Invité : Alain Joyandet - Parlement hebdo (20/09/2019)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Pourquoi la politique, vous qui étiez si pris par vos affaires ?
- 4:00OuverteRéponse partielle
Emmanuel Macron met-il les pieds dans le plat au sujet de l'immigration ?
- 6:00OuverteÉludée
Est-ce qu'il essaye de marcher sur vos plates-bandes en faisant cela ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Ce sujet n'avait-il pas déjà été traité avec un projet de loi porté par Gérard Collomb ?
- 10:00OuverteRéponse directe
On a un sujet concret, l'AME. Est-ce que vous pensez que le gouvernement va la réformer, la supprimer ou ne rien faire ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Il peut y avoir un changement de pied du gouvernement. Stanislas Guerini dit qu'il y a des abus. Vous vous en réjouissez ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 10:00Alain JoyandetFait
« l'AME, c'est l'aide médicale d'Etat pour les immigrés en situation irrégulière. Il ne s'agit pas des immigrés en situation régulière, mais irrégulière. »
- 11:00Alain JoyandetChiffre
« 935 millions de prévision pour 2019. Ca va peut-être être dépassé, mais pour l'instant, 935. »
- 12:00Alain JoyandetFait
« Il faut le répéter quand même : l'AME, c'est l'aide médicale d'Etat pour les immigrés en situation irrégulière. »
- 13:00Alain JoyandetFait
« Je suis le rapporteur au Sénat de l'AME, notamment dans le cadre du PLFSS. C'est un dossier que je connais. »
- 14:00Alain JoyandetChiffre
« Quand je vois qu'on met quelques centaines de millions d'euros pour régler le problème des urgences en France et qu'on met plus d'un milliard sur l'AME pour les immigrés en situation irrégulière, ça pose un problème. »
- 15:00Alain JoyandetPromesse
« Il faut la réformer. Ca fait deux ans de suite que je fais voter au Sénat un amendement pour passer de 1 milliard à 700 millions, 300 millions de moins. »
- 16:00Alain JoyandetFait
« Le Sénat l'a voté, l'Assemblée nationale l'a rétabli. »
- 17:00Alain JoyandetFait
« Sur l'AME, pour que les Français sentent qu'il y a une justice, qu'on laisse cette AME pour les urgences, pour les enfants, pour les accouchements, les femmes, pour les urgences, l'épidémiologie, mais pas que ce soit sans fin. »
- 18:00Alain JoyandetFait
« On ne contrôle rien. On rajoute des crédits au fur et à mesure qu'il y a besoin. »
- 19:00Alain JoyandetFait
« Quand nous étions au gouvernement, nous avons institué un ticket d'entrée, 30 euros. »
- 20:00Alain JoyandetFait
« J'ai demandé au Sénat de le ré-instituer, l'Assemblée est contre. »
- 21:00Alain JoyandetChiffre
« Nous sommes passés en 2011 du chiffre auquel nous étions quand nous sommes arrivés à 200 millions de moins. Quand nous avons quitté les affaires, l'AME, c'était moins de 600 millions. »
- 22:00Alain JoyandetChiffre
« En quelques années, on est repassé à un milliard. »
- 23:00Alain JoyandetFait
« Pourquoi la gauche a voulu supprimer cette responsabilisation, y compris des immigrés en situation régulière ? »
- 24:00Alain JoyandetFait
« Il faut là-dessus un consensus. »
- 26:00Alain JoyandetFait
« On le sait ! C'est pas d'aujourd'hui. A chaque fois qu'on veut s'attaquer à ce problème, on n'y arrive pas. »
- 27:00Alain JoyandetChiffre
« Le taux de recouvrement des amendes n'était que de 28,6 % en 2018 et de 26,4 % pour les forfaits post-stationnement. »
- 28:00Alain JoyandetChiffre
« Le manque à gagner pour l'Etat est énorme : 700 M à 1 Mrd d'euros par an. »
- 31:00Alain JoyandetFait
« Tous les systèmes qui ont été testés, aucun d'entre eux n'a montré son efficacité, non pas en termes de verbalisation, car c'est assez facile à faire. Ce qui compte, c'est de faire payer. »
- 33:00Alain JoyandetFait
« Il y a aussi des sénateurs qui s'occupent de la triche sur les prestations sociales. »
- 35:00Alain JoyandetFait
« Il faut retrouver un respect sur tous sujets. »
- 37:00Alain JoyandetFait
« Les manches, c'est qu'il veut faire passer le message qu'en France, il faut se retrousser les manches. »
- 41:00Alain JoyandetFait
« Je pense qu'il enclenche les sujets au pas de course. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
(générique) --- -Bonjour à tous et bienvenue sur LCP-PS pour cette nouvelle saison de "Parlement hebdo", le meilleur de la semaine à l'Assemblée et au Sénat avec Tâm. -Bonjour, Kathia. Cette semaine, on va parler immigration et loi anti-gaspillage. -Et on en parle avec Alain Joyandet, sénateur Les Républicains de la Haute-Saône. -Figurez-vous qu'on a retrouvé vos papiers.
On va commencer avec votre carte d'identité. Alain Joyandet, vous êtes né en 1954. Vous êtes sénateur LR de la Haute-Saône et vous êtes un homme fidèle à votre territoire.
Vesoul un jour, Vesoul, toujours. Maire pendant 16 ans, vous avez même présidé le club de foot. Pendant 2 ans, vous avez occupé la fonction de secrétaire d'Etat à la francophonie de N.
Sarkozy. Vous aviez démissionné pour avoir affrété un avion privé dans vos fonctions, touché peut-être avant d'autres par les attentes des Français envers les hommes politiques pour plus de sobriété. Vous êtes serial entrepreneur.
Vous avez fondé de nombreuses entreprises. Pourquoi la politique, vous qui étiez si pris par vos affaires ? -C'est l'engagement public.
Président du club de foot, manager d'entreprises, reprise d'entreprises en difficulté, très récemment encore. L'envie de faire les choses avec les autres aussi. Je pense que c'est un état d'esprit.
C'est l'entrepreneuriat, c'est privé, ça peut être public. Je crois que c'est quelque chose que l'on a en soi-même. On ne sait pas trop pourquoi, mais c'est bien comme ça. -On va dérouler le film de la semaine avec d'abord cette image d'Emmanuel Macron qui a rencontré les parlementaires de la majorité pour regarder le sujet de l'immigration en face. -Le projet de loi anti-gaspillage déçoit les sénateurs.
Ils ont réécrit le volet du texte qui prévoit le retour de la consigne. -Un rapport du Sénat dénonce les failles du système des PV avec des amendes non recouvrées. Manque à gagner pour l'Etat et les collectivités : 1 Md d'euros.
D'abord, Emmanuel Macron durcit le ton sur l'immigration. C'était ce lundi. Rencontre sans caméras avec les députés et les sénateurs de la majorité.
Le président de la République a abordé sans détours ce thème sensible. Marie Labat. -A deux semaines du débat sur l'immigration au Parlement, Emmanuel Macron a prévenu sa majorité. -Un discours que gauche et droite dénoncent pour des raisons opposées. -Il faut être clair : on ne peut pas à la fois se dire et de gauche et de droite et avoir une politique sur l'immigration qui est plus dure que celle que l'on a connue il y a quelques années sous Brice Hortefeux et Nicolas Sarkozy. -C'est un vrai numéro de bonimenteur.
C'est soit du cynisme, soit de la naïveté. Du cynisme, car il sait très bien que rien ne changera. D'ailleurs, c'est un débat sans vote, des paroles pour le plaisir de les prononcer. -Au sein de la majorité, certains parlementaires assument la volonté du président de ne pas laisser le thème de l'immigration à la droite et à l'extrême droite en vue de 2022.
Mais dans une tribune publiée cette semaine, 15 députés En Marche appellent à éviter une hystérisation qui serait inversement proportionnelle à la réalité migratoire. Un an après l'adoption de la loi Collomb, le gouvernement réfléchit donc à de nouvelles mesures sur l'immigration. -Alain Joyandet, Emmanuel Macron met-il les pieds dans le plat au sujet de l'immigration ? -Moi, je pense vraiment que sur ce sujet, il faut tout faire pour réussir à trouver un consensus.
Je pense qu'il faut qu'enfin, à un moment donné... -C'est pas forcément bien parti. -Ce n'est pas bien parti, mais... -Au sein même de La République En Marche. -Je me souviens de la création, avec Nicolas Sarkozy, d'un ministère de l'Immigration et de L'identité nationale.
Rappelez-vous le tollé que ça a pu faire dans notre pays. Si aujourd'hui, Emmanuel Macron, qui lui-même prend conscience d'un certain nombre de choses, mais peut-être est-ce le déroulé de son plan de communication...
Si c'est ça, c'est triste. Mais s'il prend conscience du problème que représente l'immigration...
Pardon ? -Est-ce qu'il essaye de marcher sur vos plates-bandes en faisant cela ? -La question de la stratégie politique sur un tel sujet ne m'intéresse pas.
La question, c'est est-ce qu'on va pouvoir trouver une politique d'immigration qui fasse un peu consensus dans notre pays pour qu'on arrête de se jeter à la figure des anathèmes ? Il y a quelques années, nous étions les homologues quelque part de l'extrême droite. On n'avait pas le droit d'en parler.
Emmanuel Macron détient la parole publique. Il est le président. Aujourd'hui, tout tourne autour du président.
Si c'est lui qui s'en empare, c'est très bien, mais il faut qu'il propose des choses sur lesquelles nous soyons tous d'accord. -Certes, mais en imposant à l'ordre du jour ce sujet de l'immigration en tant que président, est-ce qu'il ne va pas faire monter les tensions au sein de sa majorité ? C'est finalement pas si mal pour vous, ces divisions. -Je ne regarde pas ça.
Le sujet est tellement important pour l'avenir de notre pays. Il y a des violences en ce moment en France, un sentiment d'injustice. L'immigration en tant que telle n'est pas...
Ce n'est pas le problème de l'immigration mais ses conséquences. On parlera tout à l'heure de l'AME, des hôpitaux, de ce que ressentent les Français en termes d'injustice parfois liées à l'immigration. J'attends de voir ce que M.
Macron va nous proposer sur l'immigration. Dans sa majorité de gauche et de droite, il y a forcément des tensions. -Ce sujet n'avait-il pas déjà été traité avec un projet de loi porté par Gérard Collomb ?
On se demande ce que ça vient à nouveau refaire sur le tapis. -Sur ce sujet, depuis des décennies, tout le monde en parle et personne ne fait vraiment les choses. Il suffit de vivre au milieu des Français, y compris en Haute-Saône.
C'est d'ailleurs un de nos problèmes à nous, les politiques. On parle de certains sujets pendant 5, 6, 8 jours. Les Français en entendent parler et n'y croient plus parce qu'ils se disent que rien ne va changer.
La responsabilité de M. Macron, c'est de re-crédibiliser la parole publique là-dessus. -Vous saviez cette position d'E.
Macron de vouloir remettre ce sujet à l'ordre du jour ? -Oui, mais je crois que s'il veut faire face à ses responsabilités, le président ne peut pas comme ça balayer la question de l'immigration. Il en a conscience. -Il y a un sujet qui est revenu directement dans le débat : celui de l'aide médicale d'Etat, qui permet à des étrangers en situation irrégulière d'accéder aux soins en France.
Voici ce que dit le député de la majorité Olivier Véran. -Aujourd'hui, étant rapporteur général des Affaires sociales, je ne peux pas vous donner la nationalité des bénéficiaires. Je travaille avec les ONG qui font un boulot incroyable, qui ont des centres de soins et nous disent que les dispositifs qu'on met en place ne sont pas suffisants pour une certaine partie de la population étrangère précaire qui n'a pas accès aux dispositifs de droit commun.
Peut-être que ça va permettre de renforcer les soins là où c'est nécessaire et de lever des incompréhensions, voire des préjugés, là où ils peuvent émerger. -On a un sujet concret, l'AME. Est-ce que vous pensez que le gouvernement va la réformer, la supprimer ou ne rien faire ? -Quand j'écoute le rapporteur de l'Assemblée, on est mal partis.
Personne ou presque en France ne sait ce qu'est l'AME. Il faut le répéter quand même : l'AME, c'est l'aide médicale d'Etat pour les immigrés en situation irrégulière. Il ne s'agit pas des immigrés en situation régulière, mais irrégulière.
D'accord ? Un milliard, plus d'un milliard par an. -935 millions de prévision pour 2019.
Ca va peut-être être dépassé, mais pour l'instant, 935. -Je suis le rapporteur au Sénat de l'AME, notamment dans le cadre du PLFSS. C'est un dossier que je connais.
Mais l'année dernière, en fin d'année, on a rajouté de l'argent sur l'AME, d'accord ? Quand je vois qu'on met quelques centaines de millions d'euros pour régler le problème des urgences en France et qu'on met plus d'un milliard sur l'AME pour les immigrés en situation irrégulière, ça pose un problème. -Il faut la supprimer, la réformer ?
Il faut faire quoi ? -Il faut la réformer. Ca fait deux ans de suite que je fais voter au Sénat un amendement pour passer de 1 milliard à 700 millions, 300 millions de moins.
Voilà ce que je demandais. Le Sénat l'a voté, l'Assemblée nationale l'a rétabli. Sur l'AME, pour que les Français sentent qu'il y a une justice, qu'on laisse cette AME pour les urgences, pour les enfants, pour les accouchements, les femmes, pour les urgences, l'épidémiologie, mais pas que ce soit sans fin.
On ne contrôle rien. On rajoute des crédits au fur et à mesure qu'il y a besoin. Une précision en ce qui concerne cette AME.
Quand nous étions au gouvernement, nous avons institué un ticket d'entrée, 30 euros. J'ai demandé au Sénat de le ré-instituer, l'Assemblée est contre. Nous sommes passés en 2011 du chiffre auquel nous étions quand nous sommes arrivés à 200 millions de moins.
Quand nous avons quitté les affaires, l'AME, c'était moins de 600 millions. En quelques années, on est repassé à un milliard. Pourquoi la gauche a voulu supprimer cette responsabilisation, y compris des immigrés en situation régulière ?
Les coûts sont repartis à la hausse. Donc, il faut là-dessus un consensus. -Il peut y avoir un changement de pied du gouvernement.
Stanislas Guerini dit qu'il y a des abus. Vous vous en réjouissez ? -Le rapporteur général dit qu'un certain nombre d'immigrés n'ont pas encore suffisamment accès.
J'ai pas cru comprendre qu'il voulait...
Je suis pas un anti social. Je suis plutôt quelqu'un de modéré dans ma famille politique sur tous ces sujets. Mais encore une fois, il faut que les Français sentent qu'il y a une certaine mesure, une certaine justice. -On explique bien que l'AME est quand même utile pour lutter contre des épidémies, des maladies. -C'est ce que je viens de dire.
Il ne faut pas la supprimer mais la réformer. -Et mieux la contrôler ? -Bien sûr.
Il faut pas que ce soit un droit de tirage. Juste encore une précision. Un immigré en situation irrégulière en France depuis plus de 3 mois, il va à la préfecture.
Il faut être concret. Il va à la préfecture. Il apporte la preuve qu'il est hébergé et qu'il est sur le territoire national depuis plus de 3 mois en situation irrégulière, on doit quand même lui délivrer un certificat d'immigré en situation régulière.
Avec ça, à l'hôpital, les soins sont sans fin. Peut-on laisser continuer ça si on veut pas que les Français n'acceptent plus l'immigration ? -On va avoir ces débats lors de l'examen du budget de la Sécurité sociale.
On passe au deuxième thème, la loi anti-gaspillage, dont l'examen débute au Sénat et pas sous les meilleurs auspices. Le projet de loi porté par Bruno Poirson déçoit les sénateurs. Une mesure focalise l'attention et la polémique.
La consigne pour les bouteilles en plastique. Explications de Louis Dumenil. -Je crois qu'il faut à tout texte de loi son objet transitionnel, son symbole.
Peut-être que dans ce projet de loi, ce sera la consigne. -Ce devait être la tête d'affiche du projet de loi anti-gaspillage. La consigne en sera le point de crispation.
Examiné par la commission de l'aménagement du territoire, le texte a laissé les sénateurs sur leur faim. La secrétaire d'Etat voulait mettre en place la consigne d'ici la fin du quinquennat, qui s'appliquera aux bouteilles en plastique recyclable. Un non-sens écologique pour le président de la commission. -Alors qu'il faut des solutions pour cesser ce tout plastique, en créant cette consigne, on re-légitime la bouteille plastique.
C'est pas un hasard si les industriels, dont Coca-Cola, sont à fond pour cette mesure. -Bien mais peut mieux faire. Le projet a été retoqué.
Le gouvernement voulait élargir le concept de pollueur payeur aux producteurs de jouets, de tabac et de matériaux de bricolage. Les sénateurs, eux, vont plus loin et visent les fabricants de textile sanitaire, comme les serviettes hygiéniques et les couches, qui représentent 33 kilos de déchets non recyclables par an et par habitant. -Le volet environnemental laisse à désirer.
On est en deçà de ce que nous sommes en mesure d'attendre d'un texte qui a été annoncé comme un grand texte de l'acte 2 du quinquennat. -Autre retouche, faire payer les producteurs de déchets pour lutter contre les décharges sauvages. Calqué sur les objectifs européens, le projet de loi a mis le cap sur 100 % de plastique recyclé en 2025, contre 50 % aujourd'hui. -Alain Joyandet, votre réaction à l'accusation d'Hervé Maurey, président de la commission du développement durable au Sénat.
Pour lui, le texte est sous l'influence des lobbies. Il dit notamment recevoir des kilomètres de mails de Coca-Cola. -Oui...
Sur ces sujets du gaspillage, du recyclage, on est souvent dans des séquences de communication alors que beaucoup de choses ont été faites, y compris par les collectivités territoriales. Et pour en venir à cette fameuse consigne de la bouteille, je pense que c'est une fausse bonne idée. Parce que déjà, on n'a pas expliqué aux Français ce que c'était.
Il ne s'agit pas de leur faire payer. Ils vont payer leur bouteille d'eau 20 centimes d'euro en plus. -C'est un impôt en plus ? -Oui.
S'ils veulent récupérer leurs 20 centimes, ils devront aller porter leur bouteille d'eau quelque part, chez un récupérateur ou autre chose. C'est ce que j'ai compris du texte. Cette bouteille ne sera pas réutilisée, mais elle sera également recyclée.
Ca existe dans nos collectivités territoriales. Dans mon département, si cette loi s'applique, tout ce qui est fait dans ce qu'on appelle le SYTEVOM, le syndicat qui s'occupe de ça, qui est formidable, qui a été visité par le ministre de l'Ecologie, qui a été félicité, on va lui enlever une grande partie de son travail puisque les bouteilles ne vont plus arriver là. Les investissements prévus vont être arrêtés et ce sera inefficace.
Quand il y a un problème en France, on choisit un totem et... -Ca va fragiliser les collectivités locales et leur système actuel ? -C'est un impôt supplémentaire.
Ca fragilise les collectivités territoriales. Et j'émets quelques réserves sur l'efficacité parce qu'il va bien falloir construire un réseau supplémentaire. Donc comment tout ça va s'organiser ?
Ca tombe à toute vitesse, sans réflexion. Associons les collectivités territoriales à cette réflexion pour savoir comment on peut faire encore plus. Vous savez, le taux de recyclage des plastiques est énorme dans notre pays.
Ca se passe plutôt bien. -Brune Poirson a dit que son projet de consigne restait ouvert et qu'elle voulait bien le refaire avec les collectivités. Il y a une porte ouverte au gouvernement. -Je l'entends.
Vous me demandez de réagir sur ce qu'est le projet de loi. Si ce projet de loi est amendable, si on peut en parler et le modifier, une fois de plus, trouvons un consensus. -Est-ce que la consigne conforte la production et la consommation de plastique ?
C'était ma question. -Je vais répondre. Il y a le problème du plastique en lui-même.
Le problème du plastique, c'est surtout de la récupération et du recyclage, qu'on ne retrouve pas le plastique partout. Les produits de substitution au plastique, si on dit d'un coup...
J'ai une industrie dans ma région, 1000 emplois, qui fabrique tous les emballages plastiques. Si au 1er janvier, il n'y a plus de plastique, c'est 1000 personnes sur le carreau. Il faut regarder quels sont les produits de substitution et est-ce qu'on peut les recycler ?
Le plastique, en soi, c'est pas son existence. Qu'en fait-on, comment on le recycle et à quoi ça sert ? -Tout n'est pas à jeter dans ce projet.
L'attention a été focalisée sur les consignes, mais il y a la lutte contre l'obsolescence programmée, le principe du pollueur payeur. Il y a quand même de bonnes choses ? -Bien sûr, comme dans tout projet de loi, il y a des choses intéressantes.
Il faut en discuter. Au Sénat, on parle beaucoup des gens constructifs, qui s'opposent pas à tout. Moi, j'ai du mal à m'opposer.
Je suis un homme de projet. Vous l'avez dit, chef d'entreprise. J'aime faire des choses, avoir des projets, réussir avec ceux qui sont avec moi.
Critiquer, il faut le faire. L'opposition a un devoir républicain. Mais au Sénat, avec une loi, on la jette pas, on discute.
On garde ce qui est bien, ce qui l'est moins, on l'enlève. Et l'Assemblée et le Sénat discutent. -Il peut y avoir un accord entre députés et sénateurs ? -Sur tous les projets de loi, quand il n'y a pas de jusqu'auboutistes, ni d'un côté ni de l'autre, on arrive toujours à s'entendre.
C'est la commission mixte paritaire. -Troisième thème de cette émission : les amendes. Les automobilistes se plaignent d'être un peu des vaches à lait.
Selon un rapport sénatorial, l'argent dû par les contrevenants n'arrive pas toujours à bon port. Manque à gagner pour l'Etat et les collectivités : près de 1 Mrd d'euros. Samia Dechir nous explique en détails les failles du système. -Excès de vitesse, stationnement gênant : en tout, 34 millions d'avis de paiement ont été émis, en France, l'an dernier.
Lorsqu'ils sont majorés, la plupart ne sont jamais payés. D'après un rapport des Finances du Sénat, le taux de recouvrement des amendes n'était que de 28,6 % en 2018 et de 26,4 % pour les forfaits post-stationnement. Le manque à gagner pour l'Etat est énorme : 700 M à 1 Mrd d'euros par an.
La faute, d'après le Sénat, au trop grand nombre d'acteurs impliqués dans le recouvrement, celui des FPS, par exemple, les "forfaits post-stationnement". -Si vous avez un FPS, il faut, dans la ville, contester. Si c'est refusé, il faut aller au contentieux de Limoges et pour payer, il faut aller dans la trésorerie de votre ville. -Autre recommandation du Sénat : accélérer le déploiement d'un nouveau système informatique.
Le logiciel de recouvrement a aujourd'hui plus de 25 ans. -Il faut que l'administration qui doit recouvrer fonctionne avec ce vieux logiciel qui ne permet pas certaines choses : si vous avez 2 employeurs, indiquer les 2, si vous avez une adresse longue, l'intégrer dans le dispositif, car il n'y a pas assez de cases...
Donc, on a un dispositif totalement obsolète. -Dans son rapport, la commission des Finances du Sénat dénonce aussi des absurdités. Les personnes à mobilité réduite n'ont pas à payer le stationnement.
Si elles reçoivent par erreur une contravention, elles doivent d'abord payer pour pouvoir contester. Les sénateurs proposent de supprimer la règle du paiement préalable à la contestation ces personnes. -Est-ce que vous êtes surpris par le constat que fait ce rapport ? -On le sait !
C'est pas d'aujourd'hui. A chaque fois qu'on veut s'attaquer à ce problème, on n'y arrive pas. C'est trop complexe.
Alors je veux dire en préambule que, en tant qu'élu de la République, j'en appelle au civisme : quand on a une contravention, on la paye, si elle est méritée. Si on ne la pense pas méritée, il y a des systèmes pour la contester. Mais c'est aussi l'illustration - c'est mon analyse -, l'illustration de l'injustice qui est ressentie par un certain nombre de Français.
On parlait d'immigration, d'AME...
Qu'est-ce que les Français voient ? Ceux qui travaillent, se déplacent, payent ? Ils ont le sentiment que tout est permis, impuni.
Et quand ils achètent une baguette, ils restent une minute de plus : ils prennent une prune, qu'ils sont obligés de payer, car on les connaît, ils ont une adresse, un travail, de l'argent. On les fait payer. Et on ressent que les lois de la République ne sont pas respectées.
Donc, il faut retrouver un ordre juste dans notre pays. Peut-être que les gens seront plus attachés au civisme. "Moi, je paye, "mais les autres ?" C'est terrible pour l'avenir du pays ! -Un mot sur ce chiffre, qui est sorti par ce rapport : 1 Mrd de manque à gagner.
C'est le budget de l'AME. Pour revenir au thème, c'est tout de même énorme pour les caisses des collectivités et les caisses de l'Etat. -Bien sûr.
Mais c'est ça pour les PV, c'est d'autres chiffres pour la fraude fiscale, d'autres pour les coûts sociaux...
Vous savez, la triche...
Il y a aussi des sénateurs qui s'occupent de la triche sur les prestations sociales. Tout cela fait que, dans ce pays, où les gens se disent... voient que les gens ne respectent pas les lois pour plein de sujets.
Et quand ils ont une prune, ils la paient. -Pour vous... -Je ne les excuse pas !
Surtout pas. Qu'on ne se méprenne pas. Mais il faut retrouver un respect sur tous sujets.
C'est difficile et ça sera long à reconstruire. -Pour vous, ces recours, c'est de la triche, quand on voit qu'un recours sur deux aboutit. Vous vous dites que cela incite à faire plus de recours ? -Non.
Si 1 recours sur 2 aboutit... -Ils sont justes ? -Il y a peut-être des PV justes et des PV injustes.
Il faut pouvoir contester ceux qui sont injustes et obtenir satisfaction. -Est-ce aussi la faute à l'automatisation des contrôles ? Il y a aussi tout ce débat sur ces maires qui emploient des sociétés privées pour verbaliser. -Tous les systèmes qui ont été testés, aucun d'entre eux n'a montré son efficacité, non pas en termes de verbalisation, car c'est assez facile à faire.
Ce qui compte, c'est de faire payer. Je ne vois pas de solution. -Et de faire payer les bonnes personnes aussi. -Oui. -Oui, aussi.
C'est ce qu'essaie de faire le rapport sénatorial. Je salue le travail de nos collègues parlementaires, qui essaie de chercher des solutions. C'est compliqué. -Vous parlez de "triche", mais il y a aussi des injustices : les véhicules flasheurs verbalisent parfois des personnes handicapées, qui doivent payer leur amende avant de la contester.
Est-ce que pour vous, c'est une absurdité ? -C'est une illustration de plus du manque de justice et d'organisation pour que une sanction juste et visant les bonnes personnes. Mais où est la solution ?
Je ne dirai pas que je l'ai, je serais menteur. -On quitte ce problème franco-français pour l'international. On va terminer avec une image d'Emmanuel Macron qui fait la une du Time américain.
On le voit, Alain Joyandet, se remonter les manches. Quel est votre interprétation de cette image ? Il est à la tâche ?
Ou il a encore bien du boulot à faire, pour l'exécutif et pour réformer la France ? -Bon, la photo a été choisie avec son accord, personne n'en doute. -Elle est signifiante ? -Les manches, c'est qu'il veut faire passer le message qu'en France, il faut se retrousser les manches.
Emmanuel Macron est devenu une star. Il est devenu une star mondiale de la politique. Nicolas Sarkozy, en son temps, a été une star mondiale de la politique, et sur ce genre de personnage, repose une responsabilité particulière.
C'est pour ça qu'on ne peut pas souhaiter l'échec d'Emmanuel Macron : si Emmanuel Macron échouait, vu son image mondiale, ce serait terrible pour la France. Donc, il faut qu'il écoute, qu'il regarde à sa droite et à sa gauche ce qui se passe pour essayer de réussir, pour mon pays, pour notre pays. Je ne suis pas là dans la politique politicienne. -Il réforme au pas de course ? -Pardon ? -Il réforme dans le bon sens ? -Je pense qu'il enclenche les sujets au pas de course, Sur la communication, les choses sont enclenchées au pas de course.
Ce qu'il faut vraiment faire, et là, c'est le devoir d'Emmanuel Macron, c'est une ultime responsabilité avant l'arrivée des populistes. Il faut qu'on arrive à mettre en adéquation les discours, les sujets de communication et le fait que les Français se disent : "Enfin, ça change." Le jour où les Français diront : "Enfin, ça change. "Ce qu'on nous dit, on le voit, on le fait," pour la République, ce sera un atout formidable pour l'avenir. -Question : est-ce qu'Emmanuel Macron est le nouveau Nicolas Sarkozy ?
Vous avez fait l'analogie. -Non, j'ai dit juste que l'un et l'autre ont été des stars mondiales de la politique. Nicolas Sarkozy avait dit lui-même, d'ailleurs, qu'il y avait quelques analogies.
Je dois dire très objectivement que je retrouve quand même certains traits communs. -Merci, Alain Joyandet. Ce sera donc le mot de la fin. -Oui.
Merci, Kathia. C'est la fin de cette émission se retrouve la semaine prochaine, avec un député. SOUS-TITRAGE : RED BEE MEDIA (générique) ---
Alain Joyandet