Manifestations contre le pass sanitaire, Éric Zemmour... Le "8h30 franceinfo" de Yaël Braun-Pivet
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour, bienvenue à tous dans le 8.30 France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT avec Myriam Ancaoua de la chaîne parlementaire. Bonjour Myriam.
Bonjour, merci, une ravie de vous retrouver. Bonjour à tous.
Notre invitée ce matin est députée de la République en marche des Yvelines et présidente de la commission des lois à l'Assemblée nationale, Yael Broun-Pivet. Bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin. Aujourd'hui, huitième mobilisation contre le pass sanitaire, des manifestations un peu partout en France. Possible effet retour de vacances, on verra ça, mais est-ce que vous vous attendiez à ce que ce mouvement dure aussi longtemps ?
Écoutez, on a effectivement une frange de personnes dans notre pays qui est totalement réfractaire au vaccin et qui invente des histoires parfois abracadabrantesques autour de celui-ci. Elle ne grossit pas, elle ne diminue pas effectivement. La mobilisation continue. Je pense quand même qu'elle reste résiduelle. Et on voit bien, vous venez de donner les chiffres, qu'on a quasiment 70% de nos compatriotes qui sont vaccinés. Cet été, on a eu un mouvement massif des jeunes vers le vaccin. Et je crois que c'est vraiment ça qui est important parce qu'on est tous d'accord, il n'y a que ça qui nous protégera contre l'épidémie.
Vous dites une frange capricieuse et défaitiste, avait dit Gabriel Attal au début de l'été. C'est comme ça aussi que vous les voyez, les antipasses ?
Moi, je les vois comme des personnes un petit peu irrationnelles. Quand on entend leurs arguments, on a le droit d'exprimer quelque opinion que ce soit. Mais là, on est à chaque fois dans des phrases qui sont irrationnelles, parfois absurdes, parfois fausses. Mais il ne faut pas les entendre, parfois fausses. Les doutes ? Donc, il faut entendre les doutes. Sur la vaccination, notamment. Mais il faut échanger. Hier, moi, j'étais avec des jeunes à Sartrouville et on a discuté des vaccins, des jeunes des cités. Et certains m'ont dit, c'est une atteinte à ma liberté. J'ai entendu les arguments des antivaccinières, mais on a discuté. Je leur ai donné les chiffres.
Le fait que 8 personnes sur 10 en réanimation n'aient pas vacciné, c'est un fait. Et ça, ils l'ont entendu. Et en fait, il faut qu'on les convainque. Donc oui, discutons, essayons de les convaincre. Mais lorsqu'ils disent des choses absurdes, il faut aussi dire que c'est absurde.
Et pour vous, c'est un mouvement qui donc n'est pas significatif ?
Pour moi, ça n'est pas significatif. Il faut l'entendre. Mais nous n'avons pas plusieurs millions de personnes en France qui manifestent. En revanche, nous avons plusieurs millions de personnes qui se sont fait vacciner. Et c'est ça qui est significatif.
Sur le fond du passé sanitaire, Gaël Braun-Pivet, je me souviens très bien, à l'Assemblée nationale, avant les annonces et le grand discours du 12 juillet d'Emmanuel Macron, vous étiez très opposée à son extension dans les lieux de vie quotidiennes. C'était même pour vous une sorte de ligne rouge en tant que députée. Vous avez changé d'avis ?
Vous avez raison de le rappeler. Et c'est là toute la difficulté finalement que l'on a, que l'on rencontre pour faire face à cette crise sanitaire. Parce que cette crise, elle évolue, elle bouge, elle est variable selon les territoires. On a ces variants qui arrivent, qui surviennent. Et effectivement, moi j'étais très circonspecte sur l'usage du pass sanitaire. Je souhaitais l'autoriser uniquement pour les grands événements. C'était notre premier vote. Et puis la situation a évolué. Nous avons regardé le plus pragmatiquement la situation. Et j'ai convenu avec d'autres qu'il fallait étendre le pass sanitaire tout en gardant des garanties fortes. C'est ce que nous avons fait.
Et le Conseil constitutionnel a trouvé que l'équilibre que nous avons atteint avec le Parlement était le bon. Je crois qu'aujourd'hui, tout le monde peut se satisfaire de l'existence du pass sanitaire. Et les craintes que je pouvais avoir sur les lieux de la vie quotidienne, tels que les restaurants, se sont levées cet été. J'ai vu l'application du pass sanitaire. Et finalement, j'ai vu que c'était très simple pour tout le monde. Et que les Français y adhéraient massivement. Et je vois aussi que ça nous permet de contenir l'épidémie et de ne pas reconfiner le pays. Donc j'y vois beaucoup davantage. La question, c'est jusqu'à quand ?
Oui, alors pour l'instant, ce pass sanitaire est en vigueur jusqu'au 15 novembre. Mais il n'est pas exclu que son usage soit prolongé au-delà. Écoutons ce qu'a dit le chef de l'État, jeudi, en marge de son déplacement à Marseille.
Il ne faut pas exclure qu'il y ait besoin, pour les territoires qui sont encore sous forte pression de l'épidémie, d'avoir besoin de cet instrument qui, je vous le rappelle, est un instrument provisoire, mais qui évite de fermer les structures. Donc si l'épidémie est encore présente dans les semaines qui viennent, il faudra se laisser cette possibilité pour les territoires qui sont les plus touchés.
Emmanuel Macron, jeudi, à Marseille, donc du provisoire qui pourrait durer.
Vous savez, l'état d'urgence sanitaire est un État qui confère au gouvernement un certain nombre de pouvoirs et qui a créé le pass sanitaire et qui, à chaque fois, est autorisé par le Parlement. Et nous votons une loi tous les trois, tous les quatre mois. Nous fixons nous-mêmes le délai et le terme de cette loi. Et là, nous avons décidé, au mois de juillet, de le fixer au 15 novembre. Donc, si l'épidémie reste aussi vive et si le gouvernement estime qu'il a encore besoin de ses pouvoirs au-delà du 15 novembre, comprenant le pass sanitaire, dans ce cas-là, il s'aidera le Parlement. Et nous examinerons la situation pour éventuellement le prolonger.
Mais en tout état de cause, il faudra une loi. Alors, le 15 novembre, en tant que député, vous vous apprêtez, évidemment, si l'épidémie continue à être préoccupante. On voit d'ailleurs que vous allez prolonger l'état d'urgence dans les Outre-mer. Voilà, ça va se prolonger. État d'urgence et pass sanitaire, on peut le dire ce matin.
En tout cas, ce qu'on peut dire ce matin, c'est qu'effectivement, dans les Outre-mer, vous avez raison, nous allons prolonger l'état d'urgence sanitaire. Nous avons examiné le texte en commission vendredi et il sera mardi au Parlement, à l'Assemblée nationale. Et concernant l'épidémie, si elle perdure, il est probable que le gouvernement aura besoin de certains outils. Et donc, le Parlement devra légiférer à nouveau.
Ce n'est pas plus simple de rendre la vaccination obligatoire. C'est ce qu'a fait d'ailleurs la Nouvelle-Calédonie hier. Le Congrès l'a voté. Est-ce qu'on ne gagnerait pas du temps sur les variants, tout simplement ?
Alors, vous savez, nous avons fait le choix de la conviction plutôt que de l'obligation. Je crois que c'est le bon choix à l'heure où je vous parle. Maintenant, si la situation se dégrade et qu'avec ce choix-là de la conviction, nous n'arrivons pas à la maintenir, il faudra regarder effectivement l'obligation vaccinale. Mais chaque chose en son temps... Ce n'est pas exclu. Moi, je ne l'exclus pas. En fait, vous savez, il ne faut rien exclure. On ne sait pas comment l'épidémie va évoluer. On ne sait pas s'il y aura un variant beaucoup plus dangereux qui nous arrive.
Donc, vraiment, moi, je crois que dans la gestion de cette crise, il faut être très modeste, très pragmatique, être à l'écoute de tous.
Quitte à revenir sur tout ce qu'on avait dit précédemment.
Quitte à évoluer parce que la situation évolue. Et vous savez, quand on fait de la voile, on règle ses voiles. Et puis, si le vent se lève, on diminue ses voiles. Ça ne veut pas dire qu'on s'est trompé quand on a monté ses voiles. Ça veut juste dire qu'on regarde autour de soi et qu'on s'adapte.
Jamais nous n'obligerons les Français à être vaccinés et qu'à un moment, on déclare une obligation vaccinale.
Ça crée une contradiction très, très forte. Mais aujourd'hui, nous avons fait le choix d'une vaccination obligatoire pour les personnes qui prennent le soin des plus fragiles. Nous avons considéré qu'il fallait encourager la vaccination et aller vers les gens. Si demain, l'épidémie continue et que nous ne la maîtrisons plus et que nous avons un risque de reconfinement, par exemple, de refermeture de nos commerces, de fermeture de nos écoles, si demain, nous avons un variant qui est plus dangereux, qui est plus nocif, qui touche les plus jeunes de façon plus grave, il faudra regarder la situation et voir comment y faire face au mieux.
Donc, rien n'est exclu. Rien n'est jamais exclu. Vous vous êtes favorable à l'entendre ce matin. On va reprendre cette discussion dans une minute.
La France portera à 5% ses aires marines de Méditerranée bénéficiant d'une protection forte. D'ici 2027, annonce d'Emmanuel Macron au Congrès mondial de l'Union pour la préservation de la nature. Une décision saluée sur France Info par l'océanographe François Sarano. Il appelle à renouer avec la nature, à aller au contact du vivant pour mieux sensibiliser sur la protection de l'environnement. Emmanuel Macron qui se retrouverait face à Marine Le Pen au second tour de la présidentielle si elle avait lieu aujourd'hui. Selon notre sondage, Ipsos Soprasteria pour France Info est le Parisien aujourd'hui en France.
Et ce, quelles que soient les autres candidatures face à eux, Xavier Bertrand ou Valérie Pécresse, n'y figure qu'à un point d'écart entre 14 et 16% d'intention de vote pour la présidente de la région Île-de-France, 15 à 17% pour le président des Hauts-de-France. Deux jours après la rentrée des classes déjà fermées à cause de cas de Covid et des changements à noter pour l'indemnisation des parents contraints de garder leurs enfants à la maison. Jusqu'à présent, le dispositif désavantageait les parents vaccinés. Désormais, tous les parents en activité pourront bénéficier d'un arrêt de travail dérogatoire pendant 7 jours pris en charge par l'assurance maladie et sans délai de carence.
La belle entrée en matière de l'équipe de France de volleyball au championnat d'Europe. Les champions olympiques s'imposent 3-7 à 0 face à la Slovaquie. Prochain match pour les tricolores, ce sera demain face à la Croatie. A Kiev, l'équipe de France de football affronte à l'Ukraine ce soir pour son cinquième match des éliminatoires de la Coupe du Monde 2022. Les Bleus contraints au résultat après leur match nul 1 partout face à la Bosnie. Mercredi, coup d'envoi à 20h45. France Info
La députée La République En Marche des Yves Lignel, Braun Pivet, l'invité du 8.30 France Info ce matin, on évoquait la rentrée scolaire. Jean-Michel Blanquer a créé une belle polémique en suggérant que certains parents utiliseraient l'allocation scolaire pour acheter des écrans plats. Est-ce que c'est bienvenu de dire ce genre de choses ?
Écoutez, ce qui est sûr, c'est que cette allocation de rentrée scolaire, elle est fort utile pour toutes ces familles qui sont défavorisées, qui sont démunies. Et elles l'utilisent pour le bien de leur enfant. Après, moi, je vous savais, je ne suis pas là. C'est pas ce qu'a dit Emmanuel Macron.
Emmanuel Macron à Marseille a dit qu'il faudrait être aveugle ou naïf de penser que toute l'allocation est reversée en fourniture scolaire. Il a validé un peu de fait son ministre.
Mais vous savez, je crois quand même qu'il ne faut pas infantiliser ces familles. Et moi, je ne sais pas où s'arrêtent les biens qui sont destinés à la rentrée scolaire. Si vous achetez un t-shirt, un sweatshirt, un survêtement, un blouson à votre enfant, est-ce que vous utilisez à bon escient la location de rentrée scolaire ? Moi, je crois que oui.
Donc, vous vous démarquez clairement de ce que dit le ministre de l'Éducation et le président de la République.
Ce n'est pas une question de se démarquer ou pas. Moi, je crois que cette allocation, et tout le monde le sait, et le président de la République, ainsi que le ministre de l'Éducation, évidemment, tout le monde sait et reconnaît qu'elle est très utile à ses familles. Je sais qu'il y a des propositions pour savoir si on fait des affectations. Oui, Périne Goulet, votre collègue modem à l'Assemblée. Vous voyez, du passeport, du passe culture avec des affectations d'une allocation à une dépense particulière. Ça, c'est plutôt oui, plutôt non. Il faudrait regarder, il faut regarder. Mais encore une fois, on est en période de rentrée. Il faut que les familles équipent leurs gamins.
Et donc, on ne peut pas mettre tout le monde en cause, même si une famille achète un écran plat quelque part dans ce pays.
Il y a toujours à la marge, il y a toujours des dérives, quelle que soit la situation, quelle que soit l'indemnité, quelle que soit l'aide. Après, encore une fois, il ne faut pas pointer du doigt des familles qui bénéficient de cette aide et qui, dans l'immense majorité des cas, l'utilisent à bon escient pour le bien de nos enfants. Je sais que le président de la République le sait profondément.
L'école, toujours au cœur des annonces d'Emmanuel Macron à Marseille, le chef de l'État souhaite une école du futur, avec la possibilité pour les directeurs d'écoles de quartiers défavorisés de recruter directement leurs enseignants. Le président veut expérimenter cette liberté de choix dans 50 écoles laboratoires. On va l'écouter, mais surtout, on va écouter plutôt l'accueil glacial des syndicats d'enseignants. Écoutez.
Les enseignants des écoles ont une culture qui est une culture d'échange et de travail entre pairs. Les directeurs, aujourd'hui, n'ont pas d'autorité hiérarchique sur leurs collègues et les enseignants sont très attachés à cet aspect-là. Donner aux directeurs d'école de l'autorité sur leurs collègues ne résoudra certainement pas le fait que les murs des classes s'écroulent dans les écoles de Marseille.
Il n'y a pas un peu de vrai dans ce que dit cette syndicaliste de l'éducation nationale ?
Ça va résoudre les problèmes des écoles délabrées ? Déjà, ce qui va résoudre le problème des écoles délabrées, c'est de mettre de l'argent pour faire des travaux, ce qui n'a pas été fait pendant des dizaines d'années par la mairie de Marseille. Donc là, l'État va venir en soutien dans une logique de partenariat avec le maire de Marseille, dans une logique de projet. C'est ça qui va résoudre la question. La culture du privé dans les établissements publics de l'éducation nationale ? Ça n'est pas la culture du privé. En revanche, c'est prendre une situation telle qu'elle l'est et pas telle qu'on voudrait qu'elle soit et essayer de la résoudre. Et ce que propose le président de la République ?
Dans le privé, c'est ce qui se fait dans le privé. Un directeur peut sélectionner ses enseignants. Mais donner de la souplesse à un directeur d'une école publique pour qu'il puisse recruter une équipe qui veuille mener un projet commun dans une école, ça, ça me semble une excellente idée. Et il faut y aller, il faut à tout le moins essayer et voir ce qu'il y a. Donc il faut plus d'autonomie dans le public.
Vous savez, c'est une expérimentation, mais vous voulez plutôt aller plus loin, voire généraliser.
Alors, il faudra voir comment cette expérimentation tourne et comment ça marche. Mais en fait, on a depuis des années des problèmes dans certaines écoles, dans des quartiers difficiles. Il faut tout expérimenter pour regarder ce qui marche et ce qui ne marche pas. On a des élèves dont il faut préserver l'avenir. Donc tout ce qui pourra être fait pragmatiquement pour essayer... Donc c'est un problème de profil et pas de rémunération des enseignants. Alors, c'est une question, je crois, d'adhésion à un projet commun dans une école. Et il faut effectivement que les professeurs adhèrent à ce projet. On ne parle pas de pouvoir hiérarchique du directeur.
On parle d'aller tous dans une même direction pour faire mieux avancer les élèves. Et je crois que ça, il faut essayer. Et puis si ça marche, effectivement, il faudra regarder à généraliser.
Alors, vous l'avez dit, Emmanuel Macron s'est engagé à ce que l'État finance la rénovation des écoles à Marseille. Mais ça ne peut pas se faire sans contrepartie. Il faut en finir avec l'absentéisme, les grèves à répétition. On l'a vu notamment dans les cantines à Marseille. L'État ne vient plus investir, ne vient pas investir pour que certains viennent prendre leur dix mains. C'est ce qu'il a dit dans son discours. Il faut taper comme ça sur le doigt des fonctionnaires à Marseille. Il leur a dit leur cas de vérité, là.
Ce que le Président a fait et ce que j'ai trouvé particulièrement intéressant, c'est de parler finalement d'une nouvelle façon de faire pour atteindre un objectif commun. Et là, on a vraiment un nouveau partenariat, un contrat, un contrat d'engagement. Et ce qu'il souhaite, c'est que tout le monde s'engage. L'État s'engage fort, la commune s'engage fort. On a un maire qui est très actif. Et il faut effectivement, évidemment, mais que les professeurs, que les parents, que tout le monde s'engage autour de la réussite des élèves.
Et les grèves sont donc injustifiées, il y a le bras de pivet ?
Je n'ai absolument pas dit ça. Non, je vous pose la question. Mais il faut vraiment que les professeurs s'engagent, mais comme tous. C'est ensemble qu'on réussira. C'est ensemble.
Oui, mais les grèves à répétition, qu'est-ce que ça veut dire ?
Il n'est pas question de revenir sur le droit de grève. Lorsque des professeurs font grève, c'est parce qu'ils ont des revendications qui, la plupart du temps, sont parfaitement légitimes. Mais là, si on met le paquet sur les écoles à Marseille, si on rénove, si on leur donne les moyens d'agir, si on crée ces micro-lycées, ces micro-collèges, si vraiment tout le monde s'engage, j'ose espérer qu'il n'y aura plus de raison de faire grève pour eux.
Sur la délinquance, l'insécurité, la criminalité, les policiers vont avoir plus de moyens humains et matériels. Mais est-ce que c'est suffisant ? Il y a un débat qui monte au sein même de votre majorité, du groupe parlementaire majoritaire à l'Assemblée, c'est celui de la dépénalisation du cannabis. Est-ce qu'il faut que ce soit un vrai sujet de la campagne en 2022 ?
Alors, ça a été un sujet que nous avons regardé très attentivement au Parlement par la conduite d'une large mission d'information. Moi, je crois qu'aujourd'hui, vu l'état des trafics de stupéfiants et vu l'état de la consommation de nos jeunes, l'heure de la dépénalisation du cannabis n'est pas venue. Donc, je suis convaincue qu'aujourd'hui, il faut mener cette lutte acharnée qui est engagée.
Ça ne permettrait pas de casser les trafics, justement, vu leur ampleur ?
Je ne crois pas. Et je crois aussi que les trafics, les trafiquants sont, et ça va être un peu cru, sont des businessmen. Et donc, le jour où finalement...
Malgré les interventions policières à répétition, malgré les opérations coup de poing...
Eh bien, elles marchent ! On a des arrestations, on a des saisies, on a des incarcérations. Mais le risque, c'est...
Mais justement, si c'est un business, ce n'est pas un moyen d'arrêter le business ?
Vous savez, parfois, le problème, c'est que le business va se tourner sur autre chose. Sur l'héroïne, sur la cocaïne, sur l'ecstasie, sur les drogues de synthèse. Et c'est dangereux, encore plus pour nos jeunes.
Yael Broun-Pivu, on reprend cette interview juste après le Filinfo. 9h moins 10, Diane Ferschit.
La pandémie de Covid continue à reculer en France. Moins de cas de contamination, moins aussi de patients admis en réanimation. Mais la situation reste tendue à Saint-Martin. Le couvre-feu y est à nouveau prolongé jusqu'à vendredi. Le gouvernement veut inciter encore davantage à la vaccination. Les tests de dépistage du Covid deviendront payants, sauf ordonnance à partir de la mi-octobre. Objectif aussi, faire des économies d'ici à la fin de l'année. Ces tests auront coûté entre 5 à 6 milliards d'euros, selon l'assurance maladie. Pour la quatrième fois en un mois, un salarié EDF contaminé dans une centrale nucléaire française. C'est une information France Info.
Un incident classé niveau 2 par l'autorité de sûreté nucléaire, c'est assez rare. Un contact avec une particule radioactive suffisamment important pour lui interdire de travailler en zone nucléaire pendant 12 mois. C'était une demande de longue date des syndicats de police. Les policiers pourront voyager gratuitement dans certains trains à partir de janvier prochain. A condition d'en assurer la sécurité, ils devront être armés et se signaler au chef de bord. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, annonce avoir conclu un accord avec la SNCF. Le texte sera présenté lundi au syndicat. C'est la reprise pour le top 14 de rugby. Cinq rencontres à suivre aujourd'hui.
Ça débute dès 14h avec le déplacement de Bordeaux-Bègle sur le terrain du promu Le Biarritz Olympique. France Info
Yaël Braun-Pivet, invité du 8.30 France Info ce matin. On va parler de ce déplacement d'Emmanuel Macron à Marseille. Trois jours sur place. Il est déjà en campagne, non ? Les réformes, c'est terminé ?
Justement, il est à Marseille pour annoncer des réformes dont certaines vont pouvoir commencer immédiatement. Donc le président de la République et la majorité avec lui sont dans l'action. Les Français nous ont donné un mandat de cinq ans et nous entendons agir jusqu'au bout. Et le plan annoncé pour Marseille est un plan d'une importance extraordinaire.
Les grandes réformes législatives, on a entendu tous les syndicats et même le patronat opposé aux retraites. On sent que la dépendance est dans les sables. Qu'est-ce que vous allez faire ? C'est fini ? Légiférer ? Vous êtes sur le terrain déjà en campagne ?
Alors nous sommes sur le terrain en campagne, mais surtout auprès de nos concitoyens. J'ai fait la tournée des écoles pour voir comment ça se passait. Mais les Français, ils attendent encore des réformes jusqu'au bout du quinquennat ? Nous allons les mener. Dans une quinzaine de jours, le Parlement sera saisi d'un important texte sur la sécurité et sur la justice, notamment en réformant la question de la responsabilité pénale suite à l'affaire Alimi. Nous aurons les questions de direction d'école, justement. C'est un autre texte. Le revenu jeune d'engagement qui a été présenté par le président de la République et qui nous tient particulièrement à cœur pour soutenir notre jeunesse.
Donc nous avons d'importantes réformes qui vont continuer à nous mobiliser et nous mobiliserons jusqu'au bout.
Mais vous êtes d'accord avec les syndicats, les retraites, on n'y touche pas là, c'est trop tard. Les retraites... Même s'il y a le quoi qu'il en coûte qu'il faut bien rembourser.
Les retraites, évidemment, il va falloir les réformer profondément. Moi, je crois à cette réforme des retraites par points que nous avions porté. Et il faut y retravailler dans la concertation pour arriver à aboutir à un consensus.
On est à peu près, quoi, un peu moins de 8 mois de la présidentielle du premier tour en avril. Sondage Ipsos Soprasteria pour France Info et le Parisien. L'horizon est plutôt clément pour vous, puisqu'Emmanuel Macron est en tête des intentions de vente au premier tour, suivi de Marine Le Pen, dont les intentions de vote se tassent à 20%. Le duel, quels que soient les cas de figure, Macron-Le Pen se retrouve dans ce sondage. Voilà, vous êtes serein.
Vous savez, moi, je ne pense pas aujourd'hui à l'élection présidentielle et aux législatives qui succèderont. Aujourd'hui, nous gérons la crise. Nous gérons la rentrée. Et il n'est pas question d'être serein par rapport à un scrutin qui va intervenir dans 8 mois.
5% d'intentions de vote, c'est un socle, c'est quasiment celui du premier tour de 2017.
Ce qu'on voit surtout, au-delà de ces intentions de vote, c'est aussi l'indice de satisfaction des Français par rapport à la gestion que nous avons actuellement de la crise sanitaire et du pays. Et encore une fois, c'est ça qui nous préoccupe. Mais on voit bien que nos adversaires sont... Mais être face à Marine Le Pen, c'est quand même plus facile pour vous, non ? Il n'y a rien de facile. Et ce que nous recherchons, en tout cas moi, c'est ce que je recherche, c'est l'adhésion. Donc ce qui est important, ce n'est pas de savoir contre qui on va. C'est convaincre les Français que nous voulons faire des choses pour eux. Et c'est qu'ils votent positivement pour nous.
Est-ce que l'hypothétique candidature d'un Éric Zemmour vous inquiète ou pas du tout ? Quelle réflexion est-ce que ça vous inspire sur l'état de la politique dans ce pays ?
Vous savez, aujourd'hui, on voit beaucoup, beaucoup, beaucoup de gens qui se déclarent ou souhaitent se déclarer pour l'élection présidentielle. Je ne sais pas s'ils mesurent tous quel est le niveau d'engagement, de responsabilité, de compétence, d'expérience que cela nécessite.
Mais les Français n'ont pas l'air particulièrement réfractaires.
Les Français, écoutez, je pense que c'est le jeu démocratique et c'est heureux que quiconque souhaite briguer ce suffrage...
Qu'est-ce qu'il représente pour vous ? Qu'est-ce que représenterait une candidature Zemmour, crédité de 7% dans les intentions dans ce sondage ? C'est quoi Éric Zemmour ? C'est l'extrême droite ? C'est l'identité ? C'est quoi ?
Ça me perplexifie, pour tout vous dire. Parce que, oui, nous avons prôné l'émergence de la société civile en politique. Donc, il est parfaitement légitime pour se présenter. Mais pour le moment, je ne vois qu'un commentateur. Je ne vois pas quelqu'un qui propose. Et vous savez, faire de la politique, ça n'est pas commenter, regarder passer les trains et se dire s'il passe vite, pas assez vite, s'il devrait passer sur une autre voie, prendre tel aiguillage ou tel autre. C'est pas ça, faire de la politique. Faire de la politique, c'est aller voir les gens, c'est comprendre leurs problèmes, c'est proposer des solutions. Et c'est aussi, après, être capable de les mettre en oeuvre.
Donc, il n'a pas les capacités pour vous, pas les compétences. Mais aujourd'hui, c'est quelqu'un plutôt qui regarde passer les trains. Donc, j'attends de voir si un jour, il sera capable de faire autre chose. Mais pour le moment, c'est un commentateur. Et faire de la politique, ça n'est pas commenter, c'est faire.
Et si une entente se mettait en place à l'extrême droite, vous faites le même commentaire ?
Écoutez, oui, pour le moment, l'extrême droite, à l'Assemblée en tout cas, ne fait que commenter, ne fait rien, ne propose rien. Donc, pour moi, aujourd'hui, c'est effectivement le triste constat que je fais.
Merci, Yael Broun-Pivet, invitée du 8.30 France Info ce matin, députée de La République en marche des Yvelines et présidente de la Commission des lois à l'Assemblée nationale.
Yaël Braun-Pivet