible et Gabriel Attal, lui, essaie d'accélérer. On va en parler. Donc voilà, il va bien falloir qu'ils s'entendent, ça c'est sûr. Et je pense qu'au final, avec des sondages juge de paix, c'est ce qui se passera, je pense, à la fin de l'année, celui qui sera devant sera le candidat. Mais en attendant...
Les sondages vont faire la différence, mais politiquement, sur le fond, sur le programme, est-ce qu'il peut y avoir une union qui va de Gabriel Attal à Bruno Rotaillot ? Alors, Bruno Rotaillot,
ça va être plus compliqué de le débrancher, comme on dit, et parce que politiquement, effectivement, il y a une différence, sans doute, beaucoup d'aspects économiques, notamment, et régalien même, il y a ce qui guette la droite républicaine, c'est-à-dire la partie la plus à droite de cette droite et une partie de l'électorat de droite. La question aussi, ce sera de savoir si LR sera unifiée à l'arrivée, parce que, ou si une scission va s'opérer avec les partisans, enfin, ceux qui regardent plutôt vers le centre et ceux qui regardent plutôt vers leur droite.
Justement, pour essayer d'unifier les républicains, d'unifier son camp. Bruno Rotaillot, le président du parti, organise, ce dimanche, une consultation des militants des LR pour choisir le mode de désignation du candidat LR à la présidentielle. Alors, soit le président du parti, Bruno Rotaillot, soit une primaire fermée aux militants ou une primaire plus ouverte aux sympathisants. On va écouter Bruno Rotaillot sur ce point. Il était hier au micro de Steve Jourdain. J'observe qu'il y avait un comité de liaison, je n'ai pas été invité, entre M. Philippe, M. Attal et M. Bérou. Vous le regrettez ? Non, mais je pense que chaque famille politique, déjà, doit désigner son champion.
Il devrait y avoir une primaire, d'ailleurs, entre les macronistes. Michael Darman, c'est quoi le but de cette consultation des LR pour désigner le mode d'élection du candidat LR à la présidentielle ? C'est de faire une primaire Rotaillot, tout simplement, pour qu'il puisse tout simplement revivre et bénéficier à nouveau de ce plébiscite interne qu'il a porté à la tête du parti. C'est pour lui sa source de légitimité. C'est son territoire
privilégié où là où il est le chef, incontesté, dès qu'il met un pied dehors,
il a Laurent Wauquiez, il a David Lysna, il a Xavier Bertrand. Donc déjà, on n'est rien qu'au sein de LR. On n'a pas élargi encore effectivement au territoire qu'on vient d'évoquer, c'est-à-dire plus généralement le bloc central. Donc c'est dire, pour reprendre la question tout à l'heure, c'est dire à quel point la tâche est ardue
pour pouvoir arriver à une forme d'union et d'un candidat d'intelligence collective ou moins politique. Donc, il a bâché
besoin justement de pouvoir s'être renforcé en interne. Il considère qu'il veut être le champion de son parti. Mais après, il faut avoir une autre capacité de rassemblement. On évoquait les gens en embuscade tout à l'heure avec Béranger. vous en avez un autre qui est en train d'émerger, qui est dans une résurrection politique, c'est Jean-François Copé. Et Jean-François Copé qui s'est vu refusé par Bruno Retailleau le fait de travailler à son programme présidentiel, est en train d'être celui qui organiserait l'arrivée des grands barons LR autour d'Édouard Philippe.
Et ça, ça peut être aussi quelque chose qui change la donne parce que vous avez maintenant une nouvelle force politique autour d'une nouvelle puissance d'attraction et de légitimité autour de Jean-François Copé, l'ancien grand brûlé qui revient en force et qui pourrait justement déclencher un mouvement politique un peu inattendu. Le but de Bruno Retailleau c'est vraiment d'unifier son camp car on a l'impression que ça tire dans tous les sens. Il y a beaucoup de divisions chez les LR.
C'est clair. Il y en a beaucoup qui ne lui pardonnent pas et qui ne lui pardonneront pas je pense avant longtemps par exemple de ne pas avoir choisi sur la municipale de Nice.
Entre Éric Ciotti et Christian Esmozy.
Exactement et ça pour le coup ça va laisser des traces. Ce débat-là on l'observe depuis des mois cette scission et effectivement les barons ex-chirakiens vont peut-être faire pencher la balance qu'on n'avait pas trop entendu ou qu'ils n'avaient pas tranché vont peut-être faire pencher la balance et effectivement Jean-François Copé imagine bien une scission en fait. c'est ce que je disais tout à l'heure au sein du LR.
Et d'ailleurs Bruno Retailleau s'y prépare c'est la raison pour laquelle il fait savoir à la presse de manière générale que François Baroin l'autre grand chirakien à plumes pourrait soutenir Bruno Retailleau c'est une sorte de contre-feu par rapport à ce qui est en train de se mettre en place vis-à-vis des barons LR.
Bruno Retailleau était un peu mari de ne pas avoir été invité au comité de liaison Christophe Béchut disait hier qu'il allait prendre contact avec Mme Nassrou qui est très proche de Bruno Retailleau donc qu'il patiente mais ça va venir manifestement.
Parlons de Gabriel Attal que vous connaissez bien Bérangère vous avez créé un livre sur son parcours d'ailleurs Gabriel Attal va sortir un nouveau livre le 23 avril pour lancer sa campagne présidentielle son premier un livre qui s'appelle En homme libre pour lancer cette campagne et parallèlement il multiplie les initiatives les propositions de loi parlementaires et notamment une dont on a beaucoup parlé dont on parle beaucoup en ce moment sur le 1er mai sur l'autorisation du travail des boulangers et des fleuristes et il en a fait toute sa communication finalement dans ce début de campagne présidentielle sur ce sujet regardez Si le 10 avril notre loi est votée ça veut dire que les boulangers et les fleuristes pourront travailler dès le 1er mai de cette année Voilà une initiative de Gabriel Attal mais qui finalement a échoué parce que Sébastien Lecornu a interrompu le débat parlementaire sur cette prohibition de loi et voilà ça crée toute une tension dans le camp de la droite Oui moi j'ai j'y ai vu quand même une tentative je dirais d'atalicide politique c'est à dire D'atalicide Oui il y a une volonté de la part de Sébastien Lecornu de briser de mettre des bâtons dans les roues dans l'envol que tente de prendre
en ce moment Gabriel Attal
pour tenter sa candidature à l'élection présidentielle le livre un grand meeting effectivement beaucoup d'initiatives parlementaires mais Bérangère les connaît encore bien mieux que moi mais j'ai surtout vu ça voilà et évidemment au vu du nombre de conversations quotidiennes qu'on imagine entre le Premier ministre et le Président de la République on peut imaginer qu'Emmanuel Macron était un peu au courant et n'a pas empêché au moins donc de ce point de vue là il y a une volonté de l'empêcher et au-dessus de voir un Gabriel Attal qui tente un positionnement assez paradoxal en réalité pour se démarquer d'Emmanuel Macron et pour être libre ou un homme libre comme il le dit d'ailleurs dans le titre de son livre et bien quelque part il fait du crypto-Macron il revient à la période de la commission Attali où Macron était le jeune inspecteur des finances iconoclaste disruptif qui bouleversait les codes et il veut avec cette il a voulu il a tenté avec notamment ce dispositif sur le 1er mai d'envoyer ce message là c'est raté C'est un échec cette initiative sur le 1er mai Bérangère Bonte avec cette proposition de loi et puis plus globalement ça traduit une certaine fébrilité de Gabriel Attal qui multiplie les textes et aussi le texte de Caroline Yadant sur l'antisémitisme il y avait la semaine dernière une proposition de loi sur la sortie de l'Alsace de la région Grand Est ça crée beaucoup de remous finalement c'est pas très productif politiquement
Mais c'est Gabriel Attal et en fait quand on parlait d'unifier peut-être la droite et le bloc central il faudrait commencer par unifier Gabriel Attal
Il parle dans tous les sens
Parce qu'en fait vous avez le Gabriel Attal qui fait le comité de liaison qui réunit Marc Feneau Christophe Béchut Hervé Marseille tous ces gens-là et puis vous avez le Gabriel Attal qui multiplie les initiatives personnelles avec au besoin d'une espèce de tripatouillage de la procédure parlementaire je fais référence à la motion de rejet préalable qui en fait qui consiste à torpiller son propre texte Sans l'examiner Sans l'examiner parce qu'en fait parce qu'on perdrait trop de temps à examiner les amendements de l'opposition et ça laisse un peu des traces mais mine de rien il donne une longue interview au point ce matin dans la perspective de la sortie de son livre la semaine prochaine et ça ne l'empêche pas de jouer les rassembleurs ça ne l'empêche pas alors il va un petit peu sur les territoires puisque vous avez fait référence à l'Alsace moi quand j'avais des échanges avec lui il y a six mois un an ce n'était pas du tout dans ses sujets mais bon il a compris qu'on le voyait comme le candidat parisien versus le candidat des territoires le grand maire Edouard Philippe donc un peu d'Alsace il veut tout d'un coup réformer la constitution pour que le président ne s'immise plus dans tout mais c'est déjà dans la constitution enfin il fait du Gabriel Attal il communique et je vous dis il communique pour lui-même tout en jouant les rassembleurs en façade en tout cas donc il va falloir unifier ce personnage-là mais n'oubliez jamais que j'ai intitulé ce livre l'ange exterminateur c'est un tueur Gabriel Attal et ça va sans doute être sans vouloir psychologiser à outrance ça va être une des clés du match entre Edouard Philippe et Gabriel Attal Edouard Philippe n'est pas ce même tueur Edouard Philippe est un boxeur de défense Gabriel Attal fonce
et vous le disiez Gabriel Attal qui donne une interview au magazine Le Point aujourd'hui une interview dans laquelle il dit j'ai eu l'expérience de gouverner le pays je pense aujourd'hui à savoir comment il faut le présider j'ai les idées claires pour la France quel est l'enjeu Michael Darman pour Gabriel Attal c'est se détacher de l'image du premier ministre très fidèle à Emmanuel Macron il faudrait déjà relire le calendrier pour pouvoir lui mettre à sa juste place il a gouverné la France combien de temps ? quelques mois
voilà il a été un éphémère premier ministre donc on va quand même pas laisser cette relecture
de l'histoire
il serait bien resté
il serait bien resté mais les événements on en décide autrement et c'est la raison d'ailleurs pour laquelle il est en rupture maintenant totale et homme libre avec Emmanuel Macron c'est la mauvaise manière de cette dissolution et la manière dont il a été au fond éjecté de Matignon donc il est une fois de plus l'avatar de l'homme pressé chaque génération a son homme pressé Giscard a été l'homme pressé Nicolas Sarkozy était l'homme pressé Jacques Chirac a été l'homme pressé aujourd'hui c'est Gabriel Attal donc voilà il prend la place d'une figure connue dans le bal des ambitieux qui est l'homme pressé versus le lent le sioux le boxeur le chasseur le fusil à un coup la patience on va voir effectivement quelle figure va l'emporter parce que la figure qu'il emportera au moins déjà en étant candidat montrera ce dont
les français ont envie parce qu'au fond les grandes absents en ce moment dans ce débat permanent sur la présidentielle qui se prépare ce sont les français et ils entrent en dernier lieu sur scène et en général ils bousculent les choses
vous parliez de l'homme pressé on va parler de l'homme patient en l'occurrence Edouard Philippe qui ne présente pas tout de suite finalement ce qu'il appelle son programme massif pour la campagne présidentielle il surfe un peu sur sa popularité issue des élections municipales du Havre on va écouter sur la candidature d'Edouard Philippe Louis Vaugel sénateur horizon qui était sur ce plateau aujourd'hui on va l'écouter il faut une candidature unique d'un droit de du centre si on veut gagner la prochaine présidentielle et Edouard Philippe depuis le début il l'a dit il l'a dit en 2022 c'est le premier à le dire il l'a dit en 2024 et il l'a répété en 2026 si on n'arrive pas à se mettre d'accord sur un candidat dans ce socle commun et sur un programme qui corresponde à ce candidat pour qu'on ait quelque chose à dire aux français et bien les élections sont perdues à mon sens c'est pas à nous de dire comment ils vont s'arranger il fait au parti de se rencontrer de se mettre d'accord sur le processus de sélection de ce candidat unique Bérangère et ce qu'Edouard Philippe est finalement le mieux placé pour rassembler cette droite et ce centre ce bloc central
oui sur le papier bien sûr mais ce qui va se passer vraiment chez LR sera important on en a parlé juste avant et puis Edouard Philippe c'est sans doute le plus préparé à ce stade le plus costaud dans sa tête on ne sait pas encore grand chose de ce qu'il va raconter mais précisément pour l'instant il surfe sur les sondages et il n'a aucune raison d'avancer le premier pas d'être le premier à se dévoiler donc franchement stratégiquement il a raison comme je disais on sort de l'ambiguïté qu'à son détriment et c'est particulièrement vrai chez Edouard Philippe mais dès que la droite si la droite se divise par exemple si les LR se divisent là pour le coup il va être obligé de bouger si Gabriel Attal continue d'accélérer et de venir un peu sur ses plates-bandes l'interview du Point vraiment me donne l'impression d'une adaptation en permanence à son adversaire qui est Edouard Philippe c'est très frappant
Edouard Philippe qui devait normalement présenter son programme pour la présidentielle après son élection municipale au Havre mais finalement c'est reporté d'ailleurs il l'explique hier dans les colonnes du journal le Télégramme il dit oui mon programme sera massif et je le dévoilerai progressivement je ne suis pas sûr que ce soit au mois d'avril un an avant la présidentielle qu'il faille tout dire je suis même certain du contraire en fait il monte dans les sondages donc il attend
simplement il ne veut pas qu'on s'appelle
qu'on l'appelle un jour Edouard Juppé populaire trop tôt absolument ils sont comment dire traumatisés par le fait qu'un an avant l'élection présidentielle Edouard Juppé était vous voyez Edouard Juppé était déjà considéré comme étant président de la République il faut se souvenir qu'avant cette campagne présidentielle on disait celui qui emporte la primaire de la droite devient président de la République on connaît la suite donc bien entendu il a tiré les leçons de cela depuis bien longtemps sa relative rareté pendant très longtemps puis après sa parcimonie dans les médias le fait de dire je serai un massif progressif voilà c'est à dire que je vais être ça sera massif mais à petite dose donc évidemment on sent cette prudence de Sioux le titre était absolument parfait on verra effectivement si c'est le Sioux ou le pourfendeur qui l'emporte on finit par un mot sur la gauche où ça bouge également en vue de la présidentielle car François Hollande s'y prépare il l'a dit dans une interview publiée cette semaine dans le magazine Marianne c'est la première fois qu'il avouait qu'il se préparait pour l'élection présidentielle 2027 je le cite j'ai une différence avec les autres j'ai déjà été président et je n'ai pas été candidat à ma propre succession en 2017 je n'entretiens pas de relation passionnelle avec le pouvoir mais avec la France comment être utile aujourd'hui en me préparant alors Bérangère Bonte vu du microcosme des journalistes politiques ce n'est pas une surprise mais c'est quand même une annonce le fait qu'il se prépare à 2027
il y pense depuis un bon moment il y pensait déjà la dernière fois il avait finalement renoncé en 2022 il pense de ce que je comprends il est convaincu d'être le seul à gauche à pouvoir rassembler et à pouvoir accéder au deuxième tour il considère dans l'entourage de François Hollande on considère qu'Olivier Fort est grillé pardon pour l'expression parce que trop d'arrangements avec les insoumis Boris Vallaud n'a sans doute pas la même puissance Raphaël Glucksmann n'a pas l'endurance et n'a évidemment pas l'expérience que lui a et dans le contexte de fortes actualités internationales et de fortes tensions internationales il est le seul à avoir l'expérience donc bon et puis souvenez-vous quand il est élu président de la république il part c'est monsieur 3% il démarre donc lui se dit après tout allons-y c'est étonnant je ne sais pas ce qu'en pense Michael mais cette très longue interview moi je pense toujours je n'oublie jamais que c'est quand même quelqu'un qui a été capable de parler pendant 4 ans à 2 journalistes alors que son entourage n'était pas au courant donc je serais curieuse de savoir comment s'est décidée cette interview cette avancée puisque là cette fois-ci il fait un pas en avant
c'est crédible une candidature de François Hollande en 2027 alors qu'il n'a pas pu se représenter en 2017 un président trop impopulaire justement c'est parce qu'il n'a pas pu se présenter qu'il pense que c'est crédible il en a parlé dans son livre dès le premier livre après sa sortie de l'Elysée il a été pendant toute cette période-là
assez prolixe régulièrement un livre pratiquement tous les ans détourné dans les lycées dans les écoles de commerce
ou dans les EUP c'est-à-dire qu'en fait il a aussi beaucoup travaillé toute la génération des primo-votants ou des jeunes votants il faut savoir aussi qu'il n'y a pas un nouveau média qui n'a pas été travaillé par François Hollande depuis toutes ces années c'est pas uniquement sortir des livres ou faire des matinales dans les grands médias il y a un travail absolument constant et ce qui m'intéresse et retient mon attention c'est le choix effectivement du média pour sortir c'est-à-dire et pour dire je me prépare c'est un hebdomadaire qui s'appelle Marianne qui est évidemment le symbole d'échappement à personne mais surtout qui a aussi opéré un repositionnement éditorial qui est une sorte maintenant de souverainisme qui va embrasser du souverainisme au centre droit c'est aussi un message pour un rassemblement éventuel en cas de candidature et il est vrai qu'il est convaincu que la situation internationale l'avantage quand on regarde l'histoire de la 5ème république Michael Darmon Giscard d'Estaing a pensé un retour Nicolas Sarkozy a pensé également peut-être que même Emmanuel Macron y pense est-ce que c'est possible ?
On voit bien que jusqu'à présent ça n'a pas été possible mais justement lui il est comme disait vraiment Béranger il faut vraiment avoir ça pour comprendre son mental il était persuadé alors que tout le monde ne parlait que du futur président Dominique Strauss-Kahn il était persuadé que ce ne serait pas lui et on finira et au final on connaît la suite merci beaucoup merci à tous les deux d'avoir participé à cette analyse politique de la campagne présidentielle de ce début de campagne merci à tous d'avoir suivi cette émission et vous retrouverez Oriane Mancini dans cette émission le lundi 27 avril très bonne suite des programmes sur Public Sénat Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour chez vous retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat Public Sénat
Annie Genevard