Européennes : "Le seul vote utile pour l'environnement, c'est le vote Vert", affirme Yannick Jadot
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Yannick Tadot. Bonjour. Nous sommes à 20 jours du scrutin des Européennes et seuls 40% des Français ont l'intention d'aller voter. Pourquoi ?
Parce que la campagne n'a pas commencé, parce qu'on sort enfin du grand débat, parce qu'Emmanuel Macron est en campagne permanente, visiblement pour la présidentielle de 2022, parce que l'Europe, qui est pourtant l'échelon indispensable pour le climat, la biodiversité, la solidarité face à Trump, face à Poutine, face à Xi Jinping, l'échelon indispensable pour sanctuariser nos services publics, organiser la transition écologique, n'est pas encore dans le débat public. Il va falloir, et il y a urgence. Qu'est-ce qui vous fait dire qu'Emmanuel Macron est en campagne pour la présidentielle ?
Il ne vous a pas échappé que pendant le grand débat, qui a été un moment important, qu'on a soutenu d'intelligence collective, des millions de Français y ont participé d'une manière ou d'une autre. On a eu 500 000 contributions sur la transition écologique, et puis Emmanuel Macron a fait une conférence de presse, tout ça à la poubelle. Je balaye d'un revers de main la participation de millions de citoyens au débat collectif.
Est-ce que la première raison de cette abstention record programmée, ce n'est pas d'abord que les Français n'aiment plus l'Europe ?
Ce serait une erreur. Ce serait une erreur. Je la vis au quotidien, l'Europe. Et parfois, c'est presque pire que ce que les gens en disent. En revanche... C'est-à-dire ? Qu'est-ce que vous voulez dire ? Non, mais je veux dire ce côté technocratique, cette arrogance des libéraux, ce poids... Si vous vouliez donner aux électeurs de ne pas aller voter dans deux semaines... J'y arrive. Mais, mais, mais, mais, mais, il y a encore 15 jours, nous avons voté la directive la plus protectrice des lanceurs d'alerte au monde. Tous ceux qui ont dénoncé les paradis fiscaux, qui dénoncent les scandales environnementaux, les scandales sanitaires, sont dorénavant protégés par l'Europe.
On a gagné contre la pêche électrique. C'est à l'échelon européen qu'on va construire un avenir pour notre jeunesse. Imaginez, la jeunesse britannique, aujourd'hui, elle manifeste pour rester dans l'Union européenne. Mais, elle n'a pas participé au référendum sur le Brexit, parce qu'au fond, elle s'est abstenue. Et j'appelle tous les jeunes européens, et notamment tous ceux qui manifestent pour le climat, à s'emparer de cette élection européenne. Parce qu'ils savent que l'échelon européen, c'est l'échelon qui permettra de faire de l'Europe le leader sur le climat, qui permettra de sauver la biodiversité. J'espère qu'on en parlera.
Et donc, il faut que ces jeunes se mobilisent, que les moins jeunes se mobilisent, si on veut sauver nos océans du plastique, si on veut sauver l'Europe et le monde du chaos climatique, si on veut remettre de la solidarité. Il n'y a pas de solution qui soit strictement nationale. Il faut l'échelon européen. Et moi, je rêve, et c'est ce que nous portons, nous écologistes, qu'on retrouve le courage de nos pères fondateurs, qu'on se dise, il y a de grands défis. Eh bien, on sort de la technocratie, on sort du libéralisme, parce que si on laisse le statu quo technocratie et libéralisme, toutes les extrêmes droites gagneront en Europe.
Mais les listes qui portent aujourd'hui l'urgence écologique, qui s'en revendiquent, elles sont extrêmement nombreuses, Yannick Jadot, et notamment toutes les listes de gauche, la France insoumise, le Parti socialiste, Benoît Hamon, les marcheurs aussi se revendiquent de l'urgence écologique. Est-ce que vous vous réjouissez, Yannick Jadot, que tout le monde soit devenu écolo ?
Ah, je me réjouis que tout le monde en parle. C'est aussi, au fond, notre succès culturel. Vous avez infusé. On a porté pendant des décennies ces débats-là sur les petites gares. Sans les écologistes, on aurait des OGM partout sur nos champs. On aurait des pipelines et des forages de gaz de schiste. Nos eaux seraient encore plus polluées. L'air serait encore plus vicié. Donc les écologistes ont gagné ce combat culturel. Donc il n'y a plus de raison de voter pour vous. Attention, attention, attention, il ne suffit pas de parler d'écologie pour agir. Moi, ce que je constate au Parlement européen, comme en France, c'est que les écologistes en parlent, mais surtout les écologistes agissent.
Je suis partout sur le terrain pour combattre le lion turin et mettre immédiatement, immédiatement, un million de camions dans les Alpes du Nord sur le train. Enfin, vous avez la fermeture de la ligne ferroviaire entre Perpignan et Rungis. On va mettre encore plus de camions sur les routes. Je me bats contre les grands contournements à Rouen, à Strasbourg. Les écologistes sont là. Et vous avez en face, systématiquement, pour le nucléaire, pour les grands projets qui détruisent la nature, pour l'irrigation massive dans le Sud-Ouest et un modèle agricole qui abîme la nature et malmène les paysans.
Sur tous ces sujets-là, les socialistes, la droite et les libéraux, ils sont ensemble contre l'écologie.
Yannick Jadot, si vous avez, comme vous le dites, gagné le combat de l'écologie aujourd'hui, si elle est partout en politique, pourquoi vous êtes à 8% dans les enquêtes d'opinion, comme dans celles que France Info dévoile ce matin ?
Alors, c'était 1, c'est 8,5, dans celles que vous dévoilez ce matin, je suis en 9,5 à l'IFOP. Eh bien, on va voir, la campagne va s'arrêter.
Si l'écologie politique a infusé partout, si aujourd'hui les idées se répandent, comme vous le dites,
eh bien, ça va être l'enjeu... Vous avez perdu le monopole. Non, si vous voulez, c'est comme si vous disiez, le social, tout le monde en parle. Ça ne veut pas dire que tout le monde a les mêmes solutions. L'écologie, aujourd'hui, tout le monde en parle parce que c'est une préoccupation citoyenne majeure. Ce que je sais, et ça va être l'enjeu de cette campagne, c'est que nous portons les solutions. On ne porte pas simplement un discours parce que c'est la mode, parce que ça fait un prétexte. Nous portons les solutions. Quand on se bat avec les apiculteurs, c'est le grand débat de la vie et de la biodiversité avec la disparition des abeilles.
Quand on se bat avec les entreprises d'énergie renouvelable, c'est la fin de l'obsession nucléaire et du risque et du charbon.
Yannick Jadot, si vous aviez rassemblé tous ceux qui se revendiquent de l'écologie, vous ne disputeriez pas aujourd'hui la quatrième place dans les sondages à la France Insoumise, mais la première au Rassemblement National et à la République en France.
Mais je rassemble qui ? Je rassemble jusqu'à où ? Je rassemble pour faire quoi ? Si j'avais fait ça, vous seriez le premier ce matin à me dire, « Attendez, vous êtes tous pour l'écologie ? » Mais alors, attendez, eux, ils défendent le nucléaire et vous, vous êtes contre. Benoît Hamon, par exemple, il est moins écolo que vous. Mais j'en sais rien, chacun a fait sa vie, il s'est lancé dans son printemps européen, c'est sa vie. Moi, je ne suis pas là pour, au fond, ni donner des brevets d'écologie.
Ma seule revendication, ma seule revendication, dans un moment où vous dites la défiance vis-à-vis de la politique, où vous dites l'urgence climatique et l'urgence de la biodiversité, ma seule revendication, c'est la cohérence et la sincérité. Si vous mettez un bulletin vert le 26 mai, vous aurez un député vert qui siégera au groupe des Verts, qui est le groupe qui obtient toutes les avancées sur l'environnement, la santé et les libertés publiques. Et j'appelle, y compris tous ceux qui se sentent un peu déboussolés à gauche, et tous les humanistes qui se disent, il faut l'Europe pour l'environnement.
Et bien, tous ceux qui pensent qu'il faut l'Europe pour l'environnement, je leur dis que le seul vote efficace, le seul vote utile pour cette élection européenne, c'est le vote écologiste, parce que sinon, les autres listes iront dans d'autres groupes. Vous me parliez du groupe socialiste, pardonnez-moi, le groupe socialiste au Parlement européen, il vote tous les accords de libre-échange, il a défendu l'austérité contre les Grecs, et son candidat européen, Franz Timmermans, il est pour le glyphosate, le dumping fiscal, et il est contre l'écologie.
Voilà, moi je réclame juste, je revendique juste notre cohérence, et je le répète, le seul vote utile pour l'environnement le 26 mai, c'est le vote vert.
8h41, je crois que l'appel a été entendu, Yannick Jadot, 8h41, on se retrouve dans un instant, Edouard Marguier, pour le rappel de l'actualité. L'enfant de 2 ans et demi kidnappé à Marseille hier soir, va bien retrouver cette nuit à Valence, après le déclenchement de l'alerte enlèvement, c'est le réceptionniste d'un hôtel qui a prévenu les autorités. À moins de 3 semaines des européennes, le Rassemblement National et la République En Marche arrivent en tête de notre sondage Ipsos pour Radio France, France Télévisions. Ils obtiennent 22 et 21,5% en quête réalisée avant la publication des listes validées au journal officiel.
C'est le procès du harcèlement moral au travail qui débute aujourd'hui, celui de la vague de suicides chez France Télécom. L'ancien PDG et 6 autres dirigeants de l'époque sont jugés pour harcèlement ou complicité de harcèlement moral, tout comme l'entreprise Orange en tant que personne morale entre 2008 et 2009. La justice va se pencher sur 19 suicides. Un cessez-le-feu est en vigueur depuis 4h30 à Gaza, accepté par les Palestiniens avec Israël. Il doit mettre un terme aux affrontements. 23 Palestiniens et 4 Israéliens sont morts depuis samedi matin. Quelles solutions pour sauver la biodiversité ? Les solutions des experts scientifiques du vivant seront dévoilées aujourd'hui.
Un million d'espèces sont menacées d'extinction dans les prochaines décennies, si rien n'est fait. Yannick Jadot, tête de liste Europe Ecologie, les verts aux élections européennes est avec nous jusqu'à 9h. Renaud Delis est à mes côtés.
Vous disiez à l'instant, Yannick Jadot, que pour favoriser la transition écologique, il fallait refuser de signer de nouveaux accords de libre-échange. Lorsque la France s'est opposée par la voix d'Emmanuel Macron à l'ouverture de négociations sur un nouveau traité de libre-échange avec les Etats-Unis, parce que Donald Trump sortait de l'accord de Paris, vous l'approuvez ?
Oui, sauf que là, on est vraiment dans la tartufferie. Ce qu'a négocié la France avec ses collègues européens, c'est de dire, attention, on est en élection, on a voté tous les accords de libre-échange depuis deux ans, tous les accords de libre-échange. Mais là, on est en élection, donc on va dire non. Mais je vous garantis, moi, Emmanuel Macron, que je... Attendez, que je ne...
Il n'est jamais sincère à vos yeux, il n'est jamais sincère. Quand il dit, on signera pas d'accord avec Donald Trump parce que...
Non, c'est faux, parce qu'il s'y est opposé en s'engageant auprès des partenaires européens à ne pas construire une minorité de blocage pour bloquer la négociation. Donc c'est un vote d'affichage. Il s'est assuré que la négociation pourrait bien avoir lieu avec Donald Trump. D'ailleurs, la France a soutenu toutes les mesures qui ont été faites pour essayer d'attendrir Donald Trump, alors qu'il nous met tous les matins un revolver sur la tempe, sur l'acidurgie, les bagnoles et le climat. On a multiplié par six nos importations de soja OGM américain. Nous avons augmenté nos importations de gaz issus du gaz de schiste et du pétrole de schiste.
Donc, au fond, nous participons de satisfaire Donald Trump... On les a multipliés par six, vous dites, depuis quand ? Depuis l'élection d'Emmanuel Macron ? Depuis deux ans. Depuis deux ans, l'Europe a multiplié par six ses importations de soja transgénique américain. C'est-à-dire que nous mettons l'agriculture européenne sous dépendance totale des Etats-Unis.
C'est une décision européenne, ce n'est pas une décision française.
Oui, mais Emmanuel Macron a soutenu tous ces dispositifs-là. Et la France... Moi, je veux bien une tête de liste qui met au débat sur France 2 le piment d'Espelette protégé par... Et puis, de l'autre main, elle signe tous les accords de libre-échange qui participent de la destruction des paysans au nord comme au sud, qui participent de la mondialisation de la malbouffe, de la souffrance animale, qui participent de l'emballement climatique. Si vous voyez, cette liste en marche, si je pouvais prendre une image, c'est comme un pot de yaourt. Vous l'achetez, il est un peu vert. C'est marqué dessus, aime la vie, protège votre organisme. Et puis, quand vous regardez sa composition, il est fait...
C'est du lait issu des fermes-usines, où les animaux sont super maltraités. Ces animaux sont nourris au soja OGM, et puis ça fait des milliers de kilomètres, et en fait, vous apercevez que tous les arômes sont artificiels. Eh bien, ça, ce n'est pas l'écologie.
Et vous, vous êtes le yaourt bio, mais ce n'est pas l'écologie.
Et vous, vous êtes le vrai yaourt bio, celui qu'on peut consommer les eaux fermées. Nous, on défend les agriculteurs bio que le gouvernement sacrifie en ne leur donnant pas les aides auxquelles ils ont droit. Nous voulons interdire immédiatement le glyphosate, sortir en Europe des pesticides en 15 ans. Et vous savez, j'ai sur ma liste, Benoît Biteau, paysan résistant. J'ai été avec Paul François, celui qui a gagné contre Monsanto. Vous savez, l'agriculteur, le céréalier de... Et on va vous dire qu'il y a Pascal Canfin chez Nathalie Loiseau aussi.
Oui, mais si vous voulez, moi, mon sujet, ce n'est pas que quand ce gouvernement favorise la chasse à la glu, qui est une des chasses les plus dégueulasses qu'on puisse faire, la glu, elle ne soit pas, elle soit bio. Mon problème, c'est d'interdire cette chasse.
Yannick Jadot, c'est votre seul adversaire dans cette campagne, Nathalie Loiseau ? Non. Plus que la droite, plus que l'extrême droite.
Non, mon seul adversaire, c'est le dérèglement climatique. Mon seul adversaire, c'est l'anéantissement de la biodiversité. Et un modèle que porte Nathalie Loiseau, que porte En Marche, que porte le président de la République, un modèle libéral technocratique qui est destructeur de la planète, qui organise la compétition de tous contre tous et casse toutes les logiques de solidarité. Et ce modèle-là est le marche-pied de toutes les extrêmes droites en Europe. Donc moi, ce que je veux, c'est que l'écologie devienne l'axe central de la recomposition de toutes les politiques européennes autour du climat, de la biodiversité, de la solidarité.
Je voudrais qu'on dise un mot, Yannick Jadot, de celle qui figure en deuxième position sur votre liste, c'est l'eurodéputé sortante, Michel Rivasi, qui a pris par le passé et encore récemment des positions, disons, étonnantes au sujet de la vaccination. Des positions très critiques. Ah, on revient encore à cette histoire-là. Oui, on va revenir là-dessus, si vous le voulez bien. Mais bien sûr. Est-ce que c'est des positions très critiques sur la vaccination ? Non. Est-ce que c'est également votre position et celle de votre parti aujourd'hui pour ces élections européennes ? Mais non, arrêtez.
Franchement, revenir sur cette histoire, Michel Rivasi, comme l'ensemble de la liste, comme l'ensemble des écologistes, nous voulons que la vaccination fonctionne partout dans le monde. Vous êtes dans la vaccination obligatoire ? Mais bien sûr. Nous défendons la vaccination. Nous sommes vaccinés. Nous travaillons dans les pays du Sud où la question de la vaccination est essentielle, comme elle est essentielle chez nous. Le seul sujet que nous posons, le seul sujet que nous portons, c'est de garantir que ce ne sont pas les labos pharmaceutiques qui décident de notre politique de santé dans notre pays. Les vaccins aujourd'hui créent, vous connaissez cette citation de Michel Rivasi,
je me permets de vous rappeler, les vaccins aujourd'hui créent plus de problèmes qu'ils n'en résolvent. C'est ce que disait Michel Rivasi en avril 2015, le 1er avril, et ce n'était pas une plaisante. Vous savez...
Vous diriez ça vous aussi ou pas ? Est-ce que vous diriez ça ? Il y a eu toutes ces attaques de la Macronie là-dessus. Est-ce que vous diriez ça ? Est-ce qu'il y a des problèmes aujourd'hui ? Non mais attendez, attendez, si vous la sortez de son contexte, cette phrase est inacceptable. Simplement, à un moment donné... Michel Rivasi a invité... Attendez, attendez, attendez, vous me dites que je suis en train de répondre. Vous voulez m'attaquer là-dessus ? Non, je ne vous attaque pas. Je parle des idées, uniquement des idées. Allez-y, je vous en prie. On a eu aussi... Vous savez, les vaccins contre la gastro-entérite. Où ? La gastro des enfants.
Ces vaccins ont tué des enfants parce que les méthodes de l'autorisation avaient été largement poussées par les lobbies. Et il y a eu des phrases, si vous les sortez de son contexte, où Michel Rivasi dit même « Les vaccins peuvent tuer des enfants ». Si vous la sortez de son contexte, elle est abominable. Et bien là, c'était des vaccins qui tuaient les enfants. Nous, vous savez, Michel Rivasi, comme nous, nous avons obtenu devant la Cour européenne de justice la transparence sur toutes les évaluations des demandes d'autorisation posées par les firmes. Si la confiance dans les vaccins dans notre pays a chuté, c'est à cause de la grippe HANA. Demandez, c'est à cause de l'affaire Mediator.
Nous voulons des vaccins. Nous voulons la confiance des Français dans les vaccins. Mais pour ça, il faut sortir les labos pharmaceutiques
des processus de décision. On le sait très précisément. Le gouvernement a décidé au 1er janvier de l'année dernière, au 1er janvier 2018, de rendre obligatoire 11 nouveaux vaccins. Je n'ai pas de souci avec ça. À l'époque, Michel Rivasi, ce n'est pas vieux, c'est l'année dernière, déclare que c'était une décision dangereuse et inacceptable. Il faut protéger, je la cite, la santé des citoyens et pas les chiffres d'affaires des laboratoires. Est-ce que c'est une décision du gouvernement qui était faite d'abord pour servir les chiffres d'affaires des laboratoires, à vos yeux ?
Il y a un enjeu de santé essentiel autour des vaccins. Je le répète, ce n'est pas simplement les vaccins, ce n'est pas simplement une responsabilité individuelle. C'est une responsabilité collective. Si on choisissait de se vacciner ou de ne pas se vacciner et que seule sa propre santé était en jeu, ça pourrait être un choix individuel. Là, c'est une responsabilité collective, il faut se vacciner. Mais je vous rappelle qu'à l'issue de ce débat qui avait été initié par le précédent gouvernement, la plupart des médecins disaient « laissez-nous rétablir le lien de confiance avec nos patients ». C'était la demande des médecins. Laissez-nous rétablir le lien de confiance avec nos patients.
C'est ce pourquoi nous nous bataillons tous les jours pour que la santé publique ne soit pas contestée et que les décisions du gouvernement ne soient pas contestables.
Allez, on avance dans un instant. Si vous le voulez bien, Yannick Jadot, d'abord le rappel de l'actualité 9h moins 10 sur France Info. Édouard Margui. En tête à tête et au coude à coude, le Rassemblement National et la République en Marche résultat de notre sondage Ipsos pour Radio France France Télévisions. À moins de trois semaines des européennes, ils obtiennent 22 et 21,5% des intentions de vote en quête réalisée avant la publication des listes validées au journal officiel. L'alerte d'enlèvement toujours efficace déclenchée hier soir pour la 23ème fois, elle a permis de retrouver un enfant âgé de 2 ans et demi cette nuit à Valence après avoir été kidnappé à Marseille.
Un avion en feu atterrit en urgence sur l'un des aéroports de Moscou. Il y avait 78 personnes à bord, 41 sont mortes, 8 sont blessés. Les survivants ont réussi à sortir par les toboggans de secours. Le chauffeur d'Emmanuel Macron sera jugé. En janvier, il est poursuivi pour un refus d'obtempéré. Il aurait pris la fuite pour échapper à un contrôle pour excès de vitesse. En attendant, le gendarme en question doit rester éloigné des voitures présidentielles. Lille, bien partie pour jouer la Ligue des champions de football l'an prochain. Les Lillois ont conforté leur deuxième place au classement de la Ligue 1 en faisant match nul contre Lyon. Deux buts partout hier soir.
Parmi vos concurrents qui vous disputent le totem de l'écologie, il y a notamment Nathalie Loiseau et la République en Marche dont on a beaucoup parlé. L'une des propositions du programme de Nathalie Loiseau c'est de fixer l'objectif de la fin des voitures à essence et diesel d'ici à 2040. Est-ce que c'est un objectif que vous partagez ?
Est-ce qu'il faut sortir des voitures thermiques ? Oui. En offrant évidemment toujours des alternatives à chacune et à chacun. pour se déplacer. Ça c'est l'enjeu essentiel. Il faut que cette transition écologique soit sociale et solidaire. Mais je le disais tout à l'heure moi je me balade beaucoup sur le terrain dans cette campagne. Combien de petites gares qui ferment ? Combien de lignes ferroviaires qui ferment ? Combien le fret ferroviaire qui est en train de continuer à baisser alors qu'il faudrait le relancer pour éviter les camions sur la route et la pollution de l'air ?
Ce que je veux dire c'est que c'est bien de renvoyer au niveau européen des mesures qu'on n'a pas le courage de mettre en place dans notre pays. Ce n'est pas au niveau européen que ça se joue d'abord ? Mais ça se joue aussi au niveau européen. Mais est-ce que vous avez vu le gouvernement français à l'image du gouvernement allemand exiger des constructeurs automobiles qu'ils recalibrent les moteurs à leurs propres frais quand ces moteurs sont frauduleux ? Parce que c'était ça
où on fermait des usines en Allemagne après le scandale du dieselgate parce que les entreprises allemand étaient quasiment à terre. Vous êtes en train de m'expliquer que alors que... Non mais ils n'ont pas fait ça de gaieté de cœur les Allemands. Ils ont fait ça parce qu'ils étaient obligés par le dieselgate parce que pendant des années ils ont triché sur ce qui sortait des pots d'échappement. Parce qu'il n'y a pas
le dieselgate chez nous ? Pas au point. Nous avons en France plus de 8 millions de véhicules diesel. Aujourd'hui pour vous... Attendez.
Il y a un dieselgate pour vous aujourd'hui en France il n'y a que les constructeurs français
ils trichent aujourd'hui ? Mais bien sûr. Vous avez plus de 2 millions de voitures issues de Peugeot Citroën. 2 millions de voitures issues de Renault qui au moins triplent la norme autorisée en matière de pollution. On a des enfants qui ne respirent plus dans les cours de récréation. Et on a un État qui laisse totalement la main libre aux constructeurs automobiles en matière de fraude sur le diesel comme sur le CO2 comme sur la consommation des moteurs. Et donc on a un enjeu extraordinaire à faire exiger des constructeurs automobiles qu'ils respectent la norme parce qu'aujourd'hui en France on ne le fait pas parce que c'est un enjeu majeur de santé publique.
67 000 morts prématurées dans notre pays par an. Est-ce que ce gouvernement va arrêter de favoriser le tout camion ? Est-ce qu'il va arrêter de laisser les constructeurs automobiles pollués alors qu'il y a des solutions pour recalibrer les moteurs qu'ils polluent moins ?
Est-ce que l'avenir des transports aujourd'hui c'est la voiture électrique ou pas ? Ça en fait partie mais pour beaucoup y compris si elle est alimentée et branchée sur des centrales nucléaires
en France. C'est justement ça le sujet. Aujourd'hui il ne vous a pas échappé que ce gouvernement comme le précédent comme celui d'avant est dans l'obsession nucléaire nous sommes EDF étant quasi faillite c'est un système qui est en train de s'effondrer c'est un système risqué et ce gouvernement comme les précédents met des bâtons dans les roues des énergies renouvelables. On a si vous voulez imaginez ce grand projet européen
Pourquoi vous dites qu'il met des bâtons dans les roues dans les énergies renouvelables ?
Parlez avec les entreprises
de l'éolien offshore
on a une éolienne offshore installée dans notre pays elle est expérimentale il y en a 4000 dans le reste de l'Europe
Il y a un effort budgétaire qui est enclenché en faveur des énergies renouvelables ?
Il y a un effort budgétaire on passe notre temps ces gouvernements passent leur temps à mettre des contraintes administratives pour lancer
les énergies renouvelables On vient de voir la France et l'Allemagne Yannick Jadot signé ensemble un plan à plusieurs milliards d'euros pour développer les batteries des futures voitures électriques ça c'est une bonne nouvelle quand même
Ça c'est une bonne nouvelle C'est un truc que nous défendons depuis des années et des années on ne peut pas laisser ni les énergies renouvelables ni les batteries électriques aux Chinois et aux Coréens donc là-dessus on est parfaitement d'accord et nous nous portons l'idée d'une Europe où on dépendrait pour notre énergie du vent, du soleil de l'eau, de la géothermie de la biomasse plutôt que de Trump de Poutine ou d'un nucléaire dévasté mais j'aimerais aussi insister puisque ce matin sort le rapport mondial sur la biodiversité on a un enjeu extraordinaire et là aussi c'est un enjeu européen changer nos pratiques en matière d'agriculture les pays en bio montrent que c'est possible que c'est rentable que ça permet de nous nourrir de manière qualité on peut sortir les pesticides et éviter l'effondrement des populations d'insectes et d'oiseaux on peut parfaitement et là la France n'a pas du tout joué le jeu interdire les importations d'huile de palme qui participe de la déforestation et puis l'Europe est un cadre de réglementation très favorable j'étais il y a quelques jours avec Alain Bougrain-Dubourg et on montrait comment les réserves Natura 2000 que la Ligue pour la protection des oiseaux gère comment ça peut permettre justement le rétablissement des populations donc on a les solutions mais et là il n'y a que les écologistes il faut savoir combattre les lobbies il faut savoir défendre ceux qui sont aujourd'hui les porteurs de solutions et la bonne nouvelle c'est qu'en plus c'est bon économiquement et ça crée de l'emploi sur tous nos territoires
le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a été mis en cause par l'opposition à la suite des événements qui se sont déroulés à l'hôpital Lapitié-Selpêtrière le 1er mai dernier vous vous réclamez une commission d'enquête sur ces événements pourquoi ? parce qu'il faut savoir
ça fait des semaines et des semaines qu'on s'interroge sur les opérations de maintien de l'ordre parce que la politique de ce gouvernement et les approximations ou les incapacités ou l'incompétence du ministre de l'Intérieur met en danger les français vous réclamez sa démission vous réclamez la démission de Christophe Castaner non si je demande il met en danger les forces de sécurité si je demande une commission d'enquête c'est pour savoir si c'est simplement monsieur Castaner qui est incompétent ou si c'était une politique délibérée de la part du gouvernement et d'Emmanuel Macron c'est à ça que doit servir une commission d'enquête
qui porterait sur quoi ? juste sur les événements
sur les opérations de maintien de l'ordre tous ces derniers mois qui posent tellement de questions à chacune et à chacun on est dans un moment où plus personne on ne supporte plus la violence qu'il y a dans ce pays en tout cas moi je ne la supporte plus comme beaucoup français il y en a qui l'attisent et ce gouvernement participe d'une dramaturgie d'une dramatisation de la violence avec un député en marche qui dit oublions Malik Ousekine qu'est-ce que ça veut dire ça veut dire qu'il faut retaper sur les étudiants en n'ayant pas peur de l'accident définitif mais moi je condamne mais depuis tant d'années les black box qui pourrissent toutes les manifestations je dis que il y a de la part de ce gouvernement une volonté de dire c'est nous ou le chaos et d'instrumentaliser voire d'attiser la violence et ça c'est coupable alors que tous les français veulent se réconcilier et avoir une société plus apaisée autour de l'écologie merci à vous Yannick Jadot d'être venu sur le plateau de France Info dans une minute trente il sera 9h
Yannick Jadot